Heeey !

Vous avez dépassé les 100 reviews ! C'est… absolument foutrement génial. Je suis persuadée qu'un auteur ne suffit pas pour créer une histoire et que ce sont les lecteurs qui font vivre un récit. Je vous suis infiniment reconnaissante de faire vivre celui-ci :) Encore plus que d'habitude (noooon, pas tant que ça), je vous souhaite une très bonne lecture !


Harry observa le parchemin vierge face à lui, posé contre le livre ouvert sur ses genoux. De son lit à baldaquins dans lequel il était installé, il entendait l'eau couler de la salle de bain. C'était la première fois depuis deux jours qu'il avait un moment seul avec lui-même et il devait pour cela profiter du fait que Remus prenait sa douche pendant que les trois autres étaient en retenu. Brillant.

Il trempa sa plume dans un encrier qui lévitait à côté de lui et traça un trait au milieu de son parchemin. Bon. Voldemort avait créé six horcruxes, partageant son âme en sept morceaux avant d'en transférer une partie en lui-même.

Harry frissonna de dégoût à cette pensée.

Putain que c'est malsain…

Il avait donc six horcruxes à trouver. Sa mission ne différait pas de celle de l'année dernière. Et cette fois, il savait déjà où chercher et comment procéder. La perspective de ne pas recommencer à zéro le soulageait indéniablement. Il serait réellement seul cette fois, mais il n'était pas tout à fait sans ressources. Et il n'avait réellement plus rien à perdre.

Prenant exemple sur Hermione, il commença à lister les différents horcruxes ainsi que l'endroit où ils étaient cachés. Il y avait le journal de Jedusor, que Voldemort avait donné à Lucius Malefoy. La bague des Gaunt, que Dumbledore avait récupéré, cachée dans les ruines de leur maison. Le médaillon de Salazar Serpentard, que Voldemort avait caché dans la caverne, quelque part sur les côtes de Grande Bretagne. La coupe de Helga Poufsouffle, confiée aux Lestrange. Le diadème de Rowena Serdaigle, perdu dans la Salle sur Demande.

Et puis il y avait Nagini. Harry paniqua un instant en se demandant comment atteindre le serpent avant de se rappeler une chose qui changeait tout. Le meurtre lié à la création de l'horcruxe était celui de Bertha Jorkins, en 1994, juste avant la Coupe du Monde de Quidditch. Donc, à cette époque, Voldemort possédait au plus cinq horcruxes et à part le journal de Jedusor, il savait déjà où ils se trouvaient.

Un sourire froid étira son visage. Oui, sa mission ne lui paraissait pas aussi insurmontable que l'année d'avant.

Harry relut rapidement son parchemin en hochant la tête. Trouver les horcruxes étaient une chose, les détruire en était une autre. Et il connaissait au moins deux moyens de le faire présents à Poudlard. Décidant qu'entre affronter deux monstres, il préférait tenter sa chance dans le bureau de Dumbledore pour voler l'épée de Gryffondor plutôt que d'ouvrir la Chambre des Secrets pour récupérer un crochet de basilic, il entoura rapidement les mots « Choixpeau magique » sur son parchemin.

Restait à savoir comment procéder.

Harry hésita un instant.

Le mieux était probablement de réunir tous les horcruxes et de les détruire en même temps. Ainsi, s'il était suffisamment discret pour les voler sans que Voldemort ne s'en aperçoive, il aurait un champ d'action relativement libre et Voldemort ne comprendrait ce qui lui arrivait que lorsqu'il serait de nouveau mortel.

Harry se gratta pensivement le menton du bout de sa plume, laissant ses pensées dériver. En y réfléchissant, il doutait d'avoir d'autres alternatives. Dumbledore se lancera à sa poursuite dès l'instant où il prendra conscience que Harry avait quitté Poudlard et Voldemort mettra ses horcruxes hors d'atteinte dès qu'il en aura détruit un pour le traquer à son tour. Et Harry pouvait peut-être gérer un sorcier de l'envergure de Voldemort, mais certainement pas deux.

Il ramènera donc les horcruxes à Poudlard, au nez et à la barbe de Dumbledore. Il lui suffira alors de voler l'épée de Gryffondor pour les détruire. Puis, il partira traquer Voldemort.

Le plan paraissait simple mais Harry ne pouvait s'empêcher d'angoisser. La véritable inconnue restait la réaction du mage noir. En se sentant mourir avec ses horcruxes, il pouvait tout aussi bien décider d'en récréer un pour assurer sa sécurité. Mais, dans ce cas, il s'agira probablement de Nagini.

Et s'il en récréait plus d'un ?

Harry se mordit la lèvre, indécis.

En réalité… il était peu plausible que Voldemort puisse créer encore plus de deux horcruxes. Après tout, Harry avait été une erreur. Il pouvait toujours tuer Nagini, pour être sûr. Dans le pire des cas, il ne resterait alors qu'un seul horcruxe à trouver et détruire. À la limite, il pourrait peut-être mettre les maraudeurs au courant et leur laisser le soin de s'assurer qu'il ne reste plus rien de Voldemort, si lui-même disparaissait dans un paradoxe temporel.

Il grogna. L'idée d'impliquer son père, son parrain et Remus le répugnait, mais il ne savait pas trop comment se passer de leur aide, ne serait-ce que pour le couvrir quelques jours quand il s'enfuira de Poudlard. Et il ne savait toujours pas quoi penser de Peter. Pouvait-il réellement mettre le rat dans la confidence ?

Il avait toujours cru qu'il y avait eu une bonne raison pour que Peter passe du côté de Voldemort. Quelque part, il avait toujours pensé qu'il n'avait jamais été un « vrai » maraudeur, que les autres l'avaient accepté uniquement par pitié et qu'il en avait conçu une jalousie malsaine. Il se rendait compte à présent que Peter ne déméritait pas sa place au sein des maraudeurs et qu'il risquait sa vie comme James et Sirius avec Lunard une fois par mois. Et s'il était un peu en retrait par rapport aux trois autres, c'était uniquement parce qu'il n'aimait pas être sur le devant de la scène.

En fait, il avait simplement eu peur.

Et ça remettait beaucoup de choses en question. Drago aussi avait eu peur et avait failli tuer Ron dans ses tentatives pour tuer Dumbledore. Et étonnamment, il ne lui en gardait aucune rancune. Disons, pas autant que celle qu'il avait développé pour Peter.

Harry était perdu.

Et il détestait commencer à regarder le rat avec un regard moins haineux. Parce que toute sa vie n'avait été que la conséquence des mauvais choix de Peter Pettigrew.

Le bruit que fit la porte de la salle de bain en s'ouvrant dans son dos fit sursauter Harry qui referma le plus naturellement qu'il put son livre sur le parchemin. Ce n'était pas la cachette idéale, mais aucun des maraudeurs n'irait regarder dedans s'ils n'avaient pas une bonne raison de le faire.

Remus traversa le dortoir avant de se laisser tomber sur son lit et de sortir un paquet de chocolat. Il en envoya un à Harry qui le réceptionna aisément.

– Tu écrivais quelque chose ?

– Hmm, je faisais une liste, répondit Harry qui devenait un maître dans l'art de s'en sortir en racontant n'importe quoi.

Remus haussa un sourcil, l'invitant à continuer.

– Une liste des prochains à trucs à acheter à Pré-au-Lard, précisa Harry et le visage du lycanthrope se fendit d'un grand sourire.

– Rajoute « chocolat » pour moi.

Harry explosa de rire. Il n'était vraiment, mais alors vraiment pas surpris. Il reboucha d'un coup de baguette son encrier et repoussa l'épais volume sur le côté, s'installant confortablement face à Remus qui lui apprit qu'il avait eu la réponse des préfets dans la journée concernant les cours de défense. Ils n'avaient pas tous été mis au courant, mais ceux qui connaissaient la vérité se faisaient à présent un devoir de faire circuler les informations discrètement aux plus jeunes et avaient promis de couvrir leur absence pendant les leçons.

Harry siffla, impressionné par ce que Remus et Lily avaient été capables de réaliser. Quand il voyait les élèves faire front ensemble avec une facilité déconcertante qu'il n'avait jamais connu, il se demanda si c'était lui qui avait été trop renfermé pendant ses années à Poudlard pour pouvoir réaliser la même chose. S'il avait refusé d'écouter Dumbledore et s'il avait parlé, aurait-il été quand même pointé du doigt par l'école entière parce qu'il parlait fourchelangue ?

Un cri de rage résonna à travers la tour de Gryffondor, tirant Harry de ses pensées. Remus et lui se levèrent d'un bond, baguette à la main. Deux secondes plus tard, Sirius, James et Peter pénétraient dans le dortoir en riant bruyamment et Harry rangea sa baguette, l'air soudainement très fatigué.

Remus soupira profondément en se pinçant l'arête du nez.

– … Sirius, pourquoi est-ce que tes cheveux sont bleus au juste ?

Sirius passa une main à travers ses mèches turquoises et sourit d'un air torve.

– Ah, ça ? Je me suis battu contre des pots de peinture ensorcelés. Ou alors, j'ai peut-être embêté Mary en entrant dans la salle commune tout à l'heure.

James explosa de rire en se débarrassant de sa cravate.

– Personnellement, je trouve que ça te va bien, ricana-t-il en enfilant un pull informe trop grand pour lui.

– Oooh, merci Cornedrue.

Sirius se laissa tomber sur son lit alors que Remus poussait un énième soupir désabusé face aux énergumènes qu'étaient ses amis.

– Mais bon, acheva Sirius avec un sourire narquois, je ne me fais pas de soucis. Mary est douée. Son sort tiendra bien un ou deux jours.


Et bien sur ce, je vous dis à la semaine prochaine ! Je ne vous cache pas que j'ai hââââte de lire vos spéculations !

Aech.