Bonjour tout le monde. J'ai enfin terminer ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Désolée pour le temps que j'ai mis mais... Vive la vie d'étudiante et d'adulte responsable je dirais (si, si, je vous jure qu'il m'arrive de l'être à l'occasion :P)

Bon, j'ai été gentille. Ne sachant pas quand la correction arrivera et sachant que je serais en pleine qualif la semaine qui vient et donc dans l'incapacité de poster, je vous mets le nouveau chapitre maintenant et le remplacerais par le corrigé dés que j'ai le temps.

Donc, ceux qui préfère le lire une fois corriger, ce sera fin de semaine prochaine et pour les autres, il est là et n'attends que vous.

Encore merci à lunaxmoon (J'espère que cette suite te plaira, encore merci pour ta review ^^), emichlo (Encore merci, voici la suite), sakiaTsukiyo (J'espère que ce chapitre te plaira, encore merci pour ta review), Rukie-chan (Encore merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira :) ), Ondatra zibethicus (Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira, encore merci pour ta review :) ), The Lily and the Hawk (Encore merci, j'espère que ce chapitre te plaira ;) ), Midnight Fantasy Abby (Encore une fois, contente de ton retour. Voici le nouveau chapitre, j'espère que tu aimeras. Encore merci pour tes reviews ;) )

Je tiens également à dire que je me suis trouvée une bêta lectrice qui relis en ce moment même toute la fiction avec moi. Un grand merci à Yummi donc, pour sa patience mdr ;)

Bon, je vous laisse (enfin) tranquille et vous souhaite une bonne lecture.


EDIT: Merci à Kalisca pour la correction de ce chapitre.


Chapitre 29

Je reste près de Tristan qui n'a, de toute façon, pas l'air d'avoir envie de me lâcher. Les images disparaissent petit à petit grâce à lui et ma respiration se calme ainsi que mon cœur. Je frissonne alors que le vent se lève, envoyant des flocons de neige et il m'encercle de sa cape.

Au bout de ce qui me semble une éternité, Lancelot apparait en même temps que la voix paniquée d'Arthur.

-De l'eau, apportez-moi de l'eau!

Il arrive avec la femme dans les bras, suivi de Dag portant un enfant. Deux survivants. Sur toutes les cages que j'ai vues, il n'y a que deux d'entre eux en vie. Gauvain arrive en poussant sans délicatesse l'homme de Dieu. Personnellement, il pouvait bien le laisser en bas, je n'y aurais vu aucun inconvénient.

Un homme apporte de l'eau à Arthur et la femme du boudiné accourt près d'elle alors que mon regard croise celui de cette femme. Je me crispe et me tourne vers Dag et l'enfant à qui on donne également à boire.

-Il a le bras cassé, marmonne l'homme, les sourcils foncés. N'a-t-il pas de famille?

Une bouffée de rage me gonfle la poitrine alors que Dagonet secoue négativement la tête et je pince les lèvres en foudroyant du regard le moine qui se ratatine et se détourne. Si on le garde, je m'occuperai personnellement de son cas!

-Elle est picte, fait la voix de Tristan, me faisant sursauter.

Je l'interroge du regard et il me désigne la femme du menton. Je hausse les sourcils en me tournant vers elle. Picte? Mais qu'est-ce qu'elle fout là, bon sang? Arthur lui parle doucement, promettant sécurité alors que j'ai une moue septique. Je doute que son évêque mono-sourcil apprécie la venue d'une picte au mur. Pour le coup, il risque d'être encore plus désagréable avec elle qu'avec moi.

Comme pour me donner raison, le boudiné arrive en criant au scandale et je lève les yeux au ciel en soupirant alors que Tristan me lance un coup d'œil goguenard. Arthur se transforme alors en ce qui ressemble étrangement à un serial killer et se relève, franchement en colère.

-J'attends des explications, grogne-t-il.

-Il n'y a que des païens ici, s'exclame Marius le boudiné.

-Comme nous, rappelle Galahad.

-Ils refusent d'accomplir les tâches que le Seigneur leur a attribuée, reprend-t-il sans lui prêter attention. Ils doivent mourir! Et servir d'exemple.

-Vous voulez dire qu'ils ont refusé d'être vos esclaves! Crie Arthur et je lui lance un regard ébahi.

Ben ça alors, il sait s'énerver lui? Le boudiné lui lance un regard également surpris et un tantinet méprisant.

-Vous qui êtes romain, commence-t-il. Et chrétiens! Vous êtes censés comprendre.

Ha, donc, pour lui, être chrétien implique systématiquement un goût prononcé pour l'esclavagisme? Charmant!

-Toi, crie-t-il soudain en se tournant vers sa femme qui est toujours auprès de la picte. Tu l'as maintenu en vie!

Il la gifle et je me crispe alors que mon corps s'apprête à descendre de la monture de Tristan pour régler son compte à ce connard, mais Tristan me retient fermement par la taille et Arthur est plus rapide que moi -en même temps, il est juste en face.

Il envoie une droite que j'admire presque au boudiné qui se rétame à terre à ma plus grande satisfaction. Il prend ensuite son épée plantée dans le sol et le menace avec. Les soldats poussent un cri angoissé mais le boudiné à la bonne idée de les arrêter.

-Non a-…arrêtez, s'écrie-t-il avant de se tourner vers Arthur. Lorsque nous arriverons au mur, vous serez punis pour cette hérésie, le menace-t-il.

-Prie pour vivre jusque là, le boudiné, je marmonne alors qu'il me lance un regard méprisant mais effrayé et que Tristan lève les yeux au ciel.

-Je devrais peut-être vous tuer maintenant et affronter mon destin, réplique Arthur qui ne semble pas m'avoir entendue -heureusement- en l'empoignant.

Il y a un silence, rompu par le moine que tout le monde avait oublié, même Gauvain.

-Je souhaitais mourir parmi eux, annonce-t-il et je lui lance un regard estomaqué. Oui, les guider vers l'endroit qu'ils méritent, continue-t-il alors qu'Arthur se tourne lentement vers lui, faisant un peu peur. La volonté de Dieu est que ces pêcheurs soient sacrifiés. Ainsi seulement leurs âmes seront sauvées.

Je le regarde comme s'il avait un troisième œil avant de me tourner vers Tristan.

-Il est sérieux? Je demande.

Il hausse les épaules avec un air blasé et je me dis que cette religion compte plus de dérangés psychologiques que de vrais croyants.

-Alors, je me soumettrais à sa volonté, annonce Arthur et on se tourne vers lui avec de grand yeux -finalement, cette religion doit tous les contaminer de la folie. Ré-emmurez ces hommes, dit-il finalement.

-Arthur, tente Tristan en se penchant vers lui.

-J'ai dit emmurez ces hommes, crie-t-il et je me retiens de me taper le front du plat de la main alors que Tristan soupire avec fatalité.

Des hommes entrainent de nouveau les moines vers la porte alors que Tristan nous fait nous éloigner, mon cheval suivant docilement.

Nous nous arrêtons un peu plus loin alors que Tristan marmonne.

-Nous n'y arriverons jamais à cette allure, réplique-t-il finalement alors que Bors nous rejoint.

-Tu le connais, dit simplement ce dernier. Quand il a décidé quelque chose, on peut rarement le raisonner.

-Sauf qu'il ne risque pas sa vie à lui seul, s'emporte Tristan en me serrant plus fort.

-Ça va aller, je tente de le rassurer alors qu'il me lance un regard meurtrier. Je le sais, je lui assure en lui lançant un regard plein de sous-entendus.

Il fronce les sourcils, voulant sûrement me poser des questions, mais limité par la présence de Bors. Je lui mens, je le sais. Je ne suis pas sûre que tout se passera bien pour tout le monde. Je sais simplement que tout se passera bien pour mes chevaliers et, pour moi, rien ne peut se passer mieux que s'ils vont bien.

-Vous pouvez arrêter vos conversation silencieuse, râle Bors.

-Tu te sens exclus Bobo? Je demande avec un sourire ironique alors qu'il me lance un regard horrifié.

-Co…comment tu sais? Bafouille-t-il.

-Comment sait-elle quoi? Demande Tristan, perdu.

-Le surnom, ou du moins une partie du surnom, que lui donne sa Vanora chérie, je l'informe avec un sourire en coin.

-Elle t'appelle vraiment Bobo? demande Tristan avec de grands yeux. Et tu la laisses faire?

Bors lève les yeux au ciel.

-Que veux-tu que j'y fasse? Marmonne-t-il.

-Bâillonne-la, s'exclame Tristan. Plutôt mourir qu'un surnom aussi…

-Enora ne te donne pas de surnom?

-Enora est toujours là, je les informe. Et je lui donne de très beaux surnoms mentalement. Mais son égo n'aurait jamais survécu à l'énonciation de ceux-ci.

- Quels surnoms? M'interroge le concerné avec un air méfiant. Non, je ne veux même pas savoir, se rétracte-t-il en me voyant ouvrir la bouche. Bobo!

-Il ne va pas oublier, hein? Me demande Bors avec un air désespéré.

-Alors là, ça ne risque pas, je pouffe.

Il baisse la tête en soupirant alors que je descends de cheval pour rejoindre Airas qui s'approche, tout content de me voir revenir vers lui.

-Où vas-tu? Demande Tristan en fronçant les sourcils et je soupire.

-Je me prépare à partir, je l'informe comme si c'était une évidence en me mettant en selle. On a plutôt intérêt à être rapide.

Je ne crois pas si bien dire. Une fois qu'Arthur lance le départ, Tristan passe devant sous mon regard déprimé et rêveur -mon état de frustration est toujours présent après tout- et nous nous mettons tous en route. Nous avançons vite, du moins, aussi vite que possible. Je reste avec Gauvain et Gal, Dag étant avec l'enfant.

-Je m'ennuie, je soupire au bout d'un moment.

-Nous sommes poursuivis par des saxons, nous avons une mission plus que dangereuse à remplir et toi, tu t'ennuies? S'étrange Gal. Enora, comment peux-tu penser à t'ennuyer alors qu'Arthur nous mène au massacre.

-Comme d'habitude, aurais-je envie d'ajouter, je ricane. Plus sérieusement, j'ai confiance en lui et…les saxons commencent à m'ennuyer aussi. Si je tombe sur un de ces crétins décérébrés, je ne donne pas cher de sa peau. J'en ai plus que marre de les voir pourrir l'ambiance.

-Laisse tomber Gal, rit Gauvain alors que le concerné me lance un regard abasourdi. Tu essaies de la comprendre depuis plus d'un an, je doute que tu y parviennes aujourd'hui. Les seules la comprenant sont sans doute Dagonet et Tristan.

-Ils ne comprennent pas, ils me supportent, c'est différent, je souris en levant les yeux au ciel. Mais, si ça peut te rassurer Galahad, je ne vous comprends pas toujours non plus. Surtout Tristan, je soupire sombrement.

À cette phrase un piaffement que je reconnaitrais partout se fait entendre au-dessus de ma tête. Je lance un regard noir au ciel qui me surplombe, apercevant comme je le pressentais, l'animal maudit.

-Toujours vivant toi? Je l'agresse.

-Pourquoi ne le serait-il pas?

Je sursaute, regardant derrière moi pour faire face au regard menaçant de Tristan.

-Tu ne souhaites pas toujours en faire un repas, n'est-ce pas? Demande-t-il avec méfiance.

-Bien sûr que non, je m'offusque faussement. Comment peux-tu ne serait-ce que le suggérer? Je suis totalement incapable de…

-Enora, fait sa voix redevenue menaçante.

Je me mords la lèvre alors qu'il se fraye un chemin jusqu'à moi -entendez par là qu'il fonce dans le tas et que le pauvre Galahad n'a d'autre choix que de se pousser. J'ouvre la bouche avant de la refermer puis, je soupire.

-Bien, disons simplement que ton fichu moineau…ou faucon c'est pareil, ne risque rien tant qu'il ne m'attaque plus, je tente.

-Il ne t'a jamais…

-Alors ça c'est faux, je m'exclame.

-Plus depuis que nous…que j'ai été blessé, modifie-t-il sous mon regard noir.

-Il n'empêche que je n'aime pas sa façon de me regarder Tristan, j'explique. On dirait qu'il n'attend qu'une occasion pour me sauter dessus et pas pour faire des chatouilles, tu vois!

-C'est complètement ridicule!

-Oui, je sais, les animaux ne peuvent pas avoir d'expression, je soupire.

-Non, il est ridicule qu'il veuille te faire du mal, me reprend-t-il alors que l'oiseau prend place sur son bras.

-Ce qui est ridicule, c'est cette conversation, intervient Gauvain en soupirant. N'arrêtez-vous donc jamais de vous engueulez?

-Oh, je vois bien un moment, ricane Lancelot que je n'ai pas vu arriver.

-Lancelot, tu m'agaces, je soupire en fronçant les sourcils.

Il me sourit avant de reprendre son sérieux.

-Arthur a perdu l'esprit cette fois, soupire-t-il.

-Pourquoi? Je demande.

-Nous nous encombrons, répond-t-il durement. La famille, c'est une chose à laquelle nous étions préparés mais…tout ces gens…Enora nous n'y arriverons jamais! Nous finirons face aux pictes et qui crois-tu s'en sortira?

-Tu as donc si peu confiance en toi? Je l'attaque. En nous?

-Ce n'est pas une question de confiance, s'emporte-t-il légèrement. Nous risquons de tous nous faire tuer pour une lubie d'Arthur. Il est mon commandant et avant tout mon ami mais, il ne prend pas que des bonnes décisions pour l'ensemble d'entre nous, termine-t-il en me lançant un coup d'œil significatif.

-Je n'ai pas peur, je réplique en souriant doucement. Il y a longtemps que ces barbares ne m'effrayent plus. Et s'ils osent toucher à ma famille, je les fais griller comme des steaks, j'ajoute joyeusement en tapant dans mes mains.

Ils me fixent tous avec un air hésitant avant que Lancelot ne sourit.

-Toi et Tristan avez plus en commun qu'on ne pourrait le croire, rit-il doucement.

-On dit « Tristan et toi », je le reprends. Et, j'espère que tu ne parles pas de mon don pour vous faire rire et détendre l'ambiance!

-Non, je parlais de votre plaisir de tuer.

-Alors là, je t'arrête tout de suite, je réplique en pinçant les lèvres. Je prends un plaisir sadique à tuer les saxons, je l'avoue mais, le psychopathe en puissance qui aime tuer tout ce qui passe sur son chemin restera toujours Tristan.

-Voilà qui est gratifiant, ricane celui-ci.

-Je n'ai jamais dit que je n'aimais pas ça, je souris grandement en le regardant dans les yeux.

Le temps semble se suspendre alors que nous nous dévorons du regard. Pourquoi je ne lui ai pas encore sauté dessus déjà? Ha oui, on est poursuivis par des psychopathes menaçant de tous nous tuer. Qu'est-ce qu'on peut être injuste avec moi.

-Nous sommes toujours là, soupire Gauvain. Et ce n'est pas le moment de s'accorder une « pause ».

Je soupire avec fatalité en faisant la moue alors que Tristan reprend son air Plus-froid-que-moi-tu-meurs-et-je-te-tue-en-moins-dix-secondes-avec-le-sourire (oui, tout ça). Je vois Arthur monter dans la charrette où se trouve Dagonet et l'enfant et hésite un moment avant de me détourner.

-La picte semble te mettre mal à l'aise, me fait remarquer Tristan.

-Non, pas du tout, je nie. Tu sais que je suis toujours distante avec ceux que je ne connais pas.

-Oui, mais, tu ne les regarde pas de cette manière.

-Quelle manière? Je m'agace.

-On dirait qu'elle représente une sorte de cauchemar, révèle-t-il alors que je me fige. Tu…

-Tu te trompes Tristan. Tout va bien, d'accord ? Alors parlons d'autre chose.

-Et de quoi veux-tu parler ? Grogne-t-il comme si j'étais stupide.

-Eh bien tais-toi dans ce cas, je m'emporte en partant vers la charrette.

Il le fait exprès ou quoi ? Ou est-ce que je m'emporte trop facilement ?

Question stupide. Je m'emporte toujours trop facilement, c'est dans ma nature. Je vois Arthur sortir de la charrette et remonter en selle. Il me voit et s'approche.

-Comment va l'enfant ? Je demande directement.

-Il est brûlant, très malade, m'apprend-t-il et je baisse la tête. Il s'en sortira, Enora, il semble fort et Dagonet veille sur lui.

-Il ne pouvait pas rêver mieux, j'approuve en souriant. Et le vieil homme?

-Il ne survivra pas, m'apprend-t-il et je soupire tristement sans rien ajouter. Tu ne demandes rien pour la fille ? S'enquit-il avec curiosité.

-Elle ne semblait pas si mal en point, je murmure en détournant le regard.

-J'ai vu ton regard, m'apprend-t-il avant de me regarder avec inquiétude. Enora, que se passe-t-il ?

-Est-ce que ce serait mal de ne pas me soucier de son état ? Je l'interroge.

-Il y a longtemps que je n'arrive plus à voir de mal en toi, sourit-il avec une lueur paternel dans le regard. Mais, réfléchis bien. Ne t'en soucies-tu vraiment pas ?

Je soupire. Je l'ignore, sincèrement. Son état m'inquiète un peu, c'est vrai, mais…Non, je ne peux vraiment pas le formuler tellement ça me semble stupide.

-Elle s'appelle Guenièvre, reprend Arthur. Elle est picte, comme tu le sais. Elle a été torturée pendant une longue période. Ses doigts étaient démis, comme les tiens quand…

-Arrête, je siffle en lui lançant un regard dur.

-Ne plus fuir les saxons n'effacera pas ton passé, soupire-t-il avec un regard triste. Il sera toujours là et il est normal que tu y penses toujours. Et que ça te fasse mal. Tout comme il est normal que ce que tu as vu ait ramené des souvenirs difficiles. Surtout que ce passé n'est pas si éloigné que ça. Personne ne te le reproche.

Je baisse la tête sans répondre alors qu'il s'éloigne. Non, rien ne s'efface jamais totalement, il faut apprendre à vivre avec. Et je travaille encore dessus. Je lève mon visage vers le ciel alors que la neige tombe toujours. Je n'ai pas remarqué que j'ai ralenti et que je me trouve désormais à côté de la charrette. En baissant la tête, mes yeux s'accrochent à ceux de la picte. J'essaye de les soutenir, mais les images de sa cage s'associent à la mienne et je me détourne. Mes yeux tombent alors dans ceux, fiévreux, de l'enfant. Je lui souris doucement et il me répond avant de fermer les yeux, visiblement épuisé.

Je vois ensuite Dagonet qui prend soin de lui. Dagonet, mon frère, mon protecteur, mon ami, mon support. Qu'aurais-je fais sans lui ? Comment aurais-je vécu toutes ses nuits où je me réveillais en hurlant, appelant à l'aide et que lui seul répondait ? Comment aurais-je pu continuer sans son soutien constant et son amour discret. Il ne montre rien, reste fin dans ses démonstrations mais, elles sont là, réchauffant mon cœur parfois trop lourd. Mon frère. Oui, il est ce qui s'en rapproche le plus et je n'aurais pas pu rêver mieux.

Le chemin continue lentement et je pars plus avant. Au bout d'un moment qui me semble une éternité, le soleil se couche et nous nous arrêtons. Enfin!

Je descends d'Airas en grimaçant légèrement et soupire en m'étirant. Je suis fatiguée, plus que d'habitude et je suis un peu déprimée sans comprendre pourquoi.

Les gens s'installent et je vais les aider, laissant les chevaliers discuter de la sécurité du groupe. Ils ne me feront, de toute façon, jamais faire de tour de garde. Je ne suis donc pas concernée. Je croise Dagonet qui couvre l'enfant comme le ferait un père. Je lui souris légèrement en croisant son regard avant de continuer mon chemin.

Je suis surprise en tombant sur la femme du boudiné prenant soin du vieil homme. J'aurais cru qu'elle serait restée avec la picte. Je m'approche et m'agenouille à ces côtés.

-Comment va-t-il ? Je demande doucement.

Elle me regarde, surprise que je lui adresse la parole et je fais la moue. Je ne vois pas ce qu'il y a de si incroyable à lui parler. Cette femme a vraiment besoin d'une rééducation de mon cru !

-Il vit ses derniers instant, m'apprend-t-elle d'une voix douce, en total contradiction avec son air sévère.

Je sursaute quand une poigne impressionnante me saisit le poignet. Je me tourne vers le vieil homme avec de grands yeux. Bon sang, il en a de la force.

-Vous êtes l'ange venu me chercher vers un monde meilleur ? Interroge-t-il d'une voix faible et rauque.

-Heu…, je réplique bêtement.

-Vous pouvez rester avec moi ? Demande-t-il. Je serais moins effrayé de partir avec un ange à mes côtés.

Je reste muette, acquiesçant de la tête comme une imbécile. La femme me regarde du coin de l'œil avant de se lever.

-Je ne peux plus rien pour lui, s'explique-t-elle. Et il semble avoir trouvé une présence adoucissant son départ. Je ne suis plus d'aucune utilité.

-Mais…je fais quoi moi ? Je panique.

-Contentez-vous de lui tenir la main et de l'écouter. Vous ne pouvez guère faire plus.

Elle soupire tristement et part. Sûrement rejoindre la Picte. Alors, je reste. Franchement mal à l'aise face à la situation. Je ne suis pas du genre à rester là, regardant une personne mourir sans rien faire. C'est absurde puisque, dans le cas présent, on ne peut rien faire. Mais, j'aurais plus tendance à fuir d'habitude.

Pourquoi ne le fais-tu pas ?

Bonne question ! Je ne le sais même pas moi-même. En ce moment, je fais des choses bizarres, c'est tout ce que je sais. Enfin, plus bizarre que de coutume s'entend.

-Je n'ai plus peur, souffle le vieillard, me ramenant à la réalité.

-Vraiment ? Je demande avec perplexité.

Moi, à sa place, je serais terrifiée.

-Je vais retrouver ceux qui m'ont quitté, explique-t-il avec plus de difficulté. Je vais les revoir, n'est-ce pas ?

J'ouvre la bouche avant de la refermer. Qu'est-ce que j'en sais ? Mais, ce que je sais ou non n'entre pas en ligne de compte. Il s'agit de le rassurer, d'alléger sa mort. Alors, je dis ce qu'il veut entendre, ce dont il a besoin.

-Oui, vous les retrouver, j'assure.

Et, sans m'en rendre compte, j'espère pour lui.

Le village est en feu. Les guerriers évacuent leur frustration en saccageant tout sur leur passage.

Ils sont déjà partis. Pas seulement cette fichu famille romaine. Non, tous les villageois ont quittés le bercail. Il ne reste plus personne. Et plus que les guerriers, c'est le chef, Cédric, qui est le plus en rage.

Il avance à travers la fumée et les cendres d'un pas rageur qui contredit son visage calme. Son fils, accompagné du traitre, avance dans sa direction.

-J'ai trouvé des traces de chevaux venant du Sud, apprend le traitre. Que tu ne remarques pas. Des cavalier qui voyagent léger et vite. Peut-être la cavalerie romaine… peut-être les chevaliers.

Cédric s'arrête avec un léger sourire.

-Ils savent que nous les traquons, réalise-t-il.

-Ils iront vers l'Est maintenant, continue le traitre. Ils passeront par les montagnes.

À peine sa phrase finie qu'un homme lance à leur pied une forme humaine et gémissante, suivi d'un deuxième Ils marmonnent des propos incohérent sur l'œuvre de Dieu profanée faisant soupirer d'ennui le fils du chef. Il déteste les romains et leur croyance stupide. Ces « hommes de Dieu » les critiquent sur leur sauvagerie sans se rendre compte qu'ils se valent s'ils ne sont pas pires. Eux, au moins, ne se cachent pas derrière des propos religieux ! Ils assument leur goût pour la torture et la souffrance d'autrui.

-Il dit qu'ils l'ont emmuré dans cette bâtisse et qu'ils ont emmenés la famille, apprend l'homme à son chef. Quelqu'un qui se présente sous le nom d'Artorius.

-C'est lui, affirme le traitre. C'est Arthur.

-Il dit aussi…, hésite l'homme. Qu'une femme les accompagne.

-Une femme ? S'intéresse le fils alors que Cédric fronce les sourcils.

-Un démon, bafouille un des hommes emmurés. Elle a le regard du démon. Elle a ensorcelé le commandant. Il aurait laissé ces païens mourir sans elle, je le sais. C'est une sorcière.

-Comment est-elle ? Demande vivement le fils en empoignant l'homme qui bafouille.

-Des cheveux sauvages, couleur de blé. Des yeux sans couleur précise, changeant.

-C'est elle, jubile-t-il en repoussant l'homme, l'envoyant au sol. Père, ça ne peut être qu'elle !

-Il semblerait, répond Cédric calmement. Elle semble avoir trouvé une bonne protection.

-Nous les anéantirons, lui certifie son enfant. Mais, elle, je veux la récupérer.

Cédric regarde son fils avec résignation. Il a toujours su obtenir ce qu'il attendait de lui, par la force s'il le fallait. Mais, il sait que, pour une fois, il n'y arrivera pas. Cette femme est devenue une obsession pour lui. Sa réaction quand il a vu qu'elle était partie… Si Cédric n'était pas qui il est, il aurait sans doute été effrayé. Tout comme les hommes qui ont subi sa colère.

Et il doit avouer que cette femme avait quelque chose de…spécial et divertissant. Elle n'hésitait jamais à le défier quoiqu'elle ait eu à subir par la suite. Elle était terrifiée mais, gardait la tête haute. Oui, elle l'intrigue et si ça peut lui permettre de résoudre ce mystère, il acceptera son retour. Si vraiment elle devient un problème, il lui suffira de la tuer.

-Emmène tes hommes à l'Est, décide-t-il finalement. Retrouvez-les. Je guiderai la grande armée vers le mur. Emmène la famille là-bas.

-Et les moines? Demande un homme.

-Remettez-les là où ils étaient, sourit le fils avec sadisme.

Et il est fait selon son ordre. Il ne prête pas attention aux cris d'indignation de ces moines. Non, il est tout à fait concentré sur ses pensées. Pensées dirigées vers elle. Cette femme qu'il a eu l'occasion de connaitre plus que personnellement. Il va la récupérer. Il pourra lui faire payer son obsession pour elle. Il pourra de nouveau la toucher, en faire tout ce qu'il veut. Mais, cette fois-ci, une chose changera.

Il ne partagera plus. Elle sera tout à lui.

Sa main finit par se laisser aller en même temps que sa poitrine cesse de se soulever. Ses yeux sont fermés et un léger sourire demeure sur ses lèvres. Il a juste soufflé un dernier « mon ange » avant de fermer les yeux et de partir.

Une boule obstrue ma gorge et je ferme les yeux alors que des larmes coulent le long de mes joues. Une main que je reconnais directement me prend l'épaule et me relève. Il passe ensuite un bras autour de moi et m'éloigne.

-Tu n'aurais pas dû faire ça, me réprimande-t-il.

-Je ne pouvais pas le laisser seul, Tristan, je m'indigne à travers mes larmes.

-Bien sûr que si ! Si ça pouvait t'épargner ces larmes, tu aurais dû le laisser.

-Tu es décidément la personne la plus dénuée de compassion que je connaisse, je grogne alors qu'il nous arrête dans un coin éloigné. Et nous sommes trop loin du campement, Arthur va encore nous faire une crise s'il l'apprend !

-Compatir veut dire souffrir avec l'autre. Je ne vois pas pourquoi je souffrirais pour une personne que je ne connais même pas. Et tu ne risques rien puisque tu es avec moi !

-Je doute que le commandant voit ça comme ça, je soupire. Mais, je suis contente qu'on soit un peu seul.

-Ha oui, sourit-il légèrement. Et pourquoi ça ?

-Et bien, je vais pouvoir faire une chose qui me démange depuis bien longtemps. Mais, ça aurait paru bien inconvenant devant les autres.

-Et qu'est-ce que c'est ?

-Ça.

Et je l'embrasse. Le feu reprend son chemin, brûlant tout sur son passage. Rien ne change, je me consume toujours au moindre de nos contacts. Je me sers contre lui en inspirant son odeur alors qu'il me sert à m'étouffer. Mais, je ne m'en plains pas. Il m'a manquée, beaucoup trop pour mon propre bien. Le serrer contre moi, l'embrasser me soulage tellement que j'en pleurerais. C'est peut-être stupide, j'en conviens, mais, la distance que nous avons dû préserver était une véritable torture.

-Il faut dormir maintenant, souffle-t-il.

-Quoi ? Je m'indigne. Mais…

-Enora, soupire-t-il d'une voix plaintive. Ce n'est déjà pas facile de te repousser maintenant alors, aide-moi.

-Mais pourquoi ? Je boude comme une enfant.

-Parce que nous sommes proches des Pictes et que les saxons ne sont plus très loin, me rappelle-t-il.

Je tape ma tête contre son torse et soupire.

Je me couche en me disant qu'au moins, cette fois, je m'endors dans ses bras.

Je me réveille patraque et nauséeuse. Ma tête est lourde et, même si je suis toujours fatiguée, je sais que je n'arriverais plus dormir. Je me lève sans bruit -Tristan dormant toujours- et prend un morceau de pain avec de l'eau dans mon sac, affamée. Mais, au bout de quelques bouchées, la nausée a raison de moi. Je me lève en catastrophe et m'éloigne pour rendre mon maigre déjeuner sans réveiller Tristan.

Je me relève avec une grimace dégoutée et secoue la tête. Je savais que je finirais par attraper un truc pas net en trainant dehors par un temps pareil !

Je me rince la bouche en soupirant. Au moins, je me sens un peu mieux. Même si toujours épuisée. Tristan finit par se réveiller et me rejoint.

-Nous devons aller rejoindre les autres, me dit-il. Ils doivent préparer le départ. Tu aurais dû me réveiller.

-Tu dormais trop bien, je souris en me levant.

-Là n'est pas le problème, soupire-t-il avec un air blasé.

Je hausse les épaules et avance en l'entraînant avec moi. Les chevaliers sont tous présent, sauf Arthur. Ils sont éloignés du peuple et la famille et parlent entre eux. Lancelot nous voit arriver, main dans la main et un sourire goguenard prend place sur ses lèvres. Super !

-Vous avez réglé votre problème ? Ricane-t-il.

Je pince les lèvres alors que tous les regards convergent dans ma direction, interrogateur et un peu inquiet. Génial, ils pensent tous à un vrai problème alors que je suis juste à un stade de frustration bien avancé. Lancelot tourne le dos, satisfait de lui.

Je ne sais pas trop ce qui se passe dans ma tête le moment d'après. Je regarde la neige et une minute plus tard, une grosse boule atterrit dans le coup de mon mouton préféré. J'écarquille les yeux alors qu'il se tourne avec lenteur, les yeux plissés et vaguement vexé. Il me fixe directement avec insistance.

Euh…Oups?

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Et voilà pour ce chapitre. J'espère que vous avez aimé. Ce n'est pas mon préféré personnellement ^^'

Alors, Enora évite Guenièvre comme la peste, celle-ci finira-t-elle par se vexer? Demandera-t-elle des explications? S'en rendra-t-elle seulement compte? Nous avons fait un tour du côté des Saxons, combien ont des envies de meurtre suite à la conversation? Comment le fils de Cédric compte s'y prendre pour récupérer Enora alors que Tristan est juste derrière? Encore un qui finira avec un poing dans la figure? Enora lançant une boule de neige à Lancelot, vous voyez où nous sommes arrivé? Avez-vous envie de me tuer suite à cette fin...mal placée? Comment réagira Lancelot? Tristan défendra-t-il Enora ou la laissera-t-il se débrouiller?

Oui, beaucoup de question aujourd'hui ;)

Laissez moi plein de review, c'est mon dessert préféré :p

Bisous jeunes gens.