Correctrice : Clina
Pas de note ou d'avertissement cette fois-ci. À part un grand merci à tous ceux qui lisent, suivent et commentent. Cela fait chaud au cœur de voir que l'histoire plaît.
Par contre, je n'aurai pas la grippe éternellement. Il faudra bien retourner au travail, donc il se peut que compte tenu de mon emploi du temps et celui de Clina, la publication s'espace un peu.
Réponse aux review:
Lucille: merci pour ton commentaire, j'espère que la suite te plaira :)Cela fait trois jours que Thomas sait pour les cauchemars de Newt. Et ce dernier doit saluer sa patience une nouvelle fois. Pour quelqu'un d'aussi impulsif que l'ancien Coureur, c'est presque surprenant qu'il attende autant avant d'aborder le sujet. Et l'ancien Second devine que cela demande sûrement à Thomas beaucoup d'efforts sur lui-même pour ne pas débarquer avec tout un tas de questions sur le sujet. Il n'a d'ailleurs plus reparlé du comportement distant du blond non plus. Réflexion faite, ils n'ont même pas eu de conversation sur la fameuse nuit. Et cela même si le réveil a été un peu embarrassant pour eux au vu de leur position plus qu'intime. Thomas a juste rougi tout comme Newt avant de le saluer et de quitter la tente. Et depuis, il se contente de travailler avec le blond. Du moins chaque fois qu'il peut échapper à ses responsabilités de chef, dont il ne veut pas. Minho a bien essayé de lui faire comprendre que c'est son rôle ici, mais Thomas reste le mec plus têtu qu'une mule. D'ailleurs la fameuse discussion, un soir, sur le fait que Thomas doive être le chef a bien amusé Newt. Cela dit si au final Thomas n'a plus répondu, il continue à n'en faire qu'à sa tête. Et il rejoint systématiquement Newt dès qu'il peut, souvent l'après-midi, pour l'aider avec la parcelle de jardin qui prend forme lentement. Et dans ces cas-là, Thomas travaille silencieusement, se contentant de quelques regards discretsversNewt.
Seulement, aujourd'hui Thomas manque à l'appel. Les heures s'égrainent lentement. Et le brun ne se montre pas. De temps à autre, Newt lance un regard vers le camp. Il se demande sincèrement ce que Thomas peut bien faire et ce qui l'occupe autant. C'est presque étrange cette sensation de manque. Même s'ils ne parlent pas en travaillant, Thomas est toujours, là, près de lui. Même lors des soupers collectifs autour du feu. Thomas se débrouille toujours habilement pour être assis à côté de Newt, le frôlant plus que nécessaire, comme s'il cherchait un contact physique. C'est d'autant plus vrai depuis la fameuse nuit. Mais aujourd'hui, pas de Thomas à l'horizon. Et le blond ressent une certaine tristesse qui le fait soupirer. Il ne s'inquiète pas outre mesure. Il sait qu'ils sont tous en sécurité ici. Mais il aime bien la présence protectrice et envahissante de Thomas. D'ailleurs, il s'étonne lui-même du changement de situation. Mais au fond, peut-être s'est-il juste habitué à l'avoir toujours là, près de lui.
« Tu devrais lui parler. », déclare la voix de Minho à sa droite. Newt ne réagit pas, trop occupé à essayer de déraciner un arbuste. Le silence s'éternise quelques longues minutes pendant lesquelles le blond continue de couper les racines une par une. « Newt, je te parle là… »
« Hum… À qui veux-tu que je parle et de quoi ? », finit-il par demander. Il enfonce sa lame dans le sol et passe sa manche trop longue sur son front pour en essuyer la sueur. Ses yeux se posent avec curiosité sur Minho.
« À Thomas. », Minho roule des yeux comme si la réponse est évidente. Newt grimace un peu. On en revient toujours au plus jeune de toute évidence. « Il doit remplir son rôle de chef. C'est ce que tout le monde voit en lui. »
« Tu n'as qu'à lui expliquer toi-même. Et peut-être que si vous parlez posément, vous arriverez à vous comprendre. Ton opinion compte beaucoup pour Thomas. », réplique Newt. Ce n'est pas qu'il ne veut pas avoir cette conversation avec Thomas. C'est juste que s'il avait vraiment le choix, il préférerait que Thomas travaille avec lui au jardin non stop. De plus, au vu de leur relation actuelle, devenue bancale et incertaine, il n'est sûrement pas le mieux placé pour discuter avec le plus jeune.
« Thomas t'écoute. », la voix de Gally est étrangement calme. Il est appuyé sur le manche de sa pelle et il observe les autres Blocards. « Je l'ai vu quand vous avez débarqué en ville et qu'il m'a sauté dessus pour me massacrer. Tu as dit un truc et ça a été fini… Alors je crois que si quelqu'un peut le convaincre, c'est toi. Vous avez une relation assez forte et spéciale, assez pour qu'il arrête de faire son têtu et t'écoute… Pour Thomas, ce que tu peux dire aura toujours plus de poids que ce que n'importe qui d'entre nous dira. »
Newt observe Gally un moment. Une relation forte et spéciale ? Il n'est pas certain de ce que ça signifie. Tout ce qu'il sait, c'est que ce qui l'unit à Thomas n'est certainement plus de l'amitié. Parce qu'à force d'y réfléchir, il a quand même remarqué qu'ils avaient des gestes entre eux qu'ils n'avaient pas avec les autres. Newt n'irait jamais se blottir contre Minho, Fry ou Gally pour dormir. Et il est certain qu'aucun d'eux ne le câlinerait après un cauchemar. Certes, ils le réconforteraient comme ils l'ont fait après son réveil ici. Mais ce serait plus avec des mots, une tape sur l'épaule… Et puis aucun des autres Blocards n'affole le cœur de Newt. C'est même un peu dérangeant ces battements trop rapides et ces rougeurs sur ses joues. Il sait que Thomas a compris le pouvoir qu'il a sur lui. Thomas sait comment mettre fin à une conversation par un regard appuyé, une déclaration inattendue ou tout simplement une proximité physique. La seule consolation de Newt reste de savoir que Thomas rougit tout autant que lui, bien qu'étant celui initiant la situation gênante. Un soupir échappe à Newt. Un moment il penche la tête en arrière et observe le ciel, comme si la réponse y est inscrite.
« D'accord. », il abdique. De toute manière, il ne risque pas grand-chose à tenter sa chance. Et peut-être que Thomas lui expliquera pourquoi il refuse de remplir le fameux rôle de chef. Il ne manque pas les hochements positifs de têtes des deux autres. « Mais je ne promets rien. Contrairement à ce que tu penses Gally, quand Thomas a décidé d'un truc… C'est impossible de le faire changer d'avis. »
Newt ne pense pas avoir ce pouvoir sur Thomas, contrairement à ce que disent ses amis. Parce que le brun est un libre penseur, un électron libre, qui n'en fait qu'à sa tête. Thomas est impulsif, direct et très souvent irréfléchi. En prime, ses plans craignent toujours. La seule manière de contrer un Thomas décidé, c'est de le mettre devant un fait accompli, comme Newt l'a fait avec Fry quand Thomas a voulu leur fausser compagnie pour aller sauver seul Minho. Le blond ne lui a pas laissé le choix. Et si c'était à refaire, il le ferait. Même si c'est à ce moment-là qu'il a contracté la Braise, même si cela veut dire risquer de mourir pour sauver son meilleur ami… Cependant, sachant comment cela finit, il est peu sûr que Thomas accepterait sa présence. Parce que Thomas l'a dit, il regrette de ne pas avoir fait plus attention à Newt, de ne pas l'avoir protégé correctement. Quelque chose a changé entre eux. Et ça Newt le sait. Alors non, il n'est pas aussi certain que Gally et Minho que Thomas l'écoutera. Autrefois, il l'aurait fait. Mais maintenant ? Newt doute d'avoir encore une quelconque influence sur les décisions de Thomas. Mais il a promis de lui en parler… Au moins, il sait que s'il demande à Thomas une conversation privée, ce dernier acceptera. Il sera juste peut-être désappointé par le sujet de discussion.
Finalement, Newt se remet au travail. Il désire finir de déraciner l'arbuste avant de rentrer au camp. Un autre soupir lui échappe. Il fatigue vite ces derniers jours lors du travail. Il sait que cela inquiète les autres. Probablement qu'ils se posent des questions. Et Newt pourrait les rassurer aisément. Il est fatigué parce qu'il dort à peine. Mais l'avouer le forcerait à parler de ses cauchemars. Et il n'en a pas envie. Au fond, il sait que quand son corps n'en pourra plus, il dormira au moins une nuit complète. Il faut juste qu'il s'épuise physiquement pour forcer son corps à désirer le repos et pour que son esprit ne se perde pas dans d'autres cauchemars tellement réalistes… Alors il travaille d'autant plus, prenant moins de pauses que les autres. Puis les mains occupées, il ne réfléchit plus à tout ce qui le bouffe de l'intérieur. Il oublie sa culpabilité, ses doutes et ses questions. C'est bien aussi d'avoir un temps de repos de l'esprit. Même si une fois seul, allongé sur son lit, tout lui revient et le maintient éveillé ou lui offre des cauchemars tous plus sanglants les uns que les autres. Combien de fois a-t-il tué Thomas en rêve ? Et pas que lui, Minho, Fry, Gally, Brenda, Teresa… Presque tous y sont passés, même Alby et Chuck, même les Blocards restés au Bloc…Il se sent responsable de chaque mort, stupidement. Et il culpabilise d'être en vie alors qu'il n'est pas un Imune comme les autres.
Peu à peu l'obscurité s'installe. Et ils rangent tous leurs outils pour regagner le camp. La parcelle enfin défraîchie, ils vont pouvoir bêcher et préparer la terre pour semer. Comme toujours, Newt est le dernier à quitter les lieux. Il aime prendre son temps pour regagner la solitude de sa tente. Il sait qu'il dispose d'un laps de temps pour se laver et changer de vêtements avant le souper. Il compte en profiter pour se relaxer un peu, pour paraître moins tendu. Peut-être pourrait-il faire une sieste ? Il passe une main dans ses cheveux et il étouffe un bâillement. Il faut vraiment qu'il dorme plus. Newt abandonne ses outils à l'extérieur comme toujours. Pourtant une fois à l'intérieur, il a un moment d'arrêt. Et il cligne des yeux. Il constate la présence d'objets qu'il n'y avait pas ce matin, à savoir un second coffre avec de toute évidence des vêtements, une troisième chaise mais surtout ce qui doit être une table de nuit. C'est vers cette dernière qu'il se dirige. Newt prend lentement en main la statuette de bois posée sur la petite table servant de table de nuit. Son pouce la caresse doucement. Il se souvient de Chuck, agonisant, la donnant à Thomas. Ce dernier ne s'en sépare jamais. Le blond ne peut en détacher ses yeux. Ils ont perdu tellement de Blocards pour arriver ici, pour être sauvé. Il sent une étrange vague de tristesse monter en lui lentement alors qu'il mordille sa lèvre inférieure. Chuck était le plus jeune, l'avant-dernier Blocard arrivé. Et il ne méritait nullement cette mort…
« Salut Newt. » La voix joyeuse de Thomas le fait sursauter. Et il fait volte-face, la statuette toujours en main. Newt fronce des sourcils en observant Thomas qui a une autre caisse en main. Il comprend que ce sont les affaires de Thomas qu'on a ajoutées sous sa tente. Par contre, il se demande vraiment pourquoi.
« Tu m'expliques ? », réplique le blond en guise de salutation. Et sous son regard inquisiteur, il voit Thomas lui faire son fameux sourire qui dit d'avance qu'il a eu une idée géniale dont il est fier. Newt n'est pas certain qu'il va apprécier les explications.
« Vince a besoin d'une seconde tente médicale pour les malades. On en a une mais elle ne comporte que deux lits, c'est peu en cas d'épidémies. », commence Thomas sans perdre son sourire. « Du coup comme la mienne est juste à côté, je lui ai dit de la prendre. Et que je trouverai bien une autre tente à partager. », le brun semble assez satisfait de son idée. « Cela ne t'ennuie pas ? »
« Ah parce que j'ai le choix ? » Newt lève les yeux au plafond. Malgré le côté tranchant de sa réplique, il a une voix calme et posée. Par contre Thomas l'observe avec une lueur d'incertitude dans le regard. Newt soupire, encore. Il déteste ce niveau tic qu'il a chopé. « Non, ça va… Mais je n'ai toujours qu'un lit. Tu comptes ramener le tien ? »
« Pourquoi ? On sait dormir à deux là, on l'a déjà fait. Puis Vince a besoin de lits à l'infirmerie. » Thomas offre un sourire alors qu'il s'avance un peu plus dans la tente. Et Newt se sent rougir à l'idée de partager chaque nuit son lit avec Thomas. Entre ça et les cauchemars, il ne sait pas trop comment il va survivre sur le long terme.
Le blond suit du regard Thomas qui dépose la caisse près des autres dans un coin. Comment peut-il avoir autant d'affaires quand Newt sait tout mettre dans un seul coffre ? Lentement, le blond reporte son regard sur l'objet qu'il a toujours en main. Vaguement, il se demande ce que Chuck aurait pensé de cet endroit ? Et Wiston ? Et Alby ? Et tous les autres, connus et inconnus, sacrifiés par le WICKED ? Certains jours, il a l'impression d'être revenu en arrière, à l'époque où ils organisaient le Bloc pour survivre. Il se rappelle des débuts assez difficiles. Mais si certaines choses semblent identiques, il n'y a pas de murs ici. Ils sont libres et ils ne risquent pas la mort chaque fois qu'ils quittent le camp. Absorbé par ses pensées, il ne remarque pas que Thomas s'approche. Ce dernier lui prend doucement la statuette de mains. Et Newt relève la tête, constatant à nouveau que Thomas est trop proche, carrément dans son espace vital. Par réflexe, le blond recule. Il passe une main nerveuse dans ses cheveux, tentant de nier le fait qu'il a encore rougi. Et il va s'appuyer contre la table. Newt croise les bras. Son regard se perd au sol pensivement.
« Tommy, il faut qu'on parle. », déclare-t-il calmement. Il tente de se contrôler. Il espère que ce sera une discussion facile et calme. Et dans le cas contraire, il maudira Gally et Minho jusqu'à leur mort.
« D'accord. », répond Thomas avec un froncement de sourcils. « Et de quoi veux-tu parler ? »
Newt soupire à nouveau. Il continue de mordiller nerveusement sa lèvre inférieure, tout en passant sa main dans ses cheveux déjà en bataille. Il a besoin d'une bonne douche et de changer de vêtements. Pour être honnête, il aurait bien retiré ses habits sales, mais Thomas est là. Et se déshabiller devant l'autre le met mal à l'aise. Mais pour le moment, il doit trouver comment aborder le fameux sujet. Et il ne sait pas trop quoi dire pour convaincre Thomas. Fatigué, la jambe douloureuse, Newt s'appuie un peu plus contre la table et il grimace. En général, il dissimule sa douleur physique aussi bien que son mal-être. Mais la fatigue rend son contrôle moins bon. Et il s'est habitué à laisser tomber le masque une fois seul. Sauf qu'il ne sera plus jamais seul. Il y aura toujours Thomas avec lui. Finalement, il se décide à bouger, essayant de ne pas trop grimacer quand il s'accroupit devant la caisse pour prendre un autre pantalon et un tee-shirt à manches longues. Newt lance un regard à Thomas qui semble occupé à ranger ses propres affaires.
« Tu sais que c'est toi le chef. », murmure-t-il en tournant le dos à son compagnon. Il se débarrasse d'abord de son haut pour enfiler avec un soupir de bien-être l'autre vêtement. Toujours dos à Thomas, il attend un commentaire de sa part, qui ne vient pas. Lentement, après s'être assuré que l'autre ne le regardait pas, Newt défait sa ceinture et se débarrasse du pantalon. Il déteste l'idée que Thomas puisse voir sa cicatrice, même s'il lui a raconté son origine. Mais quand il a avoué sa tentative de suicide, il était persuadé de mourir. Rapidement, Newt enfile l'autre pantalon et le referme.
« On sait tous les deux que je prends toujours des décisions horribles et que mes plans sont foireux. On fait mieux comme chef. », commente Thomas après un silence trop long. En faisant volte-face Newt constate que ce dernier l'observe, ou plutôt que son regard se porte sur sa jambe blessée.
« Tommy, tout le monde te voit comme un chef ici. Tu les as tous sauvés. », réplique Newt avec un haussement d'épaules. En boitant plus qu'habituellement, Newt rejoint le lit pour s'y installer. Thomas reste debout, près de la table. Il se contente de se tourner pour faire face au blond.
« Pourquoi tu ne serais pas notre chef ? », propose subitement le plus jeune. « Tu es posé, calme et plus réfléchi que moi. Tu arrives à rassembler les autres. Et tu étais le Second du Bloc. Tu ferais un bon chef… »
« Thomas… », murmure Newt. « On parle de toi, pas de moi. »
« Non, on discute de qui peut être chef. Et vous imaginez tous que je pourrais l'être, sous prétexte que je vous ai sauvés du labyrinthe et du WICKED. », réplique Thomas un peu plus rudement que nécessaire. « Pourquoi cela devrait être moi ? On sait tous les deux que tu ferais un meilleur leader ou même Minho… »
« Je n'aime pas diriger. Je n'étais que le Second. Le chef c'était Alby. », réplique doucement Newt. « Travailler au jardin me convient mieux. »
« Eh bien, je ne veux pas diriger non plus. J'estime en avoir assez fait. Quelqu'un d'autre pourrait jouer au leader. », réplique avec froideur Thomas.
Newt opte sagement pour le silence. Il n'a aucune envie de se prendre la tête avec Thomas. De toute manière, il a tenu parole. Il avait promis de lui en parler. Et c'est chose faite. Cela dit, il note pour lui-même qu'il avait raison. Il ne peut pas influencer Thomas, pas quand ce dernier est réellement décidé. Et franchement, Newt ne voit pas comment il pourrait mettre Thomas devant le fait accompli. Pour le moment, la seule chose qui accapare réellement son esprit est la douleur traversant sa jambe. Même s'il est habitué, cela reste douloureux. Lentement, Newt replie sa jambe blessée pour venir la masser. C'est généralement suffisant pour calmer un petit peu la douleur. Il voit Thomas perdre son air méfiant du coin de l'œil. Sans relever la tête, il devine que l'autre Blocard se déplace pour venir s'installer près de lui, sur le lit. Et il sent sur lui le regard scrutateur de son compagnon, qui analyse tout, des cernes sous ses yeux à sa jambe qu'il masse. Newt sait qu'il a une tête horrible. Minho le lui a dit avec toute la délicatesse dont il est capable quand il veut. Apparemment, il est plus pâle que d'ordinaire, les cernes assombrissent son regard et il marche de manière plus hésitante. Il a probablement dû lâcher quelques grognements et grimaces de douleur durant la journée, ce qui a un peu inquiété ses amis.
« Tu as toujours des cauchemars. », déclare doucement Thomas. Ce n'est pas vraiment une question. Newt se contente d'acquiescer lentement de la tête. « Tu veux en parler ? Ou tu préfères toujours attendre… » La proposition est presque touchante.
« Je ne sais pas Tommy. », murmure Newt sans relever les yeux, continuant à masser sa jambe. « C'est toujours le même rêve. Par contre, si ça peut te rassurer, tu n'es pas la seule victime. »
Et le silence retombe lourdement entre eux. Newt ne veut pas raconter parce que cela l'effraye. Il a été comme cela, un Fondu. Et il a donc une parfaite idée de ce qu'il peut redevenir quand le traitement miracle de Thomas ne fera plus effet. Il peut être fort pour les autres. Il sait agir normalement, plaisanter et sourire avec les Blocards. Mais face à Thomas, en tête-à-tête, il sait que c'est inutile de jouer un rôle. Parce que Thomas sait. Il l'a vu cauchemarder. Et Newt soupire à nouveau. Il grimace aussi quand il appuie un peu trop sur la partie douloureuse de sa jambe. Puis les mains de Thomas viennent se poser lentement sur les siennes. Involontairement, tout le corps de Newt se tend et il se sent rougir à nouveau. Ce qu'il déteste le pouvoir que Thomas a sur ses réactions depuis qu'ils sont ici. Il est troublé au point que ses doigts tremblent quand leurs mains se frôlent.
« Je peux ? », demande doucement Thomas dans un murmure.
« Thomas… » Newt a envie de lui dire bas les pattes, pas touche. Il ne supporte pas qu'on le voit comme quelqu'un de faible dont il faut prendre soin. Il déteste la pitié qu'il peut lire dans certains regards. Il a fait une connerie autrefois. Minho l'a sauvé. Et la douleur est là pour lui rappeler en guise de punition. Mais il sait se battre, courir et se débrouiller seul comme n'importe quel Blocard.
« Je ne vais pas te faire mal. », commente avec un sourire amusé Thomas. « Laisse-toi faire… Il n'y a aucun mal de temps en temps à laisser les autres nous aider ou prendre soin de nous. C'est normal quand on aime quelqu'un de vouloir le protéger et de s'occuper de lui. »
Un instant Newt se demande d'où Thomas sort ce genre de commentaires… C'est vrai qu'il ne s'attend jamais à ses déclarations étranges, qui ont l'art de le remuer à l'intérieur de lui. Et cela lui file toujours une étrange sensation au creux du ventre. Mais il abdique. Il retire ses mains lentement. Il mordille sa lèvre inférieure. Il ne savait pas que Thomas était un expert en massage. En même temps, ils n'ont jamais eu l'occasion d'échanger sur le sujet. Cela dit, ce serait quand même une drôle de conversation. Newt observe les mains de son compagnon masser avec douceur et lenteur sa jambe blessée. Thomas est concentré sur ses gestes et reste silencieux, poursuivant son travail. Il semble prendre à cœur de soulager un petit peu Newt. Finalement, il est plutôt doué. Et le blond ferme les yeux, se laissant faire en totale confiance. C'est Thomas après tout. Il ne risque rien avec lui. Et il n'a pas tort, c'est agréable d'avoir quelqu'un qui prend soin de vous de temps à autre.
« Tu es plutôt doué. », commente le blond après un moment alors que les doigts de Thomas se font plus sûrs d'eux et remontent un peu plus haut sur sa jambe.
« J'ai des doigts magiques ! », réplique avec un sourire amusé l'autre Blocard. Newt retient un rire d'amusement.
« Mais bien sûr. Par contre je n'ai pas mal au genou, ni à la cheville. » Newt hausse des sourcils de manière très claire. Parce que les mains de Thomas ont dévié depuis un moment. D'ailleurs, ce dernier a un sourire clairement taquin alors qu'il glisse les doigts sous le pantalon de Newt, venant frôler la peau de sa cheville. Newt a une réaction assez inattendue. Un frisson le parcourt, mais surtout il retient difficilement un rire de s'échapper de ses lèvres.
« Tu es chatouilleux ! » Thomas écarquille les yeux un moment. Puis un petit sourire, que Newt n'apprécie pas du tout pour le coup, prend place sur ses lèvres.
« Non ! » Newt ment ouvertement mais il sent que la suite risque de ne pas lui plaire. Thomas sourit un peu plus. « Tommy, non ! » contre-t-il en vain en essayant de repousser les mains de son compagnon.
Malheureusement, les doigts agiles de Thomas trouvent le chemin de son ventre. Et Newt a beau essayer de le repousser, quand elles entrent en contact avec sa peau nue, il ne peut retenir un éclat de rire. Il est chatouilleux. Et pas qu'un petit peu, vu que Thomas l'a à peine frôlé qu'il rigole déjà. Et l'autre ne se prive pas de poursuivre sa torture, amusé de voir le bond se contracter sous lui pour tenter vainement de lui échapper. Mais surtout, il apprécie d'entendre Newt rire autant. Certes le blond sourit beaucoup, mais rire ? Ils ont rarement eu l'occasion, voire pas du tout, d'avoir ce genre de moment de jeux entre eux. Finalement, Newt se retrouve allongé sur le lit. Il continue de se tortiller pour échapper à Thomas qui est penché sur lui et qui continue avec un léger rire ses chatouilles. C'est agréable de voir l'ancien Second aussi détendu et joyeux, avec ses joues rouges et son tee-shirt remonté qui dévoile son ventre plat. Involontairement, Thomas note que la peau de Newt est douce et blanche. Au bout de plusieurs minutes, voyant que son compagnon peine à retrouver sa respiration, le plus jeune abandonne sa torture. Il se laisse tomber couché près de Newt, toujours en riant.
Il leur faut quelques minutes pour réussir à se calmer tous les deux. Et doucement, leur rire s'éteint. Et le silence revient sous la tente, seulement perturbé par la respiration légèrement saccadée de Newt. Après avoir repris son souffle, le blond roule sur le côté pour faire face à Thomas avec un léger sourire accroché aux lèvres. Ils s'observent un silence un long moment. Et Thomas approche la main du visage de Newt pour repousser une mèche de cheveux blonds qui lui tombe dans les yeux. Il la replace lentement derrière l'oreille de Newt, laissant un moment ses doigts frôler la chevelure. Et le blond se laisse faire. Il ne lâche pas Thomas des yeux. Finalement, la main de ce dernier vient se poser doucement sur celle du Second. Instinctivement leurs doigts s'entrelacent.
« Tommy, si tu ne veux pas être chef, tu devrais le dire clairement. », déclare finalement Newt. « Peu importe ton choix, je te soutiendrai. » Parce que Newt n'argumentera pas plus si Thomas est sûr de son choix. Et qu'au besoin, il sera un soutien face aux autres. Ils ont toujours fonctionné comme cela après tout, se complétant assez bien. Et Newt a toujours eu une confiance aveugle en Thomas.
« Hum… Oui, je leur dirai. », commente Thomas avec un soupir. « Allez, il va falloir rejoindre les autres pour le repas. » ajoute-t-il, même s'il n'a pas vraiment envie de bouger. Mais il sait aussi que s'ils restent ici, les autres viendront les chercher. « J'espère que tu as faim. »
Fin du chapitre 4.
J'ai l'impression qu'ils sont de plus en plus longs mes chapitres…
Voilà, Thomas s'impose. Il est un peu opportuniste dans l'histoire.
Réclamation ? Commentaire ? Discussions sur les films, romans… Le formulaire se trouve en dessous comme toujours.
Merci d'avoir lu.
