OS n°2 : Discussions familiales
« Non, Sab, demander son nom à une personne n'est pas la première chose qui me vient à l'esprit, surtout lorsqu'elle vous tire dessus. » fit le jeune homme en s'installant au bar pour le petit-déjeuner.
« Elle a seulement essayé, Al. », sa sœur adoptive apparut dans son champ de vision tandis qu'elle essayait de s'attacher les cheveux en une seule et longue natte brune.
« Ouais, bah si tu veux mon avis, elle est un peu trop experte dans le maniement des armes à feu à mon goût. », répliqua le garçon avec humour tout en touchant l'oreille qui avait failli être amputée. Alex repensa à cet instant fabuleux qui n'avait duré que le temps d'un éclair. L'inconnue était indubitablement douée. Sans qu'il en soit vraiment conscience, un léger et absent sourire naquit sur ses lèvres.
Sourire qui se communiqua à la jeune fille en observant son frère qui semblait anormalement dans la lune.
« Elle t'a donné son numéro au moins ? »
Alex se réveilla brusquement et faillit renverser sa tasse de café.
« J'ai relevé un '673298' mais je pense que c'était son matricule. »
Cette fois, Sabina ne se retint même pas de rouler des yeux et de lui jeter un regard du genre 'il y a des fois où je compatis réellement avec ceux qui veulent t'étriper.'
Elle venait de faire une nouvelle fois l'erreur de poser son portable à portée du gamin de cinq ans hyperactif qu'était son frère adoptif et celui-ci s'en empara aussitôt tandis qu'elle beurrait sa tartine.
« Wow ! Quand je pense que Ben et Maël me trouvent moi suicidaire… Tu es consciente que la moitié des membres de cette fraternité repèrent un simple fouineur à des kilomètres à la ronde ? Tu y tiens à ton diplôme de journaliste ou… »
Elle lui arracha le smartphone des mains.
« Hm, tu peux parler. Moi, je ne fais pas joujou avec des psychopathes comme passe-temps. Bon, » admit-elle en interceptant son regard en coin. « Peut-être que certains de ces gars ont des tendances sociopathes mais… » Elle s'interrompit, n'appréciant pas du tout le regard narquois qu'il lui lançait par-dessus son verre de jus d'orange. « Alors, qu'a dit Morris ? » décida-t-elle de changer de sujet.
Il lui jeta un regard acéré mais légèrement amusé par sa redirection.
« Sais pas plus que toi. Pas encore fait mon rapport. »
« Quoi ? », elle s'arrêta aussitôt de manger, trop surprise pour faire autre chose que de le fixer avec réprobation. « Il sait que tu es rentré au moins ? »
Elle faillit renverser son bol de chocolat chaud en voyant son hochement de tête négatif.
« Quoi ? » , rétorqua-t-il en mordant avec amusement dans une tartine de miel. C'était l'une des rares fois où elle le voyait manger avec enthousiasme. Elle soupçonnait que cela avait rapport avec le fait de faire mariner son chef. « Cela lui fait les pieds. En outre, j'ai des examens dans trois jours et je ne vais pas lui laisser l'occasion de me retenir à l'agence. Les profs aimeraient bien m'apercevoir, de temps en temps. » Sous son regard bleu qui noircissait cependant, il compatit. « Mais je vais le faire sous peu. »
Sabina soupira. Il était vraiment incorrigible. Puis une idée revint dans son esprit.
« Alors, tu vas essayer de la revoir ? Tu sais qu'elle fait partie de l'armée et tu as les moyens de savoir précisément qui c'est. »
Dos à elle tandis qu'il débarrassait la table, il laissa échapper un petit rire.
« Pourquoi m'intéresserait-elle ? »
Sabina se leva à son tour.
« Laisse-moi réfléchir. La première chose que tu m'as dite était qu'elle avait des yeux magnifiques. Tu laisses rarement quelqu'un qui te tire dessus s'en tirer à si bon compte. En étant dans l'armée, elle est sans doute aussi souvent absente que toi. Enfin, je suis certaine qu'elle sait parfaitement se défendre seul et que tu n'auras pas besoin de craindre pour sa sécurité. »
« Non mais, tu es déjà en train d'établir des plans de mariage ou je rêve ? »
« Oh, arrête. Si je te laisse faire, dans dix ans tu n'oseras toujours pas l'inviter au cinéma le soir. »,
« Tu tiens à ce que je demande à Maël où vous en êtes tous les deux ? »
Elle osa lui tirer la langue.
« Alors tu vas faire quoi ? »
« Pour l'instant, » dit-il en attrapant son sac et son manteau. « réviser mes cours de droit international. »
Elle laissa échapper un rire semblable à un jappement.
« Je ne comprends toujours pas pourquoi tu étudies cette matière. Au vu du nombre de fois où tu les contournes … »
Cette fois, seul le claquement de la porte d'entrée de leur appartement commun lui répondit.
