Titre : How I Met My Werebunny
Auteur : Moku
Disclaimer : Rien ne m'appartient, je ne fais que la traduction!
Lien version originale : AO3 /works/1818415
Note de la traductrice : Voilà la suite de cette 'guerre' entre Derek et Stiles. J'espère que cette deuxième partie vous plaira ! Bonne lecture !
Derek se réveilla en se sentant oppressé, un peu à la ramasse. Comme si quelque chose envahissait son subconscient au niveau de son inconscient, pas quelque chose de vraiment mauvais, mais de gênant. Inconfortable. Contraignant.
Il grogna dans son oreiller devant ses propres pensées matinales. Alors qu'il tendait la main vers sa table de nuit, sa main heurta un mur. Il cligna des yeux, ensommeillé et confus, avant de se relever sur ses coudes, regardant autour de lui et s'assurant qu'il était bien dans sa chambre.
Il y était.
La table de nuit était à sa droite comme ça avait toujours été le cas.
Le sol, cependant, était recouvert de lignes noires.
Il fallut un long moment au cerveau confus de Derek pour comprendre ce qui se passait, mais au moins il n'eut pas besoin de vérifier deux fois pour savoir que les lignes étaient faites de cendres de sorbier. Et qu'elles le séparaient non seulement de sa table de nuit, mais chaque putain de choses.
"Cette petite merde," grogna-t-il, avant de retomber sur son lit.
Il savait que Stiles avait été en train de préparer quelque chose, qu'il avait mesuré le loft de Derek pour quelque chose qui dépassait l'intérêt de base de lui acheter de nouveaux rideaux.
Ce à quoi il n'était pas préparé cependant, était un putain de labyrinthe.
Du moins, cela ressemblait à un labyrinthe, mais généralement on pouvait y entrer et en sortir. Derek rouvrit les yeux, roula sur le côté du lit, et suivit du regard les lignes. Il lui fallut quelques secondes pour trouver le début du labyrinthe qui était saupoudré sur son plancher. Il lui fallut encore presque une minute avant d'enfin trouver comment se rendre à sa table de nuit et donc accéder à son téléphone. Qui était de façon frustrante juste à côté de lui.
Il dut parcourir des boucles serrées, s'arrêter tous les quelques mètres pour revenir sur le bon chemin et après cinq minutes, il atteignit enfin son téléphone et composa le numéro de Stiles. Un bruit de vibration résonna dans son salon et Derek releva la tête.
"Quoi de neuf, mon pote ?" Appela nonchalamment Stiles depuis les escaliers.
Peu de temps après, Derek put entendre le bruit de pas sur le plancher, puis dans les escaliers jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent juste devant sa chambre. "Besoin de quelque chose ?" Stiles ouvrit la porte, s'appuyant contre le cadre de la porte.
Derek n'était qu'à trois mètres de lui. Mais au lieu de se jeter agressivement sur Stiles comme il le voulait, il dut s'arrêter et réfléchir au putain de chemin menant à la porte de sa propre chambre. Stiles avait les bras croisés sur sa poitrine, un sourcil levé.
Derek voulait lui faire du mal.
"Ouvre. La barrière."
Stiles eut un sourire narquois. "Nan."
"Stiles !"
"Je serai en bas si tu as besoin de quelque chose !" Il se retourna avec un mouvement de la main, mais son départ dramatique fut ruiné, quand sa hanche heurta le cadre de la porte. "Et j'ai déjà nourri Ernie et Bert, alors ne t'inquiète pas pour eux !"
"Stiles, reviens ici !"
Stiles ne revint pas.
Derek laissa échapper un flot d'insultes, avant de finalement suivre les lignes pour sortir de la pièce et descendre les escaliers. Les chemins étaient étroits et Derek dut se faufiler dans certains passages. Stiles avait laissé des voies ouvertes où il aurait pu se faufiler s'il avait eu la carrure d'un bambin et non pas d'un loup-garou de quatre-vingt-dix kilos. Puis il y avait des chemins plus larges qui conduisaient à des impasses.
Au moment où il arriva aux escaliers—bien qu'il ait tourné en rond pendant quelques minutes—Derek se rendit compte qu'il avait une envie pressante. Il grogna entre ses mains et décida qu'il ne pisserait dans aucune des plantes qu'il croiserait, peu importe la pression qu'il ressentait. Non, il ne le ferait pas. Surtout parce que Stiles tenait fermement son téléphone, le pouce planant au-dessus d'un bouton, dont Derek était sûr qu'il permettait d'activer l'appareil photo et donc d'enregistrer le tout.
Si ce n'était pas déjà fait.
Il était sûr que les autres membres de la meute aimeraient voir Derek se faufiler à travers des murs invisibles et trouveraient ça drôle.
"Sérieusement Stiles, tout le loft ?" Demanda Derek avec incrédulité, fixant l'escalier en colimaçon. Il était environ 1% fier et 1% stupéfait, mais il ne l'admettrait jamais—jamais—à personne; et 198% énervé. Si Derek n'avait pas été du mauvais côté de cette blague, il aurait probablement partagé son appréciation par télépathie avec Stiles, qui aurait répondu avec une expression fière, en disant oui, je sais, pas vrai ?
Au moins, les escaliers étaient parfaitement exempts de cendres de sorbier, mais en bas, il y avait cinq chemins menant quelque part. Où, Derek ne savait pas et il avait vraiment besoin de trouver celui qui allait aux toilettes. Il se tourna pour faire face à la porte de la salle de bain et suivit les lignes jusqu'à sa propre position.
Apparemment, il devait marcher le long des murs du salon, faisant un détour autour du canapé et tournant autour de ce que Stiles appelait la Table Ronde. Elle n'était pas ronde. Ce n'était même pas une table. Mais c'était là qu'ils se concertaient, écoutant les idées folles que Stiles proposait pour empêcher la domination démoniaque du monde ou encore une autre apocalypse, ou ce qu'était, comme Stiles aimait le dire, 'le monstre du mois'. Derek avait arrêté de compter quand il avait failli être mangé par une orque-loup ou quel que soit le bordel qu'était cette chose. Peut-être qu'ils devraient faire un calendrier, comme Stiles l'avait suggéré. Pas qu'il était si désireux que ça de se souvenir des monstres, mais cela les aiderait certainement à garder une trace de ce qui leur était arrivé. Ce dont il aimait se rappeler, cependant, était le son du rythme cardiaque de Stiles toujours à côté de lui, pulsant rapidement et en discordance, lui faisant savoir que Stiles était toujours vivant et plutôt en bon état.
"Je vais putain de te tuer pour ça," murmura-t-il dans un souffle quand il passa devant l'adolescent assis sur le canapé, incapable de franchir la barrière pour frapper son visage souriant.
Pendant un moment, Derek s'arrêta et réfléchit au chemin menant au canapé pour pouvoir rouer de coups Stiles; il débattit avec lui-même si cela valait le coup au vue de sa vessie douloureuse.
Il se ravisa. Il avait toute la journée pour ça.
Lorsqu'il finit par arriver aux toilettes, il… il ne savait pas à quoi il s'attendait. Pas davantage de cendres de sorbier, cependant. "Putain Stiles," rugit-il. Stiles gloussa de plaisir. Derek ne pouvait même pas fermer la porte derrière lui parce qu'il l'avait déjà repoussée par-dessus une autre ligne et qu'il lui faudrait retraverser la moitié de l'appartement avant de pouvoir l'atteindre et la fermer.
Donc, il la laissa simplement ouverte alors qu'il se soulageait, ignorant le glapissement de Stiles.
"Mec—"
"Va. Te. Faire. Foutre," claqua-t-il.
Après trois heures de planification à l'avance à chaque fois qu'il voulait aller quelque part pour diminuer le temps qu'il passerait à courir dans son fichu appartement, Derek était on ne peut plus énervé. Le labyrinthe avait cessé d'être amusant après la cinquième fois où il avait dû traverser une quantité infernale de boucles dont Derek n'aurait jamais pensé qu'elles passeraient dans son salon juste pour prendre quelque chose à boire dans son réfrigérateur.
Et chaque fois qu'il avait été assez proche pour finalement frapper ce connard, Stiles faisait juste un pas de côté, empêchant Derek de l'atteindre. Il lui faudrait des siècles pour l'attraper.
À un moment, alors que Derek était sur le point de croquer dans une pomme, il s'arrêta, réfléchit et au lieu de la manger, il la jeta à la tête de Stiles dans un accès de fureur calculé.
Il lui avait fallu une demi-heure pour obtenir cette pomme.
Mais ça en valait vraiment la peine.
Stiles allait avoir un beau coquard et il avait perdu son air idiot, son large sourire disparut pendant trois minutes avant de reprendre place sur son visage et il se moqua de Derek, soulignant qu'il venait juste de jeter son déjeuner.
"Je. Te. Déteste. Tellement," grogna-t-il.
Ce qui frustrait Derek plus que la marche, les boucles, l'étroitesse—plus que tout autre chose—était la façon dont Stiles savait toujours où placer ses membres, comment les tenir pour que Derek puisse sentir sa chaleur corporelle, mais être complètement incapable de le toucher, de passer une main sur le bras de Stiles, d'effleurer légèrement d'un doigt sa silhouette maigre ou encore de cogner leurs épaules ensemble. Derek ne savait pas à quel point il était tactile jusqu'à ce qu'il ne puisse plus rien toucher.
Stiles dut le remarquer aussi, à un moment donné, parce que quand Derek le dépassa derrière une ligne, il avait légèrement décalé son coude, permettant à Derek de l'atteindre. Il aurait pu facilement attraper son bras et tirer Stiles sur le canapé. Au lieu de cela, Derek passa le bout de ses doigts sur sa peau en signe de reconnaissance silencieuse et en resta là.
Il était toujours en colère, mais l'émotion était… étouffée.
Il fallut à Derek un temps embarrassant pour se rendre compte que Stiles ne pouvait pas avoir créé un labyrinthe pour le monde entier et qu'il avait dû s'arrêter à un moment donné—ce qui accessoirement devrait être l'ascenseur de Derek.
Dès que Stiles réalisa que Derek marchait à travers le salon, essayant de se rapprocher le plus possible de l'ascenseur pour trouver le chemin et les virages qu'il devait prendre, Stiles poussa son ordinateur portable sur le côté, se penchant en avant le regardant avec une joie illimitée.
Stiles n'avait pas nécessairement été étonnamment silencieux pendant qu'il arpentait l'appartement, agacé, énervé et un tout petit peu—oui, il ne pouvait toujours pas résister à cette pensée remplie de fierté pour les pitreries de Stiles—impressionné.
"Comment as-tu même planifié ça ?" Demanda Derek, toujours en face à l'ascenseur.
"Je connais ce loft mieux que ma propre chambre," confessa Stiles. "Et, les plans, mec."
Stiles avait toujours été et serait toujours ingénieux. Pourtant, il ne dirait pas à Derek comment il avait accédé à sa voiture pour la farce du coffre, et il n'allait jamais lui révéler comment il avait poussé les voisins de Derek à le prendre dans leurs bras à chaque fois qu'ils le voyaient, alors oui, Derek n'était même pas du tout surpris qu'il ait récupéré les plans de son loft.
Il ne l'était vraiment pas.
Stiles était comme le professeur Moriarty. Il pourrait voler le tableau le plus célèbre ou entrer à Fort Knox et en sortir sans que personne ne s'en aperçoive s'il y mettait du sien. Même si Derek n'était pas sûr de qui était Sherlock dans cette équation. À l'évidence, le loup-garou correspondait à de nombreux profils, mais pas celui-ci.
Rétrospectivement, Stiles avait fait de gros efforts pour rendre la plupart de l'appartement accessible. Il ne pouvait pas tout atteindre, soit parce que Stiles n'avait pas estimé que sa barre de traction était suffisamment importante—et actuellement Derek avait hâte de se défouler—ou parce qu'il ne les avait pas inclus dans le plan du labyrinthe. Ce qui expliquait pourquoi il avait pris le temps de nourrir les poissons rouges que Derek avait gardé de la farce du coffre.
Seul Stiles pouvait trouver un moyen de l'agacer à ce point, tout en lui montrant à quel point il se souciait de lui.
Ses pensées furent interrompues par le bruit de quelqu'un frappant contre la porte en acier qu'il avait placé devant l'ascenseur. Peut-être que c'était la cendre de sorbier, peut-être que les bêtas qui l'entouraient avaient finalement appris à utiliser leur cerveau et à cacher leur odeur et leur rythme cardiaque, quoi que c'était, Derek n'avait pas remarqué leur présence avant qu'ils ne frappent.
"Yo, Derek, est-ce qu'on peut entrer ?"
Avant même qu'il ait pu formuler une réponse hostile, la porte fut poussée sur le côté et Isaac, Erica et Boyd regardèrent la pièce la bouche grande ouverte, avant qu'ils n'éclatent de différents degrés de gaieté. Dans le cas de Boyd, ce n'était qu'un mince sourire sur les lèvres, mais le plissement de ses yeux trahissait le fait qu'il se roulait intérieurement sur le sol, hurlant de rire.
"Tu as vraiment réussi !" Cria Erica.
"C'est plutôt génial," ajouta Isaac avec un signe de tête, puis avec hésitation, fit un pas en avant. "Comment as-tu fait pour que Derek dorme pendant tout ce temps ?"
Stiles se tortilla sur son siège à la question et Derek se tourna vers lui avec les sourcils haussés, parce que comment en effet.
"Uhm. Je ne le dirais pas," répondit-il, se frottant la nuque et pour la première fois, il eut l'air se sentir coupable de toute cette farce de labyrinthe. Bien que Derek ne sache pas vraiment si Stiles n'était pas enclin à le dire parce qu'il voulait garder le secret ou parce qu'il voulait éviter que les bêtas n'aient de mauvaises idées.
Probablement les deux.
"Tu ne peux vraiment rien toucher," réalisa Erica, tendant la main, puis elle regarda autour de la pièce et suivit un chemin sans même y penser, se tournant, se tordant et se faufilant dans des passages étroits. Derek ne savait pas comment, mais elle se retrouva dans son débarras inutilisé.
Visiblement, Erica ne savait pas non plus.
Isaac avait choisi le deuxième chemin menant de façon circulaire à l'ascenseur après avoir dépassé Derek environ trois fois à différentes distances. Boyd, l'intelligent bougre, se contenta de les regarder et ne fit pas un pas de plus.
"Derek a dû devenir fou," hurla Erica depuis le balcon, Dieu seul savait comment elle était arrivée là-bas, parce que Derek avait essayé de sortir et de sauter du balcon.
"Derek a passé la plupart du temps assis dans son fauteuil," répondit Stiles.
"Je sais. J'ai vu les tweets," répliqua Erica en regardant autour d'elle avec perplexité avant d'essayer de revenir sur ses pas.
"Tweets ?" Demanda Derek, passant devant la cuisine sur le chemin du retour vers le canapé et, après coup, passa par les toilettes et obtint trois halètements de surprise identiques. Derek les ignora, parce qu'il ne voulait tout simplement pas prendre de risques. Au moment où il revint à son fauteuil avec trois bouteilles d'eau, toutes les barres énergétiques qu'il ait pu trouver et un yaourt, Erica était de retour dans l'entrée et la télécommande avait été saisie par Stiles, qui avait les jambes posées sur la table basse, un ordinateur portable sur les cuisses.
"Un blog en direct," répondit Stiles, en agitant son portable en direction de Derek, qui se contenta de grogner en détournant la tête. Erica essaya une deuxième fois d'arriver au canapé mais se trouva désespérément perdue. À la fin, elle grogna et menaça Stiles, jusqu'à ce qu'il lui donne des instructions et qu'elle finisse par retrouver son chemin grâce aux instructions de Stiles.
Pendant une seconde, Derek avait supposé que Stiles avait le labyrinthe entier cartographié dans sa tête, jusqu'à ce qu'il repère le morceau d'une carte sur l'écran de Stiles. Probablement le plan sur lequel il avait travaillé.
Après qu'Erica ait finalement trouvé son chemin vers la sortie, elle traîna Boyd par le bras hors du bâtiment. Isaac resta derrière, quelque chose à propos d'attendre Scott. Derek ne prit pas la peine de l'écouter. Actuellement, il était occupé à se chamailler avec Stiles à propos de la télécommande et la chaîne parce qu'il ne pouvait pas supporter de regarder une autre rediffusion de Scrubs tandis que Stiles pensait qu'il était tout simplement impossible d'en avoir assez de la saison deux.
Isaac grogna et partit seulement pour revenir cinq minutes plus tard avec Allison, Lydia et Scott. Les filles se jetèrent sur le canapé à côté de Stiles et Derek soupçonnait toujours qu'une banshee était immunisée contre tout, même le sorbier.
Scott et Isaac restèrent dans l'entrée.
Derek ne pouvait pas leur en vouloir.
S'il avait pu, il aurait été là-bas avec eux.
Au lieu de cela, il était forcé de regarder JD et le Concierge se chamailler pour la millionième fois sans aucun moyen de changer de chaîne car il n'avait toujours pas compris comment récupérer la télécommande et le téléviseur était complètement entouré de cendres de sorbier, ce qui l'empêchait même de changer manuellement.
Scott et Isaac partirent au milieu de l'épisode, sans jamais faire un pas dans l'appartement et Derek laissa les deux humains et demi à eux-mêmes, ignorant leurs rires alors qu'il tentait de retrouver le chemin de l'escalier.
Il passa devant eux plusieurs fois, jurant dans sa barbe, puis réalisa qu'il avait oublié son eau, revint sur ses pas, et puis repartit en arrière avant de finalement atteindre l'escalier.
Dès qu'il fut de retour dans sa chambre et qu'il eut retrouvé le chemin de son lit, il tomba raide mort sur le lit, plus épuisé qu'il ne le pensait possible.
Quand il ouvrit les yeux quelques heures plus tard, Stiles était assis à côté de Derek sur son lit king size, lisant quelque chose sur sa tablette.
Derek n'était pas sûr s'il voulait le frapper ou simplement le toucher parce qu'il le pouvait enfin.
"Combien de temps ?" Demanda Derek, la voix remplie de sommeil.
"Le labyrinthe ?"
"Ouais."
Le soleil se couchait à l'extérieur, donc Derek avait dormi pendant peut-être deux heures.
Stiles ferma la fausse housse en cuir de la tablette et la plaça sur la table de nuit. "Eh bien, voyons, combien de temps m'a-t-il fallu pour nettoyer ma maison ?"
"Une semaine," répondit sèchement Derek.
"Ce n'est pas—attends—d'accord, je suppose, c'est vrai."
"Une semaine, parce que l'un des lutins s'est échappé à nouveau et t'a fait payer son emprisonnement en transformant ta chambre en aquarium."
"C'est gentil," dit Stiles en roulant des yeux. "Merci de me le rappeler."
Derek récupéra le couvre-lit avant de le tirer sur leurs jambes. Stiles s'affala un peu, roulant sur le côté.
"J'ai un entretien d'embauche lundi, alors assure-toi que ce soit parti d'ici là," l'averti-t-il, regardant l'autre attentivement. Puis: "Alors, comment as-tu fait ?"
"Fait quoi ?" Demanda Stiles, confus.
"Comment as-tu fait pour que je dorme pendant tout ça ? Tu m'as drogué ?"
Stiles s'agita sur le lit. "Non, je ne l'ai pas fait," répondit-il finalement, la mâchoire serrée. "Je veux dire, j'y ai pensé, tu sais ? Mais je ne pouvais tout simplement pas. Pas pour quelque chose comme ça." Derek plissa les yeux vers le garçon dans la faible lumière de la chambre, regardant son visage. "Tu avais juste sommeil et tu es allé te coucher. J'ai frappé une fois à la porte de ta chambre, tu as marmonné quelque chose, je suis entré, et quand tu as remarqué que c'était moi et tu t'es rendormi." Derek renifla. "J'ai attendu quelques minutes, je t'ai même parlé, mais tu dormais comme un bébé. Alors je me suis dit que si tu te réveillais, pendant que je faisais mon truc, je te jetterai juste des cendres de sorbier et te ferais attendre pendant que je finissais de préparer le labyrinthe."
Stiles resta silencieux pendant un moment, avant de sortir un sac en tissu de la table de nuit. "J'ai enlevé le sorbier pendant que tu dormais." Le garçon aux cheveux châtains avait l'air inquiet maintenant. "Tu me crois, pas vrai ? Tu sais que je ne pourrais jamais…" Derek stoppa l'imminente divagation en levant la main. Stiles laissa sa bouche se refermer et Derek laissa tomber sa main entre eux.
Le cœur de Stiles battait la chamade dans sa poitrine. Derek savait pourquoi. Parce qu'ils avaient commencé de façon bancale et avaient continué sur une base temblante jusqu'à ce que cela se transforme en une timide bande de confiance gagnée en se grognant dessus dans des situations dangereuses, en disant à l'autre d'aller mourir avant de faire demi-tour et de sauver son cul stupide.
Et maintenant, ils étaient pris au piège dans un flou frugal entre l'amitié et quelque chose de plus.
"C'est bon, Stiles," assura Derek, essayant de le calmer.
"Derek, j'ai vraiment—"
"Je te fais confiance," interrompit à nouveau Derek.
Parce qu'il le faisait. Parce qu'il y avait une raison pour laquelle Stiles était resté toute la putain de journée, et cela n'avait rien à voir avec le fait de tweeter chacun des mouvements de Derek. Il avait vérifié. Il n'y avait eu en tout que trois tweets et ils étaient sur le fait qu'il allait bien. Non. Stiles était resté pour s'assurer que Derek ne devienne pas fou, pour s'assurer que Derek était capable de gérer l'espace étroit et la perte de contrôle.
Stiles cligna des yeux, un sourire timide aux lèvres, son rythme cardiaque ralentissant, quand sa main se dirigea vers celle de Derek, entrelaçant leurs doigts.
"Ouais ?" Demanda-t-il, la chaleur dans son regard démentant le ton taquin de sa voix. "Tu veux faire des exercices de confiance demain pour vérifier si tu devrais vraiment ?"
Derek secoua la tête. Il fallait seulement sauver la vie de quelqu'un tant de fois pour savoir qu'il te rattraperait même s'il se retrouvait alors écraser sous ton poids.
"Va dormir, Stiles," marmonna Derek, jetant la moitié de la couverture sur le visage de Stiles, étouffant son rire.
Le lendemain, Stiles sauta du balcon de Derek. Frénétiquement, le loup-garou sprinta le long des murs et le rattrapa à mi-chemin, lui hurlant dessus pendant le reste de leur chute tandis que Stiles, les bras étroitement enroulés autour du cou de Derek, riait dans son épaule.
"C'est réciproque, tu sais," gloussa Stiles, après qu'ils aient atterri, ivre d'adrénaline.
Cette fois, Derek le frappa au visage.
Derek Hale n'était pas l'Antéchrist.
Derek Hale était pire.
Stiles n'était pas exactement sûr de ce qui était pire, cela dépendait probablement de la religion qu'il choisirait et vu qu'il n'était pas religieux de toute façon, il s'en tiendrait simplement au christianisme. Alors peut-être Judas ? Judas était généralement haï pour avoir trahi Jésus, alors voilà. Bien que de récents scientifiques aient découvert une sorte de nouveau livre qui dépeignait Judas comme une sorte de héros qui avait seulement été mal compris et avait essayé d'aider. Et n'était-ce pas approprié actuellement ?
Cela se rapportait si bien à Derek, Stiles se rendit lui-même triste.
Quoi qu'il soit. Derek Hale. Pire qu'un lutin.
Parce que maintenant ?
Maintenant, Stiles fouillait les bennes à ordures de la cantine de l'école, essayant de trouver l'arbre à cames, le couvercle de sa soupape ou autre chose, parce que Derek putain de Hale avait complètement et minutieusement démonté son putain de moteur et avait caché les pièces partout dans la ville. Et les seules pistes qu'il avait étaient de petites notes attachées à ses découvertes, les menant à la suivante, comme une folle chasse au trésor.
Stiles n'était pas amusé.
Et Derek était diabolique, traînant derrière lui, agitant ses clés de voiture, regardant tout le monde comme le connard grincheux et inaccessible qu'il n'était pas, même s'il était mort de rire à l'intérieur. Stiles le savait à la lueur dans ses yeux, à la façon dont ses épaules étaient détendues, et à la façon dont ses lèvres tremblaient comme s'il se forçait à réprimer son sourire narquois.
Connard.
"Le moteur AMC 6 cylindres de 4,2 L de la jeep CJ-5 est composé d'une cinquantaine de pièces," dit soudainement Derek derrière Stiles, plus proche que la dernière fois, alors qu'il se retournait pour regarder le loup-garou avec toute la fausse haine il pouvait s'accumuler. "Si tu veux avoir terminé d'ici la fin du week-end, tu ferais mieux de te dépêcher."
Stiles, qui n'était habituellement pas timide avec les mots, refusa de reconnaître la prétention flagrante.
Oh, alors Derek Hale connaissait mieux sa Jeep que Stiles ? Comme intimement ? Et alors si Stiles ne savait même pas qu'il avait un moteur AMC ou quelque chose dans sa jeep ? C'était déjà suffisant qu'il sache que son moteur était une bête effrayante et que conduire au-dessus de 100 km/h rendait presque chaque conversation impossible. Du moins jusqu'à ce qu'il ait trouvé quelqu'un pour le recouvrir d'un capot rigide, ce qui atténuait au moins un peu le bruit extérieur pour qu'il n'ait pas à crier 'Qu'avez-vous dit ?' à plein poumons à chaque fois que ses passagers ouvraient la bouche.
Il savait que le pare-brise avant avait tendance à tomber tous les quelques jours et qu'il avait dû le revisser à plusieurs reprises. Il savait qu'une portière avait été remplacée parce qu'un crétin l'avait arrachée trois jours après que Stiles ait récupéré la jeep.
Il savait que cela lui avait pris beaucoup de temps pour s'habituer à ce siège qui ne permettait pas de s'incliner, que son bébé préférait qu'il la gare en drive plutôt qu'au point mort avec le frein à main, car pour une quelconque raison, celui-ci avait tendance à se coincer et conduire avec le frein à main enclenché, ouais, ça n'arriverait pas. Il savait que le passage en troisième vitesse était toujours un peu difficile et que le moteur calait—pour une quelconque raison—pendant la conduite, plutôt que disons, pendant qu'il démarrait. (Position drive : sur les voitures automatiques, ça correspond à la conduite en marche avant)
Alors oui, il savait tout ça même s'il ne savait pas comment remplacer la courroie de ventilateur par une paire de collants, ou même comprendre ce qu'il s'était passé pour que la voiture tombe en panne après avoir regardé autant le moteur qu'il le pouvait et même si sa vie en dépendait, ou encore, démonter tout son putain de moteur et le remonter à nouveau.
"Stiles," dit Derek, relevant probablement son rythme cardiaque déchaîné alors qu'il regardait ce qui pourrait être la culasse ou une bielle pour tout ce que Stiles connaissait des voitures. "Pense juste à trouver les pièces," poursuivit-il, sourcils rapprochés.
"Pourquoi ? Tu vas le remonter ?"
"Si tu le demandes gentiment."
Stiles savait qu'il réagissait de manière excessive, mais quitter l'école et voir son capot de voiture ouvert lui rappelait un peu trop le jour où Peter les avait piégés dans le lycée et avait retiré la batterie de sa voiture. La seule raison pour laquelle il ne paniqua pas fut Derek appuyé contre sa voiture et il sut simplement que c'était une farce—merci Déesse.
Derek ne connaissait pas les détails de cette nuit-là. Il avait été assez préoccupé à essayer de ne pas mourir et Stiles pouvait lui accorder ça. Et de toute façon, c'était Derek. Il ne dédaignait pas la voiture de Stiles même si elle valait moins d'un dixième de la Camaro. Elle leur avait sauvé la vie de nombreuses fois. Derek le savait et l'appréciait. Et Stiles savait que Derek savait et ouais, ils étaient officiellement tous les deux au courant.
Le pli d'inquiétude entre les yeux de Derek, cependant, disait à Stiles qu'il était sur le point de tout annuler.
Stiles ne voulait pas ça.
Stiles n'était pas vraiment si contrarié.
"Non, je ne le ferai pas," répondit-il fermement, marchant sur un pot de yaourt sur le chemin pour sortir de la benne à ordures, obtenant des taches blanches sur tout son jean. Le plus jeune leva simplement les yeux vers le ciel bleu avec une expression qui disait 'pourquoi moi' avant de finalement sortir de la benne, récupérant l'indice avant de pousser le sac transparent contre la poitrine de Derek, son humeur s'allégea quand certains restes du repas du jour se retrouvèrent sur la veste en cuir de Derek. "Mais tu vas me montrer comment faire."
"Bien sûr," répondit facilement Derek.
Stiles plissa les yeux vers lui, avant de regarder la note.
Puis il grogna.
"Et emmène-moi à la salle de sport."
Derek haussa les sourcils dans sa direction. Stiles l'ignora et monta simplement dans la Camaro. Derek n'avait pas dit qu'il l'amènerait aux différents emplacements, mais cela lui prendrait beaucoup de temps, si le châtain devait marcher à travers toute la ville pour trouver environ 50 pièces de son moteur—et il avait des doutes sur le fait que Derek les ait vraiment toutes volées, parce qu'un tel moteur pouvait facilement peser 230 kg, du moins il le supposait. Et même un loup-garou ne pouvait pas sortir quelque chose comme ça de la voiture. Il n'avait probablement enlevé qu'une partie importante.
De toute façon, si Stiles devait courir à travers la ville pour ça, il n'allait pas le faire à pied. Et ce n'était pas comme si Derek ne l'avait pas proposé, à sa manière. C'est-à-dire en rôdant autour de lui tout en le fixant.
Après un moment, Derek haussa simplement les épaules et jeta le sac dans le coffre de sa Camaro.
Stiles cacha son sourire dès que Derek monta dans la voiture et démarra le moteur.
Dès qu'ils arrivèrent au Gold's Gym local, Stiles n'eut pas vraiment à chercher la cachette. Il put la repérer précisément par une déesse aux cheveux blond vénitien, se tenant contre l'entrée du vestiaire des femmes.
"Sérieusement ?" Demanda Stiles, sa bouche s'ouvrant et se fermant, avant de se retourner et de pointer un doigt accusateur vers Derek. "Comment as-tu même… tu sais quoi ? Je ne veux pas savoir. Mais toi," il se retourna en montrant Lydia. "Que fais-tu ici?"
Lydia tapait sur son téléphone sans même lever les yeux.
"Lydia," répéta Derek, et c'était génial. Au moins, Derek était aussi surpris par sa présence que Stiles. Aux mots de l'homme plus âgé, Lydia leva les yeux, une fausse surprise écrite sur le visage.
"Oh, eh bien, bonjour Stiles," le salua-t-elle avec un sourire. "Tu as besoin de quelque chose ?"
"Je vois," dit Derek, et Stiles savait qu'il devait avoir senti ou entendu quelque chose. Pour le moment, il ne pouvait pas s'en soucier, car il devait trouver comment sortir la pièce de sa voiture de ce vestiaire.
"Lydia, amour de ma vie," commença-t-il avec plus d'enthousiasme que ce qui était probablement légal, jetant un bras sur son épaule. "Mon ange gardien," continua-t-il et Lydia fronça le nez comme si elle avait senti quelque chose de dégoûtant. Probablement sa motivation ultérieure. "Pourrais-tu récupérer quelque chose quelque part là-dedans pour moi ?"
Lydia sourit doucement, confiante et charmante, alors qu'elle lui rendait son demi-câlin. "Non," répondit-elle doucement, serrant une fois la main sur sa hanche avant de la relâcher.
"Je te déteste tellement," chanta-t-il avec un grand faux sourire et baissa le bras, regardant Derek.
C'était le vestiaire des femmes.
Peut-être qu'il devrait s'habiller comme une fille ? Avec une perruque. Des cheveux blonds bouclés lui iraient parfaitement. Probablement. Il ne pouvait pas porter une mini-robe, et ses épaules étaient un peu—oh mon dieu, bon sang. Il allait juste entrer là-dedans. Ça ne pouvait pas être si terrible ?
S'il était chanceux, c'était vide, se dit-il. Combien de personnes allaient à la salle de sport un vendredi après-midi ? Et puis il gloussa pour lui-même, quand il fut frappé par la soudaine réalisation que Derek avait dû aller là-bas pour cacher quoi qu'était la pièce cette fois. Et maintenant, il imaginait Derek avec une perruque brune, la barbe de trois jours, les sourcils épais et l'expression renfrognée, tout en portant une robe d'été jaune.
Le visage de Stiles devait être rouge à force d'essayer d'étouffer son rire. Mais il continua d'y penser, jusqu'à ce que son esprit soit un peu plus léger, puis il ouvrit la porte avec la détermination d'un fan de Bieber. Heureusement, la seule fille dans la pièce était Erica.
Et, quoi, Erica ?
Ou, peut-être pas, corrigea-t-il quand il remarqua la vapeur venant des douches.
"Je reviendrai plus tard," marmonna-t-il en reculant de quelques pas, et puis d'encore quelques pas, avant de refermer la porte et de se retourner sur ses pieds.
"Je ne peux pas faire ça Derek !" Pleurnicha sérieusement Stiles. "Pourquoi ici ?"
Derek haussa simplement les épaules. "J'aime te voir troublé."
La bouche de Stiles s'ouvrit, puis il la referma avant que quelque chose de stupide comme 'il y a d'autres moyens', 'des moyens sexys', 'comme des moyens sexys qui incluent toi et moi dans ta douche' puisse sortir.
"Nous aimons tous ça," acquiesça Lydia, prenant une photo de son visage. Quelques secondes plus tard, son portable vibra dans son pantalon et il sut que la jeune fille l'avait probablement envoyé dans une conversation de groupe. Stiles n'osa même pas regarder à quel point il devait avoir l'air stupide sur cette photo.
Heureusement, l'entrée du vestiaire des hommes était à côté de celle du vestiaire des femmes. De plus, ils étaient un peu hors de vue, cachés du comptoir de la réception par un mur de séparation. Ce qui était probablement la seule raison pour laquelle personne ne les dérangeait pendant que Stiles faisait les cents pas devant les vestiaires, Lydia le regardant et Derek fronçant les sourcils en direction de la porte, probablement à Erica qui continuait peut-être ou peut-être pas à lui dire des trucs.
Quelques minutes plus tard, Scott et Isaac arrivèrent précipitamment, et Stiles sut qu'ils avaient été attirés par ce que Lydia avait écrit dans la conversation du groupe. "C'est quoi cette histoire à propos de Stiles et d'un vestiaire pour femmes ?" Demanda Scott, incrédule, regardant Derek.
Derek cligna des yeux de manière parfaitement innocente. Avant que quiconque ne puisse répondre, la porte fut ouverte et Stiles fut tiré dans la pièce par son bras. "Entre, poule mouillée !"
"Erica !" cria-t-il, puis il entendit un cri perçant venant de l'un des casiers et quand il se retourna—oh mon dieu, l'idée la plus stupide de tous les temps—il y avait de vrais seins juste là ! Devant lui ! Accessible ! La femme se couvrit d'une serviette, fixant Erica au lieu de Stiles, qui, hé, génial ! Il avait un bouc émissaire !
La blonde laissa tomber son bras, le poussa en avant par son épaule. "C'est quelque part ici. Vas le trouver, avant que je ne sois trop vieille !"
"Que fait-il ici ?" siffla la femme. Tout en gardant les yeux baissés, Stiles se couvrit les yeux d'une main et tint l'autre devant lui pour qu'il ne rentre pas dans un mur. Il décida qu'il pourrait crier sur Erica plus tard. Après que Derek se soit occupée d'elle. Parce que la meute n'était pas censée s'en mêler.
Il finit par involontairement presser le sein d'une femme, être giflé deux fois, être dragué une fois—ce qui était effrayant, étant donné qu'il s'agissait d'une dame quinquagénaire avec plus de muscle qu'il ne pourrait jamais rêver en avoir—trébucher et se retrouver écrasé contre des bancs plus souvent qu'il ne pouvait le compter avant de finalement trouver la partie de son moteur au fond du vestiaire, juste à côté des douches.
Putain de Derek Hale.
À la seconde où il récupéra le sac avec l'indice suivant, il se précipita hors du vestiaire, marmonnant des excuses à toutes celles qu'il n'avait pas vues parce qu'il avait les yeux résolument baissés vers le sol, avant de se jeter contre la porte pour enfin sortir de là. De retour dans le hall, il essaya de reprendre son souffle. Quand il leva les yeux devant le silence révélateur, il vit ses amis pencher sur le téléphone de Lydia. Scott tremblait visiblement d'un rire étouffé.
"Oh mon Dieu, Erica n'a pas—"
"—Enregistrer le tout avec sa caméra et diffuser les vidéos en direct ? Non, bien sûr que non," l'interrompit Lydia, sans même lever les yeux de ce qu'elle regardait toujours.
Les yeux écarquillés, Stiles saisit le bras de Derek et le traîna dans le couloir et hors de la salle de sport.
"Je n'ai pas—" commença Derek, mais Stiles tira seulement une fois sur son bras pour le faire taire. Il savait qu'il n'avait rien à voir avec ça.
"Je te déteste tellement en ce moment," s'exclama Stiles, ne le pensant pas du tout. Derek émit un son qui ressemblait presque à un gloussement, mais ils étaient en public et Derek n'était jamais content en public.
"Où va-t-on maintenant ?" demanda-t-il à la place, pour la forme, parce qu'il le savait parfaitement.
Stiles croisa les bras sur sa poitrine quand il se jeta sur le siège passager.
"Les égouts," répondit-il, quand Derek démarra le moteur merveilleusement fonctionnel et non démonté de sa Camaro qui allait parfaitement bien. Stiles donna un coup de pied contre le tableau de bord pour faire bonne mesure. Une seconde plus tard, il se sentit désolé pour la voiture et effaça l'empreinte de saleté laissée par sa chaussure. "L'entrée est près du cinéma. Je pense," ajouta-t-il.
Parce qu'il n'était pas sûr et Derek n'allait pas lui dire s'il avait raison, mais il continua à le conduire un peu partout en ville.
Heureusement, Derek n'avait pas complètement démantelé le moteur. Il avait retiré dix pièces. Et les avait cachés dans les endroits les plus étranges qu'il ait pu trouver. Les égouts n'étaient même pas le pire. Ça avait été horrible, parce que: ils étaient malodorants, sales, froids et humides et il ne savait vraiment pas comment Derek pouvait supporter l'odeur, son expression complètement imperturbable. Stiles pensait que son nez devait être tombé. Même si, évidemment, Derek n'était pas vraiment entré dans les égouts. Stiles avait lutté avec le couvercle de l'égout pendant environ dix minutes et avait fini par abandonner, car il n'y avait aucun moyen qu'il puisse l'ouvrir.
Derek eut pitié de lui, il se moqua bien de lui avant de soulever le couvercle.
Avec un doigt.
Putain de connard.
Stiles descendit dans les égouts et insulta Derek de tous les noms, gardant ses membres près de son corps, se rendant incapable de toucher quoi que ce soit. Parce que c'était dégoûtant, vraiment.
Il trouva la partie dans un sac enfoncé dans une conduite de sortie. Il prit l'indice suivant, laissant ses yeux se promener sur le papier.
Les indices étaient un genre d'énigme. Pas comme de vraies énigmes, plutôt comme un mot ou deux pour le diriger dans la bonne direction.
Le centre de divertissement était cependant ridiculement spécifique.
Quand ils entrèrent par une fenêtre dans le bâtiment fermé, debout dans l'immense hall, Stiles laissa ses yeux vagabonder sur les millions de jeux disponibles et il sut en quelque sorte pourquoi.
"Derek," commença-t-il, la personne en question se tenant à côté de lui, les mains enfoncées dans ses poches. "Tu n'as pas fait ça, n'est-ce pas ?"
"Je ne sais pas," répondit Derek, tandis que Stiles continuait de fixer la piscine à boules avec horreur.
Et anticipation.
Et excitation.
"Tu vas tellement venir avec moi," décida Stiles, tirant sur le coude de Derek parce que putain de merde. Une piscine à boules ! Derek devait déjà avoir été dedans pour cacher le truc en premier lieu et Stiles voulait sérieusement des photos. Ce n'était même pas drôle à quel point il les voulait. Cela valait vraiment la peine d'être entré dans le centre de divertissement. Le loup-garou le suivit, docilement. Stiles se fichait que la piscine à boules soit généralement réservée aux petits enfants, il allait tellement en profiter ! Avant de plonger dedans, il poussa Derek dans la bonne direction, mais le rabat-joie résista.
"Allez Derek ! Viens ici !"
Derek laissa échapper un lourd soupir. Stiles l'encouragea à nouveau et à sa grande surprise, Derek bougea, et tomba/sauta paresseusement dans la piscine, les mains obstinément enfoncées dans ses poches. On aurait sérieusement dit que Stiles venait de pousser une statue à l'air grincheux dans la piscine. Il haussa les épaules et sauta après Derek avec un couinement, le corps recroquevillé comme s'il faisait une bombe.
Il ne chercha même pas la partie manquante du moteur pendant les dix premières minutes. Au lieu de cela, il jeta des balles sur Derek, plongeant et faisant semblant d'être un requin, et Derek rit.
Stiles dut s'arrêter une seconde au son vibrant, calme et modéré avec un petit reniflement à la fin, mais sans équivoque l'équivalent pour Derek d'un rire. C'était le son le plus adorable que Stiles ait jamais entendu. Il voulait l'embrasser, le serrer dans ses bras, le clouer au sol ou lui réciter de la poésie, ou faire tout ce qui précédait en même temps. Il se contenta de ricaner tel un maniaque en enfonçant plusieurs balles dans le haut de Derek—puis il trébucha littéralement sur quelque chose de dur dans sa tentative de fuir la vengeance qui l'attendait.
Il fit une moue de déception, quand il plongea et récupéra le sac, puis il se tourna vers Derek, le lui montrant.
Derek pencha simplement la tête sur le côté, un sourire narquois aux lèvres, avant de prendre le sac des mains de Stiles, et de le placer soigneusement à l'extérieur de la piscine à boules. Stiles était sur le point de sortir, quand une main s'enroula autour de sa cheville, le tirant en arrière dans la piscine, le poussant sous les boules, et puis c'était reparti.
Stiles était littéralement sur un petit nuage en voyant Derek se comporter comme un enfant de six ans. C'était impressionnant, un peu effrayant et très contagieux. Stiles n'était pas sûr que quelqu'un ait déjà vu Derek de cette façon auparavant et le fait qu'il montrait ce côté à Stiles, si ouvert en ce moment et pas sous la forme de farces puériles, était déchirant dans le bon sens.
Ils passèrent encore à peu près une vingtaine de minutes dans la piscine à boules et Stiles allait avoir beaucoup, beaucoup d'ecchymoses mais il était défoncé à la dopamine et donc il s'en foutait.
Il se calma presque immédiatement, cependant, quand son prochain indice le conduisit au poste de police.
Les cachettes n'étaient apparemment pas choisies en fonction d'un certain facteur dégoûtant. Il s'agissait simplement d'être complètement mal à l'aise d'avoir à y entrer et à expliquer la situation. Comme le poste de police. Sous le regard toujours scrutateur de son père. Son père était intelligent, il était le putain de shérif donc il était censé être intelligent. Il devait avoir compris ce qui se passait entre Derek et Stiles, bien que Derek prenait soin de ne jamais inclure le shérif, ou de l'impliquer accidentellement.
Il y avait eu cet incident de paillettes qui n'était pas vraiment la faute de Derek, parce que Stiles avait décidé que pour se débarrasser de ces putains de fichues paillettes il utiliserait simplement sa machine à laver. Or son père y avait jeté son uniforme pour le laver entre-temps, et il s'était retrouvé avec des paillettes sur tout le tissu, et les gars du commissariat s'étaient moqués de lui pendant toute une journée. Jusqu'à ce que son père aille à la laverie du coin de la rue et fasse payer Stiles pour le nettoyage.
Stiles ne savait vraiment pas comment Derek avait découvert ça, mais il avait payé la moitié de la facture en laissant de l'argent sur le bureau de Stiles.
Stiles gardait toujours cet argent séparé dans son portefeuille, essayant de trouver le courage d'inviter Derek à sortir avec. Pour des frites. Ou de la glace. Ou des milkshakes.
"Pourquoi ne t'es-tu pas introduit en douce comme tu le fais habituellement ?" Demanda son père, haussant les sourcils et bordel, évidemment qu'il le savait.
"Uhm, je voulais juste le récupérer ?"
"Où est-ce ?"
"La salle des évidences ?" Devina Stiles parce qu'il ne savait pas vraiment. "A moins, bien sûr, que tu n'ais trébuché sur un sac en plastique avec un morceau de moteur de voiture dedans. Comme dans une de tes cellules ? Ou dans les toilettes des femmes ?"
Les sourcils de son père se haussèrent encore plus haut si c'était possible et Stiles ouvrit la bouche pour s'expliquer, quand son père leva la main pour le faire taire. "Ne me dis pas. Je ne veux pas savoir."
C'était dans la salle des évidences et son père était assez poli pour ne pas questionner la façon dont le morceau de moteur était arrivé là en premier lieu, bien qu'il continuait à marmonner dans sa barbe à propos de renforcer la sécurité et de peut-être la rendre à l'épreuve des loups-garous. Stiles suggéra des cendres de sorbier d'une toute petite voix, avant d'attraper le sac et de se précipiter hors de là.
D'un autre côté, certains endroits étaient presque impossibles à atteindre et tout simplement ennuyeux. Comme le sac suspendu à un arbre dans le parc. Stiles dut l'escalader et nota avec les dents serrées que Derek avait été assez gentil pour en choisir un avec des branches atteignables qu'il pouvait utiliser comme échelle. C'était toujours fatigant cependant. Il faisait chaud dehors et il transpirait; il commençait à faire nuit et il avait du mal à voir; et il voulait être de retour dans la piscine à boules avec Derek et son petit rire stupidement parfait et presque inaudible, son visage rayonnant et ses yeux scintillants, ses mains partout sur le corps de Stiles, bien que vêtu, quand il le poussait entre les balles.
Stiles regarda Derek, des lunettes de soleil toujours posées sur son nez, le regard tourné obstinément vers la route, une main sur le volant tandis que l'autre tapait un rythme sur le levier de vitesse. Quand il remarqua que Stiles le regardait, Derek sourit simplement, ses yeux ne quittant jamais la route.
Stiles détourna les yeux, regardant par la fenêtre.
Mais c'était bien aussi.
Une autre partie était cachée sur le terrain de jeu. Sous un manège. Il ne savait pas pourquoi Derek avait choisi cet endroit. Ce n'était pas difficile à trouver, le parc était à peine éclairé par des lampadaires mais Stiles pouvait encore voir assez bien.
Il agrippa l'échelle horizontale, rebondit sur un jeu à ressort et grimpa sur la cage à poule en forme de dôme, tout en racontant des histoires de son enfance. Comment il avait rencontré Scott dans un bac à sable en faisant pipi sur son château de sable. Comment sa mère et Melissa s'étaient rencontrées ce jour-là et s'étaient tout de suite bien entendues, et que Scott et Stiles ne s'aimaient même pas jusqu'à ce qu'ils se rendent compte qu'ils étaient un peu coincés à cause de leurs mères.
Derek l'écouta, commençant à ouvrir pour ajouter quelque chose une ou deux fois, mais refermant la bouche avant de le faire. Stiles ne le poussa pas. Ne le ferait jamais. Ils restèrent sur le manège longtemps après que Stiles ait trouvé la pièce, levant les yeux vers le ciel sombre, dans lequel il y avait à peine quelques étoiles qui les fixaient en retour.
Si Stiles ne savait pas mieux, il penserait que c'était une sorte de rendez-vous.
La dernière pièce était cachée dans l'église.
Stiles ne savait pas si c'était une mauvaise blague, mais il aurait préféré le cimetière à l'église sans hésiter parce que étonnamment, le bâtiment vide avec les hauts murs, les Jésus morts effrayants qui traînaient et les fenêtres colorées en faisaient l'endroit le plus effrayant où il avait jamais été. Derek avait décidé d'attendre dehors et Stiles ne s'en souciait pas vraiment, car c'était une église, un lieu pour tous les saints. Mais soit il avait été complètement ruiné par les médias, soit il était simplement paranoïaque, car il tressaillit à chaque bruit. Stiles attendait juste que l'orgue commence à jouer tout seul.
Il sortit de là plus vite qu'humainement possible.
Au bout du compte, ils avaient récupéré onze pièces venant de dix cachettes différentes et Derek l'aida à reconstruire le moteur. Ils se tenaient dans un silence agréable sur le parking de l'école, le réverbère était suffisamment lumineux pour que Derek voie ce qu'il faisait, tandis que Stiles tournait autour de lui, essayant de ne rien foirer avec ses deux mains gauches, en ne touchant simplement à rien. A l'exception des épaules de Derek alors qu'il se penchait sur lui pour mieux voir, bloquant probablement la lumière, mais Derek ne se plaignit pas. Il était en quelque sorte surpris de voir à quel point les doigts de Derek fonctionnaient bien, comme s'il avait fait ça un million de fois et Stiles voulait savoir si cela avait à voir avec la Camaro, s'il avait travaillé comme mécanicien à New York ou si c'était un talent naturel.
Il ne demanda ni l'un ni l'autre, à la place il s'appuya contre les larges épaules de Derek, le regardant travailler tout en planifiant sa vengeance.
Qui arriverait sous la forme de dents et d'oreilles de lapin.
Derek allait tellement avoir le choc de sa vie.
Même s'il devrait probablement le remercier pour son moteur soudainement et étonnamment silencieux, et le fait que son pare-brise ne soit plus tombé depuis que Derek avait mis la main sur la jeep.
"Stiles, il est super tôt ! Pourquoi me traînes-tu chez Derek ?"
"Parce que tu dois voir ça !" Fit remarquer Stiles, poussant un cri d'excitation. Il avait même volé l'appareil photo d'Allison parce qu'il devait, il devait vraiment prendre des photos de façon compulsive et le filmer et il devrait obliger Derek à se transformer parce que putain de merde, Derek en forme de loup-garou avec des oreilles et des dents de lapin.
Il, ouais, il en avait besoin comme il avait besoin d'air.
Ce qu'il réalisa quand il cessa de respirer d'anticipation, alors il prenait une profonde inspiration.
Scott trottait à côté de lui quand ils montèrent les escaliers menant au bâtiment, il resta silencieux mais il exagéra environ trois bâillements pour montrer qu'il était huit heures du matin. Ce qui était une heure totalement appropriée pour être réveillé. Derek revenait généralement de son jogging matinal vers huit heures, bien que Stiles soupçonnait qu'il ait sauté celui d'aujourd'hui.
Quand l'ascenseur atteignit finalement l'appartement, Stiles se tortillait sur place, vérifiant les piles de l'appareil photo pour la cinquième fois.
"Derek?" Appela Stiles, quand il ouvrit la porte avec sa clé, contenant à peine la joie dans sa voix. "Tu es là ?"
Le silence les salua. Stiles supposait que Derek l'ignorait, mais Scott renifla l'air.
Puis, il eut l'air un peu inquiet.
"Quoi ?" Demanda Stiles.
Scott secoua juste la tête et ils descendirent les trois marches menant au salon. La première chose que Stiles remarqua fut les vêtements de jogging de Derek, étendus sur le sol. Puis, à quelques mètres de là, un petit quelque chose de duveteux, qui— "Oh mon Dieu !" Laissa échapper Stiles, se précipitant vers la petite boule de fourrure, trébuchant presque sur ses propres pieds avant de vraiment trébucher et tomber sur le sol les mains en avant. Quand il ouvrit les yeux, il se retrouva face à face avec le lapin le plus adorable, le plus intimidant et le plus critique qu'il ait jamais vu. Et il était sur tumblr. Peut-être qu'il avait juste des préjugés, parce que oubliez Grumpy Cat, putain de merde, c'était le Lapin Grognon et c'était… génial de façon hilarante.
"Stiles, qu'est-ce que tu as fait ?" Grogna Scott à côté de lui.
"Ce n'était pas censé arriver !" Gémit Stiles en retour, sa voix craquant d'excitation, de joie et d'adoration. "Oh mon Dieu ! Il ressemble à la jack rabbit manip que j'ai vue une fois !"
"Stiles !"
Stiles se releva avec Derek dans les mains, il souleva l'animal encore plus haut, la patte de Derek touchant son nez et il fondit littéralement. "Regarde ces petites oreilles ! Et il est tout noir ! Et ce regard désapprobateur. Oh mon Dieu, Derek, tu m'entends ?"
Scott renifla une fois l'animal. "Il sent bizarre."
"Est-ce qu'il sent comme Derek ?"
"Oui ?"
"Alors, c'est probablement la magie," expliqua Stiles, n'ayant toujours pas dépassé à quel point Derek était mignon. "C'est la meilleure farce de tous les temps. Je veux dire, ce n'était pas censé arriver, mais c'est Génial Avec un G majuscule !"
"Nous devrions aller voir Deaton," conseilla Scott, parce que Scott était un rabat-joie.
"Quoi ? Pourquoi ? C'est juste pour une journée," plaida Stiles, frottant son nez contre celui de Derek, caressant ses pattes délicates avec son pouce.
"Ouais, mais Stiles, tu as dit que ce n'était pas censé faire ça. Qu'est-ce qui aurait dû arriver exactement, de toute façon ?"
"Des dents et des oreilles de lapin," expliqua Stiles, les oreilles brûlantes.
Scott le regarda avec un air renfrogné désapprobateur. Comme s'il ne pouvait pas croire Stiles. "Il a déjà des dents de lapin."
Stiles leva simplement les yeux au ciel, avant de tourner son attention à nouveau vers le lapin au regard furieux, remuant son nez de la manière la plus grincheuse qui soit. "Je veux le garder !"
"Ton père n'est-il pas allergique aux poils de lapin et de chien ?"
Stiles se contenta de rire. "Hé, mon pote, tu m'entends ?" Il essaya de nouveau, mais ce n'était pas comme s'il s'attendait vraiment à ce que Derek parle ou fasse quoi que ce soit. Il avait quelques petits bruits d'inspiration qui firent presque ronronner Stiles d'adoration—il allait abuser de ce mot pour le reste de la journée, il le savait—mais à part se faire fusiller du regard de façon incroyablement désapprobatrice, Derek s'abstint de toute autre communication.
Comme toujours, alors.
"Stiles, je pense vraiment que nous devrions aller voir Deaton," essaya de nouveau Scott, mais Stiles le fit juste taire d'un signe de la main.
"C'est bon, j'en suis sûr."
"Tu voulais des dents et des oreilles de lapin ! Ce que tu as obtenu, c'est…"
"Des dents et des oreilles de lapin," dit Stiles, caressant les petites oreilles entre son pouce et son index, essayant de garder un visage sérieux. Stiles allait mourir devant toute cette mignonnerie. C'était magnifique. "Peut-être que je n'étais pas assez clair dans mon sort ?"
Scott soupira d'exaspération. "Tu t'occupes de lui," décida-t-il finalement, désignant son meilleur ami du doigt. Comme si Stiles abandonnerait Derek sans se battre. Derek renifla sa nuque !
Il hocha la tête affirmativement, parce qu'il semblait que Scott avait besoin de ça avant de prendre la fuite.
Stiles déposa Derek par terre et le laissa gambader à travers l'appartement, pendant qu'il récupérait les vêtements abandonnés et les plia en une pile sur le canapé. Il sortit le smartphone de la poche de Derek et le posa sur la table, avant de s'asseoir sur le canapé et de regarder le lapin s'asseoir au milieu de la pièce, les pattes avant étirées, les yeux écarquillés et les oreilles levées. Dix minutes plus tard, Stiles devint un peu agité en regardant Derek Le Lapin. C'était un peu dérangeant et insultant de voir à quel point Derek avait l'air d'être constamment en alerte. Même si Stiles était là. Derek devrait savoir que Stiles allait s'occuper de lui tant qu'il serait coincé dans ce corps. Au lieu de ça, ce connard avait l'air de jauger soigneusement chacun des mouvements de Stiles, prêt à s'enfuir à tout instant. Comme revanche, Stiles commença une séance photo avec Derek et envoya les photos à ses amis.
Une heure plus tard, quand Stiles réalisa finalement que Derek devait mourir de faim, il prépara une salade de carottes, de brocoli, de céleri et d'épinards, tandis que la meute vint flâner dans le loft les uns après les autres.
Stiles essaya d'ignorer la façon dont tout le monde était soudainement partout autour Derek, Allison le câlinant contre sa poitrine jusqu'à ce que quelqu'un—d'accord, lui-même—lui fasse remarquer qu'il y avait toujours un mâle semi-humain sous toute cette fourrure. Elle rougit furieusement et tendit le lapin à Lydia.
"Je veux te dépouiller et prendre ta fourrure pour en faire une écharpe," roucoula-t-elle en direction de Derek.
"Regarde ! Regarde ça !" Exalta Erica. "Ce grognement ! C'est définitivement Derek là-dedans." Stiles les contourna, un sourire stupide sur les lèvres quand il vit le sourcil de Derek se baisser, les fixant, pas le moins impressionné. Il récupéra Derek des mains de Lydia et le fit asseoir sur la table basse, poussant le bol devant lui.
Lydia sortit son téléphone, le pointa sur Derek, la posta dans le groupe, écrivant Derek en train de manger.
Cela ne prit que quelques minutes à Jackson pour répondre. L'œuvre de Stilinski, je suppose
C'était décevant de voir que plus rien ne surprenait Jackson. Une fois que Lydia ait ravalé sa fierté et l'ait contacté après ce qui s'était passé avec la meute d'Alphas et le Nemeton, elle l'avait informé de ce qu'il avait manqué et le tenait régulièrement au courant. C'était d'ailleurs la seule raison pour laquelle le groupe de discussion avait été créé.
Apparemment, dès que Jackson serait majeur, il prévoyait de revenir aux États-Unis sans ses parents. Tout le monde lui avait dit de rester loin, parce que les portes de l'enfer n'étaient même plus une description passable. Jackson ne l'avait pas dit avec tant de mots, mais il allait probablement aller où Lydia avait l'intention d'étudier et ils allaient en quelque sorte officialiser, leur relation longue distance étant réalisable pendant encore quelques mois.
Stiles regarda le visage lumineux de Lydia pendant qu'elle répondait.
Ils étaient parfaits l'un pour l'autre.
La nouveauté de Derek en lapin perdit vite son attrait pour la meute quand ils réalisèrent qu'il ne faisait pas grand-chose. Et regarder Derek, bien qu'étant une petite boule de fourrure, était tout aussi excitant que de regarder Derek lire un livre sur son canapé.
Ce qui était ennuyeux pour tout le monde sauf Stiles.
Parce que s'il y avait quelque chose que Stiles pouvait faire pendant des heures, c'était regarder Derek; quand il s'entraînait, quand il dormait, quand il cuisinait ou quand il lisait un livre et tournait les pages. Stiles étudiait toujours attentivement son visage et c'était à la limite de l'effrayant. Il n'était même pas sûr que Derek le savait parce qu'il était généralement tellement absorbé par sa lecture qu'il pouvait complètement effacer tout ce qui l'entourait. C'était un des péchés mignons de Stiles, mais il s'en fichait parce que chaque jour de plus qu'il regardait Derek, son visage devenait de plus en plus expressif. Stiles commença à remarquer le haussement de ses sourcils quand quelque chose dans le livre le surprenait, le petit air renfrogné quand quelque chose de mauvais se produisait, l'inclinaison vers le haut de ses lèvres et Stiles savait instantanément que quelque chose de bien se passait dans l'histoire.
Stiles était, ouais, probablement obsédé.
Après une autre séance de photos de Derek dans des positions ridicules, tout le groupe dit au revoir en embrassant le nez du lapin, tandis que Isaac, transformé, faisait semblant de manger la patte de Derek, et puis ils les laissèrent finalement seuls. De retour sur le canapé, pendant que Derek courait tout autour à grande vitesse, sautant sur le fauteuil, bondissant en l'air tout en se tordant et donnant des coups de pied, Stiles parcourait les photos qu'il avait prises.
Allison soulevant Derek jusqu'à sa barre de traction, les pattes sur le métal comme s'il s'entraînait. Derek vêtu de Henleys surdimensionnés. Derek, coincé dans une de ses chaussettes. Scott faisant un high-five à la patte de Derek avec un immense sourire. Lydia, enroulant Derek autour de son cou. Stiles, imitant la scène L'Histoire de la vie du Roi Lion. Une vidéo de Boyd reculant d'un pas, quand Derek se rapprochait. Une vidéo d'Isaac empêchant Erica de mettre du rouge à lèvres sur Derek—et en vrai, Derek avait une fourrure noire, ce n'était donc pas comme s'ils l'auraient vu, mais la blonde voulait probablement simplement effrayer Derek.
Quand il ne put plus supporter la mignonnerie, Stiles décida qu'il était temps pour de la pizza.
Et c'était la première fois qu'il commença à s'inquiéter. Un peu. Peut-être. Derek disait 'non' à beaucoup de choses, mais pas à de la pizza. On ne disait tout simplement pas 'non' à de la pizza. C'était comme une loi non écrite et le fait que Derek ignore simplement sa part fit presque paniquer Stiles.
Pendant quelques secondes.
Jusqu'à ce qu'il se rende compte que Derek était probablement simplement incapable de digérer ce genre de choses. Stiles n'était pas sûr, mais il avait transformé Derek en lapin et c'était probable que lapin Derek soit plus intelligent que humain Stiles en réalisant que cela pouvait perturber quelque chose dans son système digestif.
Stiles caressa la tête de Derek, le félicitant en roucoulant d'être un petit gars si intelligent avec une voix ignoblement mièvre.
Le regard que Derek lui lança fit fondre Stiles une fois de plus et frotta sa joue contre la douce fourrure.
Ce n'était pas très viril, mais qui s'en souciait ?
Stiles ne le faisait certainement pas.
La journée s'était passée plutôt sans encombre après le départ de la meute cependant. Stiles regarda Derek regarder des émissions à la télé, assis sur le canapé juste à côté de lui, se lavant le visage avec ses pattes avant, tirant ses oreilles toujours minuscules vers le bas pour les lécher.
Stiles allait avoir un grave cas de diabète après cette journée.
Mais ça en valait vraiment la peine.
Jusqu'à ce qu'il remarque le manque de comportement humain dans le, eh bien, comportement de Derek. De petites choses qui le firent presque mourir d'embarras. Puis il se sermonna fermement lui-même qu'il n'allait pas juger Derek pour tout ce qu'il avait fait sous sa forme de lapin. Non, il ne le ferait pas.
Au lieu de se diriger vers la salle de bain, où le nettoyage était en fait assez simple grâce au carrelage, Derek choisit un coin derrière le canapé pour uriner. Pendant quelques minutes, Stiles eut l'idée de laisser ça comme ça pour que Derek le nettoie vu que c'était… enfin… ses affaires. Mais il le nettoya consciencieusement de toute façon. Une autre fois, il regarda, totalement incrédule et mortifié, Derek manger ses excréments. À une autre occasion, Derek leva les yeux vers lui, la tête par terre et Stiles ne connaissait pas grand-chose sur les lapins mais il était certain que c'était un signe d'affection. Ou plus comme pour avoir de l'affection.
Il avait regardé sur google.
Et ça l'était.
Après cela, Stiles couvrit pratiquement Derek d'amour. Il apprit même que lorsque Derek voulait se faire caresser, il donnerait un coup de tête dans la main de Stiles. Stiles ne réalisa pas ce qui se passait jusqu'à ce que Derek se tourne pour grignoter doucement.
La plupart du temps cependant, Derek restait assis comme une balle, les jambes repliées sous son corps, les oreilles au repos, changeant parfois sa position pour s'allonger sur le ventre, les jambes écartées. Chaque fois qu'il y avait un bruit, il se tenait sur ses jambes arrière, regardant autour de lui, battant des oreilles.
Parfois, il se tournait sur le côté.
C'était adorable.
Stiles prit plusieurs photos et trois vidéos.
Il pouvait imaginer le visage embarrassé de Derek quand Stiles le lui montrerait. Peut-être dans un PowerPoint. Peut-être qu'il pourrait louer un vidéoprojecteur quelque part et le diffuser sur un grand écran. Peut-être qu'il pourrait louer tout un cinéma !
Il continua de donner de la salade à Derek, préparant une coupelle d'eau. La première fois que Derek mit ses pattes avant sur le bord de la coupelle, il la renversa sur le sol et sur lui-même. Stiles rit pendant près de dix minutes d'affilée et prit une photo avant de commencer à le sécher. Après ça, il chercha quelque chose qui pourrait supporter le poids du lapin. Le plus drôle, était que même si Derek faisait les choses les plus mignonnes et les plus adorables de tous les temps, il les faisait avec ce froncement de sourcils réprobateur et désapprobateur, les yeux plissés, regardant Stiles comme s'il voulait lui arracher la tête, avec ses minuscules dents de lapins et ses griffes acérées. .
Et acérées elles l'étaient.
Ils les avaient rencontrés, lorsque Peter était passé et que Derek avait descendu sa jambe jusqu'au sol et s'était précipité sous le canapé. Il avait fallu des années à Stiles pour le faire sortir de là-dessous, et quand il avait fini par le faire, Derek mordit et gratta son bras jusqu'à ce que Stiles finisse par renvoyer Peter.
Peter avait l'air quelque peu déçu.
Mais Stiles savait que Derek voulait à peine son oncle autour de lui quand il était dans son vrai corps. Peter avait toujours l'air de planifier quelque chose, mais dans l'ensemble, ils savaient qu'il travaillait sur une forme d'amendement. Ce qui était impossible, à moins qu'il ne ramène Laura à la vie.
À la fin de la journée, quand Derek ne s'était toujours pas retransformé, Stiles envoya un message à son père, lui disant qu'il dormait chez Derek. Puis il nourrit Ernie et Bert, et alla se coucher avec le lapin, un peu effrayé de l'écraser sous son poids. Mais Derek était un terrifiant loup-garou lapin. Dans tous les cas, Stiles devait plutôt avoir peur de se faire attaquer dans son sommeil quand il se finirait par se retransformer.
