Résumé : En 1988, le docteur Terrence MacAfferty, plus communément appelé Mac, directeur adjoint de CHERUB depuis maintenant 5 ans, trouve dans une rue de Londres un petit garçon d'environ 7 ans. Attendri par la détresse évidente de l'enfant, il décide de le ramener chez lui.
Chapitre 1 : Prendre un enfant par la main
Au cours du mois de mars de l'année 1986, Harry James Potter fit sa première démonstration de magie accidentelle. La réaction de son oncle, Vernon Dursley, fut immédiate et aussi violente que radicale: après lui avoir laissé quelques minutes pour rassembler ses maigres affaires, il le mit à la porte.
Deux ans plus tard, un homme d'une quarantaine d'années marchait d'un pas tranquille. Il s'appelait Terrence McAfferty et était à Londres pour une réunion professionnelle. Du moins, telle était la version officielle, la raison qu'il avait donné à ses voisins pour justifier son absence pour la journée. Ceux qui travaillaient avec lui savaient qu'en réalité, il avait rendez-vous avec le ministre. L'homme était en effet le directeur adjoint d'une organisation secrète, fondée par son défunt père et où il vivait depuis sa naissance, nommée CHERUB.
Quelques heures plus, alors qu'il faisait le chemin inverse, son regard fut attiré par un mouvement. Il s'approcha et vit un petit garçon endormi. L'enfant, qui avait des cheveux d'un noir de jais lui tombant jusque dans le bas du dos, dormait sur ce qui, une fois qu'il eut franchi la distance les séparants, s'avéra être un carton. Il ne devait pas avoir plus de 6 où 7 ans, à vue d'œil. Il était maigre, très maigre, comme s'il ne mangeait que très rarement à sa faim. Ce qui était très probablement le cas si, comme la scène qu'il avait devant lui le laissait supposer, le pauvre petit était un enfant des rues, et ses cheveux gras et couverts de poussières donnaient l'impression de ne pas avoir été lavés depuis des mois. D'après l'odeur nauséabonde qui se dégageait du jeune garçon, lui non plus ne devait pas avoir vu de douche depuis très longtemps. Il ne lui fallut que quelques secondes pour prendre sa décision. Sa femme allait le tuer mais il ne pouvait décemment pas laisser ce pauvre gamin tout seul dans la rue, livré à lui même, à la merci de tous les criminels du coin.
Il se pencha au dessus de l'enfant et le pris dans ses bras et le porta jusqu'à la voiture qu'on lui prêté pour l'occasion. Il le mit à l'arrière et s'assura qu'il était correctement installé puis démarra.
Une petite heure plus tard, il se gara devant la maison où il vivait avec sa compagne. Il descendit de voiture puis alla récupérer le petit brun qui dormait profondément sur le siège. Il se fit la réflexion que pour dormir aussi longtemps et ne pas avoir été gêné par le trajet, son « invité » devait soit avoir un besoin très urgent de dormir, soit avoir le sommeil très lourd. Il devait probablement y avoir un peu des deux.
Comme il s'en doutait, sa femme l'attendait de pied ferme. Il se dis qu'elle avait dû le guetter depuis la fenêtre car il eut à peine mis un pied à l'intérieur qu'elle lui tomba dessus comme un vautour sur sa proie. Lorsque son avalanche de questions se fut tarie et qu'il eut enfin fini d'y répondre, elle se calma et compris ce qui avait motivé sa décision de ramener ce petit chez eux. Ensuite seulement elle constata l'état de propreté déplorable du garçon. Ils décidèrent d'attendre son réveil pour lui faire prendre une douche et lui couper les cheveux. Constatant que les vêtements qu'il portait étaient beaucoup trop petits, ils allèrent chercher de vieilles affaires appartenant autrefois à leurs fils. Ce nétait peut-être pas le grand luxe mais c'était déjà mieux que rien et ils se doutaient qu'après avoir passé plusieurs mois dans la rue, il ne s'en plaindrait pas.
Lorsqu'il se réveilla, quelques heures plus tard, Harry eut une sensation étrange. Lorsqu'il voulut s'appuyer sur ses bras pour se redresser, ceux-ci s'enfoncèrent dans une sorte de matériau pas tout à fait mou mais pas vraiment dur non plus. En baissant les yeux, il se rendit compte qu'il était allongé sur un matelas. En détaillant son environnement, il vit qu'il se trouvait dans une chambre qui était vraisemblablement celle d'un adolescent. Il constata également que la personne qui l'avait amené ici en avait profité pour le changer, puisque les vêtements qu'il portait n'étaient pas les siens. Ce qu'il ressentait à cet instant était un mélange de peur et de reconnaissance. La peur, car il ne savait pas où il était et ne reconnaissait pas les lieux. Et la reconnaissance car, d'aussi loin qu'il pouvait se souvenir, c'était la première fois de sa vie que quelqu'un faisait autant attention à lui.
Il s'assit sur le bord du lit - c'était la première fois qu'il dormait dans un vrai lit et c'était une sensation étrange - et posa les pieds par terre. Il retira immédiatement lorsque ses pieds nus en entrèrent en contact avec le carrelage froid puis les reposa plus doucement. Il s'aida de ses mains pour se lever puis quitta la pièce. Il ne savait pas depuis combien de temps exactement il n'avait pas mangé mais il n'y prêtait pas attention. Il n'avait jamais mangé à sa faim. Son « exploration » de son nouvel environnement finit par le mener jusqu'à une cuisine où un couple était assis autour d'une table. Ils se retournèrent en entendant le bruit qu'il fit en entrant dans la pièce. Harry les détailla. L'homme devait avoir la quarantaine bien tassée. Ses cheveux commençaient à se teinter de gris et de légères rides tendaient à apparaître autour de ses yeux. La femme devait avoir le même âge, à quelques mois près. Il sentait, étrangement, qu'il pouvait leur faire entièrement confiance. Il hésita quelques secondes avant de venir s'asseoir avec eux lorsqu'ils l'invitèrent à le faire puis décida de suivre son instinct et s'exécuta. L'homme pris la parole et dit d'une voix chaleureuse :
- Bonjour, petit. Je suis le docteur Terrence McAfferty mais tu peux m'appeler Mac si tu préfères. Ma femme s'appelle Catherine. Et toi ? Quel est ton nom ?
- H… Harry
- D'accord. Dis-moi Harry… Est ce que tu sais quel âge tu as ?
L'enfant se mit à réfléchir et alors que le couple commençait à penser qu'il allait garder le silence, il répondit finalement :
- Je crois que j'avais - il fit le calcul avec ses doigts - cinq ans oncle Vernon m'a mis dehors. Et c'était il y a… deux ans je crois.
L'homme - Mac, donc - demanda à l'enfant :
- Donc tu as… sept ans, c'est bien cela ?
L'enfant acquiesça. La femme, Catherine, choisit ce moment pour intervenir et lui expliqua qu'ils allaient commencer par redonner à ses cheveux une allure décente. Les quelques vagues souvenirs qu'il avait de sa tante s'improvisant coiffeuse lui revinrent en mémoire et il eut un mouvement de recul. L'adulte lui sourit et tenta de le rassurer. Il lui fallut quelques minutes pour se calmer mais une fois que ce fut fait, il se laissa faire. Elle lui tendit ensuite un miroir quand elle eut finit. Au dessus, derrière et sur les côtés ses cheveux étaient mi longs et une mèche plus longue lui tombait devant l'œil droit. Ses cheveux, plus longs sur le devant descendaient sur son front, cachant ainsi sa cicatrice. Après cela, elle proposa au jeune garçon de prendre une douche puis de manger quelque chose. Il acquiesça. Il avait l'impression de ne pas avoir mis les pieds dans une salle de bain depuis une éternité. Elle l'accompagna et lui montra comment utiliser la douche puis redescendit préparer le repas pour eux trois. Lorsqu'il sortit de la douche, il repéra une petite boîte en bois, qui lui fit immédiatement penser à celle que sa tante utilisait pour se maquiller. Il descendit et demanda à Catherine ce que contenait cette boîte. Elle lui répondit que c'était du fond de teint et lui expliqua à quoi cela lui servait. Il lui demanda si elle pouvait lui en mettre sur sa cicatrice et elle acquiesça. Catherine partit et revint quelques minutes plus tard avec une boîte ronde aplatie. Comme il le lui avait demandé un peu plus tôt, elle masqua sa cicatrice, celle ci lui rappelant trop de mauvais souvenirs. Notamment les séances coiffure avec sa tante, lorsque celle ci lui coupait les cheveux le plus court possible en ne laissant qu'une longue mèche pour cacher ladite cicatrice. Cela lui rappelait, également, que les Dursley ne cessaient de dénigrer ses parents biologiques. Sa tante prenait d'ailleurs un malin plaisir à lui répéter sans cesse que cette cicatrice le rendait monstrueux et que c'était pour ça qu'il était aussi malheureux et qu'aucun enfant ne voulait l'approcher. Son mari, de son côté, réfléchissait à la possibilité d'intégrer Harry à CHERUB. Après tout, le garçon n'avait pas de famille connue, ce qui était l'une des prérogatives pour faire partie de l'organisation, et avait réussi à survivre pendant deux ans en étant livré à lui même malgré son jeune âge. Il fut tiré de ses pensées par sa femme qui lui posa une question :
- Qu'est ce que tu disais ?
Elle leva les yeux au ciel et redemanda :
- Je te demandais si tu étais d'accord pour que Harry reste avec nous.
- Ça ne me dérange pas, évidemment. Mais… j'avais pensé à autre chose.
Il lui expliqua ce à quoi il avait pensé et elle reconnut que c'était une bonne idée. De plus, cela permettrait à Harry de se sociabiliser. Ils convinrent tout de même d'attendre quelques jours, histoire qu'il se familiarise avec eux ainsi qu'avec son nouvel environnement.
Il se mirent ensuite à table.
Le soir, il alla se coucher sans faire d'histoire, fatigué par les événements de la journée. Avec l'accord du couple, il s'installa dans la chambre où il s'était réveillé plus tôt dans la journée.0
Il passa les jours suivants à s'adapter à sa nouvelle vie. Il avait accepté sans hésiter lorsqu'ils lui avaient demandé s'il voulait rester chez eux. Ce fut seulement à ce moment là qu'ils décidèrent de mettre en application la décision qu'ils avaient prise le jour où Harry était entré dans leurs vies.
Le lendemain, il fut réveillé par Catherine, qui lui demanda de se préparer rapidement et lui expliqua qu'il allait accompagner son mari au travail. Il s'exécuta sans poser de questions, se doutant qu'il saurait tout plus tard. Il enfila un t-shirt vert émeraude, assorti à ses yeux, sans logo, un jean et une paire de chaussettes. Il mit une paire de baskets puis suivit Mac jusqu'à sa voiture. Pendant le trajet, il essaya de deviner où l'adulte l'emmenait. Au cours des derniers jours, il avait remarqué que le couple qui l'hébergeait ne manquait de rien, ce qui signifiait qu'ils devaient, l'un comme l'autre, plutôt bien gagner leur vie. Il avait remarqué, également, qu'en dehors de ses heures de travail, l'homme passait tout son temps dans son bureau et n'en sortait que pour les repas. Il n'eut pas le temps de pousser plus loin ses réflexions puisqu'à ce moment là, la voiture s'arrêta devant un immense portail. À travers les barreaux, il pouvait apercevoir un ensemble de bâtiments.
