Coucou!

Merci à tout le monde pour vos commentaires! Comme toujours, ça me fait très plaisir :-D

Merci aussi à Guest, à Kelly et à Sarah MAES. Mon petit Rogue d'amour et toujours galant sous ses airs de méchant froid et asocial^^ C'est certain que ce n'était pas une nuit de noces classique^^

Bonne lecture!


Chapitre 9

Lorsqu'il se réveilla, ce matin-là, Rogue put constater qu'Electra dormait toujours paisiblement contre lui, sa tête bouclée reposant sur son torse et sa fine main toujours en contact avec son ventre, sous sa chemise de pyjama.

Il fronça les sourcils en observant la jeune femme endormie et ne bougea pas le moindre muscle. Cette situation était tellement étrange et incongrue pour lui…

Jamais aucune femme n'avait partagé son lit pour une autre raison que des rapports physiques et jamais il ne s'était réveillé avec une femme toujours endormie contre lui au matin. Ses conquêtes d'un soir ou les prostituées qu'il ramenait de temps à autre retournaient toujours immédiatement chez elles juste après leur partie de jambes en l'air. Il ne savait pas trop ce qu'il convenait de faire dans cette situation et il était un peu perdu…

Il pencha légèrement la tête sur le côté afin d'observer le visage d'Electra dont la joue était écrasée contre ses pectoraux et dont les lèvres roses et rebondies étaient entrouvertes. Il contempla quelques instants les traits fins et délicats de cette jolie jeune femme avant de secouer un peu la tête pour se remettre les idées en place.

Évidemment qu'elle était belle ! Bien qu'il n'appréciât pas le moins du monde Sirius Black, Severus n'était pas idiot et il avait des yeux pour voir à quel point les filles de Poudlard se pâmaient devant lui lorsqu'ils étaient adolescents.

Le Maraudeur avait toujours été un bellâtre grand, athlétique, charmeur et séducteur. Il avait un physique avantageux et en jouait à chaque occasion que ce soit en lançant un sourire d'une blancheur éclatante, une œillade espiègle de ses yeux gris ou en passant négligemment une main dans ses cheveux noirs et bouclés.

Sa fille avait bien entendu de qui tenir. Elle avait hérité des gènes de la famille Black, dans laquelle hommes comme femmes ne sont que beautés, quand on pense par exemple aux sœurs Black, cousines de Sirius, Andromeda, Narcissa et Bellatrix, mais aussi des gènes de sa mère originaire de Russie qui devait certainement être une jeune fille splendide, si l'on prend pour références les conquêtes que Sirius faisait à Poudlard…

Electra Black était belle et elle le savait. À côté d'elle, Severus se sentait comme un infâme cafard repoussant, absolument pas digne de la moindre considération… En outre, en plus d'être belle, la jeune femme était aussi intelligente, indépendante et débrouillarde, ce qui la rendait encore plus inaccessible et irritante, selon l'avis de Rogue.

Severus détacha ses yeux d'elle en soupirant d'agacement.

Pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur lui ? Pourquoi était-ce à lui que l'on avait confié les énervants rejetons de ses deux pires ennemis ? Pourquoi Potter et Black s'étaient-ils ligués contre lui afin de mettre sur son chemin leurs parfaits enfants et leurs problèmes monumentaux ? Pourquoi Dumbledore s'amusait-il toujours à le confronter aux reflets de son passé ?

Harry Potter et maintenant Electra Black… Il s'était engagé à les protéger, l'un comme l'autre, mais pas de la même manière. Il devait veiller sur le garçon de loin et dans l'ombre tandis qu'il devait garder la fille auprès de lui pour lui éviter les ennuis.

Chacun d'eux avait sur leurs épaules le poids d'un nom bien trop lourd à porter. Quant à lui, il payait le prix d'une erreur qu'il avait commise jadis bien trop chère… Mais bon, quoi qu'il puisse dire ou penser, il était néanmoins coupable et il se devait de réparer cette erreur, quitte à se charger de la survie des enfants de ses deux pires ennemis… Après tout, Potter fils et Black fille n'avaient rien demandé à personne…

Tout à coup, Severus revint les pieds sur Terre quand il sentit la jeune femme gigoter contre lui en poussant une sorte de gémissement et sa main se déplacer sur son torse dans une douce caresse. Il braqua ses yeux noirs sur elle, hébété par ses gestes, en la sentant se coller encore plus à lui.

Toujours dans un demi-sommeil, Electra poussa un profond soupir d'aise, passa l'une de ses jambes autour du bassin du maître des potions, posa sa main droite sur son cœur et releva son visage vers le haut pour venir déposer ses lèvres sur les siennes. Les paupières closes, elle l'embrassa langoureusement sans qu'il n'esquisse le moindre mouvement pour la repousser, trop stupéfait pour réagir, avant de reposer sa tête dans son cou et de murmurer doucement :

« Mmm… Igor…

- Non, la détrompa-t-il fermement.

- Quoi ? demanda-t-elle d'une voix ensommeillée en s'étirant.

- Je ne suis pas Igor, expliqua-t-il simplement.

- Oh, c'est vous… répondit la jeune femme, manifestement déçue, après avoir ouvert les yeux.

- Et oui, ce n'est que moi ! Désolé ! déclara-t-il en l'attrapant par les épaules pour la repousser vivement et se redresser.

- Oh, doucement ! Je viens à peine de me réveiller ! protesta-t-elle en fronçant les sourcils et en plissant le nez, à présent assise dans le lit, ses cheveux noirs et bouclés en bataille.

- Et moi, je suis éveillé depuis longtemps. Alors, laissez-moi me lever maintenant ! J'en ai assez ! s'exclama-t-il en se levant du lit, énervé.

- Vous n'aviez qu'à vous lever, je ne vous en empêchais pas, répondit-elle en haussant les épaules avant de s'étirer en bâillant.

- Bien sûr que vous m'en empêchiez ! Vous étiez couchée sur moi ! répliqua-t-il.

- Vous n'aviez qu'à me déplacer gentiment, comme vous venez de le faire… riposta-t-elle, sarcastique, avant de lui décocher un sourire étincelant et de battre des cils.

- Vous n'êtes qu'une petite peste, grinça-t-il entre ses dents.

- Alors dès le matin vous êtes de mauvaise humeur, en fait ? s'informa-t-elle en arquant un sourcil noir parfaitement dessiné. Oh, et – j'allais oublier – vous êtes un sale con, ajouta-t-elle, moqueuse.

- Je ne suis pas de mauvaise humeur, c'est vous qui m'énervez de bon matin, déclara-t-il en allant dans sa penderie pour récupérer une robe de sorcier.

- Qu'est-ce que j'ai fait pour vous énerver ? s'enquit-elle, désireuse de connaître la réponse à cette question, en le suivant du regard.

- Rien… Vous êtes là, c'est suffisant… marmonna-t-il en prenant une paire de chaussettes et un caleçon dans sa commode. Je peux savoir qui est cet Igor ? demanda-t-il tout de même, après plusieurs secondes de silence.

- Pourquoi ? Vous êtes jaloux ? répliqua-t-elle aussitôt, amusée par son air maussade.

- Allez vous faire voir, Black ! s'écria-t-il alors, irrité. Après tout, je me fiche pas mal de qui ça peut bien être, ajouta-t-il en lui tournant le dos.

- C'est un homme avec qui je suis sortie lorsque j'étais plus jeune, expliqua-t-elle simplement tandis que Rogue se dirigeait vers la porte de sa chambre.

- Grand bien vous fasse, répondit-il, indifférent, en tournant la poignée afin de gagner la salle de bain pour s'habiller.

- Igor Karkaroff. Vous connaissez peut-être, déclara-t-elle alors qu'il était sur le point de disparaître dans le couloir.

- Igor Karkaroff ? répéta-t-il, abasourdi, en se tournant de nouveau vers elle et en revenant dans sa chambre.

- Oui.

- Le directeur de Durmstrang, ancien Mangemort et partisan de Vous-Savez-Qui, Igor Karkaroff ? précisa-t-il encore.

- Oui, acquiesça-t-elle une nouvelle fois.

- Vous vous moquez de moi ? interrogea-t-il en haussant un sourcil noir dans sa direction.

- Absolument pas, le détrompa-t-elle tandis qu'il l'observait avec des yeux ronds. Je vous avais bien dit que j'étais sortie avec des gars plus vieux et plus moches que vous.

- Pourquoi un homme comme lui aurait eu une relation avec une petite pimbêche arrogante comme vous ? demanda-t-il, mauvais, dans l'intention de la blesser.

- Ça… répondit-elle en se levant du matelas sur lequel elle était toujours installée, énigmatique, et en se dirigeant vers lui d'une démarche féline. Vous auriez pu le découvrir hier soir… » lui souffla-t-elle à l'oreille en arrivant à sa hauteur, provocante, avant lui faire un clin d'œil en remettant ses longs cheveux derrière son épaule et de s'éclipser pour descendre dans le salon.

Severus l'observa s'éloigner dans le couloir, comme pétrifié par ses révélations, puis il secoua légèrement la tête pour se reprendre et referma la porte de sa chambre afin de se vêtir.

Lorsqu'il la rejoignit dans le salon, il la trouva toujours en pyjama, assise sur le canapé, en train de caresser doucement la tête de sa petite chauve-souris noire qui était revenue de sa balade nocturne.

« Allez vous habiller. On n'a pas toute la journée, ordonna-t-il aussitôt.

- Et pourquoi ça ? demanda-t-elle en levant son visage vers lui et en haussant un sourcil interrogatif.

- Parce que je dois être présent à Poudlard avant le retour de ces stupides cornichons décérébrés, répondit-il de sa voix doucereuse.

- Ils reviennent à quelle heure au château ? s'enquit-elle pour savoir de combien de temps elle disposait encore plus ou moins.

- Ça ne vous regarde pas. Je veux partir le plus tôt possible. Un point c'est tout, décréta-t-il fermement.

- Alors, il fallait commencer par-là, mon cher mari, rétorqua-t-elle, ironique, en se levant pour aller déposer Bartok sur le dessus de la bibliothèque.

- Arrêtez de grimper sur ce maudit fauteuil ! exigea-t-il, agacé, tandis qu'elle montait quand même sur la bergère, sans se soucier de son avis.

- Je ne vois pas comment je pourrais atteindre le haut du meuble autrement, répondit-elle simplement en haussant une épaule et en installant son animal.

- Ça m'est bien égal ! Et je vous préviens que vous nettoierez tout le bazar que ce minuscule mammifère ailé aura bien pu faire là-haut ! décréta-t-il en la regardant redescendre du fauteuil d'un œil noir.

- Mais bien sûr. Demandé si gentiment… murmura-t-elle avant de lui sourire.

- Allez vous habiller, répéta-t-il en pointant les escaliers du doigt.

- J'ai faim.

- Vous n'arrêtez donc jamais de manger ? interrogea-t-il en soupirant.

- Une nouvelle journée commence et il me faut un petit-déjeuner. Comme toutes les personnes normalement constituées, je mange au minimum trois repas par jour, expliqua-t-elle comme s'il était idiot.

- Je n'ai plus rien ici. Vous mangerez à Poudlard.

- Vous m'assurez que j'aurais bien un petit-déjeuner à l'école. Ce n'est pas juste pour me faire taire et me faire faire ce que vous voulez ? demanda-t-elle, suspicieuse.

- Je vous garantis que vous aurez à manger là-bas, et à profusion. Vous pourrez même manger toute la journée, si vous le voulez, répondit-il, exaspéré.

- Je ne vais pas manger toute la journée, soupira-t-elle en secouant la tête.

- Je n'en ai strictement rien à faire… Habillez-vous, réitéra-t-il une fois de plus.

- OK, j'y vais, acquiesça-t-elle finalement en lui tournant le dos.

- Et rassemblez vos affaires ! On part dès que vous êtes habillée ! ajouta-t-il tandis qu'elle gravissait les marches.

- Oui, mon cher mari ! répondit-elle en criant depuis sa chambre à coucher.

- Arrêtez de m'appeler comme ça ! » s'exclama-t-il en retour avant de l'entendre éclater de rire un étage au-dessus de lui.

Pour une fois, Electra ne l'avait pas trop embêté et elle était redescendue dans le salon apprêtée et avec ses affaires rassemblées dans une valise environ une vingtaine de minutes plus tard. Rogue se doutait bien que ce n'était pas pour lui qu'elle s'était dépêchée mais plutôt à cause de son estomac qui criait famine et, à vrai dire, il s'en moquait bien, du moment qu'elle était là.

La jeune femme récupéra ensuite sa chauve-souris, qu'elle plaça sur son épaule, en grimpant une fois de plus sur la bergère, au grand dam de Severus, qui l'observait d'un œil noir en maugréant, elle lança un rapide Récurvite pour ne pas se faire trucider par le maître des lieux puis elle déclara qu'elle était fin prête à partir.

« Ce n'est pas trop tôt… » rouspéta l'homme en noir, de mauvaise foi, avant de lui tendre sa main droite.

Elle saisit sa main dans la sienne en levant les yeux au ciel, tint fermement sa valise de l'autre et transplana avec lui quelques secondes plus tard.

En arrivant devant les hautes grilles en fer forgé flanquées de deux piliers soutenant des sangliers ailés, avec le magnifique château de Poudlard qui se dressait en toile de fond, la jeune femme ne put retenir son étonnement et son admiration face à ce splendide ouvrage de l'architecture sorcière et elle laissa fleurir sur ses lèvres roses un sourire spontané.

Contrairement à Durmstrang, Poudlard ressemblait vraiment à un château de conte de fées avec ses hautes tours circulaires et ses créneaux et la petite fille qui sommeillait toujours en Electra ne put s'empêcher de s'émerveiller de ce spectacle.

« Fermez donc la bouche et suivez-moi, ordonna abruptement le directeur des Serpentard, après l'avoir regardée quelques instants s'extasier devant l'école de magie écossaise, en passant vivement devant elle.

- Je n'ai pas la bouche ouverte ! riposta-t-elle aussitôt.

- Non, mais presque… se moqua Rogue en esquissant un sourire en coin.

- Je ne suis jamais venue et je trouve ça magnifique, se justifia-t-elle en le rattrapant et en le suivant sur le chemin qui menait vers le château.

- Bof… souffla-t-il en haussant les épaules et en jetant un rapide coup d'œil, sans ralentir l'allure.

- Vous êtes vraiment difficile… soupira-t-elle en secouant légèrement la tête.

- Ça fait vingt-six ans que je vois ce château pratiquement tous les jours. Je commence à en avoir l'habitude, expliqua-t-il, ironique.

- Je crois que je commence à comprendre pourquoi vous êtes tout seul… déclara-t-elle à voix basse.

- Quoi ? Pourquoi vous dites ça ? Quel est le rapport ? questionna-t-il en s'arrêtant net et en se tournant vers elle, sourcils froncés.

- Eh bien, si vous dites ça à la femme qui partage votre vie… répondit-t-elle en manquant de se cogner contre lui. Vous imaginez ?

- Jamais je n'aurais pensé ni dit cela au sujet de la femme de ma vie… Si je suis seul, c'est parce que c'est mon choix, rétorqua-t-il fermement. Enfin, étais, devrais-je plutôt dire… ajouta-t-il en la regardant de ses terribles prunelles noires et glacées.

- C'est vrai que vous êtes vraiment à plaindre… Pfff… Se retrouver obligé de m'épouser… C'est quand même dingue… se moqua-t-elle en le regardant bien droit dans les yeux, les mains sur ses hanches.

- Taisez-vous et venez. Je vais vous montrer mes quartiers, décréta-t-il après avoir secoué la tête de dépit et en reprenant sa route vers le château.

- Nos quartiers, vous voulez dire, le corrigea-t-elle en se remettant en marche derrière lui.

- Oui, c'est cela… » soupira-t-il, las.


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)

A la prochaine!

Bisous ;-)