La guerre est finie, tout est terminé et elle fais partie du camp des grands perdants. Impossible, et pourtant, Dame Rhea a chuté et tous, ses fidèles, ses servants, avec elle également. L'Eglise, l'Ordre de Seiros et les chevaliers qui le composaient, tout n'est plus et n'existera plus désormais que dans les livres historiques, si tant est que ces derniers en parlent en effet. Ce ne sont pas les vaincus qui écrivent l'histoire et rien n'interdit aux grands vainqueurs d'effacer ou d'occulter certaines choses.

Qui est-elle maintenant qu'elle n'est plus chevalier ? Sa vie, son existence entière étaient dévouées à l'Archevêque. Elle n'avait pas d'autre but que de la servir, sa lame brandit en son nom pour tenter, peut-être, de payer cette immense dette qu'elle lui devait. Mais Fulgurante ne pend plus à sa ceinture et dame Rhea ne vit plus, elle n'a plus aucune perspective d'avenir quelconque à présent. Il aurait mieux valu qu'elle meure sur le champ de bataille alors qu'elle a échoué lamentablement à défendre celle qu'elle avait fait serment de protéger. Après tout, elle ne mérite sûrement plus d'être appelée chevalier suite à un tel échec…

Cela fait des jours qu'elle est ici, enfermée tel un animal en cage, que seul le ballet des gardes apportant son repas distrait de cet ennui ressenti. Que font-ils ? Pourquoi ne l'ont-ils pas encore exécutée ? Ce n'est pas comme si l'Impératrice ne savait pas que dès le pied posé hors de cette cellule elle n'irait pas immédiatement passer le fil de mon épée sur sa gorge pour venger feu la dirigeante de l'Eglise. Celle qui se fait appeler désormais l'Unificatrice de Fodlan, que ne donnerait-elle pour la voir passer de vie à trépas dans la seconde et sous ses yeux si ce n'est de sa main.

Au lieu de voir ces rêveries meurtrières se réaliser elle reste là, enfermée dans cette geôle et dans ses pensées assassines tantôt tournées vers elle-même tant elle hait le fait d'être celle à être toujours en vie, tantôt envers le monde entier et Edelgard von Hresvelg en particulier.

—Je vais devenir folle si ça continue !

—N'est-ce pas déjà le cas ?

Cette voix, résonnant entre ces murs froids et humides. Tranchante, acérée même, la dernière fois qu'elle l'a entendu c'était… Lors de la bataille finale à Fhirdiad, lorsqu'elle perdit cet œil, lorsqu'elle fut vaincue misérablement. Se souvenir lui fait porter la main à cette blessure, qui bien qu'elle soit guérie depuis longtemps par la magie, palpite soudain douloureusement. Malgré la douleur sourde qui pulse avec force au point qu'elle croit sentir une lame chauffée à blanc s'enfoncer de nouveau à cet endroit, elle sourit.

—Tu me visites alors, voilà un peu distraction bien agréable.

Sa visiteuse inopinée se dégage du renfoncement où elle était encore dissimulée quelques secondes auparavant et ses orbes sombres se fichent tels deux flèches dans l'unique iris de la prisonnière toujours capable de la regarder. Cette expression, tellement détachée, et pourtant malgré sa cécité partielle elle perçoit une certaine tension dans le corps de celle qui lui fait face. C'est incroyable, elle ne cille pas, ne dit pas un mot. Exactement comme lors de cette fois alors qu'elle tenait son fidèle arc bandé et prêt à relâcher son trait mortel sur l'ancien chevalier. La porteuse de l'emblème des Charon aurait pu l'éviter, elle en était tout à fait capable, mais…

—Shamir, que viens-tu faire ici ?

—Je viens voir si tu portes toujours tes œillères ou non.

Ah, elle se souviens de cette conversation, celle où elle lui disait que sa dévotion infaillible envers Dame Rhea la ferait tuer un jour…

—Et bien, je suis toujours en vie non ?

—Nous t'avons épargné. J'aurais eu raison dans le cas contraire, tu serais morte.

—Est-ce pour cela ?

—Pour cela ?

—Que tu m'as épargné ? Cela t'aurait donné du souci. Oui, je sais que ce n'est pas ce que tu voulais dire. Mais te taquiner me permet seulement d'oublier pour me remémorer ces temps-là où nous nous disputions sur nos façons de voir la vie.

Elle ne répond rien à cela, se contentant de dévisager la blonde en silence. C'est vrai, elle l'a épargné quand pourtant elle aurait pu l'abattre pour de bon ce jour-là. Fulgurante à la main, Catherine affrontait les soldats de l'Empire lorsqu'elle est apparue sur le champ de bataille. Elle l'ai vu, se faufilant furtivement tout en éliminant ses alliés de l'Ordre de Seiros de ses flèches célères et mortelles. Elle avoue l'avoir sciemment ignorée, se concentrant sur les autres troupes impériales. Quelqu'un d'autre saurait la faire chuter à un moment ou à un autre non ? Elle finissait d'occire un ennemi lorsque c'est elle qui vint la confronter directement. Pourquoi ? Encore aujourd'hui elle ne comprends pas ce qu'il s'est passé.

—Alors ? Comment est la vie dans ce nouveau Fodlan ? Tu t'amuses bien au moins ? dit le chevalier déchu avec une pointe de sarcasme dans la voix.

L'enfant de Dagda croise les bras devant elle, offrant un air à mi-chemin entre l'ennui et le désintérêt le plus total.

—Visiblement peu importe, tu es toujours si peu bavarde, répond la blonde à sa propre question.

—Tu aimes toujours autant t'écouter parler.

—Je n'ai plus mon épée alors je suppose qu'il ne me reste que ma langue à agiter sans doute ? tente-t-elle de plaisanter un peu.

Encore une fois, c'est le silence qui lui répond. Shamir et l'humour, même noir, ne font pas bon ménage. Cela non plus n'a pas changé en cinq ans. L'archère ferme les yeux et porte sa main à sa tête, signe qu'elle est agacée. Agacée par Catherine bien sûr qui ne peux empêcher un sourire de s'étirer sur ses lèvres en songeant que ça lui a manqué. Elle lui a manqué, tout simplement. La mercenaire ôte ensuite son arc de son dos pour le poser au sol et s'asseoir contre les barreaux de la prison. Elle est si poche pour la première fois depuis le début de cette guerre sanglante où chacun a perdu quelque chose ou quelqu'un à qui il tenait. Juste à portée de main si l'ancienne porteuse de Fulgurante osait la tendre pour la toucher, mais elle n'en fais rien. A la place, elle adopte la même position, tel un miroir bien qu'elle soit celle qui est enfermée quand l'autre est libre à tout moment de s'en aller.

Elles sont séparées seulement par les quelques centimètres d'acier glacial de cette cage et pourtant, il semble qu'elles étaient bien plus liées lors de cet affrontement alors que leurs yeux étaient vrillés dans la même trajectoire, animés de cette même tension hésitante. Cette trajectoire oui, que la flèche de Shamir ne tarda pas à suivre peu après, l'azur des iris de la prisonnière devenant sa cible. Elle n'aurait pas dû survivre, c'est un miracle qu'elle soit toujours en vie. Pourtant elle est toujours là et elle est certaine que celle qui est dos à elle est pour beaucoup dans cela. Sa voix, qu'elle ne s'attendait plus à entendre, la tire de ces réminiscences.

—A quoi pensais-tu, à ce moment-là ?

—A toi.

La brune remue derrière, la chaleur de son corps se tendant vers celui dans son ancienne partenaire et chassant la froidure et la solitude qui l'avaient envahi. Penchant la tête en arrière pour la faire reposer contre les barres métalliques, la plus fervente des chevaliers disparus ferme son unique œil restant, une vague de souvenirs supplémentaires l'assaillant. Elle se souvient, à l'époque, alors que la femme chevalier de l'Ordre mais pourtant non croyante lui disait encore qu'entre Dame Rhea et elle, elle la choisirait quand la blonde lui rétorquait le contraire. Elle n'aurait jamais choisi qui que ce soit d'autre que l'Archevêque, en aucune façon. Cependant, elle lui confia aussi qu'entre elle et la porteuse de relique…

—Qui as-tu choisi finalement ?

—Et toi ?

—Comment ça ? J'ai choisi Dame Rhea, c'est avec elle et pour elle que je me battais, tu le sais.

—Tu aurais pu l'éviter, cette flèche que j'ai tirée. J'ai hésité, nous le savons toutes les deux.

—Et toi alors ? Tu m'as dit qu'entre toi et moi, c'est toi-même que tu choisirais. Pourquoi alors as-tu hésité ? Qui as-tu choisi ? Réponds-moi.

Mais elle ne répond pas. Encore une fois elle élude et se lève, sa chaleur quittant bien plus vite qu'elle n'avait enveloppée précédemment la détenue toujours à terre. Cette dernière l'entend s'épousseter avant de récupérer son arme et faire quelques pas pour de nouveau la quitter. Avant cela, elle marque un temps de pause pour lui adresser une dernière phrase.

—Tu seras exécutée dans quelques jours.

—Pourquoi attendre si longtemps ? Vous pourriez tout aussi bien me tuer dès maintenant.

—Pour te laisser du temps.

Du temps ? Mais pourquoi faire ? La question n'a pas le temps de lui être posée que Shamir s'en va, la lourde porte des cachots se refermant dans un sinistre grincement après elle. La revoilà seule avec elle-même et avec cette question à laquelle elle n'aura pas droit de réponse. Qu'est-elle venue faire si ce n'est lui annoncer sa prochaine exécution ? Non, l'insulaire de Dagda ne parle pas beaucoup, mais tout ce qu'elle dit à son importance. Elle sûrement dû manquer quelque chose d'important dans ses paroles.

Œillères, lui laisser du temps et l'épargner. Ah, et cette fameuse question qu'elle lui a retournée : qui a-t-elle choisi finalement ? L'ancien chevalier n'est certainement pas honnête avec elle-même car elle connait déjà la réponse, la vérité. Elle a choisi Dame Rhea lorsque cette guerre les a séparée. Bien entendu, elle n'aurait pas fait un choix différent, jamais. Peu importait les idéaux défendus par la nouvelle Impératrice ni même que ces derniers soient justifiables et justifiés. La dette qu'elle a…avait, envers la dirigeante de l'Eglise était bien plus importante, elle se devait de l'honorer. Pourtant elle l'a trahie.

Celle qui autrefois dans un lointain passé, presque une autre vie, se faisait appeler Cassandra sait pourquoi elle n'a pas évité cette flèche, pourquoi elle a hésité au lieu d'abattre Fulgurante sans le moindre regret. Elle n'a pas pu alors que les sombres prunelles de l'archère la transperçaient bien plus que ne l'a fait son tir quelques instants après. Elle pensait aussi alors à Christophe qu'elle avait déjà livré, assassiné pour la simple raison qu'il a écouté les mauvaises personnes. Si à cette époque elle a pu repousser ses regrets pour ce geste car sa dévotion était plus forte, pour Shamir elle savait qu'elle en serait incapable. Une amie… Plus que ça même, sa partenaire. Entre elle et mercenaire ? C'est la mercenaire qu'elle a choisi, l'enfant de Dagda qui devait vivre et la tuer en revanche. Oui, c'est ce qui aurait dû se passer puisqu'elle avait dit, si elle le devait, se choisir pour sauver sa vie et prendre la sienne. Catherine n'est donc pas la seule à avoir menti en fin de compte…

Quelle ironie qu'elles se soient mutuellement choisies pour que l'une d'elles meure de toute façon. Car la prisonnière de guerre va mourir, elle n'a aucune échappatoire. Jamais l'Unificatrice de Fodlan ne laisserait l'une des plus fervente chevalier de l'Ordre de Seiros vivre et respirer quand elle sait la menace que la détenue constitue pour elle. La vengeance lui apporterait-elle un apaisement si elle pouvait l'abattre comme l'ancienne étudiante fit chuter l'Immaculée ? Mais à quoi bon, cela ne la fera pas revenir Dame Rhea pour autant de toute façon. Plongée dans tous ces doutes et ces incertitudes, les jours passent avec toujours la même monotonie, rythmé encore et encore par les allées et venues des gardes se succédant pour surveiller la captive. Shamir n'est plus revenue la voir ou lui parler et le jour de son exécution enfin arrive.

Enchainée, dépouillée de son armure et de son épée, elle est trainée, tête couverte par un sac en toile de jute vers sans doute la place publique d'Enbarr pour que tous voient sa fin, celle du dernier chevalier d'un ordre destiné à tomber dans l'oubli. Mais au lieu des cris de la foule amassée pour la voir tomber qu'elle s'attendait à entendre immanquablement, seul le silence l'accueille alors qu'elle est amenée dans une autre pièce. Assise sur ce qu'il semble être une chaise avec rudesse, le sac qui la recouvrait est ôté et elle pose le regard sur la personne qui lui fait face.

—C'est toi qui es chargée de m'exécuter ?

—Non.

Elle est perplexe. Shamir ne lui donne pas plus d'explications tandis qu'elle est adossée au mur. L'ancien professeur de tir à l'arc ne dit rien de plus, se contentant de dévisager la blonde une fois de plus. Et tout ce à quoi la susnommée pense c'est qu'elle est heureuse de la revoir avant son trépas, au moins pour la dernière fois. Avançant après une impulsion pour se décoller des pierres taillées grossièrement, l'archère lui adresse enfin une phrase de plus d'une syllabe.

—C'est ta dernière chance, Catherine.

Cela fait longtemps qu'elle n'a plus entendu son prénom dans sa bouche, une éternité en vérité.

—Ma dernière chance de… ?

La femme aux iris sombres s'approche encore, jusqu'à s'asseoir sur la chaise de l'autre côté de la table en bois simple qui les sépare. Elle ferme ses yeux foncés un bref instant, semblant chercher ses mots. Lorsqu'elle les rouvres, ils sont plus… L'ancien chevalier ne sait pas trop en fait et n'a pas le temps de le savoir qu'elle pose ses mains sur les siennes, toujours enserrées de fers par les poignets. La lourdeur des chaînes et la dureté du métal ne l'atteignent plus lorsqu'elle sent la paume douce l'effleurer. Depuis combien de temps n'a-t-elle plus touché un autre être humain ? Depuis combien de temps ne l'a-t-elle plus touché elle ? Shamir n'a jamais beaucoup apprécié être approché mais Catherine s'en fichait et investissait sans le moindre complexe son espace personnel. Sans doute bien trop souvent d'ailleurs. Les mots qu'elle lui adresse ensuite l'assassinent bien plus sûrement que l'arme quelconque qui mettra vraisemblablement fin à sa vie.

—Choisis-moi.

Sa froideur et son détachement habituels ont fondus comme neige au soleil, ses prunelles obscures s'emplissant de ce liquide qu'elle ne laisse pourtant pas tomber. Elle se contente de le laisser perler, laissant pour une fois apparaitre sa vulnérabilité. Les battements de la prisonnière s'accélèrent, deviennent frénétiques, alors qu'elle sait être devant un choix décisif pour la suite.

—Je…

Vivre ou mourir ? Shamir ou Dame Rhea ? Mais la première est bien vivante debout devant elle quand la seconde n'est plus qu'un vestige d'un passé qu'il est impossible de faire revenir. De toute façon, inutile de continuer à se voiler la face, ce jour-là…

—C'est ce que j'ai fait… laisse-t-elle échapper devant sa réalisation, son aveu à elle-même.

—Je le sais, répond simplement celle qui lui fait face.

La détenue relève brusquement la tête qu'elle avait abaissée suite à son aveu à peine murmuré.

—Mais alors…

—J'en ai assez entendu, ma décision est prise.

Cette voix, venant de derrière elle fige le sang dans ses veines. Une cape vermeille vole devant son unique orbe azuré alors que le peu de lumière de la pièce s'accroche au brillant des cornes et de la couronne impériale d'un doré satiné lorsque la propriétaire de la voix s'avance. Ses yeux parme, durs et implacables, se posent sur le chevalier déchu, recelant sans doute sa condamnation. Au lieu de l'élan meurtrier qu'elle pensait ressentir la voilà plutôt à observer celle qui contrôle à présent tout le continent.

Edelgard von Hresvelg, si elle avait su ce qu'elle fomentait à l'époque, elle n'aurait pas hésité un seul instant à la tuer, fut-elle une simple élève et une déléguée. Pourtant à présent, seule la lassitude l'envahit à sa vue. Accompagnée de la sensation étrange qu'elle lui fait un peu penser à Dame Rhea dans sa prestance et son aura. Deux femmes fortes et décidées, engagées dans leurs idéaux à n'importe quel prix. Laquelle des deux était finalement la plus convaincue ? Certainement celle qui a vaincu.

—Votre premier mouvement m'informe de votre volonté brisée. Vous ne chercherez pas à me tuer, vous n'en avez plus la force.

—C'est vrai… Cela ne servirait à rien, elle ne reviendra pas.

Elle se penche et murmure quelques mots à Shamir tandis que l'enchaînée se tend de les voir si proches. Mais c'est logique après tout, après toutes ces batailles qu'elles ont menées côte à côte. La blonde est irrationnelle, c'est ridicule. L'Impératrice se retire après ça sans adresser un mot de plus alors que le garde qui a conduite ici celle qui vient finalement d'être gracié défait les chaînes qui la retenaient après un mouvement de tête de l'archère d'élite. Son premier réflexe est de masser ses poignets endoloris alors que l'homme les quitte à son tour, laissant la porte ouverte. Elle pourrait tout à fait l'attaquer par derrière et dérober son arme pour frapper celle qui vient de lui faire grâce. Cela serait tellement facile, presque trop. Elle n'en fait rien, levant avec hésitation la tête pour regarder celle qui vient de la sauver.

—Et maintenant ?

—Maintenant ?

—Qu'allons-nous faire ?

—Je suis toujours mercenaire, tu pourrais…

—Ah non ! Je suis un chevalier, je ne vais pas m'abaisser à devenir mercenaire quand même.

—Têtue… soupire la femme originaire de Dagda en fronçant ses sourcils de lassitude.

La blonde sourit devant cette dispute familière plus que conversation qu'elles ont de nouveau comme avant. Chevalier, mercenaire, peu importe en vérité tant qu'elle reste sa partenaire.

—Ne fronce pas les sourcils, tu vas attraper des rides.

—Comme si ça m'importait.

Catherine s'avance et porte la main à son visage pour la poser sur cette vague qui orne le front de Shamir suite à ses paroles afin de la lisser. Troublée, la maître de l'arc regarde l'ancien chevalier alors que danse dans ses pupilles une émotion qu'elle n'a jamais arboré auparavant. La nouvelle libérée lui livre à son tour les paroles qu'elle retenait en attendant qu'elles soient seules.

—Merci.

—De ?

—M'avoir choisie aussi. Même Dame Rhea ne l'a jamais fait bien que je l'ai servi de toute mon âme pendant tant d'années. Son regard sur moi ne faisait que me survoler quand le tien en revanche, sur le champ de bataille ou ailleurs, ne m'a jamais quitté.

—Tu…

Mais elle l'arrête en faisant glisser sa main, qui s'était égarée sur sa joue, à sa bouche. Il n'est pas encore temps pour plus de déclarations. Cette nouvelle chance, cette nouvelle ère, débutent à peine. Peut-être pourraient-elles commencer par se rendre sur la terre natale de l'archère en Dagda ? Mais pour le moment, elles doivent laisser derrière elles cette guerre et tous ses dégâts. Leurs sentiments mutuels sont encore trop assassins, mais cela viendra…