OS n°4 : Le mandat
Note : Coucou !
Je tiens juste à préciser que si vous voyez que dans les prochaines semaines, cette fic est beaucoup plus publiée que les autres, ce ne sera pas parce que j'aurais abandonné ces dernières. Simplement, des OS courts sont beaucoup plus faciles à écrire lorsqu'on manque de temps. Mais ne vous inquiétez pas !
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de la nouvelle vie d'Alex !
Bises et Bonne Lecture,
Guepard54
AR-AR-AR
« Al, je vais te tuer. »
Alex se retourna pour accueillir son plus ancien coéquipier.
Les cheveux châtains coupés relativement court, les yeux bleus profondément enfoncés dans leurs orbites, Ben Daniels venait de passer le cap de la trentaine. Employé en même temps qu'Alex au MI6, il en était parti environ un an après le départ d'Alex pour San Francisco. Ben avait alors fait plusieurs agences avant que son unique sœur ne lui demande de venir s'installer aux Etats-Unis et qu'il ne se fasse embaucher par le FBI.
Lors de son affectation à Washington D.C. sous les ordres de James Morrison, Ben avait été surpris de retrouver partiellement (puisqu'Alex était un peu plus assidu en cours qu'à l'époque du MI6) l'adolescent blond.
Leur chef d'équipe était un Irlandais quadragénaire. Mattew Woodmark était né au sein de l'Armée Indépendantiste d'Irlande ou IRA et était resté en son sein pendant près de trente ans. Avant d'en laisser la direction à son cousin parce qu'il ne croyait plus aux idéaux de ses jeunes années. Il avait une connaissance approfondie de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des explosifs et les fédéraux américains l'avaient accueilli à bras ouvert. Après s'être assuré efficacement qu'il ne s'agissait pas d'une loyauté de façade, bien entendu.
Leur quatrième membre venait de Floride et, âgé de huit ans de plus qu'Alex, se nommait Donovan Skylight. Donny était un jeune homme élancé, la peau légèrement tannée par le soleil qui 'brillait sans répit dans la plus belle région du monde', selon lui. Il avait été flic à Miami, dans un quartier particulièrement chaud de la ville, où déclencher des incendies et trucider littéralement son voisin trop bruyant faisaient partie des traditions. Tout le monde appréciait Donny. Il était très ouvert, dragueur avec les filles et avait toujours en réserve une histoire drôle ou deux pour détendre l'atmosphère, les longues nuits passées en planque.
Alex observa calmement l'ancien agent du MI6.
« Il y a un problème ? »
« Un problème ? Qu'est-ce qui a bien pu te donner une idée pareille ? » demanda ironiquement le plus vieux.
« Euh ? Ton air passablement stressé ? », rétorqua innocemment le blond.
Cet air 'innocent' donnait à Ben plus que la simple envie de le tuer. Il voulait 'étriper' son jeune collègue.
Pourtant, il se força à se calmer. Il se pinça brièvement l'arête du nez avant de reprendre une longue inspiration.
« Il y a deux semaines, tu étais en charge du dossier Heinecker, non ? »
« Hm, c'est moi. Enfin, Maël et moi. Cela devait au départ être une mission en solo mais il avait tenu à m'accompagner. Quelque chose à propos du fait qu'Heinecker soit un vrai psycho, je crois. », expliqua Alex, vaguement.
« De toute manière, Al, même quand une personne n'est pas psychotique à la base, il suffit que tu apparaisses pour qu'elle le devienne. Comme par magie. »
« Je suis censé prendre cela comment ? », fit Alex en haussant un sourcil.
« Prends-le comme tu veux. Alors tu expliques cela comment ? », persista Ben.
« Mon charme naturel, peut-être ? »
Le brun ferma un instant les yeux.
« Dis-moi, quel mot emploierais-tu pour me décrire là, à l'instant précis où nous parlons ? »
« Hmm… En manque de sommeil. Excuse-moi, mais là j'ai l'impression que tes yeux vont te sortir du crâne. »
Les mains de Daniels se refermaient de manière réflexive sur le dossier qu'elles tenaient.
« Alexander ! », prévint une voix nouvelle.
Matt et Donny venaient d'arriver dans leur espace de travail commun.
« Où en étais-je ? », se plaignit le pauvre Ben.
Il n'y arriverait jamais.
« Je répondrais volontiers à ton manque de sommeil mais pas sûr que cela soit la réponse que tu cherches. », pipa Alex.
« Quelle perspicacité ! », commenta Donovan, un petit sourire au coin des lèvres. Il semblait observer leur discussion comme on regarde un match de boxe. Avant de se faire accaparer par leur chef d'équipe, laissant les deux combattants à leur joute.
Ben passa une main sur son visage las avant de reprendre le fil de leur conversation précédente.
« Donc Heinecker, tu ne te serais pas par hasard glissé chez lui avant d'obtenir le mandat de perquisition ? »
« Si et… ? »
« A Dartmouth, tu as des cours de droit pénal, me semble-t-il. Et pourtant l'importance d'un mandat a l'air de te passer bien au-dessus de la tête. »
« Disons que cela allait bien plus vite de cette manière. » expliqua le jeune homme pour sa défense.
Nouveau soupir exaspéré et nouveau pincement de nez.
« Al, ce n'est pas à toi que je vais apprendre qu'il y a manière de faire et manière de faire. »
« Je ne vois pas en quoi ma manière dérange. », répondit Alex, le plus naturellement du monde.
Il adorait faire marcher ses collègues jusqu'au bout. Il savait qu'avec eux il ne risquait pas de se faire littéralement trucider. Quoique… A voir le regard de l'ancien soldat du SAS, il n'en était plus tout à fait sûr.
D'ailleurs, pour se faire un peu mieux comprendre, ce dernier lui attrapa le bras. Aussitôt, Alex se dégagea brusquement. Ben savait pourtant ce qu'il risquait.
Les premiers mois en cohabitation à Washington – avant que finalement ne commence celle avec Sab – l'avaient assez prouvé. L'homme brun avait plus d'une fois failli se retrouver avec un doigt en moins en tentant de le réveiller d'un de ses cauchemars.
Ceux-ci avaient été récurrents les mois suivants la mort de Jack. Clairement, l'adolescent souffrait du Syndrome de Stress Post-Traumatique ou PTSD. Le MI6 à l'époque puis Morrison au début avaient proposé des séances de psychanalyse. Alex n'en avait jamais accepté aucune. Premièrement, il était on ne peut plus sain d'esprit, si on oubliait ses 'tendances suicidaires' comme s'amusait à qualifier Maël sa manière de résoudre une affaire. Et deuxièmement, même un psy habilité par des Services Secrets n'aurait pu vraiment comprendre, ni même imaginer.
Soudainement, Alex remarqua que le regard bleu n'était plus fixé sur lui mais sur la personne ou la chose qui se trouvait derrière lui. Avant de lever les mains dans la direction pour poser sa question d'une voix exaspérée :
« Dis-moi, tu fais comment pour le supporter ? »
Alex se retourna pour voir qu'Ismaël était arrivé derrière lui. Le jeune homme, de trois ans son aîné, avait le teint un peu mate des moyen-orientaux tandis qu'une barbe bien taillée s'étalait d'une joue à l'autre et cachait le demi-sourire qu'il affichait présentement.
« Aucune idée. N'arrête pas de me poser la question depuis un an et demi. »
En seule récompense, Ismaël se reçut une gomme sur la tempe. Il se retourna donc vers le gamin de cinq ans d'âge mental qui était accessoirement son coéquipier, les sourcils haussés.
« Quoi ? »
« Absolument rien. Euh, dis voir Mal, tu étais avec moi chez Heinecker, tu peux peut-être répondre aux questions de l'Inquisition. » demanda Alex en désignant Ben pendant qu'il mettait un peu d'ordre sur son propre bureau.
« Lesquelles ? »
L'ancien soldat du Special Air Service pria pour que sa patience reste intacte face à tant de gamineries avant de s'expliquer d'une voix contrôlée.
« Chez Heinecker, il y a deux semaines, vous vous êtes glissés en toute illégalité chez lui avant que l'autorisation de perquisitionner ne parvienne à l'agence, vrai ou faux ? »
Alex eut le plaisir de voir l'Israélien rouler des yeux.
« C'est une blague ? Un mandat pour Heinecker ? Pourquoi ne pas carrément lui demander d'attester sur l'honneur qu'il ne fait rien de répréhensible ? »
« Exactement. Et s'il le fait quand même, on lui donne une petite tape et on lui fait promettre de ne plus jamais recommencer. », compléta le blond avec une moue ironique.
Ben les regarda finalement dans les yeux à tour de rôle avant de leur tourner le dos et de commencer à rassembler ses affaires qu'il avait posées en arrivant ce matin-là sur son propre bureau, sous le regard curieux d'Ismaël et d'Alex.
« Euh, Ben, il n'est même pas midi. »
« Eh bien, j'ai décidé de poser une après-midi de congé. », répondit ce dernier d'une voix égale.
« Depuis quand ? »
Ce gamin avait le culot de poser la question, pensa l'ancien soldat du SAS, non sans une certaine affection.
« Là, tout de suite. La semaine est plutôt calme et je doute que Morrison aura besoin de l'équipe au complet dans les prochaines heures. Et, si c'est le cas, je serai malheureusement injoignable car j'aurai malencontreusement oublié mon portable sur mon bureau. », dit-il en les regardant droit dans les yeux avec provocation tandis qu'il posait tranquillement ledit objet audit endroit.
Avant de s'en aller sans demander son reste.
« Oh, oh… »
« Al, c'est la combientième demi-journée de congé que Ben prend exactement de cette manière ? »
« Pourquoi ? » Il regarda avec surprise son collègue israélien qui haussa un sourcil en réponse. « Je préfère ne pas savoir ce que tu as en tête. »
Maël eut un sourire.
« Si tu étais un objet, tu serais un répulsif. Tu sais, ces produits en bombe que l'on achète dans l'espoir de faire fuir les parasites. »
« Mal, j'ai dit que je préférais ne pas savoir. »
L'Israélien faillit se cogner contre le bureau en évitant la bourrade semi-affectueuse.
« Kroll ! Rider ! Vous pourriez arrêter de vous comporter comme des gamins de cinq ans ? »
Leur supérieur venait de débarquer dans l'espace de travail commun. Son regard s'arrêta un instant sur l'un des bureaux, complètement vide.
« Où est Daniels ? »
« Parti en congé journalier. », répondit Alex, pragmatique.
Morrison lui jeta un regard soupçonneux, comme s'il savait exactement pourquoi son cinquième avait déserté l'agence en pleine journée. Avant de pousser un long soupir exaspéré.
« Bien. Ce n'est pas grave, vous ferez parfaitement tous les deux. Nuit de planque devant chez Volkov. » leur annonça avant de leur tourner le dos sans attendre les récriminations inévitables.
Rider souffla tandis que son collègue lançait :
« Vous êtes au courant que je suis le seul puni dans l'histoire ? Vous avez déjà essayé de mettre un chat sauvage en cage ? », Comme James ne lui répondait pas, Maël se tourna vers son coéquipier. « Combien de cafés tu as bu depuis ce matin ? «
« Euh… », hésita l'Anglais. « C'est vraiment important ? Parce que j'ai d'autres choses à faire que de les compter, tu sais. »
« Plus aucune boisson ou nourriture sucrée jusqu'à demain matin. », vint la réponse, péremptoire.
Alex leva les yeux au ciel avant de courir après son ami qui s'éloignait.
« Tu veux aussi savoir quelle quantité de Vitamine C j'ai ingurgitée depuis ce matin ? »
Ismaël se stoppa net.
« Morrison, je risque d'avoir besoin de menottes et de sédatifs. Au cas où. Mais si cela peut te rassurer, ce ne sera pas pour Volkov. »
L'interpellé soupira. Il y avait vraiment des jours où il avait l'impression de travailler dans une garderie, se dit-il en voyant Rider courser Kroll à travers les couloirs. Et il était père de jumeaux de six ans.
