Coucou!

Merci à toutes et à tous et aussi à Kelly, Sarah MAES, Amaniel et Guest. (Pour info, Igor est bel et bien mort, je ne l'ai pas inventé. Tu peux trouver l'info sur le wikia Harry Potter^^)

Bonne lecture!


Chapitre 11

La soirée et l'heure du banquet arrivèrent bien vite, tout comme les élèves qui avaient pris le Poudlard Express pour passer les fêtes en famille et qui étaient de retour au château.

« Bon… soupira Rogue en se levant de son canapé après avoir déposé le livre qu'il lisait jusque-là sur la table basse. Venez. Nous devons y aller, ordonna-t-il en tournant la tête vers Electra qui avait passé son temps à lire également, installée à proximité de lui.

- D'accord, d'accord… acquiesça-t-elle en finissant de lire son passage, avant de le marquer et d'abandonner l'ouvrage sur l'accoudoir du fauteuil. Vous avez une de ces bibliothèques… C'est incroyable ! le complimenta-t-elle ensuite, enthousiaste, en se mettant sur ses deux pieds et en le fixant des ses yeux gris.

- Je le sais. J'ai mis du temps à rassembler tous ces livres, lui apprit-il simplement.

- Je vous crois sans peine ! C'est le travail de toute une vie ! fit-elle remarquer, impressionnée.

- Oui… confirma-t-il en hochant légèrement la tête. Je vous les laisserai puisque vous avez l'air d'être une connaisseuse et d'y tenir, promit-il alors en se dirigeant tout doucement vers la sortie.

- Vous me les laisserez ? C'est-à-dire ? questionna-t-elle en le suivant et en fronçant les sourcils, perplexe.

- Quand je serai mort, répondit-il simplement en haussant une épaule.

- Purée ! Mais c'est que vous n'en démordez pas ! s'exclama-t-elle en levant les yeux au ciel, atterrée. Vous avez quoi ? Trente-cinq ans ?

- Trente-sept, la corrigea-t-il.

- Ouais, ben, peu importe ! Ce n'est pas normal de penser à ça à votre âge ! Vous avez encore toute la vie devant vous !

- Lorsque l'on sait que le Seigneur des Ténèbres est revenu et nous menace, c'est tout à fait normal d'y songer, répliqua-t-il, inébranlable.

- Ça n'a rien à voir, vous ne… voulut-elle le contredire une fois de plus.

- De nombreuses personnes ont déjà perdu la vie, Moldus comme sorciers, parmi lesquelles votre père et Igor Karkaroff, l'interrompit-il aussitôt.

- Pourquoi vous… essaya-t-elle de demander.

- Cedric Diggory a été tué alors qu'il n'avait que dix-sept ans. Ne vous voilez pas la face. Nous sommes tous en danger. Il faut l'accepter, la coupa-t-il encore. À présent, venez. Allons dîner », conseilla-t-il fermement en ouvrant la porte de ses appartements et en faisant un signe de tête vers l'extérieur.

La jeune femme referma la bouche sans avoir rien dit, sachant que ça ne valait pas la peine d'essayer de discuter sur ce point avec lui aujourd'hui, elle le fixa encore de ses yeux d'argent pendant plusieurs secondes avant de soupirer puis de passer devant lui pour rejoindre la Grande Salle.

Le trajet se passa en silence, Electra réfléchissant intensément aux paroles de Severus et Severus jetant de temps à autre des coups d'œil discrets à la jeune femme songeuse, et ils parvinrent rapidement à la petite porte dérobée qui donnait accès au fond de la salle, où était située la table des professeurs et du personnel de Poudlard.

Là, sur les indications tacites de son mari, Electra s'installa sur une chaise entre Rogue lui-même et le professeur Slughorn dont le gros visage se fendit d'un énorme sourire en la voyant s'asseoir auprès de lui.

« Ah ! Ma chère petite ! Comme je suis content de vous revoir si vite et de vous accueillir à mes côtés ! s'exclama-t-il aussitôt, ravi, en prenant sa main dans les siennes pour la serrer chaleureusement.

- Je vais vivre ici avec Severus. Nous serons donc très souvent amenés à nous côtoyer, rétorqua-t-elle avec un sourire en récupérant doucement sa main.

- Oui, c'est vrai ! Et vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me fait plaisir ! » acquiesça-t-il, aux anges.

Electra fit un signe de tête au vieil homme tandis que Rogue l'observait d'un œil moqueur, amusé par le vif intérêt que son ancien professeur de potions semblait lui porter, puis, une fois que tout le monde eut pris place, Dumbledore se leva pour réclamer le silence et prononcer son petit discours de bienvenue après ces congés de Noël.

Le directeur de Poudlard ne parla pas longtemps mais Rogue remarqua que tous les élèves se turent pour de bon et furent très attentifs quand il arriva à la partie qui les intéressait réellement et qu'il déclara en désignant la jeune femme du bras :

« Pour terminer, vous avez tous remarqué la présence d'un nouveau membre à la table professorale. »

Les yeux de tous se braquèrent alors sur Electra – si ce n'était pas déjà fait depuis qu'ils avaient pénétré dans la Grande Salle – et la jeune femme se contenta de sourire simplement et de faire un geste de la main pour les saluer.

« Eh bien, laissez-moi vous présenter, mes chers élèves, Madame Electra Rogue, l'épouse de notre cher directeur des Serpentard. »

Severus balaya de ses yeux noirs l'ensemble des étudiants de Poudlard. Il lui sembla que certains manquèrent de s'étrangler face à la nouvelle, d'autres les regardaient, dégoûtés, incrédules ou soupçonneux, quant à d'autres encore leurs mâchoires faillirent bien se décrocher…

Il esquissa un fin sourire en coin, amusé par la réaction de ses élèves, et écouta Dumbledore poursuivre sa petite histoire inventée de toutes pièces :

« Votre professeur de défense contre les forces du Mal a profité de ses congés pour épouser sa fiancée, rencontrée en Russie lors d'un congrès de potionnistes il y a plusieurs mois de cela. Madame Rogue ne dispensera aucun cours au sein du château mais elle aura, tout comme les autres professeurs et membres du personnel, la faculté de vous enlever des points ou de vous mettre des punitions et des retenues, si jamais elle remarque un manquement au règlement de Poudlard. Alors je souhaite que vous la traitiez avec le plus grand des respects et que vous lui réserviez un chaleureux accueil au sein de notre belle école. »

Lorsqu'il eut fini de parler, le directeur commença à applaudir pour souhaiter la bienvenue à Electra et il fut bientôt suivi par les autres professeurs, les Serpentard puis les étudiants des autres maisons. La jeune femme les remercia d'un signe de tête puis les plats apparurent et ils commencèrent tous à manger en discutant avec animation du soudain mariage de la chauve-souris des cachots avec cette jeune femme slave qui était bien trop belle pour lui.

« Vous allez être au centre de leur attention et leurs discussions pendant longtemps, croyez-moi, affirma Slughorn en se servant du ragout de bœuf.

- Ça ne me dérange pas, répondit Electra en haussant une épaule. Ils peuvent bien dire ce qu'ils veulent de moi. Je pense avoir déjà tout entendu, ajouta-t-elle, indifférente, en se servant à son tour des pommes de terre rissolées et des pilons de poulet grillés.

- En tout cas, Severus, vous pourrez vous vanter d'avoir épousé l'une des plus jolies jeunes femmes que j'aie jamais vues, affirma Horace à l'adresse de l'homme en noir.

- Certes… » se contenta-t-il de répondre, impassible, tandis qu'Electra l'observait attentivement, la flamme de la malice dansant au fond de ses yeux gris, flattée par le compliment du vieil homme.

Après avoir fini de souper, professeurs et élèves se levèrent pour regagner leurs pénates pour la nuit.

« Vous avez entendu Horace ? demanda Electra en sortant de la Grande Salle aux côtés de Severus. Je suis la plus jolie jeune femme qu'il ait jamais vue… répéta-t-elle, à la fois flattée et amusée, en guettant sa réaction sur son visage de marbre.

- Il a dit l'une des plus jolies, pas la plus jolie, se fit-il un plaisir de la corriger avant de lui couler un sourire en coin, victorieux. Et vous l'appelez Horace, maintenant ? demanda-t-il, surpris.

- Vous êtes un rabat-joie et, oui, je l'appelle Horace, répondit-elle en levant les yeux au ciel.

- Je suis pour l'exactitude et je déteste l'approximation, se défendit-il. Vous ne perdez vraiment pas de temps… ajouta-t-il alors.

- Non, c'est vrai. Je suis plutôt directe, confirma-t-elle en hochant la tête de bas en haut.

- Je ne l'avais pas remarqué… souffla-t-il, ironique, en repensant à la première fois qu'il avait dû partager son lit avec elle et qu'elle lui avait grimpé dessus dans l'intention de coucher avec lui.

- Et je sais que je suis belle, affirma-t-elle encore en remettant sa longue chevelure bouclée et soyeuse derrière ses épaules.

- Oui, eh bien, ne prenez pas trop la grosse tête, sinon, vous ne passerez plus les portes, conseilla-t-il, agacé par ce qu'il prenait pour de l'auto-suffisance.

- Je sais ce que vous pensez mais ce n'est pas de la vanité, c'est un simple constat », voulut-elle le détromper immédiatement.

Rogue baissa son regard sombre vers elle et l'écouta poursuivre, en haussant un sourcil noir, intrigué.

« Je suis belle et c'est la seule et unique chose que les gens et, en particulier, les hommes ont toujours vue de moi, expliqua-t-elle alors, désabusée. Je peux être la pire des garces, emmerder mon monde et faire ce que je veux, tout ça parce que je suis jolie. Tout le monde se fiche de qui je suis réellement, de ce que j'aime et de ce que je fais. Tout le monde s'en tape que je sois aussi intelligente et indépendante. Personne n'en a rien à faire que ma couleur préférée soit le bleu clair, que j'aime la musique et la danse classiques, que les œillets soient mes fleurs favorites et que j'adore par-dessus tout les abricots. Tout ce qu'ils voient c'est ma beauté, pas mes idées, et tout ce qu'ils veulent c'est mon corps, pas mon âme. Tout le reste, comme ce que je pense ou ce que je ressens, n'a strictement aucune importance à leurs yeux… »

Severus observa attentivement et en silence les yeux argentés de la jeune femme qui venait de se confier à lui de façon très personnelle, étonné par son discours et ses soudaines révélations, ici, en plein milieu d'un couloir de Poudlard, puis il fut interrompu dans ses réflexions par la voix de l'élève qu'il méprisait le plus au monde :

« Madame Rogue ? interpella Harry Potter, incertain.

- Oui ? répondit Electra en détachant son regard de Severus et en se tournant doucement vers le rouge et or.

- Je… Je suis Harry Potter et on m'a dit que vous… vous étiez la fille de Sirius… balbutia-t-il en se frottant l'arrière de la tête, mal à l'aise, mis au courant par Tonks et par les frères de Ron qui faisaient partie de l'Ordre du Phénix. C'est vrai ?

- Au sens biologique du terme, oui, confirma alors la jeune femme en hochant légèrement la tête. Et toi, tu étais son filleul ?

- Oui, Madame, acquiesça-t-il en esquissant un léger sourire à cette pensée. Je… Je me demandais si, à l'occasion, vous auriez du temps pour discuter un peu avec moi.

- Je suis ravie de te rencontrer, Harry, tu as l'air d'être un gentil garçon et je suis désolée pour ta perte. Mais, toi et moi, on n'aura pas grand-chose à se dire à mon avis car, moi, je n'ai jamais connu Sirius Black et, toi, tu sembles avoir une très haute opinion de lui. Je ne voudrais pas ternir tes souvenirs de lui avec l'amertume qu'il m'a laissée, déclara-t-elle honnêtement en le regardant bien droit dans les yeux. Je te souhaite une bonne soirée et à tes amis aussi, ajouta-t-elle gentiment avant de reporter son attention sur Ron et Hermione, qui patientaient en retrait, puis de tourner les talons pour rejoindre Rogue qui l'attendait à quelques mètres de là.

- Mais, Madame… voulut protester le Gryffondor en faisant un pas dans sa direction.

- Du vent, Potter ! » exigea alors fermement le directeur des Serpentard en le transperçant de ses yeux noirs pour le dissuader de faire un pas de plus avant de se remettre en marche avec la jeune femme.

Harry, qui ne souhaitait pas se confronter à son professeur de défense contre les forces du Mal, n'insista pas et retourna vers son dortoir en compagnie de ses amis, manifestement déçu, tandis que Severus et Electra rejoignaient leurs cachots pour la nuit.

Arrivé chez lui, Rogue trouvant la jeune femme beaucoup trop taiseuse à son goût, bien qu'il ne cessât de lui dire qu'elle lui cassait les oreilles depuis qu'il l'avait rencontrée, proposa afin de rompre le silence et de tenter de la faire sourire un peu :

« Si vous voulez, dès demain, je trouve un prétexte pour retirer des points à Potter et l'envoyer en retenue. »

Electra releva son visage vers lui en souriant légèrement, amusée, avant de lui demander :

« Pourquoi vous feriez ça ?

- Parce que je ne l'aime pas et pour le punir de vous avoir importunée avec votre fichu père, répondit-il simplement.

- Non, laissez-le, refusa-t-elle en secouant la tête, néanmoins touchée par sa sollicitude. Il n'a rien fait de mal.

- Très bien, approuva-t-il en se rangeant à son avis. J'ai quelques filtres de paix supplémentaires à concocter pour Madame Pomfresh. Vous voulez m'aider ? proposa-t-il ensuite.

- Ce n'est pas le professeur Slughorn qui est professeur de potions maintenant ? interrogea-t-elle, intriguée qu'il s'occupe toujours de cela.

- Si, mais moins il en fait, mieux il se porte. Donc c'est moi qui continue d'aider l'infirmière, expliqua-t-il brièvement.

- Ah, c'est gentil de votre part… fit-elle remarquer

- Ça ne me dérange pas. J'ai toujours aimé les potions, lui apprit-il en haussant une épaule.

- Non, pas cette fois. Je suis un peu fatiguée. Je crois que je vais prendre un bain puis me coucher directement, refusa-t-elle une fois de plus en répondant à sa question.

- D'accord, acquiesça-t-il alors. À tout à l'heure, dans ce cas », ajouta-t-il avant de la laisser.

Lorsqu'il arriva dans sa chambre quelques heures plus tard, après avoir confectionné ses potions, être passé par la salle de bain et avoir revêtu son pyjama, Severus découvrit la jeune femme déjà profondément endormie, étendue sur le côté gauche de son lit.

Il détailla durant quelques instants les traits lisses et détendus de son visage qui semblait fait de porcelaine, songeant que le sommeil lui donnait un aspect vulnérable qui la rendait encore plus jolie et attrayante qu'elle ne l'était déjà, il secoua un peu la tête pour se remettre les idées en place, se répétant qu'il s'agissait de la fille de cet enfoiré de Sirius Black, puis il se glissa dans les couvertures et se rapprocha doucement d'elle pour ne pas la réveiller.

Il se plaça sur un flanc et l'observa encore afin de déterminer comment être en contact avec elle pour que ces imbéciles du ministère soient convaincus qu'ils se comportaient bien comme mari et femme, tous les deux, puis, finalement, il l'entoura de son grand bras et vint simplement prendre sa main gauche dans la sienne avant de fermer les paupières en soupirant et de serrer brièvement son corps doux et chaud contre le sien.


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)

A la prochaine!

Bisous