Correctrice : Clina

Avertissement : Même si je n'entre pas dans les détails, ce n'est pas très joyeux et c'est peut-être un sujet sensible abordé à demi-mot. Je préfère prévenir.

Note : Je vis toujours. Et je n'ai toujours aucune organisation… Ah et non je n'ai pas vu le dernier film de la trilogie (mais bon Tumblr m'a spoilé donc…). Au départ, c'était Newt qui dans ma tête aurait raconté cela à Thomas. Mais finalement hier soir, j'ai visualisé la scène avec Ashley… Puis ça permet aussi de développer leur relation. Et donc j'ai mis par écrit l'idée. J'ai un avis assez mitigé sur la qualité d'écriture…

Merci à tous ceux qui laissent des reviews, mettent en favoris ou en follow… Ça fait toujours super plaisir. Et sur ce, bonne lecture.


Il n'a jamais vraiment su comment l'aborder sans prendre de risque. Il faut reconnaître que leur première rencontre fût désastreuse. Et Ashley ne lui a pas pardonné aisément d'avoir mis Newt dans un tel état de tristesse. La rancune est quelque chose qu'elle semble pratiquer au quotidien, et qui n'épargne personne. Ashley est une belle jeune femme, à la peau de porcelaine peu maquillée, aux traits fins et à la blondeur éclatante. Thomas la trouve belle et sexy. Mais au fond, il se dit qu'il n'est pas objectif, parce que quelque part Ashley est la version féminine de Newt. Et comme il est raide dingue de son amant, qu'il le trouve parfait… sa version féminine ne peut être que parfaite. Cependant, s'ils se ressemblent énormément physiquement, ils sont loin d'avoir le même caractère. Et c'est presque effrayant à quel point l'un est un ange et l'autre un démon. Si Newt est calme, souriant, apaisant et généralement gentil avec tout la monde, sauf si on le pousse à bout, Ashley a, elle, des crocs acérés et des griffes pointues qui n'épargnent personne. Pas même Thomas, puisqu'il a fait les frais des remarques acides et ironiques de la jeune femme plus d'une fois. Le pire étant sa voix doucereuse quand elle attaque les autres, et son sourire presque innocent et doux… Ashley est une manipulatrice sadique. Et au vu de comment elle parle à ses parents par moments, il est clair que personne ne la maîtrise un minimum.

Sauf Newt. Parce que si Ashley a cette langue de vipère tellement bien pendue et aiguisée, qui fait redouter le moment où son regard pétillant se pose sur vous et où ses lèvres se retroussent en un sourire trop innocent pour être vrai; il suffit d'une simple « Ashley » murmuré par Newt, et la Gorgone prête à vous statufier pour l'éternité se métamorphose en adorable jeune femme au sourire tendre et au comportement tout doux et gentil. Et franchement Thomas ne sait pas ce qu'il y a de pire entre les deux. Mais il est plus qu'évident que Newt est précieux et spécial pour Ashley. Et le jeune homme n'a jamais posé de question sur leur relation, ni ce besoin viscéral d'Ashley de rendre Newt fier d'elle et le respect sans borne qu'elle lui porte. Il est d'ailleurs bien le seul qu'elle ne pique pas avec ses répliques sarcastiques. Non, avec lui, elle se montre toujours aimable et douce.

« Soit tu me dis ce que tu as en tête, soit tu arrêtes de me dévisager. », commente la blonde en arrêtant d'éplucher les légumes pour dévisager à son tour Thomas. « Quoi ? Je suis décoiffée ? Mon nez n'est plus au milieu du visage ? » Et elle fronce des sourcils, comme Newt quand il est contrarié. Thomas l'observe un moment. Newt est sous la douche. Ils sont seuls dans la cuisine à préparer le repas.

« Ton nez est toujours à sa place. » finit-il par répondre en s'intéressant de nouveau aux pommes de terre qu'il épluche. Elle a débarqué pile au moment où Newt a filé sous la douche pendant que Thomas cuisinait le souper. Et comme à chaque fois, elle s'est invitée. Cela dit au moins elle aide à préparer le dîner. De toute manière, Thomas sait que la mettre à la porte est exclu. Newt apprécie trop sa peste de sœur.

« Donc… » commence la jeune femme sans le quitter des yeux. « Quelque chose chez moi te dérange ? Tu sais si tu as une question ou une remarque, tu peux le dire. » C'est une invitation bien étrange de sa part, car au fond elle ne parle jamais de son passé commun avec Newt. Thomas relève la tête pour l'observer quelques instants.

« J'ai toujours trouvé très étonnant la manière dont tu te comportes avec Newt. », réplique-t-il. Après tout, si elle est disposée à parler calmement et en adulte… Peut-être qu'il pourra comprendre un peu mieux leur lien fraternel. Thomas n'a rien pour comparer puisque lui est fils unique. Mais il trouve cela fascinant cette complémentarité et ce pouvoir qu'ils ont l'un sur l'autre.

« C'est-à-dire ? » Ashley fronce un peu plus les sourcils. Cependant Thomas remarque qu'elle ne le regarde pas, se contentant de continuer à éplucher les légumes. « Tu peux développer ? »

« Tu es une peste à la langue acérée, qui dit ce qu'elle pense sans se soucier des conséquences et sans aucun respect pour personne… pas même tes parents. J'ai entendu comment tu leur parlais au téléphone plus d'une fois. Pourtant, avec Newt tu es différente, gentille, douce et respectueuse. » Thomas développe son impression. Et il se contrefiche que le retour de la jeune femme puisse être violent ou agressif. Il désire juste comprendre. Parce qu'au final, ils seront bientôt de la même famille.

« Mes parents... », répète-t-elle avec un sourire blasé. « Je ne leur dois rien. Et je les hais. » Elle a lâché sa phrase sur un ton si glacial que Thomas arrête de s'occuper des pommes de terre pour la regarder avec curiosité. Pour ce qu'il en sait, Ashley est la petite princesse de la famille Newton. Elle est le centre de l'affection de ses parents et leur fierté. Et il remarque que les mains de la jeune femme tremblent. Elle finit par poser le couteau et par inspirer profondément. « J'étais là tu sais, le jour où Newt leur a avoué être gay. C'était un vendredi soir, il venait passer le week-end à la maison. J'étais toujours contente qu'il rentre… Il me manquait durant la semaine, alors j'étais pot de colle avec lui le week-end. En réalité, j'ai eu énormément de mal à accepter son entrée à l'université et la distance que ça mettait entre la gamine de 12 ans que j'étais et lui devenu un jeune adulte de 18 ans. »

Elle se tait un moment. Et Thomas découvre une facette qu'il ne connaît pas d'elle, même après un an. Il y a quelque chose de fragile et de brisé dans le regard d'Ashley quand elle se tourne vers lui pour le regarder. Elle a les yeux humides, remplis de larmes qui ne coulent pas sur ses joues. Elle semble juste tellement triste en cet instant, que Thomas la prendrait bien dans ses bras pour la consoler. Elle n'est pas aussi solide et inébranlable qu'elle le laisse paraître au fond. Et pour la première fois, Thomas se dit que son assurance habituelle et ses propos acérés ne servent qu'à dissimuler la petite fille paumée qu'elle est toujours au fond d'elle-même. Celle qui aimerait que son grand frère la protège du monde entier et la câline encore.

« Mes parents ont toujours beaucoup travaillé. Et il y a six ans d'écart entre Newt et moi. J'avais beaucoup d'activités petite. La danse, la gym, le solfège… » continue-t-elle comme si ces détails pouvaient expliquer bien des choses. « Faute de temps, c'est Newt qui s'est très vite occupé de me conduire, de venir me chercher. Et j'adorais ça. J'avais mon grand-frère juste pour moi… Il venait me chercher, on rentrait à deux à la maison et on faisait nos devoirs et leçons. Il avait le temps de m'aider tout en faisant son propre travail scolaire. Mais ce que je préférais, c'était quand je pouvais m'installer sur son lit et l'écouter jouer de la guitare… Tu l'as déjà entendu jouer de la guitare, Thomas ? »

« Euh… non. Je n'ai jamais vu ses dessins non plus. » confesse-t-il lentement, sans la lâcher des yeux. Elle a ce sourire mélancolique et tendre qu'il ne lui connaît pas. Mais il n'ose pas l'interrompre. Il l'écoute dans un silence religieux, totalement focalisé sur elle et son histoire.

« Tu devrais lui demander. C'est magique. », déclare-t-elle avec un léger rire. « Newt s'occupait de moi, m'encourageait dans mes compétitions, me félicitait même quand je finissais quatrième à un concours. J'étais tout le temps dans ses pattes, le pauvre… Et puis il est parti à l'université. Il ne revenait qu'un week-end sur deux. Mon monde était un peu vide. Mais il me consacrait beaucoup de temps quand il était à la maison… Et il y a eu ce fameux dîner de famille. Je comprends pourquoi il a attendu d'être majeur pour leur avouer. Avec le recul, je me dis qu'il craignait cette réaction. Pour mes parents, j'étais une fillette. Mais à 12 ans, je pouvais comprendre. Je pouvais très bien comprendre. Tu n'as pas idée combien j'ai pu les détester après cette soirée-là. J'étais assise à ma place et je ne pouvais rien faire. Je pouvais juste écouter mon père lancer des horreurs à mon frère, des mots d'une violence rare. Et je voyais ma mère assise, droite et silencieuse. Puis Newt l'a regardée, il l'a appelée. Il espérait qu'elle dise quelque chose. Et ses seuls propos furent tu n'es plus mon fils. »

Ashley se tait. Une larme orpheline roule sur sa joue rosée alors qu'elle ferme les yeux. La respiration en vrac, elle tente de canaliser sa peine, toujours présente en elle. Thomas connaît l'histoire. Newt a fini par lui raconter, lui expliquer les cicatrices sur ses bras, la peur de Minho et Alby quand il sombre un peu trop, quand son regard se voile. Cela arrive moins souvent maintenant. Peut-être à cause de Thomas qui s'est imposé comme gardien de son ange blond, prêt à le défendre envers et contre tout. Alors Thomas comprend. Il sait que les parents de Newt l'ont mis à la porte avec l'interdiction de revenir. Il comprend la tristesse et la douleur d'Ashley. Parce qu'enfant, Newt était tout pour elle et qu'elle n'a peut-être pas pris les choses de la même manière.

« Finalement, ils lui ont dit de partir et de ne jamais revenir, de ne plus prendre contact avec eux… Et ils lui ont interdit de m'approcher. Stupidement comme s'ils pouvaient détruire notre lien… » poursuit-elle lentement, la voix brisée. « Newt est parti. Mes parents m'ont interdit de communiquer avec lui, parce qu'il était un pervers pouvant avoir une mauvaise influence sur moi… Je ne pouvais pas aller contre leur avis. Et cette nuit-là, quand le téléphone a sonné… Quand l'hôpital les a appelés… Mon père a écouté le message avec une neutralité exemplaire. Et je ne sais plus lequel des deux a dit que pour eux leur fils était mort… Ça m'a fait atrocement mal. Mais je ne pouvais rien faire. Pas avant d'avoir 18 ans. » continue-t-elle en serrant les dents. « Et crois-moi, ce ne fut pas si facile de le convaincre de me voir. Parce qu'il veut toujours me protéger. Parce que pour lui, je suis toujours une petite fille. Mais je suis plus têtue que lui. Alors je l'ai retrouvé sur les réseaux sociaux, je lui ai envoyé des messages jusqu'à ce qu'il cède… »

Et Thomas comprend. Il comprend très bien le besoin d'Ashley d'être parfaite face à son frère, ce besoin maladif de s'imposer dans leur vie comme cela sans demander… Elle a cru l'avoir perdu. Et d'une certaine manière, elle n'a jamais pu accepter, ni pardonner à ses parents ce qu'ils ont fait. Et elle s'est battue pour regagner une place dans la vie de Newt, qu'elle veut conserver. Seulement en six ans, Newt s'est trouvé une autre famille. Et peut-être que quelque part, Ashley a peur d'être remplacée, de le perdre définitivement. Il peut comprendre ce sentiment. Un léger soupir chargé de tristesse échappe à la jeune femme. Thomas l'observe avec un sourire tendre.

« Tu sais… Je suis fils unique. Alors je n'y connais rien en fratrie et tout ça... », il commente doucement, ne sachant pas trop quoi dire. « Mais quand je vous regarde à deux, votre complicité, votre tendresse et tout le reste… Je regrette de ne pas avoir un frère, ou mieux une sœur. »

Bien sûr Thomas est très proche d'Aris, Teresa et Rachel. Mais ils n'ont pas ce lien du sang qui unit Newt et Ashley. Ils se connaissent depuis longtemps, très longtemps par contre. Alors oui, Thomas peut comprendre ce qu'Ashley a vécu comme séparation douloureuse. Savoir son aîné à l'hôpital, entre la vie et la mort, sans pouvoir aller le visiter. Ne pas pouvoir lui parler, ni le rencontrer pendant six ans… Il ne saurait pas se passer de ses proches aussi longtemps sans virer totalement dingue. Thomas se sait capable du pire pour être avec ceux qu'il aime, ceux qu'il considère être sa famille. Et quelque part la colère d'Ashley, il la trouve légitime. Peut-être qu'un jour, elle sera plus posée et qu'elle pardonnera à ses parents… Ou bien elle restera avec ce sentiment de rancune au goût amer en bouche jusqu'à la fin.

« Tu sais… Si tu épouses Newt, tu seras légalement mon frère. Tu l'es déjà, Tom. » La déclaration le prend de court pour être honnête. Peut-être parce qu'elle l'a dit naturellement, avec le sourire tendre qu'elle réserve généralement à Newt, et qu'il peut la sentir sincère. Ou bien est-ce le fait qu'elle s'est approchée et qu'elle l'enlace doucement en posant son front sur son épaule ? Par réflexe, Thomas lui rend son étreinte avec un léger sourire.

« Et moi, je constate qu'on n'est pas près de manger… Si j'avais su que vous vous câliniez dans la cuisine en cachette, j'aurais pris mon temps pour me doucher… Ou alors j'aurais opté pour un bain. », déclare Newt d'une voix taquine.

Pour autant, Thomas ne repousse pas Ashley directement. Il n'y a rien d'ambiguë entre eux. Et pour être sincère, il sent qu'elle a besoin de réconfort. Mais surtout un simple regard à son fiancé lui permet de savoir que Newt est là depuis un moment. Et qu'il a donc entendu leur conversation. La jeune femme finit par le libérer de son étreinte et par essuyer ses joues devenues humides. De toute évidence, cette histoire la touche toujours énormément. Après un léger sourire, elle se détourne de Thomas pour traverser la cuisine. Une fois près de Newt, elle se jette dans ses bras. Et pour une fois, il trouve cela juste adorable la manière dont elle s'accroche à son frère, comme si elle redoutait de le perdre. Et à cet instant précis, Thomas réalise qu'au fond c'est cela qui motive Ashley. C'est pour cela qu'elle s'impose, qu'elle cherche à ne jamais froisser ou agacer Newt… Parce qu'elle a, au fond d'elle, cette peur viscérale de le perdre à nouveau. Et c'est sûrement cela qui la rend par moments si acide avec les autres amis de Newt, parce que eux ont une place permanente dans sa vie, ils sont sa famille. Newt le dit lui-même.

Et Thomas réalise que sa possessivité avec Newt, que sa manière de parfois traiter Ashley comme une étrangère, n'aident en rien la jeune femme. Ni lui, ni Newt, ni personne au final. Parce que Ashley est avant tout quelqu'un de blessé par la vie elle aussi, et qu'elle vit avec une peur latente qu'elle ne peut combattre. Finalement, en les observant enlacés comme cela, Thomas se dit qu'il sera plus gentil avec elle, plus accueillant et moins sur la défensive. Certes, il a toujours considéré la famille de Newt comme responsable de son mal être. Et c'est vrai. Mais cristalliser cette colère sur Ashley est inutile et injuste. Parce qu'elle a souffert et qu'elle n'était qu'une gamine incapable de s'opposer à ses parents avant ses 18 ans. Parce qu'elle n'est pas son ennemie, mais plutôt une alliée pour rendre le sourire à Newt. Parce qu'elle l'a dit elle-même maintenant, ils sont de la même famille. Et la famille, c'est sacré chez les Edison.

« Tiens, j'ai quand même droit à un câlin ?! Je croyais avoir été remplacé par Tommy définitivement... » Newt se montre taquin, bien qu'il garde sa sœur contre lui plus longtemps qu'habituellement. Et le rire d'Ashley est discret et un peu cassé sur les bords.

« Comme si quelqu'un pouvait te remplacer… » murmure-t-elle doucement. « Et félicitations, à vous deux pour le mariage. » ajoute-t-elle en se détachant et en embrassant Newt sur la joue. « Est-ce que j'ai le droit d'aider pour la décoration, les invitations et le reste ? »

« Volontiers. Ce sera toujours moins risqué que de laisser Minho s'en mêler. », déclare Thomas avec un sourire amusé.

Il adore Minho mais sa confiance en lui pour aider à organiser un mariage digne de ce nom est quand même limitée. Et Newt se contente de soupirer. Il les entend déjà les chamailleries entre tous au sujet de l'organisation de la célébration et de la fête. Et quelque part, il est prêt à parier que Thomas et Ashley vont s'allier habilement maintenant. Mais au fond peu importe. Le blond est surtout content que sa sœur et son fiancé ne soient plus en mode ennemi. Parce que voir deux personnes si chères à son cœur ne pas se supporter était quand même compliqué pour lui. Il espère juste que tout ira mieux maintenant. Et cela ne peut qu'être mieux qu'avant puisqu'il va épouser Thomas, son âme-sœur.


Fin du chapitre.

Voilà, voilà…. Vous avez survécu ?