Blaise et Ron
Blaise était assez fier de lui, pour le coup. Halloween était dans quelques jours, et certains voisins avaient déjà commencé à décorer leurs maisons ou leurs balcons. Ce n'était pas aussi universel que Noël, mais les gens ici étaient des gens bien, et par conséquent ils valorisaient Halloween.
Blaise était presque sûr que ça n'avait rien à voir avec la venue de sa mère quelques jours après qu'il ait émis l'idée d'un quartier décoré pour l'occasion.
Cette année, il avait fait fort. De gigantesques araignées recouvraient sa maison et son jardin, et elles bougeaient un peu grâce à un mécanisme que son septième beau-père lui avait appris à faire fonctionner. Là où il n'y avait pas d'araignées, il y avait leurs toiles ; un seul petit sentier était libre afin qu'il puisse accéder à la porte d'entrée. Il avait hâte d'être ce vendredi, Daphné serait sans aucun doute épatée.
Bon Pansy et Drago fronceraient du nez, mais Daphné était la seule qui importait vraiment.
Trop absorbé par son œuvre, il ne vit pas son voisin sortir de son immeuble jusqu'à ce qu'il l'entende hurler, puis tomber. Détournant son attention de la huitième merveille du monde, il se rendit compte que Ronald Weasley, le plus jeune fils de sa voisine, venait de perdre connaissance. Ils avaient à peu près le même âge, mais lui était riche alors la famille de rouquins avait à une époque habité à neuf dans le logement social accordé par l'employeur du père de famille. La mère de Blaise lui avait toujours dit de ne pas se mêler à ces gens, mais là il n'avait pas vraiment le choix.
Quelques minutes plus tard, le roux avait repris connaissance, dans le canapé hors-de-prix que Drago avait offert à Blaise. Il lui donna un verre d'eau et attendit patiemment qu'il le boive avant de lui expliquer la situation.
— Qu'est-ce que je fais chez toi, Zabini ? finit par demander Weasley, méfiant.
— Tu t'es évanoui en sortant de l'immeuble, je n'allais pas te laisser moisir là, haussa-t-il des épaules.
— Je me suis... ? écarquilla des yeux le roux, avant de tourner brusquement la tête vers la fenêtre. C'est quoi ça, putain !
Blaise tourna la tête avant de sourire un peu.
— Ah ça, Weasley, c'est la huitième merveille du monde ! Ma déco d'Halloween. Bien mieux que la pauvre petite citrouille qui éclaire votre balcon.
Le roux sembla sur le point de l'insulter en retour quand la compréhension éclaira son visage, puis l'assombrit.
— Tu veux dire que c'est toi, ces putains d'araignées ! Non mais c'est pas vrai !
Le métisse haussa des sourcils, dérouté.
— Un problème, Weasley ? Subjugué par mon incroyable talent ?
— Mais j'vais t'le faire bouffer ton talent, pauvre tâche ! s'insurgea Ronald, le visage rouge. Même pas foutu de demander l'avis de tout le monde avant de faire tes conneries ! Je suis arachnophobe !
Ah. Blaise étouffa un rire. Oups.
