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CHAPITRE TROIS
TILLEUL ARGENTE ET VENTRICULE DE DRAGON
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Arsenia ouvrit le paquet en déchirant littéralement le papier qui l'enveloppait. Elle y trouva une très belle plume, flambant neuve et un collier avec une pierre vert foncé et elle les regarda avec fascination.
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- C'est une plume qui écrit ce que tu lui dictes. Cela te sera utile pour ne pas te faire mal au poignet en rédigeant tes devoirs, je te fais confiance pour ne pas en abuser et surtout pour ne pas tricher. Le collier est dans la famille depuis des générations. Prend en soin. Il te permettra de ne pas oublier qui tu es ni d'où tu viens.
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La plume était splendide et elle s'imaginait déjà bien comment elle allait lui servir. Elle pensait justement aux examens et aux lignes que sa mère lui faisait copier quand celle-ci glissa une petite réflexion sur la tricherie... Elle... Tricher ! Oh... Jamais voyons... Le collier était particulièrement beau et elle le détailla sous tous les angles, comprenant que le bijou devait avoir une grande valeur vu que c'était un bijou de famille. Elle le tendit à sa mère pour qu'elle lui attache.
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- Je ne pourrai jamais t'oublier tu sais.
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Ashe attacha le collier avant de passer sa main dans les cheveux de sa fille.
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- Je sais, répondit-elle en souriant et en observant sa fille. Tu es contente de tes cadeaux ?
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Arsenia hocha la tête, rayonnante et elle toucha le collier qui ornait son cou, regardant sa mère en souriant largement, les yeux brillants d'excitation.
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- Ils sont parfaits ! Un jour c'est moi qui te gâterai autant.
- Pour ça, tu devras bien travailler à Poudlard, rétorqua-t-elle en se levant. J'ai confiance en toi.
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Ah oui, le travail... Arsenia avait déjà oublié cette histoire de travail scolaire et de notes. Ashe se dirigea vers la sortie tandis que la jeune fille se levait et allait vers le miroir le plus proche pour se regarder dedans avec le collier. Il était vraiment magnifique. Et ce vert... Qu'est qu'il était beau ! Le collier était en parfait état, elle ne savait pas depuis combien de temps exactement il était dans la famille mais en tout cas toutes celles qui l'avaient eu avant elle en avait pris grand soin. Elle resta devant le miroir un long moment avant que des gargouillements venant de son estomac ne viennent la déranger dans sa contemplation. Elle se rendit compte qu'elle commençait à avoir vraiment faim et elle regarda son reflet une dernière fois, s'attardant comme toujours sur ses yeux qui étaient si différents de ceux de sa mère. Elle décida alors de descendre en direction du salon et de la cuisine, passant devant la porte de la chambre de sa mère qui était légèrement entrouverte. Elle devait travailler…
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- Splug ? appela la jeune fille en arrivant en bas. Est-ce que c'est prêt ?
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L'elfe était dans la cuisine, en train de finir de tout préparer. Sur la table il y avait déjà une assiette remplie de pates carbonara, son plat préféré, de quoi boire, du fromage, un dessert. Tout avait été disposé et Splug débarqua dans le salon, s'inclinant devant la jeune fille.
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- Oui tout est prêt Maitresse. J'espère que vous serez satisfaite, si vous avez besoin de quoi que ce soit de plus n'hésitez pas, je suis à votre entière disposition, je ...
- Oui oui, l'interrompit Arsenia. C'est bon.
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L'elfe avait tendance à en rajouter des tonnes et des tonnes ce qui agaçait Arsenia qui n'en avait rien à faire des courbettes de l'elfe. Elle regarda la table et fronça les sourcils en reportant son attention sur Splug.
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- Pourquoi n'y a-t-il qu'une seule assiette ?
- Votre mère a demandé de ne pas la déranger et qu'elle mangerait sans doute plus tard ! Je vous souhaite un bon appétit.
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Il resta là à attendre patiemment dans un coin de la pièce sans rien ajouter de plus alors qu'Arsenia s'installait à table, profitant du fait que sa mère ne soit pas là pour replier une jambe sous elle et s'assoir dessus. Puis elle commença à manger en regardant la place vide en face d'elle de temps en temps. Sa mère sautait de plus en plus de repas ces derniers temps, elle travaillait beaucoup trop aux yeux de la fillette qui aurait bien aimé partager plus de moments avec elle. Un peu perdue dans ses pesées à ce sujet, elle continua de dévorer les pates qui étaient excellentes comme d'habitude. Splug était vraiment doué pour la cuisine. Elle termina l'assiette et mangea un petit bout de fromage avant de se mettre à loucher sur le dessert. L'elfe lui avait fait un framboisier, son dessert préféré et elle l'approcha d'elle en bavant à moitié avant de le gober plus qu'autre chose. Finalement, elle repoussa son assiette plus loin sur la table avant de jeter un œil à la pendule, déjà 20h30 passé puis soupira en constatant que c'était bientôt l'heure d'aller se coucher. Elle se leva et passa par la cuisine pour faire un sandwich, prendre une part de gâteau et de l'eau. Le résultat était moche, elle n'avait pas l'habitude de le faire mais c'était mangeable, enfin ça avait l'air... Elle posa le tout sur un plateau et se dirigea vers la chambre de sa mère, frappant discrètement avec le pied puisque ses mains étaient occupées. Quelques secondes plus tard, des bruits se firent entendre et elle entendit une voix de l'autre côté de la porte.
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- Je t'avais dit de ne pas me déranger Splug. Qu'y a-t-il ?
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Ashe ouvrit la porte et s'interrompit en voyant sa fille dans l'encadrement de la porte. Elle la fixa un moment et baissa les yeux sur le plateau d'un air décontenancé.
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- Que fais-tu avec ça, Arsenia ? C'est le travail de Splug !
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Elle replongea son regard dans celui de sa fille qui haussa les épaules à sa réflexion.
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- Je voulais être sûre que tu mangerais quelque chose. Quand tu travailles tard tu oublies de manger et ce n'est pas Splug qui va venir insister pour ça….
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Ashe sourit doucement et prit le plateau en rentrant de nouveau dans sa chambre.
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- Merci. Il est vrai que j'oublie souvent l'heure quand je travaille mais c'est important, plus important même qu'un simple repas.
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Arsenia resta un moment sur le pas de la porte, hésitant à entrer. Sa mère ne voulait pas qu'elle entre ici d'habitude mais, voyant qu'elle n'avait pas l'air de la congédier, elle fit un pas pour entrer et s'arrêta.
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- Je peux rester un peu ? Avant d'aller dormir…
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Ashe, qui était en train de s'installer à son bureau devant une pile de lettre et de parchemins, répondit d'une voix distraite.
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- Tu peux. Ferme la porte derrière toi.
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Contente mais aussi un peu surprise de la réponse, Arsenia entra avec un sourire aux lèvres et elle referma la porte derrière elle avant d'aller s'installer sur le lit de sa mère pour ne pas l'embêter dans son travail. Son bureau était rempli de parchemins en tout genre, bien organisés en différentes piles et elle semblait avoir du travail pour des heures et des heures encore. Un paquet de cigarettes trainaient sur le bord du bureau et elle la regarda s'attaquer de nouveau à son travail, reprenant son nouveau collier entre ses doigts pour le regarder. Après quelques minutes elle brisa le silence.
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- Il est vert parce que tout le monde est allé à Serpentard ?
- Oui, répondit sa mère en continuant d'écrire, en effet. Mais aussi parce que nous sommes en accord avec les idées de Salazar. Et puis, le vert est une jolie couleur non ?
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La jeune Drake observa la pierre verte. Oui le vert était une très jolie couleur. Et oui les idées du grand Salazar étaient parfaites. Depuis qu'elle avait eu 11 ans cette année-là elle rêvait de Poudlard. Dans moins de 4 mois maintenant elle y serait et demain elle aurait sa baguette mais ces dernières semaines elle se posait des questions, sur la maison qu'elle intégrerait surtout. Qu'est-ce qu'il se passerait si elle n'était pas acceptée à Serpentard ? Sa mère serait sûrement très déçue... Et les amis de sa mère lui en voudraient sûrement. Comment réagirait Tyler ? Elle n'avait pas osé aborder le sujet, ne voulant pas avoir l'air d'avoir peur mais le cadeau de sa mère et le fait qu'il ait fait toutes les générations avant elle avait ramené ses doutes dans son esprit. Elle regarda sa mère qui était dos à elle et qui continuait de travailler. Ses cheveux mi-longs devaient tomber sur son visage et elle semblait écrire. Elle laissa quelques secondes s'écouler puis quand la plume sembla faire moins de mouvements sur le parchemin elle reprit d'une petite voix.
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- Et si je n'étais pas acceptée à Serpentard ? Qu'est-ce que je ferais ?
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La plume continua de courir sur le parchemin et le silence lui répondit pendant quelques secondes. Quand la phrase qu'elle était en train d'écrire fut terminée, Ashe posa la plume sur le côté et se tourna vers elle, la jaugeant un petit moment avant de secouer la tête de droite à gauche.
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- Bien sûr que si, tu seras acceptée chez Serpentard. Il n'y a aucune raison que tu ne le sois pas. Tu portes nos valeurs, donc celles de Salazar, tu as le même état d'esprit et ta famille est une longue lignée de sang pur et de Serpentards. Le choixpeau t'enverras là-bas, encore plus si c'est ce que tu désires plus que tout.
- C'est ce que je veux le plus, répondit-elle en hochant la tête sérieusement. Si je ne peux pas y être alors je ne veux plus aller à Poudlard.
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Arsenia voulait plus que tout aller à Serpentard, les autres maisons ne valaient rien à ses yeux et elle s'y sentirait mal. Elle voulait retrouver des gens comme elle, des personnes qui auraient le même genre de connaissances qu'elle, qui partageraient les mêmes avis. Elle regarda sa mère un peu rassurée avant de jeter un œil à la pendule, dans quelques minutes il serait 21h. Elle scruta ensuite le bureau de sa mère. Si la pile de parchemins de droite était tout le travail qu'il lui restait elle en aurait pour la nuit entière. Elle soupira doucement.
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- Alors tu y seras, termina-t-elle en se retournant pour reprendre son travail. Il n'y a absolument aucune raison que ça ne soit pas le cas, tu peux me croire.
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Elle finit par soupirer à son tour et s'appuya contre le dossier de sa chaise, mangeant un bout du sandwich ce qui fit sourire Arsenia. Ce n'était pas un vrai repas mais c'était déjà ça.
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- Je ne suis pas près d'avoir fini.
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La jeune fille releva la tête en détachant son regard du collier mais ne bougea pas de là où elle était.
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- Je peux t'aider pour quelque chose ?
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Ashe continua de manger et haussa les épaules alors que l'enfant l'observait. Elle était plus naturelle que d'ordinaire, c'était presque bizarre de la voir comme ça.
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- Non, tu ne peux pas. Ce sont des documents très importants. D'ailleurs..., s'interrompit-elle en terminant ce qu'elle mangeait avant de se tourner vers sa fille. Si le ministère vient fouiner à l'école, je veux que tu joues la carte de la naïveté.
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C'était plus un ordre qu'un conseil vu le ton de sa voix et Arsenia ne comprit pas tout de suite. Le ministère venir fouiner à l'école ? Pourquoi donc viendraient-ils ? Elle hocha cependant la tête pour signifier qu'elle avait compris.
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- Pourquoi est-ce qu'ils viendraient ?
- Parce qu'ils veulent s'assurer que rien ne dérape. La situation leur a grandement échappée la dernière fois. Ils veulent faire bonne figure.
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Elle se remit à travailler, semblant mettre du cœur à l'ouvrage et n'ajouta rien de plus, la laissant dans le flou le plus total. Arsenia fronça les sourcils en essayant de comprendre mais tout était si compliqué.
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- Par rapport au fait que les gens comme nous utilisent la magie noire ou par rapport à vos projets concernant le Seigneur des Ténèbres ?
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Ashe continua d'écrire malgré la question, buvant de l'eau au passage.
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- À ton avis ? Ils ont peur, tout simplement. Ils n'acceptent pas que nous ayons été si proches du but à l'époque.
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Arsenia eut un sourire à la réponse. Sa mère et ses fréquentations devaient vraiment faire peur à cette sang-de-bourbe de Ministre.
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- S'ils ont peur, rétorqua la jeune fille fièrement, c'est que nous sommes plus forts qu'eux. Donc nous gagnerons !
- De toute évidence, sourit Ashe.
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Elle termina de manger tout en continuant son travail un petit moment.
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- Merci pour le repas. Va te coucher maintenant.
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Arsenia fit la moue dans le dos de sa mère en entendant la dernière phrase mais elle devait bien avouer qu'elle aurait dû s'y attendre. Elle avait déjà eu plus que prévu. Elle se leva du lit et s'étira avant de se diriger vers la porte.
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- De rien. Ne travaille pas trop tard quand même. Bonne nuit.
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Sa mère ne prit pas la peine de lui répondre, bien trop absorbée par ce qu'elle faisait. Elle sortit et prit la direction de sa chambre, la porte se refermant simplement derrière elle avant qu'elle n'ait eu le temps de le faire.
Une fois dans sa chambre, elle s'installa sur son lit avec un morceau de parchemin et deux plumes. La nouvelle que sa mère lui avait offerte et celle qu'elle préférait prendre pour dessiner. Elle avait juste laissé une bougie près d'elle et avait éteint tout le reste. Tranquillement allongée en chemise de nuit, elle commença par tester la plume qui écrivait toute seule et la posa en équilibre au-dessus du parchemin avant de la fixer un moment.
"Je suis Arsenia Drake, Sang-pur et future Serpentard."
La plume se mit à danser sur le parchemin et écrivit d'un joli tracé les mots qu'elle venait de prononcer. Très pratique cette plume, il faudrait en prendre soin. Elle la posa sur la table de chevet et commença un dessin sur un nouveau parchemin, essayant de se rappeler de sa mère de dos en train de travailler. Alors qu'elle en était à la moitié, elle crut entendre un bruit dans le couloir et elle cacha la plume et le dessin avant de souffler sur la bougie. Finalement, personne n'entra mais elle préféra ne pas prendre de risque supplémentaire de se faire attraper alors que sa mère lui avait demandé de se coucher et fila au lit, s'endormant rapidement.
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Le lendemain matin, elle se réveilla assez tôt et regarda l'heure en bougonnant. Elle avait encore largement le temps de dormir. Elle se tourna pour ne plus avoir les rayons du soleil en pleine tête et allait se rendormir quand elle rouvrit subitement les yeux. Sa baguette, elle allait acheter sa baguette aujourd'hui ! Elle sauta littéralement de son lit et sortit de sa chambre à grande vitesse, descendant les escaliers en trombe pour filer dans le salon encore en tenue de nuit. Quand elle arriva, sa mère était en train de finir son petit déjeuner. Elle s'installa sur une chaise, surexcitée à la pensée de ce qui l'attendait.
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- Dis, on part à quelle heure ?
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Ashe ferma les yeux en entendant sa fille aussi surexcitée et elle but son café doucement. Après quelques gorgées, elle reposa sa tasse et la regarda.
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- Bonjour Arsenia. Et nous partirons quand tu seras prête et surtout plus calme.
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La jeune fille rougit un peu en entendant le bonjour qu'elle avait oublié tellement elle était pressée puis elle perdit un dixième de son sourire à la fin de la phrase. Mais aujourd'hui il en faudrait bien plus pour la mettre de mauvaise humeur.
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- Bonjour... Plus calme comment ?
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Elle attrapa une tartine que Splug venait de lui apporter et la fourra dans sa bouche, gigottant sur sa chaise en pensant à sa baguette.
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- Tu crois qu'elle sera faite de quel bois ? Du frêne ? De l'érable ? Du pin ? Une baguette en ébène ça doit être beau, toute noire ! Et le cœur ? J'ai lu dans un de tes livres que les crins de licorne n'étaient pas très puissants. Tu as quoi toi ?
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Sa mère la fixa, attendant patiemment qu'elle finisse, puis elle poussa un très long soupir.
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- Ça suffit, calme-toi. Je comprends que tu sois heureuse d'aller chercher ta baguette, mais ce n'est pas un jouet. C'est une affaire très sérieuse.
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Elle ne répondit pas à la question, semblant sur les nerfs. Elle avait du mal à supporter les moments où Arsenia était comme ça et cette fois-ci sa fille était particulièrement excitée même si dans le fond elle le comprenait. Elle termina son café puis en demanda rapidement un autre à Splug.
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- Nous verrons en temps voulu ce que tu auras. Le but n'est pas d'avoir une belle baguette, mais une baguette qui te correspond.
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Arsenia se tut en voyant que sa mère n'était pas de très bonne humeur. Elle n'avait pas très envie que cette dernière change d'avis et ne l'emmène plus sur le chemin de traverse. Elle prit une autre tartine et but un peu de jus mais elle ne cessait de penser aux achats. Cela faisait bien 5 minutes qu'elle n'avait rien dit et elle s'agitait sur sa chaise, changeant constamment de position, brûlant de poser des milliers de questions en même temps. Elle finit par craquer alors que sa mère finissait son 2eme café.
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- Tu crois que ça va prendre du temps pour choisir ? A ton avis, c'est possible que je ne la trouve pas ? On va prendre tout le reste aussi ou juste la baguette ?
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Sa mère la fixa un moment, semblant hésiter entre exaspération et compréhension puis elle finit par céder, se rappelant l'état d'excitation dans lequel elle était également au même âge. Elle souffla un bon coup avant de répondre.
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- Ça ira. Et nous achèterons le reste pour être tranquille. En attendant, s'il te plait, reste tranquille et ne me fait pas honte.
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Elle termina son café d'une traite, semblant hésiter à en redemander un pour se préparer psychologiquement à cette longue journée en présence de la petite qui ne tenait visiblement pas en place et se leva partant en direction du salon.
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- Finit ton petit déjeuner et habille toi. Ensuite nous partirons.
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Arsenia goba littéralement la tartine qu'elle avait en main et partit en courant dans sa chambre pour y prendre des vêtements. Elle ramassa ceux de la veille pour aller plus vite et les enfila avant de redescendre tout aussi vite. Une fois dans le hall, elle attrapa sa cape et se tourna vers sa mère en se tenant toute droite.
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- Je suis prête ! Et assez calme je pense.
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Sa mère l'étudia de bas en haut et fronça un peu les sourcils.
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- Non, je ne pense pas. Tu as encore un peu de temps pour te calmer. Sinon, nous ferons demi-tour. Et tu aurais pu changer de vêtements tout de même, va te changer tout de suite.
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Elle croisa les bras et patienta alors qu'Arsenia regardait sa tenue. Elle passa la main sur la jupe qui était un peu froissée après la nuit passée au sol et fit la même chose avec le pull. Ça allait quand même... Elle était pressée de partir, peut importait que les vêtements aient servit quelques heures la veille.
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- Mais ils ne sont pas sales.
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Ashe garda les bras croisés et continua de fixer l'enfant surexcitée.
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- Bien sûr qu'ils sont sales, répliqua sa mère, sa voix devenant plus ferme, tu portais ces vêtements hier. Je t'ai dit d'aller te changer, tout de suite.
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Arsenia ne put s'empêcher de souffler de déception et elle fit demi-tour pour remonter dans sa chambre. Elle avait à peine posé le pied sur la marche suivant que sa mère la retint par le poignet et la fit pivoter vers elle, la fixant d'un air sévère.
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- Ce n'est pas une manière de se comporter. Tu as quelque chose à redire ? Si non, conduis-toi correctement et cesse de souffler ainsi.
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La jeune fille se ratatina un peu sur elle-même en attendant le ton de sa mère. Elle n'avait pas fait exprès, c'était sorti tout seul. Un peu honteuse d'avoir agi comme ça, elle baissa la tête avant de répondre.
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- Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je vais aller changer de vêtement.
- Fait attention Arsenia, répondit Ashe en la lâchant, tu joues avec ma patience ces derniers jours. Je ne vais pas rester indulgente très longtemps. Va te changer, je t'attends.
- Oui mère.
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La fillette fila dans les escaliers pour aller se changer, se faisant la plus petite possible. La petite mise au point l'avait calmée de façon radicale et elle choisit la première chose qui passa entre ses mains dans son armoire. Elle se regarda dans le miroir, prenant le temps d'arranger ses cheveux qui partaient un peu dans tous les sens et de rentrer la chemise dans la jupe. Après s'être assurée que sa mère n'aurait rien à lui reprocher et qu'elle ne lui ferait pas honte, elle redescendit les marches sans courir et s'arrêta devant elle. Sa mère l'observa, regardant si tout était bon et elle finit par acquiescer en se détendant.
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- Voilà, c'est bien mieux n'est-ce pas ? Ce n'était pas si compliqué. Tu vas l'avoir ta baguette, ne t'en fais pas, inutile de se presser. Tu dois bien te tenir et bien te comporter, nous ne sommes pas une famille de moldu ou de je ne sais quoi. Allons-y.
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Arsenia répondit par un sourire un peu contrit, se sentant encore un peu coupable d'avoir mis sa mère en colère et elle passa devant, se laissant guider jusqu'à la cheminée.
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- Vas-y d'abord, annonça Ashe en lui tendant la poudre de cheminette.
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L'enfant prit une poignée, s'avança et la lança dans l'âtre avant d'entrer. Elle annonça clairement "chemin de traverse" et se laissa transporter. Elles utilisaient toujours la poudre de cheminette quand elles le pouvaient, l'autre moyen de transport le plus répandu chez les sorciers la rendant clairement malade. Une fois sur place, elle se releva après avoir été éjectée de la cheminée et épousseta ses vêtements en attendant sa mère, regardant déjà partout autour d'elle, sentant son excitation monter de nouveau avec tout ce qu'elle voyait de loin dans les vitrines. Sa mère ne l'avait jamais emmenée ici, dans d'autres villages oui mais beaucoup moins fréquentés. La culpabilité d'il y a quelques minutes était déjà bien loin… Oubliant un peu sa mère, elle s'éloigna de quelques mètres, attirée par la devanture juste à côté, regardant partout où elle le pouvait en même temps.
Le nez presque collé à la vitre, elle se mit à scruter tout ce qui se trouvait dans la boutique. Elle avait l'air remplie d'objets enchantés en tout genre, tous aussi impressionnants les uns que les autres. Des tas d'autres boutiques se trouvaient autour de d'elle, certaines pour les livres, d'autres les plantes, les potions, les baguettes, les animaux, les farces et attrapes... C'était une mine d'or et elle ne savait plus où regarder. Ashe arriva peu de temps après elle et elle la rejoignit sans l'interrompre. Sentant sa mère près d'elle, la jeune fille pointa un objet du doigt dans la vitrine.
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- Qu'est-ce que c'est ? On peut aller voir là-dedans ?
- Ce sont des gadgets inutiles, nous avons des choses plus importantes à faire. Viens.
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Elle lui prit la main l'entraînant dans la petite rue commerçante et Arsenia suivit sa mère à contrecœur. Elle avait beaucoup de mal à lâcher la vitrine des yeux mais ce fut bien vite oublié alors que d'autres magasins entraient dans son champ de vision. Elle aurait voulu s'arrêter partout et elle tirait parfois un peu sur la main de sa mère pour s'approcher d'une boutique, ralentissant la cadence pour tout voir. Soudain elle aperçut le magasin de baguette au loin et elle piaffa d'impatience.
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- Regarde ! C'est là-bas !
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Prenant la tête, elle entraîna sa mère en la tirant par la main et en marchant beaucoup plus vite alors que la jeune femme levait les yeux au ciel. En arrivant devant la devanture du fabriquant de baguettes magiques, elle entra en premier, suivit rapidement par sa fille. La pièce était un peu sombre, éclairée par des bougies et il n'y avait personne pour le moment. Des étagères en très grand nombre remplies par des baguettes magiques s'étalaient partout et les yeux de la gamine sautaient de l'une à l'autre, elle aurait voulu tout toucher.
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- Plus qu'à attendre encore un peu, annonça la mère.
- A ton avis, demanda Arsenia en trépignant, ça sera laquelle ?
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Sa mère haussa les épaules dans son dos, se retenant de lui dire une énième fois de se calmer.
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- Tu verras bien. Je suis sûre que ce sera une baguette parfaite.
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La fillette fit un peu la moue et après une minute d'attente qui lui parut interminable, elle finit par craquer et alla appuyer sur la sonnette sur le comptoir, se penchant pour voir si quelqu'un arrivait.
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- Je vais attendre dehors, annonça Ashe en lui posant une main sur l'épaule, ne touche à rien d'accord ?
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Elle lui sourit et se dirigea vers la sortie alors qu'Arsenia cessait de gigoter et se tournait vers sa mère un peu déçue.
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- Tu ne restes pas ?
- C'est ton moment, répondit-elle en la regardant. Tu me montreras ta baguette quand tu auras terminé.
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Ashe lui tendit de l'argent en souriant qu'Arsenia récupéra.
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- Tu souhaites que je reste ?
- Oui j'aurai bien aimé. Tu as des choses à faire ?
- Je n'ai rien à faire. Mais tu es une grande fille maintenant. C'est à toi d'agir comme il le faut.
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Elle tapota un peu l'épaule de sa fille, semblant hésiter à lui montrer plus d'affection, puis tourna finalement les talons et sortit. Arsenia eut un petit pincement au cœur en la voyant franchir la porte. Elle aurait bien aimé découvrir sa baguette avec sa mère… Autant acheter des livres ou des robes elle s'en fichait mais la baguette... C'était son entrée dans le monde de la magie, la fin de son enfance. Elle serait enfin une sorcière à part entière et elle aurait aimé que sa mère voit ça, c'était un moment important à ses yeux et elle aurait aimé le partager. Elle la regarda sortir, un peu perdue dans ses pensées alors qu'un homme de la boutique arriva et fit un grand sourire.
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- Bonjour jeune fille.
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Elle sursauta fortement quand elle l'entendit et se retourna vivement en manquant de tomber.
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- Bon-bonjour Monsieur.
- Comment vous appelez-vous ? demanda le vieil homme avec un grand sourire.
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Arsenia fit un sourire à l'homme qui paraissait très gentil. Elle reprit un peu ses esprits et le regarda.
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- Arsenia. Arsenia Drake. Et vous ?
- Oh, une Drake, s'exclama-t-il en se redressant et en conservant son sourire. Eh bien, nous allons vous trouver la baguette parfaite. Vous êtes prête ? N'hésitez pas si vous avez des questions.
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Arsenia passa sur le fait qu'il ne lui avait pas donné son nom, c'était sûrement le même que celui inscrit sur la devanture de la boutique de toutes façons, donc « Stelfield ». Elle se tourna vers la rue pour apercevoir sa mère qui lui manquait quand même beaucoup en cet instant, la voyant patienter dehors et la jeune Drake reporta son attention sur l'homme. Il lui plaisait, il était enthousiaste et elle sourit largement.
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- Je suis prête de chez prête ! Qu'est-ce que je dois faire ?
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Il lui fit signe de venir et prit quelques baguettes à l'instinct avant de les poser devant elle sur une petite table.
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- Choisissez et nous verrons ce qu'il se passe ! C'est là toute la magie de la chose...
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Arsenia regarda les baguettes qui étaient posées devant elle. Naturellement, sa main se dirigea vers une baguette d'un noir profond. Assez courte, elle avait l'air très dure et la couleur lui avait tapé dans l'œil. Elle s'en empara alors que le vieil homme la laissa faire en souriant.
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- Votre famille a une réputation par ici. Je suis certain que vous aurez une baguette digne de celle-ci.
- Une réputation ? interrogea la jeune fille en s'arrêtant la baguette à la main.
- Oui eh bien, je veux dire que vous êtes connu. Vous êtes une grande famille tout de même. Alors, cette baguette, essayez donc...
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L'homme paraissait gêné et essayait de conserver son sourire alors qu'Arsenia perdait un peu le sien, se rendant compte que l'homme lui mentait. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire elle en était persuadée. Elle lui sourit pour éviter qu'il ne le remarque et agita la baguette dans le vide ne sachant pas quoi faire d'autre. Rien ne se passa et à peine eut-elle le temps de se demander si elle avait fait la bonne chose qu'il lui prit des mains instantanément et lui en donna une autre en la fixant d'un air intéressé. Il la regarda quelques secondes mais lui retira la baguette des mains avant même qu'elle n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Arsenia fit la moue.
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- Non. Et celle-ci ?
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Une nouvelle baguette apparut dans ses mains avant de disparaitre encore plus vite que la précédente et elle fronça les sourcils, frustrée. Ça devenait lassant ce petit jeu. Il lui en tendit une quatrième qui était plutôt jolie. Patinée par le temps, le bois était comme blanchit mais pas blanc, un peu grisé peut être. Elle la prit en espérant que ce soit la bonne et ressentit alors comme une vague d'énergie en la saisissant. Elle se sentit soudainement forte, comme si elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait et, surprise par la sensation, elle la lâcha sur la table.
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- Ouah, c'était quoi ça !
- Parfait ! s'exclama-t-il en claquant des mains. C'est celle-ci. Tilleul argenté et ventricule de dragon, très bonne baguette. Félicitations, c'est allé vite ça ne m'étonne pas.
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Il sourit et retourne à son comptoir alors qu'Arsenia le suivait avec l'air d'avoir un millier de questions à lui poser. Elle aurait bien aimé réessayer la baguette aussi… Elle s'installa en face de lui de l'autre côté du comptoir dont sa tête dépassait à peine et le fixa.
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- Pourquoi ça ne vous étonne pas ?
- Eh bien vous... Vous semblez sûre de vous et prête à tout pour atteindre vos objectifs, voilà pourquoi. Vous suivez la lignée de votre famille, de vos parents.
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Il sourit et glissa la baguette bien rangée vers toi. Arsenia eut de nouveau l'impression que l'homme lui mentait, enfin qu'il cherchait à la flatter surtout sans penser un seul mot de ce qu'il disait. Comme s'il avait peur de ce qu'elle pouvait raconter en sortant de la boutique.
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- Vous avez de quoi payer ?
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Elle sortit l'argent de sa poche mais ne lui donna pas tout de suite.
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- Est-ce que cette baguette est puissante ?
- Si elle est puissante ? demanda-t-il l'air choqué. Mais voyons, bien sûr qu'elle l'est ! Quelle question !
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Il fronça un peu les sourcils.
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- Quelque chose ne va pas ?
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Arsenia secoua la tête à sa question. Les réactions du vendeur lui paraissaient bizarres et elle avait envie de faire durer les choses pour voir ce qu'il répondrait ensuite. Souriant elle continua son petit jeu.
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- Non non, elle a l'air bien. Elle est bonne pour quels genres de choses ? J'ai lu que les bois et les cœurs influençaient la nature de la baguette.
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Il s'assit de nouveau, l'air un peu agacé, mais répondit avec entrain.
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- Eh bien, celle-ci permet de développer des capacités en divination et en légilimancie. Ce sont deux arts très intéressants mais très complexes.
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Arsenia perdit son sourire en entendant le mot divination. Ce truc de charlatan ? Hors de question qu'elle se mette à la divination.
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- Magie pour moldu la divination... C'est quoi la légilimancie ?
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Il ne releva pas la remarque sur la divination et répondit à la question d'une voix tout aussi enjouée qu'avant.
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- C'est un art qui permet de rentrer dans l'esprit d'une personne pour en extraire ses pensées, ses souvenirs... Un type de magie très puissant pour ceux qui ne peuvent s'en protéger, il peut être destructeur à bien des égards.
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Arsenia retrouva le sourire à cette explication, cette capacité avait l'air très intéressante. Peut-être que quand elle serait plus grande elle pourrait s'y mettre grâce à cette baguette. Elle tendit l'argent à l'homme puis se ravisa en retirant sa main.
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- Une dernière chose... Pourquoi m'avoir mentit depuis que vous avez su mon nom ?
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L'homme s'apprêtait à saisir l'argent mais se figea en entendant la question. Il regarda la jeune fille et répondit, la main toujours tendue et l'air stressé.
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- Je ne vois pas en quoi je vous ai menti. Votre nom est porteur d'un passé connu, vous êtes une grande famille voilà tout.
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Arsenia ne fut pas satisfaite du tout de sa réponse. Elle secoua la tête de gauche à droite et le toisa avant de lui donner son argent.
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- Vous devriez apprendre à mieux mentir. Si moi à 11 ans je peux voir que vous le faites, ma mère le devinerait immédiatement.
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Le fabriquant de baguette déglutit à ces paroles et plus spécialement à l'évocation de la mère Drake qui semblait l'avoir effrayé. Il lui rendit la monnaie sans un mot et attendit simplement que la jeune fille s'en aille. Arsenia récupéra sa précieuse baguette et tourna les talons pour sortir. En refermant la porte, elle regarda sa nouvelle acquisition avec excitation. Il n'y avait plus qu'à l'essayer mais elle verrait ça plus tard avec sa mère. La cherchant du regard, elle finit par la trouver et elle brandit la boîte contenant sa nouvelle baguette vers elle.
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- Regarde ! Je l'ai ça y est !
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Elle eut un sourire et saisit précautionneusement la boîte avant de l'ouvrir pour observer la baguette dedans.
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- Jolie baguette. Quelles sont les caractéristiques ?
- C'est du tilleul argenté, répondit-elle tout sourire, avec du ventricule de dragon ! Le vendeur m'a dit que c'était une baguette qui permettait de développer des capacités en légilimancie.
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Elle avait sciemment éliminé le côté divination de la chose et Ashe écoutait attentivement en fixant la baguette. Au dernier point, elle fronça un peu des sourcils avant de regarder sa fille droit dans les yeux, l'air moins enjoué soudainement et un peu perturbé.
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- Tu te rends compte, continua de piaffer Arsenia. Peut-être qu'un jour je pourrai lire dans l'esprit des gens !
- Eh bien, c'est très bien. La légilimancie est un art très compliqué, tu es trop jeune. Focalise-toi sur d'autres choses d'abord.
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Elle sembla retrouver son sang-froid, consciente d'avoir montré sa gêne l'espace d'un instant et rendit la boîte. Arsenia fut un peu décontenancée par la réaction de sa mère. Pourquoi tout le monde avait l'air bizarre ou lui cachait des choses ces derniers temps…
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- Nous devrions continuer, nous avons d'autres choses à acheter. On va aller te chercher des robes.
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Voyant que cette dernière avait l'air de vouloir passer à autre chose, elle rangea ça dans son coffre à questions futures et sourit à sa mère après avoir rangé sa boîte dans son sac.
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- Parfait ! Des robes pour l'école ? On pourrait aller faire les potions après ?
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Elle acquiesça et partit dans la rue en la remontant en sens inverse de l'aller. Il fallut une bonne heure dans cette nouvelle boutique pour trouver des robes convenables car Ashe ne voulait pas n'importe quoi pour sa fille. L'avantage était que le budget était élevé et que la mère de famille ne semblait pas regarder les prix. En sortant de la boutique pour se rendre vers les potions et les livres, elles passèrent devant d'autres commerces, de farces et attrapes ou de nourriture, ainsi qu'un énorme magasin dédié au Quidditch. Arsenia marqua un arrêt net devant la boutique contenant un superbe balai dans la vitrine et elle s'approcha pour lire l'écriteau. Elle n'avait jamais volé de sa vie mais les jeunes sur l'affiche sur la gauche de la devanture semblaient y prendre beaucoup de plaisir. A droite de la vitrine, des équipements de quidditch s'étalaient. Des casques, des protèges tibias, des balles d'entrainement... Les yeux brillants d'excitation, elle s'imagina porter une robe de Serpentard et voler aussi sur un balai.
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- Ça doit être bien comme sport !
- Hmm... répondit Ashe en s'approchant. C'est dangereux et surtout sans grand intérêt. Mais savoir voler sur un balai reste tout de même intéressant.
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Elle prit sa fille par l'épaule et l'entraîna un peu plus loin.
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- C'est quelque chose qui te plairait ?
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Sa mère ne paraissait pas convaincue par le quidditch, comme d'habitude quand Arsenia lui parlait de quelque chose qui n'était pas utile à ses yeux. Mais elle n'avait pas été convaincue non plus quand la jeune fille lui avait parlé de dessin après tout. Elle se laissa entrainer plus loin en réfléchissant à la question.
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- Je ne sais pas trop je n'en ai jamais fait. Mais pourquoi ne pas essayer. A Poudlard ça doit être possible vu qu'il y a des équipes dans chaque maison.
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Elle ne répondit pas se contentant d'un petit "hm...". Finalement, après quelques minutes de marche, elles atteignirent finalement la boutique de l'apothicaire puis la librairie de laquelle la jeune fille ressortie avec une tonne de livres ce qui la faisait grimacer. La quantité de pages l'avait un peu refroidie, trop de lecture... Elles terminèrent les achats tranquillement, Arsenia s'arrêtant avec plaisir dans toutes les boutiques, le temps passant. Chaque fois qu'elle ressortait de l'une d'entre elles avec de nouvelles choses elle n'avait qu'une envie, les essayer. Poudlard était encore si loin... Elle avait aussi eu le droit à quelques bonus, enfin seulement si ça pouvait être utile et avait pu choisir ce qu'elle voulait et qui était libre sur la liste scolaire.
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- Je pense que tout est bon, commença-t-elle en checkant la liste. Normalement, il ne te manque rien.
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Elle observa Arsenia qui hochait la tête en regardant tous les achats dans son sac.
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- Tu as été plutôt calme tout du long. Donc je te donne l'autorisation d'aller dans les boutiques de ton choix et de visiter un peu, comme celles que tu as vu quand on est arrivées par exemple.
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Quand sa mère l'autorisa à aller s'acheter ce qu'elle voulait, la jeune fille releva la tête de ses sacs et prit l'argent que sa mère lui tendait. Puis elle partit en sautillant après l'avoir remercié chaleureusement et s'arrêta au bout de quelques pas. Elle se retourna pour la chercher du regard et elle lui demanda ou elle devait la retrouver et dans combien de temps. Sa mère lui indiqua une brasserie un peu plus loin dans la rue, lui laissant une heure pour aller faire ses emplettes et elle fila en direction de la rue, déambulant au rythme de ses envies. Elle vit de nombreuses choses dans les boutiques mais beaucoup d'entre elles étaient hors budget et elle se fit la réflexion qu'elle négocierait avec sa mère juste après. Il y avait d'autres enfants, tout âge mélangé, se faisant la réflexion que ce devait être une période de vacances et elle chercha ce qu'elle allait bien pouvoir acheter. Elle avait fini par trouver une idée et s'était dirigée vers la librairie dont elle était sortie plus tôt dans la matinée. Elle avait cherché dans les rayons puis s'était adressée à un vendeur qui, après avoir été interloqué par son âge et le sujet du livre, lui avait indiqué le bon ouvrage. Après avoir payé, il lui restait quelques pièces et la jeune fille s'était naturellement dirigée vers la boutique de friandises de la petite rue. Elle avait fait le plein de bonbons autant qu'elle le pouvait tout en gardant de quoi acheter deux petites choses. Puis elle s'était dirigée vers l'endroit où sa mère devait l'attendre, s'arrêtant au passage au petit glacier qu'elle avait croisé. Elle y avait pris deux glaces, une pour elle et une pour sa mère et était repartit, un sourire béat sur le visage.
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Alors qu'elle approchait de la brasserie où sa mère l'attendait, Arsenia s'arrêta net dans la rue en voyant un couple avec un enfant qui devait avoir plusieurs années de plus qu'elle. Les trois portaient des vêtements très étranges et elle fronça un peu des sourcils en voyant l'ensemble. Des sortes de maillots qui semblaient consacrés à des équipes de sport… Enfin à priori. Il y avait un ballon noir et blanc sur la poitrine.
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- J'ai hâte d'être au match de ce soir, lança joyeusement le garçon en passant devant elle. J'ai essayé d'expliquer les règles du football à mes amis à Poudlard mais ils n'ont strictement rien comprit…
- C'est pourtant le meilleur sport du monde, répondit sa mère en pouffant de rire. Toute une éducation à refaire chez les sorciers… Tu devrais leur faire essayer, je suis sure qu'ils adoreraient.
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Nia regarda la famille passer avec des yeux ronds et lorsqu'ils furent plus loin, elle rejoignit sa mère dans la brasserie et s'installa à côté d'elle en lui tendant sa glace.
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- Il y a des sang-de-bourbe dans la rue…, lâcha-t-elle tout doucement en regardant à droite et à gauche d'un air dégouté. Ils disent que les sorciers manquent d'éducation…
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Ashe remercia sa fille pour la glace, ne semblant pas étonnée de ce qu'elle entendit.
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- Oui, j'en ai vu aussi. Ils ne se font même plus petit depuis quelques années, c'est désolant. Tout ça parce que le ministère les protège. C'est ridicule. Les véritables sorciers se compteront bientôt sur les doigts d'une main.
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Elle soupira et termina son café ainsi que la glace alors qu'Arsenia acquiesçait. C'était une maladie pour les sorciers ces gens-là, sa mère lui avait toujours dit que les moldus étaient la gangrène de la communauté. Là-dessus l'ancien mage noir avait eu raison de les remettre à leurs places. Elle regarda sa mère.
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- Au moins je ne serai pas dans la même maison qu'eux. Merci Merlin, Salazar n'accepte pas ce genre de personnes.
- En effet, répondit Ashe en hochant la tête, heureusement. Mais ne te laisse pas influencer une fois là-bas. Et soit fière de ton statut, comme tu l'as toujours été. Les sang-purs commencent à disparaitre, il faut faire perdurer tout ça.
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Arsenia hocha la tête en mettant dans un coin de sa tête ce que sa mère lui disait. Il fallait qu'elle soit moins impulsive sinon les sang-de-bourbes auraient un effet sur elle, autant les laisser s'attirer des ennuis tous seuls. Ashe fixa sa fille un moment puis changea de sujet.
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- Qu'as-tu acheté ?
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La jeune fille sourit à la question et sortit un gros paquet de bonbons de sa poche.
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- Des bonbons évidemment, un livre et ces deux glaces.
- N'en mange pas trop, préconisa-t-elle en regardant le paquet en coin. De quel livre s'agit-il ? Toi qui n'aimes pas tellement ça, c'est étonnant.
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Elle opina à la remarque sur les bonbons et rougit un peu à la question sur le livre. Elle hésita et se fit la réflexion que de toutes façons elle ne pourrait pas lui cacher indéfiniment.
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- Un livre sur la légilimancie. Cette magie a l'air si intéressante... Je me doute bien qu'il doit falloir être plus vieux que moi pour apprendre ce genre de chose mais je me dis que si je fais un peu régulièrement... Je pourrais peut-être finir par y arriver. Tu en penses quoi ?
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Arsenia espérait beaucoup que sa mère lui dise qu'elle en serait capable et qu'elle l'encourage à apprendre cet art mais quand elle la vit se fermer et que son air devint beaucoup plus sombre elle se fit la réflexion que ce ne serait pas le cas. Ashe l'observa un long moment, perdue dans ses pensées en semblant sonder son esprit, puis elle regarda la table du même air.
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- Hmm ... je ne sais pas qui t'a mis cette idée en tête, mais la légilimancie n'est pas une priorité. Tu as onze ans, je veux que tu te concentres sur ce que tu apprendras à Poudlard et pas de stupides choses comme celles-ci.
- Mais pourtant ça a l'air utile. Le vendeur a dit qu'on pouvait entrer dans l'esprit des personnes avec ça.
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Sa mère la fixa en plissant un peu des yeux, les « mais » n'étaient pas son fort et elle ne les appréciait pas beaucoup.
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- Pourquoi le vendeur t'a parlé d'une telle chose ? C'est ridicule. Tu n'as pas besoin de ça, Arsenia. Avant ta rentrée, tu liras les livres prévus par l'école, et tu mettras cette idée stupide de côté. Compris ?
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Arsenia fit la moue, déçue par la réponse et un peu déprimée d'avance de devoir lire tous les livres avant même d'arriver à l'école mais elle hocha la tête. Après tout, elle pourrait bien faire les deux. Si un jour elle y arrivait sa mère changerait peut-être d'avis. En repensant au vendeur, certaines questions lui revinrent en tête et elle changea de sujet.
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- Oui j'ai compris. Je peux te poser une question ? Sur le vendeur. C'était étrange...
- Quoi donc ?
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Son regard n'avait pas changé malgré la déception quelle avait vu chez sa fille et elle avait répondu d'un air un peu distrait. Arsenia sembla pensive un instant puis elle raconta à sa mère comment s'était déroulé le moment qu'elle avait passé avec le vendeur. La façon dont il avait changé d'attitude en apprenant son nom, sa réflexion sur la réputation de sa famille et ses mensonges en guise de réponse. Le malaise qu'elle avait ressenti chez lui et la façon dont il avait blêmi à la fin quand elle lui avait dit qu'elle savait qu'il mentait et qu'elle avait évoqué sa mère... Elle la regarda, ne sachant pas trop quoi penser.
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- Pourquoi il a réagi comme ça ?
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Ashe l'avait écouté attentivement, ne semblant pas réellement surprise par ce que sa fille lui racontait. Elle avait haussé un sourcil en entendant les mensonges proférés par l'homme et en eut l'air plutôt agacée même. Finalement, elle eut un petit sourire en coin.
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- Quand on se forge une réputation, quelle qu'elle soit, on peut très vite effrayer les gens rien qu'en évoquant notre nom. Le fait que tu sois une Drake l'a perturbé car il sait quel genre de famille nous sommes. Ce n'est pas parce qu'il est sang-pur qu'il nous soutien dans nos démarches. Il sait qui nous sommes, moi en particulier. Je peux détruire sa carrière d'un claquement de doigt.
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Elle leva les yeux au ciel et sembla retrouver un peu plus d'entrain que précédemment à cette idée. Un air de fierté avait parcouru le visage d'Arsenia quand sa mère avait évoqué le fait que c'était une Drake. Elle adorait sa famille et elle n'aurait voulu naître ailleurs pour rien au monde. Même les réunions pénibles ou l'intransigeance dont pouvait faire sa mère ne l'en dissuaderaient jamais. Ses yeux avaient ensuite brillé quand sa mère lui avait dit pouvoir détruire la carrière de l'homme d'un claquement de doigt et la petite fille s'était mise à rêver devenir aussi puissante que sa génitrice. Elle la regarda avec un air admiratif.
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- J'espère que plus tard je serai comme toi. Aussi forte et aussi puissante. Je travaillerai dur pour ça.
- Je suis certaine que tu y arriveras sans difficulté, répondit sa mère en lui passant la main dans les cheveux en souriant. C'est dans ton sang, après tout.
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Arsenia prit un bonbon dans le paquet qui était toujours sur la table et le mangea.
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- Est-ce que je pourrai essayer ma baguette rapidement ?
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Elle acquiesça à la demande, l'air bien plus sérieux tout d'un coup.
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- Oui, mais il faudra que tu écoutes attentivement ce que je te dirais. Que tu ne vises pas trop haut, et que tu ne t'attendes pas à tout réussir du premier coup. Nous ferons un essai mais pour la suite, je veux que tu regardes d'abord la théorie avant d'essayer quoi que ce soit. Et jamais sans moi.
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L'enfant promit à sa mère de bien l'écouter et de faire ce qu'elle dirait dans ces moments-là puis elle attrapa un autre bonbon avant de ranger le paquet. Sa mère avait dit pas trop après tout... Elle le mangea en le savourant et se mit à gigoter sur sa chaise, ses pieds se balançant dans le vide. Une dernière question la taraudait depuis l'achat de sa baguette. Elle ne voulait pas que sa mère ait l'impression qu'elle lui reprochait quelque chose mais elle avait besoin de savoir. Elle posa sa question sans la regarder un peu honteuse de faire penser à sa mère qu'elle n'était pas assez grande.
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- Pourquoi tu n'es pas restée avec moi pour ma baguette ? J'aurai bien aimé que tu sois là...
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Sa mère la regarda de son habituel air neutre, celui avec lequel on pouvait difficilement savoir ce qu'elle pensait.
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- C'était ton moment. Je comprends que tu aurais préféré que je sois avec toi, mais je préférais, personnellement, te laisser sans que tu sois influencée par ma présence. Ce sera de plus en plus comme ça tu sais, il faut que tu prennes tes responsabilités car je ne serais pas toujours là.
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Elle posa sa main sur son épaule.
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- Je suis fière de toi, Arsenia. Ne te tracasse pas, c'est un changement logique.
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Nia ne fut pas vraiment satisfaite par la réponse de sa mère. Elle avait l'impression qu'elle avait plus esquivé le sujet qu'autre chose, comme pour beaucoup de choses ces derniers jours. La réponse semblait presque préparée à l'avance… Elle secoua la tête pour faire disparaître ces sentiments, sa mère ne lui mentirait pas c'était impossible elle devait imaginer des choses puis elle s'affala légèrement sur sa chaise. Elle opina finalement à la réponse fournie et regarda sa montre. Presque 13h, elle commençait à avoir faim.
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- Qu'est-ce que nous allons faire cette après-midi ?
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Sa mère la regarda un peu en grimaçant, ignorant l'expression sur le visage de sa fille.
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- Tiens-toi droite Arsenia. Nous allons rentrer pour que tu manges, ensuite nous pourrons commencer à travailler un peu comme tu le désires. Je pense que tu trépignes d'impatience à l'idée d'essayer enfin ta baguette.
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Elle se redressa automatiquement à la réflexion de sa mère puis une lumière s'alluma immédiatement dans le cerveau de la jeune fille aux mots "essayer baguette". Elle se mit à trépigner sur sa chaise.
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- C'est vrai ? Je pourrai l'essayer juste après le repas ? Oh oui oui oui !
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Elle se leva d'un bond et attrapa sa cape posée derrière elle qu'elle enfila.
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- Je suis prête !
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Ashe eut un sourire et se leva également, sans relever le fait que sa fille était complétement surexcitée alors qu'elle lui avait dit de ne pas l'être. Pour le moment, elle serait compréhensive et elle l'entraîna à l'extérieur de la brasserie. En prenant le chemin du retour, Arsenia vit une boutique à laquelle elle n'avait pas forcément fait attention jusque-là. La ménagerie magique... Des chouettes étaient installées devant l'entrée, et en regardant à travers la vitrine on pouvait voir tout un tas d'animaux. Des chats, des rats, des boursouflets ... et plein d'autres. La jeune fille se dirigea automatiquement vers la vitrine pour regarder ce qu'il y avait dedans. Des chatons jouaient avec des espèces de petites balles magiques tandis que les hiboux essayaient de dormir en lançant des regards noirs aux rats qui couraient partout. Les boursouflets semblaient dormir... Ses yeux auraient voulu regarder partout en même temps. Elle tira sur la main de sa mère en lui montrant la vitrine.
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- Tu as vu ? Ils sont beaux !
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Sa mère s'arrêta et regarda à son tour, la laissant un peu s'émerveiller devant ces animaux si mignons, il fallait l'avouer.
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- Oui, ils sont mignons. Aller viens, nous rentrons.
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Elle exerça une légère pression sur sa main, pour qu'elle détache son regard de la vitrine et qu'elle la suive. Arsenia se désintéressa des animaux à contre cœur. Les chatons lui avaient tapé dans l'œil, surtout le noir au fond. C'était juste du plaisir d'accord, mais ils étaient si adorables à jouer avec leurs balles… Elle suivit sa mère en jetant un dernier regard.
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- Je pourrai avoir un animal pour Noël ? Un hibou ou un chat...
- Nous verrons. Si tu travailles bien à l'école et si tu te comportes bien, alors peut-être.
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Elle entraîna sa fille qui redescendit de son nuage en entendant la réponse. Ses espoirs d'avoir une petite boule de poils ou de plumes s'éloignaient considérablement... Lorsqu'elles atteignirent le point de départ, Ashe fit signe a sa fille de passer devant et Arsenia récupéra de la poudre avant d'annoncer l'adresse de la maison. Une fois dans le salon, elle fila en courant dans le salon et sortit l'un des seuls achats qu'elle avait gardés avec elle depuis le début de la matinée, sa baguette. Elle posa la boîte sur la table, jeta le sac contenant le livre par terre et commença à ouvrir la précieuse boite pour récupérer sa baguette. Maintenant, elle était une vraie sorcière.
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