OS n°3 : Rapport

Note : Coucou ! J'espère que vous aimez ces OS que j'ai imaginé sur la vie d'Alex après le MI6. Voici le tout dernier.

Je tiens à vous prévenir qu'ils ne seront peut-être pas tous publiés dans un ordre chronologique mais ne vous inquiétez pas je vous le préciserai avant que vous ne soyez pas perdus !

Bonne Lecture,

Guepard54

AR-AR-AR

James Morrison était un homme ordinaire. De taille moyenne, la peau légèrement mâte et des yeux noirs qui furetaient sans cesse de droite à gauche. Cette attitude aurait pu sembler excessive voire incongrue si Morrison n'avait été le chef des opérations de terrain du Bureau Fédéral d'Investigation de Washington. En tant que tel cependant, il avait eu à faire face (ou plutôt les hommes sous ses ordres) à un certain nombre d'affaires délicates dans lesquelles mieux valait se montrer extrêmement prudent.

En l'occurrence, la dernière en date mettait son Service en mauvaise posture face à l'armée. Morrison avait en effet appris que cette dernière détenait depuis peu des documents sensibles qui n'auraient jamais dû se retrouver entre les mains de simples militaires. Il avait d'ailleurs envoyé un agent dans l'un de leurs complexes, situé près de Boston. Il s'agissait d'une mission relativement facile mais pouvant devenir très délicate et l'agent en question était vraiment très compétent mais parfois… imprévisible.

Morrison soupira tout en se dirigeant vers son bureau. Privilège de gradé, ce dernier était personnel et fermait à clé. Bien que cela n'empêche pas certains fouineurs, comme il en eut encore la preuve ce matin-là en ouvrant la porte.

« Rider ! », interpella-t-il la personne – assise en tailleur sur son bureau ! – en train de feuilleter ses dossiers.

Le jeune homme blond de dix-huit ans se tourna vers lui, le fixant de ses yeux bruns mi- sérieux mi- moqueurs.

« Monsieur ? »

Le jeune espion était d'humeur joueuse, remarqua immédiatement l'adulte. Dommage, se dit-il car ce n'était décidemment pas son cas ce matin-là. Il lui fit signe de descendre de son perchoir d'un geste sec. Rider le fit dans un soupir avant de glisser les mains derrière son cou pour défaire la chaîne qui y pendait avant de la lui tendre. Il se saisit alors de la clé USB avec un empressement empreint d'avidité.

Avant de se stopper net pour observer son employé.

« Il n'y a eu aucun problème ? »

Sans toutefois le montrer, Alex hésita. Techniquement non, la preuve en était qu'il avait réussi à ramener les documents. Mais il se demandait toujours si le supérieur de la jeune femme rencontrée avait consulté le sien. Avant même qu'il ait pu répondre à la question, Morrison croisa les bras en soupirant. Avant de le regarder fixement.

Alex connaissait suffisamment Morrison pour savoir que celui-ci tentait de le faire parler – peut-être plus qu'il ne le souhaitait. Mais le jeune homme était suffisamment expert en bluff pour éviter sans problème ce piège.

« Non. Aucun. », répondit-il, un masque plaqué sur le visage.

Morrison continua cependant à le regarder attentivement.

« Bien. Alors dans ce cas, dîtes-moi pourquoi le sergent… »

« Disons que pas un vrai problème. Techniquement… », s'empressa de le couper Alex puis se faisant couper à son tour.

« Techniquement ? Agent Rider, je jure que si je vous entends encore commencer une phrase par ce mot, je vous arrache la langue ! »

Le blond baissa un court instant la tête et l'on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un geste de contrition si une lueur rieuse n'avait pas brillé dans ses yeux lorsqu'il l'avait relevée. Avant de se diriger vers la porte sans demander son reste.

Seulement pour être arrêté par la voix exaspérée de son supérieur.

« Qu'est-ce que… Vous ne m'avez pas encore fait votre rapport ! »

La main posée sur la poignée de la porte, Alex se tourna vers Morrison tout en affectant un air sérieux.

« Je crois que vous avez déjà celui de ce sergent. Est-ce bien utile d'en avoir un en double ? Vous savez, moi et la paperasse… »

La main actionna la clenche et la porte s'entrouvrit. On entendit le brouhaha des employés dans les bureaux d'à côté.

James Morrison fronça les sourcils, se répétant intérieurement et inlassablement que 'non, il n'avait pas envie d'étriper son agent.'

« Alors vous risquez d'avoir un problème avec votre prochaine affectation. Les archives en sont remplies… »

Contrairement à ce qu'il espérait, Rider eut un petit sourire.

« Mais il n'y a aucun problème de paperasse aux Bahamas ou à Hawaï et la saison est idéale pour quelques jours de congés anticipés. »

Morrison était dans une impasse. Pour avoir été dans cette même situation de nombreuses fois, il aurait dû savoir qu'on ne gagnait jamais rien à jouer au plus fin avec Alex Rider. Il se traita mentalement d'imbécile avant de pousser un profond soupir d'exaspération.

« Très bien. Mais la prochaine fois, venez immédiatement me faire votre rapport afin que vos mésaventures ne me soient pas contées par d'autres. »

Alex hausse les sourcils, sincèrement étonné.

« Quelles mésaventures ? Personne – ou presque – ne m'a vu, je vous ai rapporté ce que vous vouliez et – oserais-je le dire – sans une égratignure ! » Ce fait seul était assez notable pour le faire remarquer, songea le jeune homme avant de poursuivre. « Et puis, si je ne suis pas revenu immédiatement, c'est aussi que j'avais des examens à passer. »

« Lesquels ? »

Alex sentait qu'il y avait anguille sous roche mais se força néanmoins à répondre.

« Langues étrangères, psychanalyse et droit international. Et faites-moi confiance, cette dernière matière à elle seule demande des heures et des heures de travail. »

Il n'aima pas le bref éclat de rire que Morrison essaya vainement de retenir. Pas plus que l'explication qu'il en donna la minute suivante.

« Vous savez, vous êtes comme la plupart de ces étudiants qui étudient des matières qui ne leur serviront jamais dans la vie réelle. Parce que pour que vous étudiez les lois internationales… »

Il laissa le sous-entendu en suspens. Face à lui, Alex roula des yeux. Ce petit séjour à Hawaï lui semblait une meilleure idée de seconde en seconde. Il sortit une petite carte d'une de ses poches et la tendit à Morrison qui parut surpris.

« Qu'est-ce que c'est ? »

Cette fois, Alex sourit réellement.

« Le numéro de ma sœur. Je sens que vous allez vous entendre comme larrons en foire. »

« Votre sœur ? Celle pour qui vous m'avez demandé de confirmer un rapport dans lequel un homme était malencontreusement tombé dans une cage d'ascenseur sans ascenseur le mois dernier ? »

Alex se mordit la lèvre avant de répondre.

« Techniquement, c'était un accident… »

« DEHORS ! »