Correctrice : Clina
Note : POV plutôt Newt, recentré va-t-on dire sur le newtmas. Chapitre … Comment dire ça, un peu un ascenseur émotionnel ? J'espère que vous apprécierez le tout.
Réponse au review :
Someone : Merci pour ton commentaire et les compliments que tu me fais. Je suis heureuse que l'histoire te plaise autant. Ce n'est pas la première fois qu'on me dit retrouver les personnages des romans dans cette fic, pourtant il y a plus de deux ans voire trois que je les ai lus. Je pensais plus me baser sur les films. Enfin, tant mieux si je mélange bien les deux. Pour ce qui est de l'orthographe, je fais de mon mieux pour présenter un texte sans trop de fautes et Clina corrige ce qui m'échappe. À vrai dire, même quand je relis ma fic, si je vois une faute qui nous a échappée, j'édite le document… Bref, j'espère que la suite te plaira tout autant !
Bonne lecture. Désolée pour le délai, je n'ai pas eu le temps de finir ce chapitre avant de partir au ski !
Newt observe le ciel bleu parcouru de quelques nuages blancs. Depuis sa tente, il ne peut pas voir l'océan mais il entend le bruit des vagues. Il cligne des yeux sous la luminosité. Il n'a pas quitté sa tente depuis une semaine. C'est le temps qu'il lui a fallu pour guérir. Il n'a plus de fièvre depuis quelques jours déjà mais Thomas ne lui a pas laissé le choix. Il a dû se reposer un maximum. Maintenant, il va bien. Et il mange normalement sous la surveillance de l'ancien Coureur. Newt a parfois le sentiment d'être un enfant qui doit être surveillé. Parfois il a envie de dire à Thomas de le lâcher un peu. Mais quand il croise le regard attentif, tendre et inquiet de ce dernier, il ne peut que le trouver adorable et attachant. Il sait qu'il est responsable de l'inquiétude de son compagnon. Alors, il accepte la présence envahissante de Thomas sans rien dire. Il lui doit bien cela. Et puis, étrangement pour lui qui a toujours tout enfoui en lui, il trouve agréable d'avoir Thomas qui prend soin de lui. Il se sent important pour la première fois depuis longtemps.
Newt bouge un peu. Il a envie d'une bonne douche. Cela fait une semaine qu'il n'en a pas pris. Et, se rappeler que c'est Thomas qui s'est chargé de sa toilette durant les premiers jours de sa maladie, le fait un peu rougir. Parce que l'ancien Coureur ne s'est pas contenté de changer régulièrement les vêtements humides de transpiration. Il s'est aussi appliqué à laver la peau laiteuse pour la rafraîchir. Et sincèrement, Newt n'a pas osé demander si Thomas l'a complètement déshabillé pour cela. Il y a des choses qu'il préfère ignorer pour le moment. Mais la douche est un petit plaisir personnel qui lui manque. C'est rafraîchissant et ça détend les muscles. Il aime la caresse de l'eau sur sa peau, la chaleur ou la fraîcheur du liquide qui provoque toujours en lui un sentiment de bien-être. C'est un moment où il arrive à oublier le reste pour juste ressentir et profiter. Au fond c'est agréable de prendre soin de soi. Un soupir lui échappe doucement. Derrière lui, Thomas trie leurs vêtements ou il cherche après quelque chose en particulier dans les coffres. Le blond n'a posé aucune question quand l'autre a commencé à fouiller dans les caisses. Finalement, Newt se tourne à moitié.
« Je vais aller prendre une bonne douche. J'en ai besoin. », déclare-t-il doucement. Et Thomas relève son regard perçant sur lui avec un sourire taquin qui n'augure rien de bon pour Newt. Ce dernier se demande quelle idée vient de traverser la tête de son ami.
« Super. Je vais y aller aussi… À la douche. », réplique-t-il en se relevant avec divers vêtements en main. Il a choisi les siens et ceux de Newt.
Et pour une raison qu'il ne comprend pas vraiment, Newt sent ses joues s'empourprer à nouveau. Thomas a l'art de le faire rougir avec une facilité déconcertante. Il mordille sa lèvre inférieure tout en évitant de regarder le brun. Newt se demande ce qui le gêne dans la phrase de Thomas. Après tout, il y a plusieurs douches. Ils seront forcément chacun dans une, et il y aura peut-être d'autres personnes. Quoique vu l'heure matinale tardive, tout le monde doit déjà être au travail. Seul Newt profite d'une dernière journée de repos avec Thomas qui refuse de le quitter. Le blond secoue la tête, tentant d'éviter de penser qu'il est lâche en ce moment. Depuis la dispute avec Minho, il évite ce dernier autant que possible. Enfin, il ne le regarde pas et ne lui parle pas quand il vient se poser ici un moment en soirée avec les autres Blocards. Dans ces moments-là, Newt se fait silencieux. Il a conscience que c'est stupide comme comportement. Mais il ne sait pas comment aborder le sujet avec son meilleur ami. Il culpabilise pour cela aussi. Mais mettre des mots sur toutes ses émotions et ses autres idées lui est insurmontable pour le moment. Alors comme pour Thomas, il repousse l'affrontement à plus tard.
« Tu viens ? », demande Thomas en passant près de lui avec ses affaires. « Je t'ai pris des vêtements. Cela dit tu vas finir par ne plus en avoir si on ne lave pas les autres… » Dans la voix de l'ancien Coureur, il y a une trace de taquinerie qui arrache un sourire à Newt.
Et le blond suit son compagnon jusqu'au bâtiment des douches. C'est le seul bâtiment réellement construit en dur. Il est composé d'une vaste pièce qui rappelle vaguement la salle de bain du Bloc où l'on trouve une dizaine de douches. Vince pense pouvoir transformer les tentes en vraies maisons dans le futur. C'est une conversation que Newt se rappelle avoir écouté distraitement. Mais pour le moment, seuls la salle de bain commune et le coin cuisine sont construits en briques et autres matériaux solides. Le reste se sera pour plus tard. Tout en avançant vers le bâtiment, Newt observe leur petit village de toile. Il n'y a personne ou presque qui erre ici en ce moment. Tout le monde doit être occupé à travailler quelque part pour la communauté ou à s'amuser. Il perçoit le rire de quelques-uns du côté de la plage. Et l'envie d'aller s'asseoir sur le sable chaud pour observer le ballet incessant des vagues venant mourir sur la plage le traverse. Il aime ce genre d'activité paisible et relaxante. Newt adore l'eau. C'est un fait. Il envisage donc d'aller se poser un peu sur le sable après sa douche. Là, il éprouve surtout le besoin de se laver correctement, principalement les cheveux en fait. C'est la seule partie de son corps que Thomas n'a pas pu réellement laver durant sa maladie.
Thomas entre en premier dans le bâtiment et Newt le suit en silence. Et il constate rapidement qu'ils sont seuls. Mais cela ne le dérange pas. En fait, l'idée d'être nu face à Thomas ne devrait pas trop le gêner. Ce ne serait pas la première fois depuis que l'ancien Coureur a débarqué au Bloc. Ils n'ont pas eu une vie permettant l'intimité et la solitude avant d'arriver ici. Et même si Newt a toujours essayé de cacher aux yeux des autres sa cicatrice, il ne peut pas dire qu'ils ne se sont jamais retrouvés très dévêtus pour un récurage rapide de leur corps tous ensemble. Mais cette foi-ci c'est différent. Et le blond se demande pourquoi. Qu'est-ce qui a changé ? Certes leur relation est devenue autre chose depuis qu'ils sont au refuge. Le blond ne peut pas nier qu'ils ne sont plus vraiment amis, mais quelque chose de plus en fait. Et ce sentiment semble grandir en lui tout en changeant des choses qui autrefois étaient évidentes. Ce n'est pas la première fois que Newt se trouve légèrement embarrassé, les joues en feu, dans une situation pourtant habituelle entre eux.
Finalement, le Second secoue la tête. Il récupère sur le banc ses vêtements que Thomas vient de déposer. Rapidement, en tournant le dos à Thomas, il se débarrasse de ses habits et il file dans la première cabine de douche. Newt soupire une fois la porte battante fermée et il actionne le robinet d'eau. Elle est d'abord trop froide, donc il doit patienter avant de se glisser sous le jet tiède avec un soupir de bien-être. Et il ferme les yeux, relevant la tête vers le pommeau de douche, savourant la caresse sensuelle de l'eau. Un léger sourire vient naître sur ses lèvres. Il se sent bien comme cela. Et vu que personne n'attend pour prendre sa douche, il compte en profiter un peu. Il en oublie légèrement la présence de Thomas. Enfin, il suppose que ce dernier s'est dévêtu et est aussi sous la douche. Newt tend l'oreille, cherchant à percevoir les bruits que Thomas peut faire en se douchant. Quelque part, sa présence est rassurante. Ou peut-être que Newt a trop l'habitude qu'ils soient ensemble au point que l'ancien Coureur lui est devenu vital. Il ne saurait pas se passer de sa présence, même s'il l'a nié pendant des jours après son réveil. Il a toujours eu conscience que Thomas n'était pas loin. Il ne l'est jamais. Et Newt a pris depuis longtemps l'habitude de chercher du regard son compagnon. Étrangement cela le rassure.
Newt fronce des sourcils quand il constate qu'il n'entend pas fonctionner une autre douche. Il garde pourtant les yeux fermés, se concentrant sur les bruits dans le bâtiment. Mais il a l'impression de ne pas entendre autre chose que sa propre douche. C'est perturbant. Thomas ne devrait pas prendre autant de temps pour se dévêtir. Et il doute que son compagnon soit parti. D'ailleurs même son silence est étrange pour le blond. En général, Thomas parle surtout quand ils sont en tête-à-tête. Et par expérience le blond sait qu'un Thomas silencieux ou complaisant n'annonce jamais rien de bon… Et soudain il sent des doigts se glisser dans ses cheveux en même temps que la porte de sa douche claque doucement en se refermant. Newt sursaute réellement, ouvrant les yeux brusquement sans penser à éloigner son visage du jet d'eau. Son cœur bat un peu plus fort et trop vite. Rapidement, il fait volte-face pour observer Thomas. Ce dernier hausse juste des sourcils avec un sourire amusé face à sa réaction de surprise. Newt, lui, n'a pas envie de sourire. Il plisse du nez, cherchant à comprendre pourquoi Thomas est dans sa douche alors qu'il y en a neuf autres de libre…
« Qu'est-ce que tu fais ? », questionne-t-il la voix légèrement tremblante, le rouge lui mordant à nouveau les joues. Pour une raison inconnue, Newt choisit de lui tourner le dos. Il attrape ce qui est du gel douche pour corps et cheveux.
« Je lave tes cheveux. », répond Thomas avec nonchalance en reprenant ses massages sur le cuir chevelu de Newt. Les mèches blondes humides s'enroulent avec aisance autour de ses doigts. « Passe-moi le shampoing. »
« Je peux les laver moi-même. », contre lentement Newt dont le cœur refuse de s'apaiser.
« On a déjà eu cette conversation. », déclare Thomas alors qu'il s'appuie un peu contre le dos de Newt. D'une main, il attrape la bouteille de shampoing que le blond tient, avant de se reculer d'un pas. Newt inspire lentement, avant de pencher la tête un peu en arrière pour observer vaguement Thomas.
« Quelle discussion ? », parce qu'il est certain qu'ils n'ont jamais parlé de douche commune. Thomas verse dans sa main un peu de produit avec un sourire satisfait et victorieux.
« Laisse ta tête comme ça un peu. », ordonne-t-il d'une voix posée. Il semble totalement à l'aise avec la situation du moment. Mais après tout, il a bien dû dévêtir Newt pour le laver durant sa maladie. « Celle où je t'ai dit que tu peux accepter de temps à autre que je prenne soin de toi. Que c'est normal de vouloir cajoler quelqu'un qu'on aime. », explique lentement Thomas.
Et ses mains reviennent se perdre dans les cheveux blonds tout en massant délicatement le crâne du Second. Newt voudrait vraiment repousser Thomas hors de la douche, lui dire qu'il peut se débrouiller seul, qu'il n'est plus malade… Mais Thomas est vraiment doué avec les massages. Alors il envoie balader sa raison pour une fois. Et il ferme les yeux. Il se laisse faire, parce qu'au fond c'est agréable d'avoir les doigts de Thomas dans ses cheveux quelle que soit la situation. Il aime bien quand le brun caresse ses cheveux ou joue avec quand ils sont presque endormis. Et il ne va pas mentir, Thomas est doué pour les massages de toutes sortes. Les doigts s'activent mais restent doux dans ses cheveux, glissant vers son front et sa nuque régulièrement. L'ancien Coureur prend son temps pour nettoyer la chevelure blonde qui est un peu trop longue maintenant. Quand il a fini, Thomas détache le pommeau de douche pour rincer soigneusement les mèches dorées. Il entend Newt soupirer de bien-être. Et il sourit un peu plus. Versant à nouveau du gel douche dans la paume de sa main, il commence à nettoyer le dos de son compagnon le faisant sursauter à nouveau.
« Tommy… » C'est un murmure, presque un gémissement embarrassé qui échappe à Newt. Thomas a les joues un peu rouges lui aussi, mais il poursuit ses gestes. Ses mains glissent le long du dos de Newt massant doucement la peau exposée.
« C'est bon. Ce n'est pas la première fois que je te lave, tu sais… », commente le brun avec un léger sourire coquin et un clin d'œil. Il a pris soin de Newt tant que ce dernier était souffrant. Mais c'est quand même différent de laver le blond inconscient à cause de la fièvre et de le faire dans une douche en étant tous les deux très bien réveillés. Cela dit, Thomas n'arrête pas pour autant ses gestes qui ressemblent vaguement à des caresses.
« Euh… Je peux le faire. », murmure Newt les joues toujours aussi rouges et en déviant du regard. Pour autant, il ne se soustrait pas aux mains expertes de Thomas. « Je veux dire je ne suis plus malade… Tu vois, là je peux m'occuper de moi… Et je… »
« Newt ! Tais-toi et profite. » La voix de Thomas est vaguement autoritaire. Cela suffit pour que le blond abdique. « Puis, tu me rendras la pareille comme cela on sera quitte. »
Et Newt ne répond pas. Mais il se sent rougir encore un peu plus, si c'est possible. Il tente de s'imaginer reproduire les gestes que Thomas a pour lui en ce moment. Étrangement, cela affole son cœur, mais d'une manière agréable. Au fond, Newt est curieux de connaître la texture de la peau de Thomas, de savoir s'il peut avoir le même effet que l'autre a sur lui. Newt mordille doucement sa lèvre inférieure. Et il ferme les yeux. Il accepte de se tourner quand Thomas exerce une pression sur ses épaules pour le mettre face à lui. Les mains de l'ancien Coureur continuent de frotter avec tendresse et lenteur la peau pâle du blond. Et leurs regards s'accrochent. Newt n'arrive pas à lire tout ce qui flotte dans les yeux de Thomas. Mais il ne détourne pas le regard, pas même alors qu'il rougit encore un peu plus. Finalement, le brun lui met dans la main la bouteille de gel douche. Le message est assez clair. Après tout, Thomas lui a dit un peu plus tôt qu'il devrait lui rendre la pareille. Lentement, les mains tremblantes et hésitantes, le blond obéit à l'ordre muet. Il ouvre la bouteille et verse un peu de gel douche dans sa paume avant de venir frotter les épaules de Thomas. Il y a quelque chose de très intime dans la situation actuelle. Quelque chose que Newt ne peut définir avec des mots, mais qui affole de plus en plus son cœur. Et malgré la gêne du moment, malgré ses réactions intenses et surprenantes, il n'arrive pas à détourner les yeux, ni à stopper ses gestes. Il imite en miroir parfait les actions de Thomas, nettoyant avec douceur la peau de son compagnon.
Thomas a la peau étrangement douce, parsemée de grains de beauté et plus bronzée que la sienne. Il est aussi plus musclé. Newt le savait déjà. Il suffit de regarder l'ancien Coureur pour deviner ses abdominaux, ses muscles sous ses vêtements. Newt, lui, est mince, presque de trop même s'il a aussi des muscles dessinés sous la peau. Ils sont juste plus fins, discrets et visibles uniquement quand il est dévêtu. Mais voir et toucher sont deux choses différentes. Le blond peut sentir, sous ses doigts timides, les frissons qui parcourent Thomas et le dessin de ses muscles. Ils ne se quittent pas des yeux, analysant les rougeurs de l'autre et les émotions qui passent dans leurs pupilles. Puis, lentement, inconsciemment, les gestes deviennent autre chose. Newt a conscience qu'ils ne se frottent plus pour nettoyer l'autre. En fait, ce sont plus des caresses timides et tendres, une manière de découvrir l'autre autrement, plus sensuellement. C'est agréable aussi de se découvrir mutuellement de cette manière, de savoir que tel endroit provoque une réaction de plaisir quand on le frôle. Et les mains de Thomas remontent de la taille de Newt jusqu'à ses joues dans une caresse éphémère qui provoque un long frisson dans le dos du blond. Puis le brun comble l'espace entre eux, collant son corps nu contre celui de son compagnon. Et Newt gémit contre les lèvres qui se posent contre les siennes. Thomas glisse ses mains dans le cou de Newt, se serrant un peu plus contre le plus vieux. Leur baiser est chaste et tendre comme toujours, malgré les émotions qui les traversent en ce moment et la situation dans laquelle ils sont.
Et Newt soupire, bouche entrouverte contre les lèvres de Thomas quand ce dernier brise leur baiser. C'est comme une invitation à un plus. Parce que Thomas repose ses lèvres sur les siennes et le baiser s'approfondit. Ils gémissent tous les deux quand leurs langues se frôlent. C'est étrange et en même temps assez agréable comme baiser. Même s'il leur faut quelques instants pour s'accorder, pour éviter les dents qui s'entrechoquent. Et Newt n'a aucune envie de mettre fin à l'intrusion de la langue de Thomas dans sa bouche. Lentement, avec la même timidité qui accompagne chacun de leur moment intime, ils se découvrent autrement, goûtant à l'autre avec douceur. Leurs langues dansent ensemble un moment, cherchant à s'apprivoiser maladroitement. Puis le baiser prend fin. Et Thomas pose son front contre celui de Newt, les yeux fermés. Ils sont toujours étroitement enlacés, leurs peaux en contact directe. Et leurs souffles se mélangent à chaque inspiration. Newt constate vaguement qu'ils respirent de manière synchronisée. D'une main, Thomas coupe l'eau qui ruisselle toujours sur leurs corps. Et avec lenteur, comme s'il n'avait pas envie de s'éloigner, il recule d'un pas.
« On devrait… hum… sortir de la douche. », déclare le brun avec une voix plus grave qu'habituellement.
Et Newt se contente d'acquiescer. Il n'a aucune confiance en sa propre voix pour le moment. Alors avec quelques secondes de décalage, il imite Thomas. Et il sort de la douche, évitant de regarder le corps de son compagnon. Il ne se sent pas vraiment gêné. En fait, il a aimé le baiser même si c'est nouveau et inconnu. Et même si cela affole son cœur et sa respiration, que son ventre se tord étrangement et qu'une envie de plus qu'il ne comprend pas l'habite lors de ce genre d'échanges… Il espère secrètement pouvoir encore embrasser Thomas comme ça. Surtout que cela a le même effet sur l'ancien Coureur que sur lui. Newt frôle distraitement ses lèvres du bout des doigts. C'est étonnant l'effet qu'un baiser peut avoir… Et il sursaute quand il sent un essuie sur ses épaules et qu'il comprend que Thomas lui frotte doucement le dos. Lentement, avec un léger soupir de bien-être, le blond tourne la tête pour observer son compagnon.
« Tu vas attraper froid si tu restes trop longtemps comme cela. Et tu seras de nouveau malade. » Il y a beaucoup de tendresse dans la voix de Thomas mais aussi un peu d'inquiétude. Alors Newt se contente de hocher la tête avant d'attraper un autre essuie pour sécher sa peau.
Ils s'essuient et s'habillent en silence. Le blond évite de regarder son compagnon. Parce que Thomas est une source de distraction certaine que Newt peut contempler de longues minutes sans rien faire d'autre. Il se demande parfois si l'ancien Coureur a remarqué cette nouvelle manie qu'il a. Thomas n'en a jamais parlé. Il a juste un petit sourire satisfait sur les lèvres quand il surprend Newt en plein délit d'observation de sa personne. Mais il ne fait jamais aucun commentaire. Tout comme Newt n'en fait pas quand Thomas a des gestes possessifs ou câlins face aux autres. Il se contente de rougir légèrement. Un simple regard à Thomas lui apprend que ce dernier est habillé et qu'il l'attend. Newt se décide donc à être un peu plus rapide pour enfiler ses vêtements propres. Et c'est toujours silencieux qu'ils quittent le bâtiment des douches. Le camp est calme et presque vide. Thomas s'arrête et s'étire un peu en observant les alentours. Newt, lui, a un regard pour la plage. Il ne doit pas travailler aujourd'hui. Alors il aimerait profiter de sa journée. Et il reste attiré par l'océan pour une raison totalement inconnue. Mais c'est un lieu qui l'apaise, l'aide à réfléchir.
« Tu veux faire quoi ? », demande Thomas en lançant un regard curieux à Newt. Il est clair qu'il ne le quittera pas de la journée. De toute manière, depuis qu'ils sont ici, il est relativement compliqué d'éloigner le brun du blond. Et d'une manière plus générale, les Blocards restent entre eux un maximum de temps. C'est rassurant d'avoir les autres, là, tout près. Surtout après tout ce qu'ils ont vécu et tous ceux qu'ils ont perdus…
« Je pensais aller sur la plage pour profiter du soleil. », répond doucement Newt. Et Thomas se contente de hocher de la tête.
Sans un mot de plus, Newt se détourne et il se dirige lentement vers la plage. Il marche de manière peu assurée après une semaine passée à être allongé à ne rien faire. Il a l'impression d'avoir les jambes un peu faibles et de boiter plus qu'habituellement. Et il n'a pas besoin de se tourner pour savoir que Thomas le suit. Lentement, le blond marche pieds nus sur le sable chaud. Un léger sourire vient fleurir sur ses lèvres. Le bruit des vagues venant mourir sur la plage est apaisant. Il lance un regard à l'étendue bleue qui s'étend au loin, se mariant avec le ciel à l'horizon. La seule chose qui coupe la vue est le bateau qui a amené les Immunes ici. Newt s'éloigne un peu du campement, évitant du regard la pierre commémorative. Il avance de longues minutes avant de trouver un endroit calme, pas trop loin d'un tas de rochers procurant un peu d'ombre. Il peut encore observer le camp d'ici. Finalement, il se laisse tomber sur le sable. Les jambes légèrement repliées contre lui. Il laisse ses doigts s'enfoncer dans le sable et jouer un moment avec. Il est bien ici, calme et serein. Et il n'est pas étonné quand Thomas s'installe dans une position devenue normale entre eux. L'ancien Coureur s'assied derrière lui, l'emprisonnant entre ses jambes, le torse contre son dos. Par réflexe, Newt se laisse glisser un peu contre le corps de Thomas, s'installant confortablement, alors que leurs mains se trouvent et que leurs doigts s'enlacent. Il sent son compagnon déposer tendrement un léger baiser sur son cou. Un soupir de bien-être échappe au Second qui ferme les yeux et appuie un peu plus l'arrière de sa tête contre l'épaule de Tomas.
« Tu devrais parler avec Minho. », murmure lentement Thomas qui a conscience que le sujet est délicat à aborder. « Vous ne pouvez pas continuer à vous éviter. »
« Tommy… Pas maintenant. », réplique Newt avec un soupir. Pourtant, il sait que son compagnon a raison. Il ne peut pas tout le temps faire l'autruche. Et Minho n'est pas Thomas. Il ne partage pas avec le blond la même relation. Il n'a pas le même caractère que le brun. Il sera moins patient que Thomas. Et ça, Newt le sait.
« Newt… Tu ne peux pas toujours éviter les discussions sérieuses et importantes. », contre lentement Thomas. Et le blond se tend comme la corde d'un arc. Il se détache de Thomas, désireux de mettre de la distance entre eux puisque ce dernier veut discuter sérieusement… Mais Thomas est plus rapide, sa main libre vient se poser sur le ventre plat de Newt, et il appuie assez fortement pour être certain que le blond ne reculera pas. « Je t'aime. », murmure-t-il au creux de l'oreille de Newt avant d'embrasser amoureusement sa gorge offerte. « Mais quand tu veux, tu as un caractère de cochon et tu es fichtrement têtu et borné… »
« Ah parce que tu crois que toi, tu as un caractère facile à vivre ? Je te signale que tu es têtu comme un âne et super possessif … », réplique Newt avec une pointe de taquinerie dans la voix.
« Je sais. C'est ce qui fait mon charme et c'est pour ça que tu m'aimes. », réplique Thomas sur le même ton, bien sûr de lui. Newt lève les yeux au ciel avec un soupir. Et il observe en silence les nuages blanchâtres qui traversent lentement le bleu du ciel. Il profite de la chaleur du corps de l'ancien Coureur contre le sien, de la fraîcheur de la brise légère qui souffle et du chant de l'océan. « Newt… », murmure lentement Thomas. « Sérieusement, tu dois lui parler. Il s'inquiète pour toi. Et quelque part… Il n'a pas tort. On sait tous ce que tu as fait dans le labyrinthe, ce par quoi tu es passé avec la Braise. On le comprend… »
« Non, Thomas. Vous ne comprenez pas. », Newt a la voix neutre quand il interrompt son compagnon. Finalement, il arrive à se libérer de l'étreinte de Thomas pour se mettre à genoux face à lui. « Vous êtes Immunes ! Moi pas. Je ne suis pas comme vous. Je ne le serai jamais ! »
« Newt… Ce n'est pas… » Thomas tente vainement de reprendre le contrôle de la conversation. Il peut sentir la colère et la tristesse qui émanent du blond. Il aimerait sincèrement comprendre tout ce que son compagnon ressent et a dû traverser.
« Ce n'est pas quoi ? Tu n'as passé qu'une semaine au Bloc. J'y suis resté plus de trois ans. Tu ne peux pas comprendre ce que j'ai vécu ou ressenti. Je ne cherche même pas à ce que vous compreniez mon geste ! Je n'ai rien demandé à personne. Je ne suis que le patient zéro, le rat de laboratoire qui sert à comparer les résultats entre les Immunes et les non Immunes. Autrement dit, j'ai toujours été sacrifiable », poursuit Newt avec un froncement de sourcils. Il a la voix qui tremble. Il n'a jamais vraiment verbalisé son ressenti avant cet instant.
« Newt… » Thomas essaie à nouveau de couper la parole au blond avec douceur. Il n'aime pas la manière dont Newt parle de lui.
« J'avais la Braise, Thomas ! Même avec le sérum, je n'aurais fait que gagner du temps ! J'avais accepté de mourir parce que c'était inévitable. Je n'ai rien demandé, rien dit parce que cela ne changeait rien à ma situation… Qu'est-ce que Fry et toi auriez pu faire ? C'était ce que le WICKED avait prévu depuis le début comme fin pour moi… Et seuls les Immunes devraient être ici. Vous voyez les choses de votre point de vue d'Immunes. Vous me reprochez d'avoir voulu vous protéger de la maladie et de moi. Mais je n'ai pas demandé à être sauvé !… »
« Stop. Arrête. » Thomas a la voix cassante quand il interrompt Newt. Il n'a jamais vu le blond aussi détruit qu'en cet instant, les yeux remplis de larmes qui ne coulent pas. La douleur est lisible sur ses traits.
« Je n'ai pas ma place ici… », poursuit Newt. « Tu le sais. Vous le savez tous. » Parce qu'il n'est pas Immune, parce qu'il a déjà essayé d'en finir. Parce que si Thomas n'était pas aussi borné à vouloir sauver tout le monde, Newt serait mort comme tous les autres. Et il ne serait plus rongé par la culpabilité. Celle d'être en vie. Celle d'avoir blessé ses amis.
« Newt. C'est bon. Stop. » Thomas a la voix plus autoritaire qu'avant. Il pose les mains sur les joues du blond avec énormément de douceur. « J'ai compris l'idée. Juste, tais-toi. » ajoute-t-il alors qu'il bouge pour venir plus près de l'autre Blocard. Il n'aime pas la manière dont Newt parle de lui, comme s'il ne représentait rien comparé aux autres. Thomas ne considère pas les Immunes comme supérieurs aux autres. Newt a sa place ici, pour lui, comme n'importe qui. Et peut-être même plus après ce que le WICKED lui a fait endurer pendant toutes ces années. Et il voit le regard de Newt changer, ses yeux s'agrandir quand il réalise qu'il a balancé sans réfléchir ce qu'il gardait jusque-là au fond de lui.
« Je… Je suis désolé… Je ne voulais pas… » Le blond cherche une échappatoire au regard triste et aimant du brun. Il s'en veut d'avoir laissé tomber ses barrières, d'avoir déballé des choses qu'il ne partage pas en général. Il déteste l'idée de se montrer faible face aux autres.
« C'est rien. Tu n'as pas à t'excuser. », murmure Thomas. Et ses pouces caressent doucement les joues de Newt alors qu'il vient poser son front contre celui du Second. « Je n'aime pas que tu penses comme cela. Je déteste que tu te sentes aussi peu important. Mais je suppose que tu avais besoin de le dire. Alors ça va. », ajoute l'ancien Coureur à voix basse. « Je ne vais pas dire que je comprends. Je n'en sais rien en fait. Tout ce que je sais c'est que tu as ta place ici. Tu mérites plus que n'importe qui d'y être, d'être sauvé… Et pour moi, tu es important. Sans toi, je n'arriverais à rien. Sans toi, je ne serais pas sorti du labyrinthe. Sans toi, j'aurais abdiqué durant la traversée de la Terre Brûlée. Sans toi, j'aurais foncé comme un con pour sauver Minho, seul, sans plan ni réflexion. Sans toi, j'aurais démoli Gally et je me serais fait descendre par ses nouveaux potes. Sans toi, j'aurais perdu espoir et abandonné… Alors tu es important. Pour moi. Pour Minho, Gally et Fry aussi. Tu n'arrives peut-être pas à le concevoir maintenant… Mais je t'aiderai. Je te promets que je serai toujours là, que je veillerai sur toi. Et si toi tu n'arrives pas à voir de manière positive les choses, alors je serai positif pour deux… Parce que si je t'ai avec moi, je peux tout faire. »
« Tommy… » murmure Newt doucement, incapable de trouver des mots pour répondre.
Et Thomas se contente de sourire. Puis il embrasse chastement les lèvres de Newt. Ses mains trouvent leur place sur les hanches fines du Second pour l'attirer plus près de son corps. Il a ce besoin viscéral de sentir le corps de Newt pressé contre le sien, de sentir sa chaleur et son cœur battre. Et il emprisonne étroitement son compagnon pour être sûr qu'il ne reculera pas. Le baiser reste doux et tendre comparé à celui plus passionné qu'ils ont échangé dans la douche. Thomas a ce besoin constant de toucher Newt, de l'embrasser pour lui dire qu'il est là, qu'il l'aime. Et il sait que le blond apprécie ses marques d'affection, même s'il ne le dit pas. Leurs lèvres bougent doucement en symbiose. Quand Newt met fin au baiser, Thomas frotte son nez contre le sien. Puis il dépose des bises légères sur les joues, le menton, les tempes de Newt. Il embrasse tout ce qu'il peut atteindre sans briser leur étreinte. Lentement, il sent les bras du blond s'enrouler autour de sa taille. Le corps de Newt tremble contre le sien. Et Thomas peut parier que pour une fois, il n'y est pour rien. Alors il resserre sa prise sur le Second. Il frotte délicatement le bout de son nez contre la nuque offerte. Newt a fermé les yeux. Et il a posé son front sur l'épaule de Thomas. Là, dans les bras de l'autre, il se sent étrangement en sécurité. Et il n'a aucune envie de bouger.
« Tu dis toujours ça. Que sans moi tu n'y arriverais pas. », murmure Newt la tête toujours cachée dans le creux de la nuque de Thomas. Son souffle chaud frôle la peau nue de son compagnon faisant frissonner ce dernier. « Mais moi, si je ne t'avais pas, je ne survivrais pas non plus. » finit-il par avouer doucement. « Je t'aime beaucoup, énormément… Je ne sais même pas si il y a des mots pour décrire ce que je ressens pour toi depuis un moment… Je sais juste que tu es important, le centre de mon monde… Tu as aussi un énorme effet sur mes réactions physiques. Et même si je ne comprends pas, si c'est un peu effrayant, c'est agréable… Mais ça fait peur de dépendre autant de quelqu'un comme ça… Je n'ai jamais ressenti ça avant. »
« Je sais. Je ressens ça aussi. », murmure Thomas doucement en appuyant sa joue contre la chevelure blonde. « Je ne suis pas un expert, mais je crois que c'est ce qu'on appelle être amoureux. »
« Je suis désolé d'avoir encore des idées noires. Je suis désolé de ne pas avoir dit que j'allais mal, que j'étais malade. Mais je me sentais juste fatigué et je pensais que c'était à cause des cauchemars. », ajoute lentement Newt en bougeant légèrement pour croiser le regard de Thomas. « Je ne pensais pas mettre ma vie en danger ou autre… J'ai juste pensé avoir un simple rhume. » Et il est sincère. Pour lui, il était juste fatigué. Il n'a pas intentionnellement cherché à nuire à sa santé. Lentement le blond vient voler un baiser au plus jeune. Et Thomas sourit contre ses lèvres, savourant comme à chaque fois la prise d'initiative de Newt.
« C'est à Minho que tu dois dire ça. », susurre-t-il contre les lèvres tentatrices de Newt.
« Je sais. », commente lentement le Second. « Mais je ne sais pas comment lui parler. Je ne sais pas… »
« Tu as peur qu'il s'énerve à nouveau et de ne pas encaisser ce qu'il risque de dire ? », questionne avec douceur Thomas. Newt est sur la brèche depuis son réveil ici. Il l'a bien compris. Et voir Newt acquiescer de la tête lui suffit. « Je peux être là si tu veux. Même si je crois que Minho peut comprendre. Mieux que n'importe qui. Vous êtes amis depuis le début… » Et puis Gally a déjà sermonné Minho sur sa manière d'aborder le sujet avec Newt. Le blond a un léger sourire timide avant de revenir enlacer étroitement Thomas. Il se sent plus fort avec l'ancien Coureur près de lui, même s'il sait que Minho ne lui fera jamais de mal. Et Thomas a raison. Il doit parler à l'ancien Maton des Coureurs.
Et voilà, fin du chapitre !
Bon, du coup dans le prochain, discussion entre Minho et Newt…
J'espère que vous avez aimé.
Merci d'avoir lu.
