Chers lecteurs,

Niark niark niark ! Pour une fois, c'est moi qui squatte la fic de ma béta !
Nictocris est en week-end, loin de moi et du vaste monde (triste vie) mais elle a tenu à vous livrer ce chapitre et confié cette inénarrable mission de postage à votre humble serviteur.
Je poste en avance (aucune race) et espère que cette fic vous plaît (pour ma part je m'éclate, j'aime beaucoup l'amitié entre Harry, Ron et Hermione, mais ça vous en aurez plus d'exemples dans la suite).

Portez-vous bien, soyez dans la joie, à bientôt,

Al

PS : Réponses aux reviews : je ne vais pas me répondre à moi-même, mon dédoublement de la personnalité me prend déjà assez d'énergie pour que je n'y ajoute pas une adresse à moi-même.

PPS : Pour les irréductibles qui liraient La Divine tragédie, je ne vous ai pas oubliés, Nicto n'est juste pas encore passée pour le prochain chapitre. Déso.

PPPS : J'adore ce chapitre.


Ginny finissait de se coiffer dans la salle de bain. Neil passa derrière elle et lui embrassa le cou.

- Pas trop stressée ?

Elle s'appuya contre lui et l'observa dans le miroir.

Malgré leurs quatorze ans d'écart, il arrivait à la rassurer, la soutenir et la supporter parfaitement, ce qui n'était pas une mince affaire.

D'aucuns murmuraient qu'elle l'avait pris jeune pour modeler son caractère à ses caprices, mais personne ne pouvait soupçonner la violence de leurs disputes. La dernière en date avait eu lieu à sa nomination comme entraîneuse des Tapsouafles de Quiberon. La tempête avait duré une semaine. Neil ne voulait pas déménager en Bretagne. Il travaillait comme avocat dans le cabinet de Drago Malefoy et était en négociation pour obtenir son statut de collaborateur senior. Il ne comptait pas laisser sa place.

Ginny comprenait parfaitement l'ambition de son compagnon mais elle ne voulait pas délaisser sa carrière au profit de celle de Neil. Percy lui avait obtenu une dérogation de six mois pour relier des cheminées privées entre la France et l'Angleterre. Elle espérait que les gouvernements français et britannique statueraient vite en sa faveur.

Évidemment, la dispute ne concernait pas uniquement le lieu d'habitation mais aussi l'avenir de leur couple : ils avaient décidé de fonder une famille et leurs jobs respectifs leur laissaient peu de temps pour passer à l'action. Neil avait peur que ses nouvelles responsabilités l'empêchent de se concentrer sur autre chose.

Ginny alla chercher sa robe et la passa. Elle connaissait suffisamment son homme pour savoir qu'il ne résistait pas à quelques coquetteries. Elle l'appela pour qu'il ferme sa robe. Depuis leur réconciliation, leur entente était au beau fixe.

- Tu aimes ?, minauda-t-elle. Tu ne me trouves pas changée ?

Neil la regarda de haut en bas, les yeux brillants. Ginny hésita un instant. Un geste ou un mot et ils passeraient une journée enflammée au lit. Elle ravala son idée et se concentra sur ce qu'elle voulait lui dire.

- J'ai pas un peu grossi ?

Une ombre passa dans les yeux de Neil. Ce genre de conversation pouvait se révéler dangereux et il voulait profiter de la fête sans devoir s'excuser toutes les deux minutes. Il passa les bras autour du corps de sa compagne, l'embrassa et lui dit avec toute la douceur possible, en espérant qu'elle ne demanderait pas de précision :

- Tu es splendide. Si nous n'avions pas d'obligation aujourd'hui, je passerai la journée à te le faire comprendre.

- Pourtant je me trouve changée ces derniers temps. Le médecin est d'accord avec moi, les prochains mois vont être épiques.

Neil s'immobilisa une seconde, regarda Ginny droit dans les yeux et commença à sourire de toutes ses dents.

- Tu veux voler la vedette à Harry ?

- Non, je ne veux le dire à personne à part toi aujourd'hui, mais comme tu vas devoir finir mes verres de champagne pour éloigner les soupçons, je préfère que tu le saches.

- Magouilleuse, ça devrait être toi l'avocat de notre couple.

Ils s'embrassèrent avec passion.

Ginny se sentait toujours aussi bien dans ses bras.

Malgré leurs ambitions personnelles, elle tenait tellement à lui qu'elle voulait le rendre honteusement heureux.

Elle se dégagea des bras de Neil et lui demanda de s'habiller. Elle partit dans le salon avec l'intention de lire les derniers résultats sportifs de La Gazette.

Elle se sentait un peu déstabilisée par cette grossesse. L'annoncer à Neil rendait la chose encore plus réelle. Lorsqu'ils avaient pris la décision de faire un enfant, elle lui avait dit qu'elle risquait de le lui cacher pour se protéger. Neil était de bonne composition et acceptait la plupart du temps sans broncher les caprices de Ginny.

La situation était cependant très différente de la dernière fois.

La première et dernière fois qu'elle était tombée enceinte, c'était de Harry.

Ils vivaient ensemble depuis quatre ans. Elle se sentait de moins en moins à l'aise avec lui. Elle l'avait tellement idéalisé ! Il n'avait pas la même ambition qu'elle, il voulait retourner dans l'anonymat et vivre simplement. Elle avait essayé pendant plusieurs années de se persuader que c'était aussi ce qu'elle voulait. Et puis il avait rompu avec elle. Il lui avait expliqué qu'il la trouvait malheureuse avec lui, qu'il ne lui apporterait jamais ce qu'elle recherchait chez un homme.

Elle avait découvert une semaine plus tard qu'elle était enceinte. Elle avait mis du temps à le lui dire. Évidemment, il était Harry Potter, l'homme qui savait prendre ses responsabilités même quand elles lui étaient imposées. Il était revenu à la maison en un instant. Il lui avait dit que tout se passerait bien, que le bébé aurait un père et une mère qui l'aimeraient.

Le coup de grâce avait été porté à leur couple dix jours avant Noël. Même si elle avait arrêté de monter sur un balai et qu'elle protégeait cette petite vie avec tout l'amour dont elle était capable, elle l'avait perdue. Honteuse, elle avait fui chez sa mère et refusé de voir Harry pendant plusieurs jours. C'était le seul Noël de ces vingt dernières années qu'Harry n'avait pas passé chez les Weasley. Il lui avait envoyé une longue lettre pour lui rappeler l'amour fraternel qu'il lui portait et qu'il ne lui reprochait rien.

Elle avait mis quelques mois à se remettre de cette histoire. L'une des choses qui la consolaient était que Harry ne l'avait pas quittée pour une autre femme. Il s'était plongé dans le travail et Ron lui avait rapporté qu'il était assez intransigeant à cette époque.

Ginny réprima une larme à ces souvenirs.

Parfois, elle se disait qu'aujourd'hui elle aurait été maman d'un enfant de seize ans qu'elle aurait élevé avec un homme qu'elle n'aimait que comme un frère.

Neil entra dans le salon à ce moment-là. Il se pencha vers elle pour l'embrasser et murmura d'un air espiègle :

- Tu préfères quoi ? sportif ou intello ? Poudlard ou Beauxbâtons ? roux ou brun ? Aubépine ou bouleau ? Serpentard ou Gryffondor ? Voire carrément Serdaigle ?

Ginny leva les yeux au ciel.

- Il n'est même pas né qu'il doit déjà faire des choix. Tu es incorrigible.

- Poufsouffle n'est pas envisageable s'il veut rester mon héritier.

- Dans ce cas, je retourne chez ma mère.

- Je ne me rends pas bien compte de ce que tu viens de m'annoncer et surtout de ce à quoi je vais bien pouvoir servir ces prochains mois.

- Je te trouverai des occupations comme le massage des pieds ou la cueillette des fraises, se moqua Ginny.

- Tout ce que tu voudras, ma princesse. Mais pas massage et cueillette en même temps, j'ai beau être très doué, je n'ai pas assez de bras.