Chapitre 2

Drew au volant de sa voiture, écouter distraitement la radio. Son esprit était déjà chez lui. Il avait hâte de rentrer. Sortir petit déjeuner avec les autres internes avait été agréable, plus que ce qu'il avait imaginé mais maintenant, il allait entamer sa deuxième journée, celle de papa et de mari. En pensant à lui, il se demandait si Rick avait pensé à lancer une machine, les paniers commençaient à déborder, il était urgent de lancer des machines. Et oui, c'était aussi ça sa vie, des tâches quotidiennes, auxquelles il ne pouvait pas échapper et qui rythmaient les semaines.

Tout en pensant à ce qu'il devrait faire aujourd'hui, une fois qu'il aurait dormi un peu, il s'arrêta au feu rouge non loin du Jeffries. Il regardait les passants quand une silhouette attira son attention. Il fut très surpris de reconnaître Jenny mais il ne se posa pas plus de questions après tout elle faisait ce qu'elle voulait. Mais alors qu'il s'apprêtait à redémarrer, il vit deux silhouettes pousser assez violement sa collègue dans une ruelle. Drew ne réfléchit pas plus, il se gara comme il put, se faisant klaxonner au passage par les autres conducteurs.

Il traversa la route aussi vite qu'il le pouvait et se dirigea vers la ruelle. Plus il s'approchait, plus les cris de la jeune fille se firent entendre. Ce qu'il vit lui glaça le sang. Jenny était coincée contre un mur avec trois hommes qui prenaient un certain plaisir à la toucher malgré ses cris. Ils avaient même commencé à lui déchirer ses vêtements. A grands pas et le plus discrètement possible, il s'approcha du groupe.

Drew : je pense que la demoiselle n'est pas très consentante

Surpris, les trois hommes se retournèrent et se mirent à rire.

L'inconnu : et c'est toi qui va nous arrêter?

Drew : je dis simplement qu'elle n'a pas l'air de vouloir participer à votre petit party et que vous feriez mieux de la laisser partir

De plus belle, les trois hommes rigolèrent. Ce n'est pas un mec seul qui allait pouvoir leur gâcher leur plaisir. Le plus costaud des trois commença à s'approcher de Drew.

L'inconnu : et tu comptes faire quoi ? Parce qu'avant que tu n'arrives, nous nous amusions bien et je déteste être interrompu...

Drew : si j'étais toi, j'éviterai de trop m'approcher, il pourrait t'arriver des bricoles...

L'inconnu : ha oui ?

Lassé de discuter le grand costaud lança un uppercut en direction de Drew. Ce dernier mu par son expérience du combat, arrêta le poing et profita de l'effet de surprise pour agripper le poignet de son agresseur, le retourner et terminer sa prise par en étranglement. C'était une technique qu'il maitrisait parfaitement, quand on savait l'utiliser, elle permettait de maitriser même les plus gros gabarits. Elle consiste à apposer le plat de l'avant-bras sur la personne avec pour effet de couper la respiration. Il fallait juste relâcher au bon moment. Le but n'étant pas de tuer la personne mais de la neutraliser. Drew serra jusqu'à ce qu'il sente l'inconnu devenir mou, ce n'est qu'alors qu'il relâcha sa prise et le projeta au sol.

Les deux autres acolytes en profitèrent pour se rapprocher, et encerclèrent Drew. Lâchement, il fut attaqué par derrière. Il fut saisi par les épaules pendant que l'autre lui assena un uppercut dans le plexus qu'il ne put esquiver. Cette lâcheté ne fit que décupler sa colère. Il fallait qu'il se dégage de la prise sinon, ils allaient le réduire en bouilli. Il finit par balancer violemment sa tête en arrière pour se dégager envoyant valser son agresseur dans le mur et surtout lui permis d'éviter un autre coup de poing en se baissant. Il utilisa l'élan de sa remontée pour balancer un uppercut dans le menton. L'homme bascula en arrière, son crâne heurta violement le bitume dans un bruit sourd.

Deux des agresseurs étaient KO, mais il en restait un qui avait l'air de savoir se battre. Alors que Drew mettait KO le deuxième, il ne vit pas le troisième attraper une batte pour lui assener un coup très violent derrière la tête. Drew se retrouva à genoux sonné par la violence du coup. C'est à ce moment qu'il entendit Jenny hurlait son prénom. C'est ce qui le fit revenir à la réalité, il devait se remettre debout afin de ne pas être à la merci de ce connard. Les deux hommes finirent par se retrouver face à face.

Drew : maintenant, on va jouer de manière égale, vu que tes copains sont hors-jeu

L'inconnu : allez viens qu'on rigole un peu.

Ils se tournèrent autour pendant un moment jusqu'à ce que l'inconnu lance les hostilités. Les coups pleuvaient des deux côtés. Drew commençait à fatiguer mais il tenait bon. Ces combats MMA lui avaient appris à encaisser les coups. Il fallait qu'il vienne à bout de ce troisième agresseur. Le combat dura un moment jusqu'à ce qu'au loin des sirènes firent leur apparition et des crissements de pneu se firent entendre.

Drew : ça je crois que c'est pour toi connard

Drew profita de l'effet de surprise pour lancer un magistral coup dans les parties avant, ce qu'il le fit tomber en avant sous l'effet de la douleur. C'est alors que les policiers firent leur apparition. Ils avaient été appelé par des passants qui avaient été alertés par des cris. Certains avaient même assisté de loin à la bagarre.

Drew connaissant la procédure, leva les mains afin de montrer qu'il n'était pas armé. Les policiers s'approchèrent lentement, et c'est lorsque le premier le reconnu qu'il put baisser à son grand soulagement ses bras.

Policier : Drew, c'est toi ?

Drew : bonjour Ford

Ford : mais qu'est-ce que tu fous, tu leur a foutu une sacrée correction

Drew : je me suis interposé, ils étaient en train d'agresser une collègue

Tout en prononçant ses mots, Drew se dirigea vers Jenny. Elle était recroquevillée dans un coin. Il s'approcha doucement et posa délicatement sa main sur son genou, ce qui la fit sursauter.

Drew : he c'est moi Jenny, tu n'as plus rien à craindre. Les policiers sont là.

Jenny plongea son regard dans celui de Drew. Il était dénué de toute expression. Elle commença à sanglotait et fut prise de violents tremblements. Drew retira sa veste à capuche et lui posa sur les épaules. Elle profita de ce geste pour se jeter dans les bras de ce dernier.

Ford regarda la scène et s'approcha de Drew.

Ford : une ambulance ne va pas tarder.

Drew : elle est en état de choc. Tu n'aurais pas une couverture ou quelque chose pour la couvrir ?

Ford : je vais voir dans ma voiture.

Les deux hommes restèrent avec la jeune femme le temps que l'ambulance arrive. Drew avait fini par s'asseoir à côté d'elle et la serrait dans ses bras. Une fois les ambulanciers arrivaient, il eut énormément de mal à lui faire lâcher prise, afin qu'ils puissent l'examiner. En se relevant, il fut pris d'un vertige.

Ford (en le rattrapant d'un bras) : whaou…ça va ? reste avec moi….

Drew : j'ai dû me lever trop vite

Ford : sûre ? tu devrais suivre ta collègue et te faire examiner, tu saignes derrière la tête

Drew (en passant sa main dans ses cheveux) : et merde…je n'avais même pas remarqué…

Ford : vu ton visage, je pense qu'un arrêt aux urgences ne serait pas superflu. Tu veux que j'appelle Rick ? Il pourrait te rejoindre aux urgences.

Drew : non, ce n'est pas la peine, il va s'inquiéter et ce matin, il a une grosse réunion…

Ford : je sens que ça ne va pas lui plaire…

Ils furent interrompus par un des ambulanciers, qui les avertissait qu'ils allaient partir.

Ford : accompagne-les au moins, même si tu ne veux pas que j'appelle Rick. Et, je pense que ta collègue sera moins effrayée. Par contre, il faudra que tu fasses ta déposition.

Drew : ok, si je ne te vois pas aux urgences, je passerai au commissariat

Ford : ça marche

Drew (en pénétrant dans les urgences) : c'est une des nôtre, elle vient de se faire agresser. Pas de blessures apparentes, en état de choc. Les ambulanciers, lui ont donné un calmant sur place…

Jordan : ce n'est pas une des internes qui bossent avec toi en OB ?

Drew : oui, elle s'appelle Jenny

TC (s'attardant sur son visage) : heu, ce n'est pas plutôt toi qu'ils ont agressé ?

Drew : TC je ne suis pas d'humeur

TC : je ne plaisante pas

Jordan : TC tu t'occupes de Drew, moi je m'occupe de Jenny

Drew : c'est bon ce ne sont que des bleus

Jordan : ce n'est pas une suggestion, c'est un ordre capitaine. Tu as une sale tronche et tu saignes donc aucune négociation possible

TC : allez vient M. Muscles, tu vas tout me raconter et je vais m'occuper de toi…

Drew : bon comme je n'ai pas le choix…mais au fait pourquoi vous êtes encore là à cette heure-ci ?

TC : garde prolongée mon pote, l'équipe de jour est réduite donc à tour de rôle on reste un peu plus longtemps pour les aider….

Jordan : alors comment ça va ici ?

TC : il a eu droit à 5 points de suture, 3 dans le cuir chevelu et 2 au niveau de la lèvre. De belles contusions dans le dos, au niveau du plexus et une jolie coupure sur l'arcade sourcilière qui n'a nécessité qu'un peu de colle…et des éraflures sur les mains mais rien de cassé de ce côté-là….

Jordan : alors comme ça ce n'était que des bleus ?

Drew : je m'avoue vaincu, je suis trop crevé de toute façon…comment va Jenny ?

Jordan : elle est calme, j'ai discuté avec elle, mais le plus gros de la crise est passée. Je lui ai conseillé une psy si elle avait besoin. Et ses parents ne devraient pas tarder. Mais elle n'arrête pas de parler de toi, tu devrais aller la voir.

Drew : j'y vais…

Jordan : au fait, j'ai appelé Rick

Drew : tu n'avais pas besoin, il a une grosse réunion ce matin…

Jordan : tu as besoin de quelqu'un pour te ramener et ce n'est pas moi qui vais t'apprendre qu'en cas de choc à la tête, tu dois être surveillé…

Drew : je vais bien…il n'y'avait pas besoin de l'appeler…

TC : désolé mon pote mais je suis de l'avis de Jordan…ton examen neuro pour l'instant est normal mais après le coup que tu t'es pris, il vaut mieux surveiller…

Drew : pire que des mères-poules tous les deux….