Hello!

Merci à toutes et à tous pour vos commentaires! Et merci à Guest et à Sarah MAES ;-)

Electra s'était confiée à Rogue sur son enfance dans le dernier chapitre. Voici la suite!

Bonne lecture!


Chapitre 13

Le lendemain, quand l'homme se réveilla, il tenait toujours entre ses bras la jeune femme qui dormait encore profondément et paisiblement contre lui. Il l'observa quelques instants de ses yeux noirs et perçants, il repoussa doucement une mèche de ses cheveux sombres et bouclés pour dégager son visage dans un geste tendre qu'il ne s'expliqua pas puis il décida de se lever du lit, de s'habiller d'un simple coup de baguette puis de quitter sa chambre en la laissant poursuivre tranquillement sa nuit.

Il rejoignit la cuisine, il se prépara du café puis il s'assit à table et déplia La Gazette du sorcier après avoir commandé un petit-déjeuner pour deux personnes à Dobby qui le ferait apparaître dès que la jeune femme franchirait la porte de la pièce.

Jamais Severus ne se serait attendu à ce qu'Electra se confie à lui comme elle l'avait fait hier soir et jamais il ne se serait douté du tournant malheureux qu'avait pris sa vie alors qu'elle était encore toute jeune… Lui qui pensait qu'elle était née avec une petite cuillère en argent dans la bouche et que tout le monde avait toujours cédé au moindre de ses caprices s'était lourdement trompé… Elle n'avait aucunement eu l'enfance idyllique à laquelle il avait songé pour elle…

« Bonjour, Severus ! » entendit-il soudain une voix enjouée prononcer tandis qu'il s'était abîmé dans ses réflexions.

Il releva brusquement la tête pour découvrir la jeune femme toujours en pyjama sur le pas de la porte de la cuisine et les plats de leur petit-déjeuner apparurent dès qu'elle s'avança un peu vers lui, le sourire aux lèvres.

« Bonjour, répondit-il en hochant brièvement la tête et en repliant son journal pour le poser à côté de son assiette.

- Vous m'avez attendue pour manger ? C'est gentil, fit-elle remarquer en s'installant sur la chaise à côté de lui.

- J'ai un peu de temps aujourd'hui et je me suis levé tôt, se défendit-il en haussant les épaules avant de s'emparer de sa fourchette.

- Vous savez, vous n'êtes pas toujours obligé de vous justifier à chaque fois que vous faites quelque chose que je trouve sympa, lui apprit-elle en l'imitant et en prenant également son verre de jus de citrouille pour en boire une gorgée.

- Je ne voudrais pas que vous vous mépreniez sur mes intentions.

- Oh, rassurez-vous. Je sais que, même si parfois vous paraissez presque sympathique, en réalité, vous êtes un sale con, répliqua-t-elle, moqueuse.

- Bien. C'est parfait, dans ce cas, approuva Rogue, comme rassuré par ses paroles.

- Hum… gloussa-t-elle, amusée. Vous me faites rire.

- Pourquoi ça ? interrogea-t-il en fronçant ses sourcils noirs, perplexe.

- Parce que, parfois, vous faites des trucs gentils pour moi ou vous essayez de me faire plaisir et ensuite vous n'assumez pas du tout… On dirait que vous avez peur d'être apprécié, expliqua-t-elle en quelques mots. C'est assez marrant à observer.

- Bon… Finalement, je vais vous laisser… bougonna-t-il en reposant sa fourchette dans son assiette et en se levant de sa chaise.

- Hé ! Non ! Allez ! Restez ! lui demanda-t-elle en attrapant son bras et en se pendant autour.

- Lâchez-moi, Black ! ordonna-t-il en essayant vainement de se dégager de son étreinte.

- Ne faites pas ça… Je ne dirai plus rien, je vous le promets », ajouta-t-elle en levant ses yeux argentés vers lui.

Rogue l'observa en grimaçant légèrement tandis qu'elle retenait son bras droit prisonnier et qu'elle le serrait entre ses deux seins, il soupira puis se réinstalla sur sa chaise.

« Effacez-moi immédiatement ce sourire satisfait de votre visage, sinon je m'en vais, exigea-t-il en la voyant du coin de l'œil se réjouir de sa victoire.

- Oui ! Pardon ! Pardon ! acquiesça-t-elle en mordant ses lèvres et en faisant disparaître son sourire à grand peine.

- Bien. Vous voulez bien lâcher mon bras à présent ? demanda-t-il encore en haussant un sourcil dans sa direction.

- Ah, oui… approuva-t-elle en relâchant le bras de l'homme qu'elle maintenait toujours fermement serré contre sa poitrine.

- Bon… soupira-t-il en se remettant correctement sur sa chaise et en reprenant sa fourchette en main.

- Merci de rester là, avec moi, le remercia-t-elle doucement, prenant garde à ne pas briser ce moment de paix par une parole malencontreuse.

- De rien », se contenta-t-il de répondre sans lever les yeux vers elle en commençant à manger ce qu'il y avait sur son assiette.

Electra se mit également à déguster son petit-déjeuner en silence puis, lorsqu'elle eut presque fini son repas, elle interrogea le professeur de défense contre les forces du Mal :

« Vous… Vous n'avez pas de questions à propos de ce que je vous ai dit hier ?

- Non. Je vous ai dit que je ne vous poserai plus la moindre question sur vous ou votre vie, lui rappela-t-il en levant son visage vers elle pour croiser ses yeux argentés.

- Vous êtes à ce point têtu ? demanda-t-elle en esquissant un sourire moqueur.

- Vous n'imaginez même pas à quel point je peux l'être », affirma Rogue en continuant de la fixer de ses yeux noirs.

La jeune femme éclata de rire face à son air si sérieux et à sa réponse tellement ferme puis elle le questionna encore, amusée :

« Vous ne voulez pas savoir ce qu'Igor Karkaroff a fait pour moi ?

- Non, refusa-t-il aussi sec.

- Bon, OK… » souffla-t-elle en baissant la tête, déçue par son manque d'intérêt.

Le silence se réinstalla entre eux et s'étira durant de longues minutes, Severus termina sa tasse de café avant de la reposer sur la table, la faisant légèrement tinter, puis il interrogea quand même, malgré lui, poussé par sa curiosité :

« Pourquoi ? Désormais, vous seriez prête à me le dire ?

- Oui, acquiesça-t-elle vivement en relevant son visage vers lui.

- Pour quelle raison ? demanda-t-il en fronçant ses sourcils noirs, dubitatif.

- Parce que, à présent, je vous connais beaucoup mieux, répondit-elle tout simplement. Je sais maintenant que vous êtes quelqu'un de bien habilement caché sous des airs de sale con misogyne, asocial et grognon.

- Je suis un sale con misogyne, asocial et grognon, voulut-il la détromper directement.

- Mais oui, c'est ça… approuva-t-elle, absolument pas convaincue. Vous trompez peut-être tous les autres mais, à moi, on ne me la fait pas, déclara-t-elle en le fixant intensément de ses prunelles grises.

- Bon ! Vous m'expliquez ou bien vous tournez encore autour du pot pendant trois heures ? » demanda-t-il en levant les yeux au ciel, agacé.

Electra secoua légèrement la tête, amusée par l'attitude défensive de celui qui était son époux devant la loi sorcière, avant de lui répondre :

« Igor m'a sortie de cet orphelinat pourri, tout simplement… »

Elle fit une légère pause, inspira profondément puis expliqua plus en détails, tandis que Severus l'écoutait attentivement :

« Cet orphelinat, c'était vraiment le pire endroit de la Terre... Déprimant, froid, inhospitalier… Il n'y avait pas suffisamment de nourriture pour tout le monde, il y avait des trous dans le toit, il manquait des lattes dans les planchers, les murs étaient tout décrépis, le bois des portes était pourri mais, le pire, c'étaient les surveillants qui étaient vraiment des sales cons… Pas des sales cons comme vous, précisa-t-elle en souriant légèrement. Mais vraiment des salauds, des hommes sans moralité ni compassion. Allez savoir ce qu'ils foutaient là à s'occuper d'enfants alors qu'ils n'en avaient strictement rien à cirer de nous et qu'ils s'amusaient plutôt à nous faire enrager et à nous maltraiter… fit-elle remarquer en secouant la tête de dépit.

- Que faisaient-ils ? interrogea Rogue, pris par son discours, en fronçant les sourcils.

- Oh… Ils nous faisaient faire des tâches ménagères toutes plus inutiles et ingrates les unes que les autres en ne nous donnant pas le bon équipement, répliqua-t-elle en haussant une épaule. Moi, par exemple, un jour, ils m'ont fait nettoyer tout le plancher du réfectoire uniquement avec une brosse à dents.

- Quel intérêt de vous faire faire cela ?

- Aucun. C'étaient juste des gros sadiques qui adoraient nous traumatiser.

- Est-ce qu'ils… Est-ce qu'ils vous maltraitaient physiquement ? questionna-t-il encore.

- Oui. Ils nous giflaient, nous secouaient et nous brutalisaient quand les choses n'étaient pas faites comme ils le voulaient ou même parfois sans raison, affirma-t-elle alors. C'est à cause d'une marque sur mon poignet que le professeur Karkaroff s'est rendu compte que quelque chose n'allait pas dans mon orphelinat, lui apprit-elle ensuite.

- S'il n'avait pas aperçu cette marque, vous n'auriez rien dit ?

- Hum ! renifla-t-elle. Non, plutôt crever que de raconter ça !

- Mais… voulut-il intervenir, sourcils froncés.

- Vous, vous avez dit à quelqu'un que votre père vous battait et battait votre mère ? l'interrompit-elle en plongeant ses yeux d'argent dans ses onyx.

- Non, jamais… avoua-t-il du bout des lèvres, après avoir grimacé.

- Alors, vous devriez me comprendre. On n'est pas si différents que ça, tous les deux… »

Le silence se fit dans la cuisine, l'un comme l'autre semblant se remémorer des souvenirs d'enfance pas particulièrement heureux, puis Rogue releva son regard vers la jeune femme qui grimaçait légèrement.

« Y a-t-il eu d'autres types d'abus ? interrogea-t-il alors, intrigué par sa grimace.

- Oui, confirma-t-elle à voix basse. Je vous ai dit que c'était l'Enfer, cet orphelinat…

- Ne me dites pas qu'ils vous ont…

- Ah ! Ils ont essayé, ces salauds ! le coupa-t-elle aussitôt. Mais je ne me suis pas laissé faire. Je me suis défendue. Je les ai repoussés. Je les ai même mordus, ces porcs… Jamais ils n'ont réussi à me toucher, ces enfoirés… affirma-t-elle fièrement, un éclat victorieux dansant au fond de ses yeux gris. Quelle bande de pourritures, on n'était que des gosses… ajouta-t-elle tout de même en faisant rouler les « r », désabusée.

- C'est pour ça que vous réagissez de cette façon lorsque quelqu'un pose la main sur vous sans avoir obtenu votre consentement au préalable ? demanda Rogue après plusieurs minutes de silence.

- Ce n'est pas une bonne raison ? rétorqua-t-elle alors en relevant son regard vers lui.

- Si. C'est une excellente raison, acquiesça-t-il, compréhensif. Personne n'a le droit de vous toucher si vous n'êtes pas d'accord, affirma-t-il encore.

- Ouais… » soupira-t-elle en s'abîmant une nouvelle fois dans ses pensées.

L'homme en noir observa la jeune femme qui était assise juste à côté de lui, à la fois intrigué et choqué par ses révélations, puis il l'entendit déclarer avec un air triomphal dans sa voix :

« Je leur ai coupé l'herbe sous le pied, de toute façon…

- Que voulez-vous dire ? demanda-t-il en fronçant les sourcils, ne comprenant pas de quoi elle voulait parler.

- Non seulement ils n'ont jamais réussi à me sauter mais en plus j'ai donné ma virginité à garçon plus âgé qui vivait lui aussi dans l'orphelinat. Il s'appelait Piotr et il veillait sur les plus jeunes et sur moi comme il le pouvait.

- Quel âge aviez-vous ? ne put s'empêcher de s'enquérir Severus.

- Quatorze ans et lui presque dix-huit, répondit-elle sans la moindre gêne. Il a vraiment été doux et gentil… C'était juste avant qu'il ne quitte l'établissement… se souvint-elle, mélancolique.

- Pourquoi est-il parti ?

- Parce qu'il avait dix-huit ans. Tout simplement. Que l'on ait quelque part où aller ou non, à dix-huit ans, ils nous foutaient dehors, expliqua-t-elle brièvement.

- Et Karkaroff, dans tout ça ? interrogea-t-il pour recentrer la discussion.

- Il a débarqué quelques jours après le début des vacances et le départ de Piotr. Il avait vu des marques de coups et des bleus sur ma peau, même si j'essayais de les cacher tant bien que mal, mais il n'a rien dit. Il a laissé passer toute l'année scolaire puis il est arrivé à l'orphelinat sans crier gare, raconta-t-elle. Quand je l'ai vu apparaître devant moi, j'ai vraiment cru qu'il allait étriper tous les surveillants moldus… Mais, finalement, il s'est contenté de dire qu'il m'emmenait avec lui et que je ne remettrai jamais plus les pieds là-bas. Il a pris mes affaires et on est parti sans que les Moldus n'ouvrent une seule fois la bouche tant il les avait terrifiés rien que par sa présence et son air menaçant.

- C'est vrai qu'Igor pouvait se montrer impressionnant quand il le voulait… fit remarquer Rogue, pensif.

- C'est certain… approuva-t-elle en hochant la tête. Depuis ce jour-là, j'ai passé tous mes étés dans mon dortoir, à Durmstrang, avec quelques elfes de maison et certains de mes professeurs qui vivaient sur place et je ne suis plus jamais retournée dans cet orphelinat pourri.

- Et comment en êtes-vous venue à…

- Coucher avec Karkaroff ? le coupa-t-elle en levant un sourcil dans sa direction.

- J'allais dire fréquenter Karkaroff, la corrigea-t-il en plissant son front.

- Oui, bon, c'est du pareil au même, non ? rétorqua la jeune femme en levant les yeux au ciel.

- Ma formulation est moins directe, plus polie et plus… convenable, fit remarquer Severus après avoir trouvé les bons mots.

- Ouais, c'est la même chose… souffla Electra avant de remettre une mèche de ses longs cheveux sombres et bouclés derrière son oreille.

- Et donc ? » l'engagea-t-il à continuer, désireux de connaître la suite.

La Russe esquissa un sourire en coin car l'homme face à elle semblait réellement impatient de découvrir la suite de son histoire malgré tous ses efforts pour prétendre le contraire, elle ne fit pourtant pas la moindre remarque et raconta alors :

« Le jour où il m'a ramenée à Durmstrang et où il m'a promis que je ne remettrai plus jamais les pieds là-bas, je lui ai directement demandé comment je pouvais le remercier. Il s'est contenté d'esquisser un mince sourire et de me répondre qu'il avait le temps, qu'il n'était pas pressé et que je finirais bien par trouver quelque chose un jour ou l'autre. J'ai été assez perturbée par sa réponse mais j'ai acquiescé et je ne lui ai pas demandé d'explications. »

Electra fit une légère pause dans son récit puis elle reprit :

« Les années ont passé, je suis sortie avec pas mal de garçons, car j'ai toujours eu mon petit succès, et je voyais bien que Karkaroff m'observait et me regardait toujours de loin sans rien dire. Lors de ma sixième année, le jour où j'ai eu dix-sept ans, je suis allée le trouver dans son bureau et je lui ai dit que je savais comment je pouvais le remercier désormais. Il a souri en me détaillant des pieds à la tête, il a écarté sa chaise de son bureau et il m'a engagée à venir m'asseoir sur ses genoux avant de prendre mes lèvres. Il a attendu patiemment plusieurs années mais il a finalement obtenu ce qu'il voulait…

- Vous voulez dire que vous avez échappé à vos surveillants pour quand même tomber entre les mains de Karkaroff ? demanda-t-il en haussant un sourcil noir.

- Pas vraiment… réfuta-t-elle en secouant la tête. Avec Karkaroff, j'étais d'accord, je l'avais choisi.

- Vous l'aimiez ? interrogea-t-il encore, intrigué.

- Je ne crois pas, non… répondit-elle en réfléchissant, pensive.

- Mais alors pourquoi…

- Vous avez aimé toutes les femmes avec qui vous avez couché ? le coupa-t-elle en arquant un sourcil à son tour et en esquissant une moue moqueuse.

- Non… confirma-t-il, bien obligé de lui reconnaître cela.

- Je l'admirais, je le respectais et j'avais une dette envers lui, expliqua-t-elle brièvement en se levant de sa chaise. Tout comme j'en ai une envers vous… ajouta-t-elle en passant tout près de lui pour quitter la pièce.

- Electra, sachez que vous n'avez absolument aucune dette envers moi », la détrompa-t-il aussitôt, d'une voix ferme, en attrapant son avant-bras pour l'arrêter dans sa course.

La jeune femme fit une légère pause tandis qu'il avait déjà relâché son poignet, elle esquissa un sourire désabusé en secouant légèrement la tête, elle posa une main sur son épaule puis se pencha pour déposer un baiser sur sa joue avant de déclarer :

« Bien sûr que si, j'ai une dette envers vous, Severus. »

Et elle sortit de la cuisine sous le regard surpris du professeur le plus sévère de Poudlard.


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu!

A la prochaine!

Bisous ;-)