Salut !

Je tiens à m'excuser du retard de publication sur cette histoire, l'autre m'inspire beaucoup en ce moment et j'enchaine les chapitres d'écriture donc je ne veux pas oublier mes idées alors autant les travailler. Résultat, j'ai un peu oublié celle-ci mais pas de panique, je ne l'abandonne pas de sitôt. La playlist est faite. Le chapitre est en cours d'écriture.

Bonne écoute et bonne lecture ! ;)


Playlist

« Meet me in a hallway » Harry Styles

« Mirror mirror » Marina Kaye

« Sorry » Hasley

« Too good at goodbyes » Sam Smith

« All I want » Kodaline

« Ta marinière » Hoshi

Chapitre n°16

Point de vue d'Ella

Je me réveille la tête aussi énorme qu'une citrouille. Des bougies sont disposées un peu partout dans ma chambre. Je ne me souviens pas en avoir allumé en rentrant de ma soirée. Apparemment si, une boite d'allumettes se trouve sur le bureau. Elles ont brûlé pendant des heures. Leurs petites flammes brûlent encore. La cire coule un peu alors pour éviter que de la cire se répondent sur le sol, je souffle sur les bougies. L'odeur de celles-ci flottent dans l'air.

Des questions me viennent en tête mais je n'ai aucune réponse. J'ai presque envie de crier parce que je n'ai jamais bu autant. D'habitude, je ne bois pas autant, je fais attention mais j'ai eu envie de sortir, de profiter un peu, de me sentir mieux. Ce n'est pas la bonne solution de noyer ses problèmes en buvant. Même si Nova était avec moi, ce n'est pas une excuse. L'alcool m'a fait oublier le quotidien quelques heures mais il me frappe le visage en ce moment. Je me réveille avec une migraine. Beaucoup de raisons ont fait que j'ai proposé une sortie dans un bar avec mon amie Nova. Je ne le regrette pas, juste que j'aurai aimé être un peu plus raisonnable. Sauf que je n'avais pas du tout envie de l'être. Je voulais peut-être une nouvelle fois tenter d'oublier Raphaël. Mais je ne peux pas l'oublier, tirer un trait sur cette histoire, impossible, impensable. Ce n'est pas dans mes habitudes de me lamenter, de réfléchir sans arrêt à la même question sauf que depuis la mort de Rose, tout a changé. J'ai vu le monde sous un autre jour. Je me suis promise d'être plus spontanée, de ne plus me poser de question, si j'ai envie de dire à mes parents ou à mes amis que je les aime je leur dit. Ce type de réactions est normale. Je me suis promise de les respecter.

Je mets mes mains sur le visage. Je ne me souviens pas de grand chose d'hier soir. Je n'ose pas regarder mon téléphone. Il y a sans doute des messages de Nova qui me demandent si je suis bien rentrée, si je ne suis pas malade aujourd'hui, comment je vais et ainsi de suite. Je lui répondrai plus tard. Quoique, autant lui répondre maintenant sinon, je vais oublier. Le temps que mes yeux s'adaptent à la luminosité de la chambre, je rédige un message simple car je n'ai pas envie de m'étendre sur le sujet. Rien ne presse. Ma réponse devrait satisfaire son besoin de connaitre mes impressions. Je ne veux pas les lui donner maintenant. C'est fait. J'ai la tête sur l'oreiller et je n'ai aucune envie d'en sortir. Sauf qu'un bruit inattendu me fait sursauter et je risque de hurler. Dois-je me confronter à ma mère ou à mon père ? Si c'était le cas, j'aurai entendu le son de leur voix. Ce n'est pas le cas. Il n'y a pas de son et je commence à avoir un peu peur. De toute façon, je dois le savoir alors je tente de prononcer le prénom que j'ai sur le bout des lèvres lorsque je vois une silhouette, pas n'importe laquelle. Il s'agit de la silhouette qui m'a quitté.

« Raphaël ? ».

J'écarquille les yeux car j'ai l'impression d'avoir une hallucination. Il ne peut pas être dans ma chambre. Pas à me regarder dans un état lamentable, mes boites de mouchoirs sur le sol, pas dans ce contexte là. Non. Je crois rêver. Je me pince, ce qui fait échapper un « aïe » de ma bouche. Il est bien présent devant mes yeux, dans ma chambre en plus. Je dois avoir les cheveux ébouriffés alors je les rassemble pour les attacher à l'aise d'un élastique que je trouve près du lit.

Je me lève du lit, avance un peu jusqu'au bureau. Ma chambre est carrée. De l'entrée, on voit le lit au fond de la chambre et la salle de bain en face, face à la porte il y a le bureau sur lequel je travaille avec des paravents à côtés. Mon dressing se trouve tout à gauche de mon lit et à droite se trouve une baie vitrée avec un balcon. Je quitte le nid chaud dans lequel j'étais si bien et me retrouve face à un visage qui m'a vraiment manqué. Jamais je n'aurais pensé qu'il viendrait ici. Ce serait illogique d'imaginer ça. Il m'a quitté d'accord. Ce n'est pas à moi d'aller m'excuser. Sauf que j'avais envie de le revoir, même de loin. Juste le voir. Pas besoin de me déplacer aujourd'hui ni de lui envoyer un message en espérant une quelconque réponse. Probablement qu'elle ne serait jamais arrivée. Mais je l'espérais.

Raphaël me regarde les yeux désolés et un peu surpris de me voir réveillée. Je souris doucement. Ses traits de visage montrent qu'il manque de sommeil et je devine qu'il a pleuré. Je ne l'ai jamais vu verser de larmes devant moi. Le voir ici est étonnant. Je pensais le revoir à la reprise des cours le lundi matin. Je ne suis partie que le week-end chez moi. J'ai même réfléchi au message que j'allais lui écrire et envoyer.

« Pardonne moi » souffle t-il. « Je m'excuse ».

Dois-je l'écouter parler ou dois-je prendre la parole ? À vrai dire, je n'en ai aucune idée. Comment réagit-on dans ces cas là ? Je n'y connais rien. C'est comme dans les films où je cours le serrer dans mes bras, où les larmes coulent seules sur mon visage soit c'est le comportement inverse ? On n'est pas dans un scénario de film ni dans un livre mais bel et bien dans la réalité. Et la réalité fait mal.

« Je n'avais aucune raison de te quitter » dit-il. « Aucune. Mes paroles n'avaient pas de sens et maintenant je culpabilise ».

Il peut culpabiliser.

Il m'a pourtant expliqué que la situation était compliquée, que mon statut de Princesse poserait problème à un moment ou un autre. Je n'ai pas compris sur le moment et je ne comprends toujours pas d'ailleurs. C'est encore flou mais je m'en fiche un peu puisque Raphaël est devant moi. J'ai une occasion de discuter avec lui. Les choses doivent être dites et je me le suis dit des jours auparavant, il est hors de question de le laisser à nouveau filer entre mes doigts. Raphaël fait partie de ma vie. Et mon statut de Princesse ne doit en aucun cas interférer nos rapports. Je me le suis promise. Dès mon entrée à l'école, si je rencontrais un garçon pendant l'année je mets les choses aux clairs. Je ne suis pas qu'une Princesse. Je suis avant tout une étudiante. Une étudiante qui rêve de réussir sa vie et de devenir une grande fée capable de protéger sa planète le moment venu. Et surtout être fière de mes exploits accomplis avec mes amis.

« Je les aient regrettées dès la première seconde où elles ont franchit la barrière de mes lèvres. Je suis nul pour exprimer mes sentiments et là, c'est un échec total alors je m'excuse une nouvelle fois ».

Il a les bras le long du corps et je peux voir qu'il tient une lettre dans la main droite. Que contient-elle ? J'ai envie d'écouter ses belles paroles, de me précipiter dans ses bras et lui dire que je comprends. Alors que c'est faux. Pourtant je me surprends à rester calme. J'ai envie de pleurer, de le gifler mais je sais très bien qu'à la seconde où le son venant de ma main sur sa joue résonnera dans la pièce je m'en voudrait. Je ne peux pas le frapper même s'il m'a brisé le cœur. Je reste calme pour peu de temps, je prends mon courage à deux mains en respirant profondément et en prenant la parole. Tant pis pour les conséquences. Oui, je veux récupérer mon copain et je ne vais pas le laisser partir sans explications. Ma bouche allait s'ouvrir pour parler mais coupée dans mon élan, Raphaël reprend la parole.

« Te savoir loin de moi, dans l'école voisine sans avoir la possibilité d'arranger les choses entre nous me fait mal. Tu ne mérites pas ça. Sans toi, les choses ne sont pas les mêmes et tu me manque vraiment Ella. Dès que j'ai su que tu étais revenue chez tes parents pour le week-end, j'ai demandé à Léo de me couvrir si jamais mon absence était remarquée à l'école ».

Wha. Je ne m'attends pas à ce type de comportement. Je ne sais pas comment rattraper les pots cassés dans une rupture. Fait on comme dans les films où la fille court vers le garçon ? Est ce que ça se passe comme dans les livres où ils s'excusent chacun de leur côté et s'embrassent à la fin soit pour faire taire l'autre ou parce que c'est trop tentant ? Honnêtement, je ne sais pas du tout. Je le regarde étonnée. Mais je suis touchée qu'il ait pris la peine de venir me voir en personne et non de m'envoyer un simple message. De toute façon, je surveille mon téléphone portable depuis des semaines. Si Raphaël est venue, la situation va s'arranger, non ? Je le souhaite. J'ai envie de le serrer dans mes bras. Des larmes perlent ses yeux. Le voir pleurer me fend le cœur. Il ne bouge pas. J'ai envie d'accélérer le pas et de réduire la distance entre nous. Elle est trop grande. Mais je me résous à être sévère. Garde un air sérieux. S'il te plaît.

« Tu débarques dans ma chambre pour me dire toutes ces choses ? La situation ne pouvait pas prendre une telle ampleur. Je... Les choses changent, tu me l'a dit » dis-je émue. « T'excuser c'est bien mais je doute que ce soit suffisant, les actes doivent le prouver ».

Je me surprends à hausser le ton. Alors que rien n'était prévu, pas de cette façon en tout cas, dans ma chambre en pyjama. Mon mal de tête me prend par surprise. Pendant que je l'écoutais, il ne me faisait plus autant mal. La douleur s'est calmée quelques minutes. Elle me revient comme un boomerang. Je réalise que les cris ne servent à rien, discuter oui mais les actes, les gestes sont plus révélateurs que la prise de parole.

« Je referais tout pour recoller les morceaux entre nous deux ».

Je ne peux pas m'empêcher de poser la question qui me brûle les lèvres depuis le début. Mais je ne veux pas jeter un froid. Alors je baisse légèrement les yeux lorsque cette phrase passe la barrière de ma bouche. Va t-il m'en vouloir ? Va t-il s'enfuir en courant ? Je ne veux pas qu'il le prenne mal. Il faut que je sache. J'ai autant besoin de savoir que lui. Je ne sais pas comment il va prendre le fait que je pose la fameuse question.

« Pourquoi tu m'as quitté ? ».

Je connais déjà la réponse. Léo m'a raconté l'histoire. Je lui ai un peu forcé la main. Mais je suis fière d'avoir pu lui faire arracher les mots de la bouche. Raphaël n'est pas au courant et j'ai besoin de l'entendre de sa propre bouche.

« Si je te disais que j'en ai aucune idée, tu ne me croirais pas ».

J'ose être surprise. Je ne comprends toujours pas cette obsession de se focaliser sur un statut ou je ne sais quoi. On va me trouver niaise ou démagogue parce que je pense qu'un être humain se cache derrière moi et chez d'autres personnes. Cette phrase n'est pas claire mais tant pis. Et Raphaël ne m'a en aucun cas jugé. Il m'a accepté comme je suis. Vous voyez quand on vous regarde normalement, sans faire attention au quand dira t-on ou au statut social ? Ce genre d'image fausse souvent donnée sans chercher autre chose. Raphaël m'a regardé comme une étudiante classique. J'étais heureuse. Avec lui, je me sentais moi-même, plus légère dans le sens où je ne devais pas me justifier. Nous étions et nous sommes toujours des étudiants qui s'aiment. Donc, je pense que c'est logique. Je ne regarde pas le statut des gens. Quand je suis amoureuse, je le dit. Et je suis amoureuse de Raphaël. Oui. J'ai encore des papillons dans le ventre quand je le regarde, un sourire au coin des lèvres, mes yeux rivés sur lui, des frissons lorsqu'il effleure ma joue. Toutes ces choses multipliées par je ne sais combien. C'est un mélange de sentiments incroyables mais qui me serrent le cœur dès que quelque chose ne va pas. On se dispute puis on s'excuse.

Tes lèvres me donnent envie de t'embrasser Raphaël. Réellement.

On se regarde dans le blanc des yeux ? Quel ennui. Je suis heureuse d'entendre que notre rupture soit une absurdité. Je suis d'accord. À présent, plus de non dits. La presse de mon monde s'amuse à titrer chaque semaine des unes invraisemblables sur les familles importantes et moi en particulier. Cela me surprend encore. Je me demande encore pourquoi. Nous sommes pareilles non ? Ou alors il y a une étiquette sur mon front qui indique que personne ne doit m'approcher ? Ma famille a tout de suite accepté Raphaël. Je me souviens de la première fois qu'il est venu chez mes parents le temps d'une journée. Il était timide et n'osait pas entrer. J'étais au milieu des escaliers à le regarder intriguée. C'était drôle. J'ai dû le tirer par la main pour qu'il franchisse le palier de la maison. Son sourire était adorable. Mes parents l'ont apprécié tout de suite. Ils ont su qu'il était une belle personne. Ce fut une journée parfaite. Je n'ai pas cessé de regarder Raphaël ce jour là. Nous avions marché dans le jardin, mains dans la main. Rien de plus simple. Et j'ai eu envie de l'embrasser tout l'après-midi. Je ne l'ai pas fait parce qu'il me racontait des éléments sur sa vie et sur ses journées à l'école. Il souriait. C'était une belle journée. On peut me trouver vraiment fleure bleue mais je m'en fiche, je vis le moment présent.

Ce souvenir me fait mal au cœur, il semble résolu mais je refuse de l'admettre.

« Ose me dire que tu préfères avoir le cœur brisé et être malheureux que d'être avec moi et heureux » dis-je en détachant mon regard de ses lèvres.

« Tu es une Princesse » répond t-il enfin.

J'attends la suite mais il ne dit rien. Alors c'est ça ? On se quitte à nouveau à court d'arguments, à cours de prises d'initiatives pour arranger les choses ? Je me pose la question. La vie ne doit pas être ainsi. On doit aimer sans se poser de questions, de ne pas se préoccuper du regard des autres, on devrait penser à soi. Ce n'est pas ce que j'imagine. L'amour ne ressemble en rien aux histoires d'enfants, aux contes de fées dont on vente tant les mérites. Ils ne veulent rien dire.

« Tu souffres autant que moi, ne dis pas le contraire ».

« Tout a changé le jour où j'ai compris que je t'aimais » lâche t-il enfin.

Ses mots me font comprendre qu'il est temps d'admettre que nos sentiments respectifs sont indélébiles. C'est ainsi. Ce sont les mots que je souhaitais entendre. Je souris. C'est un sourire automatique. Je soupire de soulagement et je sens les larmes perler mes yeux. C'est la plus belle chose que l'on m'ait dite et pour être honnête, j'espérais l'entendre. Rien ne doit nuire à notre discussion de ce soir. J'ai vraiment eu envie de le prendre dans mes bras, comme avant, de lui dire que ça va aller. Des choses futiles peut-être mais importantes à mes yeux. Sauf que ce soir, nous avons mis les points sur les « i ». Notre relation est en partie sauve. Rien n'est joué encore mais j'espère que ce sera mieux d'ici quelques temps. Et je culpabilise. Je n'ai pas connu un sentiment de frustration depuis longtemps. J'ai l'impression que mon cœur va exploser. Alors je me dirige vers le couloir qui mène aux escaliers en courant et par chance, Raphaël est au milieu des marches. Il me regarde de ses yeux bruns l'air vraiment surpris. Il ne bouge pas non plus. Je n'ai pas la moindre idée d'où cela mènera mais je m'en fiche royalement. Mes sentiments parlent en premier.

Oh et puis mince. Pour être polie.

Mes lèvres capturent les siennes. Je ne calcule plus rien. Je me laisse faire. Après tout, à quoi bon se poser des questions auxquelles on aura sans doute pas de réponse et si on a des regrets par la suite. Depuis qu'il m'a quitté, je me sens comme à moitié vide. Hors de question de ressentir ça à nouveau. Nous avons discuté ce soir et notre conclusion est identique. Ses lèvres contre les miennes, c'est tout que je veux. De plus, j'en ai très envie depuis des semaines alors autant mettre fin à la torture. Raphaël met quelques secondes à réaliser. Je sens bien qu'il est surpris. Je ne sais pas si c'était le but recherché au fond mais je suis spontanée. La Ella d'avant est différente, plus spontanée, plus consciente qu'il faut vivre le moment présent. Le baiser est doux, agréable et des larmes perlent mes yeux. Elles dévalent le long de mes joues mais je ne coupe pas le baiser pour autant et à mon grand soulagement Raphaël non plus. Il sent le parfum que je lui ai offert l'année dernière. Une odeur boisée mêlée d'agrumes. Une odeur qui me rappelle la première fois où je sortais avec lui à l'école, le soleil, la mélancolie parfois, la joie, nos sentiments respectifs, nos balades en forêt à côté de l'école et un tas d'autres choses dont la liste est trop longue à énumérer.

Ses lèvres sont douces, une sensation que je croyais avoir oublié tellement les dernières semaines ont été une torture. Il m'a manqué. Ce n'est pas un baiser pour lui prouver que je l'aime, c'est en partie un baiser de tristesse qu'il pense comme quoi je ne le mérite pas. C'est stupide. Je l'embrasse d'une part parce que j'en ai très envie et aussi pour le faire taire. Je ne veux pas couper mon action spontanée alors j'entoure son visage de mes mains pour qu'il ne parte pas. Il se penche un peu en avant pour accentuer mon geste. Je ne l'en empêche pas. Je peux sentir qu'il est surpris. Honnêtement, je ne veux pas quitter la position dans laquelle je suis. Je l'ai voulue. Cela fait longtemps que je voulais vivre ce moment. Sauf que je ne me l'avoue pas. Nos lèvres se détachent quelques secondes pour que je les regarde à nouveau. Il rougit et un mince sourire se dessine sur mon visage. J'ai pris soin de penser à ce que je ferais si jamais nous parvenions à une discussion passionnante. C'est moi qui prends l'initiative de le faire une deuxième fois. L'embrasser ma manqué. Je veux qu'il le comprenne. Mes doigts se glissent dans ses cheveux déjà cours mais j'ai envie de ce contact. Il ne semble pas contrarié. J'en profite tant qu'il ne recule d'un pas ce qui rompt ce contact. Il me regarde quelques secondes avant de me dire qu'il doit rentrer à l'école au risque d'avoir des ennuis. Ce que je conçois à cette heure tardive.

Alors quand il quitte mon champs de vision, je vais dormir. Installée dans mon lit en train de regarder les étoiles depuis ma fenêtre, je ferme les yeux et plonge dans un autre univers.

Quitter la maison familiale le lendemain matin n'a pas été facile. J'ai essayé de rester plus longtemps. Mes parents m'ont dit qu'il était temps pour moi de retourner sur les bancs de l'école après ce week-end. Je me suis levée avant que le Soleil ne pointe son nez à l'horizon, à cinq heure du matin.

C'est ainsi que je me « réveille » dans mon lit. Je suis rentrée très tôt ce matin et pour ne réveiller personne et ne pas attirer l'attention, je me suis couchée dans mon lit. J'ai dû revenir dans ma chambre en faisant le moins de bruit possible. Personne ne devait me prendre sur le fait, dans les couloirs au risque d'être confrontée aux regards de mes camarades de classe. J'ai envie de jeter le réveil qui sonne sur le mur de ma chambre mais je m'y résous. J'ai dormi deux heures supplémentaires. Il est sept heure et quart du matin. Mon oreiller sur le visage est un bon indicateur de ma motivation à sortir de ce lit chaud et confortable. La place est idéale. Mes cours ne vont pas s'apprendre tout seuls.

Après trois sonneries de réveil, je quitte mon lit pour aller dans la salle de bain. L'eau de la douche devient chaude en quelques secondes. J'évite d'utiliser ma magie pour la réchauffer si je suis impatiente. Je laisse la technologie faire son travail. J'attrape un bout de savon parfumé à la rose, l'odeur favorite de ma sœur. Oui. J'utilise ses affaires. Sa présence est encore dans mon cœur et aussi dans ma chambre alors j'en profite le temps que ça dure. De plus, je commence à oublier le son de sa voix. Au début ça m'angoissait vraiment. J'ai pleuré en y pensant parce que ça voulait dire que je l'oubliais et il était hors de question de m'y résoudre. Je ne veux pas, je ne peux pas l'oublier. Y penser à nouveau me fait mal au cœur, même les années qui passent ne résolvent rien du tout. Un an et demi. Un an et demi. Je ne peux pas croire qu'il se soit passé autant de temps depuis sa disparition. Je me souviens encore du jour où j'ai franchi le portail de l'école, l'angoisse sur les épaules, la peur de ne pas réussir et l'idée que la vie soit vraiment horrible. Elle l'est. J'ai arrêté de me voiler la face depuis longtemps. Même si c'est dur.

Je sors de la salle de bain, habillée d'une chemise blanche, d'un pantalon bleu marine et de chaussures assorties. Pour mes cheveux, je les ramasse en une couette ou queue de cheval pour plus de facilité et aussi parce que je ne sais pas comment les coiffer ce matin. Dans ma chambre, c'est le silence. J'étais habituée à entendre le rire de Bloom. Nous ne sommes pas dans la même chambre, la sienne est collée à la mienne. Je ne perçois pas de sons.

Les filles sont venues me parler à peine ai-je franchie la porte de la salle de cours. Elles m'ont murmuré des paroles réconfortantes. Mais j'ai affiché un sourire. Cette fois-ci, un sourire honnête, sans façade. Et ça fait du bien. J'ai assisté au cours de magie sans problème, sans me torturer l'esprit.

Une ballade dans les jardins de l'école me fait le plus grand bien à l'heure de midi. J'aime profiter de ce moment pour respirer un peu en dehors des murs de l'école.

Un bruit me sort de mes pensées. Des bruits de pas. Au début, je suis sur mes gardes au cas où la situation serait dangereuse. Une sorcière peut surgir de n'importe où, je pense à Darcy ou à Stormy par exemple pas à mon amie Aura. Je décide de me cacher derrière un arbre, pas la meilleure cachette du monde je suis d'accord mais suffisante pour ne pas être dans le champ de vision des personnes présentes dans la même zone que moi.

« Tu es sûre ? » dit une voix féminine.

« Ai-je le choix ? » dit une seconde.

« Oui, on a toujours le choix ».

« Pas cette fois ».

Je ne comprends absolument rien de ce que ces gens se racontent. J'arrive en plein milieu d'une conversation.

« Arrête toi une minute, nous ne sommes pas en exercice Aura ».

« Accepter cet affront n'est pas anodin et peut-être que ça réglerait les choses ».

« C'est l'idée la plus stupide, la plus improbable que j'ai entendu ».

« Dis le » dit-elle plus ferme en essayant de retenir ses larmes.

« Depuis que maman est partie oui. Il faut que tu l'entendes et si ce n'est pas moi qui te le dit, ce sera nos frères ».

« Tu m'aideras ».

« Je... » dit l'autre voix en riant un peu. « Tu sais très bien que oui, je serais une mauvaise sœur mais sache que les heures de travail ne seront pas comptées ».

La situation est gênante. Je me retrouve confrontée à une discussion un peu improbable. Je ne dois pas me trouver ici. Si ces deux jeunes filles me voient, je risque quelque chose. Il s'agit d'Aura. Mon amie. Je ne sais pas ce qu'elle prépare mais je risque de tomber de haut en apprenant de quoi il s'agit. Je dois le savoir.