Toujours en vie pour le poster (oui je sais ça compte pas puisque vous n'avez pas eu le temps de lire le chapitre avant celui-ci ^^).

Alors que dire, si ce n'est que c'est vraiment étrange d'en arriver là. L'épilogue, le mot de fin, le dernier chapitre qui clos cette histoire. Oh, j'ai bien envisager une suite à cette épilogue, me disant que ça pourrait être marrant mais… j'ai déjà bien embêter Enora comme ça, vous ne croyez pas ? Alors je ne pense pas que je le ferais ^^

Je vous laisse le lire, on se retrouve en bas ;)

Épilogue.

Recommencement.

La chaleur m'envahit, alors que j'avais si froid il y a quelques secondes à peine. J'ouvre les yeux pour retomber sur cette noirceur éclairée par les deux lumières.

-Tu as fait le bon choix, assure la voix douce et je souris légèrement. Tu as tant sacrifié et tu es si jeune… J'ai décidé de te faire un cadeau.

Mes yeux s'écarquillent alors que je réfléchis à ce que ça pourrait être.

-Je peux te renvoyer chez toi. Près de ta famille, tes amis. Tu pourrais recommencer ta vie d'avant…

-Mais ? j'interroge.

Car si j'ai appris quelque chose au sujet de ces dieux, c'est que rien n'est jamais gratuit. Il y a toujours un prix à payer. Il y a toujours une chose à donner en retour. Alors, même si cette voix prétend qu'il s'agit d'un cadeau, je sais que je devrais céder quelque chose si je l'accepte.

C'est la voix qui ne s'est pas encore élevée qui retend et je n'en suis pas étonnée. Elle a toujours semblée être celle qui donnait les conditions.

-Tu devras nous donner une chose t'appartenant. Tes souvenirs. Si tu retournes chez toi, tu n'auras nul souvenir de ta vie passé ici. Ce sera comme si tu n'étais jamais partie.

Je fronce les sourcils, indécise. Ne plus me souvenir des chevaliers ? De Tristan ? Ne plus me souvenir de ce que j'ai vécu avec eux ? De ce qui fait que je suis cette personne aujourd'hui ? Remonter un an en arrière en somme… Plus de souvenir douloureux mais plus de souvenir heureux. Moi qui le suis raccrochée à ces derniers pour continuer de me battre. Et plus de souvenir de ma fille.

-Tu ne le regretteras pas, assure la première voix. Je sais que je t'en demande beaucoup mais fais-moi confiance au moins sur ce point.

Et bizarrement, je la crois. Comme si elle me promettait une vie meilleure. La certitude que je ferais le bon choix en acceptant m'envahit. Et la joie de revoir ma famille, mes amis se fait écrasante.

Oui, c'est un choix égoïste en quelque sorte mais, l'absence de souvenir peut être une bénédiction dans mon cas. Si je le pouvais, j'aurais volé les souvenirs de Tristan pour qu'il ne souffre pas mais, ce n'est pas dans mes cordes.

-Est-ce qu'il ira bien ? je demande avec hésitation.

-Je ne peux te mentir. Il ne se remettra jamais totalement mais, il attendra le moment.

-Quel moment ? je souffle avec curiosité.

-Cela, je ne peux te le dire.

Je lève les yeux au ciel, pas surprise par cette réponse -elle doit avoir un lien de parenté avec Merlin. Puis, j'acquiesce, acceptant le marché proposé. Je n'ai pas le temps d'ajouter quoique ce soit que je me sens sombrer. Comme si le sommeil m'enveloppait.

La dernière image qui m'accompagne est celle des chevaliers, Tristan en première ligne.


-Enora ! Enora allez réveille-toi ! Je te jure que si tu t'es ouverte les veines, je fais demi tour ! Je déteste le sang tu le sais !

Je grogne en enfonçant mon visage dans mon coussin. Je me réveille lentement, une migraine atroce me vrillant le crâne. Je ne me souviens pourtant pas avoir bu, hier. D'ailleurs, que c'est-il hier ? Les souvenirs sont flous et ont du mal à revenir.

-Bon, tu as gagné, j'entre ! Mais j'espère vraiment que tu as utilisé des somnifères.

Ma porte s'ouvre et je me redresse en sursautant, prenant conscience de ce qui m'entoure.

Bizarrement, ma chambre -celle que j'occupe depuis ma naissance- ne me semble pas familière et me réveiller ici me donne une impression étrange que je n'arrive pas à définir.

Puis, une tête rousse me saute dessus et je retombe sur mon lit.

-Tu vas bien !

Je regarde la personne face à moi et reconnais Sarah. Le même sentiment, celui de ne pas avoir vécu ce genre de scène dans cet environnement depuis bien longtemps, m'étreint et je sers Sarah contre moi à mon tour.

-Comment vas-tu ? demande-t-elle en s'éloignant et je la vois vraiment inquiète.

-Bien, pourquoi ? je réplique avec étonnement.

-Julian nous a expliqué ce qui s'est passé, déballe-t-elle à toute vitesse. On a essayé de t'appeler hier mais, tu ne répondais pas. Et tes parents m'ont dit que tu n'étais pas sortie de ta chambre depuis hier ! J'ai vraiment cru que t'avais un truc stupide.

-Ce qu'il s'est passé ? je répète sans comprendre.

-Enora, commence Sarah avec inquiétude. Tu te souviens de la discussion que tu as eue avec Julian hier, au moins ?

Je fronce les sourcils avec concentration. Oui, je m'en souviens. Il m'a quitté en prétextant d'abord l'université et puis, en mettant en avant que nos sentiments n'étaient pas ce que nous pensions qu'ils étaient. Pourtant ce souvenir me semble loin, comme si le temps avait effacé les détails. Et je ne me sens pas aussi triste, ni aussi furieuse que je devrais l'être.

-Eno ?

-Oui, désolée, je me reprends en lui souriant. Évidement que je m'en souviens.

-Tu…ne sembles pas aussi touché que ce que je pensais, fait-elle remarquer avec surprise.

-Je crois… que Julian avait raison et qu'il a fait ce qu'il fallait, j'explique, prenant conscience de la véracité de ces paroles en les énonçant.

Parce que, oui, au fond, j'ai le sentiment que Julian a fait le meilleur des choix et je ne lui en veux pas.

-Et bien, moi qui croyais qu'on allait devoir empêcher un meurtre, raille Sarah. Heureuse de voir que tu le prends aussi bien. Allons déjeuner dans ce cas !

Elle me tire avec elle et je la suis mécaniquement. Je me fige un instant en passant devant la glace. Je porte ma nuisette Hello Kitty. Celle que j'adore. Pourtant, elle m'emplit d'un sentiment de rage. Je me sens mal à l'aise dedans, comme si elle recelait de mauvais souvenir. C'est une idée saugrenue, stupide mais… elle persiste.

-Je vais me changer, j'annonce à Sarah qui m'attend devant la porte.

Elle acquiesce et je me change rapidement, enfilant un jeans simple et un pull fin. Quand mon amie me voit, elle hausse un sourcil mais n'ajoute rien. Nous descendons alors.

Quand je vois mes parents, mon cœur manque un battement et j'ai envie de leur sauter dans les bras en leur disant combien ils m'ont manqué. Je fronce les sourcils, pas certaine de ce que ça signifie. Je veux dire, je les ai vus hier. De plus, la séparation la plus longue que nous avons eu à affronter était lors d'un voyage scolaire.

Je ne prête pas attention à ce sentiment et embrasse mes parents, m'attardant une seconde de plus sans pouvoir m'en empêcher et je m'assieds pour manger. Le silence est pesant à table, je sens leur regard sur moi, attendant que je craque et ne fonde en larme alors que de mon côté, me retrouver à cette table avec ces personnes me donne l'impression que quelque chose cloche.

-Je vais bien, j'assure en relevant la tête vers eux.

Ils se détournent pour faire semblant de rien mais, j'ai vu la grimace septique de ma mère.

-Je vous le jure ! Je vais parfaitement bien, j'insiste.

-Je ne devrais tuer personne alors ? demande mon père avec incertitude.

-Non ! Et je ne vais pas m'effondrer sans crier gare alors… juste, arrêtez de me fixer de cette façon, ça fait peur !

L'ambiance se détend nettement…de leur côté. Du mien, l'impression que je ne devrais pas être là, que je ne suis pas à ma place.


Trois jours passent sans que je n'aie vu personne d'autres que Sarah. Un côté de moi a envie de revoir mes amis mais, l'autre côté a peur. De quoi ? Je ne sais pas. J'aime me dire que c'est le contrecoup de la rupture et que tout ira bien par la suite. Qu'il me faut du temps.

Pourtant, trois jours sont passés, annonçant les résultats des examens de fin d'année. Et la confrontation avec le reste du groupe. Je ne sais pas ce qui me stresse autant et je réalise que ça n'a rien à voir avec Julian. Je ne sais pas ce qui cloche chez moi mais il y a quelque chose.

Je me gare devant l'école avec précaution. Même conduire m'a paru étrange, comme si je n'avais plus eu à le faire depuis une éternité. Le plus étrange étant que l'image d'un cheval m'est apparue en montant dans le véhicule.

Je sors remarquant que la cour est déjà remplie de monde. Aujourd'hui, nous sommes affichés. Pas de résultat détaillé, juste l'information disant si nous somme recalés ou si nous passons. Ensuite, nous pouvons aller chercher l'enveloppe avec nos résultats.

Je me rends directement vers le tableau d'affichage sans chercher qui que ce soit. Je trouve rapidement mon nom et je fronce les sourcils de mécontentement.

Néant.

Ce qui veut dire ? Il y la colonne échec, celle avec les examens de repassage et celle néant ! Le mot n'a rien de rassurant. La logique voudrait que je passe mais, le terme employé me laisse dans le doute.

Décidant qu'il n'y a qu'un seul moyen de savoir, je me dirige vers le bureau où nous sont remis l'enveloppe des résultats. Il y a peu de personne et c'est rapidement mon tour. J'arrache littéralement la lettre à la personne face à moi et pars, la laissant avec son air outré. J'ouvre l'enveloppe et soupire de soulagement à la lecture de mes notes.

Je passe ! Le terme néant étant sûrement une jolie manière de sous-entendre qu'on n'a rien à nous reprocher. Jolie manière de nous mettre la pression surtout !

-Enora !

Je me tourne au moment où Sarah me tombe dessus, rouge de colère.

-On avait pourtant dit que nous allions chercher nos résultats ensemble ! rappelle-t-elle.

Le souvenir de cette promesse m'apparaît et je grimace.

-Désolée, je m'excuse. Je voulais attendre mais ils ont employés le terme néant pour réussite. Ces deux mots ne sont pourtant pas synonymes ! C'est plutôt le contraire ! Et après on me reproche MON français ?

Sarah éclate de rire en secouant la tête.

-Là je te retrouve, s'exclame-t-elle.

-Qu'a-t-elle encore dit ?

Évangeline arrive suivie par Antonio qui me sourit grandement et par Julian qui semble pris dans la contemplation de ses pieds.

-Et puis, ils entendent quoi par néant ? continue Évangeline avec un regard blasé.

Sarah et moi nous regardons avant de partir d'un grand rire. Pourtant, le mien se coupe rapidement, sonnant comme faux à mes propres oreilles, comme si je n'avais aucune raison de rire.

Nous allons chercher les lettres des autres, Julian n'ayant toujours pas ouvert la bouche.

C'est sans surprise que j'apprends qu'ils passent tous. Sarah bosse pour quatre, Évangeline n'a jamais eu besoin d'ouvrir un bouquin, de même pour Antonio. Quant à Julian, son envie de grande université est si forte qu'il ne pouvait que réussir.

Nous décidons d'aller prendre un verre mais, je m'arrête devant le café en interpelant Julian. Je l'entends nettement déglutir et lève les yeux au ciel. Je ne suis pas si terrible, tout de même.

Nous prenons place sur un banc et la similarité de la scène me fait sourire.

-Tu avais raison, j'entame et mon voisin sursaute. Et je ne t'en veux pas.

-Qu…quoi ? demande-t-il avec surprise.

-On est bien mieux ami, je souris.

Il me regarde, les yeux lui sortant de la tête et j'éclate de rire. Il fronce les sourcils.

-Tu…tu devrais voir…ta tête, j'halète. Un vrai poisson sorti de son bocal.

Il lève les yeux au ciel en souriant et nos mains se rejoignent pour se serrer.

-Tu t'imagines qu'on sera bientôt diplômé ? rêvasse-t-il. On a réussi.

-Oui, je souris en me détournant. On réussit.

Le malaise me gagne. J'ai attendu ces résultats toute l'année, rêvant du jour où j'apprendrais que je pourrais aller dans l'école de mes rêves. Et là, alors que mon rêve se réalise, un arrière goût amer envahit ma bouche. Comme si cet évènement perdait de son importance et que des choses bien plus graves devraient attirés mon attention.


Une semaine passe normalement, du moins autant que possible. Le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond, que je ne devrais pas être là, que je ne suis pas à ma place, persiste. Comme si quelque chose manquait à cette vie que j'ai toujours crue si parfaite. C'est étouffant, déroutant. Je n'ai plus l'impression d'être sincère quand je ris, souris.

Mes parents l'ont vite remarqué, mettant ce comportement sur la rupture mais…j'aimerais que ce soit ça, vraiment. Sauf que ça ne l'est pas, je le sens en moi. Voir Julian ne me fait pas de peine. J'ai essayé d'imaginer notre futur si nous étions restés ensemble. Ça ne m'a apporté ni joie, ni peine, juste un profond malaise. Comme si, avec cette simple pensé, je trahissais quelqu'un.

Aujourd'hui, c'est la remise des diplômes. Cette fameuse cérémonie que je n'ai vue qu'à la télé dans des films ou des séries. Pourtant, c'est mon tour cette fois.

Habillée et coiffée, je reste assise sur mon lit en cherchant ce sentiment de joie et de fierté que je devrais ressentir. Je ne trouve rien. Je porte ma main à mon cou pour serrer mon pendentif, celui qui m'a toujours apporté réconfort. Mais je ne le trouve pas là.

Fronçant les sourcils, je rejoins la salle de bain, pensant l'y trouver. Il n'y est pas. Alors, je retourne dans ma chambre. Il n'est pas sur le bureau ni sur mon lit. La panique m'envahit et j'ai du mal à respirer. J'ai le sentiment que je devrais savoir où il est mais, je n'arrive pas à m'en souvenir.

Je retire la couette, le coussin, le drap avant de retourner le matelas. Je vide tous mes tiroirs au sol, retournant mes affaires pour le retrouver.

-Enora, qu'est-ce que tu fais ?

Je me tourne face à ma mère.

-Je ne le retrouve plus ! je m'exclame en sentant les larmes inonder mon visage.

-Tu ne retrouve plus quoi ? demande-t-elle avec inquiétude.

-Mon pendentif ! je m'énerve.

Je reprends mes fouilles, vidant ma penderie au sol recouvert de mes affaires. Ma mère me prend les mains et me tourne vers elle. Son visage blême, son expression paniquée, me calme légèrement.

-Chérie, tu l'as perdu il y a plus d'un mois déjà, rappelle-t-elle lentement comme si elle avait peur que j'explose à cette annonce.

Je fronce les sourcils, tentant de me rappeler cette perte. Mais je ne m'en souviens pas. D'aussi loin que mes souvenir me mène, je l'ai toujours eu ! Je ne veux pourtant pas insister. Je lui fais peur, je le sens. Ma mère semble sur le point d'appeler l'hôpital psychiatrique du coin pour me faire emmener.

Je me contente donc de hocher la tête sans croire moi-même à cette histoire. Ma mère se détend légèrement tout en me caressant le poignet.

-Va finir de te préparer, d'accord ? propose-t-elle toujours aussi doucement. Je vais ranger tout ça.

Je hoche la tête une seconde fois et trouve refuge dans la salle de bain. Mon mascara et mon crayon ont coulé, laissant une trainé de noir sur mes joues. Mon visage est pâle et j'ai perdu du poids. Je suis vraiment en mauvais état. Pourtant, je ne trouve pas de raison plausible à ça.

Je soupire, me démaquillant pour me remaquiller tout de suite après. Je me recoiffe, détachant mes cheveux, retenant une petite partie derrière. Je ne me souviens plus depuis quand j'ai autant de facilité à me coiffer mais, des conseils comme venu de souvenir ancien m'emplissent l'esprit et je ne fais que les suivre.

Quand je descends les escaliers, j'entends des chuchotements et je me fige pour mieux écouter.

-…ne sais plus quoi faire, dit ma mère. Elle refuse d'en parler, elle se contente de sourire et de se replier quand elle sent que le sujet dérape.

-Ce doit être sa rupture, chérie, tente mon père. À son âge, ce n'est jamais facile de rompre.

-Je voudrais que ce soit ça, se lamente-t-elle. J'y ai cru au début mais…ça prend des proportions énormes ! J'ai l'impression que ma petite fille perd l'esprit. Elle a tellement changé, comme si elle avait vu et vécu des choses dont on ne saurait rien. Je l'entends pleurer dans son sommeil, suppliant à je ne sais qui de lui pardonner…

-Tu te fais des idées, j'en suis certain, insiste mon père. Elle est simplement perdue. Elle va devoir quitté la maison alors qu'elle ne l'a jamais fait, être séparée de ses amis pour poursuivre ses études de son côté. N'importe qui aurait peur et serait perturbé. Elle croyait que Julian serait là à l'université et elle vient d'apprendre que ce ne sera pas le cas… Enora doit simplement avoir peur.

-J'aurais pu y croire il y a vingt minutes, assure maman. Mais regarde ce que j'ai trouvé en rangeant ses affaires.

J'entends un bruissement de papier et je me fige. Ne me dîtes pas qu'elle est tombée sur ça. Ce ne sont que des divagations !

-Elle les a dessiné des centaines fois, reprend ma mère. Toujours les mêmes.

Il y a un silence suivi d'un soupir. Je prends alors une inspiration et descends en faisant le plus de bruit possible, claquant des pieds en arborant une figure joyeuse.

-Je suis prête ! je m'exclame.


-Jeune gens, nous voici enfin diplômé officiellement !

Antonio lève son verre en dévoilant ses dents d'un blanc éclatant. J'ai toujours dit que ce gars aurait été super pour une pub de dentifrice !

Je souris et trinque avec les autres.

-Il n'empêche que ça reste super déprimant ! geint Sarah. On va être séparé pour la première fois depuis la maternelle.

-Et quand on se retrouvera, on sera super célèbre chacun dans notre domaine ! s'extasie Evangeline. Julian le grand avocat, Enora la danseuse la plus talentueuse depuis Michael Jackson, Sarah la journaliste la moins discrète de la planète, moi, la brillante femme d'affaire et Antonio…

Elle s'arrête et le regarde avec hésitation.

-Qu'est-ce qu'on devient en étudiant le surnaturel, en fait ? s'enquit-elle ave perplexité.

On éclate tous de rire alors que le concerné lève les yeux au ciel.

-Je ne veux pas devenir célèbre, Év, s'exaspère-t-il.

Celle-ci écarquille les yeux, ne comprenant pas comment on peut ne pas vouloir être connu du monde entier, admiré.

-Mais enfin, avec un physique comme le tien ce serait du gâchis ! s'emporte-t-elle avant de rougir. Enfin, je veux dire… tu as du potentiel.

Je secoue la tête en lançant un regard complice à Julian et Sarah. Ils ne changeront sans doute jamais mais, je les aime comme ça.

Je me lève attirant l'attention générale.

-Je vais chercher à boire, j'explique en montrant mon verre vide. Vous voulez quelque chose ?

Je prends note mentalement de la commande et me dirige au bar. Le mec derrière le comptoir me lance un sourire qu'il espère séduisant et je plisse les yeux.

-Un Mojito, une Piña Colada, une Tequila Sunrise, un Americano et…un Daiquiri, j'énonce sans réfléchir.

Il les prépare assez rapidement en me jetant des coups d'œil incessant -il espère sans doute m'impressionner.

Il me donne les verres sur un plateau avec un sourire sans doute très beau mais qui, personnellement, me donne envie de lui envoyer le contenu du plateau.

-Je m'appelle Terence, se présente-t-il en bombant le torse.

Je hausse un sourcil en le jaugeant du regard.

-Et tu veux quoi ? Une révérence ? je l'agresse en me détournant.

Je ne regarde pas où je vais et fonce droit dans un torse dure, lui envoyant le plateau et les boissons. Le tout s'écroule à terre alors qu'un grognement -sûrement dû au choc du plateau- se fait entendre. Je rougis honteusement en écarquillant les yeux.

-Oh mon Dieu ! je jure. Je… je suis désolée, je n'ai pas fait exprès, je le jure ! C'est cet abruti congénital qui m'a énervée et…

-Ce n'est rien.

J'arrête donc de déblatérer et de gigoter, regardant pour la première fois l'homme qui le fait face. Grand, musclé, des cheveux noirs lui tombent sur son visage et ses yeux sombres me font perdre toute parole. Je reste figée, mes yeux plongés dans les siens d'un noir d'encre.

-Et bien, qu'avons-nous là ?

Je sursaute et me tourne vers le nouvel arrivant. Ou plutôt, les. Celui qui semble avoir parlé m'adresse un sourire qui pourrait paraître charmeur mais, la touche de malice dans ses yeux m'adoucit directement.

-Moi, c'est Lancelot, belle jeune fille, annonce-t-il.

-Vraiment ? j'interroge en haussant un sourcil. J'aurais pourtant pensé à quelque chose comme… mouton, j'ajoute en désignant ses bouclettes.

Il part d'un grand rire en passant un bras autour de mes épaules.

-Je ne sais pas vous mais, je l'adore déjà ! s'exclame-t-il et je lève les yeux au ciel.

-Si la gamine arrive à te fermer le clapet sans s'évanouir d'admiration, elle décoche mon vote sans hésitation, intervient un homme à l'apparence d'un ours.

Il se présente comme Bors et son expression joyeuse me fait l'apprécier tout de suite malgré le surnom d'on il m'a affublée. Un autre, aux cheveux plus long et aux yeux d'un bleu magnifique se présente comme Gauvain et désigne son ami, le plus jeune, Galahad.

Un chauve apparaît alors. De la carrure de Bors, il semble moins bedonné et il me sourit comme si nous nous connaissions depuis toujours. Comme lorsque j'ai croisé le regard de l'homme sombre, quelque chose m'attire à lui comme un aimant. Et je lui rends son sourire.

N'empêche, ils ont tous des prénoms moyen-âgeux. Leurs parents ne devaient pas beaucoup les aimer pour les appeler ainsi. Je plains leur vie sociale. Et puis, comment ils ont fait pour se retrouver tous comme ça ? Ce sont des prénoms que l'ont entend plus. Il fallait un sacré coup de chance pour qu'ils se rencontrent. Ou alors, ils ont créés un groupe sur Facebook regroupant les personnes avec les prénoms des chevaliers de la table ronde et ils ont organisés une rencontre. Qui sait, c'est peut-être même aujourd'hui qu'ils se voient pour la première… Et j'ai pourri leur rendez-vous « soutenons-nous avec nos prénom datant du Moyen-âge » avec ma maladresse naturel. Bien qu'il manque certains prénoms comme Arthur ou Tristan.

-Laissez cette demoiselle en paix.

-Arthur, quel rabat joie tu fais, grommelle Bors. J'étais sur le point de présenter…

-ENORA !

Je sursaute et me tourne pour voir Évangeline et Sarah arriver. La première à une allure princière et regarde ceux qui me font face avec méfiance. La deuxième à tout d'une furie sur le point de de massacrer son adversaire.

-Ils t'embêtent ? demande-t-elle d'ailleurs en plissant des yeux dans sa direction.

-Non, on ne faisait que discuter, je la rassure.

-Donc, nous, on s'inquiète, on se demande où tu es passé et toi, tu tapes la discussion avec des motards ? s'indigne-t-elle.

-Sois polie, tu veux ! je réprimande et elle écarquille les yeux.

-Allons retrouver les garçons, intervient Évangeline.

Elle hoche la tête en direction des hommes et Sarah m'entraîne sans leur adresser un regard. Je résiste une seconde, une chose étrange me retenant. Je n'ai pas le nom de l'homme qui a reçu mes verres. Je lui souris alors qu'il me fixe intensément et me détourne. Ils ont donc un Arthur. Je me demande quel est le prénom de cet homme.

-Je ne savais pas que tu te mettais aux hommes de la trentaine, raille Év et je lève les yeux au ciel.

-Ils pourraient se raser ! ajoute Sarah.

-Je les trouve très bien comme ça moi, je bougonne.

-Tu as toujours détesté la barbe, s'étonne la rousse.

-J'ai peut-être changé d'avis, je rétorque, sur la défensive, en m'asseyant brutalement.

-Ils sont où nos verres ? geint Antonio sans prêter attention à l'ambiance tendue.

-Je…j'ai eu un petit accident, j'avoue en grimaçant. Et je n'y retourne pas, le barman est un pervers !

Julian lève les yeux au ciel et se lève, emmenant Antonio avec lui.

-Moi je trouvais le beau ténébreux qui te faisait face pas trop mal, intervient Évangeline. Bien qu'il n'avait d'yeux que pour toi.

Je me tends et lui lance un sal regard. Je me détends néanmoins en l'entendant dire que l'homme ne regardait que moi. Je secoue la tête en me traitant d'idiote. Me voilà jalouse alors que je ne connais même pas ce type !

-Ils sont vieux ! insiste Sarah, sourcils froncés.

-Tu es juste coincé, sourit mon amie.

-Je…Bah, où tu vas ?

-Prendre l'air, je réponds en m'éloignant.

Une fois dehors, je prends appuie sur le muret. Bon sang, cette histoire est étrange. Depuis ma rupture avec Julian, rien ne paraît normal en fait. Ce sentiment que ma place n'est pas ici, que j'ai manqué une partie de ma vie, des rêves inexplicables. Et ces hommes dont les visages me sont apparu plusieurs fois, m'obsédant. C'est eux que j'ai dessiné un nombre incalculable de fois. C'est juste trop.

Je regarde mes mains qui tremblent de manière incontrôlées. Une autre main, plus grande, plus chaude, vient prendre les miennes. Je sursaute et relève le visage pour rencontrer celui de l'homme que j'ai heurté.

-Vous ne semblez pas très bien fait-il remarquer.

-Mon esprit est embrouillé ces derniers temps, je murmure sans reprendre mes mains.

Le simple fait qu'il me touche m'apaise sans le moindre effort. Juste sa présence agit comme un anti anxiolytique super puissant. J'ai juste envie de me fondre dans ses bras et de ne plus jamais les quitter.

Ce sentiment m'effraye parce que je ne le comprends pas. Je ne connais cet homme que depuis cinq minutes !

Mon débat intérieur se stoppe quand je remarque quelque chose autour de son cou. Une de mes mains remonte et caresse le collier qu'il porte. Un collier de femme. Le collier que je ne retrouve plus. Ou sa copie conforme jusque la légère déformation sur le côté gauche.

-Il m'a été offert par la femme que j'aimais, raconte-t-il. Elle me l'a donné avant de…partir à jamais.

Je rencontre ses yeux qui semblent soudainement habités d'une tristesse infinie.

-Je suis désolée, je souffle.

Et je le suis. Sans savoir pourquoi, j'ai l'impression d'être la cause de sa souffrance. J'ai l'impression d'être la responsable d'années de douleur. Néanmoins, la peine part de ses traits et il m'adresse un sourire à me faire fondre tout en me fixant intensément.

-Je ne lui en veux plus, assure-t-il.

L'homme continue de me fixer intensément, comme s'il essayait de me faire passer un message que lui seul comprend. Il me sert ensuite la main qu'il a gardée et ce qu'il dit m'amène un énorme sourire suivi de frisson irrésistible dans tout le corps :

-Je m'appelle Tristan.


Cette fois ça y est, c'est vraiment fini ^^ J'espère que vous avez aimé lire comme j'ai aimé l'écrire. Un épilogue que j'aime assez personnellement. On en apprend finalement plus sur les amis et la famille d'Enora. On en savait finalement bien peu sur eux je trouve.

Et le retour en force des Chevaliers avec lesquels Enora se sent liée sans savoir pourquoi puisqu'elle a abandonné ses souvenirs au profit d'une nouvelle vie.

Cette fin est vraiment centrée sur cette citation de Claudie Gallay « Il est des êtres dont c'est le destin de se rencontrer. Où qu'ils soient, où qu'ils aillent. Un jour, ils se rencontrent ».

Parce que je vois Enora et les chevaliers destinés à se rencontrer. Surtout Tristan, on s'en doute ^^ Mais tous les chevaliers avaient un lien avec elle, certain plus fort que d'autre mais un lien tout de même…

Je n'arrive pas à croire qu'après près de deux ans, je l'ai terminé. Je l'ai commencé en février 2011, je l'ai postée le 24 février et je la termine le 14 novembre 2012 ! Un sacré travail de 37 chapitres + un épilogue. Le plus gros projet que j'ai tenu je crois ^^

Et c'est grâce à vous qu'il a été jusqu'à la fin. Parce que je n'aurais jamais pu trouver la motivation sans votre enthousiasme, vos compliments, vos encouragements, vos conseils qui m'aidaient à m'améliorer aussi…

Donc un grand merci à vous, pour tout !

Pour ce qui est du projet de livre, je vous avais promis que vous pourriez poser vos questions aux personnages, qu'ils y répondraient,… ça tient toujours alors vous pouvez commencer dés aujourd'hui par MP ^^ Vous pouvez également me poser les questions à moi, j'y répondrais J

Aujourd'hui, les chapitre sont en correction. Ma betâ et moi en sommes au chapitre 19. Ça avance donc doucement. Je vous tiendrais de toute façon au courant, comptez sur moi et n'hésitez pas sur les question farfelue ou pas ;)

Laissez moi plein de review en tout cas ;)

Bisous !