Coucou, Voici enfin le deuxième chapitre !

Je sais, il en a fallu du temps mais j'ai une excuse ! Il se trouve que le chapitre de base a été perdu, j'ai donc du tout réécrire. Autant dire que je n'ai pas été très motivée au départ, surtout que le début du chapitre 3 était écrit xD Mais j'ai pris mon courage à deux mains et le voici réécrit et corrigé par ma super beta Kebeo (merci à elle ! )

Et encore un grand merci à tous ceux qui m'ont laissés des reviews, c'est une grande motivation ! Donc merci à Abby (tu me passes l'utilisation d'un surnom hein ? mdr), Under Your Spells , emichlo , Mikipeach et Rukie-chan.

Et surtout, merci à Kebeo qui a corrigé ce chapitre ;)

Bonne lecture, j'espère que cette suite vous plaira !

Chapitre 2 : Arrivée au mur.

Le feu, les cris.

Morgause a peur. Elle ne le montrera jamais mais, la terreur s'est emparée d'elle. Alors, la jeune fille pense à sa sœur, Morgane, qu'elle a cachée dans la forêt où elle se trouve.

Morgause sait qu'un soldat l'a suivie. Alors, elle fait en sorte que sa jumelle soit en sûreté, quoi qu'il advienne. Elle attire ce monstre destructeur loin de Morgane, courant aussi vite qu'elle le peut.

Arrivée assez loin, elle se stoppe et se cache dans un bosquet, un poignard fermement serré dans sa main.

Quand elle le voit, elle ne réfléchit pas vraiment. Morgause entend encore les hurlements de sa mère, de ses amis alors que les flammes s'emparaient des maisons et que les soldats les tuaient sans leur donner la moindre explication. Morgause entend encore leur mère lui hurler de fuir aussi loin que possible sans se retourner. Elle voit encore les larmes sur les joues de Morgane ainsi que la terreur qui brillait au fond de ses prunelles.

Alors, la jeune femme saute sur le soldat, le plaquant au sol, la lame sous la gorge. Elle veut le tuer, l'entendre hurler comme les membres de son village l'ont fait mais, surtout, elle veut comprendre.µ

-Pourquoi ? demande-t-elle alors sèchement en pressant le poignard contre la gorge du soldat romain.

-On… on a obéi aux ordres, se défend-t-il.

-Lesquels ?

-Ramener les sœurs d'Arthur sans laisser de survivants, avoue-t-il difficilement.

Morgause le fixe mais ne décèle aucun mensonge.

-Qui voudrait faire une telle chose ? interroge-t-elle d'une voix tremblante.

Le soldat romain écarquille les yeux en secouant la tête.

-Je ne peux rien dire, il me tuera, tente-t-il paniqué.

-Parce que vous pensez survivre alors que mon poignard menace de vous égorger ? S'étonne-t-elle.

Le soldat ouvre la bouche puis, une lueur de résignation brille dans son regard ainsi qu'une culpabilité qui surprend Morgause.

-L'évêque Germanus a donné les ordres, soupire-t-il. J'ignore pourquoi mais il a été très clair : ramener les filles et tuer les autres.

Morgause en a le souffle coupé. Germanus ? C'est impossible ! Il n'aurait pas fait cela. Pourtant, les yeux de ce soldat ne reflète qu'un profond remord. Aucune ruse.

Un sentiment nait dans la poitrine de Morgause, rongeant son cœur avant de paralyser ses membres. Elle ne pense plus à rien si ce n'est à une chose : le visage de celui qui a prétendu avoir de l'affection pour elle. Elle le voit prendre la place de ce soldat, son visage coupable prenant une expression narquoise et satisfaite. Ce visage disant : « Je t'ai bien eue ».

Pour la première fois, Morgause se sent trahie.

Pour la première fois, Morgause sent la haine, ce poison mortel, ce répandre en elle et prendre possession de son corps.

Alors, elle le tue, sans remord. Juste avec cette haine qui, sans qu'elle le sache encore, s'agrandira avec le temps.


Morgause se réveille en sursaut, la sensation poisseuse du sang encore sur les mains. Elle soupire profondément, en se passant une main sur le visage.

Elle regarde un instant autour d'elle et remarque avec soulagement qu'elle n'a réveillé personne si ce n'est Mordred qui la fixe intensément dans une question silencieuse. Morgause secoue légèrement la tête tout en se relevant et son ami se recouche sans plus insister.

Aussitôt qu'elle est sur ses jambes, sa servante est devant elle, ses affaires de toilette à la main. Morgause a vu un cours d'eau non loin et compte en profiter pour faire une toilette sommaire pour se rendre présentable. Sur la semaine qui vient de s'écouler, les occasions de se laver se sont faites fort rares, trop rares pour Morgause qui a l'impression que ses vêtements et son corps tout entier sont incrustés de terre et de poussière.

Pour sa servante, Aliénor, il n'en est trouve sa maîtresse toujours aussi belle, toujours aussi effrayante dans son comportement froid et distant. Pourtant, Aliénor aime Morgause comme une amie précieuse. La servante a été présente pour tous les moments douloureux de la jeune femme. Elle n'a eu de cesse de la réconforter, de la protéger autant qu'elle le pouvait. Évidemment, contre les colères de Lot, Aliénor n'était d'aucun secours et se devait d'aider après.

Au début, la servante se souvient avoir du serrer Morgause dans ses bras alors que les sanglots l'étranglaient. Et puis, finalement, le temps est passé et elle ne pleurait plus, restant froidement assise alors qu'Aliénor la soignait, une lueur de haine implacable dans les yeux.

Si ce qui est arrivé à Lot est un mystère pour tous, Aliénor a une idée certaine de ce qui est advenu de lui et n'en a jamais soufflé mot à personne. La disparition de ce monstre sanguinaire est une bénédiction pour tous. De plus, au plus profond d'elle-même, la servante sait qu'elle suivra Morgause où qu'elle aille et quoi qu'elle fasse. Elle lui restera loyale quoi qu'il arrive.

Morgause plonge dans l'eau glacée sans en éprouver de gêne. Elle a vécu pire qu'un bain froid. Elle frotte son corps de la crasse et soupire en voyant sa servante prête à venir l'aider.

-Je n'ai pas besoin de toi, Aliénor, lui assure-t-elle gentiment. Tu n'as pas besoin de m'aider aujourd'hui, je t'assure.

-Cela ne me gêne aucunement, proteste la servante avec hésitation.

-Je le sais, sourit Morgause. Mais je te demanderai juste de me brosser les cheveux.

Aliénor pince les lèvres mais acquiesce. Morgause ne changera pas d'avis et la servante ne prendra pas le risque à essayer.

Elle regarde les longs cheveux noirs de sa maîtresse avec envie avant de soupirer avec fatalité. Les siens, d'un brun terne, sont toujours attachés car il n'y a rien d'autre qu'elle puisse en faire. Pas que ce soit si terrible. Sa maîtresse est une grande dame, il est normal qu'elle soit si belle. Quant à Aliénor, elle n'est qu'une servante, personne ne lui demande d'être belle, juste d'être présentable.

Quand Morgause sort de l'eau, elle se sèche rapidement et s'habille. Sa servante lui brosse ensuite les cheveux, enviant encore une voix leur douceur avant de se secouer. Quand Morgause se redresse, prête à rejoindre les autres, sa servante en fait de même.

-Reste donc et lave-toi, lui ordonne-t-elle.

-Mais, maîtresse, il faut nous préparer à partir, proteste-t-elle. Les chevaliers ne vont pas tarder à…

Morgause claque sa langue sur son palais en fusillant Aliénor du regard.

-Le soleil va à peine se lever, la contredit-elle avant de faire demi-tour.

Arrivée au campement, elle remarque que les chevaliers sont pourtant déjà bel et bien réveillés et rangent leur affaire. Quand Arthur la voit, un soupir lui échappe.

-Tu devrais prévenir avant de t'éloigner ainsi ! la réprimande-t-il.

-Vous dormiez comme des gros bébés, je n'ai pas voulu vous déranger, se défend-t-elle en haussant les épaules.

Arthur pince la lèvre sous l'agacement. Morgause a toujours été la plus difficile. Elle est si… libre. Morgane elle… non, il se refuse à penser à elle. Secouant la tête, il remercie simplement Dieu de lui avoir rendu Morgause après autant d'années. Et il se met à espérer que tout ira bien, qu'il pourra enfin garder ce dernier membre de sa famille. Car, en dehors des chevaliers, il n'y a plus qu'elle.

Morgause avance sans regarder où elle va, passant sa main dans ses cheveux en pestant intérieurement contre leur lenteur à sécher. Elle bute contre quelque chose de dur et aurait certainement atterrit au sol si deux mains fermes ne l'avaient pas maintenues, enserrant sa taille.

Elle lève ses deux yeux verts clairs vers son sauveur et découvre le chevalier Lancelot qui la fixe de ses yeux sombres comme s'il désirait la manger. Morgause lui sourit.

-Merci chevalier, je me serais certainement fait très mal sans vos réflexes, le remercie-t-elle.

-Tout le plaisir est pour moi, répond-t-il promptement alors que l'emprise sur sa taille se resserre.

Ils restent un instant comme ça, remerciant l'un et l'autre le ciel d'être à l'abri des regards indiscret. Puis, Morgause se réveille et tente de s'éloigner mais, la prise sur sa taille est bien présente et ne semble pas vouloir bouger. Le chevalier la tient fermement et ne semble pas se rendre compte de ses tentatives d'éloignements.

-Pourriez-vous me lâcher, chevalier ? demande-t-elle en se retenant de rire. Si vos amis nous trouvent dans cette position, ils pourraient fort imaginer certaines choses.

L'homme semble réaliser qu'il la tient toujours et la libère dans un sursaut.

-Veuillez m'excuser, souffle-t-il, conscient qu'Arthur aurait vu d'un très mauvais œil cet instant.

Loin de paraître vexée ou heurtée dans sa sensibilité, la jeune femme lui sourit avant de poursuivre son chemin.

Lancelot ne lâche pas des yeux alors qu'elle s'éloigne, gracieuse et ayant retrouvé sa froideur habituelle.

-Oublie !

Le chevalier se tourne vers son frère d'arme, Owein qui le fixe d'un air réprobateur et légèrement désolé. Voir ce chevalier sortant à peine de l'adolescence le regarder de cette façon à quelque chose d'amusant mais, conscient qu'il serait mal perçu de rire de lui maintenant, Lancelot joue la carte de l'innocence.

-De quoi parles-tu ? l'interroge-t-il.

-Tu t'attireras des ennuis avec Arthur, poursuit son ami en secouant la tête.

-Je l'ai juste sauvée d'une mauvaise chute, se défend Lancelot en se crispant.

-Et tu t'es senti obligé de la serrer contre toi en plongeant ton regard dans le sien ? raille Owein. Note bien que tu as de la chance, tu es le seul à qui elle ait adressé la parole ! La Dame ne semble pas à ce point ravie de voyager avec une escorte de chevalier. Pourtant, elle est en sécurité de cette façon.

Lancelot se retient de lever les yeux au ciel. Owein a beau être son ami, il a tendance à parler beaucoup, une vraie pipelette. Mais également la meilleure source d'information qu'on puisse rêver.

-Qu'est-ce que tu sais sur…

Owein lui lance un regarde exaspéré mais, étant d'une nature prompte aux confidences et étant surtout incapable de se taire quand il s'agit de Lancelot, il ne met pas longtemps à parler.

-Dame Morgause a été marié au seigneur Lot, commence-t-il. Ce dernier était très puissant, possédant les meilleurs soldats mais… son allégeance n'allait qu'à lui-même. Il était brutal, sanguinaire et effrayait n'importe qui ayant entendu parler de lui. Pour s'assurer sa loyauté et disposer de ses hommes, on lui a proposé un mariage. Sa première femme venait de mourir dans des conditions… disons simplement que l'histoire n'a jamais été tiré au clair. Il aurait eu vent des sœurs d'Arthur, j'ai entendu dire qu'il les avait rencontrées une fois. Lot a choisi Morgause.

-Pourquoi elle ? interroge Lancelot.

Après tout, un homme cherche souvent une épouse docile, soumise. Autant Morgane correspondait très bien à ces critères, autant Morgause semble être une femme indépendante qui ne se laisse aucunement dicter sa conduite. La prendre pour épouse, lui qui était un homme habitué à ce que l'on ploie devant lui à la simple mention du nom, était une source de problème assurée. Mais peut-être est-ce justement pour cette raison que Lot l'a choisie, parce qu'elle représentait un défi.

-Je n'en sais rien, répond Owein en haussant les épaules. Tout ce que je sais c'est que des troupes ont été envoyées au village des sœurs d'Arthur. Les villageois auraient résistés ce qui a conduit à leur massacre. Le nom de celui qui a envoyé les troupes n'a jamais été dit clairement. Le seul homme à le savoir n'est jamais revenu. Les soldats ont ramenés les jumelles et, alors que Mo…Morgane, hésite Owein en jetant un coup d'œil autour de lui, est restée au mur, Morgause, elle, a été envoyée au domaine de Lot le jour même.

Lancelot regarde aussi du côté d'Arthur, heureusement trop loin pour entendre leur conversation. Le nom de Morgane a été proscrit au départ de celle-ci. Morgause n'a même jamais été mentionnée clairement. Le chevalier se souvient pourtant des cris de Morgane le lendemain de son arrivée. Elle a hurlé jusqu'à ne plus avoir de voix, réclamant de la rejoindre sur le champ. Son vœu n'a jamais été exaucé et plus jamais la jeune fille n'a jamais fait mention de cette autre personne qu'elle voulait désespérément rejoindre. Pourtant, il est clair aujourd'hui qu'il s'agissait de Morgause.

-Je pleins cette fille, soupire Owein. Elle a dû avoir un mariage particulièrement difficile avec ce monstre.

-Tu ne sais rien de plus ? demande Lancelot.

-Comment ça, rien de plus ? s'indigne Owein en pinçant les lèvres. Interroge les gens du mur et dis-moi lesquels seront capable de te dire tout ce que je t'ai dit ! Et pour te répondre ; non. Apparemment, plus personne au mur n'a eu de nouvelle d'elle. Enfin, sauf Arthur mais, même là, j'ai cru comprendre que la correspondance avait commencé par s'espacer pour totalement s'arrêter.

Lancelot réprime un sourire devant l'accès de colère d'Owein. Ce gamin est incroyable. Comment peut-il savoir tout ça ? Ce n'est pas comme s'il n'avait que ça à faire tout la journée : colporter des ragots et interroger les autres. Pourtant, ce chevalier semble toujours au courant de tout avant tout le monde. Et, s'il a du mal à taire ses connaissances devant Lancelot, il s'avère être une vraie tombe avec les autres. Et Lancelot sait de source sûre qu'il cache bien des secrets, même à lui.

Puis le chevalier se tourne vers Arthur en fronçant les sourcils. La renommé de Lot était donc connue de tous même à l'époque. Lancelot lui-même avait entendu parler de lui alors qu'il ne s'intéresse généralement pas aux ragots et autres fadaises. Pourtant, Arthur a accepté que l'on vende sa sœur à un monstre sanguinaire dont la mort de la première femme a laissé bien des questions. C'est étrange et dérangeant.

Mais… les jumelles ne sont pas longtemps restées sous la tutelle de leur frère. Lancelot a entendu dire que les sœurs étaient passées sous la tutelle de l'évêque Germanus à la mort de leur mère. Si tel était le cas, peu importe combien Arthur a protesté -car il est évident pour Lancelot qu'il l'a fait-, Germanus n'a sûrement pas écouté un traitre mot et a agi selon son bon plaisir ! Cet évêque répugne Lancelot bien plus qu'il ne saurait dire mais, savoir ce qu'il a fait à la sœur d'Arthur le révulse et lui donne des envies meurtrières. Le pire étant qu'il devra le supporter pendant encore cinq ans.

Et Arthur, comme il doit se sentir coupable de ne pas avoir réussi à préserver sa sœur. Cela explique sans doute sa joie de la retrouver et la patience qu'il met à répondre à tous ses désirs -ce qui les a ralentis de deux jours au moins.


L'arrivée au mur d'Hadrien se fait dans un soulagement collectif.

Ce mur de pierre et de tourbe mesurant quatre mètre cinquante de hauteur pour deux mètre septante d'épaisseur n'a jamais été franchi par l'ennemi ? Imposant, sans fin, il inspire le respect et celui qui souhaite l'attaquer sait quel défi se présente à lui.

Morgause n'a jamais vu le début ou la fin de se mur. À ce que l'on dit, il s'étend sur des centaines de kilomètres. Une barrière infranchissable, gardant les pictes, saxons et autres ennemis de Rome à distance. Pourtant, caché derrière son statut de sœur, Morgause -à moitié picte elle-même - s'apprête à franchir cette porte si bien gardée. Si Arthur ou les soldats romains connaissaient son but, elle aurait certainement été exécutée sans cérémonie. Les chevaliers ? Elle ne saurait dire… ils ont été asservis mais, ils sont également fidèles à Arthur à qui il voue une étrange affection.

La satisfaction l'étreint quand elle arrive dans la cour, toujours à cheval accompagnée des chevaliers et de Mordred. Une effervescence particulière prend place, surprenant Morgause. Les chevaliers semblent être appréciés.

La jeune femme s'apprête à descendre de cheval quand une vois l'arrête.

-Par tous les Saints, c'était donc vrai ? Morgause de retour au mur ! Descendez que je puisse vous regarder !

Morgause sourit en même temps qu'une vague glacé s'empare d'elle. L'évêque Germanus est là et l'aide à descendre de sa monture. Il est resté tel qu'elle en avait le souvenir. Ses cheveux grisonnants, ses sourcils fournis et ce sourire hypocrite qu'il ne quitte jamais.

Quand Morgause met pied à terre, l'évêque l'étreint et la jeune femme ne peut retenir une légère grimace avant de se reprendre. Elle lui rend son embrassade avant de s'éloigner en lui souriant comme si le revoir la transportait au comble de la joie. Il continue de lui tenir les mains, l'éloigne et la jauge.

-Vous êtes toujours la beauté incarnée, mon enfant, affirme-t-il en lui souriant. Quand j'ai eu votre message m'annonçant votre arrivée, j'ai cru à une farce de mauvais goût mais, vous voilà enfin ! Cela fait si longtemps…

-Mon Seigneur, bien trop longtemps pour que je ne profite pas de cette occasion pour revenir à la maison, souffle-t-elle d'une voix émue alors qu'elle ricane intérieurement. Même si, malheureusement, l'évènement qui nous réunit est loin d'être joyeux.

L'air joyeux de Germanus disparaît pour laisser place à un air grave de circonstance. Comme il est doué pour jouer la comédie, se dit Morgause. Presque aussi doué qu'elle.

-Oui, la mort de votre époux m'a plongé dans un profond chagrin, réplique-t-il en lui étreignant les mains. C'était un homme courageux et il a servi Rome et le Pape loyalement jusqu'à son dernier souffle. Quel dommage qu'une simple chasse ait eu raison de lui.

-Cela a été un choc pour nous tous, répond Morgause en feignant un sourire forcé et peiné sur ses lèvres.

-C'est terminé maintenant, affirme Germanus. Laissez donc ces mauvais souvenirs derrière vous et réjouissez-vous d'être revenue auprès de votre frère.

-Votre gentillesse est une bénédiction pour tous ! Et j'espère que vous ferez preuve d'autant de générosité envers moi qu'envers Mordred, le fils de mon époux défunt, qui a insisté pour m'accompagner.

-Mordred ? s'exclame l'évêque alors qu'une lueur de curiosité brille dans ses yeux sournois. Évidemment, il est le bienvenu aussi longtemps qu'il le voudra ! Où est-il ?

-Vous le trouverez là-bas, Mon Seigneur, répond la jeune fille en montrant l'endroit du doigt. Je ne vous accompagnerai pas, cependant, j'avoue que le voyage à été long.

L'évêque Germanus la rassure, lui disant qu'il comprend parfaitement en lui souhaitant un bon repos avant de s'éloigner.

Morgause le regarde faire, un sourire de satisfaction morbide sur le visage. Le pauvre fou, il n'a pas idée de ce qu'il laissé entrer. Et si faire semblant de l'apprécier a été difficile -sans compter ces niaiseries sans intérêt-, le résultat lui donne le courage de continuer.

Il va payer. L'évêque Germanus, cet hypocrite, va payer le prix fort pour le massacre de son village et de sa mère. Il va payer le prix fort pour ce mariage qui l'a condamnée à tant de souffrance.

Mais d'abord, elle le fera souffrir. Et elle y prendra grand plaisir.


-JE LE SAVAIS !

Morgause sort de ses souvenirs pour regarder la blonde qui lui fait face. La surprise la frappe. Cette Enora semble furieuse, hors d'elle.

-Cet abruti, ce sal menteur de mono-sourcil ! jure-t-elle. Il est toujours là où sont les problèmes. Ce n'a rien de surprenant que ce crétin ait une part de responsabilité dans l'histoire !

Oui, Enora n'est pas surprise mais ulcérée. Cet imbécile atrophié du cerveau a massacré des innocents pour ramené ces deux filles au mur et en marier une à un malade psychopathe dans la foulée ! Et tout ça pour s'assurer que les soldats de ce connard répondront à l'appel le moment venu ! Germanus est la pire des crasses et Enora regrette qu'il soit toujours en vie car ça signifie que Morgause ne l'a jamais tué et… Bordel, cette femme mérite bien de tuer de ses propres mains cet ignoble décérébré aux sourcils handicapés !

-Tu l'as donc rencontré ? demande Morgause en penchant la tête sur le côté.

-Oh oui ! crache Enora dans une grimace de dégoût. Dagonet a bien failli y passer par sa faute. Il les a envoyé en mission suicide le jour où ils devaient recevoir leur liberté. Arthur ne l'a plus vu de la même façon par après…

Enora s'arrête alors que le visage de Morgause se tord dans une expression de haine et de fureur.

-Arthur et son évêque, raille-t-elle en se relevant, tournant en rond. Il suffira à ce… cet évêque de siffler pour que mon cher frère accourt la queue entre les jambes et la tête basse !

La haine s'échappant de Morgause effraye presque Enora. Presque. Car, la souffrance qui accompagne ses paroles, la détresse qui s'échappe de sa voix tremblante sert le cœur de la blonde. Elle ne reconnaît pas Arthur dans les paroles de Morgause mais, il a sûrement changé. Si seulement Morgause pouvait s'en apercevoir, peut-être cesserait-elle de le haïr à ce point ? Après tout, si ce n'est que la fidélité stupide d'Arthur envers l'évêque qui les sépare, il suffit que la jeune femme aux cheveux de jais se rende compte que cette fidélité à disparue pour que les choses s'arrangent…

Pourtant, Enora n'est plus si naïve. Elle se doute que l'histoire doit être plus grave que ça. La haine qui semble ronger Morgause ne peut pas venir d'une chose aussi stupide.

-Pourquoi haïssez-vous Arthur à ce point ? lui demande-t-elle.

-Tu ne vois que le bon côté, réplique Morgause d'une voix froide en la regardant de toute sa hauteur. Il t'a eu à l'aide de belles paroles mais Arthur Castus n'a rien d'un homme bien ! Un homme ayant un sens de l'honneur, un homme considérant sa famille comme une priorité n'aurait pas fait ce qu'il a fait !

-Pourtant quand vous l'avez revu, vous ne sembliez pas lui en vouloir ! fait remarquer la blonde.

-Il m'a eu comme toi, avoue Morgause, une expression douloureuse sur le visage. J'ai cru qu'il…malgré ce qu'il avait à ma sœur, j'ai cru que, peut-être, il était juste et nous aimait. Ce n'est que plus tard que j'ai appris sa traitrise et sa fourberie. Arthur n'est pas digne de confiance !

Enora se crispe légèrement à la mention de la jumelle. L'image de cette femme -le double de celle qui lui fait face- avec Tristan la dérange énormément. Elle ne sait pas comment elle réagira si elle aussi décide de venir faire un tour au mur pour dire bonjour à son frère bien aimé -notez l'ironie. C'est pourquoi, alors que bien d'autres questions méritent d'être posée, la seule qu'elle parvient à laisser échapper est :

-Et… Morgane, qu'était-elle devenue ?

-C'est une longue histoire, sourit tendrement Morgause et Enora reste stupéfaite du changement. À cette époque, elle vivait déjà avec les pictes. Le jour de mon arrivée, elle s'était rapprochée dangereusement du mur par la forêt à ma demande. J'avais besoin de son aide. Je ne savais à qui m'adresser au mur, je ne connaissais personne de confiance puisque je venais d'arriver. C'était dangereux mais, elle le voulait. Morgane tenait à m'aider le plus possible pour réduire les risques que je sois suspectée. Alors nous nous sommes rencontrées dans cette forêt la nuit-même pour tout mettre au point.

-Que fallait-il mettre au point ? interroge Enora, connaissant pourtant la réponse.

-L'agonie de notre bien-aimé évêque, sourit sournoisement Morgause. Cela ne me suffisait pas de le voir mourir. Je voulais qu'il souffre !


Et voilà pour ce chapitre. On apprend les raisons de la haine de Morgause alors que celle qu'elle ressentira pour Arthur reste un mystère mais, j'avoue que j'adorerai connaître vos théorie ;)

Pourquoi Morgause déteste-t-elle autant Arthur ? Qu'a-t-il bien pu faire ? Est-ce que ce sera assez terrible pour changer l'opinion d'Enora ? Que compte faire Morgause à Germanus dans le prochain chapitre ? Car oui, son plan se mettra en place et il y aura une apparition de Morgane ;)

Laissez moi une review pour me dire ce que vous en avez pensé ;)

Bisous,

Rose.