Coucou, je poste enfin le nouveau chapitre après pas mal d'hésitation. Je ne sais pas pourquoi mais, je trouve que quelque chose manque. Mais, j'ai beau chercher depuis deux jours, je ne trouve pas comment modifier, ajouter,... Alors, je le laisse.

Le chapitre est un peu spécial aujourd'hui puisqu'une bonne partie est du POV extérieur pour que vous puissiez faire un tour dans la tête des chevaliers.

Encore merci à emichlo , Dede.A , Moon Plume , Lotelemna Nullame , Queen-Mebd , Midnight Fantasy Abby , The Lily and the Hawk , Rukie-chan et Pitchoune69 pour leur review ^^

Mlanie: Coucou ^^ C'est vrai que ça fait longtemps et je suis contente que tu aies aimé ^^ Merci beaucoup pour ta review et j'espère que la suite te plaira ;) Bisous.

elenavd: Bonsoiiir :) Je suis contente que tu aies aimé et j'espère que la suite te plaira. Je n'ai pas vraiment de rythme pour la publication, je publie quand j'ai terminé le chapitre et ça dépend de ma motivation, de mon inspiration et de mon temps ^^ J'essaye néanmoins de ne pas trop tarder :) Merci beaucoup pour ta review.

Chapitre 32.

Sa voix se fait de plus en plus lointaine et c'est avec plaisir que je me laisse sombrer dans l'oubli. Croisant une dernière fois le regard noir de mon chevalier.

Il tourne en rond devant la tente improvisée depuis ce qui lui semble une éternité. Vingt minute pourrait être passée tout comme deux heures. De toute façon, peu importe le temps qui passe, ce sera toujours trop. Il veut savoir et il veut savoir maintenant.

De plus, il n'est pas le seul à tourner en rond. En fait, ils attendent tous devant la tente.

Lancelot a les sourcils froncés et envoie de temps à autre des coups d'œil furieux à la source de leur attente. Il se passe souvent la main dans les cheveux, grommelant des « Stupide » ou « Trop de temps ».

Galahad et Gauvain l'approuvent avec des grognements qui feraient ricaner… Non, ne pas y penser maintenant, il pourrait vraiment perdre patience. Les deux amis se parlent entre eux et tapent des pieds.

Dagonet ne cesse de grogner et grommeler également. Il passe de « Fille inconsciente » à « Trop protectrice pour pas grand-chose ». Inutile de rappeler à Tristan que tout est de sa faute, il a déjà bien assez envie de le tuer comme ça.

Bors, lui, tape dans les arbres alentour, ne cessant de faire des allers retours vraiment énervant.

Arthur est le plus calme. Assis dans un coin, la tête dans les mains, il n'a ni parlé, ni bougé.

Quant à Tristan…Il résiste mal à l'envie d'entrer de force et d'exiger des réponses. Sauf qu'il ne les aura pas tant que cette femme à l'air suspect ne l'aura pas examiner. Ce qui l'agace. Il aurait pu le faire lui-même ! Mais, Arthur a insisté pour que ce soit une femme qui le fasse. Et Lancelot l'a soutenu en jetant un regard inquiet à la blessée.

Blessée volontaire.

Bon sang, il a vraiment envie de tuer quelqu'un ! Mais qu'est-ce qui lui a pris, au juste ? Elle a voulu le faire mourir de peur, c'est ça ? Une technique féminine pour s'assurer de ses sentiments, peut-être ? S'il criait et s'inquiétait, elle n'aurait plus à douter ? Eh bien, il va lui donner des raisons de s'inquiéter ! Quand il pourra la voir, il l'étranglera ! Ou, au moins, criera vraiment fort. Après, il songera à se rassurer en la prenant dans ses bras pour s'assurer qu'elle va bien.

Et il tuera Dagonet pour donner à Enora des idées pareilles. Comme si cette femme avait besoin qu'on lui donne des idées suicidaires ! Elle se débrouille déjà très bien toute seule pour se mettre dans le pétrin.

Sans oublier sa petite démonstration. Tout le monde l'a vue arrêter la flèche. Comme si elle avait besoin qu'on la trouve encore plus bizarre. Ou d'attirer encore plus l'attention des Saxons. Cette espèce de chauve à la barbichette tressé ne la quittait déjà pas des yeux !

Il est vraiment en colère et le fait que cet examen prenne autant de temps n'arrange pas les choses.

-Tourner en rond devant l'entrée ne fera pas passer le temps plus vite, intervient Lancelot.

Tristan répond par un grognement qu'Enora qualifierait très certainement de « Néandertalien » -même si aucun d'eux ne savent ce que cela signifie.

Ne pas penser à elle !

-Ce n'est facile pour personne Tristan, soupire Lancelot.

C'est certain. Mais, Tristan pense qu'il a plus de raison de s'inquiéter. C'est sa…sa quoi, au juste ? Peu importe. Elle est à lui et il est donc plus normal pour lui de s'inquiéter de ce qui est à lui. Peu importe combien ce raisonnement agacerait la principale concernée. Il est temps qu'elle s'y fasse. S'il ne la tue pas avant. Enfin, surtout si elle ne le tue pas avant.

La vieille femme sort de la tente, se retrouvant nez à nez avec Tristan. Il la regarde, les yeux plissés alors qu'elle lui lance un coup d'œil agacé. Elle l'a entendu devant la tente, en train de roder comme si elle s'apprêtait à égorger la jeune femme blessée. Sans oublier le regard qu'il lui a jeté avant qu'elle n'aille la soignée qui l'a vraiment énervée.

-Alors ? grince-t-il comme si la question lui écorchait la bouche.

-Alors où est le commandant, chevalier ? réplique-t-elle en le regardant de haut.

Tristan retrousse sa lèvre supérieure, faisant penser à un animal sauvage. Il a très envie de faire souffrir la vieille femme jusqu'à ce que mort s'en suive. Et elle ne l'aide pas à se contrôler.

-Tristan !

Arthur est intervenu, évidemment. Voyant que la situation commençait à vraiment mal tourner, il a préféré limiter les dégâts. Plus vite il saura, mieux ce sera. Tristan grince des dents mais s'écarte en serrant les points.

-Alors ? répète Arthur en levant un visage fatigué vers la femme.

-Elle s'en sortira, réplique celle-ci.

-Vous pourriez peut-être être un peu plus explicite, grince Bors en s'avançant.

-Je ne sais pas ce qu'elle a fait exactement mais, il vaudrait mieux pour elle qu'elle ne recommence pas. Elle risquerait de ne pas y survivre ! C'est tout ce que je peux vous dire. Si la Dame Enora veut vous en dire plus, elle le fera elle-même, Chevaliers. La demande vient d'elle ! termine-t-elle en voyant le chevalier Tristan ouvrir la bouche.

-Comment ça ? s'énerve-t-il.

-Elle a dit qu'elle vous expliquerait elle-même ! Alors, je ne peux que me soumettre à sa demande.

Tristan fronce les sourcils et s'apprête à protester –voire à secouer cette vieille harpie- mais, celle-ci, agacée, le bouscule et s'en va sans un regard en arrière. Il la regarde faire, ébahi par cette réaction. La seule personne qu'il autorisée à le traiter de cette façon est Enora. Bien qu'on ne puisse pas dire qu'elle lui ait demandé sa permission.

Il avance pour entrer dans la tente mais, se fait arrêter. Il commence vraiment à perdre patience !

-Attendez, fait la voix de Lancelot. Ne devrions-nous pas parler de ce qui s'est passé avant ?

-Comment ça, ce qui s'est passé ? gronde Tristan. Elle a sauvé le crâne chauve, voilà ce qui s'est passé !

-Tu sais ce que je veux dire, soupire Lancelot en levant les yeux au ciel –Enora a vraiment une sale influence sur Tristan. Vous avez vu comme moi, n'est-ce pas ?

Gauvain et Galahad grimace en se tortillant. En fait, ils ont évité d'y penser, la situation est déjà bien assez compliquée comme ça. Ce qu'ils ont vu les a perturbés et ils ne savent pas quoi en penser.

Bors hausse les épaules en grommelant, ne semblant pas plus préoccupé que ça.

Dagonet reste impassible, tout comme Tristan.

C'est Arthur qui répond à la question en les surprenant tous.

-Elle a sauvé Dagonet, commence-t-il. Peu importe comment elle s'y est prise, nous ne pourrons sans doute jamais le savoir. Le fait est qu'elle a sauvé l'un d'entre nous en risquant sa propre vie. Je refuse d'envisager qu'elle puisse incarner le mal comme me le dicterait un évêque ou une personne étroite d'esprit. Soyons sérieux ! Elle a plus que l'occasion de se retourner contre nous mais, ne l'a jamais fait, au contraire. Elle nous a toujours aidé et Dagonet, voir nous tous, serait mort sans son intervention. Qui sait combien de fois elle nous a sauvés sans que nous le sachions. Mais, chacun d'entre nous sait au moins une chose : elle a le cœur bon et est incapable de faire le mal. C'est à tout cela que je me fie.

Tristan le regarde avec un respect nouveau alors que Bors et Dag hoche la tête, apparemment d'accord avec ce discours.

-Je suis d'accord, acquiesce Gauvain. Elle a eu plus que l'occasion de nous tuer et ne l'a jamais fait. Elle nous a même aidés sans que nous ne demandions quoi que ce soit.

-Oui, elle est gentille, confirme Gal.

-C'est vrai que j'ai du mal à la voir comme une sorcière, soupire Lancelot.

-Je la vois comme un miracle, avoue le commandant. Une envoyée de Dieu.

-Maintenant que vous vous êtes mis d'accord, je peux y aller ? soupire Tristan avec impatience.

Ils lèvent tous les yeux au ciel alors que Tristan entre sans attendre de réponse. Il se fige néanmoins à l'entrée sans pouvoir faire un pas de plus. Elle là, allongée et aussi pâle que la mort. Elle semble si fragile que s'en est inquiétant. Il la voit ouvrir les yeux et blêmir encore plus en le remarquant. C'est à cet instant que sa colère fond et il se sent incapable de prononcé le moindre mot.

-Tu es sûr mon chemin, gronde Bors en le poussant.

Il le laisse entrée en se mettant sur le côté, ne relevant pas la violence de son ami.

-Toi et moi avons une discussion à terminer jeune fille ! crie-t-il en bombant le torse.

Mais, comme Tristan avant lui, il se dégonfle quand son regard tombe sur Enora.

-Tu sembles bien mal en point, marmonne-t-il en fronçant les sourcils. Cette femme est-elle bien certaine que tu n'as rien ?

Enora sourit, un sourire fatigué qui leur déchire le cœur. Elle semble plus qu'épuisée. C'est Dagonet qui craque le premier.

-Je n'arrive pas à croire que tu aies pu te montrer aussi inconsciente ! s'écrie-t-il. Regarde dans quel état tu t'es mise ! Pourquoi as-tu fait une chose aussi stupide ?

Les yeux d'Enora se remplissent de larmes alors qu'elle ouvre la bouche pour parler. Un gros sanglot sort à la place de ses mots. Elle se prend la tête dans les mains alors que son corps tremble.

Dagonet reste penaud et incertain alors que tous les regards se sont posés sur lui, accusateurs. Il s'approche d'elle et s'agenouille pour être à sa hauteur. Il lui caresse les cheveux en soupirant.

-Pardonne-moi, souffle-t-il.

-Je ne pouvais pas te perdre, dit-elle finalement tout en pleurant. Tu ne pouvais pas me demander d'accepter de te perdre !

Dagonet se baisse pour poser son front contre le sien tout en caressant ses poignets. Il sait pourquoi elle a fait ça, il sait pourquoi elle l'a protégé. Mais, ça le tue de savoir qu'elle était prête à donner sa vie pour la sienne. Et ça l'effraie. Parce que ça prouve qu'elle est capable de donner sa vie pour tous ceux qu'elle aime. Et elle en aime tellement. Leurs vies sont dangereuses, sans cessent confronter à la mort. Qui sait combien de temps elle survivra avec un tel comportement ? Et pourtant, il sait qu'il aurait fait la même chose pour elle.

-Et moi je devrais accepter de te perdre ?

Tout le monde se fige en se tournant vers celui qui vient de parler. Tristan ne laisse jamais transparaitre la moindre émotion face à eux. Pourtant, en cet instant, ses yeux sont remplis de douleur, de colère, d'amertume. Il semble sur le point de s'effondrer, de hurler… ou de tuer. Pourtant, Enora ne semble pas effrayer. Elle le regarde avec tendresse et remords.

-Laissez-nous, ordonne-t-elle difficilement.

Ils hésitent. Tristan est un être instable et ils ont beau être presque certains qu'il ne fera jamais de mal à Enora, ils sont hésitant à prendre le risque.

-Maintenant, ordonne-t-elle d'une voix plus ferme alors que ses yeux se durcissent.

Alors, ils obéissent. Bors se tourne vers elle avant de sortir. Il ne sait pas comment le dire, il n'est pas vraiment du genre sentimental non plus. Alors, il se contente de souffler durement :

-Plus jamais !

Et il s'en va.

Tristan regarde la jeune femme soupirer en fermant les yeux. Elle se détend enfin avant de le regarder.

-Dagonet s'en fait pour trois fois rien, annonce-t-elle. Je n'ai rien de cassé, je suis juste très fatiguée.

-Fatiguée ? hurle Tristan sans même réaliser alors qu'Enora tressaillit. Tu as failli en mourir ! Peu importe ce que tu as fait pour le sauver, ça a failli te couter la vie !

-Bien sûr que non, le contredit-elle doucement. Je ne suis pas stupide à ce point.

-Il semblerait que si ! Et si ça t'avait été fatal ?

-Et bien, j'aurais sauvé Dagonet tout de même !

-Au risque de mourir ?

-Évidemment ! C'est mon ami ! Je l'aime comme tel !

-AU POINT DE ME LAISSER SEUL ?

Tristan regrette ses mots dès qu'ils sortent de sa bouche. Le visage d'Enora se contracte de douleur et elle blêmit encore alors que des larmes apparaissent de nouveau dans ses grands yeux.

-La dernière chose que je veux est de me retrouver sans toi, souffle-t-elle. Crois-moi, Tristan. Je ne voudrais jamais faire quoi que ce soit capable de nous séparer. Pardonne-moi si c'est ce que j'ai laissé croire. Mais… Dagonet est mon ami, mon frère ! Je ne pouvais pas non plus choisir de le laisser mourir. Qu'est-ce que ça aurait fait de moi ?

Il avance et se laisse tomber à genou à ses côtés. Il lui prend la main sans rien répondre et le silence s'installe.

Il a cru la perdre. Il a cru qu'elle allait le laisser et il a cru en mourir. Que ferait-il sans elle ? Elle est arrivée sans lui demander son avis et il a tenté de la repousser aussi fort que possible. Pourtant, son cœur savait. Il savait qu'il était lié au sien et que, désormais, il ne pourrait faire sans elle. Et, aujourd'hui, il tente de la retenir aussi fort que possible. Une voix, vicieuse, lui souffle que tout es sur le point de changer, que quelque chose va se produire. Il n'écoute pas et se contente de lui serrer la main plus fort.

Pov Enora

Je l'attire à moi, le forçant à se coucher à mes côtés et me plonge dans ses bras. Je ne veux plus penser à ce qui s'est passé, jamais. Si Tristan a eu peur, j'ai eu tout aussi peur. Je ne veux pas mourir et, pourtant, je suis passée bien près peu importe ce que j'en ai dit. Il s'en est fallu de peu, je le sais bien. Et j'ai failli…

Ne pas y penser maintenant. Jamais.

-Tu m'en veux beaucoup ? je demande, telle une petite fille.

-Et plus encore, gronde-t-il. Mais, tu sais que je suis incapable de t'en vouloir longtemps. Il faut juste que tu ne refasses plus jamais une telle chose.

Je ne réponds pas, soupire et ferme les yeux.

-J'ai eu vraiment peur, j'avoue finalement.

-Raconte-moi.

-J'ai vu…des choses et j'entendais des voix qui m'appelaient. Ils voulaient que je les rejoigne mais, je ne voulais pas. Alors ils se sont mis à crier, à dire que c'est ce que j'avais déclenché. Que j'avais changé le cours des choses et que je devais en subir les conséquences. Ensuite, ils ont dit que j'avais perdu une liberté, que cette fois, j'étais vraiment piégée ici.

J'ai murmuré tout au long, revoyant les silhouettes sombres, ressentant l'air glacial et entendant ces cris inhumains. Quand je me suis réveillée, la vieille femme m'a dit que j'avais parlé pendant ma fièvre. Son regard était impénétrable mais, elle a dû comprendre plus qu'elle ne le laissait paraitre. Et ensuite…

-Mais, tu es là, souffle Tristan, tentant de me rassurer. C'est terminé maintenant.

Je lève mes yeux vers les siens. Ils sont chaleureux, tendre. Il n'y plus une once d'ombre et je me demande momentanément si c'est la peur de me perdre qui a changé ce détail. Je m'approche et l'embrasse comme si ma vie en dépendait, m'accrochant à lui comme à une bouée. J'ai besoin qu'il m'assure que je suis en vie. Il semble le comprendre et me sert fort contre lui alors que nos langues dansent ensemble.

Je l'aime. Tellement. Il fait partie de moi et je mourrais si je devais en être séparée. Ce serait comme m'arracher le cœur ou les poumons. Ce serait m'enlever ce qui me maintient en vie. Pourquoi est-ce que je dois ressentir ça si fort ? C'en est presque douloureux. Mais, en même temps, ça fait du bien. C'est comme respirer après plusieurs minutes d'apnée.

Non, ces métaphores n'ont aucun sens et ne reflètent en rien ce que je ressens vraiment. Parce que ce n'est pas explicable. Ça se vit, voilà tout.

Il s'éloigne de moi alors que son souffle heurté caresse mon visage. Il passe sa main le long de mes joues, de mes lèvres. Comme s'il voulait s'assurer que je suis bien là. Puis, un bâillement m'échappe.

-Dors, m'ordonne-t-il.

-Je n'en ai pas envie, je proteste.

-Je veillerais sur ton sommeil, me souffle-t-il.

Il sort sa dague et la met sous l'oreiller avant de me caler contre lui. Son odeur m'apaise et son étreinte réchauffe mon corps glacé. Je ne tarde pas à partir vers le monde des rêves.

Des cris, des pleurs, du sang.

Je regarde autour de moi. Des corps jonchent le sol, ne laissant presque plus de place pour avancer. Je me sens mal, vraiment mal. On appelle mon nom, une voix vague, lointaine et pourtant si proche. Comme un murmure à mon oreille.

J'avance, encore, toujours. Je ne sais pas où je vais, je me laisse guider. Un corps m'interpelle. Je le reconnais directement.

Je me mets à courir et me stoppe face au corps de Tristan. Je cherche son pouls, un souffle mais rien ne vient.

Il est mort, me souffle la voix.

-Non, je marmonne. Pas ça !

Tu dois choisir. Choisi !

-Ce sera toujours lui ! je crie. Sauvez-le !

Une vie pour une vie.

-Sauvez-le ! je hurle.

Une douleur me sert le ventre et je hurle en me repliant sur moi-même. C'est horrible, j'ai l'impression que l'on m'arrache les entrailles, que l'on me déchire de l'intérieur. Je crie autant que je peux, portant ma main à mon ventre. Quand je la retire, elle est couverte de sang.

Je baisse les yeux vers ma blessure et manque de vomir. Une entaille me traverse le ventre, faisant dépasser un fil rouge. Au bout, un petit corps mort se trouve à la place de Tristan.

Je hurle de toutes mes forces en reculant, paniquée.

Tu as choisi. C'est ta décision.

Je continue de crier, priant pour me réveiller tout en serrant fort les paupières.

Je me réveille en sursaut, le corps en sueur tout en sentant le corps endormi de Tristan contre moi. Sa respiration apaise la panique mais, la nausée est toujours présente. Sentant que je ne pourrais la retenir bien longtemps, je me lève et sors de la tente. Je m'éloigne autant que je le peux avant de remettre ce que la vieille dame m'a forcée à manger.

Je me laisse ensuite à terre, plaçant une main sur mon ventre.

-Tu ne te sens pas bien ?

Je sursaute et me tourne vers la voix féminine. Il faut un instant à mon cerveau pour réaliser qu'il s'agit de Guenièvre qui s'accroupi près de moi.

-Tu n'aurais pas dû sortir, tu dois te reposer ! me reproche-t-elle.

-J'ai fait un cauchemar, j'avoue. C'était horrible. Je doute de pouvoir me rendormir.

-Si le chevalier Tristan se réveille, il n'appréciera pas de te savoir dehors, soupire-t-elle.

-Je sais mais, il me fallait prendre l'air.

-Est-ce que ça été si terrible ? demande-t-elle. De Leur parler je veux dire.

Je frissonne, comprenant de qui elle parle.

-Ils ne sont pas doués pour mettre à l'aise, je plaisante minablement. J'ai eu la peur de ma vie.

Elle me prend la main, un air inquiet et respectueux sur le visage.

-Ce que tu as fait est tout simplement extraordinaire, souffle-t-elle. Tu as fait preuve de force et de courage. Très peu en aurait fait autant.

-J'ai fait ce qui devait être fait, rien de plus. Je suis loin d'être courageuse ou forte. Je me suis effondrée.

-Tu ne te vois pas clairement. Tu étais peut-être comme ça à ton arrivée mais, les épreuves t'ont forgée. Tu n'es plus celle que tu étais lorsque Merlin t'a fait appeler. C'est impossible.

Je soupire en fermant les yeux. C'est certain, je ne suis plus la même qu'avant. Mais, est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mieux au contraire quelqu'un de pire ? Je l'ignore.

-Tu dois vraiment l'aimer, continue Guenièvre. Le chevalier Dagonet.

Si je l'aime ? Il fait partie de moi, presque autant de Tristan. Oui, je l'aime, il a toujours été là et je sais qu'il ne s'en ira jamais. Il est de mon devoir de lui rendre ce qu'il m'a donné.

-Tes amis ont beaucoup de chance, assure Guenièvre. Avoir une personne prête à donner sa vie pour la leur…Très peu ont ce privilège.

-Ils n'ont pas été de cet avis, je grimace.

-Les chevaliers ont eu peur pour toi.

-Tu me tutoies ? je demande soudainement. C'est la première fois.

-J'ai pensé que c'était approprié. Est-ce le cas ?

-Oui, évidemment.

Elle me sourit avant de se relever et de s'en aller. Je me relève à mon tour et rejoins la tente avant le réveil de Tristan. Je m'allonge alors qu'il enroule un bras possessif autour de moi. Je suis toujours surprise qu'il réagisse de cette manière avec moi. Quand un chevalier s'approche pendant son sommeil, il dégaine son poignard. Surtout quand je dors près de lui. Il est si protecteur. J'adore ça, je me sens comme si j'étais unique. Peut-être le suis-je pour lui.

Je me blotti contre lui, le serrant dans mes bras aussi fort que je le peux. Je lui ai fait du mal. Et je ne suis pas sûr de ne pas recommencer. Pourtant, je l'aime.

-Pardonne-moi, je souffle tout en sachant qu'il ne m'entend pas.

Parce que, peu m'importe le prix à payer, ce sera toujours lui. Mon choix se portera toujours sur lui.


Et voilà pour aujourd'hui. J'espère que ça vous a plu. Et que le cauchemar ne vous a pas paru trop...sanglant mdr.

Alors Enora s'est réveillé et semble assez bien se porter mais, il semblerait aussi qu'elle ait subi un ou deux chocs au passage. De quoi s'agit-il exactement ? A-t-elle tout dit à Tristan sur ce qu'elle a vécu pendant son "sommeil" ? Et le cauchemar ? Est-ce une peur ou un message que l'on lui envoie ? Trouvez-vous que les chevaliers ont été trop gentil avec elle ? Et Tristan commencerait-il à guérir de son handicap émotionnel ? De quoi Enora s'excuse-t-elle au juste ?

Je crois que je vais m'arrêter ici pour aujourd'hui ^^ (les questions ne me semblent pas trop bizarre pour ce chapitre xD)

Laissez moi vos reviews pour me dire ce que vous en pensez ;)

Bisous.