Coucou jeunes gens. Et oui, c'est déjà moi xD Avouez, j'ai été super rapide cette fois ! Pourtant, ce chapitre n'a pas été facile du tout. Et j'ai peur de me faire tuer prématurément mdr
Pour ma défense, cette fin a été prévue depuis le début, avant même que je ne l'écrive. Je savais déjà qui allait vivre, qui allait mourir. Je ne suis pas du genre tout est beau dans le meilleur des mondes avec des nuages en barbe à papa et des poney qui font des cacas papillons… Je suis super réaliste et ce genre de fin, même si j'aime en lire de temps en temps, ne sont pas pour moi.
Enfin, plus d'explication à la fin ^^
Je n'ai pas eu le temps de répondre à toute les reviews, je le ferais donc ici.
Avant encore merci à Laulsbm, Gwla10, emichlo, Ailinn, Miki, Abby.
mel : je suis contente que tu aies aimé et que la bataille ait été réussie ^^. Oui, je me doute que la fin n'ai pas plu mdr. Mais, encore une fois, c'est prévu comme ça depuis le début alors bon ^^' Voici la réponse aux questions que tu as pu te poser (ainsi que tout les lecteurs) et j'espère que tu aimeras ;) Merci beaucoup pour ta review.
Rawenal717: Bon, je n'ai pas eu le temps d'accéder à un pc pour te répondre, je le fais donc ici. Déjà, le début de ta review m'a juste trop fait rire. Tes menaces m'ont presque fait peur xD Je comprends ta demande, j'adore Lancelot (si si je te jure). Oui, j'avoue être sadique à mes heures perdues mdr. Sinon, je suis contente que tu aies aimé le chapitre et que la bataille ait plu (elle m'a donnée du fil à retordre). Cédric ne plait décidément pas, je me demande bien pourquoi xD. Oui, ça me semblait naturel que ce soit le feu, l'élément le plus agressif selon moi. Et donc, ça me semblait logique qu'elle le puise dans sa haine.
Oui, elle aurait pu utiliser plus le feu pour les faire mourir lentement mais sûrement. Mais, voilà, en pleine bataille, avec une armée plus nombreuse sur le dos, elle ne pouvait pas se permettre de jouer ce jeu là. Elle devait les tuer rapidement. Si elle avait décidé d'en torturer un, elle aurait pu se faire tuer, trop perdue dans sa concentration (même si ce n'est qu'une seconde). De plus, utiliser ses pouvoirs l'épuisent. Avec une bataille aussi éprouvante physiquement que psychologiquement, elle ne peut pas se permettre de s'évanouir en plein milieu du champ de bataille… Elle l'a donc fait quand elle le pouvait sans risquer d'en abuser, de s'épuiser.
Oui, Enora choisit de sauver Tristan ce qui est assez logique ^^
J'ai mis Cédric ? Oups. Faudra que je corrige ça ^^ Merci de me l'avoir faire remarquer ^^
Oulala, ça a l'air violent chez toi oO mdr Alors merci pour ta review dans ton état ^^
Moon Plume : Ben, tu peux toujours essayer d'entrer dans ton écran mais je ne t'assure pas le résultat, mdr xD J'adore vos réactions, elles me font toujours rire xD Merci pour ta review en tout cas, j'espère que cette suite te plaira.
Bonne lecture à tous ! *Pars faire ses valise pour une contrée lointaine et inconnue de tous*
Le choix.
-Sa vie, dit-il en montrant Tristan. Ou sa vie, finit-il en montrant mon ventre.
Vous avez déjà eu l'impression que le sol se dérobe sous vos pieds ? Vous avancez, prudemment, le sentant se fissurer à chacun de vos pas, vous appréhendez le moment où il cédera tout en espérant arrivez sur la partie stable avant que ça n'arrive. Puis, finalement, il cède et la résignation, le désespoir de voir que vous avez échoué est si lourd qu'il rend la chute plus terrible, plus lente, plus douloureuse.
La situation n'aurait pas pu être pire si on avait mis les deux personnes que j'aime le plus au monde en face de moi en me demandant de choisir lequel allait vivre ou mourir. Le tout en me plaçant en tant que meurtrière de l'un d'eux. Le pire étant que je n'ai pas le choix maintenant que j'ai posé la question.
Si je ne réponds pas, si je ne choisis pas, je payerai toute ma vie mon inaction.
Et pourtant… je les aime, tous les deux. Cet être que je n'ai pas voulu, que j'ai repoussé au plus profond de moi, refusant sa présence. Il m'habite, enfermant une partie de l'homme que j'aime. L'ensemble, le mélange que peut donner Tristan et moi.
Tristan. Celui qui fait que je me tiens debout aujourd'hui. Ma vie, mon âme. Allongé sur un sol rempli de sang dont le sien. Il se meurt et, quelque part, je sais que le choix est fait. Il a été fait le jour où mes yeux ont rencontré les siens. Parce que je suis liée à lui et que je partirai à la seconde où son souffle s'arrêtera.
Est-ce que je peux m'accorder cet acte si égoïste ? Sacrifier la vie d'un être innocent pour mon propre bonheur ? Tristan pourrait-il me pardonner de faire une telle chose ?
Mais, encore une fois, je me fiche qu'il m'en veuille ou non, tant qu'il vit.
J'ouvre les yeux que j'ai fermés sans le remarquer et les plonge dans ceux de Merlin. Je ne l'ai jamais autant haï qu'à cet instant. Tout est de sa faute, tout ce gâchis. Il est le responsable et je regrette presque que ce ne soit pas son sang sur mes mains.
Ma gorge est si sèche, si serré et ma haine m'étouffe avec tellement de force que je crains que les mots ne sortent pas. Pourtant, il claque dans le silence avec une dureté, une détermination en contradiction totale avec ce que je ressens.
-Ce sera toujours lui. Ça a toujours été lui.
-Alors sauve-le, soupire Merlin.
-Comment ?
Mon ancêtre me prend la main et je résiste à l'instinct qui me dicte de reculer. Il la place au-dessus du cœur de Tristan. Ce cœur qui ralentit encore.
-Remets-en-toi aux dieux, me dicte-t-il.
Alors je ferme les yeux, cherchant leurs voix dans ma tête. Ces voix que j'ai refoulées au fond de moi sans qu'elles ne cessent jamais. Je les trouve et mets toute ma détermination dans mon choix.
Elle a choisi. Elle l'a choisi.
Pourquoi le lui infliger ?
C'est ainsi. Une vie pour une vie. L'équilibre doit être respecté.
Elle aura mal.
Elle l'a choisi.
Le noir envahit mon esprit. Je voudrais ouvrir les yeux mais je me rends compte qu'ils sont déjà ouverts. Pourtant, je ne vois rien. Comme dans mon rêve. Enfin, une lumière aveuglante apparaît puis une deuxième. Je plisse les yeux mais n'arrive pas distinguer plus que ces lumières.
-Tu es sûre de toi ?
J'ouvre la bouche, incrédule. La voix est étrange. Ni masculine, ni féminine. Par contre, elle sonne comme la mort, elle fait froid dans le dos.
-Tu sais qu'elle l'est.
Cette voix, elle, est emplie de vie. Je pense même y trouver de la compassion, de la tristesse.
-Demande-le et nous le ferons, reprend la voix funèbre.
-Sauvez-le, je demande d'une voix faible.
-Sauvez qui ?
-Tristan.
Une onde de choc me frappe et j'ouvre les yeux, de nouveau sur le champ de bataille. Je fronce les sourcils en voyant Tristan toujours allongé et Merlin qui me fixe avec curiosité.
Puis, une douleur déchirante me traverse les entrailles, comme un coup violent donné à l'intérieur de moi. Je gémis en tassant sur moi-même. C'est comme s'il se débattait, à l'intérieur de moi. C'est atroce. C'est alors que je vois Tristan bouger, du coin de l'œil. Je tente de me concentrer sur lui alors que les mouvements en moi faiblissent et que la respiration du chevalier s'accélère. La douleur disparaît totalement et, avant que je ne puisse y réfléchir, Tristan papillonne des yeux avant que son regard ne se fixe sur moi.
-Enora, souffle-t-il doucement.
En réponse, un flot de larmes jaillit et des sanglots me secouent toute entière. Je laisse tomber ma tête sur son torse et il passe sa main dans mes cheveux. Il est vivant, il va s'en sortir. Le soulagement est tel qu'il m'empêche de respirer. Le monde extérieur disparaît, ne laissant que ce cœur qui bat à mon oreille et cette respiration que je sens dans mes cheveux.
Un cri nous fait sortir de notre bulle et je me redresse légèrement en cherchant d'où ils proviennent.
-Vous feriez mieux de rejoindre Arthur, conseille Merlin.
Je me lève, aidant Tristan à en faire de même. Je tourne ma tête dans toutes les directions pour retrouver Arthur et les chevaliers, la peur revenant aussi vite qu'elle a disparu. Tristan est en vie mais qu'en est-il du reste des chevaliers ? Ce cri ne présage rien de bon.
Je les repère alors, plus loin. Si certains sont debout, je repère deux personnes à genou et un corps à terre. Ma respiration s'accélère alors que j'approche. Bors me voit, attirant les regards de Gauvain et Galahad sur moi. Dagonet se tourne également dans ma direction. Le soulagement se peint sur leur visage mais également une tristesse sans nom. Ils s'écartent, me laissant voir le chevalier allongé sur le sol, sans vie.
Lancelot.
Arthur parle mais sa voix résonne comme un bourdonnement dans mes oreilles. Ma poitrine se sert douloureusement alors que j'approche. Gauvain et Galahad s'écartent et je me laisse tomber à genou devant la tête de Lancelot. Je la prends doucement, comme de peur de le réveiller avant de la poser sur mes jambes.
Parce qu'il va se réveiller, c'est certain. Il va ouvrir les yeux, partir d'un grand rire et nous lancer une réplique graveleuse comme il en a le secret. Il ne peut pas être… C'est juste impossible. Quelqu'un comme Lancelot ne meurt pas !
Pourtant alors que je reste là, à fixer sa poitrine qui continue de ne pas s'élever, ses yeux qui ne s'ouvrent pas, ce sourire tranquille qui étire ses lèvres,… Il ne se réveille pas, ne rit pas, ne se moque pas. Et je comprends. Il ne reviendra pas. Ce grand frère moqueur qui m'a fait rire dans les pires moments, celui avec qui je pouvais avoir toutes les conversations possible -convenable ou pas-, cet homme avec qui j'ai vécu pendant plus d'un an est mort. Je le sens au fond de moi, comme une partie de moi qui se détacherait. Un lien dans cette vie qui disparaît.
Je pose mon front contre le sien en pleurant. Tout ce stresse, toute cette détresse que j'ai gardée en espérant les maintenir en vie se dévoile. Parce que ça n'a pas servi. Un des miens est mort. Une de mes attaches m'abandonne alors que je n'étais pas prête à la laisser s'envoler. Il n'avait pas le droit de partir ! Je ne lui en ai jamais donné l'autorisation, je ne l'ai jamais permis. Comment remplacer l'image de cet homme fort qui me criait dessus il y a si peu de temps par ce corps mort ? Pourquoi je ne peux pas le sauver, lui ? J'ai beau fermer les yeux, appeler ces dieux avec plus de conviction que jamais, ils restent sourds à mes appels. Les voix se sont tues.
Je ne peux pas le réveiller.
-Pardonne-moi, je murmure entre mes larmes, sachant pourtant qu'il ne m'entend pas. Je t'en supplie, pardonne-moi.
Une main douce me caresse le dos alors que les cheveux de Guenièvre entre dans mon champ de vision troublé. Sa tête se pose sur la mienne qui est toujours sur celle du chevalier.
Puis, quelqu'un m'attrape par les épaules et tente de me relever doucement alors que je résiste, secouant la tête sans pouvoir parler.
-Il ne se réveillera pas, me souffle la voix de Tristan alors sa prise se fait plus ferme et qu'il arrive à me relever.
Je n'oppose plus de résistance, il la tuée en une phrase. Il ne se réveillera pas. Peu importe le temps que je pleurerais sur sa dépouille. Peu importe que je tenterais de garder la chaleur de son corps en le couvrant du mien. Peu importe la force de mes cris à ces dieux. Il ne sera plus jamais là. Et cette constatation me brûle de l'intérieur.
Je ne sais même pas comment j'ai atterri dans mes quartiers. Je reprends conscience de ce qui m'entoure assise sur mon lit, Tristan s'afférant dans la pièce.
Je le regarde faire d'un regard vide alors qu'il se lave la figure et les mains avec de l'eau claire. Je regarde l'eau virer au rose puis au rouge devant la quantité de sang. Pourtant, plus aucune blessure de Tristan ne saigne. En fait, toute les blessures importantes ont disparues, ne laissant que les bénignes.
Il tape ensuite sur la table. Je ne sursaute même pas, relevant un visage vide vers lui. Ses yeux brûlent de fureur et je sais que je devrais ressentir quelque chose mais c'est le vide. Mon esprit semble embrumé, incapable d'ingérer, d'accepter les derniers évènements. Comme si tout n'était qu'un rêve et que j'allais me réveiller d'une minute à l'autre.
-Te rends-tu compte d'à quel point tu m'as fait peur, articule lentement Tristan.
-Je sais, je réponds mécaniquement.
-Tu avais juré que tu reviendrais ! crie-t-il alors que mon regard se fixe sur le miroir et mon visage sale et pourtant vide de tout. REGARDE-MOI !
Je plonge mes yeux dans les siens, cherchant à mettre un sens sur ses paroles. Il est en colère mais, mon esprit n'arrive pas mettre des raisons sur sa colère. Parce que rien n'est réellement arrivé, n'est-ce pas ? C'est juste un cauchemar. Un de ses innombrables cauchemars. Ou une prémonition comme pour la glace. Et je pourrais donc arranger les choses le moment venu, le sauver.
Je me lève sans l'avoir décidé, prenant la direction de la porte sans savoir où je souhaite me rendre.
-Où vas-tu ? s'interpose Tristan avec force. Tu ne vas pas t'enfuir une nouvelle fois Enora ! C'est trop facile.
Je tilt au mot facile. Rien n'a été facile depuis mon arrivée ici. Les choses n'ont fait que se compliquer encore et encore. On ne m'a laissé aucun répit. Est-ce un crime de demander grâce ? De fermer mon esprit à ce qui se passe en ce moment ?
Je le sens me secouer légèrement et je grimace lorsque son geste provoque une douleur en moi, au niveau du ventre. Je fronce les sourcils alors que la douleur se fait plus forte.
J'entends Tristan parler, crier mais, comme avec Arthur, c'est un bourdonnement incessant. Ma respiration s'accélère avant que je ne recule légèrement la main à l'endroit de ma douleur.
Tristan se fige, je sens son regard inquiet sur moi. Je prends appui sur le lit, tremblant de tous mes membres. Les mains de Tristan entre en contact avec mes épaules mais, je me dégage d'un mouvement brusque. La douleur est trop forte, je ne supporte pas qu'il me touche.
-Vanora, je réclame en serrant les dents.
-Enora, proteste-t-il, ne voulant sûrement pas me laisser.
-S'il te plait, je le supplie.
Il se détourne rapidement et sors presque en courant.
Quand Vanora arrive, essoufflée, Tristan sur ces talons, la douleur a cessée. Bors, Dagonet, Gauvain et Galahad suivent de près, inquiet. La main sur le ventre, je lève un regard angoissé à Vanora. Celle-ci fixe mon ventre, ce petit bidon qui ressort seulement et que j'ai réussi à cacher tout ce temps. Ses yeux s'écarquillent et je sais qu'elle l'a vu. Le sang. La rousse plonge ses yeux d'une tristesse infinie dans les miens. Je ferme les yeux en tremblant. Ainsi donc, les dieux ont fait leur boulot jusqu'au bout.
-Je vais vous demander de sortir, articule doucement Vanora alors que les chevaliers, ayant suivi des yeux le même chemin que la rousse sont devenus blême.
-Il est hors de question que…, entame Tristan.
-Crois-moi, tu ne veux pas voir ça, insiste Vanora avec douceur.
Celui-ci me regarde mais, je détourne les yeux. Je veux qu'ils sortent tous, maintenant. Je ne veux plus de leur regard, de leur inactivité alors que l'enfant que je porte est mort. Peu importe combien je suis injuste. Les voir plantés là comme des piquets avec des yeux comme des poissons me donnent juste envie de hurler.
-Allez… allez me chercher Guenièvre, ajoute-t-elle avec hésitation. Je sens que je vais avoir besoin d'aide.
-Il faut faire venir une guérisseuse, intervient Bors avec difficulté.
-Non, Bors, il ne le faut pas, affirme Vanora.
Bors comprend et me lance un regard inquiet. Non, mon ours, un médecin ne peut plus rien à ce stade. L'enfant est mort.
Ils finissent par sortir et, au même moment, alors que la douleur avait cessé, elle reprend, plus forte encore et je me mords la langue pour ne pas crier.
Vanora accourt et m'allonge. Elle me retire le pantalon et je l'aide comme je peux, oubliant toute pudeur. Elle me couvre d'un drap, le relevant juste assez pour passer ses mains. Elle se fige un instant avant de parler.
-Enora, commence-t-elle avec hésitation. Chérie, il va falloir… qu'il sorte.
Je lui lance un regard perdu. Ça ne se fait pas tout seul normalement ? J'ai entendu dire qu'une fausse couche provoquait des douleurs semblables aux règles. Pourtant, la douleur là n'a rien de comparable. Et son regard rempli de souffrance ne me rassure pas. Je sais qu'elle a aidé nombres de femmes à accoucher ici. Elle s'y connait mieux en accouchement que n'importe quelle guérisseuse. Je lui fais donc confiance, elle sait de quoi elle parle.
-Tu…tu vas devoir… accoucher, explique-t-elle avec difficulté, des larmes dans les yeux.
C'est alors que la vérité me frappe et qu'un élan de panique me submerge. Non, pas ça. Tout mais pas donner la vie à un enfant mort. Je ne le supporterais pas ! Ça veut dire qu'il est déjà assez bien formé pour ressembler à un nourrisson. Rien à voir avec le fœtus de deux mois que je m'imaginais.
Je secoue la tête frénétiquement, des larmes de panique coulant le long de mes joues.
Me forcera-t-on à subir tous les tourments ?
-Enora, chérie, écoute-moi, tente de me raisonner Vanora mais, je ne l'écoute pas.
-Je suis venue aussi vite que j'ai pu, rentent la voix de Guenièvre. Arthur est très in… Qu'a-t-elle ? demande-t-elle d'une voix inquiète.
-Elle doit faire sortir le bébé.
Je me plaque les mains sur les oreilles pour ne pas en entendre plus. Qu'ils se taisent ! Je ne veux pas. Je ne l'accepte pas !
Une nouvelle douleur, dont je connais dorénavant la provenance, me frappe à nouveau et je laisse échapper un léger cri.
-Reste près d'elle, ordonne Vanora. Je vais chercher ce qu'il nous faut.
-Que dois-je faire ? demande Guenièvre.
-Á ce stade, juste lui tenir la main et tenter de la rassurer.
Je reprends ma respiration quand la douleur se stoppe. Je me suis recroquevillé sur le côté quand je sens la main de Guenièvre passer dans mes cheveux tendrement.
-Ce n'est pas possible, je souffle. J'ai à peine pris du ventre. Comment est-ce que ça peut en être à ce stade?
-Il parait que ça arrive…parfois, souffle Guenièvre. Une amie ne s'en est rendue compte que le jour de son accouchement.
Mais, elle donné vie à enfant vivant, elle. Moi, il est mort, je l'ai tué.
La douleur me reprend, encore plus forte et un cri mélangé à un pleur m'échappe. C'est insupportable.
Vanora revient avec des tissus, de l'eau. La douleur revient, encore et encore tout devenant plus intense à chaque fois. Guenièvre se contente de me serrer la main tout en épongeant mon front couvert de sueur.
-Enora, il faut que tu pousses, supplie presque Vanora.
J'ai l'impression de souffrir depuis une éternité. Vanora semble épuisée ce qui confirme qu'un bon moment est passé. Pourtant, quelque chose bloque. Je ne peux me résoudre à pousser comme me l'a demandé Vanora. Comme si, une part de moi, ne voulait pas laisser échapper cet enfant, comme si elle voulait le garder encore jusqu'au dernier moment, jusqu'à ne plus avoir le choix.
Vanora semble désespérée, rongée d'inquiétude.
-Que se passe-t-il ? interroge Guenièvre. Pourquoi cela prend-t-il autant de temps ?
-Elle refuse de le laisser sortir, réplique Vanora avec angoisse. Je ne sais plus quoi faire.
Je les écoute de loin, plongée dans ma douleur et ce combat que mène à l'intérieur de moi. Je sais que je dois le laisser partir mais ça me terrifie.
Puis, une souffrance insoutenable m'envahit et je me redresse en criant, les mains crispées sur le ventre.
-Enora, tu dois pousser, tente de me raisonner la rousse alors que je me laisse tombée en arrière essoufflée.
-Je n'y arrive pas, j'avoue finalement d'une voix cassée.
-Pense à Tristan, ordonne Guenièvre. Tu as fait tout ça pour lui. Ce serait stupide de t'arrêter maintenant.
Comme en écho à ses paroles, on tambourine à la porte et la voix du chevalier retend.
-Pourquoi ça prend autant de temps ? hurle-t-il. Laissez-moi entrer !
-Tristan tu n'arrangeras rien, fait la voix de Gauvain.
Pourtant, sa voix me réveille. Mon corps est au bord de l'épuisement et je sais que je dois le faire. Je dois pousser, je dois le laisser sortir.
Je prends alors une grande inspiration et pousse aussi fort que je le peux alors que la douleur me transperce. Un léger cri m'échappe mais, je me contrôle, tentant de ne pas angoisser Tristan encore plus qu'il ne semble l'être.
Vanora laisse échapper un soupire de soulagement, remerciant je ne sais qui. Guenièvre me presse la main en signe d'encouragement.
Et c'est avec l'image de Tristan en tête que je fais sortir cette enfant. Chaque fois que je pousse, la douleur physique diminue alors que celle psychologique, plus sournoise, gagne du terrain.
-Un dernier effort et ce sera fini, m'assure Vanora.
Alors je le fais. Sanglotant alors que je donne ce dernier effort qui m'arrache définitivement cette part de moi, de nous. Je me laisse tomber sur le lit, reprenant ma respiration alors qu'un silence glacial assourdit la pièce.
Pas de pleurs, pas de murmure enthousiaste disant qu'il est mignon. Juste un silence douloureux pour accompagner celui de mon enfant.
-Un…un garçon, dit finalement Vanora après plusieurs minutes douloureuses.
-Donne-le-moi, j'exige.
-Tu dois te reposer, rétorque Guenièvre avec hésitation.
-Donne. Le. Moi, j'ordonne à Vanora.
Elle l'a déjà couvert d'une couverture blanche, le couvrant comme on le ferait avec un nouveau né pour qu'il n'ait pas froid. Je ne vois d'abord que son visage. Petit, minuscule. J'écarte ensuite la couverture. Son corps est sale, gardant les traces de son passage en moi. Ce blanc rosé. Il est si petit. Je ne sais pas si je suis objective mais je le trouve minuscule. Et magnifique. Mon fils.
Je lui caresse le nez, la bouche. Je regarde ma main, petite par rapport à la moyenne, prendre tout son visage et une partie de son corps. Si fragile. Et mort.
Je sens le regard des deux femmes sur moi. Ça me rebute. Je ne veux que personne ne me voie dans cet état, que personne ne voit cette souffrance. Elle m'appartient et je me dois de l'endurer seule.
-Dehors, je murmure d'une voix faible sans les regarder.
-En…
-DEHORS, je hurle sans prêter attention à qui à parler. Je ne veux voir personne.
Je les entends partir, fermant derrière elle la porte alors que les questions leur tombent dessus.
Je reste ainsi un instant, à regarder mon fils dans mes bras. Son expression est paisible, il semble dormir. Sur son ventre, je vois le reste du cordon ombilical qui ressort. Je n'ai même pas prêté attention à Vanora qui a dû le couper. Le séparer définitivement de moi.
Je ferme les yeux fermement pour ne pas pleurer. Je me lève ensuite, chancelante. Je manque de tomber mais, me retient rapidement tout en protégeant le corps de l'enfant contre moi.
L'enfant toujours à bras, je me rafraîchis rapidement d'une main, ne sentant pas le froid mordant de l'eau.
Je mets ensuite de l'eau à chauffer sur le feu de la chambre. Tant que l'eau chauffe, je berce mon fils sans le quitter du regard. Je verse ensuite l'eau bouillante dans un petit bac, la refroidissant.
Alors, seulement, je plonge l'enfant dans l'eau pour le nettoyer. Plus les saletés disparaissent, le révélant, plus sa beauté m'émerveille. Il est parfait. Je passe de l'eau sur sa tête chauve, masse son petit corps avec du savon. Quand il est rincé, je le sors et l'enroule dans une serviette, l'essuyant avant de le remettre dans sa couverture.
Alors je retourne dans le lit, retirant les draps souillés avant de m'allonger. Je nous couvre tous les deux, laissant sa petite tête dépassé et me colle à lui. Je ne le quitte pas du regard, j'en suis incapable.
Je n'ai jamais osé l'imaginer, je ne me suis jamais demander à quoi il aurait pu ressembler. Et là, maintenant que le choix est fait, que l'acte douloureux est passé, des images m'emplissent la tête. Je le vois grandir, avec les yeux sombres de son père, ses cheveux noirs. Je le vois courir dans l'herbe haute en riant. Faire des centaines de bêtises et se faire réprimander avec une moue à faire craquer le diable. Je le vois sauter dans mes bras après une journée de séparation.
Enfermé dans ma bulle, absente du monde extérieur, je me prends à imaginer ce ma vie aurait été. Ce à quoi elle aurait ressemblé si j'avais pu garder Tristan et notre enfant.
Pov Externe.
Tristan reste inerte pendant les explications de Vanora. La première phrase à confirmer ses craintes, il n'a pas besoin d'en entendre les détails. Il a envie de foncer dans la chambre pour voir comment va Enora mais, sans même que Vanora le dise, il sait qu'il ne le doit pas, que la blonde ne veut de personne auprès d'elle. Parce qu'elle est comme ça, il la connait.
De plus, quelque chose le retient sans qu'il ne sache quoi. Peut-être qu'il a peur. Pour la première fois depuis bien longtemps, il se sent terrorisé pour lui. Il a peur d'entrer de se trouver face à la mort. La mort de son enfant. Il a peur de faire face à la peine d'Enora.
Le chevalier se revoit la secouer et l'engueuler sans remarquer qu'elle blêmissait à vue d'œil. Peut-être même que c'est lui, le déclencheur. Pourtant, quelque chose lui dit que ça va plus loin que ça, qu'il n'a pas toute les informations alors qu'il est intimement lié à ce qui s'est passé. Tristan aurait dû mourir, il le sait. Sa blessure était fatale et pourtant, il a remarqué qu'il ne restait rien, qu'elle semblait déjà guérir.
Guenièvre le fixe intensément et lui fait signe de la suivre. Il s'exécute et une fois dehors, elle s'arrête à une distance respectable de lui.
-Tu sais ce qui s'est passé, dit-il.
Ce n'est pas une question mais une affirmation. Elle hoche la tête.
-Elle ne t'aurait jamais laissé partir, explique-t-elle. Malheureusement, il y avait un prix à payer. Alors elle l'a fait. Pour ne pas te perdre.
Tristan secoue la tête. Il n'en est pas surpris. Peu importe combien son acte pourrait paraître abominable aux autres, il le comprend. Il aurait fait pareil pour elle. Il s'en veut juste de lui avoir hurlé dessus alors qu'il aurait dû la soutenir. Pas étonnant qu'elle l'ait mis à la porte.
Et le chevalier lui en est reconnaissant. Il ne sait pas s'il aurait pu affronter ça avec elle.
-Tu savais qu'elle attendait un enfant, souffle Guenièvre et il sait que ce n'est pas une question.
S'il le savait ? Il connait le corps de cette femme par cœur. Il connait chaque courbe, chaque cicatrice, chaque grain de beauté. Il sait que sa tache de naissance se trouve juste derrière son genou gauche et qu'elle a la forme d'une demi-lune. Alors, il la sentit. Son ventre prenant de l'ampleur. Là où certain aurait pris ça pour une prise de poids, il a compris. Surtout cette nuit où, la main sur son ventre, il a sentit quelque chose remuer en elle.
Alors oui, Tristan savait. Tout comme il savait qu'il ne pouvait rien faire pour la faire changer d'avis. Le chevalier savait qu'elle irait jusqu'au bout de ce qu'elle avait décidé sans faire attention à elle comme il a tant de fois voulu lui demander.
Parce qu'il la connait. Il a gouté à chacune de ses larmes, chacun de ses rires. Il a été présent lors de ses peines et ses joies. Il a compris sa souffrance et a toujours été conscient qu'elle guidait ses choix. Il sait tout d'elle, même le fait qu'elle continue de pleurer cette famille qu'elle a abandonné pour lui, pour eux. Tout ses choix ont été guidés par la protection des chevaliers, il le sait. C'est comme ça qu'elle est. C'est comme ça qu'il l'aime.
Tristan n'a pu que la regarder foncer dans les situations dangereuses en restant en arrière pour limiter les dégâts. Le chevalier ne l'aurait jamais pu la faire changer d'avis. La seule fois où il a essayé, trop angoissé pour la blonde et l'enfant, celle-ci a menti.
Enora lui aura tout donné. Et qu'a-t-il fait en retour ?
Et cet enfant… il n'a même pas pu voir ce à quoi il ressemblait. Pourtant, même s'il en a peur, il a besoin de le voir. De réaliser qu'il n'est plus.
Alors, il fait demi-tour. Arrivée devant la porte, les chevaliers sont toujours là avec Vanora. Celle-ci est en pleur dans les bras de Bors. Ils tous un air triste. Tristan ne leur prête pas attention et entre sans frapper sous les faibles protestations de Vanora.
Le chevalier la voit directement. Allongé sur le lit, elle sert quelque chose dans ses bras et Tristan comprend que c'est l'enfant. Enora ne réalise même pas sa présence. Elle ne se tourne pas, ses yeux fixés sur l'enfant.
Tristan s'approche du lit, s'asseyant doucement sans aucune réaction de la jeune femme. Il s'allonge alors avant de passer se bras autour d'elle. La blonde ne réagit toujours pas, complètement amorphe. Le chevalier regarde par-dessus son épaule, ses yeux fixant pour la première fois son fils. Leur fils.
-Je l'ai tué.
La voix de la jeune femme, faible et vide d'émotion retend dans le silence.
-Enora, commence Tristan mais, elle ne le laisse pas poursuivre.
-Je l'ai senti se tordre en moi, se débattre, explique-t-elle. Comme s'il étouffait. Il a dû souffrir. Si au moins il n'avait pas eu mal.
-Je doute que tu te sentirais mieux, murmure Tristan.
Elle secoue la tête et retombe dans le silence. Au bout d'un long moment, il la sent se détendre alors que sa respiration se calme. Tristan sait alors qu'elle s'est enfin endormie. Le chevalier regarde donc l'enfant plus attentivement. Sa peau est pâle, translucide. Le bébé est minuscule et, pourtant, c'est la plus belle chose après Enora que Tristan n'ait jamais vu. Il n'a jamais eu la fibre paternelle, n'a jamais souhaité d'enfant, ne se sentant pas à la hauteur d'une telle tâche. Pourtant, en regardant l'enfant de plus près, il se met à regretter qu'il n'ait pas survécu.
Tristan voudrait retirer cette peine à Enora, la prendre pour lui. Il ne veut plus la voir avoir mal. Mais, il sait qu'elle doit surmonter ça d'elle-même, quand bien même sera-t-il à ses côtés.
Pov Entora
Je me regarde une nouvelle fois. Vêtue de noir, un voile de la même couleur sur mon visage. J'ai vu le regard incrédule des femmes qui m'ont apportés ces vêtements. Ainsi que celui de Vanora quand je le lui ai demandé.
Mais, si aujourd'hui je dois enterrer mon enfant et un ami perdu, je le ferais avec les traditions. C'est-à-dire en noir.
-Enora ? M'appelle Tristan. C'est l'heure.
Je hoche la tête sans parler. J'ai à peine ouvert la bouche depuis que Tristan m'a rejoint dans le lit pour tenter de prendre une partie de ma souffrance. Il n'y a rien à dire. Quels mots peuvent être prononcés quand une mère enterre un enfant qu'elle n'a pas eu la chance de connaître ? Aucun.
Je prends mon fils dans mes bras, ne l'ayant toujours pas quitté. Vanora m'a apporté des vêtements qu'elle a rétrécis à la hâte pour l'habiller. Je suppose qu'il faudrait que j'aille la remercier.
Je rejoins Tristan dehors et nous marchons tous les deux en silence jusqu'à la colline où nous attendent les autres.
Quand nous arrivons, tous les regards convergent vers nous. Je sens leurs yeux me sonder, comme pour réagir rapidement si je m'effondre. On me cède le passage alors que des murmures se font entendre de tous les côtés. Je n'écoute rien, ne regarde rien. La seule chose qui attire mon attention c'est le trou. Un corps y est déposé, enrouler dans un drap alors qu'on le recouvre de branchage. À ses côtés, un trou, beaucoup plus petit, a été préparé.
Vanora approche avec un drap. Le même que pour Lancelot mais, en plus petit. Toujours plus petit.
Avant de le prendre, j'enlève mon collier. Celui de mon époque. Ce collier auquel je me suis raccrochée pour ne pas oublier les miens. Je le passe au cou de l'enfant. Il est beaucoup trop grand mais, peu importe. Au moins, où qu'il aille, où qu'il soit, il l'aura.
J'enroule le corps de mon enfant avec l'aide de Tristan, mes mains tremblant trop fort. Arthur, que je n'ai pas vu depuis la bataille, se poste devant moi. Le regard grave, il me presse l'épaule avant de s'écarter. Je m'accroupis devant le trou avant de me tétaniser. Brûler. On va le brûler et il ne restera rien de cet enfant. Que des cendres jetées au vent. Des cendres que j'ai peut-être respirées à mon époque. Des cendres qui traverseront le temps alors que je vivrais avec des regrets empoisonnants.
J'ai voulu blâmer Tristan pendant un instant. Une voix insidieuse me murmurant que s'il avait su rester loin du champ de bataille comme je l'avais suggéré, notre fils vivrait toujours. Mais, la lucidité à vite repris son cours. Rien ne dit que nous aurions gagné sans les chevaliers, nous aurions peut-être tous été massacré. Lancelot a sauvé Guenièvre qui m'a sauvé. Et, même si maintenant il est mort, je sais qu'il ne regrette rien. J'ai vu la façon dont il regardait la picte. Un regard non partagé car elle porte le même à Arthur.
Une main me presse l'épaule et je reviens à moi. Alors, prenant mon courage à deux mains, je dépose mon enfant dans le trou avant de placer les branchages moi-même. Tristan m'aide, toujours là mais silencieux. C'est ce que j'aime chez lui. Il ne s'embarrasse pas de paroles inutiles.
Je m'éloigne alors, prenant place près des chevaliers qui se rapprochent de moi comme pour m'apporter la chaleur qui me manque. Galahad tend une torche à Arthur et je frissonne en sentant ma gorge se serrer. Je remercie le voile qui cache aux autres les larmes que je ne peux empêcher de laisser couler alors qu'Arthur met le feu aux branchages de Lancelot et, ensuite, à ceux de mon fils.
Les flammes prennent de l'ampleur à une vitesse affolante sans que je n'y sois pour rien. Les pleurs du bébé de Bors, plus loin m'arrachent le cœur, me déchirant de l'intérieur. Ce sont les pleurs que mon fils ne poussera jamais.
Je sens Tristan me prendre la main et, l'espace d'une seconde, je sens sa propre souffrance.
Je ne sais combien de temps je reste là, à regarder les flammes dévorer les corps d'un homme fort et bon et d'un enfant innocent.
Je sais juste qu'après un moment, c'est fini. Je ne saurais même pas dire comment. Tout est flou, j'ai encore du mal à réaliser ce qui s'est passé ces derniers jours.
Je rentre dans ma chambre, seul. Je n'ai envie de voir personne. Je retire le voile en soupirant avant de m'assoir sur le bord du lit et de fixer le vide.
Et maintenant ?
Depuis que je suis arrivée ici, j'ai eu un objectif à atteindre. Il y avait les entraînements, les missions, les batailles. Et là, tout est fini, c'est vraiment terminé. Je n'ai plus rien à faire si ce n'est regarder le désastre que les batailles ont causées. Et c'est douloureux. Parce que je n'ai jamais eu autant besoin de bouger que maintenant.
La porte s'ouvre et je suis surprise d'y trouver Guenièvre.
-J'ai frappé mais tu ne répondais pas, explique-t-elle en s'asseyant à côté de moi.
-Je réfléchissais à ce que j'allais faire maintenant, j'avoue.
Elle me regarde longuement avant de soupirer.
-Lancelot avait raison, souffle-t-elle. Tu restes ancrée dans le passé. Il y a toujours quelque chose qui…te retient. Il y a eu ta famille, ce que tu as vécu chez les saxons. Et maintenant les morts.
-Lancelot t'as parlé de moi ? Je demande en haussant les sourcils, incrédule.
-Il t'appréciait beaucoup, sourit-elle. Et il avait peur pour toi.
-Il aurait dû avoir peur pour lui, je fais remarquer avec amertume.
-Quand…je suis arrivée près de lui, commence-t-elle avec hésitation, il était toujours… Il m'a dit de te dire quelque chose.
Je me tourne vers avec curiosité vers elle.
-Il a dit que tu ne devais pas pleurer, dit-elle. Que tu devais avancer. Il a dit… qu'un jour, il reviendrait. Et il t'a donné ça.
Elle me met dans les mains la petite sculpture que Lancelot portait autour du coup en permanence. Je me souviens de cette conversation comme si c'était hier. Alors que je me moquais de lui en prétendant qu'une femme le lui avait offert, il m'a dit que c'était sa sœur. Je ne me suis jamais autant sentie liée à lui qu'à cet instant. Parce que nous partagions le même fardeau. Emmené loin de nôtres sans notre accord et rêvant de les retrouver.
Alors que j'ai donné mon pendentif à mon fils pour qu'il l'emmène avec lui, Lancelot m'a choisie pour garder ce cadeau, cet attachement qu'il gardait avec les siens. Je ne réfléchis pas, je ne me demande pas pourquoi. Je l'accepte simplement.
Alors que Guenièvre se lève pour sortir, les larmes regagnent mes yeux et je sers les paupières pour les retenir.
« Il a dit que tu ne devais pas pleurer ».
Je me redresse d'un coup, regardant autour de moi. Mon regard tombe sur cette petite table. Une table réservée à ma famille et mes amis. J'y ai entreposé mes dessins, devenus de plus en plus nombreux avec le temps. Il y aussi des statuettes que j'ai demandé à Tristan -je me souviens qu'il n'a pas apprécié faire celle de Julian. Et il y a aussi tous les objets trouvés à cette époque me ramenant à eux. Comme le bougeoir identique à celui qu'Évangeline gardait dans sa chambre et que nous avions acheté lors de vacances passées ensemble.
« Que tu devais aller de l'avant »
Je fonce vers elle, la respiration rapide. Je prends d'abord les dessins et les mets dans la corbeille au sol. Je prends les statuettes, m'attardant sur celles de mes parents. Je les mets dans la corbeille également. Viens ensuite les objets que je balance d'un geste de la main. Je vais arracher le premier dessin que j'ai fait à mon arrivée ici, au dessus de mon lit et le jette également.
Quand tout est mis, je prends la corbeille -qui pèse son poids- et sors par la porte encore ouverte. Je ne prête pas attention aux chevaliers, à Vanora ou Guenièvre qui ont dû assister à toute la scène sans que je ne m'en rende compte. Je prends une torche en avançant et sors.
Je marche jusqu'à l'orée de la forêt et jette le tout à terre. Je regarde les objets illuminés par la torche. Je ne veux plus m'accrocher au passé. Je veux vivre. Maintenant que tout est fini, j'ai enfin la chance de pouvoir commencer une nouvelle vie. Oui, ce sera dur. Oui, j'aurais mal. Mais, ce sont mes choix qui m'ont guidée jusqu'ici. Je les ai faits en toute connaissance de causes. Me lamenter ne fera pas revenir les morts. Je serais juste malheureuse, stagnant au même point jusqu'à ma mort et entraînant Tristan avec moi.
Au fond, Lancelot a vu ce que beaucoup n'ont fait qu'apercevoir. Il me connaissait mieux que je me connais moi-même. Peut-être était-il celui qui me connaissait le mieux.
Oui, il est temps d'avancer, de ne plus se tourner vers un passé révolu qui ne peut changer.
Alors, je lâche la torche, enflammant le tout, le réduisant à néant.
Je sens la présence des chevaliers s'approcher alors qu'ils m'encadrent. Tristan me prend la main alors que Dagonet prend l'autre. Arthur passe une main dans mes cheveux alors que deux autres mains se posent sur mes épaules. Gauvain et Gal.
Je ne me suis jamais autant sentie entourée que maintenant. Les nuages noirs se dissipent légèrement, laissant entrevoir un raillons de soleil timide qui me promet de devenir plus franc et plus grand avec le temps.
Les chevaliers finissent par partir, me laissant seul avec Tristan qui ne m'a toujours pas lâché la main, ce dont je ne me plains pas. Nous restons un moment à regarder les flammes s'éteindre, ayant consumées tout ce qu'il y avait à consumer.
-Tu m'as choisi moi, commence Tristan. Tu as choisi de me sauver, de me préférer. Pourquoi ?
Je me tourne vers lui, plongeant mes yeux dans les siens. Et je sais que je suis là où je dois être, que j'ai pris les bonnes décisions et que je devrais être fière d'en ressortir vivante. Que je devrais être heureuse d'avoir sauvé la personne la plus importante pour moi. Je sais que je finirai par me relever. Le temps fera son œuvre, atténuant la douleur des morts. Tristan a toujours agi comme un baume cicatrisant sur mes blessures à vif. Et il est toujours là pour panser mes plaies, me rendant plus forte que jamais. Alors, oui, tout ira bien.
Je reviens à la réalité en lui souriant doucement. Je place une main sur sa joue et attire son visage au mien, posant son front contre le mien. Et les mots sortent enfin, libérateur et présage d'un avenir meilleur :
-Parce que je t'aime.
Je plaide coupable, j'ai tué Lancelot. Et j'ai fait vivre une horreur à Enora. Mais bon voilà, c'est une fin comme je les aime. Un Happy End réaliste. Je ne suis pas trop fleur bleu, c'est pas de ma faute mdr. Et puis, Enora finit par dire les trois petits mots, c'est pas beau ça :p
Sans oublier que, pour les fans de Lancelot (Oui, ne me tue pas encore Rawenal717, j'ai quelque chose à ajouter qui devrait te satisfaire), j'ai une autre fin dont le prologue devrait vous plaire. Cette fin sera vraiment basée sur la citation que j'ai utilisée pour cette fic « Il est des êtres dont c'est le destin de se rencontrer. Où qu'ils soient, où qu'ils aillent. Un jour, ils se rencontrent ». Donc, voilà, si cette fin ne vous plait pas, peut-être que l'autre vous plaira plus ^^
Bon sang, je n'arrive vraiment pas à croire que c'est la fin. Je n'ai plus qu'à écrire l'autre fin + le prologue et c'est terminé ! Un travail de deux ans tout de même…C'est pourquoi j'en profite pour dire un grand merci à tous ceux qui suivent cette fic et m'ont permis d'avancer dans cette histoire grâce à leur review. Elles m'ont motivées quand je n'avais plus d'inspiration !
Je vais arrêter là parce que j'ai l'impression de beaucoup blablater aujourd'hui xD
Laissez moi plein de review surtout ^^ J'ai vraiment envie de savoir ce que vous en avez pensé. ^^
Bisous.
