Aucun des deux adolescents présents dans ce parc ne s'adressaient la parole. Le regard de Marlène était ancré dans la verdure autour d'elle, elle semblait incapable de faire le moindre mouvement. Chaque respiration était de plus en plus faible, elle avait peur de trop bouger. Était effrayée à l'idée même que chaque instant soit celui avant sa mort.
Tom, lui, observait la jeune fille, les sourcils froncés. Il ne comprenait pas comment la poufsouffle s'était retrouvée dans cet état là. C'est pourquoi le jeune homme restait à ses côtés.
Tout à coup, des pas précipités se firent entendre par les deux sorciers. Légers et graciles, ses bruits auraient pu se comparer aux mouvements vifs d'un chat. Mais ce fut une tête brune et humaine qui pénétra en leur compagnie.
Le regard de Marguerite était agitée, perturbée. Sa bouche laissait s'échapper les conséquences de sa course affolée. Mais elle ne prit pas le temps de reprendre son souffle. Aussitôt, ses yeux se braquèrent sur son amie, et elle s'installa en un éclair à ses côtés.
- Mon dieu, Marlène...Comment vas-tu ? Veux-tu que j'aille chercher le professeur Dumbledore ? quémanda la septième année, plus pour elle même que pour sa camarade.
- Non, non. Je voulais juste que tu sois là.
Un sourire sincère et rassurée se plaça alors sur le visage de la jeune Fawkes. Bien sûr, elle était toujours inquiète. Comment ne pas l'être quand votre meilleure amie fait des cauchemars où elle pense mourir ? Où elle est seule et résolue à la fin de son existence ?
Cela faisait bien deux années que ces épisodes s'étaient ralenties jusqu'à n'être que passager dans leur vie.
Mais encore trop présent. Toujours trop. Marguerite attrapa donc la main de son amie, la serra et de tout son regard, lui porta son amour éternel.
Elle n'avait pas le droit de la laisser seule. Elle était fautive de ses craintes, de ses peurs et de tout son malheur après cela.
- On ne commence que dans une heure, tu as le temps de te reposer. On va aller dans notre dortoir, tu vas prendre une douche brûlante, un immense petit déjeuner et tout ira mieux, tu verras, assura la brune d'une voix douce et claire.
Jamais les deux amies n'avaient autant paru mère et fille qu'à cet instant. Marguerite avait cette douceur et délicatesse propre à l'amour maternelle à sa jeune fille torturée. Elle caressa doucement la paume de sa main. Posa sur elle le plus pur des regards, lui porta le plus beau des amours.
- Tom, tu peux t'en aller maintenant ? demanda Marlène, du même ton faible que précédemment.
Le jeune homme fut surpris de la soudaine attention qu'on lui porta. Celui-ci était absorbé devant la scène à ses côtés. Devant leurs complicités, leurs sentiments mutuels. A l'instant où son amie était arrivée, Marlène s'était laissé aller au calme. Elle ne tremblait plus, aucune larme ne coulait.
C'était comme si elle confiait sa douleur et ses peurs à Marguerite et que celle-ci les détruisaient de sa bienveillance. Elle se reposait sur son épaule de sorte à ce que chaque problème s'écroule alors.
Pour Marlène, la brune était son plus fidèle appuie. Plus qu'elle ne l'était elle-même.
C'était fascinant dans un sens. Et absolument idiot dans l'autre.
C'est sur soi qu'on doit se reposer, en soi qu'on doit croire. En la seule chose qui existera jamais jusqu'à la fin, soi même. Pas un être aussi passager.
Mais cela n'étonna pas Tom. C'était Marlène McKindon, après tout, elle observait constamment les oiseaux dans le ciel et dormait dans le parc.
- Je t'ai déjà dit que je ne bougerais pas, avança-t-il en haussant un sourcil comme pour souligner son idiotie.
À cette réplique, un fin sourire se dessina sur le visage de la jeune fille. Chose qui étonna cette fois le sorcier. Il n'avait rien dit de très amusant. Même pour elle.
Et au contraire, sur l'autre face présente dans cette verdure, un air désapprobateur et contrarié se dessinait. Cet humain là se redressa et se plaça de sa petite hauteur devant Tom.
Marguerite ne l'appréciait visiblement pas. Cela ne semblait pas être nouveau si on observait la vitesse de son énervement au rappel de sa présence.
Selon elle, il n'avait rien à faire ici.
- Casse-toi, Jedusor. T'as rien à faire là, clama la septième année, d'un ton autoritaire, dont Tom se retenu de rire.
- Ça, c'est pas à toi de le décider, je pense.
Avant même que la concernée principale de cette altercation ne puisse ouvrir la bouche, sa camarade de poufsouffle rétorqua :
- Il n'y a rien auquel tu pourrais t'intéresser ici car comme tu peux le voir, dit-elle en montrant du regard les alentours. Personne a menacé, intimidé ou berné. Alors maintenant, monsieur le préfet parfait tu vas aller t'asseoir sur le devant de ta salle de classe et rester loin d'elle.
- Je pense que tu ne sais pas vraiment à qui tu parles. Et puis, une nouvelle fois, ce n'est pas toi qui décide et je ne bougerais pas, indiqua-t-il, contenant la hargne devant une personne aussi idiote.
Cette fois-ci, avant même que Marguerite ne puisse déverser sa haine sur le serpentard, une main fendit l'air pour attraper la manche d'une des personnes devant elle.
Tom fut surprit par ce soudain contact avec la jeune fille. A vrai dire, ce n'était pas dans ses habitudes de se laisser attraper de la sorte. Instinctivement, il aurait envoyer valser la poigne de sa main ainsi que la personne loin de lui. Mais, le regard peiné et fatigué le dissuada. Au lieu d'agir comme cela, il décida de se placer à sa hauteur et lui demandait du regard la raison de son acte.
- Je sais très bien ce que tu veux, Tom. Mais laisse moi avec elle et je te promet que je dirais tout cela plus tard.
Marguerite n'en croyait pas ses yeux, et à vrai dire, Marlène ne croyait pas un traitre mot de ce qu'elle venait d'annoncer à Tom. Elle ne voulait pas lui dévoiler ses plus grandes peurs. Cela serait comme apprendre un sort mortel à une personne voulant te tuer. Cela serait idiot et elle ne l'était pas. Pas à ce point.
Mais elle souriait à Tom. D'une manière qui laissait penser qu'une jeune fille comme elle ne pouvait pas mentir. Que sa promesse était fait des plus beaux sentiments sincères.
Alors le jeune homme se retira finalement et se prépara à mentir à son professeur d'Histoire de la magie.
Marlène l'avait regardé s'éloigner en pestant contre elle même. Bien sûr, elle avait été intelligente, mais cela n'enlevait rien au fait qu'elle n'aimait pas agir de la sorte. Elle ne supportait pas devoir mentir et tromper pour échapper à une chose ou en obtenir une autre. C'était bien cette raison qui l'avait empêché d'être verte et argent. Elle aimait trop la vérité et la justice pour être une fille aussi rusée et intelligente que ses élèves.
Marguerite la ramena à la réalité pour finalement la ramener dans leur dortoir.
A l'instant où elle pénétra sa salle commune, une chaleur bienfaisante se répondit dans son corps. Elle oublia les douleurs causaient pas son dos tout au long de la route. Elle était à sa place. Tout irait bien ici, tant que sa camarade la guiderai en lui tenant la main.
Elle n'avait pas voulu la lâcher. Comme pour constamment lui rappeler qu'elle était là et qu'il fallait qu'elle le sache.
Ce contact lui faisait le plus grand bien. Il réchauffait son cœur autant que leur chambre chauffée en fit de même pour son corps.
Elle soupira d'aise ce qui fit ricaner son amie. Elle sourit à son tour, aimait un peu plus la tournure de cette journée.
- Va te laver, disons que l'herbe n'est pas la plus agréable des senteurs, lui indiqua-t-elle gentiment, en lui tendant des affaires propres.
- En ce moment, j'avais oublié le bien que ça faisait, avoua Marlène sous regard interrogatif de sa colocataire, quand tu t'occupais de moi.
Un éclair de surprise passa dans les yeux de Marguerite. C'était bien la première fois que son amie avouait les bienfaits de posséder une mère de substitution.
Finalement, elle sourit plus vivement à cette remarque, la savourant car connaissant bien la jeune fille. Jamais elle ne lui répétera.
Quelques minutes plus tard, alors que la brune était parti chercher à manger pour son amie, Marlène pénétrait dans sa douche brûlante à souhait.
La jeune McKindon était une humaine comme les autres. La chaleur et sa tenue aussi naturelle que possible combinée à sa solitude en cet endroit la détendait. Lorsque notre cerveau est détendu, nous sommes plus aptes à penser. Les éléments de notre vie se placent parfaitement devant nous et on élucide des mystères. On créait des chansons, des poèmes, des romans. On surprend des sentiments surgir des tréfonds de nos âmes.
On pense sans limite au plus profond de nous. Voilà pourquoi la blonde était partagée sur son affection envers cette petite cabine qui la contenait. Car à vrai dire, elle n'aimait pas penser. Trop penser ne lui amenait généralement trop de soucis. Elle avait pris l'habitude de ne jamais trop se poser pour réfléchir à sa propre vie, préférant s'attarder sur celles des autres. Mais malheureusement, depuis quelques temps, toutes ses pensées semblaient la rattraper. La fin de l'année et les ASPIC gâchaient son bonheur. Il y avait l'avenir, à présent Karl était devenu un soucis, passager certes. mais présent tout de même.
Et puis il y avait Tom.
Comment pouvait-elle agir normalement alors que rien ne l'était chez lui ? Il était le paroxysme de ce qu'elle n'était pas. Et pour avancer l'incompréhension de cet homme dans son cerveau, elle était persuadée que la plupart des choses qu'elle pensait connaître de lui n'était qu'un mensonge.
Elle ne voulait pas le fréquenter, pas lui parler et encore moins se mettre à l'apprécier. Elle savait cela idiot, pire que tout ce qu'elle aurait pu faire d'autre. Car il est Tom Elvis Jedusor et si il touche une fleur, elle fane. Il est mauvais, pour l'instant c'est un enfant. Mais ce n'est pas Peter Pan. Les petits grandissent en nourrissant leur rêves, ce que le jeune Jedusor semblait nourrir était sa haine.
Ce n'était pas ce qu'elle voulait pour elle, ce qu'elle souhaitait pour son existence.
On ne s'attache a ce qui peut nous détruire.
Bon sang, on ne donne une balle au fusil qui peut nous faire exploser. Que la balle soit ses peurs ou ses sentiments, tout cela était semblable. Elle devait s'éloigner du garçon avant qu'elle ne s'en approche beaucoup trop.
Elle soupira et attrapa la serviette en face d'elle du bout de ses doigts brûlants. Elle s'essuya tout d'abord le visage comme pour remettre ses pensées et sa vie en place après toute cet eau.
Décidément, elle n'aimait pas tellement la douche.
Un fois habillée convenablement, un croissant fourré et fourré dans sa bouche, les deux amies se rendirent à leur premier cours de la journée. Le début du trajet se passait dans le silence complet. Celui-ci n'était pas pesant, au contraire, Marlène avait le loisir de déguster la meilleure de toutes ses papilles.
Mais Marguerite avait des questions, elle semblait plus impacter que sa camarade.
- Comment fais-tu pour reprendre ta vie après tout ça ? questionna-t-Elle en arrêtant quelques secondes de vouloir se ronger les ongles.
- Les souvenirs du rêve quittent ma mémoire peu à peu. C'est comme s'il n'avait jamais été là et donc j'arrive à aller mieux, avoua Marlène, détendue et sautillant à moitié.
Quand on arrête de donner de l'importance à une chose, elle disparaît petit à petit. Cette notion était important pour la blonde. Elle rythmait sa vie à chaque fois qu'elle avait été chamboulé par quoi que ce soit.
- Ça faisait longtemps que ce n'était pas arriver. Si quelque chose te tracasse ou te dérange en ce moment, il faut me le dire, Marlène. Je ne peux rien faire si tu ne te confies pas à moi.
- Nan, arrête là, on dirait mon père maintenant, et ça fait peur.
C'est détendues, un peu plus heureuses à chaque seconde que les deux poufsouffles commencèrent leur journée.
