Titre : How I Met My Werebunny
Auteur : Moku
Disclaimer : Rien ne m'appartient, je ne fais que la traduction!
Lien version originale : AO3 /works/1818415
Note de la traductrice : Dernière partie ! Je suis contente de voir que cette histoire vous a plu et j'attends de voir vos avis sur la fin. Je reviens très très bientôt (fin de semaine si tout va bien) avec une nouvelle traduction ! Bonne lecture !
Stiles n'écrasa pas Derek.
Et Derek ne se retransforma pas.
Stiles alla voir Deaton.
Deaton regarda le lapin, puis l'expression inquiète de Stiles et leur fit signe d'entrer.
"Tu est en train de dire que tu as transformé Derek en lapin ?" Demanda lentement Deaton.
"Ouais," répondit Stiles, agitant la main vers le lapin, les oreilles droites et curieuses alors qu'il se tenait sur ses pattes arrières, agitant la tête.
Stiles expliqua le sort qu'il avait utilisé, tout en s'abstenant de regarder Deaton qui ne ferait que le juger sans avoir l'air de le juger. Et de toute façon, Stiles s'était déjà infligé la diatribe verbale—la moins probable possible—que Deaton pourrait lui sortir sur le chemin de la clinique. "Je ne t'ai pas appris la magie pour que tu fasses quelque chose comme ça, Stiles," s'était-il réprimandé dans sa meilleure impression de Deaton. "Je suis déçu, Stiles. Déshonneur sur toi ! Déshonneur sur ton lapin !"
Bien sûr, Deaton ne dit aucune de ces choses.
"Je dois d'abord faire quelques tests", expliqua le vétérinaire. Stiles hocha la tête de compréhension. Deaton fit quelques investigations, récupéra des échantillons de sang, jeta de la poussière sur Derek. Derek éternua. Stiles prit une vidéo de Derek éternuant pendant environ une minute et l'envoya à tout le groupe, même Peter et Cora, cette dernière l'appelant immédiatement, s'extasiant dans le téléphone et exigeant d'être mise près de Derek, afin qu'elle puisse lui parler.
Stiles essaya de ne pas écouter son monologue, parce que évidemment Derek ne pouvait pas répondre, mais les cris perçants étaient assez difficile à éviter. Deaton fronça les sourcils vers lui et le téléphone, mais Stiles ne l'enleva pas. Peut-être parce qu'il espérait qu'entendre la voix de sa sœur était en quelque sorte en train d'appuyer sur quelques boutons pour que Derek redevienne humain.
Ce ne fut pas le cas.
Deaton les renvoya chez eux.
Stiles retourna chez lui et décida d'expliquer la situation à son père directement plutôt que d'attendre qu'il découvre tout de lui-même. Quand Stiles arriva, tenant le lapin dans ses bras et sur le point d'expliquer, son père s'assit simplement sur le canapé en secouant la tête.
"Je ne veux vraiment pas savoir," fit-il remarquer, et tous deux regardèrent un match de football américain dans un silence agréable, Derek sautant à travers la pièce, reniflant, vérifiant la zone et choisissant le coin menant à la porte arrière comme bac à litière.
"Tu vas devoir le dresser," déclara son père, se détournant de l'endroit où le lapin était en train de laisser une tâche malodorante sur le plancher.
"Derek adorera ça," répondit Stiles solennellement.
Son père hocha simplement la tête, s'arrêta, le regarda, puis il regarda le lapin, avant de recommencer à regarder la télévision. "Ça explique la ressemblance. Je pensais que tu l'avais acheté comme une sorte de substitut de Derek par rapport à tes sentiments sur lesquels tu ne vas probablement jamais agir."
"Non, c'est Derek. Ces sourcils sont peut-être inexistants mais son expression toujours renfrognée le trahit."
"Oui," répondit simplement son père et ce fut tout.
Le pack s'inquiétait un peu du manque de retransformation de Derek, mais ils s'extasiaient toujours sur les photos et vidéos envoyées par Stiles. Ils étaient sans aucun doute mitigés. Erica espérait que quand le sort serait levé, Derek se transformerait en lapin au lieu de loup et Lydia promit qu'elle ferait des recherches pour rendre ça possible.
Stiles ramena Derek au loft pour la nuit, au cas où il redeviendrait humain et aurait besoin de ses vêtements. Et quoi qu'il en soit, Derek avait fait pipi dans les draps pendant la nuit et Stiles ne voulait vraiment pas que ça arrive dans son lit.
"Je suis vraiment, vraiment désolé, Derek," dit Stiles, allongé sur le dos et levant le lapin avec ses bras.
"S'il n'y a aucun moyen de te rendre ta forme originelle, je m'occuperai de toi. Je te laisserais vivre avec moi et mon père, je te nourrirais, te caresserais autant que tu le souhaites, t'entraînerais à utiliser le bac à litière, et t'achèterais les jouets les plus chers. Je pourrais t'emmener courir à travers les bois pendant la pleine lune, si tu le souhaite. On pourrait faire du sport ensemble, je me renseignerais. Ce ne sera pas si mal, je te le promets."
Derek remua juste le nez, le fixant.
Stiles le serra contre sa poitrine.
"Ne t'inquiète pas. Nous allons trouver un moyen de te retransformer," lui assura Stiles. "Quoi qu'il en coûte."
Le lendemain, Derek était toujours un lapin.
Stiles n'était même plus heureux de cette farce.
Quand Stiles admit avoir peut-être foiré à Scott par message, Scott répondit, ne pleure pas, ou je ferai un ragoût de lapin et je te le ferai manger !
De toutes les années qu'il avait passé avec son meilleur ami, Stiles n'avait jamais eu autant peur de lui. C'était probablement parce que Scott leur avait dit, à plusieurs reprises, que cette guerre de farces n'était pas une bonne idée, et que quelqu'un finirait en pleurs.
Maintenant, il semblerait que ce quelqu'un était Stiles.
Ce ne fut qu'à l'heure du déjeuner, quand il reçut finalement un appel de Deaton qu'il commença à respirer plus facilement. "Je pense que je sais quel est le problème," déclara le vétérinaire, "mais tu dois l'amener ici. Je dois encore faire un test."
Stiles laissa presque tomber son téléphone pour sortir de l'appartement, avant de se souvenir de Derek et de se précipiter pour le récupérer. Plus tard, il allait probablement devoir faire face à l'inquisition de son père concernant ses transgressions vis-à-vis des limitations de vitesse sur le chemin de la clinique vétérinaire.
Mais maintenant ?
Il s'en fichait complètement.
Quand Derek se réveilla et sentit quelque chose d'étrange dans sa bouche, il quitta son lit et alla se regarder dans le miroir. De longues oreilles duveteuses de lapin dépassaient de ses cheveux ébouriffés et des incisives allongées poussaient contre sa lèvre inférieure.
Derek cligna des yeux à son reflet, puis enfila calmement un bonnet—un souvenir de Stiles et de la dernière fois où ils étaient entrés par effraction dans un entrepôt quelconque—pour cacher les oreilles, couvrit les dents avec une écharpe—celle d'Isaac—et quitta la maison pour trouver une animalerie déjà ouverte à six heures du matin.
Il n'en trouva pas évidemment.
Au lieu de ça, il trouva une ferme de lapins juste à l'extérieur de Beacon Hills. Il tira le propriétaire hors de son lit et lui offrit le triple du prix normal d'un lapin. Le propriétaire le pardonna devant sa générosité et son regard menaçant, et l'emmena aux étables, lui assurant que tous ses lapins étaient apprivoisés et habitués aux humains, vu que ses enfants étaient autorisés à jouer avec eux.
Derek dit à l'homme qu'il voulait le lapin noir ayant l'air le plus méchant qu'il ait.
Quand il lui fut présenté, il était si parfait que Derek paya sans en chercher un autre, il retourna à son appartement, laissa tomber ses vêtements sur le sol et mit le lapin sur eux après l'avoir câliné longuement pour mettre son odeur partout sur le corps du lapin.
Peu après sept heures et demie, il quitta l'appartement avec un peu d'argent dans son jean et rien d'autre et, il alla camper de manière spontanée.
Derek appréciait vraiment le calme au bord de la réserve, passant la journée sous sa forme à peine présente de loup, à l'abri des regards indiscrets. Il savait que Laura et sa mère étaient capables de se transformer en vrais loups. Ce n'était pas limité aux Alphas de la meute Hale, c'était simplement plus facile pour eux d'y arriver. Derek avait le même sang, avait déjà été un Alpha lui-même, mais il n'avait jamais essayé auparavant. Maintenant, il avait le temps et la solitude pour pratiquer. En fin d'après-midi, quand il retourna à son camp de fortune, il put sentir Scott partout. Mais il n'y avait qu'une note attachée à ses vêtements, retenue par son téléphone.
Je suis le seul à savoir. S'il panique, tu t'occupe de lui
La réception dans la réserve était nulle. Cependant, il remarqua que la meute envoyait beaucoup de photos et de vidéos que Derek ne pouvait pas télécharger car la connexion n'était pas suffisamment stable. Dès qu'il retournerait en ville, il les recevrait probablement, alors il ne s'en inquiéta pas. Cependant, il recevait au moins les messages, chaque fois qu'ils arrivaient.
Toutes les trois heures environ.
À la fin, Derek mit son téléphone en silencieux, ne laissant la sonnerie que pour le numéro de Stiles et retourna à ses vacances bien méritées.
Avec des dents de lapin.
Et des oreilles de lapin.
Qui restaient même quand il se transformait.
Il avait l'air ridicule.
Heureusement, tout disparut après le premier jour, mais Derek décida de rester au calme plus longtemps. Les messages ne cessèrent pas d'arriver, mais quand il lut que Stiles amenait Lapin Derek chez Deaton, il sut que Stiles avait compris que quelque chose n'allait pas. Compte tenu de la quantité d'émoticônes cœur et visage qui envoie des baisers derrière tout ce que Stiles écrivait à propos de Derek, il se rendit compte que Stiles n'était pas encore assez inquiet.
Finalement, il remballa ses affaires, quand Erica s'enquit de comment allait Lapin Derek et que Stiles répondit par un simple 'mal'.
La première chose qu'il remarqua en arrivant au loft fut la jeep de Stiles mais aussi l'absence de Stiles. Derek savait que s'il en avait besoin, il pourrait entendre le rythme cardiaque de l'adolescent à travers une foule d'un million de personnes et localiser son emplacement. Mais il n'y avait rien. Derek essaya d'écouter plus attentivement, alors qu'il s'approchait de l'ascenseur et de son appartement.
Quand il repoussa la porte métallique, il ne s'attendait pas vraiment à trouver Stiles, mais il était là, dans tous ses états, des taches rouges réparties sur ses vêtements, une partie de son visage, le canapé, par terre et il y avait quelque chose sur le plafond, Derek ne voulait probablement pas savoir quoi. Stiles marchait de long en large dans l'appartement, agitant les bras dans tous les sens.
"Ne t'inquiète pas, Derek," murmura-t-il, paniqué, même si ça sonnait plus comme s'il se parlait à lui-même. "Nous pouvons guérir ça. Je suis sûr que je peux le faire." Pendant une minute, Derek pensa que Stiles lui parlait, mais il ne sembla pas du tout remarquer que Derek se tenait dans l'entrée, occupé à racler qu'importe ce qu'était sur la table basse dans un bol. "Ce n'est qu'une égratignure… une blessure superficielle, nous pouvons le faire. Tu as survécu à pire." Sa voix se brisa et Derek remarqua tardivement que Stiles était juste en face de lui, mais qu'il ne pouvait pas le sentir, pas comme d'habitude, ni entendre son cœur battre.
"Stiles ?"
Le garçon s'arrêta dans sa diatribe, le corps frisé dans une position inconfortable. Et puis il tourna lentement la tête, les yeux s'écarquillant, le soulagement, la surprise, la colère, le désespoir et l'incrédulité écrits sur son visage. Et c'était troublant que Derek ne puisse rien détecter venant de lui.
"Derek ?" Hurla Stiles, "Quoi ? Mais—pourquoi ?"
Derek fit un pas hésitant dans son propre appartement. "Que s'est-il passé ?"
Le visage de Stiles s'assombrit, puis s'éclaircit, puis s'assombrit à nouveau, jusqu'à ce qu'il s'approche de Derek et le tire dans une étreinte serrée. "Oh mon Dieu, Deaton a dit que ce n'était pas réversible. Mais j'ai quand même essayé et puis tu as explosé et j'ai cru que je t'avais tué, mais pourquoi es-tu, qu'est-ce que, comment, je veux dire—"
Derek repoussa Stiles par les épaules. "Tu as fait quoi ?" Demanda-t-il, beaucoup trop calme même à ses propres oreilles , jusqu'à ce que ça le frappe. "Attends, le lapin a quoi ?" Stiles détourna le regard et ses doigts se contractèrent, tout comme ses sourcils, et il ne semblait pas loin de la crise cardiaque.
"Oh mon Dieu, es-tu un fantôme ? Viens-tu te venger ? Je ne voulais pas te tuer, vraiment je—"
"Stiles, tais-toi. Ce n'était pas moi," grogna Derek, faisant enfin le lien. Les morceaux de chair sur ses murs étaient des entrailles de lapin. Les taches rouges sur Stiles étaient du sang de lapin. Stiles venait juste de tuer un lapin, essayant de désensorceler Derek.
Derek laissa tomber ses mains des épaules de Stiles, avançant davantage dans la pièce pour regarder les… trucs… sur ses murs, au plafond, sur les meubles et sur le plafond de verre.
"Stiles. Juste. Quoi ?"
"Je ne le voulais pas !" Gémit Stiles.
Derek cligna des yeux, avant de se retourner et de se laisser tomber sur le canapé. Stiles resta au milieu de la pièce, l'air incertain. Derek avait juste besoin de traiter l'information. Pendant un moment.
Il y avait du lapin sur ses murs.
"Si ça," commença lentement Stiles, déglutissant difficilement, sa pomme Adams dansant dans sa gorge, "n'était pas toi… qu'est-ce qui a explosé ?"
Derek plaqua sa main sur son visage. "Un lapin de la ferme à lapins situé juste à la sortie de la ville."
Stiles resta silencieux pendant un moment, regardant Derek, ses épaules se détendant pendant une brève seconde, avant de se raidir à nouveau, la bouche s'ouvrant.
"J'ai tué un lapin !" Réalisa Stiles, fermant la bouche. "J'ai tué. Un lapin," répéta-t-il, les mains passant dans ses cheveux courts. "Oh. Mon. Dieu. Je viens de tuer un petit lapin mignon et innocent !"
Maintenant, il parlait plus fort mais sa voix s'éloignait.
"Stiles—"
"Je suis le pire," continua Stiles, marchant de long en large, s'arrachant les cheveux maintenant et Derek se leva du canapé.
"Stiles, tu ne l'as pas fait." Parce que Derek aurait dû prévoir que Stiles ferait tout son possible pour lui rendre son corps d'origine et qu'il ne s'arrêterait à rien. Une partie de lui était heureuse qu'il n'ait pas vraiment été coincé dans ce corps et donc qu'il ne décorait pas les murs de son appartement maintenant, tandis qu'une autre partie de lui se sentait tout aussi mal d'avoir soumis un autre animal à ce sort.
"Que veux-tu dire par je ne l'ai pas fait ?" Stiles hurlait maintenant, et Derek voulait lui dire que c'était juste un lapin mais il était presque sûr que Stiles lui donnerait un coup de pied au visage pour ça.
Là encore.
"C'était juste un lapin, Stiles," dit Derek, les mains levées et sur le point de se poser sur son épaule, mais Stiles se retourna, poussant contre sa poitrine.
"Va te faire foutre !" Les longs doigts de Stiles attrapèrent son t-shirt, le rapprochant de nouveau. "C'était toi ! Pour moi, ce lapin était toi. Ce n'est pas juste un putain de lapin stupide et inutile pour moi, connard."
Peut-être que Derek ne devrait pas être flatté par le fait que Stiles soit énervé à propos d'un lapin, parce qu'il pensait que c'était lui, mais, il était là, se sentant coupable et heureux en même temps.
Des sentiments conflictuels comme ceux-là devraient être humainement impossibles.
"Ça ne l'était pas, je comprends," essaya de nouveau Derek, plaçant sa main sur la poitrine de Stiles, parce que Stiles avait vraiment besoin de se calmer, parce que le cœur de Stiles… ne battait pas la chamade de panique dans sa poitrine ?
Derek plissa les yeux vers l'adolescent, fronça les sourcils, essayant d'écouter.
Cela lui prit un temps embarrassant pour capter un bruit de grattement venant de la salle de bain. Il n'était même pas sûr depuis combien de temps, mais cela avait été dans un coin de son esprit depuis qu'il était entré dans l'appartement. Mais son cerveau avait été en quelque sorte surchargé. Maintenant, cependant, il en était conscient alors qu'il tentait de retrouver sa capacité mentale pour l'écouter activement. Rétrécissant les yeux, il lâcha Stiles, puis se dirigea vers la porte de la salle de bain et l'ouvrit .
Il n'était pas sûr de ce à quoi il s'attendait. Peut-être une brosse à dents enchantée ou une serviette dansante résultant de ce que Stiles avait l'intention de faire avec ce sort en plus de laisser exploser des créatures des bois innocentes.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il ne s'attendait pas à ce que le lapin noir qu'il avait acheté, saute entre ses jambes et jusque dans le salon.
Stiles rit. Fortement et joyeusement.
Derek resta juste là pendant un moment, fixant Stiles, avant de se retourner et de se laisser tomber sur le canapé. Stiles se laissa tomber à côté de lui, tapotant son genou avec un sourire satisfait, avant de retirer le talisman qu'il avait autour du cou et soudain, Derek fut capable de sentir le garçon, d'entendre son rythme cardiaque, d'absorber tout ce dont il pensait avoir été bloqué avec quelle que soit la magie que Stiles avait utilisé. Et Stiles ne sentait pas la panique, la peur ou la détresse, et son cœur ne battait pas la chamade dans sa poitrine.
"Tu m'as vraiment cru," dit Stiles avec un sourire suffisant.
"C'est vrai," répondit Derek, fixant un endroit quelconque au-dessus de sa tête.
"Je suis un excellent acteur !"
"Tu l'es," acquiesça de nouveau Derek, distraitement. Parce qu'il y avait des trucs sur ses murs. Et des trucs sur le visage de Stiles qui, en y réfléchissant, ne sentaient pas le cuivre, le fer et l'humain ou les animaux. Il pourrait deviner, mais au lieu de ça, il céda et désigna le plafond d'un geste de la main.
Stile suivit son regard.
"Oh ça," souffla-t-il. "Du lapin congelé. Je l'ai acheté au supermarché."
Le loup-garou répéta les mots dans sa tête. Il n'était même pas surpris. Était-ce un mauvais signe qu'il ne soit même plus surpris par quoi que ce soit en ce moment ?
"Quand l'as-tu découvert ?"
Stiles bougea un peu sur le canapé. "Deaton l'a découvert, en fait. Il m'a dit, le visage impassible, ce connard, qu'il n'y avait rien que nous puissions faire. Et puis il m'a montré les… enfin… les parties intimes du lapin et m'a expliqué en termes simples, que je ne pouvais tout simplement pas t'avoir changé en un lapin femelle."
Derek se moqua et ignora la rougeur dans le cou de Stiles.
"Et puis j'ai remarqué que ton portable avait disparu," continua à expliquer Stiles, changeant de sujet avec avidité comme un homme en train de se noyer, et qui s'accrochait au moindre espoir. "Je savais que je l'avais mis sur la table basse après avoir passé au crible tes vêtements alors j'ai supposé que tu étais soit revenu ou soit que quelqu'un te l'avait apporté. J'ai utilisé le GPS et te voilà, dans la forêt." Il désigna son ordinateur portable. "Quand j'ai vu que tu rentrais, je me suis préparé."
Derek regarda le lapin se précipiter à travers la pièce, les regardant avec une quantité impressionnante de mépris.
"Je suppose que c'est la fin," dit finalement Derek, levant son bras pour le poser sur le dossier du canapé derrière Stiles, qui se pencha un peu en arrière, quoique involontairement.
"Quoi ? Pourquoi ?"
"Stiles," déclara calmement Derek. "J'ai de la viande de lapin congelée sur mes murs. As-tu vraiment besoin de demander pourquoi ?"
Stiles poussa sa lèvre inférieure en avant, avant de hausser les épaules. "Je suppose que tu as raison. Ce n'est pas comme si l'un de nous pouvait surpasser ça."
"Je ne le veux pas non plus."
"Oh hé ! Ça signifie que j'ai gagné !"
"Quoi ?"
"Je t'ai fait une farce et tu as utilisé ma farce pour me faire une farce en retour, puis j'ai utilisé ta farce pour te faire une farce, ce qui fait de moi le gagnant !"
Derek avait cessé d'écouter quand le mot 'farce' avait quitté la bouche de Stiles pour la troisième fois et il se contenta de regarder son expression passionnée, heureuse et joyeuse comme il en avait l'habitude, et Derek dut résister à l'envie de tirer Stiles dans une étreinte serrée, parce que c'était l'expression que tout le monde attendait: de grands yeux bruns détendus, spontanés, heureux, satisfaits, béats, et innocents.
Derek détourna les yeux.
Le lapin bondit vers eux, s'asseyant entre les jambes de Stiles, grognant dans sa direction et Stiles se pencha pour le ramasser. Quand il se pencha en arrière à nouveau, il se jeta contre le côté de Derek, leurs corps se touchant de l'épaule à la hanche.
"Vas-tu le garder ?" Demanda Derek, tandis que Stiles tirait distraitement sur ses oreilles.
"Ouais je suppose. Je me suis un peu attaché. Et quand j'ai dit à mon père que c'était toi, il a dit qu'on pouvait construire un clapier dans notre jardin. D'autant plus que nous avons eu du mal à t'entraîner à utiliser la litière. A cause de qui était responsable pour ta forme."
Derek haussa un sourcil en question.
Stiles rit. "Il a dit que tu ferais pipi sur tout pour te venger."
Derek se moqua.
"Et puis il a dit que je te laisserais faire sans me mettre en colère parce que je me sentirais coupable et qu'il ne voulait vraiment pas d'une maison pleine de pisse de lapin. Tu étais donc condamné au jardin, que tu le voulais ou non."
Derek dut s'empêcher de sourire devant l'expression affectueuse que Stiles avait en regardant l'animal sur ses genoux.
"Je suppose qu'elle a besoin d'un nom alors."
Stiles se tourna vers lui avec un sourire éclatant. "J'en ai un ! C'est Derek 2.0."
"Mais… c'est… une fille ?"
"Quand même," insista Stiles.
Derek roula des yeux. "Et tu as besoin d'un compagnon pour elle. Tu ne peux pas la laisser seule."
"Nous allons lui en acheter un, alors, non ?"
Derek ne commenta pas le 'nous', à la place, il se réinstalla simplement sur le canapé, tandis que Stiles continuait de caresser l'animal. "Nous pourrions retourner à la ferme de lapins, si tu veux."
"Ouais, j'aimerais ça," répondit Stiles.
Ils restèrent silencieux pendant plusieurs instants, Derek envisageant d'appeler une agence de nettoyage professionnelle pour se débarrasser des taches, quand Stiles ouvrit la bouche.
"Tu sais quoi ?"
Derek fredonna en signe de reconnaissance.
"J'aurais vraiment aimé te voir avec des oreilles de lapin sous ta forme de loup."
"C'était un spectacle à voir," acquiesça Derek.
"Dommage qu'il n'y ait pas de photos," continua Stiles avec nostalgie.
Derek resta silencieux.
Stiles tourna la tête pour le regarder. "Il n'y en a pas, pas vrai ?"
En réponse, Derek sortit son portable de sa poche et le tendit à Stiles. Les yeux du garçon s'écarquillèrent alors qu'il déposait le lapin sur les genoux de Derek, prenant le téléphone à la place et ouvrant les photos.
"Au fait," commença Stiles avant qu'il ne puisse cliquer sur les photos. "Deaton ne veut plus m'apprendre la magie."
"Parce que tu l'as utilisé pour une farce ?"
"Nope." Stiles poussa un profond soupir comme s'il se préparait lui-même, les pointes de ses oreilles devenant rouges et Derek le regarda avec curiosité. "Quand Deaton a voulu vérifier ton sexe pour prouver ses soupçons, j'ai en quelque sorte été très protecteur de ton attirail." Derek se contenta de regarder le visage de Stiles, prenant une teinte plus profonde de rouge. "Très protecteur", ajouta-t-il pour l'accentuer. "Je l'ai peut-être frappé."
Derek sourit aux derniers mots, gloussa même, de façon lente et amusée, et probablement de façon horriblement enchantée. Stiles s'éclaircit la gorge, finissant de regarder les selfies que Derek avait pris sous forme de loup et d'humain, avec ses oreilles et ses dents de lapin.
Stiles s'étouffa presque et puis oublia de respirer.
Derek frotta l'un de ses pouces sur le cou de Stiles pour lui rappeler l'importance de l'oxygène, tandis qu'il caressait le lapin sur ses genoux avec son autre main.
"Oh mon Dieu," lâcha soudainement Stiles quand il atteignit la fin de l'album avec une excitation croissante. "Je pense que je veux t'épouser !" Derek savait que c'était censé être une blague, mais à la seconde où ces mots sortirent de la bouche de Stiles, ses épaules se raidirent et Derek pouvait sentir la panique montée chez Stiles. Pour éviter une complète crise de panique, il laissa tomber la main qui entourait son cou et la mit sur la hanche de Stiles à la place, le rapprochant encore plus de lui.
"Ouais. Moi aussi," répondit-il sérieusement.
Le corps de Stiles se détendit et il fondit dans la demi-étreinte de Derek avec un petit sourire.
"Et ça les enfants, c'est comment papa et papa se sont mis ensemble," leur dit Stiles, les bras grands ouverts après avoir terminé son récit.
"Bizarrement, j'en doute," déclara Scott à ses côtés, plissant les yeux vers ses deux amis avec scepticisme. "Tu as totalement sauté la partie où vous sortez ensemble. Qui fait sa demande avant même de sortir ensemble ? Et je suis plutôt convaincu qu'il y avait plus de drama impliqué avec vous deux ! Il y a toujours plus de drama avec vous ! Comme Derek paniquant à cause de la différence d'âge, et toi paniquant du fait de ne pas être assez bien—ce qui serait totalement faux, juste pour que ce soit clair. Et—"
"Premièrement: c'est comme ça que ça s'est passé," insista Stiles. "Et c'est ainsi que je continuerai de le raconter à quiconque veut ou ne veut pas connaître l'histoire. Pas vrai, Derek ?"
"Ouais," répondit Derek, tournant une page de son livre, sans lever les yeux.
Les lapins, assis devant Scott et Stiles, l'un noir avec des yeux étroits et un air méchant, et l'autre brun chocolat avec de grands yeux ambrés, agitèrent simplement leurs nez, avant de bondir ensemble sur la pelouse verte du jardin des Stilinski.
"Deuxièmement, tant qu'il ne m'a pas mis de bague au doigt," Stiles agita son annulaire en direction de Scott, "je ne suis pas fiancé."
"Oh," dit Derek depuis sa position sur la balancelle, posant son livre. "J'ai oublié."
Scott put entendre le rythme cardiaque de Stiles s'accélérer immédiatement, les yeux s'écarquillant alors qu'il regardait Derek se lever de la balancelle, sa main disparaissant dans l'une des poches de son jean et Scott dut réprimer un gémissement.
Mon Dieu non, la demande en mariage de Derek n'allait pas être aussi anti-climatique que toute cette putain d'histoire, n'est-ce pas ?
Stiles se balança sur ses jambes, se penchant en avant, les yeux fixés sur la main de Derek, manquant de tomber, la bouche ouverte et le souffle coincé dans sa gorge. Scott était sur le point de lui dire respire, Stiles, respire, mais il était distrait par le faire d'essayer de reprendre son propre souffle parce que c'était son meilleur ami, et stupide ou pas, il était sur le point de se fiancer et il pouvait sentir l'excitation.
Et puis Derek eut un sourire narquois, sortit sa main qui était vide et se laissa tomber sur la balancelle, ramassant son livre.
Scott et Stiles le fixèrent avec confusion.
"Stiles," commença Derek, "quand je te demanderai de m'épouser, je ne le ferai pas dans ton jardin, habillé comme un bûcheron. Juste pour ton information."
Scott avait senti la déception cachée de Stiles et son air renfrogné disparaître au mot 'quand', laissant place à un sourire très mal caché, et sérieusement, Stiles n'avait même pas vingt ans, comment pouvait-il même penser à se fiancer à un si jeune âge ? Comment Derek pouvait-il lui promettre qu'il allait le demander en mariage de toute façon ? Scott… Scott décida qu'il ne voulait tout simplement pas savoir.
Il fut sauvé de ses pensées par le shérif, criant le nom de Stiles de l'intérieur de la maison, avant de sortir sur le porche. Stiles regarda son père, le visage rayonnant d'un bonheur écœurant et pendant un moment, l'homme plus âgé fut déstabilisé, fronçant les sourcils, avant de visiblement se rappeler pourquoi il appelait son fils en premier lieu. "Nettoie la cage de Derek. Ça pue. Je ne laisserai pas mon petit-fils dormir dedans."
"Petit-fils ?" Demanda Scott, haussant ces deux sourcils.
"Dieu sait que c'est le plus proche que je viendrais jamais à avoir des petits-enfants avec ces deux-là," répondit le shérif, en regardant affectueusement les animaux, courant soudainement sur la pelouse, sautant et se tortillant dans les airs.
Stiles roula des yeux.
"Nous pouvons adopter," proposa Derek en haussant les épaules. "Ou demander à quelqu'un d'être notre mère porteuse."
"Je suis trop jeune pour avoir des enfants loups !" Rappela Stiles alors qu'il entrait dans la maison. "Je n'ai même pas fini l'université ! Donne-moi au moins quatre ans de plus, d'accord ?"
Derek ne répondit pas, au lieu de cela, il sourit aux pages de son livre et Scott était sûr que cela n'avait rien à voir avec ce qu'il y avait marqué dessus.
"Je voulais dire," recommença-t-il, en se raclant la gorge, "ne sont-ils pas tous les deux des femelles ?"
Le shérif se tourna simplement vers lui avant de le faire taire d'un signe de la main. "Ils s'appellent Derek 2.0 et Optimus Stiles," souligna-t-il avant de rentrer dans la maison. "Je refuse de les appeler mes petites-filles avec des noms comme ça."
Dès que Stiles et le shérif furent de retour dans la maison, Derek tourna une page de son livre, souriant narquoisement en murmurant 'j'ai gagné' dans son souffle.
Scott haussa juste ses sourcils, mais fidèle à lui-même, Derek l'ignora. Donc, il regarda autour de lui, observant les lapins jouer ensemble dans le jardin, Derek lisant tranquillement sur la balancelle du porche, écoutant Stiles marmonner dans sa barbe alors qu'il nettoyait les cages dans sa chambre, tandis que le shérif reniflait d'amusement.
Puis il poussa un profond soupir.
"Au moins ça ne s'est pas terminé en larmes", murmura-t-il à lui-même.
