OS n°4 : Le mandat
« Al, je vais te tuer. »
« Ca, c'est une approche qui nous plaît beaucoup ! »
Alex se retourna pour accueillir son plus ancien coéquipier.
Les cheveux châtains coupés relativement court, les yeux bleus profondément enfoncés dans leurs orbites, Ben Daniels venait de passer le cap de la trentaine. Employé en même temps qu'Alex au MI6,
Lorsque John lui lança un regard interrogatif, Ian répondit par un haussement d'épaules.
« Je n'ai pas connu cet homme. »
« Pas étonnement. », intervint Eagle d'une voix ironique. « Vous ne savez pas lire ? Apparemment, il a été embauché en même temps qu'Alex au MI6. Donc après votre mort, Rider. N'empêche, Ben est cinglé. Qui voudrait travailler volontairement pour les Opérations Spéciales ? »
Un ange passa, les ailes chargées de gênes. Jusqu'à ce que le jeune soldat se prenne un coup sur la tête, délicate attention signée Wolf. »
il en était parti environ un an après le départ d'Alex pour San Francisco. Ben avait alors fait plusieurs agences avant que son unique sœur ne lui demande de venir s'installer aux Etats-Unis et qu'il ne se fasse embaucher par le FBI.
« Je me demande combien d'agents les Américains nous ont-ils volé. », marmonna Blunt dans sa barbe.
« Je l'ignore mais cela devrait vous apprendre à revoir vos conditions d'embauche. » répondit sèchement John.
Lors de son affectation à Washington D.C. sous les ordres de James Morrison, Ben avait été surpris de retrouver partiellement (puisqu'Alex était un peu plus assidu en cours qu'à l'époque du MI6) l'adolescent blond.
Leur chef d'équipe était un Irlandais quadragénaire. Mattew Woodmark était né au sein de l'Armée Indépendantiste d'Irlande ou IRA et était resté en son sein pendant près de trente ans. Avant d'en laisser la direction à son cousin parce qu'il ne croyait plus aux idéaux de ses jeunes années. Il avait une connaissance approfondie de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des explosifs et les fédéraux américains l'avaient accueilli à bras ouvert. Après s'être assuré efficacement qu'il ne s'agissait pas d'une loyauté de façade, bien entendu.
« Je préfère ne pas savoir comment. », murmura Ash. Qui n'oublierait jamais ce que Scorpia l'avait amené à faire. A savoir, assassiner son meilleur ami.
Leur quatrième membre venait de Floride et, âgé de huit ans de plus qu'Alex, se nommait Donovan Skylight. Donny était un jeune homme élancé, la peau légèrement tannée par le soleil qui 'brillait sans répit dans la plus belle région du monde', selon lui. Il avait été flic à Miami, dans un quartier particulièrement chaud de la ville, où déclencher des incendies et trucider littéralement son voisin trop bruyant faisaient partie des traditions. Tout le monde appréciait Donny. Il était très ouvert, dragueur avec les filles et avait toujours en réserve une histoire drôle ou deux pour détendre l'atmosphère, les longues nuits passées en planque.
Alex observa calmement l'ancien agent du MI6.
« Ca, je crois que cela veut dire qu'il a une idée derrière la tête. Pas forcément un bon signe. », conclut Ian, sourcils froncés.
« Il y a un problème ? »
« Un problème ? Qu'est-ce qui a bien pu te donner une idée pareille ? » demanda ironiquement le plus vieux.
« Euh ? Ton air passablement stressé ? », rétorqua innocemment le blond.
Cet air 'innocent' donnait à Ben plus que la simple envie de le tuer. Il voulait 'étriper' son jeune collègue.
« Il y a déjà beaucoup de monde sur cette liste. Passe ton tour. », firent Drevin et McCain.
Pourtant, il se força à se calmer. Il se pinça brièvement l'arête du nez avant de reprendre une longue inspiration.
« Il y a deux semaines, tu étais en charge du dossier Heinecker, non ? »
« Oh oh. Je ne le connais pas mais je le plaindrais presque. », dit Ian avec sérieux.
« Heinecker ? Tu as travaillé toutes ces années pour le MI6 et tu n'as pas eu connaissance de ce dossier ? » lui demanda John, interdit. « Tu as fait quoi tout ce temps ? T'occuper de la paperasse administrative ? »
Avant que le plus jeune des frères Rider ait pu répondre, Yassen laissa échapper un soupir.
« Laisse tomber, Hunter. Si la chance caractérise ton fils, seul le plus pur hasard a maintenu ton frère en vie. »
Dit sur un ton presque ennuyeux n'empêcha pas l'insulte de piquer au vif.
« Hey, je la mettrais en veilleuse, si j'étais toi, Gregorovitch. Tu ne m'as après tout survécu que quelques mois avant de te faire tuer comme un débutant par ton employeur. »
« On se calme ! », intervint Helen Rider avec autorité. « On se moque de qui est mort et comment. Mais j'aimerais bien savoir ce que devient mon fils qui lui est encore bien vivant ! »
« Hm, c'est moi. Enfin, Maël et moi. Cela devait au départ être une mission en solo mais il avait tenu à m'accompagner. Quelque chose à propos du fait qu'Heinecker soit un vrai psycho, je crois. », expliqua Alex, vaguement.
« De toute manière, Al, même quand une personne n'est pas psychotique à la base, il suffit que tu apparaisses pour qu'elle le devienne. Comme par magie. »
« Pourquoi cela ne m'étonne pas ? », commenta Ian avec frustration.
« Parce que la chose que tu n'as jamais été foutu de lui enseigner est un instinct de préservation de soi. », répliqua le Russe.
John se dit que son ancien stagiaire devait être vraiment énervé car jurer ne lui ressemblait absolument pas. D'ailleurs le Russe reçut plusieurs regards surpris – particulièrement de la part de ses anciens employeurs – qu'il ignora superbement.
« Je suis censé prendre cela comment ? », fit Alex en haussant un sourcil.
« Prends-le comme tu veux. Alors tu expliques cela comment ? », persista Ben.
« Mon charme naturel, peut-être ? »
Le brun ferma un instant les yeux.
« Dis-moi, quel mot emploierais-tu pour me décrire là, à l'instant précis où nous parlons ? »
« Hmm… En manque de sommeil. Excuse-moi, mais là j'ai l'impression que tes yeux vont te sortir du crâne. »
Les mains de Daniels se refermaient de manière réflexive sur le dossier qu'elles tenaient.
« Tu vois Wolf, je savais depuis le début que ce cher Ben souffrait de troubles psychiques. », lança Eagle, avec un grand sourire.
« Alexander ! », prévint une voix nouvelle.
Inefficace, jugea intérieurement Yassen Gregorovitch. Les Rider étaient bien connus pour être maladivement têtus.
Matt et Donny venaient d'arriver dans leur espace de travail commun.
« Où en étais-je ? », se plaignit le pauvre Ben.
Il n'y arriverait jamais.
« Je répondrais volontiers à ton manque de sommeil mais pas sûr que cela soit la réponse que tu cherches. », pipa Alex.
« Et si ce n'est pas de la provocation… », émit Sayle serrant et ouvrant les mains comme s'il aurait aimé les serrer autour du cou du jeune Rider. C'était probablement le cas d'ailleurs.
« Quelle perspicacité ! », commenta Donovan, un petit sourire au coin des lèvres. Il semblait observer leur discussion comme on regarde un match de boxe. Avant de se faire accaparer par leur chef d'équipe, laissant les deux combattants à leur joute.
Ben passa une main sur son visage las avant de reprendre le fil de leur conversation précédente.
« Donc Heinecker, tu ne te serais pas par hasard glissé chez lui avant d'obtenir le mandat de perquisition ? »
« Et les Américains disent que c'est nous qui avons trop de règles ? » demanda John, prenant son meilleur ami à témoin.
« Je ne peux pas dire. Tu n'en respectais pas beaucoup non plus. »
C'était sorti tout seul du fond du cœur. Helen et Jack éclatèrent de rire.
« Si et… ? »
« A Dartmouth, tu as des cours de droit pénal, me semble-t-il.
« Si quelqu'un lui renvoie encore le non-respect des lois à la figure, il risque de le regretter… », avertit Ian, à voix basse.
Et pourtant l'importance d'un mandat a l'air de te passer bien au-dessus de la tête. »
« Disons que cela allait bien plus vite de cette manière. » expliqua le jeune homme pour sa défense.
« Ben voyons. Et pour conduire une voiture, il suffit d'en chiper une au hasard. », dit Helen en levant les yeux au ciel. « Mais que lui as-tu donc appris Ian ? »
Nouveau soupir exaspéré et nouveau pincement de nez.
« Al, ce n'est pas à toi que je vais apprendre qu'il y a manière de faire et manière de faire. »
« Je ne vois pas en quoi ma manière dérange. », répondit Alex, le plus naturellement du monde.
Il adorait faire marcher ses collègues jusqu'au bout. Il savait qu'avec eux il ne risquait pas de se faire littéralement trucider.
« Cà, cela se discute. » firent en chœur les frères Rider.
Quoique… A voir le regard de l'ancien soldat du SAS, il n'en était plus tout à fait sûr.
« Tu vois ? »
D'ailleurs, pour se faire un peu mieux comprendre, ce dernier lui attrapa le bras. Aussitôt, Alex se dégagea brusquement. Ben savait pourtant ce qu'il risquait.
« Syndrome de Stress Post-Traumatique. », énonça la mère du jeune espion avec tristesse. « J'en ai vu pleins dans mon service. »
« Mais, cela se soigne, non ? », lui demanda Jack.
« Oui mais il faut souvent travailler un long moment avec des professionnels sur l'élément déclencheur avant de pouvoir espérer résoudre le problème. Et je doute que Monsieur Blunt ait jamais fait le nécessaire… », répondit Helen en jetant un regard peu amène à ce dernier.
« Hum. Si pendant les deux semaines avant qu'il ne parte pour les Etats-Unis. » se défendit l'ancien directeur du MI6.
« C'est de consulter après chaque mission ou plutôt d'avoir la vie normale d'un adolescent qui lui aurait fait du bien. », intervint Yassen, un regard dangereux fixé sur Alan Blunt.
« Au lieu de çà, il a trouvé judicieux de l'envoyer en mission moins de dix jours après sa blessure par balle au niveau du cœur ! », confirma Jack, excédé.
Seul Ash ne parut pas surpris le moins du monde.
« Il a fait quoi ? » s'écria Helen.
Heureusement qu'ils étaient presque tous déjà mort ou Blunt aurait eu du souci à se faire, ne serait-ce qu'au vu des regards meurtriers qui le prenaient pour cible.
Les premiers mois en cohabitation à Washington – avant que finalement ne commence celle avec Sab – l'avaient assez prouvé. L'homme brun avait plus d'une fois failli se retrouver avec un doigt en moins en tentant de le réveiller d'un de ses cauchemars.
Ceux-ci avaient été récurrents les mois suivants la mort de Jack.
La jeune femme en question ressentit un élan de culpabilité mais la mère du jeune homme en question lui serra la main pour la rassurer.
Clairement, l'adolescent souffrait du Syndrome de Stress Post-Traumatique ou PTSD. Le MI6 à l'époque puis Morrison au début avaient proposé des séances de psychanalyse. Alex n'en avait jamais accepté aucune.
« Alors ? A quoi cela aurait-il servi ? » leur demanda pompeusement Blunt.
« A ne pas risquer de recevoir vous une balle dans la tête. », dit Yassen d'un ton parfaitement et d'autant plus dangereux.
Premièrement, il était on ne peut plus sain d'esprit, si on oubliait ses 'tendances suicidaires' comme s'amusait à qualifier Maël sa manière de résoudre une affaire. Et deuxièmement, même un psy habilité par des Services Secrets n'aurait pu vraiment comprendre, ni même imaginer.
Soudainement, Alex remarqua que le regard bleu n'était plus fixé sur lui mais sur la personne ou la chose qui se trouvait derrière lui. Avant de lever les mains dans la direction pour poser sa question d'une voix exaspérée :
« Dis-moi, tu fais comment pour le supporter ? »
« C'est peut-être lui qui consulte un professionnel. », osa suggérer Eagle. Mais sa blague tomba à l'eau.
Alex se retourna pour voir qu'Ismaël était arrivé derrière lui. Le jeune homme, de trois ans son aîné, avait le teint un peu mate des moyen-orientaux tandis qu'une barbe bien taillée s'étalait d'une joue à l'autre et cachait le demi-sourire qu'il affichait présentement.
« Ce n'est pas vrai… », murmura Levi Kroll.
« Aucune idée. N'arrête pas de me poser la question depuis un an et demi. »
En seule récompense, Ismaël se reçut une gomme sur la tempe. Il se retourna donc vers le gamin de cinq ans d'âge mental qui était accessoirement son coéquipier, les sourcils haussés.
« Et voilà la preuve s'il en fallait une qu'Alex est aussi sain d'esprit que son père. Ce qui ne veut pas dire grand-chose si vous voulez mon avis. »
Le plus jeune des frères Rider fit un mouvement pour éviter la taloche qui le manqua d'un centième de milimètre.
« Pour quoi dis-tu cela ? », lui demanda sa belle sœur.
« C'est évident. », répondit Ash, comme s'il s'ennuyait. « Qui d'autre prendrait un mercenaire comme coéquipier ? »
« Certains mercenaires sont plus fiables que des meilleurs amis. », glissa vicieusement le tueur russe.
Après tout, même Ian dut reconnaître qu'Ash ne l'avait pas volé. Même s'il défendait plus facilement Howell que Gregorovitch en public.
« Quoi ? »
« Absolument rien. Euh, dis voir Mal, tu étais avec moi chez Heinecker, tu peux peut-être répondre aux questions de l'Inquisition. » demanda Alex en désignant Ben pendant qu'il mettait un peu d'ordre sur son propre bureau.
« Lesquelles ? »
L'ancien soldat du Special Air Service pria pour que sa patience reste intacte face à tant de gamineries avant de s'expliquer d'une voix contrôlée.
« Chez Heinecker, il y a deux semaines, vous vous êtes glissés en toute illégalité chez lui avant que l'autorisation de perquisitionner ne parvienne à l'agence, vrai ou faux ? »
« Daniels n'a rien compris ou j'aurais demandé au Conseil Exécutif la permission de les doubler. » soupira John avec incrédulité.
Alex eut le plaisir de voir l'Israélien rouler des yeux.
« C'est une blague ? Un mandat pour Heinecker ? Pourquoi ne pas carrément lui demander d'attester sur l'honneur qu'il ne fait rien de répréhensible ? »
« Exactement. Et s'il le fait quand même, on lui donne une petite tape et on lui fait promettre de ne plus jamais recommencer. », compléta le blond avec une moue ironique.
« C'est cela, Rider. Amuse-toi à çà. Pas sûr qu'après il te reste des mains pour recommencer la fois suivante. », grondèrent plusieurs criminels patentés.
Ben les regarda finalement dans les yeux à tour de rôle avant de leur tourner le dos et de commencer à rassembler ses affaires qu'il avait posées en arrivant ce matin-là sur son propre bureau, sous le regard curieux d'Ismaël et d'Alex.
« Euh, John… Je crois que notre fils fait même fuir ses propres collègues. »
« Euh, Ben, il n'est même pas midi. »
« Eh bien, j'ai décidé de poser une après-midi de congé. », répondit ce dernier d'une voix égale.
« Depuis quand ? »
Ce gamin avait le culot de poser la question, pensa l'ancien soldat du SAS, non sans une certaine affection.
« Ah ! », s'exclamèrent Jack et Helen, victorieuses. « Vous voyez qu'il est très attachant ! »
« Heureusement ! », fit Eagle avant de continuer, penaud, en voyant tous les regards plus ou moins noirs qui fusaient dans sa direction « Bah quoi ? Avec son attitude, on aurait l'impression qu'il se fait plus d'ennemis que d'amis. »
« Ce n'est pas une impression. », contrèrent plusieurs membres de Scorpia.
« Là, tout de suite. La semaine est plutôt calme et je doute que Morrison aura besoin de l'équipe au complet dans les prochaines heures. Et, si c'est le cas, je serai malheureusement injoignable car j'aurai malencontreusement
« Pourquoi a-t-on l'impression que Ben veut dire complètement l'inverse ? » demanda Eagle, tandis que Blunt fulminait.
« S'en aller sans demander son reste en plein horaire de travail constitue une faute grave ! »
oublié mon portable sur mon bureau. », dit-il en les regardant droit dans les yeux avec provocation tandis qu'il posait tranquillement ledit objet audit endroit.
« Et provocateur avec çà ! »
« Hum, j'ai l'impression que non content d'être indiscipliné lui-même, Al déteint sur ses collègues. », fit Ian avec affection.
Avant de s'en aller sans demander son reste.
« Oh, oh… »
« Al, c'est la combientième demi-journée de congé que Ben prend exactement de cette manière ? »
« Pourquoi ? » Il regarda avec surprise son collègue israélien qui haussa un sourcil en réponse. « Je préfère ne pas savoir ce que tu as en tête. »
Maël eut un sourire.
« Si tu étais un objet, tu serais un répulsif. Tu sais, ces produits en bombe que l'on achète dans l'espoir de faire fuir les parasites. »
« Mais c'est un parasite ! », s'exclama McCain sans une once de retenue. « Et croyez-moi je sais de quoi je parle. »
En l'entendant, Jack Starbright se souvint qu'Alex avait fait un petit tour dans son jardin botanique de la mort. Elle frissonna.
« Mal, j'ai dit que je préférais ne pas savoir. »
L'Israélien faillit se cogner contre le bureau en évitant la bourrade semi-affectueuse.
« Kroll ! Rider ! Vous pourriez arrêter de vous comporter comme des gamins de cinq ans ? »
C'était bien cela, pensa Levi Kroll avec atterrement. Son fils unique était devenu le coéquipier du dernier Rider, lignée qui n'avait constitué qu'une épingle dans le pied de Scorpia depuis des années.
Cela aurait pu être une ruse. Mais connaissant le caractère de son fils, l'Israélien en doutait. Non content d'être un militaire plutôt qu'un assassin, Ismaël était d'une nature plus honnête et loyal et il y avait peu de chances qu'il ne s'agisse pas d'une amitié sincère entre Alex Rider et lui.
Combien de temps encore ces collègues du Conseil Exécutif resteraient dans l'ignorance ? Il l'ignorait, mais il avait l'impression que même, il n'allait pas plus apprécier leur réaction que au début de l'Opération Cavalier.
Levi Kroll soupira. N'avait-il pas su que les enfants étaient une faiblesse ?
Leur supérieur venait de débarquer dans l'espace de travail commun. Son regard s'arrêta un instant sur l'un des bureaux, complètement vide.
« Où est Daniels ? »
« Parti en congé journalier. », répondit Alex, pragmatique.
« Comme si ce n'était pas de ta faute, Al », soupira Ian avec exaspération.
« Il ne l'a pas obligé à partir ! », s'insurgèrent Jack et Helen.
Ash, John, Ian et même Yassen partagèrent un coup d'œil entendu. C'était tout comme.
Morrison lui jeta un regard soupçonneux, comme s'il savait exactement pourquoi son cinquième avait déserté l'agence en pleine journée. Avant de pousser un long soupir exaspéré.
« Bien. Ce n'est pas grave, vous ferez parfaitement tous les deux. Nuit de planque devant chez Volkov. »
« Connaissant la tendance à l'hyperactivité de ton fils, Hunter, cela ne sera pas une simple nuit de planque. », fit le Russe, un mince sourire dans la voix.
leur annonça avant de leur tourner le dos sans attendre les récriminations inévitables.
Rider souffla tandis que son collègue lançait :
« Vous êtes au courant que je suis le seul puni dans l'histoire ? Vous avez déjà essayé de mettre un chat sauvage en cage ? »,
« C'est vrai qu'il a l'air de parler d'expérience… »
Comme James ne lui répondait pas, Maël se tourna vers son coéquipier. « Combien de cafés tu as bu depuis ce matin ? «
« Euh… », hésita l'Anglais. « C'est vraiment important ? Parce que j'ai d'autres choses à faire que de les compter, tu sais. »
« Plus aucune boisson ou nourriture sucrée jusqu'à demain matin. », vint la réponse, péremptoire.
Alex leva les yeux au ciel avant de courir après son ami qui s'éloignait.
« Tu veux aussi savoir quelle quantité de Vitamine C j'ai ingurgitée depuis ce matin ? »
« Je te confirme que ton fils a une chance du diable d'être encore en vie, John. »
« Ingérable, c'est exactement le mot qui convient. »
Ismaël se stoppa net.
« Morrison, je risque d'avoir besoin de menottes et de sédatifs. Au cas où. Mais si cela peut te rassurer, ce ne sera pas pour Volkov. »
« Non mais ce n'est pas une manière de traiter son coéquipier. », râla John Rider.
« Moi, je le comprends tout à fait. », pipa Ash avant de recevoir une bourrade amicale dans l'épaule.
L'interpellé soupira. Il y avait vraiment des jours où il avait l'impression de travailler dans une garderie, se dit-il en voyant Rider courser Kroll à travers les couloirs. Et il était père de jumeaux de six ans.
« Pour en avoir côtoyé un tous les jours, je peux affirmer qu'un Rider ne grandit jamais vraiment. » énonça Helen en souriant.
« Hey ! », s'offusquèrent les deux Rider.
Mais Yassen remarqua que les oreilles de son mentor étaient très rouges, signe évident que ce n'était pas tout à fait faux.
