Correctrice : Clina
Note : Je vis toujours ! Désolée du délai, la fin d'année scolaire a été compliquée à gérer niveau travail pour moi. J'ai perdu un chapitre complet d'une fic, ça m'a aussi un peu démotivée. Mais voilà enfin le fameux chapitre de réconciliation ! Du coup c'est un Minho, Newt et Thomas. En espérant que vous apprécierez. Merci de votre patience et des review. J'espère avoir répondu à tout le monde.
J'ai volontairement gardé la version du film. Dans une des scènes coupées, Newt raconte à Thomas sa tentative de suicide (c'est la fameuse scène qui suit sa crise de colère, quand il avoue avoir la braise.) Et Newt dit que c'est Minho qui l'a trouvé. Pour ceux ayant lu les romans, de mémoire quand Newt le raconte il parle d'Alby qui l'a trouvé. Vu que mon histoire est plus la suite du film que du roman j'ai opté pour la version film.
Bonne lecture.
Il n'a toujours pas parlé à Minho. Malgré sa promesse faite quelques jours plus tôt à Thomas sur la plage, Newt n'a pas encore trouvé le courage d'avoir cette conversation avec l'ancien Maton des Coureurs. Et ce n'est pas faute de s'être creusé les méninges pour trouver comment aborder le sujet avec son meilleur ami. Le blond peut se vanter d'avoir une bonne vingtaine, voire trentaine, de discours tout faits dans sa tête. Et aucun ne semble correct. Et aucun de ces scénarios ne se finit bien. Il les a même testés à voix haute pour certains. D'ailleurs Thomas a plus d'une fois froncé des sourcils en l'écoutant penser à voix haute. L'ancien Coureur les trouve tous très bien ces discours. Ce qu'il manque à Newt ce ne sont pas les mots en fait. C'est plus de trouver comment oser affronter Minho. Thomas le sait. Et là, il ne peut pas aider le blond. Enfin il pourrait user de la force pour traîner Newt face à l'Asiatique. Mais il sait que cela n'aidera en rien le Second. Il comprend qu'il faut que cela vienne de Newt. Ou, à défaut de Minho, parce qu'il y a peu de chance que ce dernier soit d'une patience éternelle.
Newt soupire. Il fait chaud aujourd'hui. Et travailler au jardin en plein soleil le fait suer. Il passe à nouveau la main dans ses cheveux pour tenter de les discipliner. Brièvement, il lance un coup d'œil à gauche pour s'assurer que Thomas est toujours bien là. C'est rassurant d'avoir le plus jeune non loin de lui. Newt s'est habitué à cette proximité presque constante, à cette nouvelle relation qui se tisse entre eux lentement. Et il n'a aucune envie de lutter contre. C'est agréable. Perturbant aussi, quand Thomas affole tous ses sens et que Newt subit d'étranges réactions physiques qu'il ne comprend pas. Mais en même temps, il se contente de vivre l'instant présent, de savourer la paix retrouvée. Il est heureux ici, même si ses démons traînent toujours dans son esprit. Et Thomas est une part importante de cette félicité qu'il a su gagner. Thomas tourne la tête. Il offre un sourire et un clin d'œil à Newt qui l'observe. Le blond se contente de soupirer doucement en réponse. C'est une bonne journée, calme et sereine. Travailler la terre l'a toujours apaisé. C'était déjà le cas à l'époque du Bloc.
« Bon tu comptes me tirer la tête encore longtemps ? ». La voix de Minho le fait sursauter. Et il voit Thomas froncer des sourcils. Mais ce dernier n'intervient pas.
Newt déglutit avant de tourner la tête et de redresser le menton. À genoux au sol, il se sent petit à côté de Minho et de sa stature d'athlète. Et Newt ne sait pas comment répondre à cela. Il a conscience qu'il doit dire quelque chose, mais tous ses discours lui échappent d'un seul coup. Il n'a plus aucun mot sur le bout de la langue. Il a la bouche sèche d'un coup. Pourquoi est-il aussi nerveux de parler avec son meilleur ami ? Après tout ce dernier lui a sauvé la vie. C'est Minho qui l'a trouvé dans le labyrinthe après sa chute volontaire du mur. C'est lui qui l'a ramené et soigné. Il sait quelles ténèbres habitent Newt. Mais Newt sait que ce qui le bloque c'est la culpabilité et la honte. Il sait qu'il s'en veut d'avoir déçu son meilleur ami. Alors, il détourne les yeux, coupable. Il a l'impression d'enchaîner les erreurs depuis leur sortie du labyrinthe, avec Thomas et maintenant Minho. Pour autant, il fut plus facile de se réconcilier avec Thomas. Enfin, ce dernier est surtout plus têtu et envahissant que Minho, qui a pris l'habitude de parfois lui laisser l'espace dont il a besoin.
« Ce que t'es têtu. », déclare subitement Minho avant de s'installer à même le sol près de Newt et d'observer la plante que le blond replante. « C'est quoi au fait ? » Parce que l'Asiatique sait que parfois il faut faire un détour immense dans la conversation pour que Newt s'ouvre et parle de ce qui le ronge.
« De la menthe », répond Newt avant de continuer ce qu'il faisait. Thomas les observe un moment. Il est assez près pour entendre leur conversation. Mais il reprend aussi son travail.
« Et ça se mange ? », demande Minho avant de prendre un plant pour le renifler. « Pas mal comme odeur. »
« C'est plutôt pour des infusions, à mélanger avec du thé et pour assaisonner certains plats. » Newt répond aux questions, tout en se concentrant sur ce qu'il fait. Il désire oublier son anxiété du moment, et que ses mains arrêtent de trembler. « Sinon c'est bon contre les problèmes digestifs, surtout la nausée. »
« Ah toi et tes plantes médicinales ! Tu sais qu'on a des médicaments ? », questionne Minho amusé. Il ne se récolte qu'un regard blasé de Newt. « D'accord, un jour on aura plus de médicaments. Donc j'en déduis que d'ici là tu nous auras créé un vrai jardin de plantes médicinales ! » Ce qu'il peut être optimiste de nature…
« Je ne connais pas toutes les plantes médicinales. », se contente de répliquer Newt avec un haussement d'épaules. Après tout, hormis celles qu'il avait au Bloc, il ne peut pas dire avoir d'énormes connaissances en herboristerie.
« Tu en connais déjà pas mal… Je me rappelle qu'au Bloc, il y avait un coin du jardin pour ça. » Minho poursuit sa conversation banale et commune de sa voix toujours enjouée. « Puis, tu peux apprendre non ? »
Newt arrête un moment de travailler pour inspirer doucement et lentement. Il lance un regard en biais à Minho, évitant le contact visuel avec ce dernier. Et il se contente de hocher de la tête. Oui, il peut apprendre. Il l'a fait au Bloc pour le bien de tous. Alors pourquoi pas ici ? Puis c'est quelque chose qu'il aime faire gérer un jardin et découvrir les vertus curatives des plantes. Newt a une réelle passion pour les végétaux. Il a découvert cela quand il n'a plus pu être Coureur. Et il a trouvé un apaisement et un réconfort dans le travail de la terre. Alors, une fois éveillé ici, quand on a mentionné l'idée de créer un potager, il a été un des premiers volontaires pour y travailler. Les autres Blocards ont plus suivi faute d'avoir autre chose de mieux à faire pour le moment. Bien que Gally commence à réfléchir à consolider les tentes voire construire en dur des maisons. Et Frypan a retrouvé sa chère cuisine. Quant à Thomas, il semble se contenter d'être près de Newt. Pour le moment cela lui suffit, le temps qu'il trouve probablement un job qui le passionne. Par contre, le Second n'a aucune idée de ce que Minho fait de ses journées. Peut-être que lui aussi a besoin de temps pour se trouver une occupation.
Puis Newt capte un échange de regard entre les deux anciens Coureurs. Il les observe discrètement tour à tour. Il sait que Thomas peut réagir impulsivement. En théorie, Minho est plus posé et réfléchi, même si parfois il démarre aussi au quart de tour. Newt ignore s'ils ont discuté pendant sa convalescence, ce qu'ils ont pu dire. Il a bien compris par contre le côté surprotecteur de Thomas envers lui. Il a parfois l'impression que le brun imagine qu'il va se briser si on le touche. C'est envahissant et touchant. Et le blond s'est habitué à cela. Il n'a même plus envie de réclamer son espace personnel à Thomas. Parce que ce dernier l'apaise et qu'il sait aussi se contenter d'être là, sans juger, ni intervenir. Et c'est ce qu'il fait en ce moment avec Minho. Peut-être lui lance-t-il un avertissement muet ? Ce serait bien le genre de Thomas. Et cela ne dérange pas Newt. De toute manière, il n'arrive pas à formuler ses excuses à voix haute. Il a même l'impression que toutes ses idées et formulations se sont envolées quelque part où il ne peut pas les atteindre. Pourtant, il sait qu'il doit aborder le sujet et demander pardon à Minho, lui expliquer comme il l'a fait avec Thomas sur la plage…Alors pourquoi rien ne vient ?
« Je suis désolé. », finit par murmurer Minho. Et Newt se fige. Il mord sa lèvre inférieure avant de tourner la tête vers l'ancien Coureur. « J'ai merdé. Je le sais parce que tu m'évites et que je sens que tu n'arrives pas à me parler. Sinon tu serais déjà venu me voir, peut-être même me tirer par l'oreille… Et je sais que j'ai été injuste avec toi. Alors voilà, je suis désolé. »
Newt ne s'est pas attendu à ça. En fait, il est celui qui aurait dû s'excuser ou au moins s'expliquer. Alors il reste là, immobile comme une statue, un plant de menthe en main à regarder avec surprise Minho. Son esprit ne trouve rien à répondre. Il a l'impression que tout s'est mis en pause chez lui d'un seul coup. Minho l'a pris au dépourvu. Et c'est certainement, quand on le connaît un peu, le meilleur moyen d'amener la conversation sérieuse sur son ressenti. Il faut le distraire en parlant d'autre chose, puis dire quelque chose qui va le surprendre assez pour qu'il ne fuit pas. Et qu'il se décide à répondre, au moins pour contredire l'autre. Ou alors il y a la méthode de Thomas, mais Newt sait qu'il n'accepterait pas cela de tout le monde. Après tout Thomas l'emprisonne étroitement contre lui, avant de lancer le sujet de conversation, et il le câline amoureusement pour être certain que Newt ne va pas se refermer comme une huître. Et définitivement, le blond n'accepterait pas cela de tout le monde. Thomas est spécial pour l'ancien Second. Il l'a toujours été et il le restera.
Et le silence s'étire dans le temps. Newt ne sait toujours pas quoi répondre. Il ne s'attendait pas à des excuses. Il sait qu'il doit s'expliquer avec Minho, le détromper sur les raisons de son geste. Il n'a juste pas fait attention à lui, optant pour un coup de fatigue générale plus qu'une maladie. Mais il comprend aussi ce que le Coureur lui a dit. Il a réalisé la peur que ses amis avaient eue quand il s'est effondré sous la maladie. Parce qu'il peut comprendre pourquoi ils ont pensé à la Braise, à une rechute. Et même si Thomas lui a dit lui avoir donné le remède, rien ne prouve qu'il fonctionne. Tout le monde a le droit de douter. Et Newt le comprend mieux que personne. Tout comme il connaît cette peur constante de voir un des leurs s'effondrer ou mourir. Cette angoisse-là a rongé son être depuis son réveil au Bloc. Et il peine encore aujourd'hui à imaginer qu'ils sont sains et saufs. Alors sûrement que si un des Blocards s'était effondré comme il l'a fait, il aurait paniqué comme eux. Et il n'en veut pas à Minho de ce qu'il lui a dit. Parce que Minho sait mieux que personne que Newt n'accorde pas de prix à sa vie. Et il connaît le blond et une partie de ses démons. Alors peut-être que la réflexion est logique.
« Je crois que la fatigue et l'inquiétude ne me réussissent pas. J'ai un peu de mal à me dire qu'on est en sécurité, qu'on ne risque plus rien. C'est dingue, mais je reste tout le temps en alerte. Tu sais comme s'ils pouvaient débarquer ici et nous enlever à nouveau. Mais je pense qu'on est tous un peu comme cela. On a trop l'habitude de se méfier de tout et de rester sur nos gardes pour relâcher la pression. » Minho reprend la parole tout en empoignant un plant de menthe avec l'intention de le mettre en terre. « Ça n'excuse pas tout, cela dit. Mais c'est une composante de ce que l'on est pour le moment. »
« Je ne voulais pas vous inquiéter. » Newt finit par sortir de son mutisme à nouveau. « Ce n'est pas parce que je n'en ai rien à foutre de ma propre survie que je n'ai rien dit. C'est juste qu'avec les cauchemars, je dors peu. Alors j'ai juste cru que c'était un contrecoup de la fatigue ou un rhume. » Et il hausse les épaules parce que ce n'est que ça après tout. Newt n'a jamais imaginé que son corps le lâcherait au point d'avoir de la fièvre et de dormir quelques jours.
« Bah on s'inquiète toujours des autres. Toi le premier, cela dit. Tu es toujours angoissé de ce qui peut nous arriver, même si tu le dissimules très bien. Mais je te connais. Je sais voir au-delà de tes sourires. Quoi qu'il en soit, j'y suis allé un peu fort et je n'aurais pas dû. Parce que ce n'était pas correct de te remettre sous le nez certains trucs. Surtout ceux que tu tentes d'oublier et que tu ne mentionnes jamais. », Minho poursuit lentement tentant de mettre en terre sa menthe en imitant les gestes de Newt. « Mais j'étais crevé et inquiet et j'ai cru que cette fois j'allais te perdre… Je ferais quoi moi sans toi pour me tirer les oreilles et me lancer des regards noirs quand je vais trop loin ? »
« Un très mauvais jardinier de toute évidence. » commente Newt en prenant la plante des mains de Minho. « Tu vas la tuer cette pauvre menthe. » Mais en soi, Minho n'a jamais travaillé au jardin, alors il ne peut pas lui en vouloir.
« D'accord. Bah comme tout s'apprend tu pourrais peut-être m'enseigner comment prendre soin du jardin. », réplique Minho assez fier de son idée. Newt se contente de sourire.
« Peut-être. Mais je ne sais pas si tu auras la patience nécessaire. », répond-il alors que Thomas ricane derrière lui à l'idée de voir Minho travailler ici. Mais Newt sait que cela ne déplairait pas à son compagnon. Les deux Coureurs sont très proches et de très bons amis. Et il a aussi mis cela en péril. Newt sent de nouveau la culpabilité lui mordre le cœur.
« Et tu sous-entends quoi là ? », questionne Minho faussement vexé.
« Que ce n'est pas assez physique pour toi. », répond Newt en haussant les épaules avant de mettre correctement la menthe en terre. « Je suis désolé. De ne pas avoir fait attention. Et de la manière dont j'ai dit les choses… Je suppose que … Enfin, je comprends pourquoi tu étais en colère. Je veux dire… Je sais ce que tu as fait… Et pour le reste aussi… Et je n'ai pas réfléchi à ce que je disais… »
« Eh, tu n'es pas toujours obligé d'être celui qui s'excuse ou culpabilise. », déclare Minho en déposant une main sur l'épaule du blond, qu'il sent trembler légèrement. « Tu étais malade, tu avais de la fièvre et tu venais de te réveiller. Je pense que tu n'étais pas en état de faire de grandes réflexions. Puis tu as raison, je ne suis pas Medjack. Je n'aurais rien pu faire, à part te forcer à rester au lit. On va dire qu'on s'est mal compris, parce qu'on était tous les deux crevés et sur les nerfs. Ça arrive même aux meilleurs. »
« Si tu le dis. », consent lentement Newt. « Mais j'aurais dû venir t'expliquer plus tôt au lieu de te fuir. »
« Oh j'aurais pu venir aussi. Mais il y a un Tocard qui ne te lâche pas vraiment, et comme garde du corps on ne fait pas mieux ! » Minho lance un regard faussement assassin à Thomas. « Arrête de culpabiliser, Newt. J'ai foiré. Cela arrive apparemment même aux meilleurs. Et je suppose qu'on aura encore des moments où on ne se comprendra pas, tout comme on peut communiquer juste par le regard. Mais j'aimerais juste que tu n'oublies pas que tu restes mon meilleur ami et que je t'aime. Et ça même quand je te gueule dessus. » poursuit Minho, désireux de vider son sac et d'aplatir les choses avec l'ancien Second. « Je sais par quoi tu es passé, au Bloc et dans la dernière cité. Je sais que pour toi, plus que pour n'importe lequel d'entre nous, c'est compliqué de trouver ta place ici. Je sais comment tu fonctionnes et réfléchis. Alors sois certain que la prochaine fois, je n'attendrais pas une semaine pour venir m'expliquer ! »
« Je commence à me sentir de trop. », marmonne Thomas en retrait.
« Mais tu es de trop, Tocard ! », lui renvoie avec un grand sourire Minho.
Et Newt soupire et il lève les yeux vers le ciel. C'est agréable d'avoir le sentiment que tout est redevenu comme avant. Le calme se fait en lui. Au fond, il se demande même pourquoi il a tant redouté cette conversation avec Minho. Parce que ce ne fût guère si compliqué. Minho reste Minho. L'Asiatique a toujours été du genre à reconnaître ses torts et à en faire des tonnes pour ses amis. Pourtant au premier abord, il semble distant et froid, silencieux bien souvent. Mais il est la fidélité incarnée. Et il n'a jamais fait défaut à Newt. Il a toujours été là pour le blond, lui permettant de lui de souffler et de se stabiliser. L'Asiatique a toujours écouté Newt, même ses silences lourds de sens. Il ne pose jamais de questions. Il est juste là, présent. Et en général ça suffit amplement. Mais le blond sait aussi que parfois, il culpabilise pour rien. Il a eu le même problème avec Thomas lors de son réveil ici. Là aussi, il s'est mis d'étranges barrières pour fuir l'autre, agissant en coupable. Pourtant, le plus jeune ne lui a jamais fait aucun reproche. Enfin, sauf celui de le fuir bien entendu. Newt secoue la tête et il sort de ses pensées. Il se sent mieux maintenant qu'il a eu cette petite conversation avec Minho. Et il prête attention à ce que fait l'Asiatique près de lui, avec un froncement de sourcils.
« Tu veux bien arrêter de maltraiter mes plants de menthe ! », râle-t-il pour la forme en reprenant ce que l'ancien Maton a en main. « Ce n'est pas comme ça que ça se repique ! » C'est qu'il n'a pas été évident d'en trouver, alors si Minho peut ne pas les bousiller avec sa maladresse…
« Ça n'arriverait pas si tu m'expliquais comment faire d'abord ! », réplique avec mauvaise foi l'Asiatique.
Newt roule des yeux. Mais au final, il se contente de montrer à Minho comment repiquer une jeune plante et de lui expliquer. Pour lui, c'est naturel et logique. Parce qu'il l'a fait un nombre incalculable de fois au Bloc. Certains Blocards ont pensé qu'il travaillait au jardin parce qu'il ne pouvait plus être un Coureur. Mais au fond, Newt aime ça. Il adore la sensation de la terre tiède. Il aime l'odeur de la terre et des plantes. Il s'émerveille des capacités de la nature qui a toujours su reprendre ses droits. Il se sent fier quand il constate le travail accompli et que les plantes, quel qu'elles soient, ont bien poussé. Il y a quelque chose de serein à travailler la terre, et pas seulement à cause du calme uniquement brisé par le chant des oiseaux. Non, quelque chose dans la routine, dans le contact avec la nature, arrive à calmer partiellement ses démons. Peut-être qu'il aurait dû commencer directement par travailler au jardin à l'époque du Bloc… Peut-être qu'alors les choses auraient été différentes. Mais Newt était rapide avant sa chute, avant de se briser la jambe et de boiter. Cela dit c'est différent ici, sans le climat anxiogène qui régnait au Bloc.
Thomas finit par se rapprocher. Il est allé chercher de l'eau et un arrosoir pour arroser les plantes fraîchement mises en terre. Il s'arrête près des deux autres et il échange un long regard avec Minho. Newt fait mine de ne rien remarquer, d'être trop pris par son repiquage. Il sait quel lien étroit uni les deux Coureurs. Thomas était prêt à mourir pour sauver son meilleur ami. Cela dit, il était parti dans l'optique d'y aller seul pour éviter aux autres de se mettre en danger. Quelque part, Thomas a toujours été un protecteur. Finalement, après quelques minutes de conversation muette, le plus jeune se décide à arroser les plantes. Newt se retrouve avec les doigts humides et boueux, mais ça ne l'ennuie guère. L'odeur de la menthe est plus forte avec l'humidité. Le blond trouve que ça sent bon. Et dans du thé ce sera succulent ! Pour peu qu'ils trouvent de quoi faire du thé. Sinon il restera la tisane et les plats cuisinés par Frypan pour en profiter. Minho finit par se redresser et par observer le décor qui les entoure. C'est étrange de n'avoir rien qui coupe la vue au loin. Cela refile la sensation d'immensité et de liberté.
« Vous les avez trouvées où ces plantes ? », questionne finalement Minho. Et Thomas plisse du nez. Il ne sait même pas posé la question.
« Vince en avait ramené. », explique lentement Newt. « Sinon à l'orée du bois pour la menthe… Cela dit je pense que si on s'enfonce dans le sous-bois, on pourrait trouver d'autres plantes médicinales ou comestibles. Et probablement en replanter certaines ici. »
« Hum, donc il y a moyen de trouver des plantes dans la forêt… », murmure Minho pensif. « On pourrait aller voir un de ces jours, n'est-ce pas Thomas ? » L'idée l'enchante. Il a besoin de bouger, même s'il peut se fatiguer en travaillant avec les autres.
« Peut-être. » Thomas semble beaucoup moins enthousiaste pour le coup. « Mais bon j'y connais rien en plantes et toi non plus. »
« Newt s'y connaît. » Minho affiche un sourire alors qu'il donne un coup de coude à Newt. « Tu viendras avec nous, non ? »
Newt relève finalement la tête. Et il tourne le regard vers l'étendue boisée, qui s'étend au pied de la falaise ou montagne. Il n'est pas très sûr de comment appeler cette paroi rocheuse. Et il fronce des sourcils. C'est certain que la forêt doit regorger de diverses plantes, graines, fruits et autres qui leur seraient utiles. Elle est cependant vaste et inconnue. Et Newt n'aime pas l'inconnu. Cela dit, il n'est pas certain que beaucoup des Immunes ici s'y connaissent assez en végétaux pour ne ramener que les plantes utiles. Le blond se passe la main sur la nuque avec un soupir. Il sait déjà qu'il ira errer avec ses amis en forêt. De toute manière, il sait que Thomas n'ira pas sans lui, même si le désir d'explorer une nouveauté va le torturer un moment. Et d'un autre côté, à part des animaux, ils ne rencontreront pas grand chose. Et Newt veut bien parier que les habitants de la forêt seront plus effrayés qu'eux. Il hausse les épaules. Il a conscience que durant toute sa réflexion, les deux autres attendent sa réponse.
« Oui, on peut y aller une fois. », finit-il par répondre avec un léger sourire.
« Bon, il reste à l'annoncer à Vince et aux autres. Et à constituer un groupe de volontaires. Et aussi à demander des armes. » Minho élabore déjà son plan d'attaque.
« Des armes ? » Thomas répète le mot avec un froncement de sourcils et une pointe d'étonnement dans la voix. « T'espères rencontrer quoi dans cette forêt, Tocard ? »
« On ne sait jamais Thomas. Tu devrais le savoir qu'on n'est jamais à l'abri d'un problème… », élude habilement l'Asiatique.
Et quelque part, Newt pense qu'il a raison. Chaque fois qu'ils se sont crus sauvés, ils ont dégusté à cause du WICKED, à cause de Fondus ou des autres. Peut-être qu'à force de vivre au Bloc, entre eux, ils ont été naïfs. Parce qu'au fond, même avec l'angoisse que pouvait faire naître le Labyrinthe, ils étaient d'une certaine manière en sécurité, loin des autres Humains. Et par ce simple fait, ils n'ont jamais imaginé à quel point les Hommes peuvent être cruels, vils et manipulateurs. Et ils l'ont payé lourdement. Mais on apprend de ses erreurs comme disait souvent Alby. Alors ils ont appris de leurs échecs. Ils sont devenus méfiants, ne croyant réellement qu'en les autres Blocards. Et Newt tourne le regard à nouveau vers l'étendue boisée. Ici c'est un lieu sûr, sécurisé et loin du WICKED et des Fondus. Alors en théorie, à part des animaux dans cette forêt, le blond n'est pas certain qu'ils croiseront d'autres êtres vivants à part quelques lapins. Mais en soi, rien ne prouve que ce soit un lieu où ils ne risquent rien. Et encore, il faudra convaincre Jorge et Vince.
« Bof, ça peut être agressif un lapin. », tente Newt, l'humour provoquant le ricanement des deux autres. « On peut le proposer au prochain conseil. Et on verra bien. » Il n'est pas certain qu'il va batailler ferme pour imposer l'idée, mais il sait que la forêt peut regorger de bien des trésors utiles. Alors pourquoi pas ?
Fin du chapitre
Pour les réclamations, vous connaissez le mode d'emploi. À bientôt, probablement d'abord sur mon autre Newtmas.
Cela dit je pense que le prochain chapitre sera plus mimi et plus intime pour nos deux tourtereaux.
