Chapitre 13 : Storybrook – Caveau de Régina – Jour 2
Le caveau de Régina était encombré d'une multitude d'objets, qui, pour la plupart, semblaient aussi dangereux qu'incompréhensibles aux non-initiés. Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux, Emma fut saisie par l'odeur suffocante que dégageait une épaisse fumée pourpre débordant d'un chaudron. Killian fronça le nez également, et mettant sa main devant son visage, il jura :
- Par tous les diables !
- Laisse le diable où il est, pirate. Nous avons bien plus urgent à traiter.
Régina se trouvait derrière le chaudron. Autour d'elle de nombreuses fioles, grimoires et instruments douteux étaient sortis de leurs coffrets.
- Régina, qu'est-ce que c'est que cette puanteur ?
- Vous espériez quoi mademoiselle Swan ? Une odeur de barbe-à-papa et de guimauve ? J'utilise de la magie noire figurez-vous, pas des incantations dégoulinantes de bons sentiments !
La reine leva une main ouverte et la fit tourner comme si elle attrapait une poignée d'air. Emma y reconnu le sifflement sourd caractéristique de la magie, et instantanément la brume s'évanouie et l'odeur s'estompa. La méchante reine jeta un œil à Crochet puis à Emma avant de s'exclamer :
- Je vous avais dit de venir seule…
Puis devant l'indifférence de la sauveuse elle reprit :
- Méfiez-vous, vous commencez à ressembler de plus en plus à vos parents à être toujours collée à ce bellâtre…
Emma ignora la réplique cinglante de la Reine. Régina était adepte de cet humour acerbe et le pirate en faisait bien souvent les frais. Malgré cela elle était convaincue qu'ils s'appréciaient… un peu.
- Pourquoi m'avez-vous fait venir Régina ? Qu'avez-vous découvert ?
- Et bien, il semblerait que la nouvelle petite amie de votre pirate n'ait pas dit toute la vérité.
Cette fois la remarque agaça Killian. Le ton qu'il employa transpirait la colère :
- Attention à ce que tu dis Majesté. C'est une amie, rien de plus. Et j'ai bien plus confiance en elle qu'en toi.
Régina ne se laissa pas impressionner par le timbre courroucé du pirate, elle répliqua :
- Et moi j'ai bien plus confiance en ma magie qu'en n'importe quel pirate, que ce soit la menteuse à la plastique parfaite ou l'adonis imbécile !
Sentant la tension monter, Emma choisit d'intervenir et se plaça entre les deux protagonistes.
- On se calme. Régina, dîtes nous plutôt ce que vous avez trouvé.
- Et bien, j'ai réussi à rendre à l'objet en orichalque sa forme originelle. Là-dessus, Read n'a pas menti. C'est bien une sorte de clef mais je n'ai trouvé, dans mes grimoires, aucune information utile sur son usage. Quant aux propriétés magiques de ce métal, elles existent mais c'est une magie que je ne maitrise pas… Vous devriez essayer avec la magie blanche Emma, vous aurez peut-être plus de chances.
La méchante reine tendit l'objet en question. D'une fine boucle d'oreille en forme de Narval de quelques centimètres, qu'elle était un peu plus tôt, la clef avait maintenant pris un tout autre aspect : de la longueur d'une main, elle avait toujours la forme du cétacé, mais au lieu d'être bondissant, il était allongé. Sur la queue de l'animal, qui était inclinée de façon à pouvoir servir de support à l'objet, étaient inscrits de nombreux motifs à l'alphabet inconnu – ni elfique, ni runique, pensa Emma, qui avait appris à différencier ces deux écritures – La défense torsadée de l'animal laissait voir de nombreuses encoches et on pouvait supposer qu'il s'agissait bien d'une clef. Enfin, la matière et la couleur de l'objet avaient également leur particularité. Le narval en orichalque était d'un bleu presque translucide comme s'il s'agissait d'une pierre et non de métal. Lorsqu'Emma le toucha elle sentie une vibration qui ne laissait aucun doute : ici encore la magie était à l'œuvre. Elle tourna l'animal dans sa main pour observer les inscriptions. Crochet se pencha par-dessus son épaule pour les regarder également, il fronça les sourcils avec une expression dubitative devant les symboles, Emma s'étonna :
- Tu reconnais ces hiéroglyphes ?
- Et bien, pas exactement… Mais ils ressemblent à du grec ancien, comme si ces deux langues étaient liées… Mais je ne suis pas capable de les lire, désolé.
La sauveuse était étonnée, comme cela lui arrivait souvent, de découvrir que Killian avait des notions de grec ancien. Ce pirate était décidemment plein de ressources. Sortant son téléphone de sa poche, elle prit plusieurs clichés des inscriptions avant de composer un texto et d'y joindre les photos en expliquant :
- Je vais envoyer ça à Belle, elle en saura peut-être davantage.
Puis redonnant la clef à Régina, la sauveuse poursuivit :
- Qu'est-ce qui vous fait penser que Mary a menti ?
- Parce que c'est le cas. Vous vous souvenez : elle nous a expliqué que la clef avait changé de forme d'elle-même dès qu'elle a été menacée. Techniquement c'est tout à fait possible, des objets ensorcelés peuvent agir indépendamment. Mais là, il s'agissait d'un charme de métamorphose lié à la magie du sang… Cet objet est lié par le sang à cette femme pirate, elle seule a le moyen de contrôler ce poisson en orichalque.
Killian marmonna entre ses dents :
- C'est un narval, pas un poisson… puis, plus distinctement : si cet objet est lié à la magie du sang, tu n'aurais pas du pouvoir le retransformer, comment as-tu fait ?
- Serais-tu moins bête que tu en as l'air ? S'étonna Régina. Tu as raison Crochet. J'ai réussi à contourner le sortilège grâce à un cheveu que j'ai volé à la grande brune.
- Un simple cheveu suffit pour annuler le charme ? Ce n'est pas très efficace comme sort de protection ! Renchérit Emma.
- Contrer un sort, fait à partir de la magie du sang est beaucoup moins facile que ça en a l'air, mais je suis une excellente magicienne. Quoiqu'il en soit, Bloody Read est lié à cet objet. Je pense donc qu'elle ne nous a pas tout dit au sujet de l'orichalque et de l'Atlantide.
Emma jeta un regard vers Killian. Le pirate ne semblait pas en savoir davantage. Elle trancha :
- Très bien, dans ce cas, allons lui demander de quoi il retourne.
