Hello mesdames et messieurs (s'il y en a ^^). Comment allez-vous ?
J'ai longuement hésité à couper en deux ce chapitre afin de vous donner une fin plus festive (vous comprendrez en temps voulu).
Du coup, ce chapitre est un peu plus court mais le suivant, qui sera aussi le dernier, sera plus long, beaucoup plus long ^^
En attendant, ce chapitre pourrait en ravir quelques uns ^^
ENJOY !
Une visite inattendue
Cela faisait plus d'une semaine que Lexa était revenue de New-York. Une semaine qu'elle s'était replongée dans le travail. Une semaine qu'elle ne dormait que d'un œil, cette nuit ne faisant pas exception. Ce jour-là, elle rentra plus tôt, une migraine lancinante freinant son travail. Sylvia lui avait dit de rentrer, que, de toute manière, elle n'avait pas été très productive… Lexa aurait pu se vexer, mais elle n'en fit, trop heureuse de rentrer. Après s'être fait couler un bain chaud dans lequel elle se plongea durant une grosse heure, elle erra dans son salon avant de s'affaler sur son canapé, Netflix en fond.
Nous étions le 14 Décembre et rien, dans sa villa, ne présageait des fêtes de fin d'année chez elle : toujours aucune décoration, aucun chant de Noel fredonné, aucun pull moche porté. Elle s'endormit sur le canapé avant de se réveiller le soir venu par un coup de téléphone.
« Allo… »
« Lexa, vous dormez ? Si tôt ? »
« Sylvia ? »
« Vous pouvez m'ouvrir ? »
« Pardon ? »
« Je suis devant la porte. »
Lexa se redressa d'un bond et, téléphone en main, se dirigea vers la porte d'entrée avant de l'ouvrir et de constater, en effet, que sa secrétaire était sur le pas de la porte.
« Mais… »
« Grand dieu, si vous n'aviez pas répondu, j'aurais appelé la police ! »
« Sylvia… Mais qu'est-ce que vous faites ici ? »
« Je peux entrer ? »
Lexa la laissa passer et ce n'est qu'à ce moment qu'elle remarqua un sac en plastique dans les mains de la femme.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Je sais O combien les migraines fulgurantes peuvent être douloureuses et handicapantes. J'imagine que vous n'avez pas mangé. »
« Non, pas vraiment. »
« Je m'en doutais… » La vieille femme se dirigea vers la cuisine, comme si cette villa était la sienne. Elle ouvrit le sac et en sortit une boite en plastique « Des lasagnes maison. »
« Wow… Merci. »
« J'ai sonné mais vous ne répondiez pas, et je savais que vous étiez là car votre voiture est là. »
« Et bien… Je ne me pensais pas si épiée. » plaisanta Lexa.
« Epiée non, dorloter oui. » sourit Sylvia qui réchauffa à coup de micro-onde, les lasagnes avant de lui servir dans une assiette « Tenez. »
« Merci. »
« J'ai donc décidé de vous appeler, j'espérais avoir un peu plus de chance. » sourit Sylvia.
« Vous l'avez eu. » sourit en dégustant ses lasagnes « C'est délicieux. »
« Alors… Vous allez me parler ou pas ? »
« De ? »
« Votre séjour à New-York qui, visiblement, ne s'est pas passé comme vous l'auriez voulu. Pourtant, les travaux semblent avoir pris un coup de boost. »
« Oui… »
« Mais pas le reste… »
« Quel reste ? »
« La personne pour laquelle vous y êtes allée en premier lieu. »
« … »
« Il y a toujours quelqu'un. Alors ? »
« C'est… Fini. Disons que ça n'a même pas commencé. »
« Hm je vois… Et est-ce la même personne qu'au mariage ? »
Lexa n'eut pas à répondre, son expression parla pour elle. Sylvia, sans juger posa amicalement sa main sur la sienne « C'est la vie. »
« Oui… »
« Si vous voulez en parler… Je suis là. Ne connaissant pas cette femme, je n'aurais aucun à priori. »
Lexa sourit et soupira « Une amie d'enfance… On s'est connu dans un camp d'été et, durant 6 ans, on s'y est retrouvé tous les étés, avec des hauts et des bas. »
« Quel genre de bas ? »
« Je… Je me suis éloignée parce que je n'arrivais pas à gérer mes sentiments naissants pour elle… »
« Ah… »
« Mais… Au bout du compte, notre relation a pris une tournure plus… Intéressante sur la fin. Nous avons eu à peine le temps d'en profiter… »
« Que s'est-il passé ? »
« Nous avons chacune repris nos vies : elle à la fac de médecine à New-York, moi ici à créer mon empire californien. »
« Je vois… »
« Et durant 6 ans, nous ne nous sommes pas revues. »
« Jusqu'à ce mariage, i mois ? »
« Exact. »
« Que s'est-il passé lors de ce mariage ? »
« Hm, tellement de choses. Nous sommes arrivées chacune avec une partenaire… Mais… »
« Hm… Qui a craqué ? »
« Moi. J'ai cru… J'ai essayé… Mais elle m'a repoussé, et elle a eut raison. C'était stupide… Nous sommes reparties chacune de notre côté et la vie reprendrait… »
« Jusqu'à maintenant. Pourquoi ? »
« Je n'en sais rien, je crois… Je crois que je ne suis jamais vraiment passé à autre chose, y compris avec Costia. » Et en voyant le petit sourire de Sylvia, Lexa roula des yeux « Pas de commentaires. »
« Oh je n'oserais pas. Mais… Permettez-moi cette question : l'aimez-vous ? »
Lexa se figea et la fusilla du regard « Pardon ? Là n'est pas la question… »
« Au contraire, là est la question. Après 6 ans, puis 6 mois de séparation… Voilà où vous en êtes : parcourir tout le pays pour la revoir et revenir dévastée au point de ne plus dormir et se plonger dans le travail corps et âme… Ne me dites pas que ce n'est rien, que tout le monde ferait pareil. »
« … »
« Vous devriez persévérer. »
Lexa gloussa amèrement « Et me faire recaler une troisième fois ? Non merci. »
« Vous passerez donc les prochaines six années à faire comme si de rien n'était ? A vous plonger dans le travail pour oublier ? »
« … »
« Mais l'on n'oublie jamais vraiment vous savez. Ce la pour vous surprendre mais… J'ai eu un amour de jeunesse. Il s'appelait Gary. » sourit la vieille femme « Nous étions jeunes, totalement insouciants. Nous nous aimions comme ces adolescents qui vivent au jour le jour sans se soucier de l'avenir. Nous avions des rêves pleins la tête : des voyages, une famille, des animaux… »
« Que s'est-il passé ? »
« Son père, militaire, a été muté en Afrique. Nous ne nous sommes jamais revus. Nous avons pourtant gardé contact des mois durant avant que la correspondance ne se rarifie, pour finalement devenir inexistante au bout d'un an et 4 mois. »
« Je suis désolée… »
« Je ne pouvais rien faire. Et j'ai grandi, les choses ont fait que… La vie continuait : les études, le travail… Mais je ne l'ai jamais vraiment oublié. »
« Mais vous étiez mariée, non ? »
« Oh oui, j'ai rencontré mon mari au jour de l'an, durant la fête d'amis communs. Ca a été le coup de foudre, et je ne remets pas en question notre amour et notre vie ensemble. Mais je serais hypocrite et peu sincère si je disais que Gary n'était pas dan un coin de ma tête. Je me suis souvent demandé ce qu'il était devenu : était-il resté en Afrique, son père avait-il été muté ailleurs par la suite ? Avait-il réussi ce qu'il voulait faire et ouvrir sa fleuristerie. Avait-il fait tous les voyages dont nous avions parlé et rêvé ensemble ? Avait-il trouvé quelqu'un d'autre, comme moi j'avais trouvé mon mari. Avait-il des enfants, des petits-enfants ? »
« Vous n'avez jamais essayé de le retrouver ? »
« J'y ai pensé, mais j'avais mon mari, ma vie… Je suis quand même passée à autre chose. J'aime à penser qu'il est heureux. »
« Je pourrais passer à autre chose… »
« Vous avez eu six ans pour ça, mais voyez où vous en êtes. » sourit Sylvia « Je pense que vous avez trouvé votre âme sœur… Il serait dommage de ne pas y croire. »
Lexa hoqueta ironiquement « Ouais, bah mon âme sœur va se marier avec une autre… Alors bon… »
« Rien n'est fini. Vous a-t-elle définitivement repoussée ? Je veux dire, vous a-t-elle explicitement dit qu'elle ne voulait plus vous voir ? »
« Non, bien sûr que non. »
« Elle vous a quand même invité à diner chez elle… »
« Par politesse… »
« Et c'est pas politesse qu'elle est revenue vous voir n'ayant aucune nouvelle de votre part… N'a-t-elle pas appelé le lendemain Ou envoyé un message ? »
« Si… Mais j'ai effacé son numéro. »
« Donc… Elle n'a pas coupé les ponts, même si elle sait à présent que vous savez pour leur mariage. »
« C'est quoi cet air suspect ? »
« Oh rien… C'est juste étonnant qu'elle s'accroche autant. »
« Ca ne veut rien dire. »
« Ca veut tout dire. » conclut sa secrétaire « Finissez vos lasagnes. »
Sylvia vaqua alors son regard dans le salon « On ne peut pas dire que l'esprit de Noel vous envahisse… »
« Hm, je n'ai pas eu le temps… »
« Dans 10 jours c'est Noel. »
« Je sais, merci. »
« Vous n'avez pas de proches ? Ce couple qui s'est marié ? »
« Je… J'ai été invitée… »
« Mais vous ne songez pas accepter, pourquoi ? »
« … »
Sylvia soupira « Hm je vois… »
« Vraiment ? »
« Elle sera probablement là aussi. » sourit-elle « Et de telles retrouvailles seraient embarrassantes… Surtout si elle se pointe avec sa fiancée. »
« Exact. »
« Vous devriez y aller. Personne ne doit être seule pour Noel, personne. »
« … »
Sylvia resta encore une bonne heure avant que la migraine ne s'estompe et que la fatigue ne la remplace. Elle s'assura que Lexa soit dans son lit avant de partir pour la retrouver, elle l'espérait, en pleine forme le lendemain.
Mais la nuit ut agitée pour Lexa : elle ressassa encore et encore sa discussion avec Sylvia, remit en question ce qu'elle ressentait, se prêtait même à espérer… D'ailleurs, cette nuit-là, ses rêves furent bercés par la silhouette et le visage de Clarke.
Durant trois jours, Lexa s'installa de nouveau dans sa routine : métro, boulot, dodo. Elle luttait aussi chaque fin de journée contre une migraine lancinante qui ne manquait jamais aucun rendez-vous. La contrariété, la fatigue… Plusieurs facteurs certainement, et Lexa s'en fichait bien. Tout ce qu'elle savait c'est que, chaque soir, avant de quitter le bureau, Sylvia lui tendait un récipient en verre avec un plat différent. Lexa avait d'abord refusé, mais Sylvia avait insisté et la jolie brune n'avait rien pu y faire. Alors tous les soirs depuis trois jours, Lexa rentrait, faisait réchauffer le plat de Sylvia, le mangeait sur le pouce avant de s'écraser sur son lit, une fois sur deux s'endormant habillée.
Mais au matin du quatrième jour, Lexa ne se réveilla pas… Du moins, pas à l'heure. S'étant endormie habillée sur son lit, elle avait oublié de charger son téléphone qui, au milieu de la nuit, s'éteignit, empêchant alors le réveil de sonner.
Ce fut Sylvia qui la réveilla en l'appelant vers 9h du matin ce qui, pour Lexa, était une heure tardive. Surprise, Lexa se hâta pour se laver, s'habiller et prendre sa voiture. Elle ne prit même pas la peine de prendre ne serait-ce qu'un café, trop honteuse d'arriver en retard au bureau, première fois depuis près de cinq ans.
Lorsqu'elle arriva à l'accueil, la secrétaire présente lui tendit un café « De la part de Sylvia. »
Lexa ne put que sourire à ce geste presque maternel « Merci. »
Puis elle entra dans l'ascenseur, sirotant son café presque brulant qui lui coulait dans la gorge comma la plus chaude des liqueurs. Cela l'apaisa. Puis les portes s'ouvrirent et Lexa ne fut même pas surprise de voir Sylvia l'accueillir à sa sortie « Panne de réveil hein ? »
« Bonjour à vous aussi Sylvia. » répondit ironiquement Lexa. Et tandis qu'elle allait lui passer devant pour rejoindre son bureau, sa secrétaire posa sa main sur son avant-bras pour la freiner.
« Quoi ? »
« Il y a quelqu'un… Pour vous. Dans votre bureau. »
« Qui ? »
« Cette personne était… Assez pressée de vous voir… Elle n'a pas voulu attendre. »
« Elle est là depuis combien de temps ? »
Sylvia regarda sa montre « Environ 40 minutes. »
« Quoi ? Mais… »
Lexa la poussa légèrement, se dirigeant d'un pas rapide et ouvrant avec force ses doubles portes. Elle chercha du regard une demi seconde avant de voir son fauteuil, dos tourné et, forcément, quelqu'un dedans.
Elle fulmina : non seulement un intru se permettait d'entrer sans être invité dans son bureau, mais en plus, il se permettait de s'asseoir dans son fauteuil. Elle serra les poings, essayant de garder tant bien que mal son calme.
« Excusez-moi… Vous pourriez… »
Puis le fauteuil se retourna et la personne qui apparut fit presque perdre l'équilibre à Lexa « Mais… Mais… »
« Il est super classe ton bureau. T'aurais pu me dire qu'il avait la taille de mon living room. »
« Cl… Clarke ? »
Devant elle, assise les jambes croisées, la jolie blonde tout sourire « C'est moi. »
« Mais… Qu'est-ce que… Tu es… là. »
« Je suis là. » confirma Clarke en se levant.
Soudain, Sylvia apparut et allait fermer les portes quand Lexa lui coupa l'élan « Vous… Vous saviez ? »
« A vrai dire… C'est elle qui m'a contacté. » lança Clarke.
« Quoi ? » Lexa questionna Sylvia du regard, qui confirma d'un sourire :
« Je m'inquiétais pour vous. »
« Vous… Vous n'auriez pas dû. »
« Elle a eu raison. » confirma Clarke.
Sur ce, Sylvia ferma les portes et Lexa se tourna vers la jeune femme : elle n'en revenait pas, Clarke était là, à Los Angeles, dans son bureau.
« Je ne me souvenais plus qu'il faisait aussi chaud en Décembre ici… » concéda Clarke avant de s'asseoir dans le canapé.
« Comment ? »
« Pardon ? »
« Comment tu es arrivée ici. »
« Par avion… » plaisanta Clarke.
« J'imagine bien mais… Après si peu de temps… Tu as réussi à trouver un vol, à l'approche des fêtes ? »
« A vrai dire, t'es pas la seule qui peut se targuer d'avoir un jet privé. »
« Tu as un jet ?! »
« J'en ai loué un. »
« Tout ça pour… Quoi ? »
« Pour venir te voir bien sûr. »
« Mais… Pourquoi ? »
A cette question, Lexa n'espérait qu'une réponse… Mais elle l'attendait autant qu'elle la redoutait. Clarke se leva alors et soupira en souriant « Quand ta secrétaire m'a appelé, j'étais… Soulagée. »
« Soulagée ? »
« Je t'ai envoyé des messages, des appels, mais jamais de réponses… »
« Je t'avais bloqué, et j'ai effacé ton contact. »
« Hm, radical. »
« Désolée. »
« Tu pouvais pas savoir… »
« Savoir quoi ? »
« Que Niylah et moi, c'est fini. »
Lexa se figea « Pardon ? »
« Le soir même où tu m'as chassé de ta chambre… J'ai confronté Niylah… »
« Mais… »
« A vrai dire, ça a été difficile mais… Nécessaire. J'ai mis quelques jours à essayer de rassembler mes idées. Et puis ta secrétaire m'a appelé, je ne sais comment, me disant qu'on avait passé l'âge de nos conneries. Que la vie était trop courte et qu'on avait assez perdu de temps. »
« Mon dieu… » soupira Lexa en se massant les tempes.
« Ouais, elle est assez persuasive… Et… Une fois que j'ai raccroché, je n'avais plus aucun doute sur ce que je devais faire. J'ai loué un jet et je suis arrivée ici dès les premières lueurs du jour. J'ai pris une chambre d'hôtel et ta secrétaire m'a donné l'adresse de ton bureau. Le reste n'était qu'une formalité. » sourit-elle.
Lexa était perdue, totalement : devait-elle espérer quelque chose ? Clarke s'approcha « Je n'ai définitivement pas fait tout ce chemin pour trouver une Lexa muette comme une carpe. »
« Désolée mais… C'est un choc de te voir ici, je ne m'y attendais pas… »
« J'imagine oui. Mais… Maintenant que je suis là… Tu pourrais au moins me faire le tour de ton bureau, des environs. »
« Des environs ? »
« Bah j'y connais à Los Angeles. J'ai failli aller faire un tour sur Hollywood Boulevard, mais je me suis dit que ça serait plus sympa si j'avais un guide. »
« Tu… Tu parles de moi ? »
« Pourquoi pas. T'es pas occupée aujourd'hui alors… »
« Attends, quoi ? Je ne suis pas occupée ? »
« Ta secrétaire m'a dit que tu avais ta matinée au moins de libre. »
« Décidemment, elle est bien trop bavarde. »
« Alors, tu acceptes ? Et puis… J'aimerais qu'on parle dans un lieu moins… formel. »
« Ok… Laisse-moi juste le temps de régler quelques trucs et je suis à toi. »
Clarke sourit alors à cette dernière partie de phrase, mais ne fit aucun commentaire. Elle suivit juste Lexa du regard et l'admira en train de pianoter sur son ordinateur. Elle ne put s'empêcher de la trouver sexy comme jamais et des pensées impures traversèrent son esprit sur ce qu'elle pourrait faire dans ce bureau avec elle.
Et après une dizaine de minutes, elles sortirent du bureau, sous le regard amusé et fier de Sylvia.
« Alors, on commence par quoi ? »
« Tu veux vraiment visiter la ville ? »
« Juste Hollywood Boulevard… Si j'ai bien compris, tu vis à Beverly Hills, ça sera ma seconde visite. »
Elles sortirent de l'immeuble et Lexa les conduisit vers sa voiture « Quoi… Pas de limousine ?! Je suis déçue. »
« Elle est en révision. » plaisanta Lexa « Tu devras te contenter de mon cabriolet. »
« Ouh… Bon bah on fera avec alors. »
Elles montèrent en voiture et, à la demande de la jolie blonde, se rendirent sur Hollywood Boulevard. Les échanges furent courtois et neutres dans la voiture et lorsque la belle blonde se retrouva sur l'avenue la plus prisée des Etats-Unis, elle fut aussi excitée qu'une enfant à Disneyland.
« Oh regarde ! C'est Shrek ! Sérieusement, ils ont fait une étoile pour Shrek ! »
Lexa la regarda avec des yeux amusés : elle avait l'impression de retrouver la Clarke d'il y a six ans : enthousiaste, énergique, joviale… Celle qui l'avait fait craquée.
« Tu m'emmènes où ? »
« A un endroit où l'on pourra discuter tranquillement. » répondit Lexa de manière neutre.
Clarke sentait Lexa sur la défensive, et c'était normal. Charge à elle de lui faire comprendre les raisons de sa visite et son but ultime. Alors, lorsque la belle brune l'amena dans un petit bar au bord de la plage, Clarke fut conquise par la vue.
« Wow, c'est vraiment magnifique ici, je comprends pourquoi tu as migré sur la côte ouest. »
« On peut dire ça. Clarke… »
« Oui ? »
« Il faut qu'on parle, vraiment. »
« Oh ok… Tu veux parl… »
« … Pourquoi es-tu là ? J'ai une petite idée bien sûr mais… J'aimerais que tu me le dises clairement. »
« J'ai rompu avec Niylah. Enfin, plus justement, elle a rompu avec moi. La raison ? Toi. »
« Moi ? »
« Elle pensait que j'avais des sentiments pour toi, et que c'était réciproque. »
« Des… Sentiments ? »
« Tu sais, je me suis demandé si, en venant ici, je n'allais pas faire durer le suspens et te faire languir mais… Je crois qu'on a assez attendu, non ? »
« Attendu quoi ? »
« De se retrouver. » répondit naturellement Clarke en un léger sourire « J'ai traversé tout le pays pour te faire comprendre que je ne ferais pas trois fois la même erreur. »
« Quelle erreur ? »
« Te laisser partir… Encore une fois. Je t'ai laissé après le camp, y'a six ans. Et je t'ai laissé partir y'a une semaine… »
« Tu sais pourquoi. »
« Parce que tu pensais que j'allais me marier ? »
« A juste titre non ?! »
« Mais ce n'est plus d'actualité. »
« T'es en train de me dire que tu as rompu avec ta fiancée i jours à peine et qu'à présent tu traverses le pays pour… Moi ? »
« Exactement bien résumé. »
« Tu ne trouves pas ça un peu… Too much ? Je veux dire : te faire larguer et quelques jours après, faire comme si rien n'était arrivé ?! »
« Je respecte Niylah, et je ne renie absolument pas ce qu'on a vécu durant ces années… D'ailleurs, si tu veux tout savoir, c'est elle qui m'a suggéré de venir te voir. »
« Ah oui ? »
« Parce qu'elle savait, certainement bien avant moi d'ailleurs, que tu comptais pour moi, bien plus qu'un simple flirt adolescent. »
« … »
« Lexa, j'ai conscience que je débarque comme un cheveu sur la soupe, chez toi, dans ton monde. Que, probablement, tu t'attendais à passer à autre chose, que tu voulais aller de l'avant en pensant que, moi, j'allais me marier… »
« Tu as tort… »
« Ah bon ? Sur ? »
« Je ne m'attendais pas à passer à autre chose… En tout cas, ce n'était pas dans mes objectifs dans les jours, voire semaines, à venir. »
Clarke lui sourit « Qu'aurais-tu fais si je n'étais pas venue alors ? »
« Je pense que j'aurais fais ce que je fais depuis mon retour : travail, travail, travail. D'ailleurs… En parlant de ça, tu as pu venir ici comment ? »
« Si je viens aujourd'hui, c'est parce que je n'ai pas pu venir avant… Je n'ai obtenu qu'un jour de congé aujourd'hui. »
« Tu repars donc dans la foulée… »
« Demain matin à la première heure. » sourit Clarke « Voilà pourquoi on ne peut se permettre de perdre plus de temps. »
« Du temps ? »
« Toi et moi. » Clarke inspira, comme si elle s'apprêtait à s'immerger dans l'eau froide « Lexa… Ca fait six ans que je me dis… Non, ça fait douze ans qu'on se connait… Et je crois que, depuis le premier jour où nos regards se sont croisés, j'ai su que tu serais importante pour moi, vraiment. Mais je n'aurais jamais imaginé à quel point, même encore aujourd'hui, je crois que j'ai minimiser l'impact qu'aurait ma venue ici. J'étais aussi excitée que stressée, pire qu'un oral d'exam. » gloussa-t-elle « Et, si je ressens tant de choses c'est qu'il doit bien y avoir une raison… »
Lexa se tortilla sur sa chaise, visiblement mal à l'aise. Clarke ne sut dire si cela était bon signe ou non. Dans le doute, elle continua. De toute manière, il était hors de question qu'elle reparte de Los Angeles sans avoir dit tout ce qu'elle avait sur le cœur.
« Enfin bref… Tout ça pour dire que… Lex'… Je… Je tiens à toi, énormément. Tu as joué un rôle prépondérant dans ma vie et… Je mentirais si je ne disais pas que… Tu en joues un encore maintenant. »
« Clarke… Ou veux-tu en venir ? »
« Je venir en venir à… Je crois que rien n'est fini entre nous, au contraire, ça a à peine commencé. »
« Et tu aimerais que ça continue ? »
« J'aimerais qu'on le veuille toutes les deux. Je… Je sais que tu n'es pas venue à New-York simplement pour le boulot, sinon tu ne serais pas repartie aussi vite après avoir appris pour nos fiançailles. »
« … »
« Alors ne me dis pas que tu ne sais pas de quoi je parle, ou que tu ne le veux pas. Parce que je ne repartirais pas d'ici sans savoir. »
« Savoir quoi ? »
« Que c'est réciproque, que tu ressens quelque chose aussi, quelque chose d'aussi fort que ce que je peux ressentir… »
« … »
« Lexa, écoute… Juste… Dis-moi. Comme ça c'est réglé, on passe à autre chose. »
« Ca serait aussi simple ? »
« Evidemment que non. Regarde, ça fait six ans que je fais semblant… Et j'en étais même pas consciente. Alors imagine maintenant que je le suis. » Clarke soupira, presque lasse d'avoir certainement perdu la chance de sa vie à cause d'un timing foireux « Ecoute… Je… »
« J'ai… J'avais peur. Je savais que je risquais beaucoup en venant à New-York. Je me suis pris une sacrée douche froide… »
« Ouais, j'imagine… »
« J'ai eu mal… Et je me suis promise qu'on ne m'y reprendrait jamais plus. »
« Alors quoi ? Tu vas rester hermétique à tout sentiment ? Tout amour ? »
« … »
« Ca craint ça. Parce que je suis prête à tout te donner… »
Le cœur de Lexa fit un bond dans sa poitrine, tandis que Clarke se rapprocha d'elle et posa sa main sur sa joue « Je te donnerai absolument tout Lexa, parce que tout est à toi, ça l'a toujours été. »
Et pour conclure sa phrase, de peur certainement que Lexa ne s'enfuit, elle la prit dans ses bras et colla maladroitement ses lèvres sur les siennes. D'abord surprise, Lexa se raidit, avant de finalement se laisser aller, en profiter, comme elle aurait dû le faire des années auparavant. Elle soupira d'aise et profita des lèvres de la belle bonde, de la douceur de sa langue caressant la sienne, de ses mains serrant sa tailla, de son corps épousant parfaitement le sien. Elle avait presque oublié.
Et quand leur souffle leur manqua, elles se séparèrent, presque à regret « Wow… Je ne me souvenais plus de cette foutue électricité qui vous parcoure le corps quand on embrasse la bonne personne. » sourit Clarke.
« Oui… J'avais oublié aussi… »
« On pourrait… Tu me ferais visiter ton chez toi ? » minauda Clarke.
Lexa compris évidemment le sous-entendu, mais elle accepta, avec plaisir. Alors, elle la conduisit chez elle et lorsqu'elle se gara devant l'allée, Clarke fut éblouie « Merde, sérieux ? Ton chez toi… Un manoir ouais ! »
Lexa gloussa avant de se garer « Viens, je te fais visiter mon domaine ! »
Clarke entra et découvrit l'entrée, majestueuse « Nom de Di… Pas mal, pas mal… »
« Tu peux poser tes affaires ici. »
Clarke s'exécuta et posa sa veste et son sac près de l'entrée avant d'investir les lieux : le salon, la salle à manger, la cuisine.
Elle ne fit aucun commentaire sur l'absence de décorations de Noel. Pas même un sapin ou une guirlande, rien.
Et lorsqu'elle vit le jardin au travers des immenses baies vitrées, elle tomba presque à la renverse « Oh merde… Mais… Tu as au moins une piscine et un terrain de tennis, obligé ! »
« A vrai dire, le terrain est en friche et je vais rarement à la piscine, peu de temps. »
« La vache… Tu fais donc partie de ces jeunes qui se complaisent dans le luxe et s'en foutent… Quelle chance. »
« Est-ce ironique ? J'ai travaillé pour tout cela. »
« Et je suis émerveillée… D'ailleurs… Ta couverture de Forbes était magnifique. »
« Arrêtes, j'étais tellement gênée lors de ce shooting. »
« Tu étais magnifique. Tu ES magnifique. » Elle s'approcha de Lexa et l'encercla de ses bras « Et… Ou es ta chambre ? »
Lexa haussa un sourcil « Vraiment ? Comme ça ? »
« Tu sais, j'ai attendu six ans pour me réveiller… Alors, si tu t'attendais à quelque chose de romantique avec resto, roses, bougies et musique douce… Désolée… J'ai tellement envie de toi que je pourrais te prendre dans ces escaliers. »
Lexa la fixa « Effectivement, c'est très peu romantique tout ça. » Clarke s'écarta alors en fronçant les sourcils « Quoi ? »
« Je viens de me rendre compte que je t'ai déballé tout ce que je ressentais… Mais toi, tu n'as rien confirmé de ton côté. »
« Crois-tu vraiment que je t'aurais invité chez moi si je n'étais pas consciente de ce qui allait s'y passer ? »
« J'aimerais que tu me le dises… »
Lexa lui sourit « Je… J'ai du mal à me dire que c'est vrai. Je n'attendais que ça Clarke. Et si tu es prête à tout me donner… Je suis prête à tout prendre et te rendre la pareille. »
« Alors… » elle s'approcha et la prit par la taille « Ca veut dire qu'on peut… » elle la colla à elle « passer le temps qu'il me reste ensemble ? »
Lexa lui sourit et se colla un peu plus « Exact, mais avant cela, je vais prendre une douche. »
« Parfait. Avec une telle maison, j'imagine que tu as au moins une baignoire d'angle ? »
Lexa lui répondit par un sourire avant de monter les escaliers avec elle et d'ouvrir la porte de la salle de bain « Oh merde… »
En voyant la taille de la pièce ainsi que la baignoire, Clarke se tourna vers Lexa et haussa un sourcil prometteur « Ok, on ne joue plus là… » Elle la prit par la main puis referma la porte derrière elle.
Et tandis que Lexa venait de faire couler l'eau dans le bain, Clarke s'effeuilla et admira Lexa. En moins d'une minute, l'eau fumante et parfumée d'une bombe à la rose n'attendait que les deux jeunes femmes qui n'avaient pas attendu pour que leurs corps nus, n'offrent une timide mais pressante chorégraphie.
Et quand Lexa entra dans l'eau, Clarke la suivit sans attendre avant de fondre sur elle, la couvrant de baisers, de caresses, de coups de langue sur sa peau moite. Ses mains retrouvèrent le chemin entre les cuisses de la belle brune, comme si elle ne les avait jamais quittées. Et lorsqu'elle entra en elle, Lexa se raidit mais l'expression de son visage exprima une plénitude qu'elle n'avait plus ressenti depuis longtemps.
Les soupirs se mêlèrent aux gémissements de plaisir, les gestes glissèrent comme une normalité aussi effrayante qu'hypnotisante. Et quand Lexa atteignit le paroxysme du plaisir, elle rendit la pareille à la jolie blonde en la basculante dans la baignoire, la chevauchant et la bloquant par la même occasion.
« T'as l'impression que je veuille être ailleurs ? »
« Si c'était le cas, je n'en ai plus envie à présent. » sourit Clarke en empoignant les hanches fines de sa partenaire « Viens là… »
Lexa se pencha et l'embrassa langoureusement avant que ne suivent une pléiade de baisers et de gestes plus tendres les uns que les autres. Cela dura une bonne heure avant que l'eau tiède, puis froide, ne force les deux jeunes femmes à en sortir.
Enveloppées chacune dans un épais peignoir, elles restèrent l'une contre l'autre, sans dire un mot. A vrai dire, elles ne savaient pas vraiment que dire ou quoi faire. Les choses semblaient si surréalistes…
« J'ai… »
« Oui ? »
« J'ai faim… » avoua Clarke.
Lexa gloussa « Viens. »
« En peignoir ? »
« Tu as froid ? »
« Non, non. »
« Alors suis-moi. »
Elles descendirent alors jusqu'à la cuisine où Lexa sortit les restes d'une pizza, ou du moins, il ne manquait qu'une part.
« Sérieusement ? »
« Quoi ? »
« Quand tu entames une pizza, tu ne manges qu'une part ? Moi je l'aurais englouti si ce n'était entièrement, au moins de moitié. »
« J'avais peu faim. »
« T'es du genre à partir tôt, revenir tard et manger sur le pouce ? Une working girl pure et dure. »
« Est-ce si mal ? » sourit Lexa « C'est ainsi que je travaille et c'est ainsi que j'ai réussi. »
« Oh je ne te juge pas, je suis pareil. »
« Alors mange… »
« T'as pas faim toi ? »
« Je vais nous faire un grill cheese. »
« Je suis pour. » Et tandis que Lexa s'affairait aux fourneaux, Clarke l'admirait « T'es tellement canon. »
« Arrête… » rougit Lexa.
« Quoi ? On vient de faire notre meilleure partie de jambes en l'air dans ta baignoire. Tu vas pas faire l'effarouchée. »
« … »
Clarke fit le tour du comptoir et enlaça la jolie brune « Désolée, j'ai toujours tendance à y aller franco, sans pincettes. »
« C'est bon, j'ai souvenir que tu étais déjà ainsi plus jeune. »
« Non mais écoutez-la celle-là. Donneuse de leçon alors qu'elle était une vraie pétasse étant ado. » gloussa Clarke.
« Pardon ? » lança, faussement outrée Lexa « Si tu continues ainsi c'est dans la face que tu l'auras ton grill cheese. »
Clarke déposa un rapide baiser sur sa joue « Désolée… Mais avoues que tu n'étais pas une partie de plaisir. »
Lexa opina alors « Certes. »
« Alors c'est ça notre diner de ce soir ? » s'amusa Clarke
« Tu ne voulais pas de romantisme, non ? »
« Touché. Alors… On fait quoi ensuite ? Netflix et confidences autour d'un chocolat chaud ? »
« Pourquoi pas ? »
« T'as une télé dans ta chambre ? »
« Grand écran 4K si tu veux tout savoir… »
« Je suis où là ? Au paradis ?! »
Lexa pouffa et après avoir dégusté leur frugal repas, Lexa lui montra le reste des pièces de la maison avant que Clarke n'insiste pour rejoindre la chambre de la belle brune. Evidemment, les ébats fusèrent, peu freinés, cette fois-ci, par une barrière d'eau. Les draps se froissèrent autant que les cheveux s'emmêlèrent, dans une cavalcade de baisers, de langues suaves ou encore de mains curieuses. Elles s'endormirent bien vite, dans les bras l'une de l'autre.
Mais si, pour Clarke, la nuit fut reposante, pour Lexa les choses en furent autrement. Dans sa tête un tumulte faisait rage, tant de questions, de problématiques survenaient à présent. Comment surmonter la distance, allier leur relation et leur travail à plein temps ? Et si cet intermède charnel n'était qu'une lubie, une passade ? Et si, au réveil, chacune se rendait compte de la folie de son geste. Etait-ce raisonnable ? Comment le gérer…
Son cœur se serra lorsqu'elle envisagea la réponse, et soudain elle ferma les yeux, une larme s'échappant du coin de son œil en se rendant compte de la seule solution possible.
TBC
