Je ne possède aucun des personnages de la série télé ou des livres.

La forêt était dense, épaisse, sinistre. Le cheval marchait au pas, comme s'il avait comprit qu'il se devait de ne pas secouer son cavalier, blessé et épuisé. Au détours d'une clairière la maison qui se dessina entre les arbres était étrange, comme si elle ne devait pas être là. [HALLOWEEN PARTY 2020 - Groupe Papotage, Ecriture, Lecture et Bonne Humeur]

Le défi d'Halloween consiste à piocher un mot, une créature et une situation/lieu dans une série de 30 propositions par thèmes et de les combiner pour en faire un texte d'Halloween.

Situation : 29 Quand votre hôte n'est peut-être pas aussi bienveillant qu'il/elle veut le laisser croire

Créature : 4. Vampire

Mot : 13. Chauve-souris

bon d'accord, celui là aussi je le rends en retard mais j'avais trop d'idées !


Ce texte répond aussi à 21 défis de l'Enfer de Dante (liste à la fin)

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


LES CREATURES DE LA NUIT

La forêt était dense, épaisse, sinistre. Le cheval marchait au pas, comme s'il avait comprit qu'il se devait de ne pas secouer son cavalier. Un cavalier drapé dans une lourde cape de laine à capuche d'où s'échappait quelques mèches blanches et qui vacillait dangereusement à chaque pas un peu brusque de sa monture. Le passage d'un tronc d'arbre mort le secoua trop brutalement. Il tangua et s'abattit lourdement du dos de sa monture pour s'affaler dans la neige. Le cheval s'immobilisa et se pencha, donnant des coups de naseaux à la forme inerte de son maître.

Ce dernier grogna et releva la tête en repoussant sa capuche. Les yeux d'ambre de Geralt se posèrent sur son cheval dont il caressa les naseaux.

- Ne t'en fais pas Ablette, ça va… Je vais bien…

C'était faux, totalement faux. Le Sorceleur le savait. Il avait froid, il était épuisé et perdu. Dans un geste qui lui arracha une plainte, il se redressa et se laissa tomber assis contre le tronc. Il haleta et baissa les yeux à sa poitrine. Le coup d'épée qu'il avait reçu, lors de cette stupide altercation avec ces types, était profond et douloureux. Il avait bien utilisé ses onguents, mais il avait besoin d'un endroit où se poser, d'un lieu où il pourrait réellement se soigner, sauf qu'il était en pleine forêt, peu sûr de les avoir semés, peu sûr aussi de ne pas tomber à l'improviste sur une créature et… il était perdu… Définitivement perdu. Geralt avait beau regarder autour de lui, il n'avait aucune idée de l'endroit où il était ni de la direction à prendre pour sortir des bois.

Un frisson le parcourut. Il y avait des chances réelles pour que ceux qui le traquaient n'aient pas ce handicap. Il tendit donc la main en direction de la tête d'Ablette, agrippa sa muserolle et lui adressa un signe de tête. Comme si l'animal avait compris la jument redressa la tête, relevant son maître qui se plaqua contre son cou quelques secondes pour reprendre son souffle et chasser ses vertiges.

- Merci ma belle, lui murmura-t-il en tremblant doucement.

Il fallait vraiment qu'il se trouve un abri pour prendre soin de lui. Au prix d'un effort surhumain, il remonta en selle et se pencha en avant pour agripper son encolure. Il ne devait pas s'écrouler une nouvelle fois tant qu'il ne se savait pas en sécurité.

Ablette reprit donc sa progression prudente. Elle traversa un ruisseau et s'immobilisa avant de prendre sur la droite. C'était plus l'animal que l'homme qui semblait guider l'équipage et, après avoir franchi un buisson, ils débouchèrent dans une clairière.

Geralt sentit le changement d'ambiance et redressa la tête. Au centre de celle-ci se tenait une étrange bâtisse d'architecture gothique. Elle détonnait dans cette forêt et le Sorceleur se demanda qui pouvait bien habiter ici, mais il se sentait de plus en plus épuisé et à bout de force. Machinalement, il porta la main à son torse pour agripper son médaillon, cherchant à savoir s'il vibrait et sa vue se fit floue. Geralt eut vaguement conscience qu'il basculait de sa selle et le noir l'engloutit.

OoooO

Une étrange odeur, sucrée, mais pas désagréable flottait dans l'air quand Geralt papillonna doucement des yeux. Un peu perdu, il observa les volutes du plafond au-dessus de sa tête pendant un moment avant que ses souvenirs ne lui reviennent. A bout de force, terrassé par la douleur et l'infection, il s'était écroulé non loin de cette étrange maison… dans laquelle il semblait se trouver maintenant…

Tous ses sens se mirent en alerte. Instinctivement, il porta la main à son torse pour agripper son pendentif, mais ne toucha que sa peau nue. Un long frémissement le parcourut pendant qu'il réalisa qu'il était entièrement nu. Quelle que soit la personne qui l'avait ramené à l'intérieur, elle l'avait totalement déshabillée et prit soin de lui, ajouta mentalement Geralt en faisant glisser ses doigts sur le large bandage autour de sa taille.

- Vous êtes réveillé ?

Geralt sursauta et tira sur la couverture, un peu gêné, tout en redressant la tête, découvrant une femme grande et longiligne. Elle portait une robe prune et noire ornée d'un corset métallique. Son rouge à lèvre assortis et son maquillage foncé faisaient ressortir ses yeux noirs et sa longue chevelure d'ébène.

- J'espère que tu n'es pas muet Sorceleur ?

Geralt plissa des yeux, ce n'était jamais bon signe quand on devinait ce qu'il était.

- C'est toi qui m'as amené ici ? Demanda-t-il sans la quitter du regard.

- Non, ce sont les jumeaux. Nous n'avons pas pour habitude de laisser mourir les gens sur notre palier, ajouta-t-elle pendant que la porte de la chambre s'ouvrait.

Deux hommes entrèrent l'un brun, l'autre blond. Leurs cheveux descendaient à leurs tailles. Ils étaient vêtus de la même manière et si ce n'était leur couleur de cheveux, Geralt aurait bien été incapable de les différencier. Son regard alla de l'un à l'autre.

- As-tu faim Sorceleur ? Demanda le brun.

- Ou soif ? Renchérit le blond.

- Non, répondit Geralt en tentant de se lever tout en s'enroulant dans le drap pour préserver sa nudité.

La femme sourit.

- Je t'ai déshabillé pour te soigner, ton anatomie est… intéressante.

- Où sont mes affaires ?

- Elles étaient couvertes de sang et de terre, je m'en suis occupée.

- Et mon cheval ?

- A l'écurie, répondit le blond…

- Mes armes ?

- Tu n'en as pas besoin, dit la brune en se rapprochant de lui.

Elle fit glisser sa main sur son torse, le caressant d'un geste qui ne cachait nullement ses intentions. Geralt n'aurait pas été contre un peu de distraction, mais le regard insistant des jumeaux et le malaise qui croissait dans son ventre lui intima l'ordre de la repousser.

- Je veux mes affaires…

- Elles sont dans la pièce d'à côté.

Geralt hocha la tête et recula jusqu'à la pièce. C'était une salle pour le bain, dépourvue de miroirs. Une odeur de rose et de musc émanait d'un baquet d'eau bouillonnante. Il se serait bien glisser dans le bain, mais son instinct lui hurlait que ses hôtes n'étaient pas si bienveillants que ça. Il y avait quelque chose qu'il ne comprenait pas.

Il allait tendre la main en direction de ses habits quand des doigts glissèrent de nouveau sur son dos.

- Le bain est chaud et nous sommes seuls, recoula la brune en tirant délicatement sur le drap pour le faire tomber.

Elle finit de se caler contre lui et déposa un baiser sur son pectoral avant de redresser la tête.

- Les visites de qualité sont si rares…

- Je suis désolé, répondit Geralt en lui attrapant les poignets pour la maîtriser et la faire reculer. Je n'ai pas la tête à ça, ma blessure me fait mal et je ne connais même pas votre nom.

- Elvire, répondit la brune avec assurance, il est vrai que j'ai manqué de savoir vivre, l'émotion de rencontrer le Loup Blanc.

Geralt recula d'un pas, tous les sens en alerte et attrapa son pantalon qu'il enfila. Elvire soupira.

- Quel dommage…

Le Sorceleur empoigna sa chemise et récupéra son médaillon qu'il mit autour de son cou rapidement. A peine le métal toucha sa peau qu'il se mit à vibrer. Geralt se tendit et tourna la tête vers Elvire. Le sourire qu'elle lui adressa ne lui disait rien qui vaille.

- Quel dommage, tout aurait pu si bien se passer, agréablement et pas dans la douleur…

Elle sourit et Geralt remarqua immédiatement ses canines proéminentes. C'était un vampire ! Tout son corps se tendit et il observa la pièce, à la recherche d'une arme. Elvire partit d'un grand éclat de rire.

- Allons, vous ne pouvez pas me tuer.

- C'est un défi ? Répliqua le Sorceleur tout en continuant à réfléchir.

- Non, c'est une vérité ! Répliqua la vampire brune en fonçant sur lui.

Elle bondit avec une telle vitesse et une telle force, qu'elle renversa le Sorceleur. Le dos de Geralt frappa le sol et il glapit de douleur. Il eut juste le temps de la repousser avant que ses dents ne se plantent dans sa jugulaire. Elle poussa un cri de rage et il la frappa au plexus solaire, lui coupant le souffle et se dégageant d'elle. Il se redressa en la cramponnant par les cheveux et la jeta dans le baquet avant de courir à la porte.

Il fit deux pas avant de se trouver face aux jumeaux qui lui firent leurs plus beaux sourires vampiriques. Geralt hocha la tête et empoigna la chaise qu'il fracassa sur le blond avant de sauter par-dessus le lit tout en évoquant le signe d'Aard. Les flammèches qui se formèrent sur ses doigts devinrent des flammes qui les firent reculer et il en profita pour s'échapper de la pièce. Il devait sortir de cette pièce et surtout retrouver ses armes.

Il plongea tête première dans un couloir, rata la première marche et dévala lourdement l'escalier. Il gémit en se redressant et regarda autour de lui. Il y avait plusieurs autres escaliers et des portes dans tous les sens. Cette maison était un vrai labyrinthe.

- Tu ne comprends pas ? Tu ne sortiras jamais d'ici Sorceleur ! Lui lança Elvire en descendant les marches, dégoulinante d'eau. Tu es une trop belle proie. Laisse-toi transformer. Un vampire Sorceleur mérite la première place dans mon cœur.

- Tu n'en as pas.

- Oui… C'est une expression commune pour vous les mortels. Dis-moi, les Sorceleurs sont bien mortels ? Ajouta la vampire, bientôt rejointe par les jumeaux. Bien sûr qu'ils le sont, il suffit de poser les yeux sur les squelettes qui blanchissent et pourrissent tout autour de Kaer Morhen… condamnés par les survivants à ne pas trouver le repos éternel… Regarde, moi je t'offre l'immortalité. Alors pourquoi tu recules ?

Geralt posa la main sur la poignée d'une porte, mais elle ne s'ouvrit pas.

- Allons, il est vrai que tu vas y perdre ton âme, mais n'est-ce pas déjà le cas, mutant ? On dit que tu n'as pas plus de sentiments que moi…

Geralt ne répondit toujours pas, cherchant comment sortir de ce couloir. Il s'engagea donc dans un nouvel escalier, surveillant les gestes des vampires.

- As-tu conscience que j'ai eu mille occasions de te transformer pendant que tu étais inconscient, mais que je t'ai soigné ?

Geralt poussa une autre porte qui voulut enfin s'ouvrir et déboula dans l'écurie. Ablette était là, avec sa selle et son équipement. Il courut vers sa jument, tira son épée en argent et la brandit sous les yeux d'Elvire.

- Tu comptes nous affronter alors que nous t'avons soigné et offert notre hospitalité ?

- Je le ferais si vous approchez oui !

- Tu sais que tu n'as aucune chance ?

- Tu sais combien des tiens j'ai occis ? Mais j'aime avant tout travailler pour de l'argent. Personne ne m'a réclamé vos têtes. Si tu me laisses partir, je vous laisse vivre en paix.

- Tu laisserais des vampires vivants dans ton sillage Sorceleur ?

- Tu l'as dit toi-même, tu aurais pu me tuer ou me transformer, mais tu m'as soigné. Nous serons quittes.

Elvire fronça les sourcils et se tourna vers les jumeaux. Geralt comprit qu'ils se parlaient par télépathie et ne dit rien, se contentant de continuer à brandir son arme au cas où. La vampire brune se retourna vers lui.

- Eh bien, si tu disparais en promettant de ne jamais revenir, nous acceptons. Nous pensions que tu voudrais forcément nous tuer en découvrant ce que nous sommes.

- Ce n'est pas le cas et je ne reviendrai pas… Je ne sais déjà pas comment je suis arrivé là…

- Grimpe sur ta monture, je t'offrirais des guides.

Geralt ne se le fit pas dire deux fois. Il remit son arme au fourreau, enjamba Ablette non sans parvenir à retenir un rictus de douleur et s'enroula dans sa cape de laine. Elvire fit un signe aux jumeaux qui ouvrirent la porte de l'écurie, puis elle se tourna vers lui.

- Bon chance Geralt de Riv…

- Merci, répondit ce dernier. Bonne chance à vous aussi.

Il éperonna Ablette et jaillit hors de la maison. Dans son dos, trois chauve-souris en jaillir à leur tour, planèrent au-dessus de sa tête et tournèrent vers la droite. Il les suivit… acceptant qu'elles lui servent de guide et espérant que ce n'était pas un piège.


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