Mieux que quiconque
Résumé : Ce n'était pas les Weasley qui liaient Ginny et Harry. Ce n'était pas une amourette adolescente transformée en grand amour. Non, c'était une personne, c'était un secret qui n'en ait pas un. Après tout, ils le connaissent mieux que quiconque.
Note de l'auteur : Petit OS sans prétention sur ma vision du couple Harry/Ginny. Sans être une grande fan du couple, je trouve qu'il a beaucoup de potentiel et j'ai toujours regretté qu'il ne soit pas plus exploité en fanfiction. Voici ma pierre à l'édifice.
Bonne lecture !
Ils n'en ont jamais vraiment parlé. De temps en temps, ils l'ont peut-être évoqué, en passant, mais jamais bien longtemps. Ce n'est pas quelque chose dont on parle. Et puis, ils n'en ont pas besoin, ils savent.
Les gens se posent beaucoup de questions sur leur couple. La popularité immense d'Harry y contribue. La situation de Ginny – petite sœur du meilleur ami – alimente les conversations. Tous y voient ce qu'ils veulent croire. Un amour de jeunesse, le choix de la facilité, la belle histoire. Mais ils sont jeunes, trop jeunes, et quand ils grandiront, leur histoire disparaîtra. Tout le monde le pense, de près ou de loin, et pas grand monde ne veut vraiment croire à leur histoire. Les love stories, la petite fille énamourée qui épouse son grand amour, ça fait plus jalouser qu'admirer.
Mais, évidemment, personne ne sait. Les relations se basent sur ce qu'on partage, et Harry et Ginny ont bien plus en commun qu'une maison à Poudlard, des amis, ou une famille. En y regardant d'un peu plus près, tout le monde pourrait le voir et le comprendre. Mais personne ne prend cette peine, et même quand quelqu'un cherche un peu plus, personne ne voit l'évidence.
Cela ne dérange pas Ginny et Harry. C'est même le contraire. Certaines choses, même si elles ne sont pas secrètes, préfèrent rester dans l'ombre.
Ils se contentent de sourire quand ils entendent chuchoter sur leur passage. Quand une énième langue de vipère demande à Ginny si elle n'a pas peur que Harry la trompe avec Hermione, parce que bon, ils sont quand même un peu trop proche pour que ce soit convenable. Quand une énième fille se présente devant Harry avec un décolleté un peu trop plongeant pour être honnête.
Il y a les souvenirs. Les mauvais rêves de l'un, la naïveté d'une petite fille qui écrit dans son journal de l'autre. La culpabilité de s'être laissé berner. Et d'en avoir réchappé alors que d'autres en ont payé le prix.
Alors, ils vivent. Parce qu'ils n'ont pas le choix, parce que c'est la seule réponse à donner pour ne pas se faire bouffer par les regrets. Défiant les pronostiques des mauvaises langues, ils se marient, fondent une famille. Deviennent heureux.
Tout n'est pas rose, évidemment. Il y a parfois des disputes, des broutilles et des mots durs, qui les font se coucher fâcher et partir au travail sans un mot pour l'autre. Mais parce qu'ils sont ce qu'ils sont, ils s'arrangent toujours, chacun à leur manière, pour que cela ne dure jamais longtemps. Parce qu'ils ont grandi dans un monde qui ne les as pas épargné, parce qu'ils savent combien le bonheur n'est qu'une mince feuille de papier qui peut s'envoler ou être déchirée au moindre coup de vent.
Au fil du temps, la vie qu'il mène devient routinière, rythmée par leur travail respectif et les activités de leurs enfants. Ennuyante diraient certains, mais cela leur convient très bien. Harry et Ginny, eux, appellent cette vie calme et sérénité.
Parce que même la vie calme et sérénité ne l'ait jamais totalement, ils surmontent les bas, qui les soudent plus qu'ils ne les séparent, et profitent des hauts que la vie leur offre.
En chemin, ils apprennent à reléguer au passé ce qui appartient au passé.
Cela n'empêche pas que parfois, au milieu de la nuit, l'un deux colle sa tête contre le dos de l'autre et se met à pleurer en silence.
Que parfois il y a comme une ombre entre eux. Alors ils l'affrontent à deux, et parce qu'ils ont tous deux appris comment faire, ils l'étouffent jusqu'à qu'elle soit morte à nouveau.
Après tout, ils le connaissent mieux que quiconque.
Ai-je vraiment appelé "calme et sérénité" une vie avec trois enfants turbulents ? Il semblerait.
Edit : d'après plusieurs lecteurs, il semblerait que la personne à laquelle je fais référence dans ce texte (le fameux secret de Harry et Ginny) n'est pas forcément très claire. Du coup j'ai très légèrement édité mon texte pour rendre cela plus facile à comprendre. Si toutefois cela restait obscur pour vous, dites-le moi ;)
