Bonjour ! Je saurais pas dire comment cette idée a commencé, mais faut croire qu'elle m'a inspiré ! Même si j'ai vu littéralement trois persos sur la douzaine présente.
Un peu de Sabo/Koza accidentel, parce qu'apparemment c'est un ship auquel je tiens, maintenant.
Sur ce, je vous laisse avec Thatch et son tas d'acolytes !
Izou regardait son reflet, mécontente. La nouvelle cicatrice n'était pas hideuse, mais elle brisait l'équilibre qu'elle avait tant travaillé. Devait-elle la couvrir ? Ou la laisser ? Elle n'espérait pas la dissimuler- et puis, il fallait bien des femmes marquées pour montrer l'exemple- mais elle ne savait comment adapter son maquillage. Jusqu'ici elle avait fait comme si elle n'existait pas, mais maintenant qu'elle s'était remis et retournait dans le monde, il fallait y remédier. Elle se tourna vers l'homme allongé dans le lit.
- Comment fais-tu, avec ta cicatrice ?
Thatch eut soudain l'air tendu. Il adorait parler de comment il l'avait obtenue, et n'avait jamais été timide, ni avec son visage ni avec son corps, alors elle n'avait jamais cru que c'était un sujet sensible. Se serait-elle trompée ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- C'est vrai, pourquoi je te demande à toi… soupira-t-elle. Comment tu fais pour la mettre en valeur ? reprit-elle à voir haute. Tu l'arranges, d'une quelconque façon ?
- Tout du naturel ! s'esclaffa le blond. Pourquoi tu demandes ? Tu es magnifique comme ça, ne te préoccupe pas de ça !
- C'est un changement, il faut forcément s'adapter, expliqua-t-elle. Au moins ce n'est pas sensible au soleil, mais…
Pendant qu'elle réfléchissait à voix haute, elle vit du coin de l'œil l'homme se détendre. Peut-être avait-il juste été surpris par la discussion physique ? Pourtant d'habitude il ne se plaignait jamais quand elle demandait conseils sur une tenue…
Elle décida de ne pas creuser- ils avaient tous leurs petits secrets, et celui-ci semblait en effet bien petit. Si elle pouvait éviter un malaise à son amant, elle se restreindrait avec joie.
Il regarda autour de lui d'un air méfiant. Se glisser jusqu'à la cale avait été un jeu d'enfant, mais il se sentait toujours observé quand il venait ici. Et l'île étant sans doute reliée par portail à d'autres navires que le leur, c'était bien possible- il était reconnaissant qu'au moins aucun membre de l'équipage n'en ait connaissance.
Il se glissa vers la boutique recherchée en rasant les murs. C'était plus fort que lui, même après des années à venir une fois par mois, il n'arrivait pas à se détendre. Cependant cette fois, ce sentiment ne disparut pas en entrant, au contraire. Loin de la présence rassurante de l'esthéticien, un vide violent l'accueillit. Les fioles et pinceaux étaient éparpillés sur la table, comme abandonnées en milieu de projet. Une veste était encore sur un dossier de chaise, chaise éloignée de la table, bref- rien n'était tragiquement désordonné, mais rien non plus n'était rangé.
La porte s'ouvrit en trombes, dévoilant un homme gigantesque qui- bon, on vous épargne la description, Thatch reconnut immédiatement Eustass Kidd, il ne vivait pas dans une grotte non plus. Il comprit soudain pourquoi le propriétaire avait mis une porte battante sans poignée- le roux l'avait clairement ouverte d'un coup de pied. Comme un pied. Ha.
- L'est où Gérard ?
- Je le cherche justement.
- J'avais rendez-vous, putain !
Il se sentit soudain bête- évidemment, il y avait moins de chances de rencontrer une connaissance sur rendez-vous, pourquoi il n'y avait jamais pensé ? C'était un miracle qu'il ait eu autant de chance jusqu'ici…
- Il n'a même pas rangé, il reviendra sans doute bientôt.
- L'a intérêt, grommela Kidd avant de se tourner vers lui comme s'il le voyait pour la première fois. Et tu fais quoi là en fait ?
- Des… retouches ?
- Hein ? Retouches sur quoi ?
Ouch. Il savait que son visage n'était pas des plus travaillés, mais quand même ! Il mettait au moins du fond de teint, généreusement instruit par Izou, ça ne pouvait pas être si désastreux que ça…
- Et toi alors ?
Parce que oui, c'était un fait peu connu, mais Thatch était suicidaire. Heureusement que Kidd était perpétuellement en colère, donc la question ne déclencha rien de nouveau. On s'habitue à la menace, à force, et Thatch avait une capacité d'adaptation très développée.
- A ton avis ? ironisa-t-il, de sa bouche solidement maquillée, et ok, peut-être que la question n'avait pas lieu d'être. Mais…
- C'est spécialisé sur les accessoires ici, pas le maquillage. Quoi, t'as une fausse cicatrice ? Ou c'est une perruque ?
- Je vais t'en donner moi des perruques !
Le poing métallique se projeta vers lui qu'il eut à peine le temps d'éviter. La porte s'ouvrit de nouveau, bloquée contre le bras tendu, et un jeune homme se glissa dans l'ouverture.
- Bonjour ?
- Oh, t'es le gamin qui vient. Tu vas devoir attendre, l'est pas là.
Thatch l'avait croisé aussi, une ou deux fois- un petit blond, l'air pas prétentieux pour deux sous, ça l'avait marqué parce qu'il n'était pas le genre qui fréquentait ce genre d'endroit d'habitude. Ils avaient discuté un jour, en attendant que le propriétaire ait fini avec un autre client, et il avait avoué se faire une fausse cicatrice pour émouvoir une amie d'enfance- juste amie, lui avait-il assuré, même si le brun avait du mal à comprendre pourquoi il faisait autant d'efforts si tel était le cas- et refuser d'arrêter par honte et habitude. Pas si différent de lui, en réalité, sauf que lui n'avait aucune honte et toute sa motivation de base.
- Ça fait longtemps qu'il est parti ?
Kidd se tourna vers lui, et le blond l'imita. Il haussa les épaules.
- Je suis arrivé à peine avant Kidd, je sais pas…
Ils attendirent en silence quelques minutes, l'ambiance un peu calmée par la présence du plus jeune, mais ils n'étaient pas des gens patients.
- Bon, décréta le petit inconnu. Il revient pas…
- Mais c'est urgent !
- Moi aussi, gronda le roux en jurant. J'suis occupé demain je peux pas grader ca plus longtemps !
- C'est pas si horrible, tempéra le brun.
- C'est censé.
- Arrêtez, on n'a pas le temps pour les disputes. On a tous besoin des services de Gérard. Pourquoi pas le chercher ensemble ? Ça sert à rien de rester ici.
- Et si il rentre pendant qu'on est partis ?
- On laisse une note et un numéro de téléphone ?
- Parce que t'as un portable toi ?
Juste à point, comme attendant son opportunité, entra une femme grande, belle, et au visage strié d'une large cicatrice.
- Bonjour ! Je…
- Parfait, tiens. Tu vas attendre là et tu viens nous chercher si Gérard revient, décréta Kidd sans se soucier du fait qu'elle ne serait pas plus utile qu'un téléphone. Dis-lui de se préparer en nous attendant, nous on va le chercher.
- Pardon ?
Thatch soupira et sortit avec un regard compatissant mais sans explication. Il avait encore besoin d'énergie… Koza murmura rapidement quelque chose avant de sortir, et la porte se referma derrière eux.
- Tu la connais ?
- Pas vraiment, juste vu son avis de recherche. Pas très ressemblant, mais entre le manteau et la cicatrice…
Il hocha la tête. C'est vrai, la marque serait assez reconnaissable même sur un dessin d'enfant.
- Bon, on commence par où ?
- La forêt ?
- Les bordels ?
- Je commence à me dire qu'on n'est pas très bien préparés… Il aime quoi, Gérard ? soupira Thatch. Il parle tout le temps, on trouvera bien des idées ! Il a pas dit que son père vend des fruits ?
- Parce que tu crois que j'écoutais ?
Le blond approuva néanmoins et ils se mirent en route vers le marché. Ses pensées dérivaient vers Izou, seule dans sa chambre, et sa cuisine, seule dans son bateau… Il s'inquiétait plus pour l'un que pour l'autre, mais il aurait aimé être avec les deux. Quand ils arrivèrent à la grande place, ce fut un choc. Il n'avait jamais vu que la côte, Gérard ayant élu domicile dans une petite maison en bord de ville, mais c'était apparemment une île plus grande qu'il ne l'avait initialement pensé. Les rues partaient dans tous les sens, comme des veines donc le cœur serait le marché, et les gens étaient certes plus nombreux que des gouttes de sang. Comment trouver qui que ce soit, ici ? A coté de lui, Koza- dont il avait finalement demandé le nom- semblait prêt à faire demi-tour.
- Pas fan des foules ?
- Disons que je ne voudrais pas croiser quelqu'un qui me connait ?
- Je peux comprendre…
Ça ne l'aurait pas vraiment dérangé, son visage n'était pas plus qu'un accessoire plus discret, mais il pouvait imaginer que se faire surprendre après des années de comédie serait gênant. Ou choper par la marine… Là ce serait pire.
- Je vous dis que je ne sais pas !
- Ça suffit.
Il se tourna vers la voix, bien connue. Laissant ses alliés au bord de la foule il entra, se frayant un chemin vers l'homme caché par un groupe de vieilles femmes. Il n'en voyait que le crâne, qui ne l'aidait pas avec son identité, mais il était sûr de l'avoir déjà entendu-
- Oh, Beckman !
Le pirate se retourna brusquement, une main sur sa ceinture armée. Le brun fit un pas en arrière- rentrant dans un acheteur mécontent mais habitué- en levant les mains en signe de paix, et l'autre se détendit.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il pour rassurer Ben.
- On cherche quelqu'un.
- JE VOUS JURE QUE JE NE SAIS RIEN !
Son regard partit derrière le second d'empereur, où un pauvre poissonnier faisait face à une montagne mécontente. Bizarre, Thatch s'y connaissait bien en criminels, mais il ne se souvenait pas avoir déjà vu celui-ci…
- Ça suffit, souffla Beckman en tirant son compagnon loin de l'étal. Thatch, Crocodile, présenta-t-il. Tu nous excuseras, on est pressés…
- J'ai cru comprendre, mais attends ! Vous cherchez quelqu'un, c'est ça ? Nous aussi, on pourrait peut-être s'aider ! Qui est votre homme ?
Le plus grand hésita, l'autre se retenant visiblement de faire quelque chose de répréhensible.
- Ils sont deux, en réalité, lâcha-t-il. Un coiffeur et un maquilleur.
- Gérard et Rocci, compléta l'homme à la cape.
Il haussa un sourcil de surprise mais n'en demanda pas plus. Les détails étaient faciles à deviner. Deux hommes, aux cheveux noirs de jais, une cicatrice presque identique décorant leur visage… Facile de deviner comment ils s'étaient rencontrés, et facile de deviner pourquoi ils cherchaient Gérard et ce Rocci inconnu. (Thatch s'occupait de ses cheveux lui-même, comment osez-vous supposer autrement !)
Il se tourna brièvement- Kidd et Koza étaient encore à l'orée de la place, discutant avec quelqu'un. Du moins il supposait que l'épaule à côté du grand roux appartenait à Koza, il ne le voyait pas bien derrière leur interlocuteur.
- On cherche Gérard, nous. On vous dit si on le trouve, si vous aussi.
- Vendu.
- Et concernant Rocci ? coupa Crocodile.
Quelques minutes de négociation plus tard- Crocodile avait beau avoir l'air bourrin comme Kidd, il était en réalité bien plus contrôlé et perfide…- ils partirent dans des sens opposés et il rejoignit ses amis.
- Te voilà enfin, toi, grommela Kidd. T'as trouvé quelque chose au moins ?
- Pas vraiment, mais des gens ont accepté de nous aider !
- Et ils comptent nous prévenir comment ? soupira Koza, qui avait l'air de faire une fixette sur ce sujet, pourquoi franchement ?
- Oh, ils ont un pigeon voyageur ! Le pote de Beckman a pensé à tout ! Du coup ils s'occupent du marché, on peut aller chercher ailleurs.
- Super.
Koza n'était pas très à l'aise, entre un pirate et un fou. Il n'avait pas le choix s'il ne voulait pas se taper la honte devant tout le village, mais il aurait quand même préféré ne pas avoir à faire ça. Au moins, ledit Thatch avait l'air sympathique, presque normal, mais il y avait une différence entre une attente commune et une vraie mission… Et Kidd qui cassait des trucs à droite à gauche, ils ne seraient pas bienvenus dans la ville même en trouvant Gérard si ça continuait comme ça !
Après s'être concertés, ils avaient décidé de fouiller les alentours de la ville. Un passant avait vu Gérard dans la matinée, alors il n'avait pas pu aller bien loin, sauf en fuyant, et ils ne voulaient pas supposer le pire. Personne ne savait exactement où, mais Gérard allait souvent en forêt ramasser des plantes qui l'aidaient à la préparation de maquillage si résistant et réaliste qu'il en était presque magique, digne d'être visité fidèlement malgré la distance et les mers.
Il slalomait donc entre les arbres, évitant les buissons mal placés et les troncs balancés par Kidd- il ne faisait rien aux arbres, étonnamment, mais les plantes mortes s'en prenaient plein la gueule. Il avait peut-être un avenir dans le nettoyage de forêt. Ils avançaient donc, sans but ni idée, quand il le vit.
Une tête blonde, rayonnante, solaire, agenouillée face à un renard. L'animal prit la fuite en les voyant et l'individu se retourna, mais il n'avait pas besoin de ça pour le reconnaitre. Il savait déjà, aux épaules et aux cheveux, ainsi qu'à la posture attentive mais confiante.
- Ko-Koza ?
- Sabo…
Les deux blonds rougirent, mortifiés- Koza avait l'air de vouloir disparaitre de la surface de la terre, et le petit blond- Thatch se rendit compte que décrire Koza comme blond n'était plus tout à fait exact- avait l'air… Plus vulnérable, mais pas mieux. Ils se regardaient sans rien dire- pas faute d'essayer, mais leurs bouches ne coopéraient pas. Bien leur chance, tomber sur son copain… Semblant pris d'une épiphanie, celui à côté de lui souffla, soudain libéré d'un poids.
- Sabo ! Quel hasard ! Qu'est-ce qui t'amène ?
- Oh euh… La cueillette aux champignons. Oui, c'est ça. Il parait qu'il y a des coins sympa, alors…
- Ah oui, j'en ai entendu parler ! acquiesça Koza maintenant entièrement relaxé. Gérard m'en a parlé, il- merde.
- Tu connais Gérard ? demanda Sabo d'une voix étranglée. Tu lui as… beaucoup parlé ?
Thatch soupira. Il y avait une chance sur deux pour que tout ceci finisse mal, et trois sur quatre pour qu'il doive repartir sans les retouches tant attendues… Ce fut ce moment que choisir Kidd pour perdre définitivement patience.
- Bon on n'a pas que ça à faire non plus ! Toi t'as une fausse cicatrice, lui aussi, on connait tous Gérard, y'a pas un champignon dans cette forêt, alors soit tu viens avec nous soit tu dégages mais on va pas rester plantés là à regarder votre télédrama !
- Ce n'est pas- Sabo, ignore-le, il est juste…
- Non, il a raison, soupira Sabo. Puisque je sais pour toi- désolé Koza, tu ne sais vraiment pas mentir- ce serait injuste, alors… Enfin, il a raison.
- Merci de me faire confiance, souffla Koza, touché. Je suis désolé de t'avoir menti.
- C'était sans doute pour une raison, je…
- J'ai dit pas que ça à faire ! On se bouge !
Il n'aurait jamais cru dire ça, mais il était reconnaissant au roux de les avoir interrompus. Autant il pouvait s'amuser avec les déboires amoureux de ses amis, autant il se sentait comme un sale voyeur avec ces gamins, inconnus et encore si candides. Un nouveau membre ayant rejoint leur escouade, ils reprirent donc leur chemin.
- Mais pourquoi ? chuchota Koza à Sabo.
- C'est Garp qui m'en a donné l'idée, en fait, répondit ce dernier de la même façon. Il s'est amusé étant jeune et maintenant il est coincé avec, donc c'était plus une menace qu'une inspiration, mais quand j'ai rejoint tu-sais-qui j'y ai repensé, et… Enfin, il n'y a pas de raison exacte, mais je me suis dit que tout camouflage est le bienvenu.
- Je vois. C'est définitivement une meilleure raison que la mienne !
Il n'avait rejoint l'armée révolutionnaire que depuis peu, et l'enthousiasme et la compétence de Sabo n'avaient cesse de l'émerveiller. Il se demandait souvent ce qu'il avait fait pour mériter l'attention du héros, mais il n'allait pas se plaindre. Même Vivi, qui avait assisté à une réunion en secret, l'avait approuvé, alors il espérait que sa chance durerait, malgré ses erreurs et son inexpérience…
- Je trouve la tienne très bien, sourit le blond. C'est mignon ! C'est ce que j'aime chez toi, tu arrives à garder une vie normale en travaillant pour le bien. J'ai passé tellement de temps avec eux que c'est vraiment magique, d'être avec toi…
Il sentit son visage s'enflammer.
- Merci. Normal ou pas, je t'aime aussi. De toute façon avec Vivi, j'ai l'habitude des gens spéciaux !
Peut-être pas la meilleure façon de formuler ça, mais Sabo avait l'habitude de ses piètres choix de mots et ne lui en tint pas rigueur.
- Au fait, Garp comme ton grand-père comme le roi de la marine ? Ce Garp là ?
- Il euh… Rayleigh fait pareil, Garp s'est laissé emporter… Surtout le dis à personne, il en a un peu honte.
- Rayleigh doit pas avoir honte, lui.
- Rayleigh, honte ?
Il éclata de rire.
Devant lui, Kidd avait du mal. Genre, vraiment du mal. Il était à bout de nerfs et honnêtement, Thatch comprenait. Ils avaient fouillé la forêt, la ville et la plage, et aucun Gérard nulle part. Ni Rocci, d'ailleurs.
Soudain un pélican noir se posa devant eux, barrant la route. Il posa la main sur le bras du roux avant que l'animal n'ait perdu la vie et s'approcha. Il croissait d'un air menaçant mais Kidd l'attrapa vite, mettant fin à ses protestations, pendant que Thatch prenait du bout des doigts le rouleau de papier à son pied.
- L'est sympa ton pote mais il peut pas envoyer des oiseaux coopératifs ?
- Tu lui diras.
Ou pas, il risquait des morts si les deux se croisaient en mauvais termes.
Thatch, on a trouvé une trace, rejoignez-nous derrière l'église.
- Et il est où, Crocodile ? demanda Thatch en se posant contre le mur.
- Il s'occupe de la marine locale. Et tes… amis ?
- Ils arrivent, ils prennent juste un déjeuner.
Ben Beckman hocha la tête et alluma une cigarette en attendant. Kidd, Sabo et Kidd les rejoignirent bientôt, ce dernier chargé de victuailles. Il fit rapidement les présentations- personne d'autre ne le ferait- et laissa Ben expliquer la situation.
- C'est… un peu la merde, non ? hésita Thatch.
- Carrément, approuva Kidd, mais on peut s'en sortir.
Les deux blonds se regardèrent, communiquant par un procédé dont il était exclu.
- Comme tu veux, dit doucement Sabo. Quant à moi je n'ai pas le choix, mais rien ne te force à me suivre…
- Si tu y vas, j'y vais, décida Koza. Ce n'est pas parce que je n'ai plus besoin de lui que je peux le laisser en danger, et toi encore moins.
- Hein ?
- Ah, oui, j'ai décidé d'essayer de vivre sans la cicatrice, les informa Koza. Si tout va bien on ne se croisera plus du coup. Mais comme j'ai plus besoin de garder le secret avec Sabo et vous, je peux essayer au village aussi…
- Félicitations, trancha Kidd. On y va maintenant ?
Avec Ben qui lui faisait craindre que leur équipe ne s'agrandisse encore, accentuant les risques de conflits, ils se mirent en route.
Katakuri, Smoker, Cindry et Lion- nos protagonistes du moment ne les connaissaient pas, mais on épargne aux lecteurs et à l'auteur la lenteur d'une description- étaient autour d'une table.
- Pour commencer, notons que Bellamy est encore absent et mériterait d'être exclu. De même pour Drake.
- Oh non, Bellamy est gentil, protesta Cindry. Il nous envoie des paniers, on le garde.
- Des nouvelles de Cracker ?
- Non.
- Absents de cette séance : Bellamy, Drake et Cracker, donc. Commençons.
Le duo d'hommes gentiment ligoté sur un matelas au sol, assez libres dans leurs liens pour atteindre la bouteille d'eau et le tabouret couvet de nourriture, regardait la scène avec un léger intérêt et une incompréhension profonde. Un lion, un zombie, un marine et un grand homme, ca aurait fait une bonne blague à raconter à ses clients si Gérard avait été plus rassuré sur la suite.
Ils les avaient attrapés à la sortie de leurs boutiques respectives et les avaient amenés ici, dans une salle richement décorée, sans fenêtres et avec l'humidité d'une cave. Et Gérard qui avait rendez-vous avec Kidd… Il préférait ne pas penser à la réaction du roux s'il ne se pointait pas.
Ils les avaient posés dans un coin et avaient commencé la réunion du « Club des cicatrices réelles » sans leur prêter plus d'attention, et Gérard n'aimait pas du tout la direction que prenait la discussion. Ils ne leur avaient rien fait, ne les avaient pas même menacé, mais quand la moitié de sa clientèle étaient des pirates en manque de signe distinctif, il ne se sentait pas en sécurité.
Surtout que le lion n'avait pas l'air content. Le grand homme semblait méfiant, la femme zombie froide, le marine fiable, mais hors peut-être ce dernier il ne voyait personne susceptible de les protéger…
- Gérard et Rocci, c'est cela ? commença la femme. Les… décorateurs.
- Les menteurs, oui ! gronda l'animal.
- Du calme, Inuarashi. On n'est pas là pour se battre. On veut juste discuter, ajouta-t-il à leur intention.
Le grand homme hocha la tête aux dires du marine, et Gérard sut qu'ils auraient des ennuis- Rocci ne supporterait pas de parlementer avec des inconnus.
- On souhaite en apprendre plus sur les gens qui désacralisent nos cicatrices et mentent au monde, dit le grand homme.
- Sans menace, insista le marine.
- C'est-à-dire qu'on n'a pas grand-chose à dire…
- Puis moi je suis juste coiffeur. Ce que vous savez, contrairement à nous, qui n'avons aucune idée de qui…
Il prit une tasse de thé et se cacha derrière.
Les cinq hommes se glissaient telles les plus grandes des ombres dans le couloir. En fin de file, Beckman surveillait leurs arrières, tandis que devant Sabo indiquait le chemin avec un instinct longuement appris. Le bâtiment était une fois de plus relié à l'île par un portail magique tant caractéristique de la région, et ils étaient arrivés sans savoir où ils mettaient les pieds, mais c'était finalement une maison comme une autre- un manoir, plutôt, certes, mais guère plus. Le carrelage en damier s'évasait aux murs en une bouillie de couleurs. Seul un couloir était tout blanc- rose pâle, selon Kidd- et c'était lui qu'ils suivaient, ignorant les déviations psychédéliques. Ils arrivèrent enfin devant une grande porte, visiblement modifiée à partir d'une porte tout à fait normale.
Sabo se tourna vers eux pour s'assurer de leur coopération. Thatch hocha la tête, sans doute comme les autres, et le blond se tourna vers la porte. Sans un mot de plus, il tourna la poignée.
Le battant de bois s'ouvrit lentement, mais pas discrètement, et le mouvement fini une dizaine de personnes se regardaient sans mot dire. Même Kidd ne trouvait rien à dire face au groupe qui prenait tranquillement le thé.
Ils s'étaient inquiétés pour ça ?
A côté de lui Kidd se tendit. Puis détendit.
- Pas pousser non plus !
Il se redressa de toute sa hauteur et traversa la distance qui les séparait de la table en deux grands enjambées, prit les deux insulaires sur l'épaule, et se tourna.
- ON SE TIRE !
Il ne se le fit pas répéter, et ils prirent la fuite sans attendre la réponse des kidnappeurs, courant dans le couloir blanc jusqu'au portail. Ils sautèrent dedans sans se soucier des autres- les deux blonds exclus- et à cet instant Thatch perdit tout le monde de vue.
- Et donc si on tourne un tout petit peu cette mèche, le reflet est tout de suite plus mis en valeur, ça montre que ta peau change avec les années… Ce n'est pas grand-chose, mais…
Il écoutait Gérard d'un œil distrait, obnubilé par les mains qui dansaient sur le visage de Kidd, appliquant la peinture tant recherchée. Koza et Sabo étaient déjà partis, pressés- quel sursaut de générosité avait poussé Kidd à laisser Sabo passer avant lui ne serait jamais su- et trop enthousiastes de la libération de Koza pour s'attarder, et Ben avait rejoint Crocodile chez Rocci le coiffeur, pour ne pas cumuler les attentes. Thatch se retrouvait donc seul dans la salle d'attente, méditant sur les artifices de la vie pirate.
A l'autre bout de Grand Line, la réunion du Club Des Vrais se terminait, sans qu'elle ait eu plus d'utilité que les mois précédents, mais en ayant remonté le moral de ses membres. Créée par Smoker et Inuarashi, vite rejoints par Katakuri, elle ne servait qu'à former un sentiment d'appartenance et fournir du soutien à ceux qui n'étaient pas assez cons pour faire semblant- évidemment qu'ils savaient ! Les petits débutants se faisaient peut-être avoir, mais Smoker avait vu assez de blessés pour reconnaitre du simple maquillage, bon qu'il soit.
Il restait d'ailleurs déçu et trahi que Shanks ne les ait pas rejoints. Il avait été invité, pourtant, mais d'après que la solidarité de son second lui suffisait. Décevant.
La journée se finit néanmoins relativement bien pour tout le monde, et était vouée à n'avoir d'impact sur rien- tous tenus au secret. Mais pour combien de temps ?
- Oh, Thatch, te voilà enfin ! Tu en as mis du temps.
- Désolé, j'ai eu une urgence à régler…
Il se pencha pour embrasser la femme tranquillement assises sur le lit avec un début de kimono en remerciant mentalement Barbe-Blanche d'avoir un équipage si grand que sa disparition n'attirait pas l'attention.
- Cet eyeliner te va très bien, complimenta-t-il. T'as passé une bonne journée ?
- Assez, oui. J'ai du mal à choisir le bon col, mais ça devrait venir tout seul quand j'aurai la ceinture…
- Je suis sûr que tu trouveras.
Il se débarrassa de son manteau et s'assit à côté d'elle, profitant de cette pause pour juste l'admirer avant de devoir descendre préparer le diner. Le bateau était relativement calme, et la chambre carrément paisible, et il sentait le stress de la journée s'envoler…
- Au fait, j'ai reçu une invitation d'un certain club de cicatrices… Un peu bizarre, et pas signé. Tu en fais partie ?
Le brun se tendit brusquement. Dire la vérité à Izou, ok, mais se retrouver dans des camps séparés ? Smoker aurait des comptes à rendre.
Alors ? Il y a plus de plot que prévu, mais je trouve que tout s'imbrique pas trop mal, dites-moi ce que vous en pensez ! C'est probablement pas du grand art, mais c'était drôle à écrire x)
