Allez, avouez... Personne ne croyait voir un chapitre 2 hein ? Et bien un nano est passé par là j'ai pris quelques chapitres d'avance donc voilà la 2ème chapitre de cet UA ;-)
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Chapitre 2 : Le commissariat
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Le père de Jiang Cheng avait été retenu au tribunal et sa sœur, à cause de son club « Cercle de lecture » du lycée, ne pouvait pas les garder Wei Wuxian et lui. Ils étaient donc allés au commissariat dès que leurs cours avaient été terminés. La mère de Jiang Cheng, la commissaire Yu, les avait alors conduits jusqu'à l'une des salles de repos et leur avait ordonné d'y rester et d'y faire leurs devoirs. Ils ne devaient absolument pas se faire remarquer… Surtout toi, avait finalement dit la commissaire Yu en posant un regard dur sur Wei Wuxian avant de partir. La recommandation avait été efficace pendant quinze petites minutes, le temps qu'il avait fallu à Wei Wuxian pour qu'il termine ses exercices de math. Une fois ceux-ci terminés, il s'était étiré puis avait commencé à se balancer d'avant en arrière sur sa chaise. Quelques minutes plus tard, la chaise ne reposait plus que sur ses pieds arrière et Wei Wuxian tentait de faire tenir en équilibre sur son front l'un de ses stylos. Il s'ennuyait.
« Fais ton DM d'histoire, suggéra Jiang Cheng.
-Plus tard. » répliqua Wei Wuxian alors que son stylo tombait de son front pour la dixième fois.
Wei Wuxian soupira. La chaise retomba avec fracas sur ses quatre pieds. Il se mit ensuite à siffler tout doucement. Un petit bonhomme de papier sauta de la trousse de Wei Wuxian jusqu'à la table puis sur le sol. Il se dandina jusqu'au stylo qui se trouvait par terre puis commença à essayer de le soulever.
« Arrête ça, grommela Jiang Cheng entre ses dents.
-Il n'y a que toi et moi… » rétorqua Wei Wuxian avec un haussement d'épaule tout en regardant son bonhomme de papier qui continuer d'essayer de soulever le stylo qu'il avait laissé tomber plus tôt.
Ils étaient peut-être seuls pour le moment mais n'importe qui pouvait entrer ici. Comment Wei Wuxian pouvait-il l'oublier ?
Le petit bonhomme de papier renonça enfin à soulever le stylo… Ou Wei Wuxian renonça à le lui faire soulever. Jiang Cheng était au courant des pouvoirs de son frère adoptif depuis longtemps mais il était souvent difficile de savoir à quel point les poupées de Wei Wuxian étaient capable de penser et choisir par elle-même. De plus, Wei Wuxian, lui-même, semblait être incapable de répondre à cette question. Pour le moment, et depuis que ses pouvoirs étaient apparus, il ne pouvait qu'essayer et expérimenter.
Le petit bonhomme de papier commença à faire rouler le stylo sur le sol. Bientôt, bonhomme et stylo furent près de Wei Wuxian. Ce dernier se pencha pour ramasser stylo et papier. Jiang Cheng leva une nouvelle fois les yeux au ciel et se remit à ses exercices de math. Quelques secondes plus tard, le petit bonhomme de papier vint danser sur son cahier, au rythme des sifflements et des claquements de doigts de Wei Wuxian.
« Arrête ça. » grommela à nouveau Jiang Cheng en saisissant vivement le petit bonhomme de papier.
Il l'écrasa. Wei Wuxian grimaça. Jiang Cheng savait que rompre ainsi le lien que Wei Wuxian établissait avec ses poupées de papier était toujours douloureux pour lui. Au moment où il allait murmurer quelques excuses, le dos de quelqu'un s'écrasa rudement contre la porte de la salle de repos. Les deux adolescents sursautèrent. Jiang Cheng tourna la tête, Wei Wuxian se leva à demi, puis leurs regards se croisèrent. On se battait dehors, non ? Ils regardèrent à nouveau la porte. Oui, on se battait dehors. Les deux adolescents se levèrent puis, sur la pointe des pieds, ils allèrent jusqu'à la porte. Wei Wuxian l'ouvrit…
« Restez à l'intérieur ! » cria madame Yu.
Wei Wuxian hésita. Jiang Cheng l'agrippa par le col de son tee-shirt et le tira en arrière avant de refermer la porte. Quelques minutes plus tard, le calme revint au commissariat. Les deux adolescents ouvrirent la porte et passèrent la tête dans le couloir pour voir ce qu'il se passait. Nie Mingjue, l'un des policiers du commissariat, était en train de traîner quelqu'un jusqu'à une salle d'interrogatoire.
« Je crois que c'est un des hommes de main des Wen. » murmura Jiang Cheng.
Wei Wuxian ne répondit pas. Son index tapotait doucement le côté de son nez. Il réfléchissait.
A la grande surprise de Jiang Cheng, Wei Wuxian se retourna pour aller s'assoir à la table sur laquelle se trouvait leurs devoirs. Il écarquilla les yeux. Il y avait un homme de main des Wen au commissariat et Wei Wuxian allait se remettre à ses devoirs ? Impossible !
Un petit rire secoua ses épaules quand il vit Wei Wuxian monter sur la table d'un bond et s'y assoir en tailleur. Il prit un de ses cahier et en déchira une feuille qu'il plia rapidement et avec dextérité. Quelques secondes plus tard, une grue en papier se trouvait sur la paume de son frère adoptif. Wei Wuxian souffla dessus. Les ailes de la grue frémirent. Jiang Cheng s'approcha. Wei Wuxian le regarda. Jiang Cheng inclina la tête. Il savait ce qu'il devait faire. Wei Wuxian ferma les yeux. La grue s'envola et disparut rapidement de la pièce… Pour la salle d'interrogatoire dans laquelle se trouvaient certainement l'homme des Wen, sa mère et Nie Mingjue.
Quand l'interrogatoire serait terminé, Wei Wuxian ne manquerait certainement pas de lui rapporter ce qu'il avait vu par l'intermédiaire de la grue de papier. En échange, Jiang Cheng ferait le guet et réveillerait Wei Wuxian de sa transe si quelqu'un arrivait. C'était ainsi. Car les pouvoirs de Wei Wuxian étaient leur petit secret.
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C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la mort de Madame Yu Ziyuan, commissaire de notre ville, et celle de son mari, monsieur Jiang Fengmian, avocat.
Ils étaient tous les deux au service de notre communauté depuis de nombreuses années et ils sont mort comme ils ont vécu, en donnant leur vie pour protéger leurs collègues et amis pendant l'attaque opérée par le tristement célèbre gang Wen sur le commissariat de Liánhuā Wù.
Madame Yu Ziyuan et Monsieur Jiang Fengmian laissent derrière eux trois enfants : Jiang Yanli et Jian Cheng, leurs enfants naturels ainsi que Wei Wuxian, leur fils adoptif.
Tous ceux qui connaissaient ces deux courageux membres de notre communauté sont invités à une cérémonie en leur honneur dans une semaine.
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Avis de décès de Madame Yu Ziyuan et de monsieur Jiang Fengmian.
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Le commissariat était comme une deuxième maison pour Jiang Cheng… Ou peut-être était-ce la première ? Il avait pratiquement grandi ici en fait, sous l'autorité et la rigueur de sa mère, la commissaire Yu, et l'œil bienveillant et attentif de son père. Encore aujourd'hui, Jiang Cheng connaissait chaque recoin du commissariat. Il avait tellement joué à cache-cache avec Wei Wuxian et sa sœur dans ses pièces et ses couloirs. Tous ses meilleurs souvenirs étaient liés à cet endroit.
Les pires aussi…
Jiang Cheng connaissant cet endroit par cœur, même si le commissariat dans lequel il travaillait maintenant n'était plus le commissariat de son enfance. Bien sûr, les salles et les couloirs étaient restés les mêmes mais ce n'étaient tout de même plus les salles et les couloirs qui avaient connus les longues parties de cache-cache de Jiang Yanli, Jiang Cheng et Wei Wuxian. Il fallait remercier le gang des Wen pour ça. Ils avaient presque complètement détruit le commissariat des années plus plus tôt et la ville avait fait reconstruire le commissariat à l'identique…
Mais les souvenirs restaient les mêmes, même si les murs étaient plus récents...
A chaque fois que Jiang Cheng se trouvait devant la porte du bureau du commissaire Nie Mingjue, il se rappelait que c'était là, à cette place, que sa mère était morte. Quand il marchait dans le couloir menant à ce bureau, il pouvait pointer avec exactitude l'endroit du mur contre lequel le cadavre de son père avait glissé avant de tomber sur le sol.
Beaucoup de gens auraient refusé de travailler à l'endroit même où ses parents étaient morts mais ce n'était pas son cas. Ça ne serait jamais son cas. Sa mère avait été l'un des meilleurs policiers de cette ville et il suivrait ses traces.
Aujourd'hui, le commissaire Nie Mingjue l'avait convoqué dans son bureau. Il devait lui présenter son nouveau partenaire, quelqu'un qui pourrait lutter contre le flûtiste de Yiling s'il était réellement de retour, avait-il dit à l'ensemble du commissariat quelques jours plus tôt lorsqu'il leur avait annoncé l'arrivée d'une nouvelle recrue. Mais quand il avait donné cette information à ses hommes, Nie Mingjue n'avait pas caché que cette idée ne lui plaisait guère. Elle ne plaisait pas du tout non plus à Jiang Cheng. Quelqu'un qui pouvait lutter contre le flûtiste de Yiling devait être un cultivateur et c'était à cause d'eux que ses parents étaient morts. C'était à cause d'eux que sa sœur…
Jiang Cheng ne savait pas encore qui avait réussi à leur imposer ce nouveau-venu mais il aurait aimé lui faire part de ce qu'il pensait car le flûtiste de Yiling ne pouvait pas être de retour. Wei Wuxian était mort. Si ce nouveau flûtiste existait vraiment, ce ne pouvait être qu'un imposteur. Wei Wuxian n'avait pu survivre. Il le savait.
Mais ce n'était pas seulement à cause de son grief contre les cultivateurs que Jiang Cheng ne comprenait pas le choix de leurs supérieurs. L'ajout d'un cultivateur dans leur rang était à double-tranchant. Oui, il pourrait lutter contre le flûtiste de Yiling mais si ce dernier réussissait à le contrôler, ils étaient perdus.
Jiang Cheng marqua une pause devant la porte du bureau du commissaire Nie Mingjue. Sa mère était morte à cet endroit. Jiang Cheng ferma les yeux, serra les dents, puis il rouvrit les yeux et enfin frappa à la porte.
« Entrez. » ordonna aussitôt Nie Mingjue.
Jiang Cheng obéit.
La nouvelle recrue était déjà arrivée dans le bureau du commissaire et resta le dos tourné à son entrée. Il avait de longs cheveux bruns non attachés qui lui pendaient dans le dos. Ils devaient lui permettre de cacher la longue cicatrice qui devait se trouver sur sa nuque, celle qui le marquait comme Cultivateur Contenu, les seuls cultivateurs qui pouvaient vivre librement et ouvertement parmi eux.
Jiang Cheng s'approcha du bureau et s'arrêta à la même hauteur que le Cultivateur Contenu. Il ne tourna pas la tête sur le côté pour le regarder. Il préféra fixer son supérieur. Le commissaire Nie Mingjue regardait d'un air furieux le Cultivateur Contenu. Quand il se tourna vers Jiang Cheng pour lui parler, l'air furieux ne disparut pas mais il y avait aussi comme une certaine tristesse dans son regard.
Nie Mingjue garda le silence. Il n'avait pas l'air d'avoir envie de lui présenter le Cultivateur Contenu. Il finit même par baisser la tête avec un soupir exaspéré.
Jiang Cheng fronça les sourcils. Il ne comprenait pas le comportement de son chef. Nie Mingjue était normalement quelqu'un de direct. Pourquoi ne parlait-il pas ? Pourquoi ne lui présentait-il pas le Cultivateur Contenu ?
Jiang Cheng tourna la tête. Si Nie Mingjue ne les présentait pas l'un à l'autre, il le ferait lui-même mais en voyant le profil du Cultivateur Contenu, il se figea.
Il n'en était pas question. Qui avait eu cette idée ?! Il ne pouvait pas être son nouveau partenaire. Jamais !
Jiang Cheng serra les poings. Le Cultivateur Contenu… Wen Ning ! C'était Wen Ning ! Qui avait eu cette idée ?! Qui avait osé penser qu'il serait la personne la mieux placée pour être le partenaire de ce monstre !
Wen Ning, lui, ne l'avait même pas regardé. Il gardait la tête baissée. Il triturait même nerveusement le bas de sa chemise noire, celle que tous les Cultivateurs Contenus récemment libéré devaient porter.
Jiang Cheng se tourna vers Nie Mingjue.
« Non.
- Ça ne me plait pas non plus mais nous n'avons pas le choix.
-Ils n'ont qu'à envoyer quelque d'autre ! Yiling pourrait… »
Jiang Cheng ne termina pas sa phrase. Chacun d'entre eux savaient très bien de quelle manière elle se terminerait. Yiling avait déjà réussi à prendre le contrôle de Wen Ning par le passé et ce, à plusieurs reprises. Chacune de ces possessions avaient fini dans le sang. On ne pouvait pas libérer Wen Ning et le lancer contre Yiling après tout ce qui s'était passé.
Du coin de l'œil, Jiang Cheng remarqua que le triturage du bas de chemise noire s'amplifiait.
Un long et lourd silence s'installa.
« Jiang Cheng, je suis désolé. J'ai les mains liées pour le moment mais je te le promets, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cette situation ne dure pas. »
Bien sûr que cette situation ne pouvait pas durer ! Elle n'aurait même pas dû avoir lieu de tout façon.
« Mais en attendant… »
En attendant, Wen Ning serait son partenaire et Jiang Cheng ne pourrait rien y faire.
…
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