- Mais tu ne vas pas te marier, Walburga ? questionna Abraxas, tout en fronçant les sourcils.

Tom et ses deux camarades se rendaient dans leur premier cours de la journée, bientôt le trio se séparerait pour la matinée comme dans la vie réelle. Le préfet entreprenait tout pour que du côté de ses fidèles, il y ai un minimum d'avancement.

Être bloqué à Poudlard un an encore l'empêchait de mener sa quête pleinement. Bien entendu, il savait que plusieurs de ses camarades s'efforceraient d'entreprendre tout cela à sa place.

Le blond lui avait déjà avancé qu'il organiserait de nombreuses soirées au cours de l'année où il laisserait entendre la grandeur de ses pouvoirs et de leur cause. Lui avouant même que si à Noël il parvenait à s'extirper du château, sa présence serait plus qu'appréciable.

Et Walburga avait quant à elle avouer qu'elle communiquerait le plus possible avec sa famille, leur parlant de lui, de ses talents. La jeune Black ne pouvait faire de choses concrètes, elle ne faisait pas parti des siens. Bien qu'elle soutenait avec ferveur ses pensées et actes, elle ne souhaitait pas y participer.

C'était une dame, et selon elle, sa préoccupation première n'était pas de révolutionner le monde sorcier.

- Et bien, pas dans l'immédiat, avoua-t-elle en replaçant une mèche derrière son oreille, apparemment gênée, mon mari est trop jeune, pour l'instant.

Cette remarque fit pouffer de rire le jeune Malfoy qui se retint de faire une remarque. Il ne souhaitait pas se faire tuer aussi tôt le matin, ce n'était pas acceptable de mourir sous ce beau soleil.

Mais la situation restait comique à ses yeux. Walburga allait dans quelques années épouser son cher et tendre qui n'était personne d'autre que son cousin. Orion Black. Leur famille n'était pas contre, au contraire. Comment faire plus pur que cela ? Et puis ils n'étaient que cousins après tout.

Alors que la discussion des trois jeunes gens continuaient avec ferveur, que les propositions en tout genre fusaient de la bouche d'Abraxas, ils tournèrent subitement. Les verts et argents entreprirent leur route dans un couloir ouvert sur le parc, assez pour y apercevoir le soleil montait lentement dans le ciel. De sa clarté, il se reflétait délicatement sur l'eau immobile du lac et déposait la douceur sur tout visage assez proche. Les oiseaux piaillaient, plus qu'ils ne chantaient ce matin là. Les bruits confondus de tout leurs becs entrouverts ne rendaient en rien quelque chose de mélodieux. Tandis que leur ballet semblait vide d'harmonie, tous volaient sans savoir où allait.

Quelque chose était étrange.

Très vite, Tom cessa d'écouter la conversation qui se déroulait à cet côte. Le jeune homme n'était pas superstitieux, encore moins croyant d'autre chose que de sa personne. Il pensais plus que toutes ses croyances n'étaient présentes que pour rassurer les humains sur leurs pauvres états. Ceux-là n'étaient pas capable de se gérer tout seuls, de contrôler leurs pulsions et péchés. Alors ils se contentaient de se créer quelque chose pour les aider.

Ils confiaient leur existence à une chose immatérielle en espérant que le néant les conduise dans l'absolu.

Non, Tom Jedusor était tout sauf croyant de ses supercheries. Mais autant que cela était indéniable, l'atmosphère qui pesait à cet instant autour de lui était irrévocable. Il y avait une chose qui n'était pas normal ce matin là.

Il n'aimait pas le flou, ignorer et semblait à cet instant si perdre dedans. Alors il réfléchissait, longuement et de tous ses neurones. On pouvait presque apercevoir une veine de son front se détacher de sa peau lisse et si pâle.

Le jeune garçon fixait toujours l'entendu d'herbe devant lui, jusqu'à ce que chaque fleur subissent un interrogatoire visuel. Toute botte de terre paraissait étrange à cet instant.

Dans le ciel, il entreprenait les mêmes examens, il passait chaque oiseau de long en large. Toutes plumes biscornues étaient suspectes de cet étrange impression de quelque chose.

À présent, il ne faisait pas qu'ignorer ses camarades, ils avaient disparus. Au fond des entrailles, Tom sentait une boule. Il n'avait pas peur, un dégoût profond se développait soudainement envers lui même. Ce fut comme si toutes choses s'échappaient de sa main ferme à cet instant. Il perdait contrôle sur tout ce qu'il maintenait depuis des années.

Pour un idiot quelque chose inconnu, cela le rendait fou. Le serpentard avait toujours fait en sorte depuis sa rentrée à Poudlard que chaque chose soit à sa place. Tout ce qui avait un minimum d'importance pour ses projets du moins.

Et maintenant, ce moment paraissait être le seul et léger millimètre trop à droite pour être parfait. Le brin d'herbe s'inclinant sous le poids d'un corps allongé dessus.

Le jeune homme, perdu dans le tréfonds de ses pensées, se retrouva à nouveau dans la réalité palpable. Et devant lui, peu gracieusement et entre milles gouttes de la rosée matinale, était entreposée Marlène McKindon.

Un léger millimètre.

Il s'arrêta alors brusquement, surpris de la scène qui se déroulait à ses yeux. Il ne le laissa pourtant pas voir. Calmant le feu ardent contre lui même dans ses entrailles, ce n'était qu'une impression. Tout allait bien, finalement.

Il cligna des yeux plus longuement afin de remettre ses idées en place. A quoi bon se torturer seul ? Si à chaque banale et stupide obstacle, il s'infligeait ses propres pensées, l'éternité deviendrait longue pour lui.

Lorsque ses pupilles puissent à nouveau apercevoir le monde, Walburga et Abraxas se tenaient devant lui, leurs regards brillants d'une lueur d'incompréhension.

- Allez en cours, je dois m'occuper de quelque chose, annonça-t-il pour enfin se débarrasser d'eux pour le moment.

Alors qu'il s'apprêtait à avancer vers l'endroit baigné de lumière qu'était à cet instant le parc de Poudlard, il dû à nouveau s'arrêter mais cette fois à cause de la main froide et squelettique de la serpentarde.

- Laisse la, si cette idiote préféré passer la nuit entre les vers, son problème, pas le notre, déclara Walburga d'une voix toujours plus contrariée à chaque mot. Ce n'est qu'une pauvre fille.

La jeune femme allait renchérir avec plus d'arguments qu'elle jugeait imparable aux yeux de Tom. Mais elle fut coupé, dans ses paroles, son élan et sa respiration. En quelques secondes à peine, son camarade avait vérifié leur solitude dans le couloir. Après cela, le corps de la serpentarde ne se soulevait que de très légers mouvements de sa cage thoracique. Elle haletait avec difficulté.

La main du préfet s'était insinuée entre sa cape et la chevelure de la jeune fille pour attraper violemment son coup et le serrer.

Assez pour qu'elle souffre, jamais suffisamment pour qu'elle meurt.

- Écoute moi bien, Black, car c'est la dernière fois que je prendrais la peine de te l'expliquer gentiment, annonça le jeune homme dont la notion de gentillesse différait du reste du monde. Nous ne sommes pas amis, nous ne sommes pas non plus égaux. Tu n'es rien. Alors cesse de constamment croire que ton nom te sauvera, sinon je te ferais effacer de ta parfaite tapisserie pour la simple raison de m'avoir énerver.

Les yeux de sa victime s'écarquillèrent. Un doute plana chez Tom, était-ce la peur ou la suffocation qui provoquait cela ? Le sorcier, dans un sourire orgueilleux et sadique, se répondit seul que cela n'avait pas d'importance, c'était lui.

La jeune fille, prisonnière de la force de son camarade, manquait de secondes en secondes plus d'air. Son teint rouge à défaut de sa clarté translucide habituelle prouvait bien la chose.

Dans un grognement, il l'a lâcha vulgairement. Sans Abraxas et son soutien automatique à la jeune fille, elle se serait sûrement écrouler devant lui. Le préfet s'avoua qu'il aurait apprécié cette vision.

Walburga avait son regard ancré sur le sol, comme si à présent l'amas froid et sale était la seule chose qu'elle pouvait daigné regarder. Elle était une Black.

- Bon sang, Tom est un monstre, murmura-t-elle au plus profond de ses pensées, trop terrorisée pour l'avouer ne serait-ce qu'à voix haute dans son esprit.

- Walburga, viens.

Et enfin, les deux serpentards partirent. Tom sourit d'être enfin seul tandis qu'après un couloir d'avancement une jeune fille s'écroula en larmes dans les bras de son amis.

Mais le préfet devait faire son rôle, cette fille avait dormi un dehors de son dortoir. C'était inadmissible.

Le jeune homme entra alors totalement dans le parc de Poudlard. Il s'approcha de sa proie avec distinction, attention et silence. Il ne voulait pas la réveiller avec ses bruits de pas.

Avant, il devait essayer de comprendre ce qu'elle faisait ici, et pourquoi elle était sorti de son dortoir. Et puis, pour une fois, elle se taisait.

Il se plaça devant elle, cachant donc la lumière du soleil sur sa peau laiteuse. Des vives traces sur ses joues gâchaient l'absence d'imperfections sur son visage.

Elle semblait constamment froncer les sourcils. Elle n'avait pas sa baguette. Ne semblait habiller que d'un léger pyjama.

Marlène avait donc du d'abord dormir dans son lit mais une chose inconnue l'avait fait venir jusqu'ici pour pleurer et s'endormir.

Son idiot de petit ami aurait simplement pu aller dans le salon de leur salle commune. Donc ce n'était pas lui. Son amie non plus.

Alors, c'était quelque chose d'impossible à deviner. Tom se dit finalement que le meilleur moyen d'obtenir des questions est de poser des questions.

Il s'agenouilla donc finalement près d'elle. Redécouvrant donc le soleil sur sa fine peau. L'astre luminescent semblait déposer des crystals sur la fille endormie devant lui. C'était étrangement plaisait à regarder. Ce fut comme si le soleil lui-même voulait éclairer la jeune fille. Elle seule.

Il leva sa main qui fendit l'air gracieusement et se posa avec délicatesse sur l'épaule de sa camarade. Tom n'était qu'en 6ème année et malgré qu'il se l'avouerait jamais, le désir de réveiller brusquement et violemment la jeune fille s'était insinuée dans son esprit. Tel l'adolescent qu'il devrait être.

Au lieu de cela, c'est avec des légers mouvements et une voix doucereuse qu'il décida de la plonger dans le monde réel :

- Marlène, réveille toi.

Et brusquement, elle ouvrit les yeux.

Qu'elle referma instinctivement. Ses yeux lui brûlaient du à la ferveur du soleil au dessus d'elle. Durant cet instant, Marlène put réfléchir plus profondément. Elle sentait toujours l'herbe sous elle, elle s'était donc finalement endormie dans le parc. Quelle idiote elle était. Elle sentait plus que trop les répercussions de son imbécilité. Son dos se tordait sans même bouger et arracher des gémissements plaintifs à la jeune fille lorsqu'elle voulut se relever. Les yeux toujours clots, tous les éléments précédents se révélèrent à elle.

Son rêve, les larmes, la mort. La sienne.

Automatiquement, ses mains se mirent à trembler de terreur. Car celle-ci remplissait à nouveau le cœur de la pauvre poufsouffle. Si elle était seule, elle se serait arracher les cheveux et hurler à l'agonie.

Mais elle n'était pas seule. C'est à ce moment là que la jeune fille daigna enfin rouvrir les yeux.

Tom était là.

- Seigneur, il fallait que ce soit toi, se plaignit-elle, d'une voix faible.

Tom ne répondit pas. La scène devant lui était plus qu'étrange. Marlène avait bien une particularité que le jeune homme ne pouvait que remarquer. Elle était pleine de vie, de sarcasmes, de sentiments, de ressenties. C'était sûrement un de ses humains qui pouvaient vivre pour plusieurs, plus que pour eux mêmes parfois.

Mais à cet instant, ces yeux étaient ternes et emplis de larmes naissantes. Ses mains tremblantes et son corps frêle étaient un spectacle vraiment impensable pour lui. C'est pourquoi il restait muet.

Marlène, elle même, ne fit rien d'autre pour témoigner de l'attention au sorcier. Elle se redressa, assise et recroquevillée, et arracha une fleur quelconque des milliers de ce jardin. Se concentra longuement et avec stupéfaction, le jeune homme pu alors voir cette fleur se transformer en un léger oiseau rose qui s'en alla vivement.

Après cela, c'est à nouveau épuisée qu'elle s'allongea dans l'herbe et murmura à nouveau à Tom :

- Tu peux partir, Marguerite va arriver.

- Je reste.

Son ton était précis et calculé. Comme toujours, il n'accepterait aucune décision contraire. Mais à ce moment, le jeune homme se dit qu'il aurait préféré l'entendre le contredire à nouveau. Cela aurait prouver sa vitalité.

Mais rien mis à part le soleil brillait aujourd'hui.