Coucou!
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Merci aussi à Guest et à Kelly pour leurs messages ;-)
Je vous laisse découvrir la suite...
Bonne lecture!
Chapitre 16
Severus avait assuré ses cours de défense contre les forces du Mal, comme chaque jour, et il n'avait pas croisé Electra de toute la journée, pas même à l'heure des repas. Il se doutait qu'il l'avait très certainement profondément vexée et aussi que ses paroles avaient dû lui faire beaucoup de peine mais il ignorait totalement comment il pouvait bien se rattraper… Il avait probablement déjà réussi à tout gâcher avec elle aussi, comme toujours… Il ne savait faire que ça, de toute manière…
Sachant qu'il ne la trouverait sûrement pas chez lui en revenant de la Grande Salle ou que, de toute façon, elle ne lui adresserait pas la parole, Rogue décida de se rendre à la Tête de Sanglier pour boire un verre parmi des inconnus pas toujours très nets tout en broyant du noir, en ruminant ses mornes pensées et en noyant sa solitude dans l'alcool.
Il passa de longues heures, accoudé au bar, assis sur un haut tabouret, à boire whisky sur whisky avant de finalement rentrer au château lorsqu'Abelforth lui apprit qu'il fermait boutique.
C'est en titubant légèrement que l'homme en noir rentra chez lui, tâchant de se montrer discret et évitant de faire trop de bruit. Il pénétra doucement dans ses appartements, enleva ses chaussures, non sans mal, et ouvrit délicatement la porte de sa chambre en songeant que la jeune femme était peut-être couchée.
Effectivement, Electra se trouvait là, étendue sur le ventre sur son matelas, le drap ne la couvrant qu'à partir de la taille. Severus fut étrangement soulagé de découvrir qu'elle était dans sa chambre et qu'elle n'était pas partie pour de bon. Il approcha précautionneusement du lit, hésita quelques instants en observant sa silhouette endormie puis, finalement, il fit demi-tour pour aller dormir dans le salon, choisissant de lui laisser la chambre cette fois-ci et se disant qu'elle n'apprécierait certainement pas de le trouver à ses côtés au réveil.
Alors qu'il posait sa main sur la clenche, il entendit soudain sa voix ensommeillée interroger :
« Où étiez-vous ? »
Surpris, il se tourna vers elle et répondit, honteux, en tâchant d'articuler convenablement et de cacher son état d'ébriété :
« J'étais… au bar… à la Tête de Sanglier…
- Au bar ? répéta-t-elle, étonnée.
- Oui… confirma-t-il en hochant légèrement la tête. Je vous laisse. Je vais coucher sur le canapé, ajouta-t-il en se détournant d'elle une nouvelle fois.
- Pourquoi ? Vous n'êtes pas obligé, le retint-elle alors.
- Parce que vous devez toujours m'en vouloir, je suppose…
- Oui, un peu, acquiesça-t-elle honnêtement. Mais le canapé n'est pas très confortable et puis le lit est grand, déclara-t-elle en haussant une épaule.
- Vous en êtes sûre ? demanda-t-il, incertain.
- Certaine, affirma-t-elle en hochant la tête de bas en haut.
- Bon… Dans ce cas », marmonna-t-il en rejoignant de nouveau le lit.
Rogue souleva la couverture de son côté et s'assit d'abord sur le matelas avant de faire une légère pause car sa tête lui tournait un peu. Il ferma brièvement les paupières en essayant de se concentrer puis il les rouvrit en entendant Electra parler.
« Ça va ? interrogea la jeune femme qui l'avait suivi des yeux en se redressant pour mieux l'observer.
- Oui, oui… Ça va… » répondit-il en faisant un geste du bras avant de porter ses mains à la kirielle de boutons qui fermaient son grand habit noir.
Alors qu'elle le regardait se débattre avec tous ses boutons depuis de nombreuses minutes, la jeune Russe, ayant de la peine de le voir dans cet état probablement à cause d'elle, se mit sur ses genoux et approcha de lui pour venir lui donner un coup de pouce.
« Laissez-moi faire », décréta-t-elle en repoussant gentiment ses grandes mains blanches qui n'arrivaient à rien.
Severus croisa fugacement ses yeux gris avant de baisser le regard, gêné de ne même pas parvenir à se déshabiller tout seul, et il déclara, lorsqu'elle l'eut débarrassé de sa longue et lourde robe noire de sorcier :
« Merci…
- De rien, répliqua-t-elle en haussant les épaules et en s'asseyant sur ses fesses. Pourquoi vous n'avez pas employé un sortilège, comme vous le faites tous les jours ? demanda-t-elle ensuite, en esquissant un petit sourire, amusée.
- Je… ne sais pas… Ça ne m'est pas venu à l'esprit, répondit-il après avoir réfléchi quelques instants, sincère. Et vous ?
- Je ne voulais pas vous contrarier. Vous n'êtes pas tous les jours commode… dit-elle, moqueuse, en examinant brièvement son torse pâle parsemé de fines cicatrices et son long caleçon gris.
- Electra, je suis vraiment désolé pour hier soir… Je… Je suis allé trop loin… Je regrette ce que je vous ai dit… s'excusa-t-il alors.
- Waw ! Vous avez bu beaucoup plus que je ne le pensais… décréta-t-elle, songeuse, en l'examinant attentivement de son regard argenté.
- C'est la vérité, insista-t-il en attrapant son poignet.
- Couchez-vous, Severus, et dormez, conseilla-t-elle en posant sa main sur la sienne afin de lui faire doucement lâcher son poignet. Vous avez besoin de repos.
- Je n'ai pas besoin de repos. J'ai besoin de savoir que vous me pardonnez pour ces paroles malencontreuses. »
La jeune femme soupira en fermant les paupières, Rogue tenant toujours son poignet dans sa main et la scrutant de ses yeux noirs avec attention.
« Je ne pensais pas du tout ce que j'ai dit et je peux vous garantir que je ne vous déteste pas, ajouta encore l'homme, désireux d'obtenir son pardon.
- Je crois que vous pensiez quand même en partie ce que vous avez dit… déclara-t-elle en rouvrant les paupières et en plongeant ses yeux dans les siens.
- Heu… Je… voulut-il protester avant d'être interrompu.
- Mais c'est d'accord. Je veux bien vous pardonner, si c'est tellement important pour vous, poursuivit-elle, conciliante.
- Vous me pardonnez ? répéta-t-il pour être sûr d'avoir bien entendu.
- Oui, acquiesça-t-elle simplement. Vous aviez raison, j'étais saoule mais je savais quand même ce que je faisais, ajouta-t-elle ensuite.
- Alors… vous vouliez réellement coucher avec moi ? interrogea-t-il, perplexe.
- Ça aurait pu être sympa… » répondit-elle nonchalamment en haussant une épaule et en remettant une longue mèche de ses cheveux bouclés derrière son oreille.
Le directeur des Serpentard détailla attentivement la belle jeune femme qui se trouvait tout près de lui dans son long t-shirt qui lui servait de chemise de nuit et, poussé par il ne savait trop quoi et enhardi par l'alcool qui coulait dans ses veines, il approcha lentement son visage du sien mais il fut stoppé net par sa main qui se posa fermement sur son torse nu pour le maintenir à distance.
« Mais ce n'était pas une bonne idée, compléta-t-elle en le fixant intensément de ses yeux gris.
- Pourquoi ? demanda Rogue en fronçant ses sourcils noirs.
- Ça risquerait de rendre les choses encore beaucoup plus compliquées qu'elles ne le sont déjà, déclara-t-elle sagement. Vous ne croyez pas ? questionna-t-elle ensuite avant d'esquisser un léger sourire en coin.
- Si, souffla-t-il, irrité de devoir reconnaître qu'elle avait parfaitement raison sur ce point.
- Allez. Couchez-vous, Severus, l'engagea-t-elle en se remettant sur ses genoux. Et dormez, ajouta-t-elle avant de déposer un baiser sur sa joue puis de rejoindre son côté du lit pour s'y étendre.
- D'accord », approuva-t-il en soupirant et en se glissant sous la couverture.
Ils s'installèrent chacun de leur côté du matelas, remontèrent le drap sur eux puis cherchèrent une position confortable pour s'endormir.
Rogue, qui s'était d'abord tourné vers le mur, changea d'avis et se tourna pour être face à la jeune femme qui était couchée sur le flanc et dont il croisa le regard rieur. Il esquissa alors un léger sourire, soulagé qu'elle ait bien voulu lui pardonner si vite, prit sa main gauche dans la sienne et ferma les paupières en soupirant avant de se laisser gagner par le sommeil.
.
Quand il se réveilla le lendemain, Severus était dans un état encore pire que la veille, ce qui n'était pas étonnant étant donné la quantité astronomique de whisky Pur Feu qu'il avait ingurgitée… Heureusement pour lui, il se rappela qu'on était samedi et qu'il ne serait pas forcé de faire bonne figure et de subir la présence bruyante et non moins envahissante de tous ces cornichons décérébrés qui peuplaient Poudlard et qui portaient le nom plus consensuel d'élèves.
Lorsqu'il ouvrit les paupières, après plusieurs tentatives infructueuses, il remarqua directement qu'Electra n'était plus couchée à ses côtés. Il referma les yeux et se tourna de l'autre côté dans l'intention de sortir du lit. Il prit son courage à deux mains en soupirant et ouvrit ses paupières une seconde fois. Ses yeux noirs tombèrent alors sur deux cuisses blanches.
Il remonta lentement vers le haut, découvrit la lisière d'un long t-shirt qui servait de chemise de nuit à la jeune femme, deux mains aux doigts fins qui tenaient un verre rempli d'eau au fond duquel une pastille blanche était en pleine effervescence, des boucles presque noires qui ondulaient sur ses épaules, un cou gracile puis enfin le visage à la fois souriant et compatissant d'Electra.
« Bonjour, Severus ! déclara-t-elle, joviale.
- Bonjour… souffla-t-il en se redressant péniblement pour passer en position assise et en s'adossant à la tête de lit.
- Tenez, prenez ça, ordonna-t-elle en lui tendant gentiment le verre d'eau. C'est de l'aspirine, un médicament moldu. Rien de tel pour faire passer une gueule de bois, croyez-moi, expliqua-t-elle ensuite.
- Je sais ce que c'est. Je connais la médecine moldue, répondit-il en prenant le verre en mains. Merci », ajouta-t-il tout de même.
Tandis qu'il portait le remède qui s'était dissout dans l'eau à ses lèvres, la jeune femme posa un genou sur le matelas et passa au-dessus de lui pour venir s'installer en tailleur face à lui. Il haussa un sourcil noir, dubitatif, avala le contenu du verre d'une seule traite puis le reposa sur la table de nuit avant de reporter son attention sur elle qui l'observait de ses grands yeux gris.
« Vous n'auriez pas dû boire autant… lui reprocha-t-elle doucement après quelques minutes de silence, ses mains posées sur ses genoux.
- Je sais, approuva-t-il en hochant légèrement la tête.
- Pourquoi l'avoir fait dans ce cas ? demanda-t-elle alors.
- Je ne sais pas… Peut-être pour oublier à quel point je m'étais mal comporté envers vous… proposa-t-il après quelques instants de réflexion, en remarquant qu'elle portait une culotte bleu ciel qu'il pouvait aisément apercevoir à cause de la façon dont elle était assise.
- Severus, je vous assure que ce n'était rien… Vous ne devez pas vous mettre dans des états pareils et surtout pas pour moi, déclara-t-elle en plongeant ses yeux argentés dans les siens.
- Je suis désolé. Vraiment, répéta-t-il avant de détourner le regard.
- Je sais. Vous êtes pardonné, lui assura-t-elle encore avant de se taire quelques instants. Vous n'êtes pas con et je ne vous déteste pas, décréta-t-elle soudain.
- Pourquoi vous dites ça ? interrogea-t-il en relevant la tête vers elle, sourcils froncés.
- Pour rétablir la vérité. Moi aussi, je me suis emportée, ce soir-là », répliqua-t-elle en haussant les épaules, désinvolte.
Le silence s'installa entre eux et dura plusieurs minutes, chacun se remémorant ce qui s'était produit et réfléchissant dans son coin, avant qu'Electra ne le rompe en demandant :
« Vous voulez bien m'expliquer pourquoi vous détestez Sirius Black ?
- Pourquoi voudriez-vous savoir ça ? rétorqua-t-il aussitôt.
- Parce que ça m'intéresse et aussi parce que je vous ai confié beaucoup de choses sur moi. À votre tour, maintenant, argumenta-t-elle.
- Sans façon, refusa-t-il aussi sec.
- Pourquoi ? insista-t-elle alors.
- Parce que je ne veux pas que vous vous moquiez de moi ! rugit-il, irrité.
- Je ne me moquerai pas de vous. Vous avez ma parole », lui promit-elle, loin d'être impressionnée par sa saute d'humeur.
Rogue ferma les paupières en se pinçant l'arête du nez et en soupirant puis il les rouvrit pour plonger une nouvelle fois dans ce regard argenté qui ne le quittait pas.
« Vous êtes sûre que vous ne rirez pas de moi ? s'assura-t-il encore, hésitant.
- Certaine, acquiesça-t-elle en se rapprochant de lui et en posant sa main sur la sienne pour l'engager à se confier.
- Bon, très bien… souffla-t-il après avoir légèrement grimacé. Lorsque j'étais élève à Poudlard, Sirius Black et son meilleur ami James Potter passaient le plus clair de leur temps à me jouer des tours, à me ridiculiser, à se moquer de moi et à m'insulter en compagnie de leurs deux autres amis, Remus Lupin et Peter Pettigrow.
- James Potter, le père de Harry Potter ? Remus Lupin, celui qui est membre de l'Ordre du Phénix ? Et Peter Pettigrow, celui qui a trahi les Potter et fait renaître le Seigneur des Ténèbres ? s'assura-t-elle pour être sûre de l'identité de ces personnes.
- Oui, parfaitement… acquiesça-t-il sobrement.
- Que faisaient-ils pour vous embêter ? demanda-t-elle en fronçant légèrement ses sourcils, curieuse.
- Ils organisaient principalement des pièges destinés à me faire passer pour un abruti aux yeux de tous ou s'arrangeaient pour que les professeurs retirent des points à ma maison plutôt qu'à la leur, expliqua-t-il brièvement. On en venait souvent à se battre à coups de poings, de pieds ou même de sortilèges… Ils ont même réussi à ce que je me dispute avec ma meilleure amie qui n'a plus jamais voulu me parler après ça… Bref ! Ils s'en sortaient pratiquement toujours et c'était moi qui me faisais gronder et punir à leur place.
- Les professeurs ne voyaient pas ce qui se passait ? interrogea-t-elle, compatissante.
- Hum… renifla-t-il, désabusé. Vous étiez vous-même élève récemment, vous savez bien comment cela se passe… Et puis, ils avaient Dumbledore dans leur poche et passaient pour de charmants garçons turbulents aux yeux de tous plutôt que pour les harceleurs qu'ils étaient.
- Oui, je connais… confirma-t-elle en hochant un peu la tête. Que faisaient-ils pour se moquer de vous et vous insulter ?
- Ils me surnommaient Servilus ou Servilo, ils me qualifiaient souvent de crasseux et ils riaient de mes vêtements et de mon apparence, principalement de mon nez crochu, de mes dents mal alignées et jaunâtres et de mes cheveux gras… lui confia-t-il en grimaçant.
- Ouais, c'étaient une bande de petits cons qui vous persécutaient quoi… » résuma-t-elle en quelques mots.
Rogue ne répondit rien à cela, se contentant de hausser une épaule et de détourner le regard, puis il tressaillit avant de reposer soudainement ses yeux noirs sur elle qui avait glissé une main dans ses cheveux ébène.
« Je ne trouve pas que vous ayez les cheveux gras… déclara-t-elle, pensive, en l'examinant attentivement de ses yeux gris et en appréciant la texture de sa chevelure sombre avant de récupérer sa main comme si son geste était naturel et n'avait rien d'incongru.
- C'est parce que… je fais des efforts pour vous, afin de ne pas trop vous dégoûter… avoua-t-il, gêné. Déjà que vous êtes obligée de me côtoyer…
- Vous ne me dégoûtez pas, Severus. Loin de là. Sachez-le, affirma-t-elle avant de se mettre sur ses genoux puis de se lever du lit. Je vais appeler un elfe pour le petit-déjeuner. Je vous attends dans la cuisine », décréta-t-elle ensuite en quittant la chambre sous son regard ébahi.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu!
A la prochaine!
Bisous ;-)
