Correctrice : Clina

Note : attention à l'abus de sucre avec cette histoire. Promis je vais les secouer un peu, juste un tout petit peu parce que, après tout ce qu'ils ont vécu, ils méritent de savourer la vie à deux nope ? Accessoirement, le début n'est pas tout rose. Et oui, les chapitres de fic c'est comme mes réponses rp, plus j'avance, plus ça s'allonge… J'ai juste l'impression de mieux maîtriser les personnages et donc de mieux rentrer dans leur tête pour décrire leurs émotions…

Merci pour vos commentaires. J'adore parler avec les lecteurs, c'est toujours super intéressant et enrichissant pour moi.

Réponse au review :

Everythings : Merci pour tes compliments et contente que tu aimes.


Les conversations autour du repas et du feu sont généralement légères. Newt a remarqué qu'en général tout le monde évite les sujets sérieux lors des réunions nocturnes. C'est agréable parce que cela lui rappelle les soirées au Bloc. Il a toujours apprécié ces moments conviviaux entre Blocards, où on plaisante et discute de tout et de rien. C'est probablement ce qui lui a le plus manqué après avoir quitté le Labyrinthe. Et ce soir ne fait pas exception. Il y a juste qu'ils ne sont pas qu'entre Blocards. D'autres se sont invités autour de leur feu. Et ce sont majoritairement des filles, ce qui en soit est logique vu qu'ils sont plutôt une bande de mecs. Et Newt sait quelle est leur réputation. Ils sont ceux les ayant sauvés du WICKED. Le blond quitte à peine le feu des yeux alors qu'il écoute distraitement la conversation badine. Il n'a aucune envie d'y participer, même si Minho et Gally ont essayé de l'inclure. Mais ses réponses laconiques ont découragé ses amis. Il n'est clairement pas d'humeur à discuter. Alors on lui fout la paix. Il faut dire qu'ils savent tous que le forcer n'amènera rien. Si ce n'est que Newt retournera s'isoler dans son coin. Au moins, on respecte son silence. Et puis, il ne voit pas trop ce qu'il aurait à dire sur le sujet actuel de conversation.

Parce que si les filles se sont incrustées dans leur petit groupe, elles ont aussi amené le sujet de discussion. Et franchement Newt s'en fiche de savoir qui préfère les brunes ou les blondes, qui est la plus jolie ou qui est intéressé par qui… Il trouve la conversation dérangeante surtout quand elle glisse sur un sujet plus intime, comme qui a déjà embrassé quelqu'un ? Clairement, les demoiselles, dont il n'a pas fait l'effort de retenir les prénoms, sont intéressées par plus que de l'amitié. Mais là on entre dans ce que les autres qualifient de relations amoureuses. Et le Second a au moins l'honnêteté de reconnaître qu'il n'y connaît rien. Et cela ne l'intéresse pas de toute manière. Cela dit si ses joues sont un peu rouges, il peut toujours mettre cela sur le fait qu'il est proche du feu. Par contre, il est étonné de la facilité avec laquelle ses amis parlent de tout cela. Par moments, il se demande s'il ne zappe pas des choses à force de ne se concentrer que sur le travail au jardin et ses problèmes…

Par contre ce qu'il ne rate pas, c'est la demoiselle rousse qui colle Thomas. Enfin coller…. Elle est presque assise sur lui à ce moment de la soirée. Et ce dernier ne semble pas trouver cela dérangeant. Contrairement à Newt qui a un étrange sentiment de jalousie. Jusqu'à présent, les gestes tendres et doux de Thomas lui étaient réservés. Ou du moins, il le croyait. Mais peut-être que Thomas est juste tactile avec tout le monde. Peut-être que cela n'a rien d'exceptionnel, et que peu importe avec qui il doit dormir, il le serrerait de la même manière contre lui. Après tout, c'est une facette de la personnalité du brun que Newt ne connaît pas vraiment. Hormis Brenda qui s'intéresse ouvertement à Thomas, et Teresa, le blond n'a jamais vraiment eu l'occasion d'observer son ami interagir avec les femmes. Et il sait que Thomas aimait Teresa. Il l'aime toujours probablement. Mais au-delà de la jalousie et du mécontentement que Newt ressent à voir la fille se pendre au cou de Thomas et à tenter de le séduire, c'est la douleur en lui qui le perturbe. Parce que ça fait mal de voir que son compagnon s'intéresse autant à quelqu'un d'autre. Et ça remet des choses en cause qu'il ne savait même pas ressentir avant maintenant. Clairement, Thomas est plus qu'un ami pour lui. Et le comprendre rend Newt étrangement angoissé et triste. Parce qu'il n'est pas sûr d'être plus que cela pour Thomas. Parce qu'il ne sait même pas comment il pourrait concurrencer une fille comme la rousse qui vient de plaquer une bise sur la joue de Thomas. Et ce dernier sourit…

Et étrangement, Newt a l'impression que quelque chose se brise en lui. Son regard revient fixer le feu avec attention. Il observe le ballet des petites flammes, tentant d'endiguer le flot de tristesse et de douleur qui le ronge de l'intérieur. Après tout, Thomas mérite d'être heureux. Il l'a écrit dans sa lettre. Et il ne souhaite que cela à son ami. Même si cela doit signifier le voir avec une fille, passer son temps avec quelqu'un d'autre et le délaisser, lui. Newt peut vivre avec ça. Il peut aussi s'épargner le spectacle d'un Thomas amoureux en évitant ce genre de situations. Mais cela reste compliqué pour lui de tout gérer. Parce que les nouveaux sentiments se mélangent aux anciens, à sa culpabilité. Et il s'en veut de voir Thomas autrement que comme un ami. Il comprend que mettre des mots sur ses sentiments le forcera à agir différemment avec le brun. Alors Newt décide sagement d'éviter de se questionner plus sur le sujet, sur sa jalousie naissante. Il accepte juste la tristesse et le mal-être qui vont avec. Mais il veut oublier. Finalement, il soupire et se lève frottant le sable accroché à son pantalon. Son geste surprend Fry qui fronce des sourcils. Et Newt lui offre un pauvre sourire.

« Je vais me coucher, je tombe de fatigue. », déclare-t-il en saluant les autres de la main et en faisant demi-tour.

Newt a des cernes immenses sous les yeux. Et il dort peu. Il sait que son excuse sera acceptée sans que personne ne se pose de question. Il avance lentement vers les tentes en boitillant un peu plus que d'ordinaire, sous l'effet de la fatigue bien réelle. Puis il s'arrête. Et il se tourne pour vérifier que personne ne prête attention à ce qu'il fait. Les Blocards discutent toujours avec les filles et ils rient tous de bon cœur. La jeune fille rousse est définitivement assise sur les genoux de Thomas. Et Newt sent son cœur se tordre de douleur. Il secoue la tête doucement pour chasser sa peine incompréhensible. Pourquoi a-t-il fallu que Thomas devienne plus que son meilleur ami ? Finalement, avec un autre soupir, il bifurque pour aller se perdre plus loin sur la plage. Personne ne fait attention à lui. Et il a envie de solitude. De plus, il sait que la mer l'apaisera. Si cela marche quand il a un cauchemar, cela devrait fonctionner quand il se sent juste misérable à cause de ses sentiments, non ? Il avance en longeant la côte, sans trop s'éloigner du campement. Il veut juste être assez loin pour qu'on ne le remarque pas, tout en pouvant toujours entendre les éclats de voix des autres. Il finit par s'arrêter et par faire face à l'immensité noirâtre de l'eau.

Et Newt observe juste la danse incessante de la mer. Il peut rester dans cet état contemplatif un très long moment. Il apprécie le bruit régulier des vagues venant mourir sur le sable. Un moment, il imagine se dévêtir et plonger dans l'océan. Il se demande si on perçoit les sons sous l'eau. Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, il reste debout et immobile telle une statue. Et il sourit. Il a l'impression que la douleur, qui comprime sa poitrine, disparaît lentement. C'est apaisant, comme toujours. Pour le moment, il arrive à oublier ce que Thomas éveille en lui d'étrange, de douloureux et parfois de tellement agréable. Il zappe l'effet que le bras de son compagnon, enroulé autour de sa taille pour le maintenir contre son torse, éveille comme sentiment de sécurité et de confort en lui chaque nuit. Il nie la sensation étrange que la proximité physique quand ils dorment et le souffle tiède de Thomas s'échouant sur sa peau lui procurent. Ce qui lui donne envie de se blottir encore plus près de l'autre, pour sentir l'intégralité de leurs corps emboîtés l'un contre l'autre comme les pièces d'un puzzle. Et il s'en veut pour ce qu'il ressent dans ce genre de situations. Il déteste ne plus être un ami pour Thomas, tout comme il déteste l'idée que ce dernier puisse désirer être avec quelqu'un d'autre.

Et Newt ferme les yeux. Il feule de colère contre lui-même. Il n'a pas le droit de ressentir tout cela. Il se répète en boucle dans sa tête qu'il désire juste le bonheur de Thomas. Que tout ce qui compte pour lui tient en cela : voir Thomas et les Blocards heureux. C'est son ancrage depuis aussi loin qu'il se souvienne. Alors il s'octroie un soupir et un dernier pincement au cœur. Il ignore depuis combien de temps il est là face à la mer. Mais il n'a pas envie de bouger. Un instant, l'idée de dormir sur la plage lui traverse l'esprit. Il fait chaud même de nuit ici, alors pourquoi pas ? Mais avant que l'idée ne devienne certitude, il entend des pas sur le sable. La personne qui s'approche de lui ne fait rien pour être discrète. Newt ouvre les yeux. Mais il ne bouge pas. Il regarde simplement l'océan venir mourir sur la plage. Le calme est revenu en lui. Et l'autre s'arrête près de lui.

« Est-ce que ça va ? », demande Thomas doucement, comme s'il redoute que Newt se braque à nouveau. Évidemment entre toutes les personnes vivant au camp, c'est lui qui est venu le voir. Et qui détruit le calme et les certitudes que Newt a réussi à gagner en venant ici. Il faut au blond un effort pour offrir à Thomas le même comportement qu'habituellement.

« Très bien. », murmure Newt en réponse, et il tourne la tête vers Thomas avec un léger sourire.

« Vraiment ? », questionne Thomas. Et Newt fronce légèrement des sourcils. « Tu as dit être fatigué. Mais au lieu de rejoindre notre tente, tu as filé directement vers la plage… Et j'ai cru remarquer que quand tu viens ici, c'est que ça ne va pas fort là… », explique l'ancien Coureur en touchant la tempe de Newt avec tendresse. « Tu veux en parler ? »

Un instant, Newt reste à observer Thomas la bouche entrouverte. Depuis quand ce dernier est si fin observateur ? Mieux encore comme question, comment en étant aussi accaparé par la belle rousse, Thomas a-t-il pu remarquer où allait Newt ? Et depuis quand il est un livre ouvert pour le brun ? Les questions se bousculent dans sa tête mais le blond ne trouve aucune réponse. Et il n'a pas vraiment envie de questionner Thomas sur le sujet. Finalement, Newt cligne des yeux. Thomas est surprenant. Pourtant de mémoire, il n'est pas aussi observateur qu'on pourrait le penser. Après tout, Newt a su lui dissimuler un long moment qu'il avait la Braise. Et là, il s'est fait analyser en quelques minutes. C'est comme si plus rien n'échappait à l'autre pour le moment. Peut-être que le manque de danger et d'urgence a rendu le brun plus attentionné avec ses amis ? Et Newt se contente de hausser des épaules. Parce que clairement, il ne va avouer qu'il est jaloux de la rousse, qu'il a des sentiments troubles et intenses pour Thomas. Il se contente de lécher nerveusement ses lèvres. D'ailleurs, il constate que Thomas suit des yeux le mouvement de sa langue. Ce qui ne manque pas de faire rougir Newt. Et il stoppe de suite le tic nerveux pour faire de nouveau face à l'océan.

« C'est le sujet de conversation qui t'ennuyait ? », demande à nouveau Thomas qui semble vouloir avoir une réelle réponse au comportement de son ami. Newt fronce à nouveau les sourcils. De quoi les autres parlaient-ils ? À vrai dire, il était tellement perdu dans ses questions et émotions du moment qu'il n'écoutait plus depuis un moment. Et Thomas a un sourire amusé. « On parlait de premier baiser et trucs du genre. »

« Ah non. J'avais juste envie de dormir. Et avant ça de venir un peu ici, au calme. » répond Newt et il hausse à nouveau des épaules. En soi ce n'est même pas un mensonge. Il est réellement fatigué et il aime bien venir errer un peu sur la plage avant d'aller dormir. Thomas le sait.

« Vraiment ?! », insiste le brun, arrachant un soupir à Newt. « Parce que tu n'es jamais très à l'aise avec tout ce qui touche aux sentiments, émotions et gestes affectueux. » Le blond se sent rougir alors qu'il fusille du regard un Thomas qui sourit de plus en plus. « Donc je me suis demandé si tu voulais éviter la question du moment… »

Newt se mord la langue et se retient de justesse de demander quelle question. Il est presque certain qu'il n'appréciera pas de toute manière la fameuse question. Et il est sûr aussi d'encore rougir, d'avoir de nouveau le cœur en vrac. Thomas le tue à petit feu en fait. Alors sagement, le Second évite le piège tendu par son ami. Et il nie simplement la remarque, se contentant d'observer la mer. Du coin de l'œil, il constate que Thomas a son petit sourire en coin qui dit qu'il n'a pas encore abdiqué sur le sujet. De toute manière, si Thomas veut savoir quelque chose, il demande jusqu'à obtenir la réponse. La curiosité est un vilain défaut, mais c'est le moteur premier du plus jeune. Et Newt en a plus d'une fois fait les frais, étant à l'origine celui qui devait former Thomas. Avec le temps, il a appris comment contourner les questions de l'ancien Coureur. Alors quand il ne sait pas quoi répondre ou quand il préfère éviter un sujet, il opte pour le silence. Cela agace Thomas, mais c'est relativement efficace en général. Oui, parce qu'il y a toujours des exceptions, des moments où le brun ne lâche rien du tout.

« Alors… Puisque tu es parti sans répondre… », la voix de Thomas est joueuse. Et Newt retient un soupir. Donc, il va quand même la poser sa question. « As-tu déjà embrassé quelqu'un ? »

« Quoi ?! », croasse Newt pris au dépourvu. Il se tourne vers Thomas pour lui faire face. Et il est heureux du manque de luminosité sur la plage parce qu'il sent ses joues le brûler. Et son vis-à-vis a ce petit sourire amusé et taquin. Newt se mord la lèvre inférieure mais il prend à nouveau le parti du silence.

« Je t'ai demandé si tu avais déjà embrassé quelqu'un… Sur les lèvres hein, pas sur la joue. », croit bon de préciser Thomas toujours souriant. « Après tout, avant… Au Bloc, je veux dire, quand vous y viviez… » Il y a une légère touche de quelque chose que Newt n'analyse pas dans la voix de Thomas, un peu de colère peut-être ou du moins quelque chose qui y ressemble.

« Et toi, Tommy ? As-tu déjà embrassé quelqu'un ? », réplique Newt sans lâcher l'autre des yeux. Son compagnon plisse un peu les paupières tout en l'observant. Pourtant il finit par retrouver son sourire, comme si leur conversation n'est pas embarrassante, mais plutôt un jeu entre eux.

« Je crois que Brenda m'a embrassé une fois… Enfin, je ne suis pas sûr. C'est quand on a été séparé durant la traversée de la Terre Brûlée. Je me suis retrouvé seul avec elle à cette espèce de fête et on nous avait fait boire quelque chose. J'étais en pleine hallucination alors je ne sais pas trop si j'ai rêvé ou si c'est arrivé. », raconte Thomas. Et Newt n'est plus si certain qu'il ait envie de connaître ce genre de détails, au vu de la douleur qu'il ressent en lui rien qu'en écoutant Thomas en parler. « Et j'ai embrassé Teresa avant qu'elle ne… » Pour le coup, l'ancien Coureur ne finit pas sa phrase. Sa voix se brise de tristesse. Et Newt n'insiste pas. Il dévie le regard. Teresa reste un sujet tabou. Personne n'ose encore parler d'elle. Et d'une certaine manière, c'est elle qui lui a sauvé la vie. « Et toi ? », redemande Thomas peu près d'abdiquer.

« Personne. » Newt finit par répondre. Après tout, ce n'est pas important ce genre de détails. Et le blond se dit que de toute manière la seule personne, qu'il pourrait avoir envie d'embrasser, reste inatteignable pour lui. Cela dit, il ne souffre pas de ce manque de gestes affectifs et amoureux. Peut-être parce que l'amour reste avant tout un mot vague, qu'il ne peut raccrocher à rien de concret. Ils ont vraiment une vision biaisée du monde. Encore quelque chose qu'ils doivent au WICKED.

« Sérieusement ? », réplique un Thomas médusé. « Pas même au Bloc ? Jamais ? » Et au-delà de la surprise, Newt perçoit comme une forme de joie. C'est comme si savoir qu'il n'ait jamais posé ses foutus lèvres sur celles de quelqu'un d'autre enchante Thomas. Mais ce serait quand même vachement étrange, voire sadique d'apprécier cette idée, non ? Même si Newt se dit qu'il risque fortement de mourir sans n'avoir jamais embrassé quelqu'un. Mais encore une fois, est-ce important ? Il se le demande sincèrement.

« Jamais. », déclare-t-il avec un haussement d'épaules. Il suppose qu'il doit s'expliquer parce qu'il sent le regard curieux de Thomas peser lourdement sur lui. Et Newt fait de nouveau face à la mer avec un soupir. Il y a quand même des choses plus évidentes à raconter quand il ne croise pas le regard de Thomas. « Je ne sais pas… Je n'ai jamais été assez proche ou intime avec quelqu'un pour avoir ce genre de gestes… Je veux dire, même si au fond j'y connais que dalle en amour; comme pour la majeure partie des choses d'ailleurs où on sait sans savoir, parce que ça reste une vague notion dans notre esprit qu'on a jamais expérimenté… Mais, ça … Ça semble être un truc que tu fais avec quelqu'un qui t'en donne l'envie et pour qui tu as des sentiments assez forts. Alors non, je n'ai jamais embrassé personne. »

Et le silence revient entre eux doucement. Newt continue de fixer les vagues. Il a les joues rouges encore une fois. Cela devient presque un effet permanent quand il se retrouve seul avec Thomas. Il passe sa langue par réflexe sur sa lèvre inférieure. Pourquoi Thomas a-t-il posé cette question ? Maintenant Newt se demande ce que cela fait d'être embrassé par quelqu'un, de préférence quelqu'un qui compte énormément pour lui. Il n'est pas certain d'avoir un jour la réponse, ni même de vouloir le savoir. Cela ne lui apportera rien. Il ignore même pourquoi c'est si important un baiser ? Et voilà, il a encore plus de questions qu'avant que son ami ne le rejoigne. Il supprime un soupir parce que ce serait un peu étrange de soupirer après son aveu. Et Thomas poserait de nouvelles questions auxquelles Newt ne veut pas réfléchir. Il n'est pas spécialement triste de n'avoir jamais connu de relation amoureuse. En même temps, quelque chose d'inconnu ne peut pas vous manquer. Newt bouge un peu le pied, creusant le sable. Thomas ne dit toujours rien. Et le silence devient étrangement lourd, même si le bruit régulier des vagues le brise légèrement. Newt se demande à quoi peut bien penser Thomas en le regardant comme cela de profil. En même temps, il n'est pas certain que son aveu mérite un commentaire. Et il ne niera pas que la conversation le met mal à l'aise, surtout avec le brun. Peut-être qu'avec quelqu'un d'autre, il aurait plus de facilité à parler de tout cela. Parce qu'il n'aurait pas toutes ces émotions en lui.

« Newt… » La voix de Thomas est extrêmement basse et douce.

« Oui. », répond lentement le plus vieux des deux en se tournant pour observer avec curiosité Thomas bien trop silencieux.

Et il n'a pas le temps de réagir que deux mains encerclent son visage. Les lèvres de Thomas frôlent les siennes avant de s'y poser plus fermement. Et Newt ne peut plus penser. Il peut juste fermer les yeux instinctivement et ressentir tout ce qui traverse son corps. Il sent la pression de lèvres douces et chaudes de Thomas sur les siennes. Il constate que les mains glissent de son visage pour s'attarder sur son cou. Une des mains de Thomas glisse plus bas, jusqu'à sa hanche où elle trouve sa place de manière à garder Newt collé à lui. L'autre enroule ses doigts autour de sa nuque pour la caresser tendrement du pouce. Le blond n'a même pas conscience de bouger ses lèvres contre celles de son compagnon. Il est perdu dans un flot d'émotions assez troubles et intenses. Son cœur a de nouveau décidé de tenter de sortir de son corps alors que ses joues virent à la couleur pivoine. Il a aussi une étrange sensation au creux de son ventre qui donne l'impression qu'une multitude de papillons s'y est logée pour voleter. Et puis Newt a chaud, très chaud. Pourtant malgré le malaise physique, c'est agréable ce baiser. Il n'a pas vraiment envie d'y mettre fin. D'ailleurs quand Thomas recule, il gémit inconsciemment de désapprobation. Et puis le retour à la réalité est plus compliqué. Parce qu'il ne peut clairement pas nier ce qu'il ressent. Newt a un mouvement de recul, mais la main de Thomas serre un peu plus sa hanche l'empêchant de s'éloigner. Et ce dernier vient nicher sa tête dans son cou.

« Je suis content d'être celui qui te vole ton premier baiser. », murmure Thomas contre la peau de Newt. Et le souffle chaud, qui percute son cou, fait frissonner le blond. « J'aurais été jaloux si quelqu'un t'avait embrassé avant moi… D'ailleurs je compte bien être le seul à pouvoir faire ça. », continue-t-il avant de déposer ses lèvres chastement contre la peau blanche. Newt sent le nez de Thomas se frotter doucement contre sa nuque. « Pourquoi tu es parti tout à l'heure ? »

« Ce… Hum… Ce n'est pas important. », répond Newt d'une voix tremblante. Lui, il n'est pas encore remis de ses émotions. Et pour être sincère, avoir le corps de Thomas pressé aussi étroitement contre le sien affole ses sens et le perturbe un peu. Il se demande vaguement comment Thomas fait pour réussir à garder le contrôle de lui-même.

« Pour moi, ça l'est… Je n'aime pas quand tu fuis et que tu t'isoles. », commente doucement l'ancien Coureur. « Je sais que t'avoir aussi silencieux n'est pas normal, que quelque chose ne va pas. Je te connais Newt… Alors je ne sais pas ce que tu fuis, mais peu importe même si ça te semble stupide, je suis là. Je suis toujours là pour toi. Et les autres aussi. Il n'y a rien qui t'oblige à tout enfouir en toi. »

« Comment tu peux remarquer autant de choses alors que tu étais plutôt très occupé avec … la rousse. », réplique Newt. Et il ne remarque même pas que sa voix est trop froide pour être neutre. « Je n'écoutais pas vraiment votre conversation, j'avais envie de marcher avant de dormir et vous étiez tous bien occupés. C'est tout. » Et il sent Thomas rigoler un peu dans son cou, avant que ce dernier ne se recule pour le fixer droit dans les yeux.

« Tu es jaloux. », déclare Thomas avec un autre éclat de rire. C'est qu'il a l'air totalement heureux de le découvrir en plus. Newt soupire.

« Je ne suis pas jaloux. », commente Newt en observant le sol. « Je veux juste que tu sois heureux. Toi et les autres. », confesse Newt dans un souffle incertain. Il n'a pas envie de parler de ça mais Thomas ne lâchera pas l'affaire. Il le sait. « Elle a l'air de beaucoup t'apprécier la rousse… Oui, je n'ai pas retenu leurs prénoms donc bon… Et tu l'apprécies aussi… Et donc… Enfin soit, laisse tomber. » Parce rien qu'à repenser à la scène il n'arrive pas à avouer ce qui lui broie le cœur. Oui, il est jaloux et triste de voir Thomas avoir avec quelqu'un d'autre des gestes que naïvement Newt pensait lui être réservés.

« Hé… » Thomas glisse ses doigts sous le menton de Newt pour le forcer à relever la tête. « Comme si je pouvais aimer quelqu'un d'autre que toi. », ajoute-t-il avant de déposer un chaste baiser sur les lèvres de Newt. Puis il enlace étroitement Newt, posant son menton sur l'épaule de son ami. « Je suis désolé. »

« Désolé pour quoi ? », questionne le blond avec un froncement de sourcils. Instinctivement, ses mains se posent sur la taille de Thomas. Et il s'appuie un peu plus contre le corps de son compagnon.

« De ne pas avoir repoussé la fille. De ne pas avoir clairement dit que je n'étais pas intéressé et d'avoir joué le jeu… Alors que tu étais juste à côté. », s'excuse Thomas dans son cou.

« Tommy, c'est rien. », murmure doucement Newt en se blottissant un peu plus contre Thomas. Il ne peut pas lui en vouloir, pas longtemps en réalité.

« Je déteste quand tu es triste. Et encore plus si c'est à cause de moi. », ajoute Thomas avant de se reculer et de prendre la main de Newt. « On devrait aller se coucher. », propose-t-il en entrelaçant leurs doigts doucement. Et Newt se contente d'acquiescer de la tête.

Et il suit docilement Thomas en direction du camp. Newt garde les yeux rivés sur leurs mains jointes, leurs doigts enlacés. Son compagnon a la peau chaude comparé à la sienne. C'est agréable comme sensation, cette impression de picotement lié à la chaleur, qui remonte dans son bras et se répand dans tout son être. Un léger sourire vient prendre place sur ses lèvres. Il sait déjà qu'il va probablement rester un long moment allongé dans le noir à réfléchir, à essayer de comprendre comme chaque nuit. Mais cela lui évite les cauchemars. Cela dit, ça n'arrange rien à ses cernes et son état de fatigue qui tire vers l'épuisement. Il espère dormir suffisamment cette nuit. Pourtant la présence de Thomas depuis une semaine l'aide à se sentir en sécurité. Il fait toujours des cauchemars, un peu moins fréquemment. Mais au moins, il y a quelqu'un pour le rassurer quand il s'éveille en sursaut et apeuré. En traversant le camp, Newt constate que presque tout le monde est allé se coucher. Et c'est probablement normal vu que la majeure partie des gens se réveillent avec le soleil. C'est un peu leur seule horloge ici. Finalement, toujours sans parler, ils regagnent la tente qu'ils partagent. Newt lâche la main de Thomas une fois à l'intérieur.

Toujours en silence, Newt se dirige vers son coffre pour prendre ses vêtements de nuit. Il est assez content d'avoir trouvé un pantalon de training, dans la réserve de vêtements de Vince, qui lui aille un minimum. Enfin, il lui tombe sur les hanches parce qu'il est juste trop mince mais ce n'est que pour dormir. Après tout, seul Thomas est spectateur de son léger problème vestimentaire. Et il ne se plaint nullement de la vue. De toute manière, Newt veut juste des vêtements amples et confortables pour dormir. C'est son excuse pour avoir volé un tee-shirt à Thomas. Silencieusement, toujours de dos à son compagnon, Newt se change. Et au bruit de vêtements froissés, il sait que Thomas en fait de même. Puis le blond rejoint le lit. Et il s'allonge sur le côté, dos à Thomas. Il fixe la toile de la tente et il essaie de se détendre. Étrangement aucune question ne vient le perturber. Il est dans un état second en quelque sorte. Discrètement, ses doigts viennent frôler ses lèvres. Newt n'a jamais imaginé embrasser Thomas, ni personne d'autre. Il ne s'est même jamais demandé ce qu'on ressentait dans ce genre de situations. Et la découverte est plutôt positive et bonne. C'est agréable un baiser. Cela dit, il y a quand même un inconvénient. C'est que maintenant il peut imaginer embrasser à nouveau Thomas et qu'il le désire. Et ça, c'est perturbant.

Newt sent Thomas s'allonger près de lui. Il ne faut que quelques secondes pour que le corps de l'ancien Coureur se rapproche du sien et que son bras passe autour de la taille de Newt. Possessif, Thomas se colle un peu plus au Second. Son souffle chaud vient taquiner la nuque du blond, là où repose toujours le tatouage du WICKED. Thomas l'observe un moment avec intérêt. Tous les sujets des expérimentations en ont un similaire. Sa main cherche à tâtons celle de Newt sur la couverture. Il lui faut quelques minutes pour la trouver et réussir à entrelacer leurs doigts. Thomas hait le WICKED. Plus que n'importe quoi, et majoritairement pour ce qu'ils ont fait à leurs amis, pour tous ceux qui sont morts inutilement au nom de la science et de cette idée fixe de trouver un traitement. Lentement, il dépose son front un instant contre les cheveux blonds. Puis il recule, mettant de l'espace entre eux.

« Newt ?! », susurre Thomas doucement comme pour s'assurer que son compagnon ne dort pas.

Et le blond attend quelques minutes mais Thomas ne dit rien de plus. Lentement, il se retourne pour observer l'autre jeune homme. L'ancien Coureur lui offre un sourire tendre avant de venir l'embrasser chastement sur les lèvres. Et le blond se laisse faire, savourant la chaleur qui naît à nouveau en lui, les papillons dans son ventre, les picotements et frissons qui parcourent son corps. Ô il peut totalement s'habituer à ce genre de gestes entre eux. Et il veut bien être très complaisant pour que Thomas l'embrasse encore. Lentement, Thomas brise le baiser. Il a les joues aussi rouges que celles de Newt. Avec un soupir de bien-être, le blond bouge. Il se tourne définitivement face à Thomas pour le pousser à s'allonger sur le dos. Et complaisant, voire curieux de constater que le Second prend les commandes pour une fois, Thomas obéit de bonne grâce. Une fois allongé sur le dos, Newt vient se blottir contre son compagnon déposant sa tête sur son épaule. Et sa jambe blessée vient reposer sur celles du plus jeune. Thomas passe directement un bras autour de Newt pour le garder au plus près.

« Je crois que je vais souvent te voler des baisers. », commente Thomas dans un murmure. Et Newt se contente de sourire et de déposer une bise légère sur la mâchoire de Thomas. « En plus, ça te rend câlin. Tout bénéfice pour moi. », ajoute-t-il avec un léger rire.

« Depuis quand es-tu aussi manipulateur ? » murmure Newt avec amusement. Ils sont bien comme cela. Et le blond sait qu'il ne bougera pas de la nuit. Et s'il est chanceux, peut-être qu'il n'aura aucun cauchemar. Parce que la présence de Thomas l'apaise, même s'il culpabilise toujours. Et il sait qu'il faudra bien un jour avoir cette fameuse conversation… Mais se sent-il prêt à en parler ? Et surtout à risquer de perdre ce qu'il a avec Thomas ? Un tremblement parcourt son corps. « Mais je ne vais pas me plaindre, j'aime beaucoup t'embrasser. », confesse-t-il timidement en frottant son nez contre la nuque offerte doucement. « Les câlins, j'aime bien aussi. »

« Ô tant que tu n'en fais qu'à moi… », réplique mi-taquin, mi-sérieux Thomas. Puis il fronce des sourcils légèrement. « Je crois que je ne serais pas aussi altruiste que toi… »

« C'est-à-dire ? », questionne Newt en fermant les yeux. La fatigue commence à peser sur son esprit. Il somnole presque. « Tu développes ? », ajoute-t-il dans un bâillement alors que Thomas se fait plus silencieux.

« Par rapport à ce que tu as dit plus tôt. Tu sais que tu étais jaloux de la fille qui a fini assise sur mes genoux… », commence doucement Thomas.

« Je n'étais pas jaloux. », feule Newt d'une voix fatiguée.

« Bien sûr. » Thomas a une voix amusée. « Mais moi à ta place, je mettrais juste un coup de poing à l'autre… Ou je trouverais un moyen de faire comprendre qu'on ne touche pas. », confesse doucement Thomas avec une certaine détermination. Il est touchant quelque part.

« Je te savais impulsif… Mais pas possessif. », Newt baille à nouveau avec un léger sourire. « Tu sais personne ne me séparera de toi. Quoiqu'il arrive, même si toi tu t'éloignes, je serai toujours là pour toi, Tommy. Et ça, rien ne le changera…» C'est un murmure presque inaudible.


Et voilà fin du chapitre 5.

Ne sont-ils pas mimis tout plein ? Newt jaloux… Le pauvre, tellement d'incertitudes et de questions en lui.

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