Correctrice : Clina

Note : je suis désolée pour le début du chapitre…


Les seuls sons s'échappant de sa bouche ressemblent plus à des grognements et feulements d'animaux qu'à des sons. Ils n'ont plus rien d'humains. Tout comme son regard qui fixe Thomas intensément. Il est l'ennemi à abattre, celui qui refuse de faire ce qu'il lui demande. Il l'énerve. Tellement qu'il veut juste l'étrangler. Alors avec un autre feulement de colère aiguë, Newt lui saute dessus. Et ils chutent tous deux au sol alors que les mains du blond tentent d'encercler le cou du brun. Ce dernier se débat comme un beau diable pour éviter les doigts fins et graciles. Depuis quand Newt a-t-il autant de force ? Et si Thomas peut éviter que la prise du second ne se referme sur lui, il ne peut éviter les griffes qui déchirent sa peau. Newt n'a pas des ongles, mais des serres de rapace. Et rien n'y fait, Newt est inépuisable. Il continue de se battre pour blesser l'autre, avec ce besoin primal de le faire souffrir. Il tire d'ailleurs une joie malsaine à chaque coup de griffes qu'il donne à Thomas. Newt n'entend pas ce que dit Thomas. Il s'en contrefiche. Il veut juste l'étrangler, lui déchirer le visage à coup d'ongles voire l'égorger avec ses dents. Les sons inhumains et incompréhensibles sortent toujours de sa bouche entrouverte. Le sang noirâtre coule de ses lèvres, ses veines noircies pulsent douloureusement. Quelque chose le démange dans son esprit malade, le pousse à vouloir la mort de l'autre. S'il y arrive, ce sera mieux.

Finalement, les doigts de Newt se ferment sur la gorge fine de Thomas. Et il sert. Il sourit diaboliquement en voyant le visage de l'autre virer au rouge, en sentant ses mains contre les siennes tentant de le faire lâcher prise. Il sent aussi Thomas bouger sous lui, leurs bassins se rencontrant alors qu'il essaie de faire chuter Newt. Peu à peu, le brun manque d'air et ses mouvements deviennent faibles et plus lents. Newt sert toujours. Son sourire s'agrandit. Ses yeux devenus sombres et dépourvus de sentiments semblent exprimer une certaine joie dans la violence du moment. Il y est arrivé. Il a gagné. Les yeux de Thomas se font vitreux et perdent de leur éclat. Lentement, la vie quitte son regard et ses traits se figent…

« THOMAS. », il a hurlé sans le vouloir, s'asseyant par réflexe.

Le cœur de Newt bat à cent à l'heure. Il bat tellement vite dans sa cage thoracique que c'en est douloureux. Son souffle saccadé l'empêche de respirer, de se calmer. Il est couvert de sueur. Et il tremble comme une feuille prise dans un vent de tempête. Il n'arrive pas à se calmer. Il regarde devant lui, les yeux emplis de larmes. Il revoit en boucle le regard vide de toute vie de Thomas, ses doigts autour de sa gorge. Newt gémit. Il a envie de pleurer, de s'effondrer. Il se sent nauséeux et malade. Tout en lui est chamboulé, retourné. Il aimerait juste oublier. Et deux mains se posent sur ses épaules secouées de tremblements. Le blond sursaute, pris au dépourvu. Il dort seul… Et il sent un corps musclé se coller à son dos. Les mains glissent de ses épaules pour l'enlacer étroitement. Il sent un battement régulier de cœur contre son dos. C'est presque apaisant.

« Tout va bien Newt. », murmure la voix paisible de Thomas contre son oreille. « Je vais bien. Je suis là. Calme-toi. »

Une main glisse jusqu'au ventre du blond pour le garder étroitement collé au buste dans son dos. L'autre part caresser le bras de Newt dans des mouvements apaisants et lents. Newt se laisse bercer un moment. Thomas est vivant. Il va bien. Ce n'était qu'un cauchemar. Il tremble toujours, convulsivement, incapable de totalement se reprendre. Et il sait qu'il lui faut un moment pour se calmer après un cauchemar. Ils ont toujours l'air tellement réaliste, qu'il a l'impression de vivre plus que de rêver. La respiration en vrac, Newt passe une main tremblante sur son front humide. Finalement, il se détache de Thomas. Il a besoin de le voir. Il veut s'assurer qu'il est bien éveillé, là, maintenant. Et il doit savoir si son compagnon va bien. Alors compulsivement, les gestes brusques et maladroits, il s'éloigne pour se tourner et se mettre à genoux face à l'autre. Et Newt observe Thomas de longues minutes, le regard apeuré et le souffle court. Lentement, il tend une main pour frôler la joue de l'autre, pour s'assurer qu'il est bien réel. Et Thomas lui offre un sourire tendre.

« Je vais bien. Je n'ai rien. », murmure doucement Thomas. Et il continue de sourire avec beaucoup de tendresse. « Ce n'était qu'un cauchemar… Rien de plus. » Thomas tente de le rassurer, même s'il ignore quoi dire réellement pour l'aider. Quelque part au fond de son esprit, Newt comprend que son petit secret concernant ses remords et ses cauchemars a été découvert, et en plus par l'objet central de ceux-ci. Et il devine vaguement que Thomas risque fortement d'être encore plus présent et protecteur.

« Je... », le souffle lui manque toujours. Son cœur désire toujours quitter son corps. Et il se sent toujours trembler. D'ailleurs ses doigts, qui glissent de la joue de Thomas au matelas, sont hésitants. Il ne se calme pas vraiment. Mais Newt sait qu'il a besoin d'un long moment pour s'apaiser après un tel rêve. Surtout que cela ravive sa culpabilité à chaque fois un peu plus fortement. « Je… » Il déglutit tentant de former une phrase. Il a le sentiment de paraître tellement faible et brisé. Ce n'est pas l'image que Thomas a de lui. Il ne veut pas être considéré comme faible, comme un poids pour les autres. « Je… Désolé… je… » Pourtant les mots ne sortent pas de sa bouche, son esprit paralysé ne formule aucune phrase, trop concentré sur ses réactions physiques.

« Viens là. », déclare brusquement Thomas. Et il lui attrape le bras l'attirant un peu trop fort à lui. Pris par surprise, Newt s'affale contre le torse de son compagnon. Et les bras du plus jeune se referment, protecteurs et possessifs, sur son corps tremblotant. Une des mains de Thomas se pose sur sa nuque, l'autre glisse dans un geste répétitif le long de sa colonne vertébrale. Et même si Newt voudrait être fort, même s'il se dit qu'il devrait repousser Thomas et lui dire qu'il va bien, qu'il n'est plus un enfant à consoler… Il se contente d'abdiquer. Et il pose son front sur l'épaule de Thomas. Il inspire son odeur particulière, mélange de sa senteur personnelle, de sueur et d'autres choses que son esprit fatigué n'analyse pas. Les gestes tendres de l'autre semblent agir efficacement sur son état de panique. Newt se calme. Il se sent étrangement en sécurité, protégé alors qu'il reste collé à Thomas. L'étreinte est maladroite. Ce n'est pas quelque chose d'habituel entre eux. Pourtant, Thomas semble savoir quoi faire. Et ses gestes sont étrangement doux et tendres. Newt ferme les yeux. Il bouge légèrement la tête, son nez frôlant la peau nue du cou de Thomas. Il remarque à peine le frisson de ce dernier. Peu à peu, son corps se détend et son esprit se calme.

Timidement, la main de Newt remonte le long du tee-shirt de Thomas et se pose au niveau de son cœur. Et Newt peut sentir le palpitant battre à un rythme régulier, bien qu'un peu rapide, sous ses doigts. Et c'est rassurant. C'est la preuve que Thomas est bel et bien en vie. Le blond appuie un peu plus sa paume contre le tissu alors qu'un soupir soulagé quitte ses lèvres et vient frôler la gorge offerte de Thomas. Il sent ce dernier frissonner à son tour. Pourtant Thomas ne le lâche pas. Il continue de caresser doucement son dos et de masser légèrement sa nuque. Et Newt n'a aucune envie de bouger. Il s'apaise comme cela. Et il tente de chasser la petite voix qui lui dit, au fond de son esprit embrouillé, que deux amis ne se câlinent pas comme ça. Il s'en fout en fait. Tout ce qu'il sait, c'est qu'être dans les bras de Thomas le rassure et le réconforte, qu'il se sent mieux là, collé à l'autre et surtout en sécurité. Il a l'impression que s'il reste blotti contre son compagnon pour dormir, il n'y aura plus de cauchemar. Mais il sait aussi qu'il réagit de manière irréfléchie suite à son rêve.

« Viens. », murmure la voix de Thomas dans ses cheveux.

Newt fronce des sourcils se demandant ce que Thomas veut dire par là. Où veut-il aller ? Et il se sent entraîner en arrière alors que Thomas se recouche sur le lit. Lentement, le plus jeune les allonge sur le lit et cherche à tâtons la légère couverture. Newt bouge, cherchant une place confortable et au plus près du corps de l'autre. Il finit la tête sur le torse de Thomas à écouter ses battements de cœur réguliers, une main posée juste à côté de sa tête. Le son est rassurant. Il n'a pas envie de bouger, même s'il est beaucoup trop collé à Thomas. Ce dernier a passé un bras autour de lui et le garde contre son corps. Un bref instant, Newt se demande comment la couverture a atterri sur leurs corps et comment leurs jambes ont pu s'emmêler de cette manière. Mais la pensée importe peu. Il veut juste continuer à écouter le cœur de Thomas battre contre son oreille, sous ses doigts. C'est son point d'ancrage dans la réalité du moment. Plus tard, il analysera leur position et il laissera la gêne lui rougir les joues en y repensant. Maintenant, il profite juste de l'étrange câlin. Il sent les doigts de Thomas jouer avec ses mèches blondes, et de temps à autre caresser avec douceur sa nuque offerte. Et Newt ferme les yeux. Il est calmé, sa respiration est régulière. Mais il continue de se focaliser sur le son du palpitant de Thomas.

« Tu n'as pas dit que tu avais des cauchemars. », déclare Thomas dans un murmure. Et le corps de Newt se tend. Il ne veut pas parler, pas maintenant. Instinctivement, il tente de se reculer. Mais la main de Thomas sur sa nuque appuie un peu plus fort. Et il cède à l'ordre muet lui intimant de ne pas bouger. « Je comprends que tu préfères dormir seul. »

« Ce n'est pas important, Tommy. », Newt tente d'éviter le sujet. Certes il a réveillé Thomas avec son cri. Mais le doute s'insinue en lui. Parle-t-il en dormant ? Thomas a-t-il une idée du contenu de son rêve ? En tout cas, il savait que cela concernait sa mort donc…

« Tout le monde a des cauchemars. C'est normal après ce qu'on a vécu. », ajoute toujours en murmurant Thomas. Et sa main reprend ses cajoleries sur la nuque de Newt avant de se perdre un moment dans ses cheveux. Lentement, le blond bouge la tête pour observer l'autre jeune homme. « J'en ai aussi. Parfois, je revois la chute de Teresa… Après ça, je peux rester éveillé toute la nuit. », confesse doucement Thomas en fermant un instant les yeux.

« Je suis désolé. », la réponse est spontanément sortie de sa bouche. Et Newt l'est réellement, pour beaucoup de choses. Tellement, qu'il ignore pour quoi il s'excuse en premier lieu. Il inspire profondément. Et l'odeur de Thomas l'envahit à nouveau, avec ce double effet presque incompréhensible qui affole ses sens et son corps, et en même temps le rassure, le fait se sentir bien et en sécurité. Un jour, il tentera de comprendre ses propres réactions face à son ami.

« Pour quoi ? », demande Thomas avec un sourire. « M'avoir réveillé ?! Ou… » Il hésite à finir sa phrase. Il sait le sujet tabou. Et aussi étroitement collé à Newt, il peut sentir le corps de ce dernier se contracter.

« Tout ? », propose finalement le blond avant de remettre sa tête sur le torse de l'autre. « Teresa… Ce que je t'ai fait là-bas… T'avoir menti. Enfin plutôt caché des choses. T'avoir réveillé juste là… De ne plus être un aussi bon ami qu'avant… De te nier… Enfin, la liste est longue. »

« Je crois que j'ai compris l'idée, tu sais. », déclare Thomas avec un léger rire qui se répercute agréablement dans le corps de Newt. « Et si j'avais quelque chose à te pardonner, c'est fait depuis longtemps. Je sais que tu ne veux pas en parler parce que tu culpabilises… Mais moi, j'ai besoin de t'avouer un truc. » La main de Thomas revient se poser contre la nuque de Newt, comme pour prévenir tout mouvement de recul.

« Hum… », Newt ne sait pas trop quoi dire, alors il attend. Il se demande ce que Thomas veut lui avouer de si important. Mais en même temps, il ne se souvient pas vraiment de ce que Thomas a pu dire ou faire de mal à ce moment-là. Cela dit ses souvenirs sont flous.

« J'aurais dû être attentif. Je savais pourquoi tu voulais sauver Minho. Mais cela ne me donnait pas le droit de t'oublier toi, de ne pas prendre soin de toi. Et j'ai foiré. Je pensais naïvement que cela irait, que Gally récupérerait le sérum et voilà… Et j'ai réalisé trop tard qu'on allait manquer cruellement de temps pour te sauver, toi. », Thomas raconte cela avec une voix qui se brise de tristesse à chaque mot. « Quand tu t'es effondré sur le sol, j'ai eu l'impression que quelque chose se brisait en moi, définitivement... », il marque un pause. Et Newt peut sentir le tremblement du corps de Thomas contre le sien. « Puis tout c'est très vite enchaîné. Teresa m'a refilé le traitement miracle… Et quand je vous ai rejoint, je n'avais qu'une idée en tête : te le donner. Je ne pouvais pas te perdre. Tu devais vivre. C'était purement égoïste. Teresa venait de… Et j'avais ce foutu remède en main… Je ne savais sincèrement pas si ça fonctionnerait, s'il était trop tard ou non. Tout ce que je savais, c'est que si je te perdais, toi aussi, je n'arriverais pas à continuer… Alors je t'ai donné la seule dose du remède… Et tu as raison quand tu dis que c'est stupide et égoïste, irréfléchi aussi. Je n'avais même pas dit aux autres ce que c'était. » Thomas se tait un moment, la respiration plus rapide qu'avant.

« Tommy... », Newt ne sait pas ce qu'il peut répondre à cela.

« Mais tu ne t'es pas réveillé, pas tout de suite. Et pour le coup j'ai vraiment cru t'avoir perdu. Au bout de quelques heures, te veiller m'était impossible. C'est Minho, Gally et Fry qui sont restés non stop près de toi. Parce que moi, je flippais trop de te voir mourir… Puis tu t'es réveillé. Et j'ai eu l'impression de pouvoir respirer à nouveau. J'avais la sensation d'être à nouveau vivant, que tout allait bien maintenant. », Thomas poursuit lentement. Il a ce besoin de tout dire. Et peut-être qu'inconsciemment il sait qu'au vu de la situation, c'est sa meilleure chance d'avoir cette conversation avec Newt. « Et Minho m'a dit que tu ne voulais pas me voir. Il m'a dit que tu avais besoin de temps, probablement à cause de ce qui s'était passé. Et mon monde s'est juste écroulé quand j'ai constaté que tu ne voulais vraiment plus me parler. Au début, je me suis demandé pourquoi. Qu'est-ce que j'avais fait pour t'énerver à ce point ? Mais pour une fois, j'ai été patient. J'ai attendu… »

« Thomas ! », déclare Newt en posant ses doigts sur les lèvres de son compagnon. Il s'est redressé, les joues rougies à nouveau. Il faudra un jour qu'on lui explique pourquoi Thomas peut le faire rougir d'un simple regard ou d'un simple mot. C'est légèrement embarrassant. Newt fixe l'autre droit dans les yeux sans trop savoir quoi dire. Il comprend surtout à quel point son comportement a blessé l'autre et que c'était égoïste de le fuir. En fait, il a fait au plus simple pour lui-même. « Tu n'as rien fait. », finit-il par murmurer avec un léger sourire timide. « J'ai … C'est moi qui… ait besoin de temps pour accepter ce que je t'ai fait et dit, pour… me pardonner. »

Le silence s'installe un moment. Thomas observe avec attention Newt. Ils ne se quittent pas du regard un seul instant, analysant lentement les émotions qui traversent les pupilles de l'autre. Pour la première fois depuis qu'ils sont ici, Newt a l'impression de comprendre Thomas au-delà des mots. Ils retrouvent cette complicité d'antan. Celle qui leur permettait de savoir comment rassurer l'autre, de communiquer par un simple regard et de comprendre comment l'autre allait. C'est rassurant. Parce que cela signifie qu'ils peuvent renouer leur relation amicale. Du moins, Newt le pense. Et il peut s'en convaincre, s'il arrive à nier l'étrange lueur dans le regard de Thomas, qui fait accélérer de nouveau ses battements de cœur. Il a chaud. Il faut qu'il s'éloigne de son compagnon. Il se sent rougir un peu plus. Ou alors c'est juste à cause de cette sensation de chaleur née dans son ventre et qui irradie dans tout son corps. Timidement, il détourne le regard et envisage de bouger. D'ailleurs, il amorce un mouvement pour s'éloigner du corps de Thomas. Mais la main de ce dernier revient sur sa nuque, et il y appuie suffisamment pour que Newt se retrouve de nouveau allongé contre lui avec sa tête contre son torse.

« D'accord. », murmure doucement Thomas. « Mais tu devrais me laisser t'aider. », ajoute-t-il alors que sa main vient à nouveau jouer avec les cheveux du blond. Et Newt sourit doucement.

« M'aider ? Et tu vas faire ça comment Tommy ? », questionne Newt vaguement amusé. Comment l'autre peut-il l'aider à se pardonner ? Il l'ignore. Et Thomas ne doit pas savoir parce qu'il ne répond pas, laissant le silence s'éterniser. À tel point que Newt imagine qu'il s'est endormi. D'ailleurs, le blond ferme les yeux, se laissant bercer par le rythme cardiaque de Thomas.

« J'aime bien quand tu m'appelles Tommy. » L'aveu fait ouvrir les yeux à Newt. Il bouge un peu la tête juste pour pouvoir voir le visage de Thomas. « Je veux dire… Je sais que quand tu dis Thomas, c'est que tu es en colère ou que j'ai fait une connerie. Puis tu es le seul à me surnommer comme cela et je ne pense pas que tu aies filé des surnoms aux autres alors… Ça fait un peu spécial, quoi. Je suis content que tu continues de dire Tommy. » Newt peut remarquer que Thomas a les joues bien rouges en cet instant, comme si sa confession le gênait. Par habitude, le blond mordille et lèche sa lèvre inférieure.

« T'es mignon quand tu rougis, Tommy. », il déclare taquin avec un sourire. Et cela ne manque pas, même si Newt ne comprend pas trop pourquoi les joues de son compagnon s'empourprent encore plus.

« Tu dis ça… Mais je te signale que tu es rouge comme une tomate. », réplique le brun et sa main libre vient frôler les joues brûlantes de Newt. Ce dernier sent son cœur louper un battement et il repositionne sa tête de manière à cacher ses rougeurs. Il feulerait bien pour le coup. Et il n'a pas besoin de le voir pour savoir que Thomas sourit, fier de lui. « Dis… Je peux travailler avec toi au jardin demain ? »

« Pourquoi tu ne pourrais pas ? », réplique Newt. Sans vraiment s'en rendre compte, il a déplacé sa main pour agripper les doigts de Thomas. Ce dernier n'a pas été assez rapide pour remettre son bras le long du corps. Et si le fait que le blond joue avec ses doigts, s'amusant à comparer leurs mains et à entrelacer innocemment leurs doigts est étrange, il ne fait aucun commentaire. Après tout, il joue bien avec les cheveux de Newt depuis un moment. « Cela dit, depuis quand tu aimes travailler au jardin ? Au Bloc c'était peine perdue de te convaincre d'aider. »

« Oui, enfin ici je ne peux pas être coureur. », fait remarquer Thomas avec un léger rire. « J'aimerais juste travailler avec toi. Peu m'importe que ce soit au jardin, en cuisine, à l'infirmerie… » Il y a une note de réel besoin dans la voix de Thomas. Et Newt se contente de soupirer.

« D'accord, mais à une condition. », accepte-t-il. Une part de lui pense que Thomas n'a pas besoin de permission pour travailler où bon lui semble. Il est un peu le chef de la communauté, épaulé par Vince et Jorge. Mais si son ami veut passer sa journée à travailler la terre avec lui… Même si Newt ne sait plus trop comment agir et parler avec Thomas, il apprécie toujours autant sa présence.

« Laquelle ? » La méfiance est clairement audible dans la voix fatiguée de Thomas.

« Tu trouves à Minho et Gally une autre occupation. Hors de question que je supporte une autre journée de chamailleries ! » Et Newt soupire. Il adore ses amis. Il les connaît depuis longtemps, depuis toujours en fait. Mais les avoir tous les deux dans la même équipe n'a jamais été une bonne idée. Même s'ils s'apprécient au fond, et qu'ils sauveraient la vie de l'autre à tout prix. Et Gally a vraiment fait des efforts niveau caractère, il est plus posé et calme qu'au Bloc. Ils restent deux fortes têtes qui refilent le tournis à Newt au bout de quelques heures de chamailleries.

« Cela devrait se négocier facilement. », répond dans un bâillement un Thomas bien fatigué, qui commence à s'endormir. Newt a aussi fermé les yeux et il commence à somnoler doucement à son tour.

« Tommy… Je t'aime. … Ne l'oublie pas. » Newt est à moitié endormi, loin de se rendre compte de ses aveux en cet instant. Mais il sent le cœur de Thomas battre plus vite. Le bras, qui entoure son corps, le sert aussi un peu plus fort. D'ailleurs, réflexion faite, son cœur aussi tambourine un peu trop vite dans sa poitrine. Mais la sensation est agréable, anesthésiant son corps fatigué et le menant doucement aux portes du sommeil.

« Je t'aime aussi. » C'est un murmure. Mais même à moitié endormi, Newt l'entend. Et il sourit doucement, heureux.


Fin du chapitre 3

Il est un peu plus long que les autres, et pas de fin à suspense cette fois-ci… Cela dit l'histoire n'est pas finie.

Réclamation ? Commentaire ? Discussions sur les films, romans… Le formulaire se trouve en dessous comme toujours

Merci d'avoir lu.