Toujours aucun rapport avec Halloween si ce n'est la date, franchement pour l'année prochaine je vais apprendre de mes erreurs et me contenter de faire de deux histoires sans prises de tête mais définitivement en rapport avec Halloween cette fois-ci. Quoi qu'il en soit, bonne lecture !


Harry/Drago

Drago était nerveux. Il avait obtenu de Potter ce qu'il voulait. C'était la première fois depuis la guerre, où Potter les avait débarrassés du Seigneur des Ténèbres. Potter avait accepté un rendez-vous. Le blond en avait rêvé depuis ses treize ans. Chaque fois qu'il croisait le regard vert du brun, chaque fois même qu'il voyait un brun aux yeux d'émeraude, il ne pouvait s'empêcher de rougir et, pour garder la face, il avait autrefois choisi de faire passer cela pour de la colère, pour du dégoût, pour de la haine. Ce qui n'avait pas non plus été nécessairement faux, l'homophobie internalisée à cause de son père lui avait fait haïr Potter d'autant plus qu'il le désirait, en plus de l'admirer.

Mais tout ceci était derrière eux, et il s'apprêtait à entrer dans la maisonnette de Potter, qu'il avait désormais le droit d'appeler Harry. Ce n'était plus seulement un nom murmuré au creux de la nuit et de la guerre, la seule forme de résistance qui lui était accordée jusqu'à cette nuit dans son Manoir qui avait marqué un point de non-retour dans sa relation avec Potter. Harry. Ce n'était plus le symbole de sa résistance, mais celui de sa liberté.

Drago se sentait particulièrement privilégié. Il savait que le soir d'Halloween n'était pas le plus beau des soirs pour le brun, et pouvoir en faire partie lui donnait le sentiment qu'il comptait vraiment. Ce n'était pas quelque chose qui arrivait souvent, depuis la fin de la guerre. Seule Daphné ne l'avait pas abandonné, et il avait fallu qu'il conteste leurs fiançailles pour qu'elle lui tourne le dos, blessée.

Harry lui avait autorisé l'accès, aussi put-il entrer sans problème. Le jardin n'était que peu entretenu, mais il y avait une forme de beauté sauvage, quelque chose d'indéfinissable qui lui rappelait Harry, qui lui faisait aimer ce petit bout de terrain.

Et il y avait un gros chien noir, particulièrement beau, qui grognait dans sa direction. Drago prit une longue respiration. Il avait survécu à Nagini, il pouvait faire avec ce canidé. Il n'y avait aucune raison de fuir. Il n'y avait aucune...

Le chien se lança dans sa direction et Drago courut le plus vite possible, remerciant Merlin pour lui avoir fait penser à s'habiller à la moldue ce soir-là. Mais l'animal courait vite, et il y avait longtemps que Drago n'avait réellement couru. Il grimpa dans le petit arbre au fond du jardin, son corps se souvenant des longues soirées qu'il avait passées dans le parc de Poudlard à essayer de grimper à un arbre pour impressionner Potter. Merlin, qu'est-ce que Harry avait été aveugle. Comment avait-il fait pour ne pas déjà se rendre compte de l'attirance du blond pour lui ?

Ou peut-être s'en était-il rendu compte, à un moment ou à un autre. Durant la guerre et la Huitième Année, il avait semblé que le brun n'éprouvait plus que pitié pour lui. Comme s'il avait compris quelque chose qui faisait de Drago quelque chose de pitoyable. Il y avait beaucoup de facteurs à prendre en compte, cela dit : Drago était de fait quelqu'un de pitoyable, à l'époque.

Une fois installé dans l'arbre, il se permit de reprendre son souffle avant de crier le nom de son peut-être futur amant. Le chien aboyait, et jappait, et aboyait, et Drago appelait Harry de toutes ses forces. Le brun ne sortait pas. Drago en était presque venu à la conclusion que Harry avait oublié leur rendez-vous et n'était pas là quand la porte s'ouvrit.

— Sirius, viens ici ! tonna-t-il.

Le vilain animal partit la queue entre les jambes rejoindre son maître, qui lui caressa distraitement les oreilles. Drago ne descendit pas de l'arbre, bien trop absorbé par l'homme qui se tenait au-dessous de lui. Les cheveux juste assez décoiffés pour qu'on puisse le reconnaître, Harry portait une chemise verte ajustée qui mettait ses yeux en valeur et un pantalon à pince noir qui dévoilait ses chevilles nues.

— Salut Drago, sourit-il timidement quand leurs regards se croisèrent.

Ce n'est que lorsque leurs lèvres se connectèrent que le blond se rendit compte qu'il était descendu de l'arbre, et ce n'est que lorsqu'il sentit contre sa clavicule le sourire du brun qu'il comprit que cette bulle de chaleur qui avait éclaté non loin de son cœur, ces papillons qui avaient déployé leurs ailes dans tout son corps étaient quelque chose de rare et précieux, d'infiniment chérissable : le bonheur.