Une fois n'est pas coutume, je publie le 12ème chapitre un peu en avance parce que mon programme de demain est surchargé ^^ Je vous retrouve en bas pour les réponses aux Guests (une en fait) et je vous souhaite une excellente lecture !


Campé au milieu de son bureau, Dumbledore avait l'air furieux. Mais Harry était lui-même trop en colère pour se laisser intimider par le regard électrique braqué sur lui. Le vieux directeur était hors de lui ? Parfait, lui aussi. Et il avait des choses à lui dire.

– Vous avez des mangemorts dans le château, attaqua-t-il d'une voix acide. Des putains de mangemort et vous le savez. Qu'est-ce que vous foutez ?

Il n'avait pas manqué le regard assassin du professeur McGonagall quand Rosier avait heurté le mur de la Grande Salle. Elle avait compris, il en était sûr. Mais si elle ne pouvait rien faire de front contre Rosier, faute de preuves, ce n'était pas le cas de Dumbledore.

Dumbledore avait su pour Quirrell, il avait su pour Drago Malefoy et il avait eu des doutes concernant Maugrey. Il avait toujours su débusquer les mangemorts qui avaient pris d'assaut Poudlard, au fil des années. Alors pourquoi restait-il inactif ?

Face à lui, Dumbledore ferma brièvement les yeux, les mains jointes sur le tissus violet de sa robe. Quand il les rouvrit, toute trace de colère avait disparu de son visage.

– C'est exact, murmura-t-il en tendant une main vers Fumseck, qui vint loger sa tête contre sa paume à la manière d'un chat. Quelques septièmes années sont engagés auprès de Voldemort et certains en portent probablement déjà les marques. Ils ont certainement pour mission de me surveiller tout en recrutant des partisans parmi les jeunes élèves.

Son expression se fit lointaine alors que sa voix vacillait légèrement. Un air de profonde tristesse passa dans ses yeux. L'instant d'après, il secouait la tête et se tournait à nouveau vers Harry.

– Pourtant, poursuivit-il et son regard s'affirma à nouveau, revenant brusquement à la vie alors qu'il plongeait dans les yeux de Harry, je ne discriminerai pas toute une maison pour les erreurs de certains. Ça ne ferait que précipiter les plus faibles dans les griffes de Voldemort et ces élèves ont encore droit à une éducation décente.

Harry plissa les yeux, sentant les ondes de colère pulser à travers ses veines jusqu'à la pulpe de ses doigts.

– Et la moitié des Serpendards terrorisent le château et agressent les nés-moldus, lâcha-t-il d'un ton sec. Les mangemorts recrutent à l'intérieur des murs ! Votre idéalisme vous pousse peut-être à attendre passivement mais il n'empêche pas leur idéologie de s'exprimer !

– Et tant que je ne saurais pas précisément ce qu'il en est, je ne risquerai pas la sécurité de mes étudiants.

L'expression de Dumbledore était crispée mais son ton était sans appel. Harry serra les poings. Il se vit attraper le vieux sorcier par les épaules et le secouer de toutes ses forces et la vision le calma légèrement.

– Vous ne pouvez pas agir parce que vous n'avez pas de noms, ou pas de preuves, articula-t-il d'une voix sourde, mais je pourrais vous les donner, moi, ces noms ! Rosier, déjà…

– HARRY, NON !

La voix de Dumbledore claqua comme un coup de tonnerre à l'intérieur du bureau. Fumseck laissa échapper un cri plaintif alors que les flammes des bougies vacillaient violemment dans leur bougeoir. Harry sentit une chair de poule lui recouvrir les bras et il lui fallut tout son bon sens pour ne pas sortir sa baguette et la pointer vers Dumbledore.

La lumière revint et le vieux sorcier s'effondra dans le fauteuil de son bureau, le souffle court.

– … Ne me tente pas, chuchota-t-il et soudain, il fit réellement ses cent ans et quelques. Harry, s'il-te-plaît, ne me tente pas…

Fumseck vola jusqu'à lui sous le regard anéanti de Harry et Dumbledore se mit à caresser ses plumes d'un air absent.

– Je dois tout ignorer, murmura-t-il sans le regarder et Harry crut discerner un ton d'excuse dans sa voix fatiguée. Tout ignorer, jusqu'au bout. Parce que sinon, tous tes efforts n'auront servi à rien. Je ne dois rien savoir.

Harry ferma les yeux, laissant sa colère refluer. Dans son esprit, la petite voix continuait de lui susurrer inlassablement la même question :

Est-ce que ça en valait la peine ?

Il baissa la tête. Ses doigts se desserrèrent imperceptiblement sans qu'il ne fasse rien pour.

– … Chaque jour que je passe ici me rappelle ce que je n'aurais jamais, avoua-t-il du bout des lèvres, amer, et il vit Dumbledore relever légèrement la tête à son écoute. Et savoir que je pourrais tout changer mais que je ne dois pas me rend fou.

Il croisa les bras sur sa poitrine, refusant obstinément de regarder vers le bureau. Il ne voulait pas voir l'expression de pitié de Dumbledore.

Savez-vous ce que j'entends quand les détraqueurs s'approchent de moi… ?

– … Savez-vous ce que j'entends quand les détraqueurs s'approchent de moi, professeur ?

Son regard vert s'ancra dans le bleu électrique.

– J'entends ma mère supplier Voldemort de me laisser la vie sauve et son hurlement quand elle se prend l'avada kedavra à ma place.

Tremblant de la tête aux pieds, Harry tourna le dos à Dumbledore et sortit du bureau à grands pas. Il s'arrêta sur le pas de la porte, lutta un instant contre lui-même et finit par lâcher, presque à contrecœur :

– Je sais que je ne dois rien vous révéler, mais laissez-moi vous dire ceci. Vous allez hésiter à me sacrifier pour battre Voldemort. N'hésitez pas. Faites-le. Parce que sinon, quand je rejoindrai mon époque, j'aurais vraiment tout perdu.

.

– Je veux rentrer chez moi. Maintenant, articula Harry en grinçant des dents.

La porte de la Salle sur Demande se dessina dans la pierre du mur et Harry se précipita à l'intérieur. Il ne fut pas spécialement surpris de ne découvrir que le piédestal dans la pénombre bleutée. Au fond de lui, il ne pouvait pas dire qu'il avait espéré un changement. Il dévisagea l'encoche laissée par l'arche d'un air profondément blasé.

Alors c'est comme ça ? murmura la petite voix dans un coin de son esprit. Très bien…

Il était coincé en 1976, dépendant du bon vouloir de la Salle sur Demande pour pouvoir rentrer chez lui. Il avait interdiction d'interagir avec cette époque et il était sûr que Dumbledore allait le garder étroitement à l'œil à présent, après son coup d'éclat lors des cours de duel.

Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres alors qu'il quittait la Salle sur Demande sans un regard en arrière.

Si le directeur avait voulu le garder en laisse, il n'aurait jamais dû lui proposer de finir ses études à Poudlard. Il aurait dû l'éloigner, l'obliger à patienter le temps de trouver une solution à son exil. Mais il avait préféré pouvoir garder un œil sur lui, bien trop prudent et bien trop conscient que livré à lui-même, Harry se serait évanoui dans la nature à la recherche de Voldemort et de ses Horcruxes.

Mais les mangemorts étaient déjà dans le château. Et au vu de l'aisance qu'avait eu Rosier lors de leur duel, lui au moins avait peut-être même déjà pris part aux massacres perpétrés par Voldemort.

Une rage glacée s'empara de Harry, suivi du frisson familier qui accompagnait la montée de l'adrénaline. Sa ligne de conduite lui apparaissait nettement, à présent. Après avoir entendu Sirius lui parler du père d'Olivier Dubois, il n'avait que trop conscience des conséquences qui pouvaient découler de ses actions, mais il était hors de question qu'il reste un spectateur impuissant alors que les mangemorts avaient déjà envahi Poudlard. Il pouvait œuvrer à partir de ça. Reformer l'AD, entraîner les élèves, inciter James, Sirius et Remus à intégrer l'Ordre du Phénix, lâcher des bribes d'informations contre Voldemort… Il n'avait aucune illusion sur le fait qu'il ne serait pas capable de sauver ses parents et il refusait de risquer de sacrifier d'autres familles – la pensée de Neville lui serra le cœur – pour que la sienne survive en en dévoilant trop sur lui-même et le futur, mais…

La voix froide et sans appel de Dumbledore résonna dans son esprit :

Tu ne dois en aucun cas interagir avec cette époque.

Un rictus ironique étira son visage et il se fit l'effet d'un gamin à qui on aurait interdit de faire quelque chose et qui se faisait un plaisir de désobéir.

Il poussa la porte du dortoir pour découvrir les sourires lumineux des maraudeurs qui l'attendaient avec des mines impatientes. Sirius et James étaient en train de faire une reconstitution toute personnelle du Radeau de la Méduse sur le lit de Remus, Remus était étalé derrière un livre sur le lit de Sirius et Peter était confortablement installé contre ses douze coussins et pour la première fois, Harry n'y superposa pas la vision de Ron, Neville, Seamus, Dean et lui.

– Alors, tu as eu une retenue ? s'enthousiasma James en sautant sur le lit.

Harry secoua la tête, amusé. Il releva légèrement le menton, en un signe de défi.

… Mais, il pouvait se battre. Et profiter.

Profiter du temps qu'il passait ici. Parce que c'était la seule occasion qu'il aurait jamais d'apprendre à connaître ses parents.

Et essayez donc de m'en empêcher, professeur.

– Nop ! affirma-t-il, les mains sur ses hanches avec un grand sourire au milieu du dortoir. J'ai même pas eu droit à des points en moins. Et vous savez quoi ? Je sens qu'on va bien rigoler…

Son sourire fut le parfait reflet de celui de James.


Bien le bonjour à toutes et à tous !

On passe un tournant décisif dans ce chapitre et je dois vous avouer que j'ai hâte d'avoir vos retours… Avez-vous trouvé le comportement de Harry cohérent ? Est-ce que sa nouvelle résolution ne vient pas trop tôt ? Etc, etc. Je meurs d'envie de connaître vos impressions !

En ce qui me concerne, je suis ravie d'avoir pu décrire un Harry qui envoie valser tout bon sens et qui décide de se rebeller, pour une fois, face à Dumbledore. Il a pris sa décision, et pas la plus facile puisqu'il décide de renoncer à sauver ses parents, Sirius et Remus, et il est enfin en paix avec lui-même. Que vous dire de plus… J'ai maintenant vraiment hâte de publier la suite, haha !

Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine,

Aech.


Réponse aux Guests :

Sandy : Hello ! C'est un plaisir de voir de nouveaux profils par ici ! Merci pour ta review, je suis ravie de voir que cette histoire te plaise ! À une prochaine peut-être,

Aech.