Bonjour, bonsoir ! Me revoilà avec un texte tout particulier : Il s'agit là d'un Os alternatif (disons cela ainsi) à une histoire que j'ai beaucoup aimé : Un chien pour deux dragons de Papaya Corrompue.
Après de avoir pleurni... Discuter de cette histoire avec elle, nous en sommes arrivées à rire d'une autre fin, et elle m'a donné l'autorisation d'écrire mon idée ! J'en ai également profité pour faire ce petit délire plus sérieusement, tester trucs et écrire sur ses ships favoris (j'espère avoir bien compris en tout cas xD) et voilà le résultat !
Bulle, à défaut d'avoir réussit à placer la cougnole et du Patrochilles, j'espère que cette histoire te fera plaisir !
Bref : Bonne lecture à !
Un chien et des Histoires
Rhadamanthe n'avait nul besoin de détourner le regard pour visualiser ce qui se jouait dans son dos. Les yeux posés sur son journal, une tasse de thé dans sa main, le second juge des enfers prenait son temps pour terminer sa pause matinale, ignorant l'impatient molosse assis devant l'entrée de sa cuisine. La bête s'agitait en silence, attendant, comme chaque matin, qu'il termine son petit déjeuner et sa lecture. Garm était un chien bien éduqué, mais surtout, c'était un chien avec une énergie débordante, malgré son très grand âge. Rhadamanthe se rappela d'ailleurs que son fidèle compagnon fêtera bientôt ses huit cent septante-six ans. C'était l'occasion de lui faire une sortie spéciale… ou un cadeau d'envergure ? C'est qu'il devenait compliqué de s'innover au fil des décennies…
Alors que l'anglais se perdait dans ses pensées, Garm allongé sur le carrelage sophistiqué de la cuisine commençait à perdre patience. Le Gentil-compagnon-Blond devrait déjà avoir finir sa gamelle d'eau chaude qui sentait étrange, non de non ! Néanmoins, c'était un bon chien, alors il attendit que Gentil-compagnon-blond termine de manger et ils iraient tous les deux gambader dans un horizon vaste où il pourrait courir et chercher le bâton. Oui, c'était une vie de rêve qu'il vivait du haut de son jeune âge infernal, il avait hâte de découvrir la destination du jour. Mais pour la découvrir, il fallait que son humain de Gentil-compagnon-blond décide de se lever ! Le gros chien aux poils bruns se laissa tomber au sol, roulant sur le flan, il gémit d'impatience dans l'espoir d'avoir l'attention du blond. Et sa mission fut une véritable réussite ! A peine avait-il émit ses plus beaux pleurnichages que le juge s'était retourné vers lui, une expression amusée sur son visage si stricte.
« Tu es encore plus protocolaire que moi quand il s'agit d'aller se promener. » Glissa le juge en s'agenouillant devant lui. Il lui prodigua quelques expertes gratouilles pour le consoler et fini par se relever pour ranger la vaisselle. A peine avait-il déposer la tasse dans le lavabo que Garm se releva d'un trait, titubant un peu, il galopa maladroitement vers la porte des appartements privés. Rhadamanthe, d'une démarche bien plus calme, posait un regard, à la fois rassuré et inquiet, sur la course agitée de son fidèle canidé.
Il fallait dire que son chien avait un véritable don pour se jeter le museau en premier dans des situations dangereuses. Entre sa chute et l'attaque de Minos, qui l'avait sévèrement blessé avec ses fils, le pauvre chien en avait pris des coups. S'il avait eu la miraculeuse chance de s'en sortir, le corps du molosse était à présent cicatrisé, l'une de ses pates avant, la droite, avait pris un choc particulièrement fort. Garm boitait depuis ces tragiques événements. Et pourtant, ça n'empêchait pas le chien d'avoir une joie de vivre qui consolait la culpabilité du juge. Ce ne sont pas ces blessures qui viendraient à bout de la scandaleuse énergie de son compagnon à quatre pattes.
Il se saisit de sa veste, passa une laisse autour du cou du Garm et une destination toute particulière en tête, il tourna la poignée et ouvrit la porte.
Garm reconnu directement les lieux. Le sable chaud qui lui chatouillait les patounes, le doux vent qui les entouraient, contrastant violement avec l'ambiance plus froide des enfers et les énormes vagues dont l'écume s'échouait paresseusement prêt de lui, aucun doute ! Ils étaient dans les plages de Cheveux-Bleus-Océan-Bruyant ! Une vague de joie envahis son corps alors qu'il aboyait dans tous les sens. S'avançant sans trop s'éloigner de Gentil-Compagnon-Blond, il se dépêcha de trouver son grand ami. Ses yeux parcoururent les grandes plages mais étrangement, personne à l'horizon ! Pas l'ombre d'une chevelure océan.
Etrange cela, il n'était pas venu le voir ? Garm se retourna vers son grand ami blond, la tête légèrement penché. Rhadamanthe sembla comprendre sa drôle d'interrogation, mais se contenta de sourire doucement. « Si tu commences à devenir aussi accros à lui que je le suis, on va devoir apprendre à se le partager, toi et moi. »
Garm remua la queue et répondit d'un vif « Wouaf ». Il sentit son collier glisser le long de son coup et ainsi libre, le molosse se mit à courir vers les vagues, s'amusant à les suivre puis à fuir, sans perdre de son intérêt. Cela dura plusieurs minutes où enfin, une voix bien connu des visiteurs de l'enfer se fit entendre.
Garm se tourna et son regard pétilla à la vue de Cheveux-Bleu-Océan-Bruyant. Sans plus attendre, il fonça vers lui, si fort qu'il le fit tomber à la renverse.
« Wouaw, mais quel accueil !
- Il semblerait que tu lui manquais. »
Un « Oh » plutôt amusé glissa des lèvres de Kanon qui, après avoir offert le lot habituel de caresses sur le dos du chien, s'était relevé. Il se rapprocha du juge qui ne l'avait plus lâché du regard depuis son arrivé. « N'aurais-je manqué qu'à Garm ? » Glissa-t-il à l'attention du plus grand, un sourire charmeur qu'il savait, allait profondément ennuyer l'autre.
Rhadamanthe haussa son mono-sourcil alors qu'en face de lui, Kanon arborait un sourire d'impertinence, preuve qu'il était très heureux de son petit manège. Digne du gémeau qui l'avait séduit, il ne pouvait que le reconnaitre. Alors sans perdre de temps à lui répondre, il l'enlaça, déposant ses lèvres sur les siennes. Aussitôt, la réponse du grec se fit sentir sur sa langue. Ils restèrent ainsi, à s'aimer quelques minutes, profitant du vent chaud de la Grèce autours deux .
« Tu aurais pu tout simplement me demander de t'embrasser.
- C'est moins drôle ainsi, tu le sais bien.
- Et tu t'étonnes d'ennuyer ton monde.
- Je lui apprends à se montrer patient, au contraire. Il faut y voir une sorte de leçon de vie.
- Que tu es modeste.
- C'est pour ça que tu m'aimes.
- Pas faux. Rit-il avant de demander un autre baiser que le chevalier lui offrir volontiers. « Tu as mis du temps à arriver ? » Questionna le blond sans pour autant déloger ses mains du dos son petit ami.
Cela amusa Kanon. Le juge pouvait se montrer très simple dans ses démonstrations d'amours, mais quand il le faisait, il n'y allait pas par quatre chemins. Qu'importe si tous les passants pouvaient les voir ainsi, le juge de la Wyverne ne semblait pas s'embarrasser de ce genre de modalités. Alors le cœur léger par la symbolique de ces gestes si simples, Kanon se laisser aller dans l'étreinte, passant ses bras autour du cou du juge.
« Je discutais avec Sorrento au téléphone. On a pas vu le temps passer.
- C'est vrai qu'il est en vacances avec Poséidon.
- Et crois-moi que ton tonton, il s'amuse d'enfer ! »
Le gémeaux sourit, la Wyverne soupira. Il ne s'y ferait pas, à ces jeux de mots.
« Qu'est-ce qu'ils font de si particulier ?
- Rien de bien important, ils étaient tranquilles aux gorges du Verdon, Sorento a émis la tristesse de ne pas être seuls sur les côtés. Poséidon, l'a donc réveillé ce matin en lui expliquant qu'il avait loué une villa en Turquie et l'a amené aux piscines naturelles de Pamukkale pour qu'il puisse « profiter d'un moment à deux ».
- Comment savait-il qu'il n'y aurait personne ?
- Ah ça ! Demande à ton oncle ! »
Rhadamanthe laissa passer, connaissant assez bien le caractère du frère de Zeus, cette exubérance amoureuse lui correspondait bien. Au final, contrairement à son ainé, l'exagération n'avait pour but que de rendre heureux son aimé, il ne pouvait pas le blâmer pour cela.
Il revient à la réalité en sentant la respiration de Kanon lui chatouiller la joue. Une simple caresse des lèvres, qu'il réitéra, encore et encore.
« Tu es blessé ? » Demanda finalement Rhadamanthe en apercevant un pansement dépasser du t-shirt.
« Hum ? Ah, rien de grave, reste de mission.
- Compliqué ?
- Plus que prévu mais rien d'ingérable. »
Il resserra l'embrassade et restèrent ainsi quelques secondes avant qu'un détail se fit remarquer.
« Où est passé Garm ? »
Mais où était passé cet oiseau ? Garm tournait la tête dans tous les sens, cherchant où le joyeux petit volatile aux couleurs incroyables avait pu disparaitre. Il avait mis toutes ses forces dans cette course pour observer et jouer avec l'oiseau. Mais il l'avait perdu, comme ça, à cause d'une inattention. En grimpant ces incessantes collines, puis marches de pierres qui ne s'arrêtaient pas, il avait senti une terrible douleur à sa patte. Une mini-paralysie qui le fit trébucher. Il s'était alors vite relevé, mais plus d'oiseau coloré.
Et plus de Gentil-Compagnon-Blond et Cheveux-Bleu-Océan-Bruyant.
Ou se trouvait-il ? Le gros chien au visage patibulaire tourna en rond, ne savant pas trop quoi faire. Le soleil tapait bien plus fort ici que sur la plage, l'air y était bien plus lourd également. L'ambiance était drastiquement différente de celle des enfers et le pauvre chien devait admettre préférer la fraicheur des souterrains que la chaleur peu agréable de cet endroit.
Il aboya. Une fois, deux fois, la troisième fois moins fort. Garm n'aimait pas être seul, il n'appréciait pas cela. Le vide, le silence,… cela lui rappelait de mauvais souvenir. Il se mit à émettre de petites plaintes, tournant encore et encore en rond sur les pierres blanches chauffées par le soleil.
« Mais comment es-tu arrivé ici ? »
Une voix l'interpella. Il tourna le museau vers cette nouvelle personne. Un élan de bonheur saisit son petit cœur de canidé, un humain ! Il n'était plus seul ! C'était un homme comme Gentil-Compagnon-Blond, même si son allure était drastiquement différent. Il avait une très longue chevelure rouge, très rouge ! Comme ses yeux d'abords. C'était hypnotisant, mais ça lui allait très bien. Il était très beau même s'il n'avait pas l'air spécialement heureux.
L'inconnu s'approcha doucement. Arrivé à quelques pas de lui, il s'accroupis à son niveau, semblant l'observer. Garm n'était pas trop sûr de ce qu'il cherchait, mais il ne s'enfuyait pas, le monsieur avait l'air gentil, il le laissa faire… ce qu'il essayait de faire. Le chien infernal n'avait plus trop la force de courir, ni de comprendre.
« Tu dois t'être perdu ... Tu sembles déshydraté, aussi. » L'homme aux cheveux rouges tandis les mains devant le canidé et sous les yeux ébahis de l'animal, plusieurs flocon de neige volèrent autours de lui. L'atmosphère qui était lourde, devint soudainement beaucoup plus fraiche. Lui rappelant le vent frais de certaines contrés qu'il avait découvert aux côtés de Gentil-compagnon-blond. Amusé par tous ses flocons qui volaient par il ne savait quelle magie, il se mit à tourner sur lui-même, mais très vite, il trébucha, pliant instinctivement sa patte blessée.
Il vit l'inconnu réagir, son expression se focalisant sur sa patte meurtrie.
« Tu es blessé ? Je vais regarder… Tu peux me laisser faire ? »
Cheveux-Rouge-Calme-Froid s'approcha du chien, il lui tendit la main. Garm ne se sentit pas méfiant, loin de là, il se contenta d'observer ce drôle de bonhomme qui créait de la neige du bout des doigts. Il se laissa ainsi faire, les gestes de Cheveux-Rouge-Calme-froid était vraiment doux, très techniques.
« C'est une veille blessure que tu as là, toi… qu'est ce qui t'es arrivé pour que tu ais ces vilaines cicatrices... »
Délaissant sa patte, il vit l'homme créer un petit bol de glace, dans laquelle il fit apparaître de l'eau fraîche. Son regard s'éclaira et sans aucune forme de crainte, il se jeta sur la gamelle glacée pour y boire à sa soif. Garm était aux anges, de l'eau ! Ça lui faisait un très grand bien !
« Camus ? »
Un autre homme entrait dans la danse ! Cheveux-Rouges-Calme-Froid ne sembla pas surpris par l'arrivée de cet autre bonhomme.
« Qu'est-ce que fiche ce chien ici ?
- Je n'en ai pas la moindre idée. Je l'ai trouvé, tournant en rond sur le palier de mon temple.
- Coucou, toi ! » le Blond-Sympathique s'approcha de lui, mais s'arrêta aux côtés de Cheveux-Rouge-Calme-Froid. « Regarde-moi cette tête, cette bouille. » Sans crainte de se faire mordre, il glissa ses mains dans les longs poils pour le grattouiller de partout. Sans plus de cérémonie, Garm se laissa glisser sur le dos, profitant des caresses de Blond-Sympathique. « Tu penses que c'est un chien errant ?
- … Possible. Je ne vois pas de collier… ni rien d'autre… Rentrons le à l'intérieur, il sera déjà plus au frais.
Milo hocha la tête et suivit son compagnon qui attira la bête à l'intérieur. Garm ne se fit pas prier, déjà en pleine confiance vis à vis de ces deux énergumènes. Milo trouva cela amusant, d'autant plus que Camus semblait très concerné par la situation de l'animal.
Et alors que Camus revenait au salon avec trois grosses couvertures, toutes plus pelucheuses les unes que les autres, Milo, accoudé à la chambranle, se demandait s'il n'était pas en train de découvrir une nouvelle facette de son amour de toujours.
Il allait y arriver.
C'était simple comme bonjour. Normal comme le soleil qui se levait sur les terres sacrées du sanctuaire. Evident, totalement logique, rien d'impossible. Voilà les mots que se répétait Deathmask, alors qu'il descendait les marches qui séparaient les temples. Un mantra qui se jouait en boucle sur ses lèvres pour se donner du courage et de l'assurance.
Cela faisait plusieurs jours que le chevalier du Cancer se répétait le plan en tête, repoussant toujours son exécution au lendemain. Mais aujourd'hui, il était temps qu'il passe à l'action. De quoi pouvait-il avoir peur ? Ce n'était qu'une invitation à aller boire un verre ! Il n'aurait qu'à invoquer le sacro-saint souhait de leur déesse de les voir sociabiliser entre eux. Voilà, c'était ça, juste un verre entre collègue, afin de recréer du lien, tout naturellement, aucune arrière-pensée.
Ce n'était qu'un verre sur l'une des terrasses les plus chic des côtés grec avec son collègue purement amicale du bélier.
Aujourd'hui serait le jour, voilà c'était dit. Deathmask était décidé à l'avoir, ce rendez-vous. Il avait tout prévu : La petite chemise décontracté, de couleur claire. C'était important, il fallait que ça dénote avec sa peau mate. Retroussé jusqu'au coude et ouvert au col. Pas trop. Juste deux boutons. L'idée est de faire séduisant, pas beauf de première catégorie. Le col légèrement relevé, le tout accompagné d'un pantalon gris centré, une ceinture en faux cuir (Il avait le souvenir que Mu était très concerné par la cause animal, il avait donc commencé à faire des efforts.) Voilà, il était magnifique, classe, sublime. Tout irait bien.
« Bonjour Deathmask. »
Cela serait un euphémisme de dire que le cœur d'Angelo avait loupé un battement. Ce simple timbre de voix, calme et plein de bienveillance, venait de lui faire perdre 10 années d'espérance de vie, là ! Et même pour quelqu'un qui était mort à deux reprises, c'était beaucoup. Tellement pris par ses pensées, l'italien n'avait absolument pas vu arriver son crush à ses côtés. Qu'est-ce qu'il fichait là, d'abord ?
« Bordel, préviens avant d'arriver par surprise.
- ça serait contreproductif, dans un sens. S'amusa Mu en le regardant reprendre son souffle. Puis, je t'ai prévenu. J'ai dit bonjour.
- Ouais, Ouais, Bonjour à toi aussi… » Le chevalier du cancer remarqua enfin les nombreux documents que tenait le bélier, une nouvelle forme de crainte se logeant dans ses entrailles. « Tu bosses encore ? »
Ça n'allait pas du tout ! En questionnant Saga, ce dernier lui avait bien dit que Mu était en temps libre aujourd'hui ! Comment il allait l'inviter s'il avait encore le nez dans ses fichues dossiers ?
« Ah ça ? » Compris Mu. « Pas du tout, on ne bosse pas aujourd'hui. Mais ces dossiers trainaient et comme je ne faisais rien de spécial, je m'en suis occupé.
- Tu as pas trop compris le concept de congé, toi
- Haha, j'imagine ! Mais je n'ai pas vraiment bossé, juste mis de l'ordre. Là, j'allais ramener ça chez Camus puisque c'est lui qui s'occupe de la dernière relecture et de la coordination finale.
- Après tu fais plus rien ?
- Plus rien du tout ! Pourquoi ces questions ?
- Tu le sauras plus tard, grouillons nous d'aller chez Mister Freeze.
- Toujours aussi original.
- J'en prend bien note. »
Et c'est ainsi que le duo reprirent leur route vers le 11éme temple. Deathmask était aux anges, là, dans quelques minutes, il aurait l'occasion parfaite pour proposer un rendez-vous, c'était joué d'avance et malgré le panique qui le prenait doucement, l'italien était décidé à ne plus laisser passer cette chance. L'occasion était trop belle.
Qu'est-ce qui pourrait compromettre ses plans ?
« Mais qu'il est adorable ! D'où vient-il ?
- Nous n'en avons aucune idée. Il était seul devant mon temple quand je l'ai trouvé.
- Il semble un peu fatigué… tu lui as donné à boire ? A manger ?
- A boire, oui. A manger, je n'ai malheureusement pas grand-chose à lui donner. J'avais acheté de la viande mais les carnivores qui me servent de disciples n'en n'ont fait qu'une bouchée.
- Oh, attend, je connais un petit magasin sur Athènes où on aura ce qu'il faut ! » Mu offrit quelques douces grattouilles sur le ventre du canidé avant de se lever. « Ah mince, j'ai laissé mon portefeuille à mon temple. Je fais un détour et j'y vais.
- Non, attend, ça sera plus simple si je te donne directement. » A son tour, Camus se leva à la recherche de ses affaires. Directement, Mu revient prendre sa place pour cajoler la grosse bête à poil allongé sur tout le fauteuil.
« Qu'est-ce que tu es gentil, toi ! T'en fais pas, on va te faire un sacré repas ! Approche toi Deathmask ! Il est vraiment gentil ! »
La gaga bélier ne réalisa pas que dans son dos, son ami du cancer était dépité. Et que le mot sonnait faible dans l'esprit absent du chevalier qui réalisait l'origine de son échec.
A la seconde où ils étaient rentrés au sein du 11éme temple, Mu était tombé sur la grosse bouille d'un chien squattant le fauteuil principal du salon du verseau. Il n'avait fallu qu'une seule seconde, une seule, pour que l'émeraude du bélier se mit à pétiller. Un seconde de plus, pour qu'il s'avance et une dernière pour qu'il finisse coller à la grosse peluche qui semblait heureuse de lui avoir voler l'attention de son crush.
3 secondes et tous les plans de Deathmask s'étaient envolés. Bêtement et simplement. Pouf ! Plus rien ! Il avait perdu contre un chien ! Aphrodite serait mort de rire lorsqu'il l'entendra !
Epuisé mentalement, il s'approcha néanmoins aux côté de Mu qui lui offrit un rayonnant sourire. Il semblait vraiment attendrit par la présence du gros toutou affalé sur les gros coussins. Il écouta les mots de son allié en jetant vaguement un regard vers l'horloge murale.
Ah, sa réservation allait partir à l'eau dans 5 min. Quelle joie.
Pourtant, le chevalier à la répétition détruite par ses erreurs passées se sentait terriblement en paix en cet instant. Lui qui aurait détruit le restaurant entier si un obstacle avait osé se mettre en travers de son plan, là, il n'avait même plus envie de bouger. S'il pouvait rester là, aux côtés de son bélier à l'écouter parler de tout et de rien… pour un gars comme lui, c'était bien plus qu'il osait espérer.
« GARM ! »
La voix grave du spectre les fit tous les deux sursauter. Sans prévenir, Rhadamanthe rentra dans la salle de vivre, accompagnés de Milo et Kanon.
« Qu'est-ce que –
Le bélier se fit interrompre par l'aboiement heureux du gros chien qui se leva à la vu des nouveaux. Il sauta d'un coup, mais n'eut-il le temps de déposer une pate qu'il poussa un jappement de douleur, tombant au sol. Mu et Deathmask eurent le réflexe de le rattraper. Ils l'allongèrent au sol tandis que les nouveaux arrivants venaient les rejoindre. Le regard de Rhadamanthe était un océan d'inquiétude alors que sans hésitation, il se mit à inspecter la patte cicatrisé de son chien.
« Que se passe-t-il ? »
Camus, armé de son portefeuille, se précipita aux côtés de ses invités. Milo vint rapidement le rassurer. « Du calme, le chien est tombé en se levant, il a l'air blessé ?
- Il l'est. » Répondit rapidement Kanon, il glissa une main sur le dos tendu du juge qui ne quittait plus son animal des yeux.
« Vous connaissez ce chien ? » Demanda Mu
« C'est son chien. » Répondit Kanon, constatant que Rhadamanthe ne répondait pas. Le gémeau observa son compagnon d'un regard peiné. Le juge était un condensé d'angoisse. Forcément, de méchants souvenirs devaient se jouer en boucle dans son esprit. Il appuya la paume de sa main contre son dos, se rapprochant doucement de lui, leurs épaules s'appuyant l'une contre l'autre. « Je suis là », « tout va bien », tant de petites messages qu'il tenta de faire passer à son amour infernal pour apaiser toutes les craintes qui lui brouillaient l'esprit.
« Il a donc un nom ? » Demanda Camus en observant Rhadamanthe. Le juge leva finalement les yeux, plus détendu grâce aux attentions du gémeau. « Garm » lâcha-t-il difficile. La tension persistait toujours au fond de sa gorge, et elle resterait là tant que son chien n'irait pas bien. Comme à l'écoute des craintes de son maitre, Garm se mit sur son dos et se mit à aboyer joyeusement ! Il se permit même de le bousculer un peu avec ses pattes avant, ce qui mit définitivement fin à l'angoisse silencieuse de la Wyverne.
« C'est un bien joli, nom ! »S'exclama Mu en lui gratouillant le ventre.
« En effet et il le porte à merveille, n'est-ce pas ? » Les mains du Verseau se rajoutèrent à l'équation et Garm montrait sans honte la joie d'être au centre de toutes ses papouilles.
« Tu veux boire quelque chose ? » Demanda Camus à une Wyverne plus détendu. Ce dernier, il devait l'avouer, était assez surpris, par toute la bienveillance qu'il recevait naturellement de ses anciens ennemies. « Un thé ne serait pas de refus. »
Camus hocha la tête et sans un mot, se leva vers la cuisine. « Comme d'habitude pour vous, n'est-ce pas ? » Un « Oui » collectif lui répondit.
« Oh, j'allais oublié ! » Mu se leva à son tour rattraper Camus. « On irait pas tout de même acheter un paquet de nourriture pour Garm ?
- Je veux bien si Rhadamanthe n'y voit aucun inconvénient.
- Aucun, mais laissez-moi vous donner ce qu'il faut pour payer.
- Non ! » Se précipita Mu ! « Considère ça comme une attention de notre part ! Et en échange, tu le laisses manger ici pour qu'on le papouille encore un peu ? » Mu avait un petit sourire se situant entre l'amusement de demander une requête pareille à celui qui l'avait battu quelques temps plus tôt, l'envie de gâter Garm encore quelques heures et la gêne de se montrer si futile.
Avant que Rhadamanthe ne parle, Milo prit la parole. « A ce niveau-là, proposons plutôt ceci : Vous restez manger ici pour ce soir ? On a de quoi faire à manger pour tout le monde, non ?
- Il me semble, en effet.
- Parfait, alors vous en dites quoi ?
- Superbe idée, qu'est-ce que tu en penses, Rhad ? »
Le juge, dont les mains s'affairaient à prodiguer d'allégresses caresses sur le petit bidon de son chien, fut pris de cours par la soudaine proposition, beaucoup trop spontanée pour être calculée. Rhadamanthe échangea un regard avec Kanon, qui le regardait d'un air totalement naturel. Il ne s'agissait que d'un repas, devait-il se dire. Il était pourtant conscient que « l'après » était plutôt difficile, il suffisait de voir l'animosité presque palpable, lorsqu'ils marchaient sur les terres du sanctuaire.
Pourtant, ici, Kanon ne semblait pas spécialement stressé, ni inquiet. Il l'avait accepté la proposition avec une grande simplicité. Kanon du finir par sentir son trouble car il se contenta de lui sourire, ce genre d'expression simple qui lui disait « fait moi confiance ».
- Si cela te va, j'accepte la proposition. » dit-il finalement.
- Nickel ! Allez aux fourneaux Camus !
- Pas tout seul, tu m'accompagnes.
- Avec plaisir ! » Chantonna le scorpion en suivant l'amour de sa vie.
« Nous on va s'occuper du repas de Garm ! Tu m'accompagnes Deathmask ?
- Allez, allons faire les courses pour le chien » Fit le Cancer sans grande conviction, plus pour se donner un genre, Mu était bien conscient de cela.
Le duo salua le petit couple et quitta le 11éme temple.
Se retrouvant enfin seuls, le maitre de la manipulation à la retraite se laissa un peu tomber contre l'épaule du juge qui observait Garm, à présent somnolant.
« Plus de peur que de mal, finalement. » Murmura-t-il, ses yeux observant mollement le pelage sombre. Il ne l'avouerait pas à haute voix, mais lorsqu'il avait réalisé la disparition de Garm, il avait réellement eu peur, comme rarement depuis sa résurrection.
« A qui le dis-tu… Comment est-il arrivé jusqu'ici ?
- Alors là ! Tu m'en poses une belle colle ! » A son tour, il glissa sa main dans le pelache de l'animal presque endormis. « Ne refais pas de frayeur pareille à ton maitre, toi. Il en devient ingérable.
- Tu parles. Tu étais aussi paniqué que moi.
- Certes, mais moi, je ne suis pas à deux doits de créer l'apocalypse à la seconde. »
Le juge bredouilla quelques mots emplies de mauvaise foi qui eurent le mérite d'amuser lé gémeau.
« Et tu te sens mieux ?
- Ça va, comme tu le disais « plus de peur que de mal »
- Tu sais qu'il est résistant, ton Garm.
- Résistant, pas infaillible. »
Sans bouger de sa position quasiment affalée, il saisit du menton de l'Anglais pour l'obliger le regarder. « .bien » Articula-t-il en plongeant son regard dans le sien. « Garm va bien. Ne te mine pas comme ça, regarde-le ! Il vit sa meilleur vie ! »
Comme pour répondre, Garm, toujours le ventre à l'air, laissa échapper un gros reniflement de bien-être. Cela eut le mérite d'adoucir l'humeur grise de la Wyverne.
« Tu vois ? Même lui le dis ! » Il le tira d'avantage vers lui pour lui prendre un baiser. « On va passer une soirée tranquille et ensuite, on ira se poser quelques part, mon temple ? »
Rhadamanthe leva les yeux au ciel à l'entende de la proposition. « Je n'ai décidément pas envie de croiser ton frère.
- Légit. Donc le repas ne te tente pas plus que ça ?
- Ah, ça oui. J'étais surpris par la proposition, mais cela ne me dérange pas de … sympathiser avec tes collègues.
- Tout à fait crédible.
- J'ai tout simplement été surpris par le naturel de la proposition de votre chevalier du scorpion. Je te rappel que j'ai littéralement vaincu, non sans une certaine forme de violence gratuite, deux des personnes présentes.
- Ils ne sont pas rancuniers.
- Vraiment ?
- … Je crois pas…. Bref ! Là, tout va bien ! C'est pas le propos !
- Ou plutôt, tu n'as plus d'argument. »
Le dragon leva les yeux au ciel, mais tout de même amusé par leur petite prise de tête, il concéda le baiser que l'anglais était venu lui demander.
« Tu sais, je pense que c'est un peu bizarre pour tout le monde. Même moi, j'ai parfois l'impression d'être en décalage… et tu sais, je l'ai remarqué il y a peu, mais il y avait toujours quelqu'un pour me remettre sur la ligne, sans me brusquer…. Non, me rejoindre ! C'est mieux comme mot, ils me rejoignaient… chacun fait un effort, alors je me suis dit… pourquoi pas j'en ferais pas aussi. A mon aise, sans me forcer, tu me connais. Mais voilà, je pense… ouais, je pense qu'on est en bonne voie là. Donc soit tranquille, dit toi que c'est bizarre pour tout le monde et on s'en portera mieux. »
Rhadamanthe ne s'était pas attendu à une telle déclaration, même si c'était bien le genre de la maison. Depuis qu'ils étaient ensembles, Kanon avait rarement des élans d'honnêtetés, sortie de nulle part, mais toujours avec une certaine raison derrière. Sans trop s'en prendre la tête, Rhadamanthe se laissa tomber à sont tour sur Kanon. Cette journée avait été mouvementé, mais la situation s'était bien terminé, son homme à droite, son chien devant lui, un repas en préparation. Il s'agissait là d'un tableau qui ravisait le juge.
Dans une petite bulle de paix, Rhadamanthe réalisa une chose assez cocasse : C'est au bout d'une balade avec Garm qu'il avait commencé à parler avec Kanon. Et Aujourd'hui, c'est au bout d'une balade avec son fidèle compagnon qu'il se retrouve à la table de chevalier d'or, ses anciens ennemies.
Eaque n'avait plus à s'inquiéter, Garm était sa dose de sociabilité !
« Bonne soirée, messieurs ! »
Mu retourna la salutation et les bras remplies de sacs, il quitta le magasin spécialisé pour bien être animalier. Il fit quelques pas, hâte de retourner au temple pour voir le chien se régaler de tous ses achats.
Bon, d'accord, il avait peut-être eu la main lourde dans ses achats. Il aurait pu se contenter d'un sac de croquette. Oui, il aurait pu, mais il avait vu tous ces pattés aux différentes viandes. Puis forcément, il y avait la question des bols. Bien sûr, naturellement, on lui aurait dit de prendre une assiette. Camus devait bien avoir des assiettes. Mais ce n'état pas ergonomique. Voilà, c'était ça, ce n'était pas ergonomique pour le toutou. Et le bien être de Garm était essentiel. Donc non, il n'avait pas exagéré en achetant trois gamelles. Une pour l'eau, une pour les croquettes, une pour le dessert. Bien sur que c'était important. Non, il n'était pas gaga du chien.
« Mec, j'y crois pas… »
La voix de Deathmask le sortie de ses pensées. Venant de la gauche, une cigarette aux lèvres, un sac plastique à la main, le chevalier du Cancer était totalement entrain de le juger. Mu se sentit un peu rougir, pris sur le fait.
« C'est pour le bien de Garm.
- Ah ça ! Le chien sera mieux loti que nous en deux vies. Tu as vidé la carte de Camus là !
- Oh zut … » réalisa-t-il un peu effrayé.
- Fait pas cette tête, Freeze doit être l'un avec le plus de tunes cachés. Il remarquera rien
- Je le rembourserais quand même.
- J'ai surtout hâte de voir comment tu t'expliquer.
- M'en parle pas … » Souffla-t-il en se rapprochant de lui.
Un sourire de sale gosse collée au visage, il tira sur sa cigarette, observant, amusé les grimaces du bélier. Rare était les fois où le si raisonné chevalier du premier temple se trouvait dans l'incapacité de répondre, et il devait l'avouer. C'était un peu un de ses petits plaisirs.
« Je ne suis pas le seul qui me suis fait plaisir, semble-t-il ?
- Tu fais fausses route, c'est pour ton gamin. »
Mu exprima rapidement toute sa curiosité et, puisqu'il était impossible pour lui de résister à un Mu curieux, il ouvrit le sac en lui montrant le contenu.
« C'est pas grand-chose… Mais bon, l'autre jour, le gosse était triste parce qu'il n'avait pas la console que ses amis du village avaient. Je l'ai trouvé en occaz' dans un petit magasin, donc je lui ais pris. Pas grand-chose, quoi… »
Deathmask tenta de raconter la petite anecdote comme s'il s'agissait d'une banale histoire du quotidien. Il n'était pas du genre à se la jouer bon samaritain, mais la scène l'avait marqué, sans qu'il soit capable d'expliquer pourquoi. Son expression forcée, son silence inhabituel, la mise à l'écart involontaire de certains, volontairement méchante d'autre, des enfants comme on en connait tant. Mais ce ne lui avait pas plus. Il ne voulait pas voir Kiki dans ce contexte-là, alors l'idée lui était venue.
Mu de son côté, l'observait en silence puis tout simplement sourit. « Merci, Deathmask. Ça lui fera terriblement plaisir ça.
- Oh, n'exagère pas, c'est un bête truc qui vaut même pas trois pièces.
- L'étiquette du prix est toujours sur la boite.
- Merde ! » Coinçant sa cigarette entre ses lèvres, il se précipita pour tenter de retirer l'étiquette où le prix onéreux dévoilait son petit mensonge. « Arrête de rire.
- Je n'ai rien dit. »
Ah, son moment de gloire n'aurait pas duré très longtemps, comme souvent, le bélier le menait par le bout du nez.
« Ah ! » S'exclama soudainement Mu, faisait sursauter au passage Deathmask. « Tu n'avais pas quelque chose à me dire ?
- Hein ?
- Tout à l'heure. » Précisa Mu. « Tu me demandais si j'étais libre. Il y avait bien une raison ? »
Deathmask se souvient qu'en effet, il y avait bien une réservation qui l'attendait… Enfin, une réservation qui ne valait plus grand-chose à l'heure qu'il était. Leur table avait surement été donné à quelqu'un d'autre.
Etrangement, cela ne lui faisait ni chaud, ni froid. Il n'était pas plus ennuyé que ça d'avoir jeter plus de 150 euro de réservation. Ni que d'un élan d'orgueil, il n'avait pas eu la présence d'esprit de payer le petit supplément qui lui aurait permis d'être remboursé. Non, étrangement, tout cela ne lui faisait rien. Le chevalier se sentait apaisé. Il le supposait en tout cas, ce sentiment n'ayant jamais été son quotidien.
Lui, c'était le sale type. Le gars qui injuriait, que personne ne voulait à ses côtés. C'était aussi le gars qui ruinait, détruisait et tuait. Depuis qu'il portait cette armure qui lui avait fait vivre des belles et des horribles. C'était ça « Deathmask ». Un tueur en temps de guerre, un taré en temps de paix.
Néanmoins, … Il repensa à l'après-midi qu'il venait de vivre, au temps passé auprès du bélier. Des moments qu'il n'aurait jamais pensé vivre. Trop doux, trop simple, trop bizarre pour lui. Le stupide bonheur du tous les jours, ce n'était pas pour lui... Un reste d'une ère qui avait fait beaucoup trop de mal. Si Saga s'illusionnait d'une rédemption, lui n'était pas dupe. Il était cassé, profondément barge, égoïste, soupe au lait, vulgaire et asocial au possible. Et pourtant, cette même personne, Mu l'acceptait sans l'ombre d'un jugement.
Le bélier n'était pas bêtement naïf, il le savait très bien. Il n'était pas fait du même bois que le petit bronze. Mais son regard n'avait rien à voir avec celui des autres, comme s'il voyait quelque chose accessible qu'à lui. Et il ne comprenait pas… Ou du moins, il avait peur de comprendre. Il n'était pas con, et si ce qu'il lisait dans les yeux de son collègue s'avérait vrai, alors c'était la merde.
Parce que Mu était un chevalier d'exception, qui avait toujours été du côté du bien, qui méritait de vivre une nouvelle vie entouré de gens sains qui lui rendraient ce bien.
Parce que lui était un chevalier raté, que son armure avait jugé indigne, qui avait volontairement choisis le côté du mal, qui vivait une nouvelle vie en trainant sa carcasse fissuré. Egoïstement, il avait cherché l'amitié de celui qui lui avait fait tombé toutes ses barrières, mais jamais il n'aurait espéré que ce qu'il ressentait puisse être réciproque.
Ça n'avait pas de sens.
« Deathmask ? »
Mu l'observait. Sans jugement, sans impatience, rien. Si ce n'est de l'inquiétude. Encore une fois, il sentit son cœur se tordre. A chaque fois qu'il se retrouvait face à cette sincérité, il avait mal, il avait peur aussi. C'était si pitoyable, une belle décadence, lui aurait dit son lui du passé.
« Bref, rentrons. J'ai la dalle. »
Il n'était pas en droit de demander plus, cette chance était déjà bien trop folle pour ce qu'il méritait. Mu devait être heureux, pas de devoir gérer les sentiments inutiles d'un homme irrécupérable.
Et pendant que son esprit se répétait cette logique en boucle, dans le vain espoir de se convaincre, une main plus pale vient se loger silencieusement dans la sienne qu'il n'avait pas réalisé, tremblait.
« Donc qu'est-ce qu'on fait ? » S'exclama Milo en attrapant un tablier. Il se retourna vers son amant qui observait l'intérieur de son frigo d'un air sérieux. Amusé, il s'avança simplement, se glissa dans son dos et passa ses bras autours de ses hanches et son menton sur son épaule. Un sourire fleuris sur ses lèvres quand Camus d'un naturel qu'il adorait, s'appuya un peu plus contre lui.
« J'hésite. » Fit simplement Camus qui n'avait toujours pas quitté des yeux le contenu de son frigo. « Qu'est-ce que tu en penses ? »
A son tour, Milo observa le contenu du frigo. « Un tian peut être…. Ou du Riz sauté… Et on accompagnera avec des petites trucs juste après, il nous reste du fromage ?
- Quelques-uns ont bien du survivre à Isaak et Hyoga.
- Un miracle ! Donc du fromage et ta cave à vin, plus les boissons … il doit nous rester d'autres babioles si jamais la soirée s'éternise.
- Donc le menu sera ?
- Tian en plat principal avec des légèretés sur le côté. Je pense qu'avec la grosse journée qu'n a eu, un repas de ce style sera parfait.
- Partons sur un Tian provincial alors. »
Milo s'éloigna et après un « Oui, chef », il alla chercher les ingrédients. Donc qu'est-ce qu'il fallait déjà pour ce plat ? Des courgettes. Beaucoup de courgettes vu le nombre qu'ils seraient autours de la table. Quelques herbes, des oignons… à de l'huile aussi.
Milo et Camus regroupèrent rapidement tout ce dont ils avaient besoin et se mirent rapidement au travail. Malgré les apparences, Milo était un bon cuisinier, il était même celui du couple qui se chargeait le plus du repas. Si Camus n'avait pas à rougir de ses compétences culinaires, il ne partageait pas spécialement l'amour du scorpion pour la préparation de tous ces petits plats. C'est pourquoi le verseau laissait généralement les décisions au Scorpion, c'était souvent synonyme de soirée réussit.
Ainsi, le petit couple prépara rapidement la base du plat. Ils discutèrent tranquillement tout en s'appliquant sur leur tâches respectifs et Milo devait l'avouer, il adorait ces moments. Être là, dans leur petite cuisine simple mais bien équipé, à parler de tout, de rien, de bêtises et de choses plus importantes. Un rêve aurait dit le Milo plus jeune. Mais aujourd'hui, tout cela était bien réel. Le froid des ustensiles, l'odeur des épices, Camus à ses côtés. Et ses simples petits rappels arrivaient à le rendre plus heureux que jamais.
« Dis donc toi. » Fit soudainement Milo après avoir rangé le plat de courgettes au four. « Je ne te savais pas aussi ami avec les animaux ! »
Il vit du coin de l'œil Camus sourire doucement. « Tu ne m'a jamais posé la question.
- Ah, ne joue pas à ça ! »
Il voulut donner un coup de pied, mais camus esquiva d'un pas sur le côté, ce qui donna envie à Milo de continuer à le poursuivre. Camus abandonna vite, laissant la victoire à son insolant petit ami qui lui vola un baiser en guise de trophée.
« Tu sais, je ne suis pas tant fan des animaux que ça, mais je dois admettre que je ne suis pas contre non plus. Un animal prêt de toi, qui ferait mille gaffes et mille petites attentions… je ne sais pas, ça me plait. Pas toi ?
- Je t'avoue n'avoir jamais vraiment réfléchis à la question… Je n'ai pas rencontré tant d'animaux que ça, en y repensant. » Lâcha-t-il finalement en s'asseyant sur le plan de travail.
Camus s'était rapproché à son tour, se plaçant juste entre ses jambes. « Et ça ne t'a jamais intrigué ?
- De ?
- D'avoir un animal dont tu aurais la responsabilité. »
Son amant était sérieux ? Milo ne put retenir un rire sonore face à sa question. « Camus, je suis même pas capable de m'occuper d'un cactus et tu te demandes si j'ai déjà pensé à adopter un animal ? Pour le bien de cette futur petite bête, il vaut mieux que rien n'arrive sous ma responsabilité. »
Camus fronça des sourcils. « Ne te dévalorise pas.
- J'énonce des faits. »
Le regard de Camus démontrait de toute sa désapprobation. « Ne fait pas cette tête ! » Il l'attira dans ses bras pour le serrer contre lui. Naturellement, il savait que le roux le lui rendrait et en effet, c'est ce qu'il se passa. Les deux mains diaphanes se glissèrent sur son dos et presque dans un automatisme apprécié, Milo vient loger son visage dans le creux du cou pale.
« J'aimerai bien, pour être honnête, mais on a pas été fait pour ça… Toi c'est différent, un petit peu, tu as su avoir ce qu'il faut pour élever deux gamins comme il faut… quand tu vois la gueule de certains maitre, les tiens ou Kiki ont eu de la chance… Tes mains, elles savent aider. Mais les miennes ? »
Il leva lentement de bras, ses yeux bleus observant avec un certain dégout sa propre main, son ongle s'allongea presque de lui-même, comme en réponse à ses mauvaises pensées.
De son côté, Camus commençait à comprendre ce qui se tramait en réalité. C'était un sujet qui persistait dans l'esprit du scorpion. Lui qui était guidé par des valeurs de droiture et de justice, réaliser avoir été à ce point dans le faux, d'avoir blesser les véritables héros de guerre, c'était là une terrible vérité. L'insouciant Milo n'était qu'un masque derrière lequel il tentait de rattraper ses erreurs passées.
Ne trouvant pas les mots pour expliquer sa pensée, Camus décida d'agir. Il se décala sans trop s'éloigner et se saisit de sa main. Sans laisser le temps à Milo de rétracter son ongle, il déposa ses lèvres sur dos de la main, puis sur le bas de cet ongle vermeil. Il sentit Milo se raidir, surement effrayé de le blesser mais Camus ne recula pas. Il resta ainsi à déposer plusieurs petits baisers partout sur cette main. Pour lui montrer sa confiance, pour lui rappeler son amour, pour lui faire réaliser qu'il était merveilleux, pour exprimer tout ce que les mots n'arrivaient pas à lui faire comprendre.
Il déposa ses lèvres une ultime fois dans la paume, puis leva les yeux vers l'océan cyan qui l'avait charmé depuis déjà tant d'année. C'était un tempête, un regard troublé qu'il rencontra. Le français s'en doutait, il avait senti les léger tremblements maitrisés.
« Elles sont capables de protéger. Si elles ont été capable d'aimer et d'aider, alors elles peuvent protéger.
- Tu le penses vraiment ?
- Ça fait partie des choses pour lesquelles je n'ai aucun doute.
- Alors que je t'ai étranglé ?
J'ai fait du mal aussi, les plus jeunes également. Ne mélange pas l'homme du combattant. La guerre est finie, Milo.
Milo finit par soupirer, à court d'argument. Alors comme à chaque fois qu'il n'avait plus les mots ou plus la force de parler, il se contenta d'agir. Il rapprocha de nouveau le verseau dans ses bras, déposant son front contre le sien, dans le silence de la modeste cuisine.
- Tu dois avoir raison.
- J'ai toujours raison. » L'assurance du roux eut le mérite de faire sincèrement rire le blond. « Comment réfuter de tels arguments ?!
- Ne les réfutes pas, ça sera plus simple.
- Ça se tient. » Amusé, il vient déposer ses lèvres sur le front pale. « Alors comment il s'appellerait ? » Questionna Milo soudainement.
- Qui donc ?
- Notre hypothétique futur chien.
- Ou chat.
- Tu veux aussi un chat ?
- Pourquoi faire un choix ? »
A nouveau, Milo éclata d'un rire sonore, raffermissant l'étreinte autours de son compagnon, profitant des légers baiser que ce dernier déposait dans son coup.
L'inquiétude régnait toujours dans l'esprit du scorpion, mais alors qu'il écoutait la jolie mélodie qu'était les déclarations d'amour de l'homme qui était devenu son univers, Milo se dit que peut être, avoir un petit animal dont il pourrait s'occuper, cela pourrait être une bonne idée. Naturellement, ils devront prendre garde à vérifier un grand nombre de points avant de prendre une ultime décision. Mais quand même, ça pourrait être une bonne idée.
Tant que Camus restait à ses côtés.
