Bon début d'après-midi. Je vous le mets un peu, beaucoup en retards, désolé.

Italique : Pensées des personnages.

Sur ce bonne lecture.

CHAPITRE 4 :


Un grognement étouffé, ayant la tête enfoncée dans l'oreiller, retentit dans la pièce autrefois silencieuse.

-Maître Tyki, maîtresse Road veut a... Répéta l'Akuma nerveux.

Un faible feu s'embrasa soudainement, éclairant ainsi de ses flammes le salon.

Claquant sa langue d'agacement, Tyki s'assit pour foudroyer la machine tremblante qui se tut aussitôt.

Le troisième enfant resta silencieux un instant, un soupir finissant par être relâché alors qu'il passait une main dans ses cheveux.

-Tu peux me dire quelle heure il est ? Demanda-t-il calmement.

-Nous sommes six heures quarante passés, Répondit la machine rapidement.

Tyki soupira une nouvelle fois, mais il acquiesça.

-Dis-lui que j'arriverais plus tard. Il faut absolument que je parle au Comte en premier; il est hors de question que ce qui c'est passé hier se reproduise dit-il son regard posé sur la forme endormie du jeune albinos.

L'Akuma ne put s'empêcher de Demander :

-Vous voulez parler des deux Akuma qui ont essayé de tuer cet exorciste ?

Tyki tourna la tête si vite pour foudroyer la machine, que celle-ci crût un instant qu'il allait se blesser à la nuque.

-Comment es-tu au courant de cela ? Questionna le Noah du Plaisir, sa voix tenant une tonalité mortelle.

L'Akuma se mit à trembler sous le regard féroce de l'un de ces maître. Il ouvrit la bouche et bégaya une Réponse :

-J-j-j-ai vu l-les Akuma hi-hier pa-par-tir che-cher-chercher le-le chari le chariot, en disant que-que maître Tyki ne l'avait pas-pas ramené.

Les yeux de l'homme s'écarquillèrent, la compréhension se lisant aisément dans les orbes chocolat. Son regard dériva sur l'exorciste.

C'est ma faute s'il a été attaquer hier, Se dit-il doucement

Détaillant quelques secondes le visage très pâle de l'enfant, un pincement de culpabilité le prit, le laissant légèrement en colère contre lui-même.

Comment ai-je pu oublier que les Akuma seraient venu dans ma chambre récupéré ce foutue chariot !

Certain Noah ne faisant que prendre des objets au hasard et oubliant toujours de les rapporter, obligeait le patriarche à sans cesse racheter les objets manquants.

Au bout d'un moment, il en avait eu marre et avait donc ordonné aux Akuma logée dans le manoir de récupérer tout ce qui leur étaient indispensable, quelques heures après leur emprunt.

-Hmm, maître Tyki ? Vint la voix hésitante de la machine le sortir de ces pensées.

Levant les yeux sur la machine nerveuse, son visage n'exprimait strictement rien de son trouble intérieure.

Ayant l'attention de son maître silencieux, l'Akuma poursuivit.

-Je suis désolé de vous interrompre de vos pensées, Fit-il lentement et avec prudence, mais maîtresse Road m'a ordonné de vous dire qu'elle voulait vous voir en urgence.

-Je n'irais pas la voir tant que je n'aurais pas parlé au Comte d'abord, Répéta-t-il sévère.

-Si cela peut vous rassurer, Earl-Sama nous à ordonné de ne pas attaquer l'exorciste, où même de lui faire le moindre mal lui, Révéla-t-il, dans l'espoir qu'il aille enfin voir la fillette.

Un instant de silence s'écoula.

Un sourire paresseux aux lèvres, Tyki se leva du canapé et marcha jusqu'à la porte, s'arrêtant juste devant pour se retourner et regarder l'Akuma dans l'expectatif.

-Eh bien, tu n'as rien d'autre à faire, Dit-il à sa manière habituelle; c'est-à-dire ennuyé.

L'Akuma hocha la tête vivement et se précipita le plus rapidement possible vers la porte, l'ouvrant avec assez de force pour provoquer un bruit fort, et courir dans les couloirs pour retourner à ses fonctions.

Tirer de son sommeil par un bruit, Allen ouvrit lentement ses paupières, révélant ainsi des orbes argentés recouverts d'un voile de somnolence. La première chose qu'il vit fut le dos du Noah incarnant la mémoire du Plaisir, ignorant de son réveil.

Tyki passa une main dans ses cheveux exaspéré et avec la certitude que sa nièce adoptive avait menacé la pauvre machine de la détruire si elle ne parvenait pas à le convaincre de venir.

-Bon, je crois l'avoir déjà fait assez attendre pour qu'elle essaye de me transformer en l'une de ses poupées, Soupira-t-il blasé.

Il ouvrit la porte et partit à son tour rejoindre le neuvième apôtre enfantin, sans n'avoir jamais remarqué le regard endormi du jeune albinos.

Clignant des yeux plusieurs fois, Allen fixait l'endroit où l'homme aux cheveux bouclés avait été quelques secondes plus tôt, sa mémoire floue sur ses souvenirs après avoir promis à Lenalee qu'il les rejoindrait le plus rapidement possible.

Il sortit son bras normal de sous la couverture qui le recouvrait et fit un geste pour se lever. Mais au moment même où il appuya dessus pour se redresser, une douleur vive le piqua au niveau de son poignet.

Un sifflement lui échappa alors qu'il attrapait le membre blessé de sa main gauche pour le bercer près de sa poitrine.

Il prit une profonde inspiration quand ce simple geste provoqua des douleurs dans tout son corps, et avec aisance, ce qui démontrait beaucoup de pratique, focalisa son esprit sur autre chose.

Quelques secondes s'écoulèrent avant que la douleur ne recule enfin, le laissant juste avec l'impression d'avoir fini un combat plutôt violent avec le samouraï.

Rouvrant les yeux, qu'il avait fermé quand la douleur l'avait poignardé de partout, il fixa la porte close du salon alors que les souvenirs d'hier lui revenaient en mémoire.

Baissant les yeux sur la couverture qui le recouvrait, il en prit un morceau dans sa main valide pour la tirer hors de son corps. La couverture désormais hors de son cadre, il pouvait voir les vêtements trop grand que le Noah du Plaisir lui avait prêtés, mais surtout la chemise blanche déchirée au niveau des côtés.

Avec un geste prudent, il contorsionna son bras pour toucher son dos; il pouvait sentir des trous, plus ou moins petit, et les bouts de verre qui était encore incrusté dans sa peau.

Après un essai infructueux pour les enlever, il laissa tomber; cela ne lui faisait de toute façon pas mal, juste une impression gênante, et ressaya de s'asseoir de nouveau. Réussissant cette fois, sans ressentir la douleur poignante de plus tôt, il balaya doucement ses jambes hors du canapé et redressa son dos pour que les éclats de verre ne s'enfoncent pas davantage dans sa chair.

Ses pensées dérivant instantanément vers sa situation; il était chez ses ennemies, le Comte lui avaient assuré qu'il serait en sécurité et qu'il le garderait ici tant que ses blessures ne seront pas guéries.

Si le Comte ne ment pas, alors combien de temps devrais-je rester ici ? Se demanda-t-il anxieux.

Il devait à tout prix savoir combien de temps il lui faudrait pour récupérer. Sinon, il devrait découvrir les intentions du Comte si celui-ci mentait.

Allen passa une main dans ses mèches couleur neige, l'incertitude se lisant sur son visage. Il y avait beaucoup de possibilités mais aucune ne lui paraissant réellement plausible. Pas après avoir lu la sincérité dans les yeux du troisième enfant et de Road. L'enfer même le Comte !

Que suis-je censé faire ?

DGM

Fermant rapidement la porte derrière son passage, il se dépêcha de s'éloigner le plus vite possible de la chambre de l'aînée des Noahs avant que cette dernière ne sorte de son état stupéfait.

Tandis qu'il s'engageait dans un autre couloir, la voix furieuse de sa nièce retentit :

-TYKI, REVIENS ICI TOUT DE SUITE !

Un petit sourire étira les lèvres du troisième apôtre alors qu'il commençait à courir le plus vite qu'il pouvait dans son état.

Maintenant, il n'y a plus qu'à espérer que je le trouve avant qu'elle ne me rattrape, Se dit-il plus sérieux.

Comme si Dieu voulait lui accorder une faveur, il vit le Comte passer un couloir. Il ouvrit la bouche pour l'interpeller, quand il aperçut un floue bleu violet mieux connu sous le nom de Road le dépasser et courir dans la direction que l'homme avait prise.

Ah non ! Il est hors de question que je me la supporte toute la journée ! Cria-t-il, effaré même de cette possibilité.

Rassemblant toute l'énergie qu'il avait pu récupérer pendant ces deux nuits de sommeil, il accéléra. Arriver à la hauteur de sa nièce sadique, il gronda déterminer :

-Prépares-toi à aller à l'école et avec un coup de pied au cul s'il le faut.

La fillette tourna la tête et le foudroya du regard, alors qu'elle lui tirait la langue.

-Tu peux toujours courir ! Cria-t-elle, utilisant sa vitesse de Noah pour le dépasser largement de quelques mètres.

Tyki jura dans sa barbe inexistante. Avec sa vitesse c'est sûr qu'elle allait rattraper le Comte en quelques secondes. A moins que...

Il s'arrêta de courir. Prenant une profonde inspiration, il cria du haut de ses poumons :

-Road veut sécher l'école pour sortir dans une ville rejoindre son petit ami !

Instantanément, un crie d'horreur et de fureur résonna dans tout le manoir :

-QUOI ?!

Il eut des bruits de pas de course avant qu'il ne voit son frère aîné le dépasser dans un sprint étonnant, ses cries retentissant quelques secondes après son passage.

Un sourire satisfait étira les lèvres du troisième apôtre alors qu'il se détournait, prenant le chemin du salon.

Et une journée tranquille, Chanta-t-il joyeusement.

DGM

L'ouverture de la porte ramena l'albinos au présent; ces yeux mercures regardant le Noah du Plaisir entrer. Un bref éclair de surprise traversa le visage de Tyki, quand il vit l'adolescent assis sur le canapé, avant qu'il ne le regarde ennuyer.

-As-tu bien dormi ? Demanda-t-il calmement, en se déplaçant pour s'asseoir sur le fauteuil.

Ne sachant pas quoi dire, Allen hocha juste la tête pour montrer que oui, il avait bien dormi.

Plusieurs minutes de silence s'écoulèrent; aucun des deux ne sachant quoi dire. Finalement, ce fut après -encore- quelque minutes que Allen se résolut à prendre la parole, et ainsi briser le silence inconfortable.

-Puis-je te poser une question ?

Regardant l'adolescent, Tyki inclina la tête, signe qu'il écoutait.

Allen hésita encore un instant avant de se lancer.

-Qu'est-ce qu'un Noah réveillé ?

Il plissa les yeux, regardant attentivement l'adolescent mal à l'aise, et demanda d'une voix neutre :

-Pourquoi tu veux le savoir ?

Allen baissa les yeux quelques secondes, et se mordit la lèvre inférieure, se demandant s'il devait lui répondre. Mais il savait que s'il voulait une réponse, il devait le dire.

Relevant les yeux sur le Noah impassible, il Répondit doucement :

-Mon maître m'a dit que je n'avais pas pu exorciser ton Noah car tu n'étais pas un Noah complètement réveiller.

Les yeux de Tyki se durcirent légèrement à la mention du général qui n'avait même pas hésité un seul instant à blesser son étudiant, quasiment jusqu'à la mort.

Un autre moment de silence s'écoula, mais cette fois ce fut l'homme qui le brisa :

-Un Noah réveillé, c'est un Noah qui ait accepté le fait de ne plus être complètement humain et par conséquent embraser sa forme noire, Expliqua-t-il tranquillement.

Les yeux de l'enfant s'écarquillèrent quelques secondes de cette nouvelle, avant de pencher la tête sur le côté et de Demander hésitant, mais surtout curieux :

-Et toi ? tu n'as pas accepté cela ?

Tyki haussa les épaules, ne voulant pas répondre à cette question qu'il trouvait personnelle. À la place, il Déclara calmement :

-Nous, Noahs, sommes immortelles tant que personne ne voit notre véritable forme; si l'exorciste à la queue de poney a pu tuer Skin, c'est uniquement parce que celui-ci lui a permis de voir son enveloppe originale.

Allen resta bouche bée devant l'information importante que venait de lui révéler le plus vieux, puis le nom que venait de donner l'homme à Kanda lui parvint et il ne put s'empêcher de pouffer de rire.

Tyki arqua un sourcil au petit rire de l'exorciste mais ne commenta pas. Il attendit que le plus jeune se reprenne pour poser ses propres questions. Parce que oui, il en avait.

Voyant le regard ennuyé de l'homme toujours sur lui, il ferma sa bouche et fit un sourire penaud.

-Pardon, je pensais à quelque chose de drôle.

Tyki ne prit pas la peine de dire à l'albinos que ce n'était rien, Déclarant plutôt calmement :

-Puisque j'ai répondu à ta question, je souhaiterais en poser une moi-même.

Allen accepta. Il ne serait pas correct que l'homme ait répondu et que lui ne le fasse pas.

L'homme sembla hésiter un instant, quand il ouvrit la bouche pour parler, les yeux de l'exorciste se tournèrent immédiatement vers la porte à double battant. Avant qu'il ne puisse demander ce qu'il avait, un Akuma pénétra dans le salon. La machine du Comte s'inclina devant le troisième enfant avant de délivrer son message.

-Earl-sama vous attend; vous et l'exorciste dans sa pièce, Déclara-t-il sans émotions.

Tyki arqua un sourcil interrogateur, son regard se posant tout de suite sur l'enfant maintenant tendu. Entendre que le Comte voulait le voir, devait sûrement le mettre sur le bord et lui faire penser au pire.

Tyki allait répondre à la machine quand il prit enfin conscience d'un détail frappant concernant l'albinos.

Se levant du fauteuil, il s'avança jusqu'au canapé pour s'agenouiller devant l'exorciste. Levant une main, il écarta quelques mèches blanches du visage de l'exorciste.

-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-il gêné de son geste.

Tyki observa le visage de l'autre, surtout son œil gauche, avant de poser une question qui prit au dépourvu le jeune garçon :

-Pourquoi ton œil ne s'active-t-il pas de la présence de cette Akuma ?

Allen cligna des yeux, sa main volant par réflexe pour cacher son monocle. Ses yeux s'écarquillèrent quand sa main ne rencontra que la peau.

L'incompréhension et le choc se lisaient sur le visage du jeune garçon, alors qu'il passait nerveusement ses doigts sur sa paupière close.

Tyki l'observa faire sans rien dire, ne sachant surtout pas quoi dire.

Allen abaissa sa main et rouvrit son œil, ses orbes argentés se posant directement sur l'Akuma, toujours présent.

La panique qui avait commencé à s'accumuler dans sa poitrine s'évapora dès qu'il vit l'âme torturé d'un niveau 1 flottant au-dessus de la personne.

Tyki arqua un sourcil, perdu, en voyant le soulagement remplir les orbes mercures de l'exorciste. Pourquoi était-il soulagé s'il ne pouvait plus voir les âmes des Akuma ?

Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'une autre question ne lui vienne à l'esprit : Mais l'adolescent n'avait-il pas regardé dans la direction de la porte avant que la machine du Comte n'entre ?

Un toussotement fort venant de l'Akuma attira leurs attentions sur celui-ci; Tyki se releva et le regarda ennuyé, tandis que l'albinos se tendit de nouveau.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Fit l'homme aux cheveux bouclés, un sourcil levé dans l'interrogation.

Le serviteur s'inclina une nouvelle fois face au troisième enfant et répéta mot pour mot ce qu'il avait dit plus tôt.

Tyki ouvrit la bouche pour lui dire de prévenir le Comte qu'ils arrivaient, quand il vit du coin de l'œil l'exorciste regarder nerveusement la création du faiseur d'Akuma, il Demanda plutôt sérieux :

-Sommes-nous obligés d'y allez ?

Pour toute réponse, l'Akuma commença à répéter une fois de plus sa commande, simplement pour être coupé par le Portugais :

-Va-t-en ! Nous irons voir le prince dans quelques minutes, Dit-il sa langue claquant dans l'agacement.

La machine s'inclina et quitta la pièce, laissant un Noah agacer et un exorciste angoissé.

Passant une main dans ses cheveux, une veine saillante sur son front, il Marmonna tranquillement :

-Stupide machine, répétant tout comme des foutus disques rayés !

Après avoir maudit un peu plus l'agaçante manie des Akuma de niveau 1, il se tourna vers l'adolescent qui fixait ostensiblement le sol. Un soupir échappa à l'homme, alors qu'il repassa une main dans ses cheveux déjà bien ébouriffés.

-Tu sais, si tu n'as pas envie d'y aller nous pouvons très bien rester ici, Suggéra-t-il calmement.

Allen leva les yeux, choqué, du sol pour les poser sur l'homme décontracté qui venait tout simplement de lui proposer d'ignorer le Comte Millénaire.

Un court instant de silence s'écoula; Allen essayant de traiter de ce que venait de dire le plus vieux, alors que ce dernier attendait tout bonnement une réponse, avant que l'enfant n'ouvre enfin la bouche, sa voix sonnant hésitante :

-C'est gentil de...proposer, mais je pense que nous devrions y aller.

Tyki arqua un sourcil, surpris; il était évident que l'adolescent préférait rester ici plutôt que d'aller voir le prince et pourtant il venait de refuser sa suggestion, mais ne s'y attarda pas plus, Déclarant tranquillement.

-Dans ce cas, nous ne devrions pas le faire attendre plus longtemps.

DGM

S'arrêtant devant la porte où se trouvait le Comte, Tyki frappa doucement avec son pied, ne pouvant pas toquer, l'adolescent dans ses bras. Il cligna des yeux, à peine surpris, quand la porte s'ouvrit en même temps que le Comte lui donnait la permission d'entrer.

Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il jeta un rapide coup d'œil à l'Akuma; le même qui avait soigné l'exorciste, qui referma la porte derrière son passage, avant de remarquer la chaise confortable qui faisait face à la chaise à bascule du Comte.

-Bien le bonjour, prince, Salua-t-il décontracté.

Assis dans sa chaise à bascule l'homme déguiser dans le clown de L'Auguste fredonna, montrant qu'il avait entendu, ses yeux dorées regardant seulement l'enfant dans ses bras; dite enfant qui faisait de même, son visage n'exprimant rien de son angoisse intérieur.

-Peux-tu poser Allen Walker dans cette chaise, s'il te plaît, Demanda le Comte calmement.

Tyki obéit à son patriarche et se posta aux côtés de l'albinos.

Le Comte fixa l'exorciste désormais devant lui, assis trop droit pour être confortable, qui le regardait pareillement qu'hier; c'est-à-dire froidement.

Le Noah du Plaisir enfouit ses mains dans ses poches, observant silencieusement son patriarche et le compatible de Crown Clown faire, de ce qu'il pensait être, un duel de regard silencieux.

Laissant une minute s'écouler, l'homme habillé dans le costume du Clown de L'Auguste brisa le contact visuel et prit la parole :

-Sache que je n'ai pas changé d'avis en ce qui concerne ma décision te concernant.

Il fit une pause, examinant la différence presque imperceptible dans la posture du maudit à ces mots; les épaules affaissées de quelques centimètres et le léger relâchement des muscles, avant de continuer :

-Si je t'ai faits venir ici, c'est pour que cet Akuma (d'un signe de la main, la machine s'avança jusqu'à se poster à ses côtés) vérifie que l'attaque d'hier n'est pas aggravé ton état, Finit-il, d'un ton moins sérieux et plus calme.

Le regard incrédule de l'adolescent se posa quelques secondes sur « l'homme » aux cheveux poivre et sel, avant de se recentrer sur l'ennemi numéro un de l'ordre.

-C'est tout ? Ne put-il s'empêcher de demander méfiant.

-C'est tout, Affirma le Comte calmement.

-Dites-moi : pourquoi devrais-je vous croire ? Demanda Allen, plissant les yeux dans la suspicion.

Enlevant ses lunettes rondes et sortant un mouchoir de son manteau, il Déclara d'un calme étonnant tout en nettoyant ses verres :

-Tu as sauvé et protéger un membre de ma famille. En remerciement tu vivras et recevras des soins appropriés, mais cela s'arrête là.

Allen se raidit de nouveau, ses orbes argentés devenant dur et glacial, alors qu'un faux sourire étira ses lèvres pâles.

-Me laisser dans une ville, où un traqueur pourrait me ramener à l'ordre, serait un meilleur remerciement que ce que vous venez d'énoncer.

-C'est hors de question, Refusa-t-il catégorique.

-Pourquoi ? Ce serait une solution qui nous arrangeraient tous, Dit-il légèrement perdu de ce refus.

Les yeux dorés, de nouveau cachés par les petites lunettes rondes, se plissèrent et son sourire inhumain s'affaiblit légèrement.

-J'ai dit non.

La colère commença à s'emparer de l'albinos, ses yeux fusillant l'homme habillé dans le clown de L'Auguste. Pourquoi ? Pourquoi refusait-il ?! Ne voyait-il pas qu'en disant oui, il n'aurait pas à se préoccuper de sa présence, et lui de la leur !

Sentant que les choses allaient déraper, Tyki se racla la gorge, gagnant l'attention de tous. Il resta parfaitement détendu, malgré les regards froids et en colère des deux.

-L'Akuma ne devrait-il pas commencer à s'occuper d'Allen ? Fit-il remarquer tranquillement.

Les yeux de son patriarche s'agrandir de quelques millimètres, venant visiblement de se rappeler la raison derrière la présence du maudit ici.

-C'est vrai, j'avais oublié, Murmura-t-il doucement à lui-même. Il tourna la tête vers la machine à ses côtés, Occupes-toi de lui.

L'Akuma s'avança précipitamment vers l'exorciste et commença à déboutonner la chemise trop grande.

Serrant les dents l'adolescent ne dit rien, pourtant l'envie ne lui manquait pas, regardant tout simplement avec colère la machine s'exécuter.

Enlevant la chemise, il jeta un rapide coup d'œil nerveux au bras noir de l'exorciste, avant d'essayer de se concentrer sur sa tâche. Il défit rapidement tous les bandages et commença son examen.

Pendant que l'homme faisait son travail, Tyki observait les dommages visibles sur le corps du jeune garçon; les ecchymoses violettes en forme de doigts sur son cou, les trous par balles à son épaule droite et à l'emplacement de son foie, les contusions mauve-bleu décorant sa poitrine bien trop pâle de la perte de sang, celle pratiquement noirs sur ces côtés formant trois lignes profondes, les cloques éclatées parsemées aux avant-bras, à l'épaule gauche, sur l'un des tatouages et enfin sur le côté droit, et les petites coupures superficielles se trouvant un peu partout, une légère grimace sur son beau visage.

Le haut n'était déjà pas très beau à voir, alors à quoi pouvait bien ressembler le bas que l'Akuma avait proclamé être l'endroit où le pire des blessures était ?

La culpabilité s'engouffra lentement dans son cœur; c'était de sa faute si le gosse se retrouvait dans cet état.

Ignorant des pensées du troisième enfant, le Comte observait lui aussi l'exorciste. Rien qu'en regardant ses blessures, il se remémora de ce que son golem leur avait montré.

Ce même exorciste qui avait refusé de céder à la douleur, qu'il ne pouvait qu'imaginer être insupportable, et à l'inconscience, qui aurait pourtant été un soulagement énorme, jusqu'à ce qu'il soit certain que son maître aurait été dans l'incapacité de tuer Tyki.

Il poussa ses pensées de côté avant de s'y perdre. Il regarda sa création enlever le pantalon du maudit, qui tourna la tête, son regard fermement planté sur le mur de gauche. L'adolescent était évidemment mal à l'aise de se retrouver en boxer devant son plus grand ennemi.

Quand les bandages furent défaits, les yeux des deux Noahs s'agrandirent, le plus jeune pâlissant même. La peau était un mélange de mauve et de gris; mauve pour les ecchymoses et gris pour les innombrables lignes dessiner dans un schéma complexe. Des cloques, certains éclatés et d'autres encore intact, plus répandu que sur le haut du corps, recouvraient la majeure partie des jambes. Mais le pire, c'était les multiples troues que les balles avaient provoqués.

Légèrement tremblant, le troisième enfant scruta les membres sévèrement endommagés avec un mélange d'horreur et de tristesse, le sentiment de culpabilité qui l'avait assailli plus tôt se renforça.

Pendant que « l'homme » aux cheveux poivre et sel appliquait une pommade curative et hydratante, qu'il avait prise de ses affaires qu'il avait laissée derrière la porte, il ouvrit la bouche et parla pour la première depuis l'entrée de l'exorciste.

-Avez-vous été blesser ailleurs pendant l'attaque d'hier ? L'interrogea-t-il, son ton étant celui d'un médecin.

Ne regardant toujours personne dans les yeux, il secoua la tête.

La machine plissa les yeux, ses yeux gris étudiant le compatible avec scepticisme; il avait remarqué sa manière de se tenir bien droit. Rien n'a voir avec son malaise d'être en présence du faiseur d'Akuma.

Silencieusement, il enveloppa les membres dans des bandages propres. Cela fait, il se redressa et, sans même prévenir, attrapa les épaules du jeune garçon en utilisant assez de force pour le faire se pencher en avant.

Un petit cri de surprise s'échappa de l'adolescent au geste soudain.

Instinctivement, il s'agrippa aux accoudoirs, les serrant avec force, sifflant de douleur quand son poignet le rappela à l'ordre.

Les deux Noahs clignèrent des yeux, abasourdit, fixant un instant vide l'Akuma forcer le maudit à se pencher jusqu'à ce que son torse ne touche presque ses jambes.

-Qu'est-ce que...Commença paniqué le concerner.

L'albinos se tut soudainement quand les longs doigts errèrent sur son dos, plus précisément les endroits où les bouts de verre étaient.

Avant que Tyki et le Comte, qui avaient repris leurs esprits du geste inattendu, ne fassent un geste pour éloigner la machine du compatible, la voix sévère de celui-ci résonna :

-Qu'est-ce que cela ? L'interrogea-t-il en appuyant légèrement sur l'une des nombreuses plaies.

Allen releva la tête et cligna des yeux à l'homme, avant de les détourner devant le regard dur du médecin, restant silencieux.

Mécontent, l'homme claqua toujours aussi sévère :

-Je vous est posé une question et j'apprécierais que vous y répondiez, jeune homme.

Intimidé par l'Akuma, qui se comportait beaucoup trop comme l'infirmière en chef à son goût, il répondit en ayant l'air d'un enfant qui avait fait une bêtise :

-De nouvelles blessures.

L'Akuma croisa les bras et regarda calmement l'enfant aux cheveux blancs.

-Comment les avez-vous obtenus ?

Ne regardant toujours pas la machine habillée dans la blouse, il marmonna dans la même voix :

-J'ai été projeté dans un miroir.

La machine soupira et s'agenouilla pour sortir de ses affaires une petite boîte, du coton, une bouteille de désinfectant et une pince à épiler, puis se releva pour se mettre au travail.

Le premier et troisième enfant fixèrent étonné, quand la création du Comte commença à retirer des petits bouts de verres du dos du maudit.

L'esprit de Tyki essayant d'enregistrer le fait que l'adolescent avait dormi, avec des éclats de son miroir sanglant dans sa peau, sans même montrer un signe qu'il avait quelque chose d'incruster dans le dos.

Ses yeux se posèrent sur sa chemise reposant au sol. Se penchant, il la ramassa pour l'inspecter et faillit la relâcher en voyant de minuscules gouttes de sang séché, dispersé à l'arrière du tissu.

Comment ai-je pu manquer ça ?

Un silence s'installa; personne ne voulant parler, ou pour certain trop plongé dans leur pensée.

Dix minutes plus tard :

Ayant tout juste fini d'envelopper, d'un bandage large, les côtes meurtries, L'Akuma commença à ranger toutes les fournitures qu'il n'avait pas utilisées, ce qui n'était pas beaucoup.

Toussant dans son poing fermé, le plus ancien des Noahs attira l'attention de tous, excepter « l'homme » aux cheveux poivre et sel, sur lui, alors qu'il ne regardait que le Portugais.

-Pourquoi n'irais-tu pas demander à Sheryl s'il ne pourrait pas prêter quelques affaires à ( son regard se posa quelques secondes sur l'exorciste ) notre...invité, Suggéra-t-il tranquillement

Il dévisagea son patriarche. Il n'avait pas raté la façon dont sa voix avait flanché sur le mot invité.

-Sheryl est encore au manoir ? Dit-il en clignant des yeux, surpris.

Hochant la tête, l'homme Répondit, son expression toujours aussi sérieuse :

-Il me semble qu'il est dit qu'il allait prendre quelques jours de repos pour régler certaines choses ici.

Le Portugais fronça les sourcils, sa position passant de décontracté à sérieux.

-Peut-il vraiment se permettre ces quelques jours quand il détient un poste de c-

Avant qu'il ne puisse finir sa phrase Adam leva un bras devant lui. Confus, il allait lui demander pourquoi il lui avait intimé le silence, quand il remarqua ses yeux fixer autre la tête vers ce qu'il regardait, il cligna des yeux pour rencontrer la vue du maudit méfiant.

Merde, il est tellement silencieux que je l'ai oublié, Jura-t-il, se donnant une claque mentale.

Il ramena son regard sur son patriarche quand celui-ci lui Demanda calmement :

-Ne devrais-tu pas déjà être en train de lui demander ce que je t'ai dit plus tôt ?

Reconnaissant tout de suite que le Comte le licenciait, il s'accroupit un peu, passant déjà un bras dans le dos de l'exorciste et un autre derrière ses jambes avant de se redresser complètement.

Tenant solidement, mais doucement ayant vu l'étendue des dégâts sur son corps, l'exorciste contre sa poitrine, il fit demi-tour et s'avança jusqu'à la porte quand le médecin accourut la lui ouvrir.

Sans même jeter un coup d'œil à « l'homme », il sortit de la pièce et se mit à marcher en direction de la chambre de son frère de sang.

Au moment où la porte se referma, Adam ouvrit la bouche pour ne dire que deux mots.

-Dis-moi.

Il regarda sa création sursauter avant de se précipiter vers lui, ne s'arrêtant qu'à quelques centimètres de la première chaise, la compréhension de ce qu'il voulait savoir se voyant dans ses yeux.

Prenant une posture droite, ses mains derrière son dos, un air professionnel sur son visage, l'Akuma commença à énumérer ce qu'il avait remarqué.

-Son poignet n'est plus foulé mais fracturé. Une autre de ces côtes est fêlée et les autres sont devenus très fragiles. Son corps présente de nouveau hématome faible, ainsi que quelques coupures superficielles.

Il fit une pause de quelques secondes avant de continuer :

-Il lui faudra presque deux mois pour se rétablir : trois semaines pour les blessures par balles, les contusions et les coupures, quatre semaines pour les brûlures de deuxième degrés profondes, un mois et trois semaines pour ces côtes et vingt-quatre jours pour son poignet.

Adam leva un sourcil derrière son déguisement en voyant que sa création n'avait pas parlé des jambes de l'exorciste. Alors qu'il allait exprimer sa pensée, l'Akuma habillé en tenue de médecin toussa dans son poing.

-Mais pour ce qui en est de ces jambes, c'est une tout autre histoire.

Un froncement de sourcil marqua le visage dissimulé, ses yeux dorés se plissant avec méfiance sur l'homme.

-Que veux-tu dire par là ? Demanda-t-il lentement.

Sans se dépêtre une seule fois de son professionnalisme, malgré qu'il était très nerveux d'être en présence de son créateur, il répondit calmement :

-Comme je vous l'est dis la première fois, les os de ces membres sont fracturés, ou plutôt fissurer, à de trop nombreux endroits pour que cela puisse même guérir. Bien qu'incroyables et terrifiant, ces dégâts ne peuvent pas causer la paralysie, ( Il se tut une seconde pour déglutir bruyamment ) mais ceux sur ces veines le peuvent certainement.

Le froncement de sourcil du Comte s'approfondit. Il n'aimait certainement pas où tout cela allait.

-Explique plus clairement commanda-t-il sévèrement.

Déglutissant de nouveau, il prononça son diagnostic d'une traite.

DGM

Le dernier de sa paperasse terminé, qu'il devait impérativement envoyer s'il voulait avoir quelques jours de congé, Sheryl posa son stylo sur son bureau.

Il enleva son monocle et ferma les yeux en relâchant un soupir las, qu'il retenait depuis plusieurs heures. Il reste comme ça, avachit dans sa chaise, jusqu'à ce que plusieurs coups fort sur sa porte ne se fassent entendre.

-C'est ouvert ! Dit-il juste assez fort pour être entendue.

Lorsque la voix étouffée, par la porte, de son frère lui parvint aux oreilles, il rouvrit les yeux et se redressa instantanément.

-J'ai les mains pleines !

Sans réfléchir, à ce qu'il voulait dire par « mains pleines », il courut ouvrir la porte et, sans même regarder, se jeta sur le troisième enfant pour l'étreindre.

-Ty- !

Ne rencontrant que l'air, il trébucha et tomba en avant avec un bruit sourd. Il resta quelques secondes couché par terre, le tapement impatient d'un pied l'obligeant à relever son visage du sol pour regarder.

Son frère se tenait quelques pas devant lui, son expression disant clairement qu'il voulait vite faire ses affaires et partir loin d'ici. L'homme à terre cligna des yeux plusieurs fois en voyant l'exorciste, surtout son état dénudé, dans ses bras.

Pourquoi diable est-il en boxer !

Ce fut la voix, agacé, de Tyki qui l'empêcha de se perdre dans des suppositions plus que perverses :

-Tu comptes rester au sol encore longtemps, où ta va te bouger ?

Voyant combien le plus jeune des Noahs semblait à bout de patiente, si son pied tapant furieusement contre le sol était une indication, il se releva aussi vite qu'il put.

-Ah ah ! Mais va-y entre, je t'en pris, Dit Sheryl un sourire d'excuse aux lèvres.

Tyki leva les yeux en l'air, mais fit ce qu'il dit sans même lui jeter un coup d'œil.

Il partit déposer l'exorciste silencieux sur le lit, voulant avoir les mains libres au cas où il devrait empêcher son frère d'entrer dans son espace personnel. Il se retourna au bruit d'une porte que l'on ferme, regardant ennuyé l'autre homme retourné s'asseoir à son bureau.

-Que puis-je faire pour toi ? Demanda-t-il tranquillement, remettant son monocle, qu'il avait gardé dans sa main, en place.

Tyki ouvrit la bouche pour le lui dire quand il prit les sacs visibles sous ses yeux mordorés et sa peau d'un gris plus pâle qu'à l'accoutumée.

Fronçant les sourcils dans l'inquiétude, il s'approcha de l'homme plus vieux.

-Est-ce que tu va bien ? Demanda-t-il l'air concerné.

Sheryl parut surpris de la question soudaine, s'était attendu à un commentaire irrité, avant de voir l'inquiétude dans ses orbes chocolat.

-Oui, juste la fatigue, Dit-il un sourire rassurant aux lèvres.

L'autre Portugais ne sembla pas y croire et allait lui demander plus de détails quand il le devança :

-Que puis-je donc faire pour toi ? Répéta Sheryl calmement.

Un moment de silence passa, les deux hommes ayant commencé une bataille de regard.

Allen soupira inaudible en voyant les deux adultes faire. Si cela continuait comme ça, il allait rester avec le strict minimum de la décence. Mordillant nerveusement sa lèvre, tout en faisant attention de ne pas toucher à la partie éclatée, il se demanda s'il devait parler ou s'il devait attendre qu'ils finisse.

Un léger courant d'air s'engouffra dans la pièce, le faisant frissonner de froid. Ses yeux cherchèrent la source soudaine de froid et la trouva sous la forme d'une grande fenêtre ouverte.

Un autre courant, plus froid que le précédent, l'obligea à se serrer dans ses bras pour essayer de se réchauffer. Un regard sur la paire lui disait qu'ils n'étaient pas prêts de détourner le regard.

-Hmm...excusez-moi, Appela-t-il incertain.

Immédiatement les yeux des Noahs se posèrent sur lui, le rendant quelque peu mal à l'aise. Remarquant les petits tremblements qui secouaient le corps du maudit, Tyki revint à ses côtés et posa une main sur son épaule, qu'il faillit rétracter tant la peau était glacial. Il se tourna pour regarder son frère calme.

-Peux-tu lui prêté des vêtements ?

Sheryl se déplaça vers son armoire, demandant tout de même curieux :

-Qu'est-il arrivé à ceux qu'ils portaient hier ?

Une grimace gâcha les beaux traits du troisième enfant, repensant aux taches de sang sur sa chemise déchirée. Son regard se posa un instant sur le maudit.

-Ils ne sont plus en état d'être porté.

Sheryl fronça les sourcils à cela, ses yeux scannant le contenue de sa garde-robe, essayant de trouver quelque chose qui conviendrait à l'exorciste.

-C'est étrange, ils ne me paraissaient pas en si mauvais état que ça, Murmura-t-il à lui-même.

Grâce à son audition développée, le troisième enfant l'entendit parfaitement.

C'est parce que tu n'as pas vu le sang, Dit-il amèrement.

-Tiens

Tyki attrapa facilement les affaires que lui jeta le quatrième apôtre et y jeta un bref coup d'œil : une chemise blanche, un pantalon noir et des chaussettes blanches.

Il tendit la chemise à l'adolescent tremblant. Allen prit le vêtement et se dépêcha de l'enfiler, tout en faisant attention de ne rouvrir aucune de ses blessures. Il allait la boutonner quand l'adulte se baissa et commença à lui mettre le pantalon.

Rougissant d'embarras, il évita de regarder l'homme dans les yeux, se concentrant plutôt sur sa tache.

Quand il fut complètement habillé, il s'entoura de ses bras pour essayer de conserver une quelconque chaleur.

-Merci, Murmura-t-il à peine audible.

Regardant fixement le sol l'adolescent ne vit ni le petit sourire qu'arborait Tyki, ni Sheryl s'approcher. Mais il vit parfaitement le tissu qu'on lui balança sur les genoux.

Surpris, il fixa un moment la couverture pliée avant de lever les yeux sur le plus ancien de la paire.

-Je ne veux pas d'exorciste mort congelé dans ma chambre, Se justifia-t-il sous son regard étonné.

Allen cligna des yeux avant qu'il n'acquiesce et ne déplie la couette pour s'enrouler dedans. Il soupira de bien-être quand la chaleur se diffusa lentement dans ses membres glacés.

Il cligna plusieurs fois des yeux quand ses paupières se sentirent plus lourdes. Sa vision se troubla et il fut pris d'un vertige.

Qu'est-ce...qui se...passe ?

Le vertige s'aggrava. Ses oreilles se mettant à bourdonner désagréablement. Il sentit sa conscience lentement lui échapper. Il cligna des yeux faiblement quand il aperçut le visage décontracté du Noah du Plaisir, qui semblais lui parler.

Ty..ki ?

Ne recevant aucune réponse du maudit, il leva une main pour le secouer un peu, mais à peine l'eut-il posé sur son épaule qu'il s'écroula. Une exclamation de surprise lui échappa quand le poids soudain le fit tomber en arrière. Il baissa les yeux élargi par le choc, ne bougeant pas quand son frère s'agenouilla pour vérifier le maudit.

-Il est juste inconscient, Dit-il calmement.

Tyki ferma les yeux, son corps se détendant dans son soulagement, quelques secondes avant de regarder son frère, son visage exprimant de l'ennui.

-Peux-tu m'aider à l'enlever de moi, où tu comptes me laisser couché sur ton tapis ?

Cinq minutes plus tard :

-Dis-moi : que veux-tu savoir ?

Appuyé contre le rebord de la fenêtre, le troisième enfant contempla un instant la vue devant lui avant que son regard ne se repose sur son frère, assis à son bureau.

-Le prince m'a dit que tu voulais prendre quelques jours de congé, Dit-il prenant une longue bouffée de sa cigarette allumée.

Fixant en silence le détenteur de la mémoire du Plaisir, Sheryl ne fit aucun signe pour montrer que c'était exact. Dans un souffle, un nuage grisâtre de fumée s'échappa de sa bouche.

-Tu occupes un poste politique haut placé au sein de notre pays, il t'a donc toujours été difficile de rester ici plus d'une journée. ( Faisant une pause à peine plus longues qu'une dizaine de battements de cœur, il poursuivit plus lentement) Tu n'as même jamais pris la peine d'essayer de rester plus longtemps avec nous.

Il ferma les yeux quelques instants, ne les rouvrant que pour donner un regard calculateur à l'autre homme.

-Ce qui me mène à me demander : pourquoi veux-tu prendre quelques jours maintenant ?

-Je veux pouvoir surveiller l'exorc- Commença Sheryl calmement.

Tyki le coupa aussitôt :

-Ne me mens pas. (Plissant ses yeux dans la colère) Le fait que j'ai ramené un exorciste ici n'as strictement rien à voir avec ça !

Les deux hommes se regardèrent longuement, et silencieusement. Aucun ne faisant un geste pour se déplacer.

Une tension palpable enveloppa la pièce.

Après ce qui semblait être une éternité pour le plus jeune, le quatrième apôtre brisa le contact visuelle. Son corps s'affaissa comme si toute ces forces venait de le quitter, son visage n'exprimant plus qu'une lassitude profonde.

La tension se dissipa instantanément.

Tyki regarda, étonner, son frère enlever son monocle, fermant ses yeux dans l'épuisement et lâcher un soupir las.

-Tu as raison, Fit-il en passant une main sur son visage fatigué, ce n'est pas la véritable raison de mon envie de prendre un congé.

Tyki croisa les bras sur sa poitrine, attendant que son frère continue. Quand ce dernier rouvrit les yeux, il put y voir lire une peur et une tristesse qui l'inquiéta.

Décroisant les bras, il s'éloigna de la fenêtre pour s'approcher de son frère, l'air soucieux. Quand il se retrouva à seulement quelques centimètres de lui, il se leva et d'un geste rapide l'attrapa par le bras pour le tirer dans une étreinte serrée.

Ne s'y attendant pas, Tyki resta quelques secondes sans bougé, les yeux écarquillés dans sa surprise. Quand il se reprit et voulu se défaire de l'hôte du Désir, celui-ci resserra son emprise sur lui et enfouit sa tête dans son épaule.

Encore plus choqué par ce comportement étrange, il ouvrit la bouche. Cependant, avant qu'il ne puisse parler, la voix quelque peu étouffer de son frère retentit dans la pièce silencieuse.

-J'ai eu peur.

Clignant des yeux de surprise, d'inquiétude et de confusion, il essaya de voir l'expression de l'autre homme. Ce dernier n'ayant toujours pas relevé le visage de sa chemise, il ne put rien voir. Sans lui laisser le temps de poser des questions, Sheryl poursuivit :

-De savoir que j'ai été si près de te perdre m'a fait si peur. (sa voix trembla un instant) Si cette exorciste ne t'avait protégé, tu serais mort.

Alors qu'il écoutait son frère, Tyki sentit ses yeux s'agrandir. sa compréhension germait lentement dans son esprit. Jamais son frère n'avait réfléchi à la possibilité qu'il puisse mourir. L'emprise se resserrant, son aîné le fit légèrement grimacer d'inconfort.

-Tyki (sa voix s'enrailla légèrement) tu es mon unique frère et je refuse de te per-

Il se tut soudainement quand l'hôte du Plaisir l'entoura aussi de ses bras, lui rendant ainsi son étreinte.

Appuyant sa tête contre celle de son frère, il ferma les yeux pour déclara doucement :

-La seule fois où j'aurais pu mourir, Allen m'a sauvé la vie. Je ne compte pas gaspiller cette chance de vivre qu'il m'a offerte au péril de la sienne.

Rien d'autre ne fut dit. Les deux hommes continuèrent à s'étreindre jusqu'à ce que la cigarette oubliée ne se consume toute seule. Relevant un peu la tête de la chemise pour voir l'expression paisible de son cadet, l'hôte du Désir sourit tendrement.

-Tu sais que tu es encore plus mignon quand tu es détendu, Dit-il d'une voix amusé.

Comme si un charme venait de se briser, le visage de Tyki se renfrogna, une veine saillante sur sa tempe.

-Puisque tu as l'air de retrouver tes esprits de sale pervers, tu ferais mieux de me lâcher si tu ne veux pas finir dans le mur, Murmura-t-il d'une voix trop douce et trop sucrée pour être réelle.

La menace marcha instantanément; Sheryl s'éloigna le plus possible de son frère.

-Je rigolais tu sais, Fit-il, un rire nerveux lui échappa.

Tyki lui sourit gentiment.

-Eh bien, pas moi.

DGM

Fermant la porte de sa chambre, Sheryl se mit directement en route vers la salle du Comte, tenant dans ses mains les documents requis pour demander un congé. Une fois sur place, il frappa trois coups réguliers et attendit la permission.

-Entrez.

Il pénétra dans la pièce seulement occupée par le Comte, fidèlement assis dans sa chaise à bascule. Ne s'arrêtant qu'à quelques centimètres de l'homme, il fronça les sourcils en voyant l'air sombre qui l'entourait.

-Allez-vous bien, Comte ?

Ne levant pas les yeux de son tricot, Adam agita sa main pour écarter la question.

-Que veux-tu ? Demanda-t-il gravement.

-Pouvez-vous ouvrir une porte de la nouvelle Arche à mon bureau, s'il vous plaît ?

Sans arrêter ce qu'il faisait il jeta un coup d'œil à l'homme, ses yeux s'arrêtant un instant sur la pile de feuilles qu'il portait. Fermant les yeux pour se concentrer, le Comte ouvrit lentement une porte de l'Arche. Quand la surface noire fut assez grande et assez solide, il retourna à son passe-temps.

-Merci.

Avant que Sheryl ne traverse la surface noire, il entendit l'avertissement du Comte

-Tu as dix minutes avant que je ne la referme.

Il hocha la tête même s'il savait que c'était inutile vu qu'il avait déjà franchi la porte.

Jetant un regard à sa montre, il s'approcha de la table en Acajou, propre de toute paperasse, déposant dessus ce qu'il tenait. Il sortit de la pièce, prenant rapidement le chemin du bureau de son conseiller. Pendant son trajet il ne croisa personne. Pas qu'il s'en plaindrait.

Quelques minutes plus tard :

Il griffonna diligemment ses ordres sur une feuille vierge, qui traînait sur le bureau minutieusement rangé de son conseiller. Il jurait que l'homme avait un problème sur la propreté.

Quand il eut fini, il relit avec soin. Il ne devait rien oublié s'il ne voulait pas avoir des retombé pour son congé imprévu. Satisfait, il baissa les yeux sur sa montre et lâcha un juron en voyant le temps qui lui restait avant que le Comte ne ferme la porte de L'Arche.

Pour revenir dans la salle où se trouvait le premier enfant, il dût user de sa vitesse surhumaine. Il traversa la porte quelques secondes avant sa disparition. Regardant les nombreux téléphones par terre, l'hôte du Désir relâcha un soupir de soulagement.

Un peu plus et je restais coincée au travail.

DGM

À l'heure du dîner, tous les Noahs, excepter Tyki, étaient présents. La pièce normalement bruyante à cette heure-ci était calme, chacun mangeant son repas dans le silence le plus total. Ce ne fut qu'à l'apparition du désert que le Comte prit la parole :

-Je sais que l'arrivée de Allen Walker au manoir est très déstabilisante pour certain d'entre vous. (il regarda chaque membre de sa famille) Je sais aussi que nous n'avons pas fait correctement notre deuil.

Les jumeaux détournèrent le regard de ceux du patriarche de Noé. Lullubel ferma les yeux un instant, ne les rouvrant que quand elle fut sûre qu'aucune émotion n'était visible.

L'air ambiant s'alourdit sous la tristesse que tous ressentaient.

-Donc ce soir, nous rendrons convenablement honneur à sa mémoire.

La porte s'ouvrit, laissant passer le troisième apôtre ainsi que plusieurs servantes Akuma. Tyki s'essaya à sa place habituelle sous les regards des autres Noahs. Des verres remplis d'un vin très certainement cher et de nombreux désert à la pâte sucrées leur furent servis.

Adam leva son verre, les autres l'imitant.

-À la mémoire du Noah de la Colère ! À la mémoire de Skin Bollic ! Déclara-t-il calmement.

-À la mémoire De Skin ! Répéta sa famille à l'unisson.

Buvant le contenu de leur récipient, des reniflements emplit lentement la pièce. Retenant ses larme à grande peine le plus jeune des jumeau prit la parole, surprenant les autres membres du clan de Noé.

-Il y a quelques mois, nous avons essayé de dévaliser l'une de ces cachettes favorites de bonbons, parce qu'ont s'ennuyaient. (Reniflant quelques fois, il continua la voix un peu tremblante) Il nous à surpris...Il était tellement furieux qu'il nous à pourchasser au moins une bonne partie de la journée, sans cesser de hurler qu'ont étaient '' impardonnable '' et qu'il aura notre '' peaux d'écervelés ''.

Diverses émotions notable pouvait être vu sur le visage des six autres personnes à table; le chagrin primant par-dessus tout.

Road sourit tristement en gardant ses yeux sur sa coupe à moitié pleine. Lullubel resta impassible comme toujours, pourtant si on regardait de plus près, on pouvait voir la lueur de chagrin qui habitait ses yeux d'ambre.

Sheryl regarda solennelle les petites pâtisseries que l'homme avait tant affectionnées. Debitto s'empiffra de gâteaux à la pâtes sucré dans l'espoir vain de cacher ses larmes coulant librement.

Tyki ferma les yeux, faisant une prière silencieuse pour l'âme de celui qu'il surnommait toujours la dent sucrée.

Le Comte lui restait silencieux, mais des larmes roulaient à rythme rapide sur ses joues, une profonde tristesse se reflétant derrière ses petites lunettes rondes.

-Deux semaines avant qu'il ne meure, j'ai ordonné que toute les sucreries du manoir soit entreposé ailleurs. C'était une punition pour avoir détruit pour la septième fois, en seulement un mois, cette pièce.

Road acquiesça.

-Je me souviens qu'il es venu me voir peu après que tu es donné l'ordre pour me demander si je pouvais lui donné une sucette. J'ai refusé en disant que ce serait contre la décision que tu as prise. Il à hoché la tête et m'as dis qu'il comprenait avant de partir.

Tyki fit tournoyer son verre à moitié vide, regardant d'un air distrait le liquide cramoisie bouger avec le mouvement. Personne, si ce n'est les deux plus anciens, n'avait pris le temps nécessaire pour s'attacher complètement à l'homme qui avait une dent sucré.

Son tempérament colérique les repoussant sans cesse dans leurs efforts de se rapproché de lui. Pourtant ils avaient essayés. Ils avaient vraiment fait. Cela n'as jamais suffit.

Cependant, Skin avait toujours été différent avec le Comte et la deuxième plus âgé. Il ne s'étaient jamais énervé contre Road quand elle se moquait de ses crises, ni n'avait désobéi lorsque le Comte lui demandait de se calmer. Il leur avaient toujours montrés un grand respect.

Peux-être ne voulait-il pas que nous apprenions à le connaître...peux-être qu'il n'était pas heureux d'être avec nous, Se dit-il attristé.

Il fut tiré de ces pensées quand Sheryl posa une main sur son épaule. Son visage montrant de la compassion à son égard. Il n'aimait pas ça.

-Je vais bien Sheryl.

Son frère hocha la tête, mais il sembla toujours soucieux. Il savait parfaitement à quoi pensait son frère, lui-même ne pouvait s'empêcher de regretter son détachement envers le huitième apôtre.

Soupirant, il reposa son verre sur la table pour s'enfoncer un peu plus dans sa chaise. Il leva les yeux vers le plafond, le regardant d'un air vide.

Road jeta un coup d'œil à son oncle. Elle n'avait pas besoin de lire dans ses pensées pour savoir ce qui le rendait si triste.

Balayant la salle du regard, elle vit la même expression nostalgique sur les visages de son père, de sa sœur et de la paire. Quand son regard rencontra celui du Faiseur d'Akuma, elle vit que lui aussi savait des pensées de tous.

Adam fredonna un instant, les yeux de sa famille se posant sur lui. Il arrêta son fredonnement pour déclarer tranquillement :

-Skin détenait la mémoire la plus violente de nous tous; celle de la Colère. Il n'était jamais satisfait et ses émotions violente était constante. L'acceptation que vous lui avez fournis et le fait que vous ne l'avez jamais rejeté le rendait heureux.

Ces mots eut pour effet une nouvelle crise de larmes des jumeaux et même un reniflement de la part de Road. Adam leva une nouvelle fois son verre, de nouveau imiter par sa famille.

-Skin. Que ton âme trouve enfin le repos, que ta mémoire ne te permet pas, Déclara-t-il après un long moment de silence d'une voix sanglotante par moments.


Voilà ! Alors ?

J'ai eu du mal à le faire pour plusieurs raisons (la première était la sensation « pesante » que j'essayais de donner au contenue. J'ai aussi pas mal galéré pour être le plus proche possible du caractère du Comte et de Sheryl. J'ai traqué toute les incohérences qui avait.)

Il y a eu aussi deux semaines pendant lesquelles, j'ai été sans mon ordinateur (Le chat de ma mère avait renversé la moitié de mon panaché sur lui, toute les touches capitales ne marchait plus. Du coup, je l'est emmener chez le réparateur où on m'as dit qu'il avait de toute façon un défaut d'origine. A la fin, on me l'as échangé contre un autre, neuf.)

Maintenant, je ne vous cache pas que cela fait quelques jours que j'ai reçut mon nouvel ordi, et qu'à ce moment-là, mon chapitre était déjà fini depuis presque un mois. Mais je voulais attendre que j'ai fini le chapitre 5 pour le poster.

Enfin bref, je m'excuse pour l'attente de trois mois que vous avez dû avoir.

Cette fois, cela recommence comme au tout début; C'est-à-dire un chapitre réécrit toute les semaines.

Si vous vouliez me laissez votre avis sur le chapitre, cela me ferais vraiment plaisir et me motiverais d'autant plus pour la faire.

Le chapitre 5 sera posté Lundi prochain.

Sur ce ciassu.