Coucou!

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Dans le chapitre précédent, Severus et Electra étaient allé récupérer le médaillon et la chauve-souris de la jeune femme chez elle puis ils étaient revenus à l'Impasse du Tisseur...

Bonne lecture!


Chapitre 6

Étendu sur son lit, tout habillé, les yeux fermés, Severus se tendit imperceptiblement et il sentit subitement tous ses sens se mettre en alerte. Néanmoins, il n'esquissa pas le moindre mouvement et attendit simplement que la personne qui se trouvait actuellement dans sa chambre soit suffisamment proche de lui. Quand ce fut le cas, il ouvrit brusquement les paupières, se redressa vivement, saisit les deux bras de l'intrus et le fit basculer sur le matelas avant de le surplomber et de l'entraver de son corps pour éviter sa fuite.

« Non mais vous êtes complètement cinglé ! Lâchez-moi, crétin ! s'exclama alors Electra qui se trouvait sous lui, plaquée contre le matelas.

- Oh, c'est vous… se contenta-t-il de répondre en la relâchant et en la libérant de son emprise.

- Oui, c'est moi ! Qui voulez-vous que ce soit d'autre ? Vous avez beaucoup d'invités ? demanda-t-elle, sarcastique, en levant les yeux au ciel et en s'asseyant sur le lit en frottant ses poignets.

- C'est un réflexe, se défendit-il en passant une main sur son visage puis en se tournant pour mettre les pieds au sol et s'asseoir sur bord du lit. Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il ensuite en tournant la tête vers elle.

- J'ai faim, déclara-t-elle simplement.

- Eh bien, mangez, répondit-il avec tout autant de simplicité, en se levant du lit.

- Je l'aurais fait, si j'avais trouvé quelque chose dans vos armoires ou votre frigo, mais il n'y a rien du tout, expliqua-t-elle en avançant vers le bord du lit pour se mettre également debout.

- Vous avez fouillé chez moi ? lui reprocha-t-il en fronçant les sourcils.

- Vous vous foutez de moi ? lui renvoya-t-elle aussi sec. Vous m'abandonnez dans le salon pour aller dormir, je ne peux pas sortir de chez vous à cause de fous furieux qui veulent m'enlever pour que je leur serve d'appât, et vous croyez que je vais rester sagement assise à attendre sans rien faire ?

- Je suppose que non… soupira-t-il, las.

- Ça fait plus de sept heures que vous êtes là-haut, se justifia-t-elle encore en croisant les bras sur sa poitrine. J'ai attendu beaucoup mais maintenant j'ai trop faim et je n'ai rien trouvé.

- Très bien, très bien, j'ai compris, acquiesça-t-il en se massant les tempes d'une main. Descendons et commandons quelque chose à manger dans ce cas. Il est trop tard pour aller faire des courses.

- OK, je vous suis, approuva-t-elle en lui emboîtant le pas.

- Ça m'étonne quand même que vous soyez toujours là… déclara-t-il en descendant les marches.

- Malgré ce que je peux bien dire, je n'ai pas vraiment envie de me faire torturer ni de mourir, avoua-t-elle honnêtement.

- Ce n'est pas surprenant… dit-il en arrivant au pied des escaliers. Qu'est-ce que vous voulez manger ? De la soupe ? Une salade ? interrogea-t-il en arquant un sourcil noir et en se tournant vers elle, ne sachant pas ce qu'elle aimait.

- De la soupe ou une salade ? répéta-t-elle, offusquée, en mettant ses poings sur ses hanches. Vous vous moquez encore de moi ou quoi ?

- Ben… non… Je ne sais pas ce que vous mangez d'habitude… Vous êtes toute fine et vous êtes une danseuse, d'après ce que je sais, alors… expliqua-t-il, incertain.

- Alors les filles ne doivent manger que des légumes pour rester minces et jolies ? l'interrompit-elle, en colère.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je croyais simplement que…

- Hum ! renifla-t-elle, méprisante, en le coupant une nouvelle fois. Vous êtes vraiment comme tous les hommes ! Un macho ! affirma-t-elle, bras croisés sur ses seins, avant de relever le menton.

- Vous m'énervez à la fin ! cria-t-il en levant les bras au ciel, agacé. Je vous demandais simplement ce que vous vouliez manger et j'ai fait deux propositions en croyant que l'une d'entre elles vous conviendrait peut-être ! Je ne voulais pas déclencher un débat aussi virulent ! »

Le silence se fit dans la pièce après que la voix grave de Rogue ait résonné dans la maison puis il rompit ce calme en déclarant :

« Tout est toujours tellement compliqué avec vous ! Vous ne pouviez pas me répondre simplement que vous préfériez des pâtes, une pizza ou des plats chinois ? Je n'en sais rien, moi. Je ne vous connais pas. »

On n'entendit plus une mouche voler dans le salon puis Severus dirigea son regard vers Electra en l'entendant demander innocemment :

« On peut commander du chinois, ici ? »

Encore une fois, la jeune femme posait la question l'air de rien, comme s'ils ne s'étaient jamais disputés et que les murs n'avaient pas tremblé à cause de leurs cris. Rogue l'observa, incrédule et dérouté par son comportement, avant de lui répondre tout aussi simplement qu'elle :

« Il y a un menu dans le tiroir de la petite table sur laquelle est posé le téléphone. »

Electra acquiesça, se dirigea vers le petit meuble pour en retirer le menu et elle s'installa sur le canapé en tailleur afin de le lire et de voir ce qu'elle voulait manger.

Severus la regarda étudier le menu durant plusieurs minutes avec une grande attention puis, finalement, elle déclara en lui rendant le papier :

« Je vais prendre du canard laqué, des nouilles sautées au poulet et un potage piquant à la pékinoise.

- Rien que ça ? demanda-t-il, ironique, en arquant un sourcil et en s'emparant de la feuille pour y jeter un œil à son tour.

- Vous avez raison… dit-elle, songeuse, en hochant la tête de bas en haut. Mettez aussi un assortiment de dim sum à la vapeur, tant que vous y êtes, ajouta-t-elle avant de lui décocher un sourire innocent.

- Mais bien sûr… » soupira-t-il en roulant des yeux et en s'emparant du téléphone pour passer leur commande.

Environ trois quarts d'heure plus tard, le livreur était devant leur porte avec un sac rempli de nourriture bien chaude. Severus paya le jeune homme en lui laissant un pourboire pour la course, prit le sachet et referma la porte aussi sec.

Il se dirigea ensuite vers la cuisine, posa leur souper sur la table puis d'un coup de baguette il disposa la vaisselle et déballa la nourriture qu'ils avaient commandée.

« Vous voulez du vin avec ça ? interrogea-t-il en arquant un sourcil noir.

- Pourquoi pas, répondit-elle en haussant les épaules, indifférente.

- Ravi de vous faire plaisir… soupira-t-il en faisant apparaître une bouteille de bandol.

- Quoi ? Je n'ai pas mis assez d'enthousiasme à votre goût ? demanda-t-elle en levant les yeux au ciel. Vous préférez ça : oh, oui, Severus ! Quelle bonne idée vous avez eue ! J'en meurs d'envie ! s'exclama-t-elle sur un ton faussement enjoué avec une voix plus aigüe avant de papillonner des cils puis de lui sourire.

- À vrai dire, non, répliqua-t-il alors après avoir observé sa petite comédie. Et ne m'appelez pas Severus, ordonna-t-il en servant le liquide rouge dans leurs verres.

- Et je vous appelle comment alors ? questionna-t-elle, perplexe.

- Ne m'appelez pas. Ce sera parfait, rétorqua-t-il en la transperçant de ses yeux noirs.

- Kozel… » murmura-t-elle en s'emparant de son plat de nouilles et d'une paire de baguettes.

Rogue ne releva pas la très probable insulte qu'elle venait de prononcer et ils dégustèrent leur dîner en silence. Il fut tout de même surpris de voir la jeune femme manger absolument tout ce qu'elle lui avait fait commander, croyant qu'elle ne parviendrait jamais au bout et, lorsqu'elle eut terminé, une dizaine de minutes après lui environ, elle planta son regard gris dans le sien et demanda de but en blanc :

« Quoi ?

- Rien, répondit-il aussitôt.

- Pourquoi vous me fixez alors ? insista-t-elle, suspicieuse.

- Pour être honnête, je ne pensais pas que vous parviendriez à tout avaler… avoua-t-il, légèrement impressionné.

- Vous ne me connaissez pas, répliqua-t-elle une fois de plus en se levant de sa chaise. Vous avez terminé ? interrogea-t-elle ensuite en désignant les quelques restes présents sur la table.

- Oui, acquiesça-t-il simplement.

- OK », approuva-t-elle avant de lancer un sortilège qui débarrassa la table et emballa la nourriture qu'il avait eu en trop pour l'envoyer dans le frigo.

Electra regarda autour d'elle puis déclara en reposant ses yeux sur lui :

« Bon. Merci pour le dîner.

- De rien.

- Le vieux croulant a dit qu'il passerait demain pour nous emmener au ministère de la Magie, lui apprit-elle ensuite en passant devant lui pour se diriger vers le salon.

- Comment ça ? Vous avez parlé à Dumbledore ? questionna-t-il en la retenant par le bras.

- Lâchez-moi, exigea-t-elle immédiatement en le fusillant de son regard acier.

- Voilà ! s'exclama-t-il, irrité, en la relâchant. Alors, vous avez vu Dumbledore ?

- Pas vraiment. Il a juste envoyé son Patronus pour dire qu'il passerait demain en fin d'après-midi et que, d'ici là, je ne devais pas sortir de la maison, déclara-t-elle en s'éloignant légèrement de lui pour gagner la porte de la cuisine.

- C'est tout ce qu'il a dit ? demanda-t-il encore en fronçant les sourcils.

- Non, il a dit que vous deviez m'acheter une belle robe et une bague et être aimable avec moi, affirma-t-elle avec un sourire en coin.

- Vous inventez, déclara-t-il, catégorique.

- Je pouvais toujours essayer… » répliqua-t-elle en haussant les épaules et en disparaissant pour rejoindre le salon.

.

Le lendemain matin, après avoir passé sa nuit dans le salon, Electra se réveilla en entendant Bartok gratter à la fenêtre. Elle l'avait fait sortir hier soir pour qu'il puisse se nourrir et se dégourdir les ailes et, là, il revenait pour passer sa journée à dormir.

Elle repoussa la couverture, se frotta le visage, s'étira en baillant puis elle se leva du canapé transformé en lit et se dirigea en sous-vêtements vers la fenêtre afin de l'ouvrir pour laisser entrer son animal.

Hier soir, Rogue n'avait pas pensé à lui fournir de quoi s'habiller pour la nuit, alors elle s'était contentée d'enlever sa robe, ne souhaitant pas aller le déranger une nouvelle fois ni repartir dans une discussion animée comme à chaque fois qu'ils s'adressaient l'un à l'autre.

« Viens, mon Bartok, dit-elle gentiment en accueillant la petite chauve-souris dans sa main. Je t'ai fait un petit nid par ici », ajouta-t-elle avant de lui montrer d'un signe de tête l'espace qu'elle avait aménagé pour lui au-dessus d'une des nombreuses bibliothèques du salon en caressant son dos.

La créature ailée émit un petit cri affectueux et Electra grimpa sur l'accoudoir d'une bergère en cuir cognac afin de le déposer sur le haut de l'étagère, où elle avait installé tout le nécessaire pour sa chauve-souris.

« Non, mais qu'est-ce que vous foutez encore, Black ? » claqua soudain la voix doucereuse caractéristique du maître des potions, qui se trouvait dans le salon, bras croisé sur son torse, et qui observait la jeune femme à moitié nue, les bras tendus vers le haut de la bibliothèque et les pieds sur l'accoudoir de son fauteuil.

Electra posa gentiment Bartok sans se soucier de l'homme en noir qui la regardait, elle rejeta ses longs cheveux noirs et bouclés qui cascadaient dans son dos jusqu'au creux de ses reins derrière son épaule, se tourna entièrement vers lui en restant perchée sur la bergère et répondit simplement :

« J'installe Bartok pour sa journée.

- Vous allez vous casser la figure, déclara Rogue en l'examinant attentivement de la tête aux pieds, son regard onyx passant sur son cou, sa poitrine, son ventre, ses hanches et ses cuisses.

- Oh, non, je ne pense pas, rétorqua-t-elle en sautant du fauteuil. Et puis, de toute façon, vous vous en fichez, non ? ajouta-t-elle en arrivant près de lui.

- En effet, approuva-t-il en hochant la tête de bas en haut. Vous vous baladez tout le temps à moitié nue, même en plein hiver ? demanda-t-il ensuite en haussant un sourcil, dubitatif.

- Vous ne m'avez pas donné de pyjama ou de chemise, alors je fais comme je peux, rétorqua-t-elle en levant brièvement les épaules, désinvolte.

- Vous avez une langue pour parler, se contenta-t-il de répondre.

- Vous avez un cerveau pour réfléchir, répliqua-t-elle aussitôt, assassine.

- Arrêtons là avant que ça ne dégénère, conseilla sagement Severus en fermant les paupières et en se massant les tempes d'une main.

- OK, ça va… » soupira la jeune femme en croisant les bras sur sa poitrine.

Après quelques minutes de silence, Severus demanda, un peu embarrassé :

« Venez avec moi. Je dois vous faire essayer… quelque chose.

- C'est quoi cette chose ? interrogea Electra, suspicieuse.

- Venez, c'est tout, répéta-t-il en faisant un signe de tête vers les escaliers.

- Je m'habille avant ou pas ?

- Non, pas la peine, répondit-il en commençant à gravir les marches.

- OK… » souffla-t-elle en le suivant.

Rogue la mena à l'étage et il la conduisit dans une seconde chambre qu'il y avait en plus de la sienne. Il ouvrit la porte, se dirigea vers la penderie et en sortit une longue robe blanche, relativement simple, à manches longues, agrémentée d'un peu de dentelle au niveau du col et du bas du jupon, qu'il lui présenta.

« Cette robe était à ma mère. Je pense qu'elle devrait vous aller plus ou moins, déclara-t-il en posant ses yeux sur le vêtement puis sur la jeune femme. Mettez-la pour que je puisse l'adapter à votre morphologie, conseilla-t-il ensuite en la lui tendant.

- Je… ne vais pas mettre la robe de votre mère… pour un faux mariage, répondit-elle, hésitante, en observant la blancheur immaculée du tissu qui avait été préservé du temps par une housse hermétique avant de relever ses yeux gris vers lui.

- Hum… rit-il légèrement. Cette robe ne verra pas d'autre mariage que celui-ci. Alors qu'il soit vrai ou faux, peu importe.

- Vous n'en savez rien. Vous… voulut-elle le dissuader.

- Si, je le sais », l'interrompit-il fermement.

Electra observa encore Rogue dans les yeux pendant plusieurs secondes, se demandant pourquoi il était tellement catégorique et si dur avec lui-même, avant de l'entendre ajouter :

« Elle aurait été heureuse de vous aider et de vous prêter cette robe.

- Bon… d'accord alors… approuva-t-elle finalement, vaincue, en prenant le vêtement de cérémonie. Vous êtes sûr que ça ne vous dérange pas ? s'assura-t-elle tout de même avant de l'enfiler.

- Certain. Sinon, je ne vous l'aurais pas proposé, acquiesça-t-il, sûr de lui.

- OK », répondit-elle avant de passer sa tête dans l'encolure.

Une fois qu'elle eut revêtu la robe, Rogue lança quelques sorts afin de l'ajuster au corps de la jeune femme puis il recula légèrement pour l'examiner et évaluer son œuvre et il déclara, relativement satisfait :

« Je pense que ce n'est pas trop mal.

- Waw, quel compliment… se moqua Electra en levant les yeux au ciel.

- Je parle de mes talents de couturier, pas de vous, clarifia-t-il alors.

- Moi qui croyais que je n'étais pas votre genre… le taquina-t-elle, souriante.

- Je peux dire que vous n'êtes pas mon genre tout en reconnaissant que vous êtes une belle femme, expliqua-t-il avec sérieux.

- Ah, bon ? Vous me trouvez belle ? questionna-t-elle, amusée, en arquant un sourcil noir.

- Il faudrait être fou ou aveugle pour oser prétendre le contraire. Et comme je ne suis ni l'un ni l'autre… » répondit-il en laissant la fin de sa phrase en suspens.


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)

A la prochaine!

Bisous ;-)