Bonjour à tous (presque bonsoir !)

On part sur un chapitre un peu transition cette semaine, mais eeeh, il en faut bien ! Parce qu'il faut prévenir dans ce genre de cas, je vous annonce au passage qu'il y a une légère mention de deux personnes en pleine danse horizontale à la fin du chapitre (dommage pour le spoil).

Bonne lecture !


Harry ne s'était jamais senti comme un étranger dans le bureau de Dumbledore. Au contraire, à force de le fréquenter, il pouvait presque dire sans mentir qu'il connaissait la pièce par cœur et s'était toujours senti privilégié de cet état de fait. S'il devait être tout à fait honnête, Harry avait toujours trouvé sa relation avec le vieux sorcier exclusive et unique et en avait toujours conçu une certaine fierté, de se sentir spécial aux yeux de quelqu'un non pas pour son nom mais pour ses actions. Même encore maintenant coincé en 1976, alors qu'il prenait conscience qu'il avait joué toute sa vie le rôle de la parfaite petite poupée que Dumbledore pouvait manipuler à sa guise, il se rendait compte qu'il ne pouvait tout simplement pas tiré un trait sur la confiance qu'il lui accordait. Après tout, les actes du vieux sorcier suivaient une logique implacable qu'il ne pouvait dénigrer.

Au fond de lui, Harry ne pouvait s'empêcher de se demander, consterné, à quel point il était détruit à l'intérieur pour accepter aussi facilement d'avoir été abusé toute sa vie.

Alors oui, Harry ne s'était jamais senti comme un étranger dans le bureau de Dumbledore, pourtant pour la première fois de sa vie, c'était bien ce sentiment qui étreignait désagréablement sa poitrine alors que le directeur le toisait de son regard électrique, assis derrière son bureau.

– Vous… pouvez répéter ? articula-t-il difficilement, la gorge sèche alors que les contours de la pièce dansaient à toute vitesse autour de lui.

Respire, murmura sa conscience. Respire…

– Je sais que M. Potter vous a invité à passer les vacances chez ses parents en compagnie de M. Black, répéta Dumbledore d'une voix dénuée d'émotions et Harry eut tout le mal du monde à s'obliger à inspirer et expirer calmement alors que les conséquences de ce que le directeur affirmait affluaient dans son esprit.

Comment peut-il être au courant de ça ? pensa-t-il pour lui-même, estomaqué. Et s'il est au courant de ça, que sait-il d'autre, bordel de merde, exactement ?

– Et alors ? souffla Harry en ayant l'impression de redevenir le petit garçon impuissant sous l'escalier alors que sa tante l'accusait de menacer Dudley.

Dumbledore plissa légèrement les yeux, le visage figé en une expression de sévérité que Harry ne lui avait encore jamais vu.

– Alors, répliqua le vieux sorcier sans état d'âme, je t'ai demandé, Harry, de ne pas interagir plus que nécessaire avec cette époque.

Harry hocha la tête, incapable du moindre mot, sachant déjà ce qui l'attendait.

– Je m'attends donc à te voir à Poudlard pendant ces vacances, conclut Dumbledore, un air de pure satisfaction plaqué sur le visage.

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Il essaye de te contrôler, grinça sa conscience alors que Harry évoluait à travers la forêt interdite. C'était à prévoir.

Il s'était enfoui du bureau de Dumbledore aussi vite qu'il l'avait pu. Marcher dans la forêt interdite était tout ce qu'il avait trouvé pour ne pas exploser de frustration. Bordel, il s'était attendu à ce que Dumbledore s'oppose à ce qu'il passe Noël chez ses grands-parents parce que bien sûr qu'il allait être contre. Il n'avait pas imaginé, en revanche, que le vieux sorcier avait trouvé une manière de le surveiller d'assez près pour savoir que James l'avait invité chez lui un jour plus tôt.

Harry donna un coup de poing rageur contre l'écorce d'un arbre. La douleur qui irradia dans ses phalanges ne le calma pas pour autant mais le défoula suffisamment pour le détourner un instant de ses pensées.

De quoi Dumbledore était-il au courant, au juste ? Avait-il connaissance de la liste que Harry complétait assidûment en préparant sa vendetta contre Voldemort ? Savait-il seulement que Harry prévoyait de s'enfuir dans les prochaines semaines et le gardait-il confiné à Poudlard justement pour le garder à l'œil ?

Harry soupira profondément. Il faudra plus que cela pour l'empêcher de quitter le château, mais avoir le regard de Dumbledore constamment braqué sur lui ne lui laissera pas beaucoup d'avance quand il s'éclipsera définitivement. Et lui qui prévoyait de fausser compagnie à James et Sirius une fois Noël passé pour aller enquêter sur le journal de Jedusor loin de la surveillance de Dumbledore, c'était loupé.

Par Merlin, comment était-il censé annoncer à James que Dumbledore ne le laisserait pas passer Noël chez lui ?

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L'euphorie qui s'empara du château quelques jours avant les vacances était familière à Harry qui se contenta de regarder les élèves préparer les valises en parlant de leur famille avec un pincement nostalgique au cœur. Combien de fois avait-il assisté à cette scène sans jamais pouvoir y prendre part ?

C'est la dernière fois, murmura-t-il pour lui-même. La dernière fois.

C'était la seule certitude qu'il avait. Il partirait avant les prochaines vacances. Seule la localisation du journal de Jedusor le retenait encore à Poudlard. Et – Harry laissa un sourire de défi étirer ses lèvres – Dumbledore comptait peut-être le surveiller étroitement pendant les deux prochaines semaines, ça n'allait pas l'empêcher de faire un saut au manoir des Malefoy. James laissait sa cape d'invisibilité à Poudlard pendant les vacances et Harry n'allait pas se priver de l'utiliser.

Il allait profiter de cet isolement forcé des maraudeurs pour préparer son sac de voyage. La Salle sur Demande lui fournira sans problème une tente et toutes sortes de potion de guérison. Au pire, il pourra toujours voler la réserve de Slughorn.

Surveillez-moi si ça vous chante, professeur, susurra méchamment sa conscience alors qu'il regardait James refaire sa valise pour la quatrième fois en criant au scandale à chaque fois qu'il oubliait quelque chose. J'ai encore deux ou trois tours dans la manche dont vous ne soupçonnez même pas l'existence.

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La pleine lune tombant le deuxième soir des vacances, Remus resta à Poudlard en compagnie de Harry pendant le week-end, au grand plaisir de celui-ci, même si le lycanthrope passa le plus clair de son temps à comater dans son lit. À la surprise de Harry, Sirius décida également de rester et de rejoindre le manoir des Potter seulement quelques jours plus tard. Le souvenir de Ron restant spécialement à Poudlard pour passer Noël avec lui au lieu de rentrer voir sa famille pendant leur première année le heurta violemment et Harry dut se retenir de toutes ses forces de pleurer en pensant à son meilleur ami qu'il ne reverra probablement plus jamais.

S'il n'envisageait pas de mourir tant qu'il n'aurait pas détruit tous les horcruxes et tué Voldemort, il n'était pas assez optimiste pour penser qu'il n'allait pas effacer sa propre existence en intervenant à ce point pour changer le passé.

La pleine lune fut particulièrement difficile. Patmol décida contre l'avis de Remus de passer toute la nuit dans la cabane hurlante en compagnie de Lunard, avec la complicité de Harry. Alors qu'il immobilisait le saule cogneur le temps que le chien disparaisse dans le passage secret, Harry maudit réellement son père de n'avoir pas insisté pour être présent lors de la pleine lune. Et se maudit au passage d'avoir accepté d'aider Sirius à le faire.

Pourtant, le lendemain, il récupéra un Sirius épuisé mais indemne, pas peu fier de lui.

Et quand le soir même en rentrant dans leur dortoir, Harry surprit des gémissements étouffés en provenance de la salle de bain qui ne laissaient pas vraiment planer de doute quant à l'activité qui s'y déroulait, il comprit d'un seul coup le regard malicieux de James à son attention sur le quai du Poudlard Express. Et pourquoi son père était rentré quatre jours plus tôt, dans ce qui devait être une manière de laisser un peu d'intimité à ses meilleurs amis.

– Tu sais… que Harry peut revenir d'une seconde à l'autre, haleta Sirius alors que Harry restait figé sur le pas de la porte.

Un gémissement lui répondit.

– Tant pis… pour lui, répliqua Remus d'une voix où perçait le sourire et Harry décida qu'il en avait bien assez entendu.

Il s'éloigna sur la pointe des pieds, rabattant précautionneusement la porte du dortoir avant de s'enfuir dans les escaliers.

Mais prévenez, bordel, avant de faire des trucs pareils !

Ça ne devrait pas le surprendre. La vie à Poudlard impliquait forcément que les élèves vivent les uns sur les autres, grandissant ensemble. Ce genre de… rapprochement physique ne devrait réellement pas le surprendre.

Il souffla, tentant de se remettre des images qui surgissaient dans sa tête et dont il se passerait bien.

Merde, Remus, je suis le parrain de ton fils et tu couches avec le mien ?! Merde à la fin !


Et sur ce, je vous laisse ! En vous disant à la semaine prochaine,

Aech.