Salut !

Merci pour les 301 vues sur cette histoire, c'est un joli chiffre. Merci de la lire et de l'apprécier ! Aussi, dans les chapitres précédents Aura a affronté Stormy et en paye les conséquences. C'était écrit "Darcy" allez savoir pourquoi mais il s'agit bien de Stormy. Cela ne change en rien le cours de l'histoire mais ça a été rectifié, j'espère ne pas avoir oublié des changements.

Pour toutes les playlists de cette histoire et des autres, les chansons sont disponibles dans une playlist Spotify: Toutes y sont répertoriées par chapitre et la playlist est mise à jour régulièrement :)

Bonne lecture ! ;)


Playlist

« Just like you » Louis Tomlinson

« Emergency » Paramore

« Song to say goodbye » Placebo

« I don't want to miss a thing » Aerosmith

« I'm not the only one » Sam Smith

« Happiness » The Fray

Chapitre n°13

Point de vue de Raphaël

Il s'est passé beaucoup de choses. Une semaine s'est écoulée. Sept jours durant lesquels Aura était plongée dans un profond sommeil. Aura a enfin ouvert les yeux, au grand soulagement de tous. Émile était à ses côtés quand elle a repris connaissance. Son état s'améliore au fur et à mesure. Il faut dire que Stormy ne l'a pas loupée. Elle a utilisé des sortilèges puissants. Ses pouvoirs sont de plus en plus complexes. Aura est une grande sorcière pour son jeune âge. Je suis impressionné. Son sang froid, son courage, elle a été exemplaire. Elle a utilisé ses sortilèges avec intelligence et ça a porté ces fruits. Sauf qu'Aura en a payé les conséquences en restant une semaine inconsciente dû à la puissance de la magie noire de Stormy. Elle a été incroyable. Aura a eu un bras brisé et des égratignures sur le corps qui vont se résorber au fil du temps. Reste encore les conséquences psychologiques. Cet affrontement violent l'a marqué. Elle a quand même su trouver les mots justes pour le décrire. Sa mémoire a tout enregistré. C'est impressionnant. Elle se souvient du visage de Stormy, de ses traits expressifs et de la satisfaction qu'elle a eu à la mettre K.O rapidement. Reste à savoir quand elle pourra reprendre son apprentissage de la magie. La connaissant, plus vite elle se plongera dans les livres mieux elle ira. Les livres de magie ancienne ont une grande importance à ses yeux.

Je me suis rendue au chevet d'Aura avec Sacha. Il lui fallait un soutien. Il était vulnérable. C'est mon ami, je me devais de l'aider dans cette période difficile. Voir Aura dormir, respirer lentement, perfusée afin que la douleur ne soit pas une préoccupation a été particulier. Je connais Aura depuis des années, je suis ami avec ses deux frères. On a en quelque sorte grandit ensemble et maintenant on est dans la même école. Il me semblait logique de l'épauler. Voir une jeune fille aussi courageuse allongée dans un lit d'hôpital m'était insupportable. Ce n'est pas ma sœur mais je la connais assez pour savoir qu'elle allait remonter la pente et prouver à tous que ça allait aller. Aura s'est montrée très audacieuse d'avoir affronté Stormy. Soutenir moralement Sacha, Émile et Maé dans cette épreuve était logique.

Je tape dans ce sac de boxe depuis trois quart d'heure. Mes mouvements sont précis et rapides. Du moins j'essaye, je ne suis pas très doué dans cette discipline mais je persiste. Sacha est bien meilleur que moi dans ce sport. Il a la meilleure moyenne de la classe et fait partie avec son frère des meilleurs élèves de l'école avec Léo et moi. Je suis encore surpris. Je travaille dur. Je n'ai pas de facilités scolaires ni eu d'éducation privilégiée. C'est lui qui m'entraine aujourd'hui. Depuis trois quart d'heure, il m'indique les mouvements à faire et les positions du corps à prendre. Sacha m'encourage quand il le faut mais je vois rapidement que mes efforts ne portent pas leurs fruits. Son visage montre une expression sceptique et dubitative.

Depuis deux semaines, j'ai mis un terme à ma relation avec ma copine. Ella et moi ne sommes plus ensemble. Terminé. La nouvelle n'a pas manqué de faire le tour de l'école. Sortir avec une Princesse a des conséquences parfois. Je n'ai pas aimé entendre des rumeurs fausses à son sujet et à mon sujet aussi. Je ne lui ai pas menti. Je ne l'ai pas trompée non plus. Mes sentiments n'ont pourtant pas changé à son égard. Au fond de moi, je le sais. Mon égo m'empêche de le lui dire clairement. Nous sommes ensemble depuis longtemps et les choses changent. C'est ainsi et ça fait mal. Le deuil de sa sœur Rose lui est encore insupportable. Je sais ce que c'est. Le deuil. J'ai perdu ma mère plus jeune. J'en parle peu. C'est quelque chose de sensible chez moi. Et je ne peux m'empêcher de compatir au sort de Sacha, Émile, Maé et Aura. Ils sont seuls dans la vie et ont su remonter la pente de manière exemplaire. Je suis admiratif. Ils sont soudés et peuvent compter les uns sur les autres. Un bel exemple de liens fraternels. Surtout qu'Aura a fait peur à tout le monde la semaine dernière alors forcément, des mauvais souvenirs reviennent à l'esprit. On a beaux les refouler, ils savent comment à nouveau faire partie de notre vie. En une seconde. Ma mère me manque. J'étais jeune à l'époque et mes souvenirs sont indélébiles. Mon tatouage à la cheville droite lui ai dédié.

Pour en revenir à Ella, je sentais que quelque chose n'allait pas. Je l'aime. Elle m'aime. Mais il y a quelque chose. Je n'ai pas décidé si notre séparation est officielle dans le sens où on tournera la page chacun de notre côté le moment voulu ou s'il s'agit d'une pause indéterminée. Pour moi, il s'agit d'une pause indéterminée. Les événements récents sont compliqués. Je me sens d'une humeur mélancolique. Et je pense que prendre du recul est la solution la plus adéquate qui s'impose à moi. Elle me manque. Ses messages le matin, son rire, son sourire, ses baisers, sa présence me manquent. J'espère que l'on aura l'occasion de discuter. Je ne me vois pas rester dans cette situation. Il faut que je sache. J'ai presque hésité à lui envoyer un message ce matin mais ce n'était pas une bonne idée.

La prise de parole de Sacha me sort de mes pensées. J'ai trente six pensées différentes dans la tête. Il semble ne pas savoir quoi faire, un peu dépité d'après le ton de sa voix rauque.

« On va arrêter pour aujourd'hui ».

Je pose mon regard sur Sacha. Je suis surpris. J'étais concentré sur mes mouvements. Je respire rapidement et enlève les gants de boxe. Sacha me tend une bouteille d'eau que j'avale jusqu'à la moitié. Mon regard se pose sur lui, ne sachant pas quoi dire non plus. Des gouttes de sueur dégoulinent sur les joues, comme si je pleurais. Je les laisse couler.

« Pourquoi ? ».

Je le regarde étonné. Cet entraînement n'est pas le meilleur je le lui accorde mais j'ai fait un effort. Avec tout ce qu'il se passe ces derniers temps, j'ai besoin de me changer les idées. Mon cerveau est en train de me faire comprendre qu'il est temps de faire une pause. Stop. Je jette mes gants de boxe au sol. Sacha me regarde sans savoir quoi dire. Je le comprends. Les mots ne veulent pas sortir de ma bouche. Ils restent coincés dans le fond de ma gorge. Sa réponse ne tarde pas.

« Tu n'es pas concentré ».

Je ne cherche pas à répondre, il a raison. Je ne veux pas l'admettre immédiatement. L'ego. Et le refus de le dire à voix haute.

« Je... » commençais-je en soufflant et en m'essuyant le visage avec une serviette.

Je refuse de reconnaître que ça ne va pas. Mon tempérament à ne pas admettre certaines choses me perdra.

Ella me manque et je ne sais absolument pas comment recoller les morceaux entre nous. C'est moi qui ait décidé de la quitter. Je l'ai regretté à la seconde où je lui ai dit que notre histoire était finit. Pourtant, c'est contraire à ce que je ressens. Il me fallait une pause. L'ignorer n'aurait pas été correcte. Ne pas lui dire directement aurait été lui mentir. Je me devais d'être honnête. Mais qu'est-ce-que je fais si mes sentiments envers elle sont encore présents ? Je me voile la face ? M'expliquer auprès d'elle est-il une bonne idée ? Je ne sais pas.

Des tas de questions me restent dans la tête. Impossible de m'en défaire. Ce sont les deux semaines les plus longues de mon existence. Et ce n'est pas une blague. Ella et moi avions une relation basée sur la confiance mutuelle. De temps en temps, la jalousie prenait le dessus et je m'en voulais à chaque fois alors les excuses ne tardaient jamais. Je me suis toujours justifié parce que les disputes inutiles me fatiguent et elle m'a promis de travailler sur sa jalousie.

Sacha me regarde sans rien dire. Je n'ose même pas prendre la parole. Le sentiment de culpabilité. Je le connais en ce moment celui-là. Il dois me laisser me débrouiller. Mais c'est mon ami et il doit se montrer juste à mon égard. Il ne porte pas de jugement. J'ai beaucoup de chance de le compter parmi mes amis les plus proches.

« Je sais » murmurais-je finalement.

Je détourne mon regard de Sacha et me dirige vers les douches des vestiaires. Il me faut du temps. Réfléchir. Faire le vide dans mon esprit. Peut-être que me concentrer sur les cours me fera oublier mes sentiments. Réflexion ridicule puisque je ne peux pas refouler ce que je ressens pour Ella. Ce serait renier notre jolie histoire. Histoire qui est finie. C'est moi qui l'ai décidé.

L'eau chaude de la douche me détend. J'oublie le reste quelques minutes et honnêtement, ce n'est pas plus mal. Sauf que c'est hypocrite, j'y pense tout le temps. Ces deux semaines sans elle est interminable. Je ne pensais pas ressentir ça. Pas maintenant en tout cas, je suis timide avec les filles. Bref.

Dans les couloirs qui mènent aux chambres, je constate que des élèves discutent entre eux. J'en salue quelques uns en passant. Une habitude. J'ai la chance de m'entendre avec la majorité des élèves de l'école. Beaucoup d'entre eux me classent parmi les « populaires », ceux qui sont entourés, qui réussissent tout et sont soient arrogants ou sympathiques. Je déteste les étiquettes. Je suis un élève discret, respectueux des autres, sérieux et qui ne prend aucun parti. Mes amis sont les mêmes depuis des années à savoir Léo qui est le plus proche car on vient du même monde. Je m'entends très bien avec Sacha et Émile, on a grandit ensemble. Je les connais depuis quasiment le début de ma relation avec Ella. Ella étant la meilleure amie d'Aura qui elle-même est la sœur de Maé, de Sacha et d'Émile. Logique.

Mes camarades de chambre sont silencieux. Je ne m'en étonne pas. La nouvelle a circulé dans l'école et personne ne me demande mon avis. Je ne suis pas non plus prêt à entendre des commentaires à ce sujet. C'est privé. Je suis juste plus silencieux que d'habitude. C'est à moi de régler cette histoire, à personne d'autre.

Je dépose mes affaires sur le bureau, choisi un livre de ma bibliothèque et commence à le lire une fois installé sur le lit.

« Tu n'as pas quelque chose à nous faire partager par hasard ? » me demande Riven, le dos appuyé sur le lit d'en face.

Je réussi à voir son sourire en coin. Parfois, il peut être bienveillant et compréhensif et le lendemain arrogant. Là, il est arrogant. Je ne veux pas m'étendre sur le sujet. J'ai aimé Ella. Je l'ai vraiment aimée. Nous sommes en pause.

Les regards de mes autres camarades de chambre sont rivés entre lui et moi. Je déteste ce type d'interactions. Ils n'osent pas intervenir. Le silence règne dans la pièce. Je peux me débrouiller seul mais ce soir, ce n'est pas le moment de le faire. En aucun cas, je ne veux attirer d'ennuis et puis en plus il est tard.

« Que veux-tu savoir Riven ? » répondis-je en levant la tête de mon livre et en enlevant mes lunettes. J'en porte pour lire et lorsque mes yeux sont fatigués.

Ce type d'échanges ne doit pas durer longtemps. Il va continuer à me poser ses questions en prenant un ton sarcastique. Il va ensuite vouloir des détails et honnêtement, je ne tiens pas à développer ce que j'ai sur la conscience.

« Que s'est-il passé entre vous ? ».

« Tu n'as pas entendu les bruits dans les couloirs ? Il me semble qu'il n'y a rien à expliquer et ça ne te regarde pas Riven ».

Je lui lance un regard noir et ça ne semble pas le faire taire. Je ne tiens pas à en discuter davantage.

Léo a compris le malaise qui s'installe depuis dix minutes. Rien de plus à dire. Il remarque mon embarras face aux propos tenus par notre camarade aux cheveux rouge. Je ne dis rien. Il avance vers moi mais Riven le menace du regard. Me justifier ? Encore ? C'est donc tout ce qu'il souhaite ? Je me pose sincèrement la question mais il n'y a aucune réponse à donner. Comme si tous les bruits de couloirs ne suffisent pas à égayer sa curiosité malsaine. Ça me rend fou.

Il veut savoir la vérité ? Une Princesse ne peut s'intéresser à un homme comme moi, sans statut social. J'ai été le premier étonné lorsque nos yeux se sont croisés la première fois. Au début, je n'ai pas mesuré l'ampleur que cela allait prendre. Nos sentiments. D'abord, les miens. J'ai été charmé tout de suite par son sourire et son rire. Elle a un rire communicatif. Sa beauté ne m'a pas laissé indifférent. Sa beauté intérieure est incroyable. Ella a les pieds sur terre et d'autres qualités dont il serait trop long de toutes les énumérer. Ella a supporté mon mensonge avec Léo au sujet de notre échange d'identité lors de notre première année d'étude. Pour débuter une relation, ce n'est pas malin ni sain. Notre couple a pourtant tenu. Ensuite, lorsqu'elle a été transformée en créature visqueuse deux ans plus tard, mes sentiments ont évolué. Ils n'ont pas cessé d'augmenter. Et je le lui ai dit. Pour la première fois de ma vie, j'étais sûr de mes sentiments envers une fille. C'était un moment incroyable et je suis assez fier d'avoir pu le lui dire en face. Nous étions honnêtes. Sincères et amoureux tout simplement. Elle est si différente des autres filles et des autres Princesses. Ella a un grand cœur, une âme incroyable. Donc il est clair que mes sentiments sont très forts. Encore maintenant. Comme quoi, je ne suis pas capable de tourner la page. Nous n'avons eu aucun contact depuis deux semaines et ça me fait mal au cœur.

« Je suis désolé » dit Léo à voix haute.

Je suis surpris qu'il prenne la parole. Personne ne prononce un mot et ce silence devient pesant. Riven a gagné, il a touché un point sensible chez moi. Celui qu'il ne faut pas évoquer devant moi. Ma copine. Nous avons nos histoires. Je ne me mêle d'aucune histoire de mes camarades de chambre. Sauf que le côté arrogant de Riven a pris le dessus.

« Que tu doives supporter les rumeurs dans les couloirs. Désolé que tu doives te justifier. Désolé du comportement de Riven à ton égard » continue t-il.

« Ne... » dis-je en laissant les bras tomber le long de mon corps sans savoir quoi dire.

Les larmes. Voilà. Elles me montent aux yeux et il est préférable pour moi de faire un tour dans les couloirs et peut-être dehors. J'ai besoin d'air. Il me faut de l'air. Je remercie Léo du regard et pars en direction des couloirs. Notre camarade aux cheveux rouges ne me regarde pas. Tant mieux. Ma réaction coupe court aux réflexions des autres.

Je marche rapidement. Cent cinquante questions me traversent l'esprit. C'est trop. J'ai mal à la tête. J'ai mal au cœur. Rien ne va. La pleine Lune est de sortie. Les effets de la Lune ont des répercutions sur moi. J'y suis sensible. Mes nerfs sont mis à rude épreuve ces derniers temps et je pense que ça soit cesser. Maintenant. Je ne prête aucune attention à une autre personne potentiellement présente dans les couloirs, à errer comme une âme en peine. Triste constat.

Dehors, l'air frais de la nuit me frappe le visage mais me fait quand même du bien. Être seul me permet de ne plus supporter les remarques sarcastiques et déplacées de Riven. Qu'il peut être insupportable parfois. Je ne veux pas le détester. J'ai autre chose à faire mais je vais l'ignorer un moment. Il doit prendre conscience que ce type de comportement n'est pas tolérable. Et qu'il risque de se retrouver seul s'il ne change pas. De plus, il me semble que l'on a un entrainement ensemble dans deux jours. Ça tombe mal.

Je suis interrompu par un message d'Aura. Je suis étonné de recevoir un message de sa part. Elle se repose. Je préfère la laisser tranquille. En lisant son message, je suis presque ému parce qu'elle me remercie d'avoir épaulé ses frères et Maé pendant son hospitalisation. Je connais Aura depuis des années, je me devais aussi de la soutenir dans cette période compliquée. Je lui ai rendu visite deux fois et je me suis dit que des fleurs et un mot à l'intérieur du bouquet était une attention acceptable. Je réponds à son message en lui disant que c'était normal et qu'elle n'a pas à me remercier tout en lui souhaitant un bon rétablissement. Elle pourrait être ma sœur alors il est normal de compatir.

La nuit a été horrible. Je n'ai pas beaucoup dormi. Ella me manque. Mais je ne perds pas de vue les études. Je veux m'y plonger plus sérieusement. Non seulement, ça va m'occuper l'esprit et je ne veux surtout pas me laisser envahir par mes émotions. Le moment est mal choisi. Le cours de ma vie ne doit pas s'arrêter à cause de mes sentiments envers une fille. Et quelle fille, une Princesse. Une Princesse incroyable. Et voilà. Ça recommence. Les larmes me montent aux yeux alors je respire doucement afin de les refouler. J'y arrive. Il est rare que je me laisse submerger par les émotions. Je suis sensible. Avant, je le cachais. Par pudeur peut être je ne sais pas. De toute façon, j'ai échoué. Voilà. C'est dit. Sans Ella dans ma vie, je ne suis qu'à moitié complet. C'est très étrange. Jamais une fille ne m'a fait tourner la tête. Mes sentiments se mélangent. D'un côté, je culpabilise d'avoir mis un terme à notre histoire et d'un autre côté, cette pause me fait clairement comprendre que je tiens à Ella.

Je sors de ma chambre sans faire de bruit. Mes camarades de chambres ont commencé les cours depuis une heure, les cours de sport sont programmés tôt le matin j'ignore pourquoi, pour la moitié et le reste commence dans une heure. Il est huit heure.

Je marche dans les couloirs de l'école jusqu'à mon casier. En général, les matinées sont réservées aux cours théoriques et à la pratique ou alors au sport l'après-midi. Je range des affaires dans mon casier. Un tri s'impose.

Un petit courant d'air m'interpelle. Il ne peut s'agir que d'un petit être. Je pense connaitre son identité et un mince sourire se dessine sur mes lèvres.

« Je peux savoir ce que tu fais ici Léa ? » dis-je dans le vide.

La minie fée apparait devant mes yeux, la mine triste. Ses yeux se baissent automatiquement. Je connais Léa depuis longtemps. Je suis étonné qu'elle soit aussi timide en ma présence. Elle se gratte l'arrière de la tête comme pour chercher gagner quelques secondes avant de prendre la parole. Elle ne sait pas quoi dire. J'attends. Je lui laisse le temps de dire quelque chose. Je ne lui en veux pas. Elle est discrète parce que peux de minies fées viennent dans l'enceinte de l'établissement. En général, les autres élèves des écoles voisines ne viennent pas. Non pas que ce soit interdit mais il faut quand même une autorisation.

« Je suis désolée ».

Je la regarde intrigué, ne comprenant pas le sens de sa phrase. « Désolée » de quoi ? C'est moi qui ait quitté Ella. Léa n'a rien avoir, personne. Et elle ne doit pas être ici. Les surveillants peuvent la voir et je ne veux pas qu'elle ait des ennuis.

« C'est ma décision » dis-je doucement.

Elle hoche la tête. Elle ne souhaite pas discuter davantage ? Quelle est la raison de sa présence ici ?

« Je t'aime bien » dit-elle en ouvrant ses petits bras.

Sa réaction est adorable. Je ne pensais pas qu'elle m'appréciait autant. Léa a une spontanéité qui m'étonnera toujours. Ceci dit, elle a raison. La sonnerie retentit dans le couloir. Les cours vont commencer. Les élèves commencent à descendre les escaliers.

« Moi aussi » dis-je en souriant.