Coucou!
Merci à toutes et à tous pour vos commentaires, ça me fait très plaisir.
Voici la suite de l'histoire ;-)
Bonne lecture!
Chapitre 22
Le premier septembre était arrivé.
Severus s'était vu confier le poste de directeur de Poudlard, tandis qu'Amycus Carrow avait hérité du titre de professeur de défense contre les forces du Mal et sa sœur Alecto du titre de professeur d'étude des Moldus en plus de leur casquette de gardiens de la discipline dans l'école de sorcellerie.
Electra s'était contentée de suivre son mari, comme toujours depuis près de neuf mois désormais. Cependant, elle n'avait rien objecté, elle n'avait pas protesté et elle ne se battait plus ni avec lui ni avec personne. Elle avait comme qui dirait perdu son esprit contestataire, sa pugnacité et son mordant, jugeant sans doute qu'il était inutile de se battre pour l'instant et que ses espoirs de retrouver sa liberté ainsi qu'un monde en paix étaient vains pour le moment.
« J'en ai assez, Electra, décréta Rogue en rentrant dans ses appartements après sa journée de travail et en la fixant de ses yeux noirs.
- De quoi ? demanda la jeune femme qui était installée dans le canapé en relevant son regard gris vers lui.
- De toi, répondit-il, laconique.
- De moi ? répéta-t-elle, surprise.
- Oui, acquiesça-t-il aussitôt.
- Pourquoi ? s'enquit-elle, intriguée.
- Parce que tu n'es plus que l'ombre de toi-même depuis plusieurs semaines, désormais, expliqua-t-il brièvement.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? soupira-t-elle. Ton but, c'est de me garder en vie, non ? Et je suis toujours en vie… Tu peux être fier de toi… ajouta-t-elle, avec morgue.
- Arrête avec ça ! exigea-t-il alors, énervé par son attitude et par sa réponse. Tu sais très bien que je n'ai pas eu le choix, tout comme toi. Pas la peine de me renvoyer ça à la figure constamment !
- Mais quoi alors ? Que veux-tu que je fasse, Severus ? s'exclama-t-elle en se levant du divan, excédée, et en approchant de lui pour le vriller de ses yeux gris. Tu veux que je fasse un esclandre devant le Seigneur des Ténèbres ? Tu veux que j'aille libérer les prisonniers des cachots des Malefoy ? Tu veux que je mette des baffes à ces deux crétins de Carrow qui terrorisent les élèves ? Tu veux que je devienne la cheffe du réseau de résistance qui s'organise peu à peu chez les élèves des différentes maisons ? Dis-moi ! Je dois faire quoi, moi, dans tout ce bazar ? questionna-t-elle, des larmes de tristesse, de rage et de dépit emplissant petit à petit ses yeux argentés.
- Je ne sais pas mais fais quelque chose ! Ne te laisse pas dépérir et déprimer comme ça ! s'écria-t-il en l'attrapant par les épaules et en la secouant un peu, comme pour tenter de lui remettre les idées en place.
- Lâche-moi ! ordonna-t-elle vivement en essayant de se défaire de son étreinte et de reculer.
- Non ! refusa-t-il en resserrant sa prise autour d'elle et en l'empêchant de se soustraire à sa poigne.
- Severus, lâche-moi tout de suite ! répéta-t-elle plus fortement en redoublant d'effort pour se libérer. Laisse-moi ! exigea-t-elle encore en se débattant entre ses bras qu'il avait disposés tout autour d'elle et en le frappant de ses poings.
- Ne compte pas là-dessus, Black… répliqua-t-il dans ses cheveux bouclés en la serrant contre son torse et en encaissant stoïquement ses coups.
- Lâche-moi… tenta-t-elle encore une fois, plaintive, avec de moins en moins de conviction. Tu n'es qu'un sale con… Je te déteste… affirma-t-elle ensuite en laissant finalement ses larmes rouler sur ses joues et en arrêtant peu à peu de le frapper et de se battre contre lui.
- Je sais que c'est faux… contra-t-il alors, sa joue appuyée contre sa tête, en la berçant légèrement de gauche à droite.
- Non, c'est vrai… marmonna-t-elle, abattue, en le laissant la consoler.
- À d'autres, Electra… répondit-il en levant les yeux au ciel, absolument pas convaincu. Je te connais quand même un peu, depuis le temps… argumenta-t-il ensuite.
- Pourquoi tu fais ça ? interrogea-t-elle d'une voix aigüe en se blottissant contre lui. Qu'est-ce que tu en as à faire ?
- Parce que je ne supporte pas de te voir dans cet état… Je veux que tu te ressaisisses et que tu arrêtes de te laisser sombrer. Rien n'est encore perdu », affirma-t-il avec le plus grand sérieux, en glissant un doigt sous son menton pour lui faire relever son visage vers le haut.
La jeune femme plongea ses yeux gris dans les siens, aussi noirs qu'une nuit sans lune, et ils passèrent plusieurs minutes à simplement se regarder, le temps que le rythme cardiaque d'Electra revienne à la normale et que ses larmes se tarissent d'elles-mêmes.
Lorsqu'il constata que la jeune femme s'était apaisée, Severus se rapprocha encore doucement d'elle, il caressa légèrement l'une de ses joues roses et veloutées de son pouce, il posa ses lèvres contre son front en fermant ses paupières quelques instants, puis il éloigna son visage du sien, il esquissa un mince sourire et il lui tourna le dos afin de rejoindre son petit bar pour leur servir un verre de whisky Pur Feu à chacun.
« Tiens, ça va te faire du bien, décréta-t-il en revenant vers elle et en lui tendant l'un des deux verres en cristal.
- Tu es sûr que ça va me faire du bien ? rétorqua-t-elle en arquant un sourcil noir et en prenant son verre, légèrement amusée.
- En tout cas, ça ne peut pas te faire de mal, affirma-t-il en haussant les épaules avant de boire une gorgée du liquide ambré.
- Je suis quasiment certaine que la plupart des gens me recommanderait plutôt de consulter un psychomage, déclara-t-elle en l'imitant et en buvant un peu de son whisky.
- Pfff… Un psychomage… répéta-t-il en secouant la tête. Si tu me ressembles un tant soit peu, comme tu n'arrêtes pas de le dire, je pense que, tout comme moi, tu n'accordes pas le moindre crédit à ce genre de guérisseurs et que tu préfères te débrouiller toute seule avec tes problèmes, déclara-t-il en la fixant de ses yeux sombres.
- En effet, Severus, tu as raison… acquiesça-t-elle, pensive.
- Sauf que tu n'es plus toute seule désormais », dit-il en effleurant son bras depuis son coude jusqu'aux bouts de ses doigts.
Electra releva vers lui son regard gris, qu'elle avait posé dans le vide, touchée par ses paroles et par sa façon de lui remonter le moral, avant de l'entendre poursuivre.
« Parle, crie, hurle, insulte-moi, traite-moi de sale con, dis-moi que tu me détestes, moque-toi de moi, fais-moi tourner en bourrique, fais ce que tu veux… Mais, je t'en prie, ne reste pas silencieuse comme tu l'as fait ces derniers temps, l'implora-t-il encore. Quand une femme qui a beaucoup à dire ne dit rien, son silence peut devenir assourdissant… Sache que tu m'as presque rendu sourd, Electra… »
La jeune femme, qui le fixait de ses yeux d'argent en l'écoutant attentivement, sentit comme un frisson lui parcourir l'échine et lui traverser le corps à la suite de ses mots, qui avaient directement atteint son cœur et qui étaient comme un baume apaisant pour elle.
Rogue vit soudain un nouvel éclat venir illuminer son beau regard gris et ses pommettes se colorer subtilement de rose. Sans rien ajouter de plus, il esquissa un mince sourire en coin, lui ôta son verre des mains pour le poser sur la table basse avec le sien, l'entoura doucement de ses bras pour l'étreindre une fois encore contre lui puis abaissa sa bouche pour venir prendre ses lèvres sucrées dans un tendre baiser.
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Electra avait beau ne pas avoir apprécié Albus Dumbledore de son vivant (et elle ne lui trouvait pas plus de qualités depuis qu'il était décédé d'ailleurs) mais elle devait bien reconnaître que l'ambiance de Poudlard n'avait plus rien à voir depuis la mort de son illustre directeur et l'avènement du terrible Seigneur des Ténèbres… L'atmosphère était devenue morne et triste, les professeurs se contentaient d'assurer leurs cours sans presque plus échanger entre eux, craignant de déplaire à Voldemort, et les élèves avaient perdu leur entrain d'antan et l'insouciance inhérente à leur jeune âge.
Tout cela n'était évidemment pas la faute de Severus, qui tâchait toujours de faire de son mieux, qui protégeait ses anciens collègues et ses élèves comme il le pouvait, sans trop attirer l'attention des autres Mangemorts présents dans le château, et qui dirigeait l'école de sorcellerie d'une façon tout à fait convenable malgré les contraintes imposées par Voldemort, mais le fait était que l'ambiance était devenue lourde, pesante et oppressante, et ce, pour tout le monde…
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Un grand brouhaha sortit subitement Electra de sa lecture dans laquelle elle s'était perdue depuis plusieurs heures. C'était un mélange de bruit de pas qui résonnaient sur les dalles de pierres brutes du château, de cris, d'ordres et de respirations saccadées, le tout s'entremêlant, s'entrechoquant et se répercutant dans les sombres couloirs des cachots.
Ni une ni deux, la jeune femme abandonna son bouquin dans le fauteuil, se leva promptement de sa place et rejoignit la porte de ses appartements en dégainant sa baguette magique et en ouvrant la porte à la volée.
« Non, mais qu'est-ce qui se passe ici ? Vous êtes malades ? » s'exclama-t-elle d'une voix forte en arrivant dans le couloir de pierres, ses yeux gris lançant des éclairs.
Elle embrassa rapidement la scène du regard et comprit qu'il s'agissait d'Alecto et d'Amycus Carrow qui pourchassaient avec acharnement trois élèves qui devaient être en sixième ou septième année.
« Ne te mêle pas de ça, Rogue ! On fait notre travail ! riposta aussitôt Alecto en la regardant d'un œil mauvais.
- Je ne crois pas me souvenir que l'on ait élevé les Veaudelunes ensemble, Miss Carrow ! répliqua immédiatement la jeune Russe, choquée par son impolitesse. J'exige que vous me vouvoyiez et que vous me respectiez dans vos paroles tout comme dans votre attitude ! ordonna-t-elle sous les yeux incrédules des trois élèves qui s'étaient regroupés dans le fond du couloir.
- Non, mais et puis quoi encore ? Pour qui tu te prends, petite pimbêche ? s'énerva-t-elle en faisant un pas vers elle.
- Je me prends pour l'épouse du directeur de cette école, qui se trouve être votre supérieur hiérarchique ! répondit-elle du tac au tac. De plus, je doute fortement que le Seigneur des Ténèbres apprécierait que je lui rapporte vos propos… Il se trouve qu'il a une assez haute opinion de ma personne et que vos paroles risqueraient grandement de lui déplaire… ajouta-t-elle, satisfaite, en remettant une mèche bouclée derrière son oreille et en croisant les bras sur sa poitrine avec un air de supériorité.
- Mais, je… balbutia-t-elle après avoir pâli, se rendant compte qu'elle n'avait manifestement pas affaire à n'importe qui et qu'elle avait oublié l'espace d'un instant le statut de la jeune femme devant elle, emportée par son élan, sa colère et sa hargne de coincer ces élèves.
- Tais-toi, Alecto ! lui intima Amycus pour éviter qu'elle n'aggrave son cas.
- Vous devriez écouter votre frère, Miss Carrow, conseilla-t-elle en haussant un sourcil noir et en esquissant un mince sourire victorieux.
- Veuillez nous excuser, Madame Rogue, demanda l'homme en reportant son attention sur elle, après avoir convaincu sa sœur de ne plus rien dire d'un simple regard. Mais ces trois élèves ont désobéi au règlement de l'école et ils méritent d'être punis, ajouta-t-il en désignant les deux Gryffondor et la Serdaigle de son doigt.
- Soit ! Je les punirai moi-même ! décréta-t-elle alors en relevant le menton avec assurance.
- Mais… voulut protester Amycus, désemparé par sa décision.
- Oui, Monsieur Carrow ? Je vous écoute, l'engagea-t-elle à poursuivre en haussant un sourcil noir parfaitement dessiné dans sa direction.
- Non, rien… se ravisa-t-il en secouant la tête de dépit, sachant parfaitement que la jeune Russe était presque aussi bien vue par Voldemort que Bellatrix en personne.
- Très bien. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, je pense que vous avez tous les deux beaucoup de travail qui vous attend, affirma-t-elle encore.
- Oui, absolument, Madame Rogue, acquiesça l'homme en prenant le bras de sa sœur pour l'entraîner à sa suite. Bonne fin de journée », lui souhaita-t-il en repartant vers les escaliers.
Electra les observa s'éloigner d'un œil noir, toujours remontée contre cette Mangemort qui n'avait vraiment aucune éducation ni aucun savoir-vivre, puis elle se tourna vers les trois étudiants et décréta alors :
« À nous quatre, maintenant.
- Madame Rogue, nous… tenta de s'expliquer le garçon en faisant un pas dans sa direction et en voulant protéger les deux filles.
- Silence ! l'interrompit-elle immédiatement avec fermeté mais sans élever la voix. Entrez là, tous les trois ! » ordonna-t-elle ensuite en désignant de la tête la salle de potions qui était vide à cette heure-ci.
Le rouge et or se ravisa et il pénétra dans la classe à la suite des deux filles. Electra les suivit tous les trois, elle referma la porte, passa devant eux puis demanda calmement :
« Je voudrais que vous m'expliquiez ce qu'il vient de se passer.
- Pour quoi faire ? Vous êtes avec les Mangemorts ! Vous n'allez pas nous croire, de toute manière ! répliqua la jeune fille rousse avec aigreur, les joues rouges de colère.
- Ginny ! s'exclama le jeune homme en tirant sur son bras pour l'engager à se calmer, affolé par le ton qu'elle venait d'employer avec l'épouse du directeur.
- Comme vous avez pu l'entendre, je n'apprécie pas du tout l'impolitesse ni le manque de respect… Miss Weasley, n'est-ce pas ? répondit Electra en la détaillant attentivement de ses yeux gris. À ce que je sache, je ne vous ai jamais causé le moindre tort.
- Excusez-la, Madame. Elle… Elle est un peu sur les nerfs… déclara le Gryffondor à la place de Ginny, qui avait froncé les sourcils et baissé légèrement la tête.
- C'est normal, les gardiens de la discipline sont après nous depuis un long moment, affirma soudain la jeune Serdaigle de sa voix éthérée. Ils m'ont fait mal, d'ailleurs… ajouta-t-elle simplement en observant son avant-bras tâché de sang.
- Ils vous ont blessée ? demanda Electra en fronçant ses sourcils noirs et en approchant de Luna. Montrez-moi », exigea-t-elle ensuite.
La petite blonde lui présenta aussitôt son bras droit, sans objecter la moindre chose, et elle la laissa la soigner avant de dire avec la plus grande sincérité en plongeant ses grands yeux bleus dans son regard gris :
« Merci. On n'avait rien fait de mal et on n'a pas désobéi au règlement de l'école. »
Electra observa tour à tour les trois élèves qui hochaient la tête pour confirmer les dires de la bleu et bronze puis elle décréta :
« Très bien. Je vous crois.
- Vous nous croyez ? répéta Ginny, choquée.
- Pourquoi ? Je ne devrai pas ? rétorqua-t-elle en haussant un sourcil.
- Ben si… mais… Vous ne nous demandez rien de plus ?
- Je ne veux pas savoir. Je veux juste que vous fassiez attention et que vous évitiez les ennuis, répliqua-t-elle en secouant légèrement sa tête bouclée de droite à gauche. Ces deux-là sont peut-être bêtes comme leurs pieds mais ils n'en sont pas moins sadiques et cruels. Ne leur donnez pas l'occasion d'exercer leurs sombres talents sur vous », conseilla-t-elle sagement.
Les trois adolescents la dévisagèrent silencieusement durant plusieurs secondes, stupéfaits, puis ils l'entendirent ajouter en soupirant :
« Bon… Je dois quand même vous punir, sinon ce seront les Carrow qui le feront, que vous ayez fait quelque chose ou non… Alors, je vous enlève cinq points à chacun et vous allez rester ici durant deux heures pour nettoyer la salle de potions. »
Comme ils restaient plantés devant elle sans rien dire, Electra répéta en frappant dans ses mains et en se dirigeant vers le grand bureau :
« Allez ! Allez ! Mettez-vous à la tâche et plus vite que ça ! »
Les trois élèves secouèrent un peu la tête pour se reprendre de leur surprise puis ils se mirent à nettoyer les tables, les armoires, les étagères, les tableaux noirs et le sol de leur salle de potions sous l'œil attentif de la jeune épouse du directeur qui s'était installée derrière le bureau pour les observer.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)
A la prochaine!
Bisous ;-)
