Chapitre 5 – Ce qu'ils cachent, ce qu'ils savent
Nagato [18:00] : Tu te souviens de ce que tu m'avais promis pour mon anniversaire ?
Yahiko [18:00] : Ouais 😅 Du coup, avec la punition, j'ai changé mes plans !
Nagato [18:01] : Tu peux revenir au plan de base, il vient d'arriver chez moi, son père a fait une exception.
Yahiko [18:03] : AH MERDE ! J'arrive au plus vite, je me dépêche !
Nagato retint un sourire en rempochant son téléphone, puis il leva les yeux sur Itachi qui retirait sa veste et la tendait à Kushina pour qu'elle la range dans la penderie. Minato était derrière les fourneaux, préparant tout ce qui serait utile aux adolescents pour la petite soirée, Naruto restait sur le canapé, ne se préoccupant pas vraiment de ce qui se passait, plongé dans un livre pour l'école qu'il faisait semblant de lire.
Un peu inquiet pour l'image qu'il renvoyait, Nagato jeta un œil à sa tenue. Il n'avait pas prévu qu'un de ses invités arriverait en avance et encore moins que ce serait celui-ci.
— T'es venu tôt, ponctua-t-il avec un sourire.
— Oui, Maman a passé sa matinée à me sermonner sur l'organisation difficile d'un anniversaire à huit ados, un enfant et deux adultes. Ça m'a fait culpabiliser. Je suis venu aider.
Kushina éclata de rire en refermant la porte de la penderie et Minato rappela sa présence en passant la tête par l'encadrement de la porte, avec un sourire.
— Comment es-tu en pâtisserie ? demanda-t-il.
— Je suis plutôt bon pour lécher les plats, affirma Itachi avec un sérieux mortel.
— Parfait, se réjouit Minato, j'ai besoin de quelqu'un pour faire du prélavage ! Nagato, va te nettoyer, tu es couvert de farine jusqu'aux cheveux.
— La faute à qui ? grommela l'adolescent en rosissant.
Plus tôt dans l'après-midi, les préparatifs avaient dégénéré en jeu dont il était sorti perdant et fariné par son oncle hilare. Son sweatshirt avait changé de couleur, passant d'un noir légèrement délavé – à force d'être porté – à un gris plus ou moins appuyé, particulièrement sur les bords des manches, les coudes et l'ensemble de la face avant. Son visage était toujours décoré de plusieurs traces de chocolat, ses cheveux étaient couverts de farine.
Itachi lui jeta un regard moqueur, contemplant l'allure de son ami avec beaucoup d'amusement. Entre le sweatshirt informe, vieux reste d'un hackathon mené deux années auparavant, son pantalon de survêtement couvert de traces de peinture qui ne partiraient pas, ses chaussons et ses cheveux pas coiffés, il était très loin d'avoir la classe. Tirant un bout de langue boudeur à son invité, Nagato s'engouffra dans les escaliers, grimpant les marches quatre à quatre, écoutant distraitement la voix de Minato qui suggérait à Itachi de s'asseoir sur une chaise pour être mieux installé pour le prélavage des plats.
Il franchit la porte de la salle de bains puis pinça les lèvres en se demandant comment il allait s'habiller. Une part de lui souhaitait vraiment être plaisant à regarder, quand une autre le houspillait : ça n'allait pas dans le sens du plan. Le plan disait qu'il s'éloignait, ce qui excluait d'emblée la plus petite tentative de séduction, d'autant plus qu'il n'avait pas la moindre idée de comment draguer quiconque.
Il se leva et se rasa le plus rapidement possible, essayant toutefois d'éviter de se couper – opération plus délicate qu'il n'y paraissait, mine de rien – puis, enroulé dans sa serviette, il traversa l'étage pour rejoindre sa chambre.
Considérant les vêtements neufs que lui avait offerts Kushina, il hésita longuement, avant de se décider pour les essayer. Quand il eut fini de les enfiler, il s'observa dans la glace, sous toutes les coutures, puis il fronça les sourcils. Il n'était pas particulièrement familier des vêtements de ce genre, alors il fit la moue et décida que ça ne lui allait pas du tout. Il les retira, les repliant sur son lit, puis il choisit de porter un habituel jeans et un sweatshirt. Il se tourna vers son reflet et sourit de l'inscription qui se trouvait maintenant sur son torse, puis, satisfait, il remit sa mèche en place puis ouvrit la porte de sa chambre pour s'engouffrer dans le couloir de l'étage.
Avant d'atteindre les escaliers, il fit demi-tour en jurant, récupérant sa serviette trempée, la mettant à sécher sur le porte-serviettes de la salle de bain puis il descendit les marches. Parvenu en bas, il hésita entre aller vers la voix d'Itachi qu'il entendait dans la cuisine ou vers celle de Yahiko qui surgissait du salon, taquinant Naruto sur l'exploit de l'explosion des toilettes.
Son cousin répondait d'une voix bougonne et Nagato savait très bien que c'était surtout parce qu'il était déçu que Sasuke ne soit pas là. Mais bon, si la punition avait été assouplie pour Itachi, elle ne l'avait pas été le moins du monde pour son frère cadet.
Minato trancha pour lui dans son hésitation, l'appelant avec douceur. Il s'engagea donc à sa droite, traversant les quelques mètres qui le séparaient du seuil de la cuisine, où il s'arrêta pour porter un regard poli à son oncle. Ce dernier le contempla de la tête aux pieds, faisant se tourner vers lui Itachi qui tenait toujours le plat de pâte à gâteau dans une main et une spatule dans l'autre.
Les yeux d'Itachi s'attardèrent sur le message affiché sur le sweatshirt de Nagato, il pouffa, puis termina de récurer le plat de pâte à gâteau, l'avalant avec plaisir. Minato aussi regardait son neveu, les lèvres pincées, se demandant pourquoi il n'avait pas simplement mis les vêtements qu'il avait reçus le jour même, s'agaçant un peu contre les ados réfractaires à la moindre nouveauté.
— Tu as salué Yahiko ? Lui aussi est arrivé tôt pour aider… Est-ce que tous tes amis pensent que nous sommes des incapables ? rit-il en tendant un clin d'œil à Itachi qui secoua la tête.
— J'ai pas eu le temps, tu m'as appelé avant. Que se passe-t-il ?
— Je n'ai plus rien à faire lécher à Itachi, confessa Minato. Tu peux t'occuper de lui ?
Nagato cligna des paupières, chassant rapidement la pensée obscène qui montait à son esprit. Il hocha la tête, et, évitant de croiser son regard, il fit signe à son ami de le suivre jusqu'au salon. Il se laissa tomber entre Naruto et Yahiko, Itachi s'installant à la gauche de ce dernier.
— Ça vous dit une partie de Smash Bros ?
— Sans Konan, se réjouit Yahiko, faut en profiter. J'ai peut-être une chance.
— YES ! cria Naruto en jetant le livre qu'il faisait semblant de lire. Enfin de l'action, vous allez voir, je vais vous mettre misère.
Naruto perdit cinq fois de suite, désolé de voir qu'il existait plus fort encore que son cousin. Yahiko se moqua de lui, s'arrogeant la première place du classement, le blondinet bougonna et Nagato lança une nouvelle partie, s'interrompant quand quelqu'un sonna à la porte puis décidant qu'il y avait bien assez de gens pour ouvrir à sa place, il ne bougea pas.
Son oncle y alla en remarquant qu'aucun des adolescents n'allait se lever. C'est ainsi que débuta la soirée d'anniversaire de Nagato.
Kushina et Minato s'étaient installés sous la véranda attenant au salon, afin de pouvoir surveiller le groupe adolescent sans pour autant interférer dans leurs histoires, lisant en silence. Ils avaient confié à Yahiko et Hidan la mission de décider du moment où allumer les bougies, pour ouvrir les cadeaux, expliquant à tous qu'il n'était bien entendu pas question de ne faire que boire et qu'il fallait aussi manger.
Les deux adultes savaient que cette vision des choses n'était probablement pas partagée par tous les parents, mais il leur semblait évident qu'ils auraient tous, tôt ou tard, rencard avec l'alcool, le sexe et la drogue. C'était dans le cheminement normal et ils avaient décidé de ne pas mettre de tabou.
Il était possible d'apprendre à boire sans se mettre en danger, au même titre que la sexualité pouvait être abordée sans risque. Il était pour eux plus important d'enseigner à ces adolescents à bien appréhender ce qui se présenterait à eux plutôt que déposer une chape de silence épais sur ce genre de comportements.
Il n'était pas loin de vingt-et-une heures quand toutes les lumières s'éteignirent dans la pièce à côté, les forçant à reposer leurs livres. Kushina en profita pour se lover contre son mari, déposant un doux baiser au bord de sa mâchoire. Il l'enlaça avec toute la tendresse qu'il éprouvait pour elle, déposa ses lèvres sur le haut de son crâne et les deux sentirent un sourire ravi ourler leurs lèvres quand ils distinguèrent, parmi toutes les voix, celle de leur fils qui scandait, un peu faux, « joyeux anniiiiiveeeeersaiiiire ! ».
— Fuso doit être heureuse, où elle est, affirma Kushina. Son fils s'est fait de merveilleux amis.
Minato serra son épouse plus fort encore.
Dans la pièce à côté, le gâteau à la nougatine concocté par Minato arrivait devant Nagato, illuminé par dix-sept bougies et il leva les yeux vers Yahiko, avant de souffler un grand coup pour éteindre toutes les bougies.
Le plat contenant le gâteau finit sur la table basse du salon, promptement découpé et réparti entre les différents invités et Naruto beugla :
— C'EST L'HEURE DES CADEAUX !
Des larmes perlèrent au bord de ses cils quand il bâilla, un frisson de fatigue le traversant, l'air frais de la terrasse fouettant son visage. Il leva les yeux vers les étoiles, un léger sourire sur les lèvres.
— Fatigué ? demanda Itachi en arrivant derrière lui.
Nagato le regarda du coin de l'œil alors qu'il s'adossait à la balustrade de la terrasse sur laquelle il était lui-même accoté. Il observa le brun tâter ses poches, pour tirer un paquet de cigarettes et l'ouvrir. Glissant une d'entre elles entre ses lèvres, il tâta ses poches à la recherche de son briquet et disparut dans un nuage de fumée quand il l'alluma.
Le regard anthracite parcourut Nagato de haut en bas, puis de bas en haut et Itachi recracha de la fumée en s'ancrant dans les yeux de son ami.
— Je m'y suis fait. C'est pas si mal.
— Tant mieux, j'hésitais vraiment à me déshabiller pour ne pas t'infliger ce spectacle, répondit Nagato en se parant d'une ironie mordante. Ton avis sur mes fringues est primordial dans ma vie et sans lui, je suis perdu.
Plus tôt dans la soirée, Deidara avait appris qu'il avait reçu des vêtements en cadeau et s'était récrié à l'idée qu'il ne leur en fasse pas profiter. Sous l'impulsion conjointe de l'artiste et de Konan, Nagato avait été forcé à passer les nouveaux habits pour défiler.
Si tout le monde l'avait complimenté sur la tenue, l'inondant de compliments peut-être un peu exagéré mais qui faisaient si chaud au cœur, Itachi s'était fendu d'une moue sceptique et d'un « j'aime pas. Objectivement, c'est canon, mais ça ne te va pas » des plus vexants.
Mais celui qui avait été le plus vexé par la réflexion avait été Deidara qui l'avait ressenti comme une mise en cause de son sens de la mode – lui-même ayant approuvé le choix. Il avait donc exigé que Nagato reste en tenue, Yahiko approuvant gentiment, pour qu'il soit à l'aise à les porter sur la photo que le Raikiri faisait d'eux chaque année pour le numéro spécial Akatsuki.
D'ordinaire, c'était Deidara qui s'occupait de choisir les vêtements de tout le monde pour la photo, pour qu'ils soient accordés. Sasori ne lui prêtait de l'aide qu'avec un dédain certain, prétendant ne pas s'amuser autant que l'autre artiste de la bande, mais pour rien au monde il ne l'aurait laissé agir seul.
— Je t'ai vexé ? demanda Itachi d'un ton désolé.
Nagato l'observa tirer une bouffée de tabac, yeux frôlant son profil des yeux jusqu'à la pomme d'Adam, puis il tourna la tête vers le jardin.
— Pas vraiment, mentit-il. C'est pas comme si je cherchais à te plaire, de toute façon.
— Mais ça me plaît, c'est très beau, c'est seulement inhabituel, venant de toi. Ça ne te ressemble pas.
—T'as décidé d'être sympa avec moi, ce soir, rit Nagato avec ironie.
Son sourire retomba et il se tourna un instant, portant ses doigts à la main d'Itachi pour lui subtiliser sa cigarette, jetant un œil rapide sur la véranda où étaient Minato et Kushina.
— Oui, ça m'a vexé, lâcha-t-il finalement en tirant une latte sur la cigarette. C'est rien, je suis pas en forme, ces temps-ci et j'avais besoin de compliments gratuits.
Itachi grimaça.
— Je ne suis pas doué pour les compliments que je ne pense pas. Mais tu as plein d'autres qualités, tu sais. Je veux dire, le physique, c'est pas le plus important, et… Merde… Dans ma tête, je n'étais pas en train de te dire que je te trouve moche. C'est pas vrai, en plus. C'est juste que je te préfère quand t'es habillé comme d'habitude, parce que…
Il récupéra sa cigarette d'un geste vif.
— Parce que tes sweatshirts à message sont toujours rigolos et comme ce sont des blagues de maths, la plupart du temps, j'ai un peu l'impression que tu les portes pour me faire sourire. Alors je préfère. Puis…
Il avala une bouffée de fumée et éloigna la cigarette de ses lèvres, contemplant le foyer incandescent avec un air contrit.
— Puis ? encouragea Nagato, suspendu à ses lèvres.
Itachi secoua la tête, écrasant son mégot dans le cendrier prévu à cet effet, l'observant un instant.
— Mais qui s'en sert ? demanda-t-il. J'imagine mal ton oncle et ta tante fumer.
— Ah mais ils ne fument pas, ils l'ont mis là pour Hidan et toi.
Surpris, Itachi tourna la tête vers la véranda et fit une grimace.
— Moi qui me pensais discret…
Nagato éclata de rire.
— La seule chose que tu arrives à dissimuler à ma famille est ta passion pour Rihanna, mais parce que tu le caches à tout le monde.
Itachi lui jeta un regard en biais, amusé.
— Apparemment pas à toi.
Un coup de vent agita leurs cheveux, Nagato baissa les yeux.
— Eh bien, vu que tu me demandes de relire tes compositions en anglais, au bout d'un moment, j'ai fini par reconnaître les paroles de certaines de ses chansons. Pourquoi ne pas simplement le dire que tu aimes cette chanteuse ?
Itachi roula des yeux et s'approcha un peu, pour murmurer à l'oreille de Nagato :
— Parce que mon fanclub penserait que c'est parce qu'elle m'attire physiquement, alors que j'aime seulement sa musique. Personne ne veut voir mon fanclub danser sur du Rihanna.
Nagato frissonna, le souffle à son oreille le faisant rosir légèrement. Il se décala à peine et se perdit dans le regard d'Itachi – bien trop près – qui souriait toujours.
— Puis j'aime assez l'idée d'avoir mon petit coin à moi que je ne partage avec personne.
Il fronça légèrement les sourcils.
— Maintenant que tu connais mon secret, il faut que tu m'en dises un.
Nagato humecta ses lèvres et bougea, la barrière pénétrant douloureusement dans son dos alors qu'Itachi s'approchait encore pour les maintenir à portée de murmure.
— Je…
Il secoua la tête, refusant de se laisser impressionner, puis il toussota.
— Le principe d'un secret, c'est de n'être révélé à personne, tu sais.
— Je ne suis pas personne. Et tu as dit ton secret à Yahiko, j'en suis sûr.
Nagato n'ignorait pas que son ami prêchait le faux pour savoir le vrai, il le savait. Il connaissait les méthodes d'Itachi pour obtenir ce qu'il voulait sur le bout des doigts, pourtant, cette affirmation le fit rater une respiration et bégayer. Il détourna les yeux, scrutant la baie vitrée pour essayer de saisir le regard de son meilleur ami et l'appeler au secours.
Un doigt taquin heurta ses cotes et son regard dévia de la véranda pour se reporter sur celui qui était au cœur de son secret.
— Dis-moi, exigea Itachi. Sinon, je te chatouille jusqu'à ce que tu cries grâce.
— Je n'ai aucun secret, tenta-t-il d'une voix paniquée.
Itachi se rapprocha encore, si c'était humainement possible de le faire et son doigt titilla de nouveau les cotes de Nagato qui se tortilla pour essayer d'échapper à ce contact.
— Je te jure que je n'ai aucun secret pour toi, insista-t-il en saisissant la main qui s'apprêtait à le chatouiller de nouveau, arrête de me torturer !
Il remonta les doigts qu'il tenait pour éviter qu'Itachi tente de nouveau de le chatouiller puis il se rendit compte que ça les avait approchés si près qu'ils se frôlaient presque. Ses yeux revenaient inlassablement caresser la bouche d'Itachi, plissée en un sourire un peu sadique. Nagato sentit sa gorge devenir sèche. Il aurait suffi d'un geste, d'un simple geste pour pouvoir finalement l'embrasser.
Puis soudainement, Itachi fut arraché de sa proximité par Yahiko qui ficha ses mains sur ses hanches, comme pour gronder le basketteur qui leva les yeux au ciel. Nagato en profita pour se carapater le plus rapidement possible, dissimulant ses joues rougies.
— Il m'a dit son secret, se réjouit Itachi alors que Nagato se figeait dans l'embrasure de la porte.
Il réfléchit à comment faire signe à Yahiko que ce n'était pas vrai, qu'il n'avait pas fait une telle chose, mais ses autres amis fixaient leurs yeux sur lui et il soupira, soulagé quand son meilleur ami formula une réponse contrite à Itachi :
— Ah oui ? Mince, je… Écoute, c'est pas… C'est pour le scénario, qu'on s'échange des hentais. Vraiment, y en a des très bons.
Itachi leva un sourcil incrédule puis fit claquer sa langue. Un nouveau souffle balaya la terrasse, les faisant tous deux frissonner. Ils retournèrent donc à l'intérieur, saisis dès leur arrivée par la voix de Deidara qui tentaient de les convaincre de venir s'installer pour jouer à un jeu.
Nagato [22:03] : Je te revaudrai ça. Merci d'assurer mes arrières tout le temps.
Yahiko [22:03] : T'inquiète
Yahiko [22:04] : *a partagé un gif animé : "I got you bro"
Yahiko [22:04] : Par contre, j'espère que tu as des hentais à me prêter 😅
Nagato [22:04] Euuuuuuh 😅 Oui mais comment dire 😅
Yahiko grimaça en rempochant son téléphone, portant à son meilleur ami un regard assassin.
Puisqu'il le faut, pensa-t-il, je lirai du yaoi.
Ils échangèrent une œillade connivente, puis, alerté par les piaulements enthousiastes de Deidara, il se sentit obligé d'intervenir :
— Ah non, pas encore le jeu de la bouteille, c'est grave nul ! Vous voulez pas qu'on fasse un strip-poker ?
— Un strip-SmashBros, plutôt ? suggéra Konan avec un large sourire. J'aime bien vous voir à poils et démunis face à mon talent.
La porte de la salle de classe vide s'ouvrit et Konohamaru y poussa sans ménagement Moegi et Udon qui lui jetèrent un regard contrarié alors qu'il refermait le battant après s'être assuré que personne ne les avait vus.
— Prenez place, affirma-t-il avec emphase.
Udon renifla, redressa ses lunettes et tira une chaise pour s'installer au premier rang alors que Moegi s'asseyait directement sur la table, la mine boudeuse et les bras croisés. Elle avait délaissé son sac sur la table à côté et braquait sur Konohamaru un regard rude.
Elle n'avait pas attaché ses cheveux blonds qui tombaient en carré sur ses épaules, et sa salopette était toujours couverte de traces de peinture. Elle avait roulé les jambes juste assez pour laisser voir ses chaussures Converse. Ce nouveau style lui convenait bien, même si ses parents regrettaient le temps des couettes et des robes de princesse. Ça ne lui ressemblait pas, d'être une fille classique, elle était bien trop casse-cou pour se cantonner au rôle de potiche qui rougit quand elle voit passer un garçon mignon, même si, elle devait bien reconnaître, Sasuke Uchiha était tout à fait à son goût.
Udon lui jeta un regard en essuyant son nez sur la manche de sa chemise. La place d'intello du trio qu'il formait avec eux ne lui posait aucun problème, au contraire, il fallait bien que l'un d'entre eux se dévoue pour freiner l'impulsivité de Konohamaru et le goût du risque de Moegi. Il écarta les cheveux qui lui tombaient sur les lunettes et observa Konohamaru s'emparer d'un feutre pour inscrire au tableau blanc : « C'EST QUOI LEURS PROBLÈME ? »
— Il n'y a pas de s à leur, signala-t-il d'une voix basse et son ami le foudroya du regard.
— On s'en fout. La question reste la même. Le mois d'octobre va commencer et je n'ai toujours pas la moindre piste concernant les mecs d'Akatsuki.
Il continua à tracer des caractères au tableau, le séparant en deux parties. La première était intitulée « ON SAIS », la seconde « ON CHERCHE » et Udon grimaça.
— Asuma n'a pas tort, tu devrais vraiment faire attention à ton orthographe.
— C'est pas important, quand on est un lanceur d'alerte comme moi ! Penses-tu que Snowden se souciait de son orthographe quand il a révélé ce qu'il savait ? Bien, c'est ce qu'il me semblait, ajouta-t-il avec dédain quand son ami ne rétorqua pas.
Moegi soupira.
— Donc quoi ? Tu veux qu'on t'aide à débusquer des potins sur les mecs d'Akatsuki parce que t'es incapable de le faire tout seul ?
— Ils sont huit et je ne peux pas tous les filer, rétorqua-t-il sèchement avant d'exhaler. Excuse-moi, Ino me colle la pression, elle veut que je sorte un article pour le prochain numéro, mais j'ai rien de croustillant. La dispute entre Uzumaki et Uchiha a énormément plu aux lecteurs, ils veulent en savoir plus parce que j'ai teasé quelque chose, mais je trouve rien du tout.
Il laissa passer un silence durant lequel il traça des mots sur le tableau blanc.
C'EST QUOI LEURS PROBLÈME ?
ON SAIS :
• Akatsuki = 8
Itachi : pense que Nagato a un problème depuis la rentrée (source : dispute)
Nagato : a un emploi du temps hyper chargé (source : vol de son edt à l'admin)
Konan : ?
Yahiko :?
Kisame : petite amie que personne ne connait.
Hidan : ?
Sasori : ?
Deidara : Porte des talons (notoriété publique)
ON CHERCHE :
• Pourquoi Itachi pense que Nagato a un problème
• Quels sont les liens entre Yahiko Hayama et Yugito Nii (hypothèse : Yahiko trompe Konan avec Yugito)
• Que font Hidan et Sasori de leurs temps libre ?
• C'EST QUOI LEURS PROBLÈME ?
Moegi et Udon lurent les mots tracés en haussant les sourcils, échangeant un regard puis Udon leva la main, attendant que Konohamaru se tourne vers eux pour lui donner la parole. Quand il le fit, l'intello du groupe toussota.
— Donc si j'ai bien compris, tu veux qu'on t'aide à filer les membres d'Akatsuki pour découvrir des choses sur eux. Des choses qu'ils ne veulent pas qu'on sache.
— Jusqu'à là, ça me paraissait évident.
Moegi ricana.
— À quel moment as-tu cru qu'on avait envie de se mettre Akatsuki à dos ?
— On reconnaît la valeur d'un homme à la puissance de ses ennemis, comme Snowden. Ou comme Assange. De grands hommes, avec beaucoup d'ennemis puissants.
Udon renifla, posant ses mains à plat sur le bureau qu'il occupait.
— Mais moi, j'ai pas envie de devenir un grand homme, si ça veut dire devenir l'ennemi d'Akatsuki.
— Donc, enchaîna Moegi en donnant raison à Udon, au nom de quoi on devrait t'aider ?
— Parce que nous sommes amis et que je veux donner une leçon à Ino. Je sais qu'elle pense que je suis pas capable de trouver un scoop sur eux. Et elle… Asuma lui fait confiance, si elle dit que je ne suis pas à la hauteur, il me fichera dehors. Et j'ai de grands projets pour le Raikiri, moi.
Il reboucha le feutre qu'il posa sur le bureau enseignant avant de s'y asseoir pour observer ses amis.
— Voilà ce que je propose : Moegi, tu t'occupes de Deidara, Sasori et Hidan. Udon, tu fais Kisame et Itachi. Et moi, je m'occupe de Yahiko, Konan et Nagato.
Les deux autres soupirèrent.
— Et qu'est-ce qu'on cherche ? accepta finalement Moegi.
— Toi, tu cherches n'importe quoi qui pourrait me permettre de faire un article de secours si jamais je trouve rien. Ce qu'ils font après l'école, par exemple, ou des infos inédites. Je suis sûr que si tu te rapproches d'Izumi, elle aura un classeur à te donner qui contient tout ce qu'on sait, elle répertorie tout ce qui concerne les proches d'Itachi.
— Pourquoi tu ne demandes pas à Naruto, simplement ? Lui, il pourra te dire, il traîne avec Akatsuki parfois, vu que son cousin c'est Nagato.
Konohamaru se gratta la tête d'un air gêné.
— Ino a eu l'idée, je veux pas lui donner raison, à cette… cette… cette fille.
Moegi leva les yeux au ciel avec un sourire crispé. Konohamaru n'aimait vraiment l'idée qu'une femme lui soit supérieure et elle ne savait pas vraiment si ça signifiait qu'il ne la considérait pas comme une fille ou qu'il la trouvait moins bien que lui.
Udon releva la main.
— S'ils se séparent, je donne une priorité à Itachi ou à Kisame ?
— À Itachi, trancha Konohamaru sans la moindre hésitation avant de se tourner vers le tableau. Cette phrase qu'il a dite a un sens, et je veux savoir ce qu'il y a de différent chez Nagato depuis la rentrée.
Ils échangèrent un dernier regard puis le prétendu lanceur d'alertes baissa les yeux.
— Merci de m'aider.
Deux ans plus tôt
— T'es déjà tombé amoureux, toi ?
Yahiko roula sur le lit de Konan pour fixer ses yeux sur Nagato qui était assis par terre et affrontait Konan sur un jeu de plateau. L'interpelé grimaça légèrement en constatant qu'elle avait réussi à lui bloquer la route qu'il aurait voulu utiliser puis il porta son regard sur leur ami affalé qui jouait avec un coussin.
— Bof, répondit Nagato. J'ai eu un coup de cœur sur quelqu'un en arrivant, mais c'est vite passé. Je vous dirai pas c'était qui, précisa-t-il en voyant la lueur d'intérêt qui s'était allumée dans les rétines de ses amis.
— Oh allez, tanna Konan en abattant une carte avec satisfaction, dis-nous ! Comme ça, on saura quel genre de filles tu aimes bien !
Nagato baissa les yeux et détourna le regard.
— C'était pas une fille, murmura-t-il de façon quasiment inaudible.
Il tripota longuement le pion en forme de wagon de train qu'il avait dans les mains, refusant de relever la tête pour affronter le regard de ses camarades. Il fit semblant de réfléchir à son prochain mouvement, puis Konan toussota de gêne.
— Mais quand tu dis que c'était pas une fille, tu veux dire… que c'était un garçon ?
— Merci Captain Obvious, souligna Yahiko en roulant des yeux. Tu voudrais que ce soit quoi ? Une table basse ?
— Ça pourrait, rétorqua Konan avec mauvaise foi et les joues roses, regarde, Sasori est bien amoureux d'un dessin animé qui chante.
Elle s'étira légèrement et chercha le regard de Nagato.
— Excuse-moi, pour la question stupide, je ne voulais pas donner l'impression que je te juge.
— De toute façon, ça change rien à notre problème, on veut un nom.
La jeune femme approuva avec vigueur et Nagato accepta finalement de redresser les yeux.
— Non, je ne veux pas vous dire, vous allez être bizarres après.
Se redressant sur le lit, Yahiko porta sa main droite à son cœur, la gauche se levant.
— Promis, juré, je ne serai pas bizarre.
— Promis, juré, je ne serai pas bizarre, copia Konan avec un sourire encourageant.
Nagato posa le wagon avec lequel il jouait devant lui, hors du plateau puis il les dévisagea tour à tour, hésitant longuement.
— C'était pas… C'était seulement que je le trouvais beau et il était gentil avec moi alors que je venais d'arriver, n'allez pas imaginer que… Puis, ça n'a pas duré alors… Enfin, je…
Il laissa passer un silence durant lequel ses amis se penchèrent en avant, suspendus à ses lèvres puis il finit par lâcher, mal à l'aise :
— C'était Shisui Uchiha, voilà.
Un silence s'attarda dans la chambre et Yahiko mordilla ses lèvres pour retenir une phrase désolée pour son ami, déviant sa pensée d'un coup.
— Mais quand même, moi aussi je suis beau et gentil, ça me blesse que tu aies pas flashé sur moi.
Éclatant de rire, Nagato finit par placer son pion et réfléchir à sa prochaine action, alors qu'il répondait :
— Entre amis, ça se fait pas, ce genre de sentiments, trancha-t-il.
Il rata les regards fuyants de ses deux amis qui évitaient de se regarder.
