Playlist

« Head above water » Avril Lavigne

« Just my imagination » The Cranberries

« Last hope » Paramore

« Wonder woman » Kacey Musgraves

« Stay with me » Sam Smith

« Leave a light on » Tom Walker

Chapitre n°12

Point de vue de Sacha

Je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit. Voir Aura dans ce lit d'hôpital me rend malade. Ma petite sœur. Pour un grand frère, c'est dur. Je suis très protecteur envers ma famille. Si des gens ne voient pas ça comme une qualité, je ne peux pas débattre sur la question. J'en éprouve la nécessité. Ma famille m'est indispensable. Nous sommes quatre. Je suis allongé sur mon lit à regarder le plafond. Mes camarades de chambre dorment encore. Évidemment, il est six heure et demi du matin et tout à l'heure, on a cours. J'ai regardé mon téléphone toute la nuit. En quête d'un message. Maé m'a envoyé un message à minuit et finalement je n'ai pas reçu de réponse avant six heure ce matin. J'en ai conclu qu'elle a du dormir un peu. Quand à Émile, il m'a envoyé des messages toute la nuit. Sa nuit a été longue. Il n'a pas réussi à fermer l'œil lui non plus. Il est resté près d'Aura. Il m'a dit que les infirmiers ont une nouvelle fois fait une prise de sang. On attend les résultats dans la journée. Je ne sais pas si ce nouvel examen va changer quoique soit. J'essaye de me convaincre que ce n'est qu'une formalité de plus.

Les conversations avec mes frères et sœurs sont de lus en plus fréquentes. Non qu'elles ne l'étaient pas avant. Dans le sens où elles sont plus spontanées. Elles sont plus concrètes. Ils me parlent de tout. Nous avons toujours été proches. Juste que cette période difficile nous rapproche encore plus et nos liens fraternels sont solides.

De nouvelles rumeurs circulent dans l'école. À propos de nous, de ma soeur. Des élèves se posent des questions. Je déteste ça. Certains témoignent de leur soutien, ça me fait plaisir. Raphaël s'est rendu au chevet de ma sœur avec moi. Il a tenu à apporter son soutien. J'ai été touché par son geste. Raphaël est une bonne personne. Je ne dis pas ça uniquement parce qu'il est mon meilleur ami. Je tente de rester objectif. On a grandit en quelque sorte ensemble et je suis confiant pour lui.

Je tape un rapide message à Émile pour lui dire que nous devons prendre du temps pour Aura. Elle va mieux, c'est génial mais je crains les futurs plans de Stormy. Cette sorcière n'a peur de rien. Si elle a envoyé ma sœur à l'hôpital, je n'ose imaginer un autre scénario. Stormy est une sorcière qui n'a peur de rien. Elle est aveuglée par la haine.

Il est encore tôt pour sortir. Je regarde encore une fois l'heure sur la pendule de la chambre, l'aiguille n'a pas bougé. Je décide de sortir de mon lit. Une douche chaude me fera du bien. Je n'arrive pas à me sortir de la tête le visage encore endormi d'Aura. Elle paraissait bien, paisible, loin du quotidien parfois étouffant.

Mon reflet dans le miroir me montre mes cernes dû au manque de sommeil. Je coiffe rapidement mes cours cheveux bruns.

Je descends dans le réfectoire de l'école pour boire un café. Des élèves sont présents dans le réfectoire, certains me saluent. C'est une habitude. Je m'entends bien avec la plupart d'entre eux. Une table est libre, je m'y installe, ma tasse de café brûlante à la main.

La vie est assez compliquée comme ça. Nos vies n'ont rien de facile. Pourtant, notre monde ensoleillé en permanence me manque. Nous avions une vie classique mais rien ne pouvait perturber nos journées ensemble. Seulement, notre mère est partie l'année dernière, notre amie Margaret il y a deux ans et Rose cet été. Plusieurs personnes qui partent en aussi peu de temps est insupportable. Les premiers temps, la nouvelle est impossible à avaler. On ne peut pas penser à autre chose. C'est une obsession. Donc voir Aura à l'hôpital rappelle de vieux souvenirs qu'on essaye d'oublier sauf que c'est pathétique, on ne peut pas oublier ça. Impossible. C'est enregistré dans la mémoire et au fur et à mesure du temps qui passe, ils reviennent raviver la douleur par surprise en deux secondes. Il fallait que l'on reprenne les cours. Se changer les idées d'une part et surtout ne pas laisser tomber ou mettre notre scolarité entre parenthèse. Mon frère et moi avons un emploi du temps aménagé pour suivre des cours de magie dans l'école. Nos baguettes leurs servent moins qu'à Aura et Maé. Nous sommes inscrits à l'école des garçons qui se focalisent sur autre chose que la magie.

Mon regard se perd une minute dans la contemplation de la forêt qui entoure l'école alors que je termine de boire mon café. Ma tasse me brûle les doigts mais c'est la dernière chose qui m'importe.

Mon téléphone me sort de ma rêverie lorsque je franchis le seuil de la porte de ma chambre.

« Aura s'est réveillée » me dit Émile de sa voix rauque.

Attendre sans aucune certitude, ressentir un vide profond est ce qu'il y a de plus désagréable. Mais quand l'espoir ressurgit, tout semble plus lumineux. Plus positif aussi. On reprend gout à la vie au final, ne serait-ce que pendant ce cours instant parce qu'Aura est désormais hors de danger.

Il était temps.

La voix de mon frère résonne dans ma tête. Je menace de laisser tomber mon téléphone sur le sol. Je ne sais pas quoi dire. Je m'assois sur le lit de la chambre mais je me relève aussitôt ne pouvant pas rester en place je fais encore les cent pas. Les larmes passent la barrière de mes yeux. Elles dévalent le long de mes joues. Le soulagement. L'espoir. Depuis une semaine, il semblait s'éloigner petit à petit.

Après une semaine plongée dans le sommeil, ma sœur a enfin ouvert les yeux. Enfin. Mon frère était à ses côtés et apparemment elle lui a sourit. Elle n'a pas oublié qui nous sommes. Je le remercie et raccroche en lui disant que j'arrive avec Maé.

Dans un message, je donne rendez-vous à Maé devant mon école le plus vite possible. Je rassemble rapidement quelques affaires et sort de la chambre. Le couloir est vide. Tant mieux, pas de surveillant pour me demander de ralentir ma course ou me demander des explications sur mon attitude. Je ne compte me justifier auprès de personne.

« Sacha » entendis-je depuis l'extérieur.

Je surgis dehors et cours en sa direction avant de me jeter dans ses bras. Je remarque des traces de fatigue sur son visage et ses yeux sont un peu rouge. Je lui souris doucement afin qu'elle sache que tout va bien. Des paroles apaisantes sortent de ma bouche. Je sens de l'humidité sur mes épaules. Elle pleure. Et moi aussi. Je pleure rarement. Il se trouve que depuis quelques jours, la tension est à son comble. On attend, on veille sur notre sœur et on ne perd pas espoir. Un miracle. Aura a ouvert les yeux. Je lui frotte le dos pour calmer ses larmes. Nous restons ainsi quelques minutes. Je remarque qu'elle tremble légèrement.

« Émile m'a appelé ».

Elle me serre contre elle le plus fort possible. D'habitude, c'est moi qui sert fort mes sœurs et mon frère dans mes bras, au point de les étouffer sans le vouloir mais je m'en fiche. On doit se montrer fort pour nous déjà et pour Aura. Nous avons suffisamment attendu. J'en suis conscient. Ses larmes se calment de plus en plus. Maé me regarde avec un sourire de remerciement sur les lèvres.

Ces quelques mots me font comprendre qu'elle a appris la nouvelle en même temps que moi, je n'ai pas besoin de le répéter mais tant pis, le moment est important alors je le fais quand même.

« Aura s'est réveillée » dis-je doucement avec un mince sourire sur les lèvres.

Ni une ni deux, elle m'invite à enfourcher son balais. Au début, je la regarde un peu surpris car je n'ai pas l'habitude de voler sur un balais. Je le devrait pourtant parce que j'en ai essayé un il y a quelques années mais j'ai perdu la main. Je ne dis pas un mot et suit ses mouvements.

La façade de l'hôpital se dessine à l'horizon. L'air frais me frappe le visage. Je ne vois pas le visage de Maé. Je suppose qu'elle affiche un air neutre pour ne pas attirer les regards. Je sens à nouveau des goutes humides sur mes joues. J'essuie mes larmes rapidement avant d'entrer dans le bâtiment. Son balais disparaît de notre vue grâce à un sort. Je respire profondément. Un coup d'œil entre nous pour nous donner du courage.

Nous demandons le numéro de chambre de notre sœur à l'accueil. L'ascenseur peine à descendre alors nous empruntons les escaliers.

La porte de la chambre est entre ouverte. Émile est à ses côtés, le visage plus lumineux. Il nous sourit lorsque nous entrons. Maé ne cache pas son émotion et moi non plus. C'est un sentiment de soulagement qui envahie la pièce et notre cœur est bien plus léger.

« Tout le monde est là » rit-elle doucement.

« Qu'est-ce que tu croyais ? » riais-je aussi.

Je prends sa main et l'embrasse sur le front. Plus jamais. Je ne veux plus jamais revivre ça. Nous avons eu trop peur. Des tas d'incertitudes, des doutes, des pensées négatives ont traversé nos esprits. Et je ne veux pas que cela recommence. Son bras est plâtré. Des pansements ornent des parties de son corps et une cicatrice a fait son apparition sur le bras droit. Une poche d'hydratation est perfusée à son bras. La voir entre ces quatre murs blancs est étrange. Nous connaissons les hôpitaux pour les avoir fréquenté plusieurs fois mais savoir que notre sœur va bientôt rentrer est un soulagement.

« Je sais ce que vous pensez » murmure t-elle en nous regardant. « Je vous ai fait peur ».

Un silence s'installe dans la chambre. Je ne comprends pas tout de suite ce que veut dire Aura mais rien ne presse. Elle doit penser à elle avant toute chose. Pour le reste, on verra plus tard. Mon frère Émile lève un sourcil. Il ne sait pas quoi répondre, moi non plus d'ailleurs.

Les larmes aux yeux, Aura raconte la suite. Je sais qu'elle souhaite ne pas se montrer vulnérable, pleurer devant nous et elle sait que ça fait mal. Nous l'encourageons. Parler qui fait du bien. Nous ne portons aucun jugement. La voir en vie est une chance, un soulagement.

« Je me suis défendue. Comme j'ai pu. Ça a été difficile » dit-elle en essuyant ses larmes. « Mes sortilèges ne l'ont pas arrêtée pour autant. J'ai peur de ce qu'elle peut faire à l'avenir ».

« Tu as été brillante » dis-je.

Je ne veux pas qu'elle ait des pensées négatives. Pas maintenant. Elle a repris connaissance récemment. Elle a dormi, beaucoup dormi. J'espère qu'elle ne deviendra pas insomniaque suite à ça. D'accord, la petite blague n'est pas terrible. J'arrête.

« Sacha a raison, tu as quand même mis Stormy K.O » répond Sacha.

« Ce n'est pas donné à tout le monde » ajoute Émile.

Un sourire de soulagement se dessine sur les lèvres de notre sœur pour notre plus grande joie. Nous sommes tous les quatre. Plus aucune crainte ni doutes ni angoisse, tout va bien pour elle. Elle reprendra les cours à son rythme et dans un second temps. Je n'ai pas insisté sur le sujet auprès de la directrice de l'école qui me demandait des nouvelles.

« Vous l'auriez battue à plate couture » dit-elle.

« L'important est que tu ailles bien » murmure Maé.

Il est vrai que notre magie est plus puissante que celle d'Aura mais pas moins que Darcy jusqu'à présent. Auparavant, l'affronter n'était pas impossible. Sa magie est de plus en plus complexe. Aura a une puissance magique importante à gérer pour son jeune âge. Nous, c'est une autre histoire. Je ne m'en rends pas bien compte pour être honnête. La magie fait partie de notre vie et nous avons appris à la contrôler et à l'utiliser à bon essieu.

Nous sortons de la chambre d'Aura avec de l'espoir et ça fait du bien de sentir un poids en moins sur les épaules, un soulagement parce qu'elle va bien et ce n'est qu'une questions de jours pour qu'elle sorte de l'hôpital. Un sourire se dessine sur les lèvres de mes frères. Je suis fier d'eux. On va quand même attendre notre sœur pour boire un verre histoire de fêter ça. Ce ne serait pas correcte et je sache cette idée de mon esprit. Nous nous regardons tous les trois avec un sourire. Ça fait longtemps qu'on a pas sourit spontanément. On peut se le permettre. Et j'en suis ravie.

Arrivés hors du bâtiment, nous décidons de rentrer à l'école. Je pense qu'on doit discuter. Discuter de l'influence de ce pendentif. Je me pose des questions. Maé et Émile sont au courant. Ils sont sceptiques sur le sujet. Toutefois, l'influence de la Lune a une réelle importance pour nous. Dès qu'elle est pleine, nos humeurs changent et enfants, nous faisions des bains de lune. Mais là n'est pas le sujet du jour.

Nous sommes tous les trois dans une discussion passionnante quand mon frère lève un sourcil en ma faveur. J'ai raison et il ne veut pas l'admettre immédiatement. Il passe une main dans ses cheveux bruns et souffle, chose qui ne signifie rien de bon. Il ose me rire au nez. Ce que je viens de dire n'est pas drôle et Émile en rajoute. Je les regarde vexée.

« Cesse de me rire au nez ».

« Cesse de lire ces livres ».

Émile et moi reprennons les cours de magie demain et je pense qu'on doit chercher une formule dans un livre ancien pour agir sur le pendentif de ma sœur. Darcy cherche quelque chose mais je n'ai aucune idée de ce que c'est. Si elle recommence ses actions, on ira pas loin. Elle est dangereuse. Je refuse de renvoyer ma sœur et mon frère à l'hôpital, certainement pas ni personne d'autres. Stormy n'a pas pointé le bout de son nez depuis longtemps et c'est tout aussi inquiétant.

« Émile, tu connais le garçon aux cheveux roux depuis le balcon ? » entendis-je Maé en l'indiquant du regard.

« Oui, c'est Timmy. Un mec assez cool. Pourquoi ? ».

« Il ne cesse de me regarder depuis tout à l'heure, c'est un peu gênant ».

« Oh excuse le, ce n'est pas méchant de sa part ».

Elle remercie mon frère et reporte son attention sur notre conversation. Son regard se détourne de lui. Ce type d'interactions me fait rire parce que Timmy a une grande curiosité, maladroite parfois mais ça reste drôle de sa part. Je croise mes bras et tente de garder mon air sérieux sur la conversation. Les choses sont sur le point d'évoluer du fait du réveil d'Aura. Il faut qu'on soit davantage attentif.

Nous parlons du pendentif de ma sœur. Oui, je sais, on avait dit qu'on cessait d'aborder le sujet. Il contient toute sa magie. Il est précieux. En aucun cas, ces sorcières doivent mettre la main dessus. L'énergie magique de Maé, Émile et la mienne sont dans nos baguettes. Sans elles, on n'est pas grand chose. Je ne suis pas certaine de ma théorie mais Ella a sa bague. Comme si les deux objets avaient un potentiel lien et peut-être un rapport logique avec l'éclipse solaire qui a eu lieux il y a deux ans. Nous quatre avions dû faire des bains de lune pour supporter. Ella et ses amies ont rétabli la situation en réparant le pilier de la lumière. Sans lui et les deux soleil que constituent notre monde, les conséquences auraient été différentes. C'était une autre époque. Mais le fait que Stormy s'intéresse au pendentif de ma sœur est surprenant. Cet objet a une grande valeur sentimental. Autant pour ma sœur que pour la famille en général. Il a appartenu à maman et il est revenu à ma sœur. Je ne me sentais pas capable de le garder. Maé et Émile ont approuvé la décision. Depuis, il s'illumine de temps en temps. En fait, dès qu'un danger arrive. C'est pratique dans un sens mais perturbant parfois.

Nous clôturons la discussion, préférant rentrer dans nos écoles respectives. Il commence à être tard et les surveillants vont nous réprimander. Je serre Maé dans mes bras avant de partir avec Sacha.

Le trajet se fait en silence lorsque j'entends un son dans ma poche. Un message. Je le regarderai plus tard.

J'ai des devoirs à faire. Génial. Je ne suis pas enchanté mais sachant que ma sœur va mieux, je ne culpabilise pas. Je lis mes cours en silence, une playlist en guise de fond sonore dans mes écouteurs parce que je déteste le silence.

Personne n'est dans la chambre à part moi. Mes camarades de chambre ont encore cours pendant une heure.

Ma sœur m'appelle. Je décroche et on commence à discuter de tout et de rien. Comme avant. J'ai l'impression que cette semaine a duré plus longtemps, c'était interminable. Entendre sa voix me fait du bien. Elle m'explique que le médecin la laisse sortir après-demain, ce qui est une bonne nouvelle. Elle va pouvoir reprendre le cours de sa vie. Aller en cours n'est pas la meilleure activité du monde parfois, elle aura l'esprit occupé.

« Tu ne dors pas ? » demande t-elle.

« Je peux te poser la même question. Tu es réveillée ».

« Tu me réponds toujours, j'en profite et je m'ennuie dans cette chambre sans âme ».

« Wha, sans âme ? N'en profite pas trop non plus, j'allais dormir ».

« J'aurai appelé Émile si tu n'avais pas décroché. Mais tu me réponds à chaque fois ».

Je ris. Spontanément. Ça fait du bien. Ne pas se poser de question. La remarque de ma sœur me fait rire. Il est vrai que je décroche dès qu'elle m'appelle ou m'envoie un message. Elle m'explique qu'elle a hâte de sortir de sa chambre blanche. Les cours lui manquent un peu. Pour changer de sujet de conversation, je lui raconte mes journées de cours, les cours de sport aussi parce qu'il y a des anecdotes drôles à raconter. Demain, j'ai un examen de self défense. Elle me demande si j'ai peur et je lui réponds que non. Ce sera facile.

« Je sors après-demain » s'exclame t-elle joyeuse.

« C'est une bonne nouvelle » dis-je en affichant un sourire sur le visage.

Je ne la contredit pas en lui disant qu'elle me l'a déjà dit au début de notre conversation. Entendre sa voix est agréable et son rire aussi. L'entendre rire m'a manqué. On discute pendant trente minutes avant de raccrocher.

La porte de la chambre s'ouvre et Timmy passe la tête pour jeter un coup d'oeil. Il ne semble pas au courant de ma présence. J'entends ses pas qui se dirige dans la chambre puis un bruit lourd. Une chute. Je commence à songer qu'il a oublier ses lunettes. Il a une très mauvaise vue et un jour sa maladresse le perdra. C'est attachant chez lui donc on peut le lui pardonner.

« Je n'ai pas vu que tu étais là » dit-il en remettant ses lunettes en place et un sourire s'étire sur son visage en constatant que sa vision est meilleure.

« Tu ne t'ai pas fait mal ? ».

« Non, ça va merci ».

« Un jour, il t'arrivera quelque chose si tu ne mets pas tes lunettes correctement ».

« Je ne cesse de le lui dire » intervient Raphaël en entrant dans la chambre.

La remarque de Raphaël fait sourire ironiquement Timmy. On se moque un peu mais ce n'est pas méchant. Il est maladroit. Ça reste drôle. Un peu enfantin parfois mais il est cool. Timmy le dévisage. Je pouffe un rire censé être discret mais Raphaël éclate de rire. Il pose ses affaires avant de se retourner vers lui.

« Timmy, tu es uniques ».

« Dis moi, qui était la jeune fille avec toi tout à l'heure ? » le coupe notre camarade roux.

« Ma sœur » dis-je en soufflant. « Ainsi que mon autre frère, inscrit dans cette école qui est dans la chambre d'à côté ».

« Comment va ton autre sœur ? Elle est toujours hospitalisée ? » me demande Raphaël sérieux.

« Bien, elle sort de l'hôpital après-demain ».

« J'imagine que tu es soulagé ».

« Nous le sommes tous. Merci d'être venu avec moi la voir ».

« C'est normal » dit-il en me tapant dans la main. « C'est une bonne nouvelle, je suis content pour vous ».

Voyant l'incompréhension qui se lit sur le visage de Timmy, je devine qu'il n'est pas au courant des événements récents. Je lui explique rapidement que ma plus jeune sœur a affronté Darcy et elle a été hospitalisée suite aux blessures sur son corps. Nous étions inquiets à son sujet. Raphaël lui explique à quel point elle a été incroyable. Elle a mis Stormy K.O mais en paye les conséquences. Elle a dormi une semaine et à enfin ouvert les yeux. Timmy soupire de soulagement en apprenant que son état s'est amélioré et que sa sortie de l'hôpital est déjà prévue. Je m'étonne de ne pas le lui avoir dit. Depuis quelques semaines, je suis davantage silencieux et je n'aime pas parler de moi. Il est logique que Timmy soit un peu perdu.

« Avant que tu ne me poses la question, j'ai deux sœurs et un frère ».

« Oh » répond t-il en comprenant mieux. « Famille nombreuse ».

« Et unie » intervient Léo. « C'est famille est incroyable. J'ai appris la bonne nouvelle, ravie pour toi » me dit-il en tapant dans ma main.

Nous discutons quelques minutes et nos autres camarades de chambre arrivent.