L'OISEAU VIREVOLTAIT
dans les airs de manière spectaculaire. Il semblait effectuer des milliers de battements d'ailes à la seconde. Elles étaient bleus et blanches, se secouaient frénétiquement dans les airs. Son bec s'ouvrait de temps à autre pour chantonner un refrain, pourtant seul, il semblait contenir tous les instruments du monde.
Il avait quitté la nuée de ses semblables. Il semblait vouloir vivre un balai propre à ses envies. Il souhaitait aller à droite tandis que tous montaient au plus haut.
Il était rapide mais si précautionneux.
Un cri perçant retentit dans le parc de Poudlard. Une chevelure blonde se redressa alors pour voir l'animal se ruait vers le lac du château, poursuivant ses desseins à l'instar de ses compagnons.
Marlène McKindon se rallongea ensuite doucement dans l'herbe humide d'une fraîche rosée et sourit en observant le ciel. Il devait lui restait encore quelques instants de calme avant que peu à peu le château soit empli de vie. Comme chaque matin depuis maintenant 7 années, elle le passait dans ce parc à écouter la nature être encore maître de l'aube.
La jeune blonde ne se levait que vingt minutes avant l'arrivée d'autres âmes mais cela lui suffisait. Elle n'avait pas le courage de se lever plus tôt, son sommeil lui était trop primordial. Elle était persuadée que cela lui avait enlevé toutes chances d'aller à Gryffondor.
A travers ces nombreux mois et années, elle avait pu observer les feuilles tombaient une à une de tous les arbres au alentour du château, recouvrant le sol d'une épaisse couche peu agréable sous sa chaussure. Les voir se recouvrir de neige emmitouflée dans sa cape la plus épaisse et qui produisait un paysage extraordinaire.
Mais à ses yeux, le printemps n'avait rien à envier aux deux autres saisons. Elle les surpassait même de plein fouet. Apercevoir chaque fleur s'ouvrir peu à peu. Le paysage se transformait dans une multitude de coloris aussi éclairantes les unes que les autres. Les pâquerettes étaient par milliers dans le parc de Poudlard dont tout ces arbres fleurissaient également.
Le soleil retrouvait l'éclat terni par l'hiver. Les oiseaux chantaient et elle pouvait à nouveau s'allonger dans l'herbe et observer tout cela.
Mars était sans aucun doute son mois préféré.
Mais en cette année de 1944, le printemps avait plus un goût de fin que de renouveau. En effet, la scolarité de la jeune fille arrivait bientôt à son terme. Avec elle, ses derniers mois de liberté. Bientôt, elle serait enfermée dans un bureau au Ministère ou dans la vielle boutique de son père, ancien confectionneur de balais magiques, maintenant volant plus dans le ciel. Le deuxième choix l'enchantait plus mais aucun d'eux n'égalait son envie de rester à jamais au château écossais qu'elle affectionnait tant.
Marlène fut coupée court dans ses pensées d'avenir par des pas rapides et précipités dans sa direction. Elle attendait pourtant que son amie parle et signale sa présence pour bouger l'intégralité de ses orteils et son postérieur.
- Marla, tu viens ! Il y a des croissants fourrés à la confiture de fraises dans la grande salle, s'était écrié une jeune fille aux cheveux châtains et aux joues rougies par sa course.
La prénommée Marla, se redressa vivement, comme précédemment pour mieux voir l'oiseau solitaire, cette fois ci se fut pour rejoindre rapidement sa meilleure amie.
- Dépêche toi, Margua ! Allez, répéta-t-elle alors de la manière que sa fille précédemment avant de la dépasser pour atteindre avant elle la nourriture sacrée.
Margua, ou Marguerite Fawkes reprit sa course à présent accompagnée.
Rapidement, les deux jeunes filles avaient la bouche remplie et étaient incapables d'aligner un mot. Quelques uns de leurs camarades rigolaient amicalement de cette scène.
A la table des poufsouffles, tout le monde connaissait l'attrait des deux amies pour cet aliment et s'assuraient toujours de leur en laisser. Ce qui ravissaient toujours leurs papilles.
Après tout, leur amour de cette chose venait du jour où les deux jaunes s'étaient adressées la parole pour la première fois.
Une valeur sentimentale entourait alors cette viennoiserie française dégoulinant de rouge appétissant. Marguerite, française d'origine et de sa mère, avait intimé à sa camarade de goûter un croissant, ignorant même son fourrage.
Depuis leurs regards entendus sur la douceur exquise de ce met, elles étaient amies.
- On commence par Potions, on devrait y aller, Marla, s'exclama alors sa camarade en engloutissant un dernier croissait.
Peu enthousiaste, Marlène hocha la tête en finissant son verre le plus lentement possible. Au contraire de son amie, Marguerite était une plutôt bonne élève. Décrochant régulièrement des Optimal et s'améliorent de jour en jour sous de grands efforts personnels. Elle était appréciée de tous les professeurs pour sa détermination qui, selon le maître des potions, Horace Slughorn, lui aurait valu une place de choix à Serpentard. Cette remarque avait toujours rebuté la jeune brune qui s'efforçait d'assurer au professeur qu'elle n'avait rien à voir avec cette maison, en vain. La Poufsouffle était également de très bonne compagnie et très serviable, les qualités qui l'avaient avec sûreté vers sa maison personnelle. Elle était donc une élève extrêmement agréable et appréciée par le corps enseignant.
Pour Marlène, la chance se tournait différemment. Certes, son caractère était irréprochable, elle était constamment de bonne humeur, amenée régulièrement avec elle un entrain contagieux. Elle était un bonheur en classe, c'était indéniable, en particulier en compagnie de sa meilleure amie. Mais son niveau scolaire laissait à désirer. Beaucoup était persuadé qu'elle avait le niveau de réussir, d'autres qu'elle pouvait au moins s'en sortir.
Mais elle n'aimait pas les cours.
Cette pensée se confirma quand elle pénétra la salle de potions qu'elle avait appris à aimer détester. Elle se trouvait là dans un effort qui survenait d'un miracle. En effet, après ses BUSES, une poignée de personnes étaient acceptées en Potions. Étant la matière qu'elle appréciait le plus de toutes, elle s'était dit pourquoi pas.
Mais cela n'empêcha pas la jeune fille de s'asseoir à sa paillasse en soupirant bruyamment.
Cette action anodine et régulière fit tout de même rire ses camarades. Un sourire était même apparu sur le visage de son professeur qui annonça :
- Miss McKindon, j'espère que c'est votre paresse que vous venez d'expulser de votre corps à l'instant, aujourd'hui, nous préparons une potion très difficile !
- Monsieur, je vous adore, vous le savez mais sincèrement depuis la 6ème année, il n'y a rien de facile dans ce cours...avoua-t-elle en plongeant sa tête dans ses bras.
Il encouragea cependant la blonde à écouter attentivement et que cela ne pourrait que bien se passer avec de l'attention et de l'ambition.
- Toujours les mêmes mots depuis 7 ans, déclara-t-elle pour elle seule.
Après les instructions claires et précises du maître des potions, il les dirigea vers une page du livre et les laissa en autonomie.
Ce que Marlène appréciait réellement dans cette matière était manipuler, créer et détruire. La baguette n'était pas primordiale et c'étaient eux qui décidaient. Aucune formule à retenir ou selon elle, aucunement besoin d'attention. Seulement de lire.
L'autonomie était également très important pour elle. Si elle daignait travailler, elle souhaitait le faire seule, concentrée.
Mais ce qui ravissait le plus Marlène dans cette matière était qu'elle n'était jamais déçu d'elle. Dans tous autres, on ne peut que voir l'échec d'un sort ou sa réussite. En Potions, tout était plus nuancé. C'est pourquoi au bout de deux heures, elle fixait sa potion bleue nacrée avec un sourire.
Elle savait pourtant qu'elle devait être plus foncée mais elle était déjà très fière d'elle d'avoir su parvenir à ce résultat aussi tôt le matin. Avec un Effort Exceptionnel, elle poursuivit sa journée avec un plus grand sourire sur le visage.
Elle avait la réponse dans ce qu'elle détestait le plus dans les études. Dans le fait d'être assis durant des heures en écoutant quelqu'un vous parler de ce qu'il faut faire pour transformer un lapin en chat. Ou un verre en corbeau. Malgré tout le respect qu'elle avait envers son professeur de métamorphose, elle ne pouvait que se dire que le savoir se trouvait ailleurs. Que lire pour connaître était si ennuyeux.
Elle préférait s'allonger dans son jardin et se demandait comment faire de ses pâquerettes des oiseaux. Et le faire, d'envie, pas de devoir.
Devoir transformer, se défendre et battre. Déterrer des plantes qui devaient vouloir rester plonger dans le noir.
Devoir être un sorcier et non le vouloir. Les cours enterraient son goût pour la magie.
Mais elle sortit tout de même de sa dernière salle de classe en lançant un grand sourire à son professeur, malgré qu'elle n'avait rien retenu à son cours. Elle se dégourdit ensuite longuement tous les muscles de son corps dans les longs couloirs du château. Marguerite était partie chercher un livre à la bibliothèque et la retrouver bien assez tôt. Elle prit alors instinctivement le chemin du parc pour apercevoir le soleil défaillir peu à peu sous la force des heures qui passaient.
Elle avait eu raison de se trouver ici à ce moment là, le ciel se teintait des plus belles couleurs. L'orange et le jaune s'accordaient des plus belles façons. Le bleu clair s'éclipsait peu à peu pour laisser place à d'autres nuances qui raviraient autant les iris. Pourtant ce n'était pas pour cela que la jeune fille était heureuse de s'être trouver dans le jardin ce soir là.
Le jeune homme marchait rapidement, sans qu'aucun de ses traits ne déclare rien. On ignorait s'il était pressé ou simplement déterminé. A vrai dire, il n'était aucun des deux choix. Tom avait simplement l'habitude de marcher d'une vitesse constante qui pouvait paraître rapide. Pourtant tout était calculé dans chacun des pas qu'il entreprenait. Comme si à peine lorsqu'il franchissait le détour d'un couloir, il s'avait qu'il le terminerait du pied gauche.
Ses bras ne se balançaient pas le long de son corps, ils semblaient simplement suivre la fluctuation des jambes élancées du serpentard.
Même alors qu'il passait devant une des nombreuses ouvertures vers le parc, et que le soleil frappait les paupières de tous et faisait brutalement fermer les yeux. Le jeune Jedusor ne semblait atteint par aucun phénomène humain. Garder à chaque instant le contrôle parfait sur toute situation. Celui-ci lui permit alors d'apercevoir une étrange personne accroupie aux abords du lac de Poudlard.
Il s'approcha alors, calculant une nouvelle fois l'angle de chacun de ses avancements jusqu'à cette inconnue.
- Que fais-tu ? demanda-t-il, déjà passablement agacé.
Devant lui, se tourna un visage rougie par la présence de ses cheveux tout autour. Au premier abord, la jeune fille paraissait n'être qu'une enfant jouant. Son souffle était court et le regard qu'elle lançait à Tom semblait vouloir lui dire qu'il n'était pas convié à son jeu.
Ce fut les traits finement dessinés de son visage ainsi qu'une certaine maturité, pourtant bien cachée, qui émanait de son visage qui fit changé d'avis à Tom.
Elle devait être en 5ème année car il ne l'avait jamais aperçu avant.
- Je t'ai posé une question.
- Ça se voit, nan !? rétorqua la blonde, préoccupée par autre chose.
Le regard du serpentard permuta vers la petite chose que tenait la fille dans ses mains. Cela semblait être un oisillon, blessé sûrement car de faibles cris parvenaient à ses oreilles, ce qui l'énervait encore plus.
- Tu n'as qu'à utiliser un sort, tu es une sorcière, je te rappelle.
Elle n'avait que faire des paroles du sorcier. Elle se redressa subitement, observa l'arbre devant elle, mit en sûreté l'oisillon dans sa poche et approcha de la végétation florissante.
Aussitôt un de ses pieds avait quitté le sol qu'une exclamation sortit de la bouche du serpentard.
- Mais que fais cette idiote, se demanda-t-il, étant prêt à se frapper le crâne sur chacun des murs de Poudlard si quelqu'un lui trouvait de la logique ou une once d'intelligence.
- Mais descends, petite imbécile.
Après avoir installé l'animal à sa place, dans son nid auprès de ses frères et sœurs. La jeune fille sauta de l'arbre où elle s'était perchée pour atterrir près de la personne qui ne cessait de lui parler.
Marlène avait devant elle Tom Elvis Jedusor, 6ème année, serpentard et sûrement un des plus grands élèves que cette école est connue. Slughorn ne manquait pas de le répéter à chaque occasion. Ce garçon était son joyau, la plus étincelante de ces petites d'ors. La plus belle pièce de son stupide club. La haine envers celui-ci provenait sûrement du fait qu'elle n'y avait jamais été invité, mais elle ne se l'avouerait jamais. Elle préférait dire qu'elle trouvait simplement décourageant pour les autres élèves.
A l'heure qu'il était, ce n'était pas son problème, mais la présence de chouchou du professeur devant elle.
Elle put apercevoir en le regardant enfin qu'il arborait fièrement l'insigne de préfet en chef. Quelle idiotie. Préfet, maintenant en chef et bientôt cela ne l'étonnerait pas de le voir en directeur.
Cela n'aurait pas dérangé la Poufsouffle, elle l'aurait presque applaudi dans son esprit et respectait dans ses paroles sur le garçon avait su être polie et respectueux. Elle ouvrit enfin sa bouche rosée pour énoncer ses légers mots à l'égard du serpentard :
- Premièrement, je tiens à te signaler que mon état de sorcière ne m'enferme pas dans une spirale infernale où seulement cela pourrait m'aider et deuxièmement, je ne suis pas une imbécile et de plus ton aînée d'un an. Ton insigne ne t'enlève pas le respect à ce que je sache.
Sa marche rapide et soudaine fit s'envoler ses longs cheveux blonds dans une bourrasque soyeuse et agréable. Un sourire planait sur son visage, car elle n'avait pas fini d'apprendre à ce jeune garçon à respecter les gens. Durant sa marche où précautionneusement elle faisait le moins de bruit possible, elle attendit que Tom entreprenne un quelconque mouvement de jambe.
Lorsque ce fut le cas, Marlène brandit délicatement sa baguette vers lui en souriant de plus belle. Le jeune Jedusor n'avait prévu sa rencontre avec la blonde et encore moins que son pied gauche le ferait chuter lamentablement sur l'herbe humide du parc de Poudlard.
- Sortilège du Croche-pied, parce que je suis une sorcière après tout !
