Coucou!
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Merci aussi à Guest et à aussidagility pour leurs reviews ;-)
Voici la suite de l'histoire!
Bonne lecture!
Chapitre 27
En ce vendredi 1er mai 1998, tout le monde ne parlait plus que de l'effraction à Gringotts et de la sortie spectaculaire de Potter et de ses amis à travers le dôme de verre de la banque sorcière sur le dos d'un dragon albinos.
Severus et Electra, eux aussi, en avaient bien évidemment entendu parler, ayant appris que les membres de la famille Malefoy avaient échappé de peu à la colère destructrice de Lord Voldemort qui s'était déchaîné contre les gobelins de la banque, et ils étaient tous deux sur le pied de guerre, à l'affût de la moindre petite chose qui sortirait de l'ordinaire.
Le Seigneur des Ténèbres avait demandé à Rogue de resserrer sa surveillance au sein de l'école de sorcellerie et de concentrer ses efforts sur la tour de Serdaigle en particulier. Il avait donc demandé aux Mangemorts présents dans le château de faire leurs rondes autour du dortoir des bleu et bronze et de l'avertir de tout mouvement suspect qu'ils détecteraient là-bas ou ailleurs dans le château.
L'effervescence et l'excitation étaient de mise chez les étudiants des différentes maisons, tandis que la tension était à son comble pour les professeurs, pour le directeur et son épouse ainsi que pour les surveillants Mangemorts de Poudlard…
Cette tension augmenta encore d'un cran lorsque, au loin, dans la nuit, ils entendirent le Cridurut retentir à Pré-au-Lard… Harry Potter était là et il était certain qu'il allait se rendre à l'école de sorcellerie afin d'accomplir sa mission à n'importe quel prix…
« Electra, il faut que tu t'en ailles, décréta Rogue de but en blanc en arrivant dans sa chambre où la jeune femme était installée à lire un livre en pyjama.
- C'est hors de question, répliqua-t-elle aussitôt en refermant son bouquin et en relevant son regard argenté vers lui qui était habillé de pied en cap. Et puis, d'ailleurs, pourquoi voudrais-tu que je m'en aille et où voudrais-tu que j'aille ? interrogea-t-elle en se levant du matelas et en approchant de lui en haussant un sourcil noir.
- Je veux que tu partes parce que je ne veux pas que tu sois blessée ou tuée. Et je veux que tu te caches chez moi, à l'Impasse du Tisseur, répondit-il point par point.
- C'est non, Severus, rétorqua-t-elle, butée, en croisant ses bras sur sa poitrine.
- Electra… soupira-t-il en se pinçant l'arête du nez afin de contenir son irritation. Je veux que tu fasses ce que je te dis tout de suite et sans poser de question, insista-t-il encore avec fermeté en la vrillant de son regard noir.
- Tu m'as déjà bien regardée, Severus ? répondit-elle en arquant un sourcil, incrédule. Non, c'est non, répéta-t-elle une nouvelle fois en secouant sa tête bouclée de gauche à droite en signe de dénégation.
- Bon sang ! Ce n'est quand même pas possible d'être aussi bornée que toi ! s'écria-t-il à bout de nerfs en l'attrapant vivement par les bras et en la secouant pour tenter de lui remettre les idées en place. Potter est là ! Ça risque d'être un carnage ! Il va y avoir des blessés et des morts ! Tu comprends ? lui expliqua-t-il à seulement quelques centimètres de son visage en hurlant.
- Je comprends parfaitement, Severus ! Je ne suis pas idiote, tu sais ! rétorqua-t-elle avec véhémence en rouvrant ses paupières qu'elle avait fermées et en tournant vers lui son visage. Mais je reste avec toi ! » ajouta-t-elle en plongeant ses yeux argentés embués de larmes dans les siens.
Rogue l'observa en silence durant de nombreuses minutes, estomaqué par son courage et par sa détermination, ses mains enserrant toujours le haut de ses bras au point de la faire souffrir. S'en rendant subitement compte à la grimace qu'elle faisait, il desserra légèrement sa prise sans la relâcher pour autant et en continuant de la détailler de ses yeux noirs comme la nuit.
« Je ne veux pas de tes livres ! s'écria-t-elle alors, rouge de colère, les larmes aux yeux, après de nombreuses minutes de silence, en se dégageant de sa poigne.
- Quoi ? demanda Rogue en fronçant ses sourcils noirs, perplexe.
- Je ne veux pas de tes livres ! Je ne veux pas de ta bibliothèque ! Je ne veux pas être veuve ! Je ne veux pas me retrouver toute seule ! Je ne veux pas que tu meures ! s'exclama-t-elle vivement en laissant ses larmes dévaler sur ses joues et dans son cou. Tu n'as pas encore compris que je t'aime, espèce de sale con ? interrogea-t-elle ensuite, d'une voix étranglée, lui avouant tout à coup ce qu'elle avait sur le cœur.
- Electra… soupira l'homme en noir en fermant brièvement les paupières avant de les rouvrir presque aussitôt.
- Tu n'es qu'un enfoiré, un sale con et un abruti ! Tu es cynique, sarcastique, froid et même cruel parfois ! Tu es loin d'être le plus bel homme de la Terre ni le plus gentil ! Mais je t'aime ! Je n'y peux rien !
- Electra… répéta-t-il encore en approchant un peu d'elle.
- Je sais que je ne compte pas, que tu ne m'aimes pas et que tu n'es avec moi que pour me protéger et respecter la promesse que tu as faite à Dumbledore mais je t'en supplie, ne t'en vas pas ! Je ne veux pas que tu me laisses ! Tu n'as pas le droit de me laisser ! Reste avec moi ! exigea-t-elle. Je t'en supplie, reste avec moi… » l'implora-t-elle finalement d'une petite voix aigüe en agrippant l'avant de sa robe de sorcier et en se blottissant contre son torse.
Severus l'entoura de ses bras pour la serrer contre lui et caresser doucement ses longs cheveux noirs et bouclés, il déposa un léger baiser sur le sommet de son crâne et déclara à voix basse, dans un murmure :
« Tu as tort, Electra… »
La jeune femme releva lentement vers lui son visage baigné de larmes, elle fronça légèrement ses sourcils noirs, incertaine, et demanda de sa voix enrouée et brisée de chagrin :
« Quoi ?
- Tu as tort… répéta-t-il en essuyant ses joues humides de ses pouces.
- Pourquoi ? interrogea-t-elle encore du bout des lèvres, perplexe.
- Parce que tu comptes énormément à mes yeux… lui avoua-t-il sans détacher son regard sombre d'elle. Je ne sais pas de quelle manière c'est arrivé ni comment tu t'y es prise mais, peu à peu, tu as réussi à te faire une place dans ce cœur, que je croyais mort et éteint à tout jamais, et, désormais, c'est toi qui comptes plus que tout pour moi… C'est pour ça que je veux que tu t'en ailles… Je refuse de te perdre… Ce serait au-dessus de mes forces… Jamais je ne pourrais le supporter si tu étais tuée dans la bataille… » lui expliqua-t-il en faisant preuve d'une grande sincérité envers elle et en rendant ses sentiments à son égard aussi limpides que de l'eau de source.
Electra le scruta attentivement de ses yeux d'argent à la recherche du moindre élément qui pourrait lui prouver qu'il mentait et qu'il ne pensait pas du tout ce qu'il disait avant de le questionner une nouvelle fois, incrédule :
« Tu te moques de moi ?
- Je ne me suis jamais moqué de toi et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer, répondit-il avec assurance, d'une voix ferme.
- Alors dis-le-moi, exigea-t-elle sans le lâcher des yeux.
- Dire quoi ? interrogea-t-il en haussant un sourcil noir.
- Tu le sais bien, affirma-t-elle en hochant légèrement la tête et en resserrant son étreinte autour de son corps.
- Non, je ne le sais pas… rétorqua-t-il en détournant ses yeux noirs des siens tout en grimaçant légèrement, ennuyé.
- J'ai besoin d'entendre ces trois mots de ta bouche, Severus, insista-t-elle encore en cherchant à capter son regard.
- Electra… Est-ce que tu sais ce que ça représente pour moi et ce que ça m'a déjà coûté de t'avouer ce que je viens de te dire ? interrogea-t-il alors en reposant ses yeux sombres sur elle.
- Oui, je le sais, acquiesça-t-elle.
- Alors sois indulgente et laisse-moi du temps, s'il te plaît, demanda-t-il en la voyant détourner son regard de lui, déçue.
- D'accord… » répondit-elle tout de même en baissant la tête, résignée.
Rogue glissa une main sous son menton pour lui faire tourner à nouveau son visage vers lui et lui faire relever la tête et il déposa un tendre baiser sur ses lèvres roses et charnues avant d'affirmer, confiant :
« Tu sais parfaitement ce que je ressens pour toi. »
La jeune femme se contenta de hocher la tête, pas totalement satisfaite par ces paroles mais sachant pertinemment qu'elle n'obtiendrait rien de plus que cela aujourd'hui, puis elle le vit grimacer en posant une main sur son avant-bras gauche avant de lui demander, inquiète :
« Qu'est-ce qui se passe ?
- Ils ont intercepté Potter et prévenu le Maître, répondit-il seulement. Il faut absolument que je le retrouve avant que le Seigneur des Ténèbres ne mette la main dessus, expliqua-t-il brièvement.
- Pourquoi tu dois le retrouver ? Qu'est-ce que tu dois faire ? questionna Electra, perplexe.
- Je n'ai pas le temps de t'expliquer tout ! Viens ! » décréta-t-il ensuite en agrippant son poignet et en l'entraînant vers la porte de leurs appartements.
Severus et Electra sortirent des cachots en courant, leurs baguettes dégainées, prêts à en découdre avec toute personne qui entraverait leur chemin et ils montèrent vers les étages puis ils ralentirent l'allure, se firent discrets en entendant bientôt des bruits de pas dans l'ombre du couloir puis se dissimulèrent tous deux derrière une armure.
« Qui est là ? demanda soudain le professeur McGonagall qui s'était arrêtée.
- C'est moi, répondit Rogue à voix basse en sortant de derrière l'armure avec sa femme légèrement en retrait derrière lui tout en brandissant sa baguette, prêt au combat. Où sont les Carrow ? demanda-t-il à mi-voix.
- Là où vous leur avez dit d'aller, Severus, j'imagine », répondit le professeur McGonagall.
Rogue s'approcha et son regard se tourna de tous côtés, autour du professeur McGonagall, scrutant les environs, comme s'il savait que Harry était là.
« J'ai eu l'impression, dit Rogue, qu'Alecto avait appréhendé un intrus.
- Vraiment ? répondit le professeur McGonagall. Et qu'est-ce qui a bien pu vous donner cette idée ? »
Rogue plia légèrement le bras gauche, là où la Marque des Ténèbres était gravée dans sa peau.
« Ah, oui, bien sûr, reprit le professeur McGonagall. Vous autres, les Mangemorts, vous avez vos propres moyens de communication, j'avais oublié. »
Rogue fit semblant de ne pas l'avoir entendue. Ses yeux inspectaient toujours le couloir autour d'elle et il s'avançait peu à peu, comme si de rien n'était.
« Je ne savais pas que c'était votre tour de patrouiller dans les couloirs, Minerva.
- Vous y voyez un inconvénient ?
- Je me demandais ce qui pouvait bien vous avoir sortie du lit à cette heure avancée de la nuit.
- J'ai cru entendre du bruit, répondit le professeur McGonagall.
- Vraiment ? Tout semble calme, pourtant. Rogue la regarda dans les yeux. Avez-vous vu Harry Potter, Minerva ? Parce que si vous l'avez vu, je dois insister… »
Le professeur McGonagall réagit plus vite qu'Electra ne l'en aurait crue capable : sa baguette fendit l'air et, l'espace d'un instant, elle pensa que Rogue allait s'effondrer, inconscient, mais son charme du Bouclier agit avec une telle rapidité que McGonagall en perdit l'équilibre.
La vieille sorcière pointa sa baguette vers le mur et l'une des torches qui éclairaient le couloir jaillit de son support. Les flammes se transformèrent en un cercle de feu qui emplit l'espace du couloir et fondit sur Rogue et elle à la manière d'un lasso puis elles disparurent pour laisser place à un grand serpent noir.
McGonagall le fit alors exploser en une épaisse fumée qui se reforma, se solidifia en quelques secondes, puis se métamorphosa en un essaim de poignards lancés vers leur cible. Rogue ne parvint à les éviter qu'en poussant l'armure devant euxafin de les protéger et, dans un fracas métallique dont l'écho résonna tout au long du couloir, les poignards vinrent se planter les uns après les autres dans le plastron d'acier…
« Minerva ! » s'exclama une petite voix aiguë.
Les professeurs Flitwick et Chourave arrivèrent en courant, dans leurs vêtements de nuit, suivis de l'énorme professeur Slughorn qui haletait derrière eux.
« Non ! couina Flitwick, sa baguette levée. Vous ne tuerez plus personne à Poudlard ! »
Le sortilège de Flitwick frappa l'armure derrière laquelle Rogue et Electra s'étaient réfugiés : dans un bruit de ferraille, elle s'anima.
Rogue et Elecra se débattirent pour se dégager de ses bras qui les enserraient puis l'homme en noir la projeta sur ses attaquants avant de saisir fermement la main de sa femme et de prendre la fuite à toutes jambes, poursuivi par McGonagall, Flitwick et Chourave.
Ils s'engouffrèrent dans une salle de classe et quelques instants plus tard, tandis que Rogue s'était métamorphosé en une sorte de chauve-souris géante et avait défoncé la fenêtre pour pouvoir s'échapper, ils entendirent McGonagall s'écrier :
« Lâche ! LÂCHE ! »(1)
Mais Severus n'en avait que faire, il tenait fermement la jeune femme qui s'accrochait à lui de toutes ses forces, son nez enfoui dans sa robe noire contre son torse, et il dépassa bientôt l'enceinte de Poudlard à tire d'ailes.
Une fois hors d'atteinte, il se posa doucement puis il courut dans les rues de Pré-au-Lard avant de pénétrer dans une maison abandonnée et de s'y réfugier. Rogue lança encore un sortilège d'Impassibilité ainsi que des sorts de Protection dans la demeure puis il se tourna vers la Russe qui l'observait en silence.
« Quoi ? interrogea-t-il en arquant un sourcil noir dans sa direction, se rendant compte qu'elle le regardait avec insistance.
- Je ne savais pas que tu savais faire ce genre de choses… répondit-elle simplement en parlant de sa métamorphose de tout à l'heure.
- Je n'utilise ce sortilège qu'en cas d'extrême urgence ou en dernier recours.
- Oui… acquiesça-t-elle, pensive.
- Je suis désolé, j'ai oublié d'emporter Bartok avec nous… réalisa-t-il subitement, sachant combien cet animal comptait pour la jeune femme.
- Ce n'est rien. Je l'avais laissé sortir pour la nuit. Il est malin. Il me retrouvera », affirma-t-elle alors, confiante en la capacité de son ami ailé à la retrouver quoi qu'il arrive.
Le silence se fit dans cette maison que les propriétaires avaient, semble-t-il, dû quitter précipitamment avant que Severus ne le rompe en interrogeant Electra.
« Que je te le demande très gentiment ou que je te l'ordonne fermement en te menaçant, tu n'accepteras jamais de rester cachée ici et d'attendre bien sagement, je me trompe ? soupira-t-il, connaissant parfaitement déjà sa réponse.
- Non, répliqua-t-elle directement, sans la moindre hésitation.
- Ça m'aurait aussi étonné… marmonna-t-il, agacé.
- Severus, pourquoi dois-tu à tout prix retrouver Harry Potter ? interrogea-t-elle en plissant son front, tâchant de trouver elle-même la réponse à sa question mais sans y parvenir.
- Dumbledore m'a demandé de lui confier quelque chose d'important, une chose qui le rendrait capable de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Il savait que cela se terminerait ainsi avec une bataille entre les forces des ténèbres et celles de la lumière. Il m'a dit que je devrais confier à Potter cette information à ce moment précis et uniquement à ce moment précis, pas avant, expliqua-t-il, mystérieux.
- Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle encore, curieuse.
Rogue observa attentivement sa femme de ses yeux noirs comme l'ébène, hésitant, en grimaçant légèrement, avant de soupirer et de lui répondre finalement :
« Harry Potter doit mourir. Et il doit mourir de la main du Seigneur des Ténèbres, c'est essentiel.
- Pourquoi ? questionna-t-elle, troublée.
- Car un fragment d'âme du Seigneur des Ténèbres s'est accroché à Potter le soir où il… a tué Lily. Tant que ce fragment vivra en Potter, le Seigneur des Ténèbres ne pourra pas être vaincu, lui expliqua-t-il en quelques mots.
- Tu veux dire qu'il a fait de Harry un Horcruxe ? s'exclama-t-elle, stupéfaite, les yeux ronds.
- J'aurais bien dû me douter que tu connaissais ce genre de choses… déclara-t-il avant d'esquisser un léger sourire en coin, fier de son intelligence et de sa perspicacité. Mais pas un Horcruxe, des Horcruxes, précisa-t-il.
- C'est pour ça qu'il lui fallait l'épée de Gryffondor… réalisa-t-elle alors après avoir réfléchi un bref instant, son regard posé dans le vide.
- En effet, acquiesça-t-il seulement. Je suis désolé, Electra, ajouta-t-il ensuite.
- Pourquoi es-tu désolé ? » demanda-t-elle alors, étonnée, en tournant la tête dans sa direction et en dirigeant son regard argenté vers lui.
La jeune femme eut tout juste le temps de croiser ses yeux noirs dans lesquels se reflétait toute sa détermination puis de le voir brandir sa baguette vers elle et lui jeter un sortilège informulé avant de perdre connaissance…
(1) Tous les passages en italique sont tirés de J. K. Rowling, Harry Potter et les Reliques de la Mort, chapitre 30.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)
A la prochaine!
Bisous ;-)
