Hello hello ! Comment allez-vous ? Bientot les vacances et... Halloween !
Oui je suis assez hype pour cette saison (et Noel aussi :p)
Bref, voici la suite de la fic... Avec une novuelle dynamique
ENJOY
Clarke.
Elle tourna la carte parme aux liserés argentés entre ses doigts, la fixant depuis quelques minutes maintenant. Tant de choses y étaient rattachées, de bonnes comme de mauvaises. Elle soupira alors et reposa son menton sur sa main, cette dernière accoudée à son bureau.
« Et merde… » murmura-t-elle pour elle-même.
Puis l'on toqua à sa porte et elle sortit aussi vite de ses pensées qu'elle y était entrée « Oui ? »
« Clarke, on a besoin de toi. »
« J'arrive. »
Elle se leva, enfila sa blouse, s'attacha les cheveux en un chignon approximatif et finit son café en une gorgée.
« C'est quoi le problème ? »
« Accident de bus sur la nationale. On nous amène une dizaine de cas. »
« Gravité ? »
« De la simple coupure à… de possibles amputations. »
« Génial. »
« Tu croyais tout de même pas que t'allait t'en sortir comme ça hein ?! »
« La ferme Kowalski. »
« Ta garde se termine ce soir non ? Il fallait bien qu'on t'occupe. »
« Super, j'en rêvais. »
Clarke se posta devant la porte des urgences, attendant comme les autres médecins, l'arrivée des ambulances. Puis les lumières apparurent au loin et l'excitation envahit Clarke, comme à chaque fois que de nouveaux cas se présentaient à elle.
Elle prit le premier cas, une jeune femme d'une vingtaine d'années portant une minerve. Elle prit le brancard et accompagna les ambulanciers vers un lit disponible, puis elle commença les premiers constats et soins.
« Mademoiselle, mademoiselle, regardez-moi. »
La jeune fille, visiblement sonnée, regarda partout, paniquée, avant d'accrocher le regard de Clarke « Je… Ou… »
« Vous êtes à l'hôpital. Votre car à eu un accident. On va prendre soin de vous. » sourit la jolie blonde.
Une rude journée l'attendait encore aujourd'hui.
La journée fut rude et surtout longue, très longue. Lorsqu'elle eut enfin le loisir de s'asseoir, ce fut plus de 8 heures après avoir quitté le fauteuil de son bureau. Elle s'accouda à ce dernier et se massa doucement les tempes en soupirant : cet accident de car avait fait pas mal de dégâts et avait amené des dizaines et des dizaines de blessés.
Elle ouvrit son tiroir et sortit un dossier qu'elle consulta avant qu'on ne toque une nouvelle fois à la porte « Entrez. »
« Je ne te dérange pas ? »
Clarke sourit et soupira « Au contraire, j'aurais bien besoin de distraction… agréable. »
« Hm, je vois… »
La jeune femme, une belle brune châtain clair s'approcha alors et s'assit sur les genoux de Clarke, entoura son cou de ses bras « Rude journée hein… Ce car ne nous a pas laissé de répit. »
« Tu l'as dit… Un petit remontant ? »
« Si tu savais… » Clarke l'attrapa par la taille et la pressa contre elle « Embrasse-moi. »
« Avec plaisir Docteur Griffin ! »
« Pas encore… »
« Dans quelques mois tu seras officiellement docteur en médecine, mais tu bosses comme si tu l'étais depuis des années. Tu n'as clairement pas volé ton titre. » Puis elle l'embrassa langoureusement « Hâte de rentrer à la maison. »
« Ouais… »
La jeune femme se tourna et trouva la carte aux rebords argentés dans le tiroir « Qu'est-ce que c'est ? »
« Oh rien… C'est juste… C'est rien. »
La jeune femme prit la carte dans sa main « Hm… Une invitation ? »
Clarke reprit la carte et la mit dans un tiroir avant de retourner son attention vers sa compagne « On rentre ? »
« Avec plaisir. »
Clarke n'avait pas à se plaindre de son style de vie : avec un salaire honorable de médecin, elle s'était payée, en économisant un peu, un bel appartenant en plein New-York, sur deux étages avec un toit terrasse donnant sur Central Park que beaucoup pourrait lui envier. Elle avait travaillé dur pour ce résultat et n'était en rien timide sur sa réussite.
Ses parents étaient fiers et ses premiers fans. Clarke avait entamé sa première année de médecine comme un véritable combat qu'elle se devait d'affronter à bras-le-corps. Et depuis, 6 ans plus tard, elle était en passe de le gagner.
« Tu veux manger quoi ce soir ? »
« Aucune idée. Pas envie de cuisiner… Pizza ? »
« Pizza, ça me va. » sourit sa compagne.
« Niylah ? »
« Hm ? »
« T'aurais pas vu mon sac de sport ? »
« Tu vas t'y remettre ?! »
« Je me suis empâtée… » lança Clarke d'une moue boudeuse.
« Montre-moi ça. » lança la jeune femme qui s'approcha d'elle en releva son T-shirt et en caressant son ventre et ses hanches :
« Hm… J'apprécie l'esthétique moi. »
Clarke haussa un sourcil « Sérieusement ? Tu pouvais pas juste dire : non chérie, tu es toujours aussi svelte ! »
« Non, chérie, tu es toujours aussi svelte. » répéta Niylah en un grand sourire « Tu es magnifique. »
« Mais bien sûr. »
« Au fait, c'est bien ce week-end qu'on va chez tes parents ? »
« Yep. Le rendez-vous trimestriel. » railla la jolie blonde
« Arrête, tes parents sont adorables. »
« T'as pas toujours dit ça, surtout de ma mère. »
« C'était au début de notre relation et ta mère me testait, comme toutes les mères. »
« Tu parles… Ca fait deux ans et elle s'amuse toujours à faire des pics ici et là. »
« C'est normal. T'es sa fille, elle te protège. »
« J'ai 25 ans, il serait temps qu'elle me lâche un peu. Elle a Madi pour pouponner. »
Niylah gloussa « Elle ne va pas sur ses 17 ans ? »
« Ca reste un bébé. » bougonna Clarke
« Bien sûr. » sourit sa compagne.
Et quand l'heure du coucher vint, Niylah se blottit auprès de Clarke.
« Hey… »
« Hm ? »
« Qu'est-ce que tu as ? »
Clarke se tourna vers elle, et fronça les sourcils « Comment ça ? »
« Je te sens contrariée depuis quelques jours… »
« Oh tu sais ce que c'est… Le boulot… »
« Huh huh, tu oublies que je commence à te connaitre. On bosse dans le même hosto, ça fait près de 3 ans maintenant… Est-ce que ça à un rapport avec cette invitation que j'ai vu ? »
« De quoi tu pa… » Clarke soupira « C'est rien… »
« Vraiment ? Ca fait deux fois que tu me réponds ça et j'ai pourtant que c'est tout le contraire. »
Clarke se défit des bras de sa compagne pour lui tourner le dos. Niylah fronça les sourcils « Hey… »
« J'ai sommeil, rude journée… »
La jeune femme sut alors que la conversation était finie et soupira avant de s'allonger contre le dos de sa compagne. Clarke était ainsi : elle n'était pas expansive, toujours sur la défensive sentimentale. Elle avait eu du mal à gagner sa confiance et encore plus son cœur, mais elle avait réussi et depuis deux ans maintenant, elles étaient heureuses.
Clarke parlait peu de sa famille. Elle avait mis du temps avant de la présenter à ses parents et sa petite sœur. Pourtant, ils étaient charmants : maman médecin papa ingénieur et une petite sœur prête à entrer dans une école d'art. Niylah avait été acceptée presque tout de suite au sein des Griffin et les choses étaient pour le mieux. Malgré tout, malgré tout l'amour qu'elles avaient l'une pour l'autre, malgré la confiance et le bonheur qu'elles entretenaient, Niylah avait toujours senti une part d'ombre chez Clarke. Une part qu'elle n'avait jamais pu, ne serait-ce, qu'entrevoir. Et cela l'attristait, mais elle n'en fit jamais part à Clarke. Elle ne voulait pas la pousser, car elle savait qu'elle se refermerait comme une huitre.
Elle imaginait que cela avait à voir avec une période de son passé dont elle ne voulait parler. Pourtant, Madi avait un jour laissé échapper un indice, sur des étés passés dans un camp de vacances… Période qui, visiblement, avait marqué les deux jeunes filles. Mais lorsqu'elle évoquait avec elle ces moments, Clarke restait évasive en disant que c'était une période « sympa mais passée ».
Et, aujourd'hui, elle imaginait aisément que cela avait aussi à voir avec ce petit carton parme et argenté. Peut-être qu'elle pourrait en savoir plus lors de leur week-end chez les parents de Clarke.
En attendant, elle ferma les yeux et se laissa aller à la fatigue de la journée, non sans que ses pensées ne soient agitées dans la nuit.
« Ma chérie ! »
« Maman… »
« Mon Dieu, tu as l'air exténué ! » lança Abby, l'air concerné.
« Charmant, moi aussi je te trouve magnifique. » gloussa Clarke.
Abby lui caressa la joue « Clarke, tu te tues au travail… »
Clarke hoqueta « C'est l'hôpital que se fout de la charité, non ? Maman, tout va bien. » assura Clarke.
Peu convaincue, Abby laissa quand même couler et accueillit Niylah en lui signifiant d'un regard qu'elles devraient en parler plus tard.
« Comment vas-tu ? »
« Bien. On a eu une rude semaine… »
« J'ai entendu parler de cet accident de car… »
« Oui, plutôt chaotique. Ca va nous faire du bien de passer un moment ici. »
« Entre. Jake et Madi sont partis faire les dernières courses… Rôti de dinde et légumes, ça vous va ? »
« Parfait. »
Clarke déposa sa veste et son sac dans l'entrée avant de se poser près de la cheminée, son endroit favori de toute la maison. Elle avait grandi ici, ses parents n'avaient jamais déménagé. Elle se souvenait avec tendresse de tous ses noëls où elle décorait cette cheminée pour que le père noël ait une belle entrée. Elle attendait fébrilement l'arrivée du vieux barbu jusqu'à s'endormir et que son père ne la ramène dans son lit.
« Tu veux de l'aide pour quelque chose ? » proposa Niylah à Abby
« Il faut mettre la table si tu veux. »
« Ok. »
Abby s'approcha de sa fille « Clarke ? »
« Hm ? »
« Tu m'aides en cuisine ? »
« Avec plaisir. »
Elles entrèrent et Clarke sentit un doux fumet de rôti, la spécialité de sa mère. Elle avait rarement gouté une dinde aussi bien cuite et ce plat était devenu un véritable rituel.
« Tu peux me m'éplucher les carottes ? »
« Yup ! »
La jolie blonde s'exécuta et pendant un bref instant elle crut que cette préparation en était vraiment une, jusqu'à ce que…
« Alors… Dis-moi… Tu la reçus aussi n'est-ce pas ? »
Et voilà, c'était à prévoir… Enne aurait dû le voir venir à des kilomètres. Mais sa mère était comme une toile d'araignée dont on ne pouvait s'échapper. Elle leva les yeux au ciel, mais ne répondit rien. Si elle restait muette, peut-être que sa mère finirait par lâcher l'affaire ?
« Alors ? »
« … »
« Clarke… »
« … »
« J'imagine que ton silence vaut toutes les réponses du monde. »
Et merde, décidément, elle était implacable et impitoyable. Clarke soupira alors et posa son couteau pour se tourner vers sa mère « De quoi tu parles ? »
« Tu sais très bien de quoi je parle. »
« Ok, ok… Je l'ai reçu, évidemment. »
« Et c'est ce qui te contrarie ? »
« Pas vraiment. Je te l'ai dit : rude semaine. »
« Il semblerait que, ces derniers temps, ta vie se résume à ce genre de semaines, non ? »
« Y'a des moments plus compliqués que d'autre. T'es bien placée pour le savoir… »
« Je sais. Et je sais à quoi ressemble ce genre de fatigue et toi ma fille, tu n'es pas atteinte que de cela. »
« … »
« Ca va avec Niylah ? »
« Oui, évidemment ! »
« Hey tout doux…Je vois que le sujet te met toujours sur la défensive. »
« Quel sujet ?! »
« Tu sais de quoi je parle. As-tu répondu ? »
Clarke allait répondre quand la porte de l'entrée s'ouvrit et une voix masculine résonna « C'est nous ! »
Clarke esquissa un sourire de politesse, avant de quitter la cuisine pour retrouver son père et sa sœur « Hey ! »
« Hey, voilà la plus belle ! Et encore une fois nous sommes à la bourre ! »
« Clarkie ! »
« Hey microbe ! »
De microbe, Madi n'en avait plus vraiment l'air : elle était devenue une jeune fille sûre d'elle, belle, polie et surtout douée. Elle était aussi grande que Clarke et elle avait, à l'instar de sa sœur, coupé ses cheveux jusqu'aux épaules. Elle finissait cet été sa dernière année au lycée avant d'entrer dans une école d'art réputée de New-York. Sa passion ? La photographie. Elle se spécialisait dans les paysages et les animaux. Bien sûr, le dessin restait son passe-temps favori mais la photo... C'était autre chose. Elle avait déjà fait quelques expositions au lycée et dans quelques galeries, notamment pour son travail de photographie dans l'hôpital de sa sœur où elle était venue photographier les enfants. Les professionnels disaient qu'elle avait un don, qu'elle était très douée. Elle avait déjà quelques contrats en attente et s'imaginait déjà ouvrir sa propre galerie dans les prochaines années.
« Comment tu vas ? »
« Ca va. Un peu fatiguée, mais cette soirée va me faire du bien. »
Madi sourit et embrassa Niylah « On a ramené le dessert ! »
« Génial ! »
« A table ! » lança Abby.
Et la conversation tourna largement autour de la fin des études de Madi. L'été approchant, elle avait réussi à décrocher un stage dans son domaine. Puis le sujet se tourna vers les patients les plus improbables que Niylah et Clarke aient pu croiser durant la semaine.
« Quand on veut on peut… » conclut Niylah lorsqu'elle énuméra les divers objets qu'un enfant pouvait se mettre dans le nez : des petits pois en passant par des billes, des pailles et, récemment, des Legos.
« Jamais mes filles n'ont eu ce besoin de se mettre des choses dans le nez. Je me demande bien à quoi pensent les parents aujourd'hui. »
Clarke gloussa « Oh tu sais, c'est juste parce qu'on trouvait bien d'autres choses à se mettre ailleurs… »
« Clarke ! » s'offusqua Abby. Mais tous éclatèrent de rire « Madi, stop. »
« Oh maman, arrête, j'ai 17 ans, plus onze. » lança Madi en levant les yeux au ciel.
« Peu importe, je ne veux pas qu'on parle de ça… »
« Oh mais maman, tes filles sont grandes tu sais, pour ce genre de… chose. »
Abby écarquilla les yeux avant de fixer sa petite fille puis de secouer la tête : non, elle n'était décidément pas prête à laisser partir sa deuxième fille au pays des adultes.
« Au fait frangine, comme ça va avec ton copain ? James ? »
« Luka. » répondit Madi en la fusillant du regard « Tout va bien. »
« Bon, passons à autre chose, s'il vous plait ! » rétorqua Abby tandis que ses filles ne cessaient de se lancer des regards complices. Après le repas, comme à chaque fois qu'elles venaient visiter Abby et Jake, Niylah aidait Abby à tout ranger en cuisine, tandis que Clarke passait un moment avec son père. Abby avait toujours envié leur complicité. Mais depuis quelques années, Abby en avait pris son parti.
Ainsi, Jake et sa fille étaient assis près de la cheminée, fixant l'âtre vierge de buches deluis des
« Alors chérie, comment tu vas ? Ca fait un moment qu'on a pas eu de tes nouvelles… Tu sembles te plonger plus encore dans le travail. Je ne pensais pas cela possible mais, j'ai l'impression que tu bosses plus que ta mère. »
Clarke gloussa « Ouais, j'aime un peu trop mon travail parait-il. »
« Ne te perds pas dedans. »
Cette remarque étonna Clarke qui se tourna vers lui « Comment ça ? »
« N'oublie pas que tu es avant tout une femme, avant d'être un médecin. Ta mère avait ce travers aussi. Et, je ne te l'ai jamais dit mais… Notre couple était en danger avant et après ta naissance. »
« Papa… »
« Non, non écoute. Je… J'adore Niylah, c'est une femme adorable et je ne remets absolument pas votre couple en question. »
« Mais ? »
« Mais ça ne m'étonne pas que tu te sois mise avec un autre médecin. » sourit-il « On n'imaginait pas comment tu aurais pu faire autrement… »
« C'est-à-dire ? »
« Clarke, sois franche : quand es-tu sortie pour la dernière fois. Je veux dire, resto, ciné ou juste prendre des vacances… »
« Nous allons au resto avec Niylah ! » s'insurgea la jeune femme.
Jake sourit tristement « Comprends-moi, je ne veux simplement pas que tu te perdes. »
Clarke sourit « Tu ne vas pas me perdre papa. Je suis heureuse. J'aime ce que je fais. J'ai toujours voulu cela. »
« Je sais, je sais. »
« Papa, je ne sais pas si c'est maman qui te fait dire ça mais… Tout va bien, ok ? »
Jake la fixa et soupira « Tu la reçus ? »
La belle blonde se figea et ferma brièvement les yeux « Tu y as répondu ? »
« Pas encore. Je ne sais pas si je serai dispo, tu sais av… »
« C'est ta meilleure amie Clarke. » coupa Jake d'un ton qui se voulait un peu plus sec.
« Je sais… » murmura-t-elle « Je sais… »
« Elle a appelé tu sais, il y a une semaine. »
« Ah oui ? »
« Elle disait qu'elle n'arrivait pas à te joindre. Que les messages passaient par répondeur interposé. Que cela faisait des semaines, voire quelques mois, que vous n'aviez plu… »
« Je sais ! » argua soudainement la jeune femme « Ecoute… Elle comprend, ok ? Elle sait que j'ai beaucoup de travail. »
« Elle aussi en a. Mais vous étiez comme des sœurs… J'adore Raven, elle me manque. »
« Elle me manque aussi. »
« Alors réponds. »
Clarke inspira alors et ferma brièvement les yeux avant de regarder devant elle « Je le ferai. »
« Clarke… »
« Promis ! »
Jake posa une main réconfortante sur son épaule « Fais une pause. »
« Hey Clarke, tu veux venir voir mes derniers clichés ?! »
« Avec plaisir. A tout à l'heure. »
Clarke quitta son père avec un certain soulagement pour rejoindre sa sœur dans sa chambre, devenu un véritable sanctuaire pour ses photos, tout comme, à son âge, elle avait transformé sa chambre en salle d'expo pour ses dessins. En parlant de sa chambre, cette dernière avait fait place à une chambre noire dans laquelle Madi développait ses photos.
« Regarde, je tente une série en noir et blanc. »
« J'adore le noir et blanc, c'est magnifique ! Tu es vraiment douée. »
Madi sourit, fière d'elle. Elle avait à cœur à ce que sa sœur, un véritable modèle pour elle, soit fière d'elle. C'était une sorte d'accomplissement.
« Ca me donne envie d'avoir tes œuvres dans mon bureau. »
« C'est vrai ? »
« Vrai. »
« T'as un bureau maintenant ? »
« On a une salle commune des résidents, mais chacune son bureau. Je décorerai mon coin avec tes photos. »
« Tu veux pas y mettre tes dessins ? »
« Tes photos sont bien plus jolies. » sourit Clarke. Elle fixa sa sœur et prit une mèche de cheveux entre ses doigts « Tu as tellement grandi. »
« On s'est vu le mois dernier… »
« Je sais, mais tu changes tellement. »
Madi gloussa « On croirait entendre maman. Elle croit que je suis encore cette petite fille frêle et malade. »
« Tu es peut-être moins petite et frêle mais tu es toujours malade. »
« Mais tu avoueras que je vais beaucoup mieux. »
« Tu as perdu un peu de poids. »
« Clarke je vais bien. »
« Maman m'a dit que tu avais été malade… »
« J'ai eu une bronchite, c'est pas la fin du monde. »
« Pas pour toi. »
« Hey, j'ai déjà assez de maman qui me fait la morale dès que j'éternue, ok ? »
Clarke hoqueta « Mais quel aplomb jeune fille ! »
Madi lui sourit « Tu m'étonnes. »
Elles échangèrent un regard complice avant que Clarke ne vaque dans la chambre de sa petite sœur, regardant ses dessins « Tu es douée… »
« Moins que toi. »
Puis les yeux de Clarke se fixèrent sur une série de photos, dont une qui capta son regard : une photo de son dernier été au camp Arkadia. Elle était là, tout sourire, Raven la prenant dans ses bras, Anya faisant des oreilles de lapin à son amie et Lexa sur le dos d'Anya.
Elle sourit alors : c'était il y a une éternité. Des souvenirs du camp lui revinrent en mémoire : les feux de camp le soir, l'immense lac dans lequel elle avait exercé ses plus beaux plongeons, des randonnées chauffant leurs muscles, les chamallows grillés, les chants, les tentes…
« C'était cool hein ? »
Clarke sursauta presque en entendant sa sœur « Hm ? Ouais, c'était le bon temps. » sourit-elle « J'ai l'impression que c'était il y a 100 ans… »
« Non, juste 6. » rétorqua Madi « Dommage qu'on ait perdu le contact avec Lexa et Aden. J'aurais bien aimé avoir de leurs nouvelles. »
« Ton premier crush de vacances. » ironisa Clarke.
« N'importe quoi ! » s'insurgea la jeune fille « Tu peux parler… C'est pas moi qui fricotait avec une certaine personne entre deux ateliers… »
Clarke haussa un sourcil en souriant « Bah voyons… »
« T'as jamais eu de ses nouvelles ? »
Clarke perdit son sourire « Hm nope. Après cet été là, je suis entrée à l'école et elle est partie à Los Angeles… C'est tout ce que je sais. On devait passer Thanksgiving ensemble, mais elle était indisponible et au jour de l'an, c'était moi… Et les semaines, mois ont passé et… Voilà. »
« C'est dommage. »
« C'est la vie. »
Oui, c'était la vie. Clarke et Lexa avaient toujours su qu'elles ne seraient pas destinées à finir ensemble, à l'inverse de Raven et Anya, qui coulaient des jours heureux depuis ce fameux camp.
« Peut-être qu'elle sera là. »
« Qui ? Ou ? »
« Bah Lexa ! Après tout Anya est sa meilleure amie non ? »
La jolie blonde sourit « Probablement. »
« Tu seras là toi aussi hein ? Raven compte sur toi ! »
« Je… J'en sais rien, tu sais avec mes journées… »
« Clarke, sérieusement… Tu louperais ça ?! »
« … »
Clarke vit alors quelque chose qu'elle avait peu vu dans les yeux de sa sœur : de la déception. Et elle redoutait le regard de Raven si elle répondait par la négative à son invitation. Cela faisait des mois qu'elles ne s'étaient pas vues. Les derniers contacts initiés étaient principalement des mails et des visio… Elle se désolait parfois de ne pas avoir plus de temps.
Elle avait failli louper son anniversaire qu'elle était venue fêter à New-York. Clarke avait dû batailler dur pour avoir son jour et être disponible pour la fête.
Et après une journée chez ses parents, Clarke et Niylah retournèrent chez elles. Niylah avait bien senti que quelque chose taraudait sa compagne. Et, comme la veille, elle tenta une approcha qu'elle savait peut-être déjà perdue.
« Hey chérie… »
« Hm ? Dis, tu as vu mon débardeur rouge ? »
« Le Rolling Stones ? »
« Yep. »
« Tu l'as mis avant-hier, il doit donc être dans la machine ? »
« Avant-hier ? T'es sûre ? »
« A 80%. »
Clarke se laissa tomber sur son lit et grogna. Elle balança son T-shirt, pour se retrouver en soutien-gorge, le tout sous le regard perplexe de Niylah « Tu vas me dire ce qu'il se passe ? »
« Quoi ? »
« Hey, je sais que tu n'es pas du genre à te confier… Mais ne me dis pas que tu pètes un câble pour un débardeur ?! »
« … »
« Niylah soupira avant de venir s'asseoir à ses côtés « Clarke, parle-moi. »
« C'est juste… Ray me manque… »
« … »
« J'ai juste l'impression que j'ai rien fait pour la retrouver. »
« Tu es médecin… Elle sait que ton emploi du temps est compliqué et chargé. »
« Je sais mais... J'ai juste l'impression de l'avoir laissé tomber. On était si proches et là… Ca fait au moins 7 mois qu'on s'est pas vues. »
« Cette invitation… Tu devrais y aller, vraiment. »
« Tu viendras avec moi ? »
« Niylah lui sourit avant de lui caresser la joue « Evidemment. »
Clarke soupira : peu convaincue mais un peu soulagée. Cette nuit-là, elle s'endormit dans les bras de sa compagne et, certainement dû à leur visite chez ses parents, ses rêves furent peuplés d'images de cet été-là… Cela faisait une éternité.
Le lendemain, dans son bureau, avant que la journée ne commence et que l'effervescence ne lui prenne son temps et son énergie, Clarke ouvrit le tiroir de son bureau. Elle en sortit le petit carton parme aux liserés argentés. Elle soupira puis sourit faiblement. Puis elle cocha une case avant de glisser la carte dans une enveloppe pré remplie.
Demain, elle la posterait.
TBC
